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Quelques Crânes nouveaux de la Grotte de Thiverny (Oise) - article ; n°9 ; vol.24, pg 322-332

De
12 pages
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1927 - Volume 24 - Numéro 9 - Pages 322-332
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Dr Marcel Baudouin
Quelques Crânes nouveaux de la Grotte de Thiverny (Oise)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1927, tome 24, N. 9. pp. 322-332.
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Baudouin Marcel. Quelques Crânes nouveaux de la Grotte de Thiverny (Oise). In: Bulletin de la Société préhistorique française.
1927, tome 24, N. 9. pp. 322-332.
doi : 10.3406/bspf.1927.6112
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1927_num_24_9_6112SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 3*22
Quelques Crânes nouveaux de la Grotte
de Tbiverny (Oise)
Par i.e Dr
Marcel BAUDOUIN.
M. L. Giraux, qui, après notre découverte (1), a fouillé complète- -
ment la Grotte de Thiverny (Oise), ayant bien voulu nous confier
les débris de Crânes qu'il y a recueillis, nous donnons aujourd'hui
une brève description de ces restes intéressants, qui vient compléter
l'étude des trois Crânes, que nous y avions trouvés nous-même (2).
De la sorte, on aura une idée plus complète du mobilier crânien
de cet important ossuaire de la fin de la Pierre polie, et probable
ment du début du Cuivre.
Il faut mentionner aussi les trois débris de Crânes que j'ai signalés
un peu plus tard (3), et qui portent les nos IV, V et VI.
Les Os, qui nous ont été remis, comprennent les pièces suivantes :
1° Un Crâne, presque entier (Crâne n° XII), avec un débris de sa
mandibule.
2J Un Crâne réduit à sa face, et préparé d'une façon particulière,
post-mortem, en une sorte de Masque (Crâne n° XI).
3Ù Divers Crânes, sectionnés en deux, ^formant des espèces de
Coupes (Crânes nos VIII, IX et X).
4U Un Crâne, présentant une curieuse anomalie (C. n° XIII).
5° Des débris divers sans grand intérêt (Crânes nos VII et XIÏ).
§ I. — Crane presque entier (№ XII).
1° Cr. proprement dit. — Ce Crâne, très comparable à ceux déjà
décrits, n'est pas tout à fait entier ; mais la brisure, qu'il présente,
n'est pas due à la fouille.
Il était tel quel quand il fut déposé dans l'Ossuaire, car les lignes
de fractures sont très bien patinées et préhistoriques.
Ce qui lui manque, c'est le pourtour du Trou occipital. On ne
trouve pas, en effet, les deux Condgles occipitaux [fait fort regrettable
(1) Marcel Baudouin. — La Grotte de Thiverny [Oise). — Gazette de l'Oise, Cler-
mont, 1923, 21 mars, p . 1 .
(2) Etude de trois Crânes de la Grotte Néolithique de Thiverny (Oise). — Bullet,
de la Soc. Prêh. franc., Paris, 1922, XX, 23 mars, n* 3, pp. 93-102. [Découverte,
p. 91]. — Tiré à part, 1923, in-8°, 10 pages (1-10), 2 photographies.
(3) Quelques Os longs de la Grotte néolithique de Thiverny (Oise), avec etude de
la Taille. — Bull, de la Soc. Préhist. franc., Paris, 1922, 23 mars. — Tiré à part,
Par., 1923, in-8#, 15 pp. (Cf. p. 15, pour les trois débris de Crânes cités ci-dessus,
note 2). SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 323
pour la détermination du sexe] et les parties osseuses qui les ra
ttachent au sphénoïde et à l'occipital.
Attaque de Décarnisation. — II s'agit là d'une attaque post-mortem
de Décarnisation, bien connue, que nous avons découverte à Vendrest
jadis (1911), et qui est la conséquence de l'introduction d'un bâton
dans le trou occipital, pour essayer de briser complètement le
Crâne. Ici, les parties osseuses étaient trop épaisses et trop résis
tantes pour qu'on ait pu réussir complètement l'opération de dépe
çage, si 1 on peut ainsi parler ; et Ion n'a pu faire sauter que les deux
condyles et les portions adjacentes de l'occipital [apophyse basilaire ;
partie postérieure du maxillaire supérieur droit]. Dans ces conditions,
on peut encore mesurer ce Crâne et le décrire, comme s'il était abso
lument entier (quitte à négliger ce qui a trait aux régions absentes),
puisqu'un maxillaire supérieur, celui de gauche, est encore absolu
ment intact.
Age. — L'âge de ce Crâne ne peut être établi que par l'état actuel
de la denture ; malheureusement cette dernière n'est pas complète ;
mais la mâchoire inférieure vient corroborer les données utilisables
en haut.
Or les dents indiquent un être assez âgé. En effet, les quatre prémol
aires supérieures qui persistent sont extrêmement usées. D'autre part,
la grosse molaire № I, de gauche, montre une usure totale en dedans.
Et cela indique au moins une cinquantaine d'années.
La suture sagittale, d'ailleurs, n'est pas du tout soudée et les
autres sutures sont libres également, sauf la frontale médiane com
plètement invisible.
En admettant 55 ans, on a donc bien des chances d'être près de la
vérité.
Sexe. — Comme pour le Crâne № III, ce dernier, ne présentant
aucun Condyle conservé, le sexe reste discutable, mathématiquement
parlant. — Mais la puissance des insertions du muscle temporal,
les saillies osseuses, plaident assez nettement en faveur du sexe
masculin, ainsi que les Dents, qui sont assez fortes, sinon très grosses.
Face- — La face est aussi bien conservée que possible, sauf au
fond des orbites, qui sont peu aplatis. Le nez est haut et peu large.
Le front, un peu fuyant, est étendu. Les orbites sont aplatis.
Dentures. — Les dents qui persistent sont les suivantes :
a) Les quatre prémolaires, restées m situ, citées ci-dessus.
b) La première grosse molaire supérieure gauche. — Dents très
usées, comme on l'a vu.
Presque tous les autres alvéoles sont vides et normales. Ceux des
Canines indiquent de fortes dents ; celles des Incisives médianes ne SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAIS» 324
sont pas larges. L'orifice incisif est très large et ovalaire dans le sens
antéro-postérieur. Toutefois, M3 .et M2 gauches sont tombées et les
Alvéoles sont comblés. Ces dents ont donc disparu depuis longtemps.
Déformation infantile. — Sur ce Crâne, on ne peut pas dire qu'il y
a de la annulaire néolithique. Il n'y a ni dépression ni
compression de la table externe de l'os en avant des pariétaux.
Cela tient à ce qu'il s'agit d'un sujet très âgé, lequel d'ailleurs
pourrait n'avoir pas subi du tout cette opération dans son jeune âge !
De plus, la surface externe est absolument intacte. Cependant,
à gauche, on devine, plutôt qu'on ne sent au doigt, une légère
dépression, qui manque totalement à droite. — Donc, enfant, le sujet
a bien subi la dite déformation, au moins d'une façon légère.
Os Wormien. — II nous faut signaler l'existence, fait rare, d'un Os
Wormien, large comme une pièce de 0 fr. 50 d'argent, au milieu de la
suture fronto-pariétale droite. Os dépendant de la région frontale ;
ses dentelures sont d'ailleurs très peu marquées.
Région occipitale. — Occiput relevé, mais sans chignon marqué.
Race. — UIndice Céphalique est ici de 80,00. — II confirme nos
constatations antérieures. En effet, il s'agit d'un Crâne tout à fait
comparable à celui du № I de Thiverny, à indice de 79,79. — C'est
un Crâne sous brachycéphale, c'est-à-dire de métis de Dolicocé-
phale.
Actions humaines post-mortem. — Bon état des Os. — Aucune trace
d'actions humaines, du typeStries,Rayures,Cupulettes,Piquettage, etc. ,
On n'a tenté que la brisure rituelle du Crâne, laquelle d'ailleurs n'a
pas pu être obtenue.
Mensurations.
I. — Crane.
1. Antéro-postérieur. Maximum 175
i ew^kiû S maximum . . . 140
120 j A. Diamètre. 2 Transversal. 105 3. Hauteur. — Basilo-bregmatique t à Ensemble E.„_„t_i Frontal \ i bismatoïdien. minimum.... maximum... 88
135
Frontale sous cérébrale 20 cérébrale 95 1. Antéro- Spéciales. Pariétale 110 postérieures. 80
45
B. Courbes. \ totale 350
^S^^- 485 2. Transversales { 335
520 | totale
3. Horizontales l pré-auriculaire 255
r post-auriculaire 265 ,
SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 325
1. Trou occipital...
Largeur.... 40 30 Hauteur 2. Cavité orbitaire. С. Orifices. Profondeur. 38
Largeur 20
[ \ 3. Ouverture nasale Hauteur ?5
Longueur. 1. Voûte palatine. ) 55
Largeur 45 D.n Surfaces. „ _ Extérieur
35 Courbes. 30
2. Condyle occipital
„ , . i l. Naso-basilaire . . . E. Lignes. > 2 Alvéolo-basilaire.
II. Face.
Bi-orbitaire externe. 105
A. Transversales. Inter-orbitaire 25
125 (Largeurs). J Bjzygomalique (max.).
Lignes 110 Bijugale
Inter maxillaire 45 B. Verticales. \ Naso-alvéolaire 20
65 (Hauteurs) ( Totale (ophryo-alvéolaire.
III. Indices.
Indice céphalique 80,00 orbitaire 75,00
Indice palatin intérieur 85,00 nasal 80,00
Remarques. — En somme, ce Crâne est assez petit, puisque sa
courbe antéropostérieure totale n'atteint que 350 (pour les 355 à 362
des trois autres Crânes I-III).
Mais, ce qui frappe iei, c'est le développement exagéré de l'occipital,
par rapport aux parties antérieures (1).
On a, par suite, le droit de dire qu'il s'agit ici d'un Homme à
Cerveau antérieur peu développé ! — Ces données sont confirmées par
les diamètres du frontal, très faibles, au demeurant.
En raison de la brèche occipitale, je n'ai pas mesuré la Capacité
crânienne (2). Mais les dimensions ci-dessus prouvent qu'il s'agit
d'un être à Cerveau assez petit.
Ce qui confirme le métissage, la race Dolicocéphale d'origine néo
lithique étant toujours petite.
Quant à la face, elle est exactement semblable à celle du Crâne № I.
Il y a là un phénomène très remarquable, car les chiflres sont
exactement les mêmes pour les sept mensurations..!
Ces constatations prouvent la grande valeur des mesures telles
(1) Cette donnée est des plus intéressante, car elle justifie l'hypothèse du métis
sage d'une race Dolicocéphale primitive, à cerveau postérieur plus développé, par
une autre Brachycéphale à cerveau antérieur plue important.
(2) Le Crâne n» I donnait 1362c""\
SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 20 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAIS К
qu'on les prend aujourd'hui, et leur portée scientifique, quoiqu'on en
ait dit !
2° Mandibule.
La Mandibule correspondante à ce Crâne n'existe qu'en partie. Il
n'y a de conservé que la partie gauche. La brisure, qui est de fouille,
passe par l'alvéole absente de la 2e molaire droite.
Polyarthrite et Rhumatisme. — Cet os montre que le sujet était
atteint de Rhumatisme et Polyarthrite alvéolaire.
En effet, il avait perdu depuis longtemps deux molaires : la pre
mière, à gauche, la seconde à droite, dont les alvéoles sont complète
ment oblitérés. De plus, le condyle gauche est déformé par l'ostéite
chronique, surtout à la partie externe (1).
Les dents qui persistent à gauche sont : I2, la Canine, PM1 et M3.
Toutes sont notablement usées. Mais M3 n'est pas très atteinte.
Il persiste à droite I1 et I2, ainsi que M1, extrêmement usée en
dehors : ce qui confirme l'âge adopté pour ce sujet.
La dite mandibule n'est d'ailleurs pas très puissante et correspond
parfaitement au Crâne ci-dessus. Elle indique un Homme, de corpu
lence moyenne et probablement de taille à peine supérieure à celle
des Dolicocéphales Néolithiques.
§ II. — Débris divers de Cranes.
1° Crane № VII.
Déformation. — II s'agit d'une moitié de Crâne, du côté droit,
fendu longitudinalement, un peu à gauche de la suture sagittale.
Il s'agit d'un éclatement, car la suture bien engrenée, mais non
soudée, a résisté à l'effort et l'os s'est brisé fort correctement, parallè
lement à elle, à 0m015 à gauche.
On ne voit d'ailleurs pas trace de perforation, ni interne ni externe,
ni même de tentative de trépanation.
Ce Crâne présente une Déformation annulaire, typique, du côté
droit, qui seul existe. Elle est très large, au moins 0m040 au milieu et
profonde (0m002 à 0m003).
La table externe de l'os, très comprimée, présente le poli d'usage.
Pas trace de piquetage sur le Crâne, qui a l'aspect d'une Ctmpp,
faite avec la moitié latérale droite et comportant le Frontal (sourcil
saillant), le Pariétal entier et tout le Temporal; mais pas V Occipital.
Os très épais et très résistant. Crâne d'un Vieillard, très âgé, à
impressions veineuses, intérieures, très fortes, avec cavités artérielles
(1) Ces lésions expliquent la chute ancienne de M8 et de M2 gauches, à la mâchoire
supérieure, citée plus haut.
La Polyarthrite est donc certaine ! SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 327
riches et bien dessinées. Son diamètre antéropostérieur n'atteint que
0m158 sous l'occipital. Il devait avoir au moins 0m175 de longueur
totale et peut-être davantage! — II s'agit sans doute d'un Mésaticé-
phale, sinon d'un vrai Brachycéphale. — Sa hauteur est très grande.
2° Crane № VIII.
Moitié de Crâne préparé en Coupe par Perforations successives.
Ce Crâne a été brisé, avant d'être déposé dans l'Ossuaire, comme
si l'on avait voulu en faire une véritable Coupe ! En tout cas, il en
simule une, assez vaste, constituée par les os suivants : Occipital,
presque entier; Pariétal gauche ; Temporal gauche ; et le coin pos
térieur et supérieur du Pariétal droit.
C'est une Coupe, faite avec la moitié gauche du Crâne, sectionné
longitudinalement sur la ligne sagittale, en avant tout au moins.
Sur une partie du rebord de cette pseudo-coupe, au niveau des
Pariétaux gauche et droit, et presque sur la ligne médiane, on cons
tate qu'il existe trois Arcs de Cercle, ou Echancrures, présentant
les dimensions suivantes :
Longueur Hauteur
de la corde. de la flèche.
P. G. L. /. antérieur 0m025 0m010
IL moyen 0m050 0m015
P. D. ///. postérieur 0ю040 0m008
Ces Echancrures, concaves, ne peuvent pas résulter d'un simple
bris du Crâne par éclatement ou par percussion, dont, d'ailleurs, il
n'existe aucune trace ! Ce sont là des restes de Perforations circu
laires, exécutées, de distance en distance, sur la surface du Crâne
décarnisé au préalable, au niveau de la ligne voulue de Section.
Il s'agit donc bien de grandes Trépanations post-mortem, destinées
à diviser le Crâne en deux parties, de façon régulière, sans user
de la scie. — D'ailleurs l'os est effrité autour de chaque concavité :
ce qui prouve que le Crâne n'a été ouvert que tardivement après la
mort.
Travail humain sur les Crânes. — Ce mode de travail humain des
Crânes décarnisés n'est pas spécial à Thiverny. Nous l'avons déjà
signalé pour Vendrest, Vaudancourt, et surtout Bazoges-en-Pareds.
a) Perforations. — II était plus aisé, par ce procédé des perforat
ions multiples en ligne, d'ouvrir les Crânes que par le procédé de
Y éclatement, à l'aide d'un bâton introduit par Je trou occipital.
Mais, ce qui prouve que les deux méthodes ont bien été employées
en même temps, c'est que, sur tous ces Crânes, les condyles occipi-
pitaux ont sauté et n'existent plus dans aucun cas, par suite de la
pression du bâton. 328 S0CIÉTÉJPRÉH1ST0R1QUE FRANÇAISE
Diagnostic. — 11 est très aisé de distinguer ces Arcs de Cercle
anciens de ceux produits au cours des fouilles par la pioche ou la
fouille.
Dans ces faits, en effet, le bord du diploë n'est jamais patiné en
blanc et est franchement jaune, comme lors de toute cassure fraîche
de l'os.
D'autre part, les éclatements de la table interne sont toujours plus
étendus, dans les cas de violences modernes.
b) Eclatements. — II est aussi facile de distinguer les fractures de
la voûte du Crâne par éclatements simples de ces attaques osseuses,
qu'elles aient eu lieu par l'extérieur ou par l'intérieur.
En effet, lors de brisure nette, en bois vert, on observe des angles
nets, non émoussés, à bords vifs tranchants, bien à pic, au lieu de
ces solutions de continuité toujours concaves, à diploë écrasé et à
bords toujours émoussés, soit en dedans, soit en dehors.
3° Crane № IX.
Débris formé par deux fragments postérieurs de pariétaux et l'oc
cipital.
La suture sagittale est complètement soudée, quoique te Crâne
soit très peu épais et les impressions vasculaires peu marquées.
II doit s'agir d'une femme, peu âgée. Le fragment a été travaillé
post-mortem, pour taire une sorte à'Ècuelle. On constate l'existence
de deux arcs de cercle voisins, et de deux angles d'éclatement.
^lais, dans ce cas, on dirait que les perforations ont été faites par
l'intérieur, car la lèvre interne de l'arc est abrasée, alors que dans
les angles il n'en est pas ainsi.
Mais il est impossible d'affirmer ici la perforation interne, les
traces n'étant pas assez nettes. — II est possible qu'il y ait aussi là un
piqueté extérieur.
4° Crane № X.
Voûte crânienne très longue, sans l'occipital, indiquant un crâne
très dolicocéphale, sans doute. En effet, à eux seuls, le frontal et les
pariétaux fournissent un diamètre (A. P.) de 0m190 et avec l'occipital
cela donnerait plus de 0m200! La courbe frontale, a elle seule, atteint
d'ailleurs Ûm120 et celle du pariétal 0m130. — Sourcils très saillants.
La déformation annulaire, très peu marquée, se reconnaît surtout
au poli de la. table externe.
On note, à la surface de ce Crâne, un piquetage très marqué (1),
mais à Cupulettes extrêmement fines et très nombreuses, par dessus
lesquelles on distingue de fines Stries de Silex, assez nettes.
(1) Voir, plus loin, le titre de notre mémoire spécial sur ce travail post-mortem. PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 329 SOCIÉTÉ
Le travail humain de Décoration paraît par suite à peu près
certain dans ce cas là.
5° Cranb № XI.
Fragment de Crâne en forme de Masque totêmique.
Chose curieuse, ce fragment de Crâne semble avoir été obtenu,
relativement, à l'aide d'une division verticale, suivant un plan passant
par le front et l'arrière-fond des orbites, si bien qu'il ne comprend
que la base du frontal et la face, c'est-à-dire les deux maxillaires
supérieurs, les deux nasaux et les deux molaires.
On dirait qu'on aurait voulu préparer une sorte de Masque ! Il
serait donc fort possible qu'avant la mise en Ossuaire cette face ait
été recouverte par la peau.
Et une telle préparation fait songer aux Masques totémiques, en
Crânes de Bison, de Biche, etc.
La division verticale ne nous semble avoir pu être obtenue que
par le procédé des Perforations, car elle est très régulière. Mais les
arcs de cercle caractéristiques de ce modus faciendi de dépeçage
osseux sont si peu courbes qu'on les distingue à peine sur la péri
phérie des os du Crâne (frontaux soudés) supportant la face.
Nous n'avions jamais encore observé de fragments de cette sorte,
à Vendrest ou à Bazoges-en-Pareds !
Ce crâne était celui d'un veillard extrêmement âgé, d'après les
dents qui persistent à la mâchoire supérieure. Elles sont si usées
qu'on dirait un Crâne de Peau rouge ou de Sioux, âgé d'au moins
cent ans! Les couronnes, en effet, sont presque toutes abrasées jus
qu'à la racine.
Les dents qui persistent sont les suivantes : à droite, 2e incisive
et canine à gauche, la denture est complète, sauf Ma. A droite
persiste un chicot seulement, correspondant à la racine interne de
M1. Les autres alvéoles sont vides, mais peu creux : ce qui indique,
surtout pour les grosses molaires, une forte résorption de racines,
en rapport certainement avec l'extrême abrasion.
En outre, on note une Carie du collet sur la face postérieure ou
distale de M2 S. G., conservée (1). Cette carie, profonde de 0m003 à
0ш004 X 0m006, est de forme ovalaire, bien transversale. Il est pro
bable que M3 S. G. disparue était malade aussi.
Sur cette face, il serait possible de mesurer la voûte palatine, très
profonde, présentant également un canal incisif énorme ; et, d'autre
part, les cavités orbitaires et l'ouverture nasale. Mais nous croyons
inutile de le faire minutieusement.
(1) C'est le seul cas de Carie, enregistré à Thiverny, sur la vingtaine de Crânes
connus de nous. — Mais il ne faut pas oublier que presque toutes les Dents libres
de cet ossuaire sont en d'autres mains que les nôtres, et que leur étude n'a pas
encore été publiée ! 330 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE
Remarquons toutefois que les yeux sont plus arrondis que pour le
crâne n° XII, puisqu'on a 0m037 X 0m028, et que la lèvre supérieure
osseuse est fort épaisse, puisqu'elle atteint près de 0m025. Le dia
mètre bijugal n'a pas tout à fait 0m120.
Malheureusement, il est impossible de soupçonner la forme réelle
de ce crâne, dont le front n'est pas très fuyant d'ailleurs.
6° Crane № XIII.
Le crâne n° XIII, constitué jseulement par le frontal et la partie
antérieure du pariétal droit, avec l'angle antéro-supérieur du gauche,
a été brisé par éclatement, car on y voit un angle droit à bords à pic,
qui l'indique.
Il n'est intéressant que par l'existence d'une Déformation annulaire,
très caractéristique, bien reconnaissable à droite par une forte
dépression, limitée à une bande de 0т03(У de large et à un poli parti
culier, dû à la compression de la table externe de l'os. — On ne
remarque aucune trace de piquetage.
La saillie du sourcil au frontal est très peu marquée.
7° Crane № XIV.
Atrophie, par compression du diploë, du sommet du vertex.
Ce débris est d'un intérêt considérable, quoique constitué seule
ment par un pariétal droit et des fragments très faibles du pariétal
gauche et du sommet de l'occipital.
En effet, il présente une Déformation anormale du sommet de ce
pariétal, qui ne porte que sur le diploè d'ailleurs !
Il s'agit, en somme, d'une Atrophie limitée du diploe, réduit de
plus de moitié sur une surface ovalaire de0m090x 0m045, correspon
dant à la antérieure de l'angle antéro-supérieur de l'os. Il est
probable qu'une déformation analogue existait aussi sur le pariétal
gauche, d'ailleurs.
Un ressaut montre en avant la limite de l'atrophie, près du bord
antérieur de l'os .
Il en résulte une sorte de Cavité ovalaire ou de Dépression, très
forte, de la surface du vertex.
Mais, chose très curieuse, la table interne n'est pas refoulée
en dedans et apparaît comme absolument normale.
Dans ces conditions, il ne peut s'agir que d'un arrêt de dévelop
pement de ce diploé d'ailleurs limité, car le reste du pariétal est
très épais (0m005), au lieu d'être mince, comme une feuille de papier,
au niveau de la lésion (0ш002).
Il résulte de là que cette aflection est due à une Compression pro-