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“Dans quelques années, je risquerai la prison”

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“Dans quelques années, je risquerai la prison”

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Ajouté le : 11 juillet 2011
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 En couverture
Monseigneur Léonard “Dans quelques années, je risquerai la prison”
Au risque de gâcher les fêtes de Pâques, l’évidence est là:les croyants se détournent de l’Eglise. Peut-être en partie à cause de la rigidité du Vatican, relayée chez nous par l’évêque de Namur. télé moustique 0/0/2007
L’ E g l i s ec a t h o l i q u ee tl e sB e l g e s :l ed i v o r c e
L’évêque de Namur répond aux débats de société: “L’euthanasie? Inutile. L’avortement? Antidémocratique. Les gays? Anormaux. Le préservatif? Poreux.”
la veille de Pâques, le diagnostic est sans appel pour les catholiques: c’est une sévère crise de foi. Les se seAntent enle,tarpalle,euqithcaeors,ueiqolBseegletiomdéic sondages le martèlent: en Belgique, l’Eglise a vu fondre son aura au fil des dernières décennies. Si las régresse sans cesse. En témoigne la chute ver-tigineuse de la fréquentation des églises. Elle est loin, très loin, cette époque où la messe s’impo-sait comme une tradition de masse et où il était inconcevable de se passer de monsieur le curé pour célébrer les grandes étapes de la vie. Les Belges vivent désormais leur foi de manière inté-rieure, plus individualiste. Ou ne la vivent carré-ment plus du tout, dans une société occidentale où les nouveaux cultes s’appellent consomma-tion, corps parfait et réussite à tout prix. Effet collatéral de ce phénomène: aujourd’hui, il y a trois fois moins de curés qu’en 1960.
Face à cette crise sans précédent en 2.000 ans, le Vatican semble chercher son salut dans un sacré resserrage de boulons. Dans sa récente exhortation apostolique, Benoît XVI prône un ferme retour aux sources. Principalement sur le terrain de l’Eucharistie, en décochant au passage des flèches contre le remariage des divorcés et les plaidoyers pour l’abandon du célibat des prêtres. Le fidèle héritier de Jean-Paul II est perçu par les catholiques progressistes comme l’un des fos-soyeurs du bel esprit d’ouverture de Vatican II.
Chez nous, l’un des plus ardents représentants de Benoît XVI se nomme André-Mutien Léonard. Monseigneur chapeaute l’évêché de Namur et figure parmi les favoris à la succession du cardi-nal Danneels, “patron” de l’Eglise belge qui de-vrait se retirer dans les prochaines années. L’évê-que namurois nous a reçu en ses murs hors du temps et du bruit de la vie pour tenter de com-prendre l’état désastreux du catholicisme belge. Il nous a également exposé ses visions, dans la droite ligne de Rome, sur les grandes questions éthiques qui, ces dernières années, ont traversé notre société et notre Parlement.
Monseigneur Léonard parle d’une voix douce et posée. Mais qu’on ne s’y trompe pas: au fil de cet entretien, il crucifie la loi et le droit à la diffé-rence. Tête baissée, il va même jusqu’à lancer une rumeur inquiétante qui fera bondir les scien-
tifiques, croyants inclus. Ces propos ont au moins un mérite: démontrer plus que jamais le sidérant décalage entre le très haut clergé et la majorité de ses humbles contemporains. k Estimez-vous que la foi catholique est en crise en Belgique? André-Mutien LéonArd. -Pas plus que dans les autres pays d’Europe occidentale. Mais pen-dant qu’ici nous connaissons de la morosité, de l’indifférence, ailleurs c’est tout le contraire. L’Eglise catholique est la meilleure des multina-tionales, dont la branche belge est, certes, un des maillons faibles. Ça ne veut pas dire qu’on va supprimer de l’emploi pour autant. k Comment expliquez-vous ce phénomène? A.-M. L.- Je ne sais pas s’il faut rechercher une responsabilité. L’Occident vit actuellement dans une culture très individualiste. Regardez le déficit de la militance. k Comment réagit l’Eglise belge? A.-M. L. -Pour mes confrères prêtres, c’est un moment éprouvant. Mais le plus dur, c’est que l’offre ne correspond plus à la demande. Nous proposons de la profondeur au travers de la foi, alors que les gens, guidés par la culture du zap-ping, demandent des cérémonies occasionnelles sans grand lendemain. Par exemple, un mariage ê à l’église dont on referme la parenthèse aus-0/0/2007télé moustique