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Apologie du Baptême des Enfants - Perspective Protestante

De
42 pages
Le baptême des enfants est-il fondé sur les Saintes Écritures ou est-il, au contraire, un navrant reliquat de superstition médiévale?
L'ouvrage présente les raisons pour lesquelles les Églises du Seigneur ont toujours baptisé les croyants ET leurs enfants et répond aux objections qui sont souvent soulevées contre cette pratique biblique.
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APOLOGIE DU BAPTEME DES ENFANTS
Perspective Protestante
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APOLOGIE DU BAPTEME DES ENFANTS
Perspective Protestante
T. R. Bucerian
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Couverture : Volet supérieur gauche du retable de Lucas Cranach l'Ancien (1547). Philippe Melanchthon baptisant un enfant(détail). Église Sainte-Marie de Wittenberg
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Cet ouvrage est protégé par le code de la propriété intellectuelle
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Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Jean 3 : 5
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Beaucoup d'auteurs, bien plus doctes que moi, ont déjà écrit de brillantes défenses du baptême des enfants. Pourtant, sur ce sujet, bien des âmes demeurent retenues dans des opinions si embrouillées qu'il m'a semblé justifié de prendre ma part dans cette discussion. Non pas tant pour y apporter des arguments nouveaux et extraordinaires mais pour rappeler, après les avoir collectés et mis en ordre, les arguments que l'on ignore et méprise trop souvent.
Je sais aussi par expérience que les adversaires du baptême des enfants, sachant qu'ils accusent la pratique et la croyance de l’Église ancienne, aiment croire que ceux qui y restent attachés ne font que répéter servilement des traditions familiales sans être capables de les remettre en question, malgré l'enseignement de la Bible. Je tiens donc à signaler que tel n'est pas mon cas. Né dans un milieu où le baptême d'un enfant était synonyme de superstition, c'est après un examen des Écritures que je suis parvenu aux conclusions que je défends aujourd'hui.
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Avent 2014
INTRODUCTION
De nombreux théologiens évangéliques tentent d'excuser la scandaleuse controverse qui dure depuis cinq siècles, en alléguant que notre sujet n'est finalement pas très important, et/ou qu'il n'est pas vraiment possible de le résoudre par la lumière des Écritures: les hommes auraient donc de bonnes raisons de camper dans leurs schismes. La faute en serait aux Écritures, trop obscures et contradictoires! Mais si notre discussion n'était pas si importante, les adversaires de la pratique traditionnelle n'auraient sans doute pas élevé les querelles et les divisions que l'on connaît! De plus, si un article aux conséquences si graves (la division des chrétiens!) ne pouvait pas être réglé par le recours aux Écritures, cela serait un démenti évident du principe de lasuffisancedes Écritures, laSola Scriptura(l’Écriture seule).
Par conséquent, en plus desindices de l'Histoire, c'est par despreuves de l’Écriture que sera défendue, ici, la légitimité du baptême des enfants (I). Et l'examen des passages souvent invoqués contre cette pratique, ne fera qu'appuyer son caractère biblique (II).
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PREMIERE PARTIE
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Chapitre I Remarques générales sur le baptême
Avant de considérer l'opportunité de baptiser des jeunes enfants, il convient de dire sur quoi repose le baptême (section 1), à quelle fin il a été institué (section 2) et pourquoi il est ajouté à la prédication de la Parole (section 3).
Section 1 Fondement
Du fait de son péché, il est nécessaire – pour son Salut – que l'homme naisse de nouveau (Jean 3 : 6). Cette régénération est l’œuvre de l'Esprit de Dieu (Nous croyons en l'Esprit saint, qui règne et donne la vie!) qui suscite la foi salutaire en Jésus-Christ, par le moyen de la Parole. Loin d'être une grotesque répétition de la naissance naturelle (cf. Jean 3 : 4), cette nouvelle naissance est, donc, un mystère spirituel et intérieur dont l'expression solennelle est le baptême d'eau (Jean 3: 5). C'est la raison pour laquelle, avant de monter au Ciel, Notre Seigneur a envoyé ses disciples pour porter l’Évangile et baptiser les hommes du monde entier (cf. Marc 16 : 15-16), selon qu'il est écrit:
 « Allez, faites de toutes les nations des disciples,  les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,  et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. (1)  Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
Il faut noter que cet ordre contient ce que doivent faire les disciples, par l'autorité du Seigneur – et non ce que doivent faire les gens vers qui ils sont envoyés. De cela, concernant le baptême, il ressort que:
1) Le Christ n'a pas commandé aux néophytes desebaptiser mais il a commandé à son Église de baptiser les néophytes. Ces derniers ne font querecevoirle baptême, dont la valeur ne repose pas sur leurs propres épaules mais sur la parole de Dieu qui l'a institué. ___________________ (1): Matthieu 28: 19-20. Les passages de la Bible sont extraits de la Segond 1910.
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De là, il est tout à fait certain que les pasteurs, lorsqu'ils prêchent ou baptisent, n'agissent pas comme metteurs en scène de la foi (supposée) de leurs ouailles, mais comme ministres du Seigneur auprès des hommes. Le baptême doit logiquement être poséau débutde la vie chrétienne, comme on le voit dans ce passage ainsi que dans les autres textes des Écritures (Romains 6 :3-14, etc.)
Section 2 Finalité du baptême
Il a été dit que le baptême est lié au mystère intérieur de la nouvelle naissance. Mais quelle est la relation entre ce mystère et ce signe extérieur? Ce bain d'eau est-il la cause automatique et infaillible du Salut ? Non, car tout baptisé n'est pas nécessairement sauvé. Doit-il alors être réduit à n'être qu'un symbole, une plate illustration d'une œuvre que Dieu fait en un autre lieu et en un autre moment ? Cette dernière opinion, bien qu'elle n'y conduise pas (2) nécessairement, entraîne souvent le rejet du baptême des enfants . En effet, on demande de quelle utilité peut être un tel symbole à des enfants incapables d'en saisir le sens. Aussi convient-il de préciser que le baptême est comme le lieu ou le cadre dans lequel Dieu veut (3) agir en ses brebis et c'est ce que professe simplement l’Église chrétienne , lorsqu'elle dit, en se conformant à la Parole de Dieu:
( 4) ( 5) »« Nous confessons un seul baptême , pour la rémission des péchés
On pourrait paraphraser cela de diverses manières, en disant que le baptême est administré pour le Salut, pour la Vie éternelle, etc. d'autant que nous y trouvons Jésus-Christ pour le revêtir par la foi (Galates 3 : 27). Cela ne veut pas dire que le baptême sauve à la manière d'un rite magique et qu'il suffit de l'avoir reçuextérieurementpour être sauvé, quel que soit notre cœur. Néanmoins, tout comme la Parole est annoncée pour le Salut – alors qu'elle ne sauve pas ceux qui ne font que l'entendre (Jacques 1 : 22, Actes 17 : 32, etc.), de même, le baptême est administré pour notre Salut et celui qui croit y trouve vraiment la Vie, en plus du témoignage de son adoption en Jésus-Christ.
_________________ (2) Le réformateur Ulrich Zwingli a développé cette doctrine symboliste. Malgré des hésitations, il n'a finalement pas rejeté le baptême des nourrissons, contrairement à un certain nombre de ses collaborateurs. (3) : Dans le Symbole de Nicée-Constantinople. (4) : Éphésiens 4 : 5. (5) : Actes 2 : 38.
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Certains objectent justement que le baptême ne sauve pas, ou qu'il n'est pas donné pour le Salut, parce que cela est le propre de la Parole (Jacques 1 : 18) qui nous purifie (Jean 15 : 3) et nous sanctifie (Jean 17 : 17). De là, ils maintiennent que le baptême est sans doute un simple rite par lequel l'homme confesse sa foi en Dieu et s'engage publiquement devant le monde. Mais cela contredit ce qui a été établi précédemment (section 1). Ainsi, il faut tenir pour certain que la Parole de Dieu nous sauve, nous transforme, nous rend purs et saints. Et pourtant, cela est dit aussi du baptême, Sacrement de la nouvelle naissance (Tite 3 : 5, 1Pierre 3 : 21, etc.) et à bon droit, d'autant que, selon l'Apôtre Paul, le baptême n'est rien d'autre qu'un bain d'eau accompagné de la Parole (Éphésiens 5 : 26).
C'est donc toujours la Parole de Dieu qui sauve, qu'elle soit adressée à tous indifféremment (prédication) ou à chacun en particulier (baptême) pour susciter et renforcer la foi salutaire en Jésus-Christ (Romains 1 : 17).
Section 3 Nécessité du baptême
Si la Parole de Dieu est lemoyen par lequel l'Esprit nous présente Christ et nous régénère en nous donnant la foi – de sorte que nous recevons le pardon des péchés et marchons en vie nouvelle – le baptême, sceau apposé à cette Parole, ne doit pas être négligé ou méprisé. Au contraire, il doit être recherché et reçu avec autant d'empressement que la Parole de Dieu, non seulement parce que cette Parole est encore présente et agissante dans le baptême qui lui (6) est lié , mais encore, parce que le baptême manifeste l'étendue et la plénitude du Salut promis (7) au croyant : une Vie éternelle non seulement pourl'âmeaussi pour mais le corps (nous attendonsla Résurrectiondes morts!) qui appartiennent tous deux, comme les deux faces d'une même pièce, au même homme que Christ est venu sauver. Le baptême manifeste ainsi l'entière consécration au Seigneur et constitue enfin le moyen de nous accueillir comme membres de Son Église, nous permettant ainsi de participer à la Cène (c'est en effet à ses disciples que le Seigneur a dit :faites ceci en mémoire de moi, etc.)
Pour tout cela, le baptême devrait coïncider avec la conversion de notre cœur. De là, étantparticulièrementengagé à croire et servir le Dieu trinitaire, son baptême devraitaussi être le moyen, pour le baptisé, de confesser sa foi – et même publiquement! ________________________________ (6) Ceux qui croient trouvent toujours dans leur baptême, non seulement le témoignage de leur adoption et de leur purification mais ces biens mêmes! (7) cf. 1Thessaloniciens 5 : 23; Hébreux 10:22...
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