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Devenir dieu

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2 pages

En deux pages, une synthèse des connaissances scientifiques sur l'origine de notre univers et son avenir, présentées avec une touche d'humour.

Publié par :
Ajouté le : 06 avril 2013
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Devenir dieu




Avant propos
L’idée développée dans ce papier est issue d’une réflexion personnelle. Pourtant, si elle
s’avérait vraie, ce qui reste peu probable, cela voudrait dire que plusieurs l’ont eue avant moi.
C’est donc avec respect que je rends à cette lignée de créateurs originaux l’hommage qui
leur est dû.

Quels antécédents ?
Un homme peut-il devenir un dieu ? La mythologie et les religions relatent quelques cas :
Imhotep en Egypte, Héraclès, l’Hercule romain, Siddhârta Gautama, Jésus, et sans doute
quelques autres ont connu ou approché ce destin exceptionnel. Et si demain, le prochain
dieu s’appelait Dupont ou Durand ? Et pourquoi pas vous ?

Des réponses en écho
Aborder cette question saugrenue suppose déjà de s’entendre à minimum sur la définition de
dieu. Nous proposons de retenir ici celle du dieu créateur, celui qui crée l’univers, le ciel et la
Terre. Cette définition est assez englobante puisque des cosmogonies sont en général
associées aux grandes religions.
C’est d’ailleurs l’argument ultime de l’existence de Dieu : sans Dieu, qui aurait crée
l’Univers ? Auquel cas les non croyants répondent classiquement : certes, mais qui a crée
Dieu ? Et ainsi va le Monde, une histoire sans fin.

L’intrusion de la science
Nous déjà sommes proches de la solution, mais prenons un peu de recul. Depuis quelques
siècles, ce sont les savants, les scientifiques, qui ont le plus challengé l’existence de Dieu.
La science s’est construite sur un refus des explications toutes faites, par un rejet des
causes surnaturelles que mythes et croyances religieuses nous imposait.
Et cela est rendu possible parce que le Monde s’avère compréhensible : la vue, les sens,
l’intelligence de l’homme, sa main, sa curiosité, lui permettent peu à peu de comprendre et
de dessiner les lois de la nature : le feu, la course des planètes dans le ciel, les crues du Nil,
les plantes médicamenteuses, l’alchimie, le bec des oiseaux… L’homme, ce grand sorcier,
s’interroge sur son environnement et comprend peu à peu comment il fonctionne.

Fabriquer l’avenir
De cette quête du savoir, quel est le ressort ? La réponse se trouve dans le dialogue,
apocryphe puisque wikipédien, entre Laplace et Napoléon, à qui le savant vient de présenter
son système du monde : « - Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système
mention de Dieu. - Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse. […] Cette hypothèse, sire,
explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de
vous fournir des travaux permettant des prédictions ».
La science de l’homme permettrait donc de prédire, de calculer, et in fine d’interagir,
d’influencer l’univers.

Quand la science tue la philosophie
Dans leur mainmise sur le monde des idées, les scientifiques n’ont plus de limite. A la
première page de son livre Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers, Stephen Hawking ose
écrire que « la philosophie est morte, faute d’avoir réussi à suivre les développements de la
science moderne, en particulier de la physique ».
Nous voici donc contraints à lire ce chef-d’oeuvre pour espérer trouver réponse au sens
profond de la vie. Et quoi de neuf, docteur? A vrai dire, pas grand-chose depuis un siècle que nos chers physiciens essayent de réconcilier les équations de la relativité et celles de la
physique quantique en une « théorie du tout ».
Le fait le plus marquant est que la candidate hawkingesque à cette « pensée de Dieu », la
100M-théorie, permet d’envisager un nombre quasi illimité d’univers, 10 , chacun obéissant à
des lois spécifiques et pouvant de se créer spontanément à partir de rien. Rien que ça !

Mais d’où venons-nous ?
Avant de se perdre dans les multivers spontanés, faisons le point sur ce que nous
connaissons du nôtre : il démarre il y a 13,7 milliards d’années, avec le big bang. A partir de
l’hydrogène, la fusion nucléaire forge dans les étoiles le carbone, l’azote, l’oxygène puis tous
les éléments chers à Démocrite et Mendeleïev.
Des explosions gigantesques dispersent les poussières d’étoiles dans l’espace. L’hydrogène
et l’oxygène s’y combinent en eau ; les éléments plus lourds forment des grains minéraux ;
plus surprenant, carbone, oxygène, hydrogène et azote s’allient dans l’espace
interstellaire pour former des acides aminés.
Lors d’une nouvelle génération d’étoile, un nuage d’hydrogène se met à fusionner et les
poussières s’agrègent en tournant autour de l’astre neuf, formant des planètes, suivant le
modèle de Laplace. Certaines planètes, situées à bonne distance, ont de l’eau liquide. Notre
Soleil et notre Terre émergent ainsi il y a 4,5 milliards d’années.
En présence d’eau, les molécules organiques, provenant notamment du bombardement
météoritique, s’assemblent et se répliquent, créant la vie. Apparue sur Terre il y a 3,8
milliards d’années, la vie en se développant crée les conditions favorables à l’émergence
d’êtres de plus en plus complexes et de plus en plus intelligents, jusqu’à l’homme, sommet
actuel de l’évolution.

Et où allons-nous ?
Dans 7,6 milliards d’année, notre Soleil, qui aura épuisé son hydrogène, deviendra une
immense boule de feu rouge et la Terre disparaitra. La fin de l’Univers n’est pas encore
connue : il pourrait continuer à grandir en se refroidissant, les étoiles s’éteignant peu à peu.
« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » anticipait Blaise Pascal. Ou au
contraire, si la gravitation l’emporte sur l’expansion, notre univers se recondensera jusqu’à
disparaître dans le big crunch. Quoi qu’il en soit, l’avenir de notre espèce parait à terme bien
obscur!
100Et on arrive ainsi à un point crucial : tout ça pour ça ? Parmi les 10 univers possibles, nous
aurions eu la chance incroyable d’être sur celui qui permettait l’existence d’étoiles, qui
permettaient l’existence de Terres, qui permettaient l’existence de la vie, qui permettait
l’apparition de l’homme, qui permettait de comprendre l’univers, et tout ça pour le voir
disparaître de manière inéluctable?

A Manifest Destiny
On peut aussi, et c’est je l’espère ce qui fait « l’originalité » de ce papier, imaginer une fin
alternative. La nature nous a appris le mécanisme qu’elle utilisait pour son évolution : il faut
que des étoiles meurent pour ensemencer de nouveaux systèmes solaires plus riches. Il faut
que les dinosaures disparaissent pour que les mammifères émergent. Il faut que les vieux
meurent pour que la force de la jeunesse fasse progresser nos idées.
Alors, pour que l’univers intelligent se perpétue et se perfectionne, il faudra que nos savants,
comme l’ont fait en leurs temps nos lointains ancêtres, sèment dans une fluctuation du vide,
au sein d’un accélérateur de particules élémentaires ou au fond d’un micro trou noir, les
équations d’un nouvel univers.
Qui sera plus durable, plus smart, plus beau.
Et ce jusqu’au suivant…
Pour que Sisyphe soit heureux, il nous faut redevenir dieu.

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