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I – l'eglise de scientologie religion, entreprise a but lucratif

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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UNIVERSITE DENIS DIDEROT – PARIS VII ECOLE DOCTORALE DE RECHERCHES EN PSYCHANALYSE Equipe de recherche : Les interactions de la psychanalyse Thierry LAMOTE Mémoire de Master2 Recherche L’ŒUVRE DE L.RON HUBBARD ENVISAGEE COMME UN TEMOIGNAGE DE L’EXPERIENCE PSYCHOTIQUE ETUDE PSYCHANALYTIQUE DE L’EGLISE DE SCIENTOLOGIE Directrice : Mme Pr. Sophie de MIJOLLA-MELLOR Co-jury : M. Pr. Luiz Eduardo PRADO DE OLIVEIRA 2007 1 Je remercie M. Prado de Oliveira d‟avoir accepté si promptement d‟être le co- jury de ma soutenance. Et je remercie tout particulièrement Mme de Mijolla-Mellor : sa confiance et son soutien, tout au long de l‟année, m‟ont été d‟une aide précieuse. 4 « Qui plus est, j‟ai été touché par la lumière, je sais, maintenant. […] Hari Rama, vous comprenez, Krishna, Krishna. Vous comprenez. Touché par la lumière.» Chuck Palaniuk, Fight Club 5 SOMMAIRE INTRODUCTION : L‟EGLISE DE SCIENTOLOGIE EST-ELLE L‟ŒUVRE D‟UN PARANOÏAQUE ?..............……….9 I Ŕ L‟EGLISE DE SCIENTOLOGIE : RELIGION, ENTREPRISE A BUT LUCRATIF, RACKET……………………………………………………………………………………..10 II Ŕ …OU ORGANISATION TOTALITAIRE………………………………………………13 III Ŕ …ET PARANOIAQUE…………………………………………………………………18 IV Ŕ … FONDEE PAR UN PSYCHOTIQUE ?.......................................................................20 V Ŕ LA SCIENTOLOGIE ENVISAGEE COMME UN DELIRE PSYCHOTIQUE.……….22 PREMIERE PARTIE : L.RON HUBBARD, ŒUVRE D’ART TOTALE ANALYSE D‟UNE DECOMPENSATION PSYCHOTIQUE…………………………………………25 ère1 CHAPITRE : LES ALENTOURS D‟UN EFFONDREMENT…………………………………..26 1. Ŕ QUELQUES INDICATIONS METHODOLOGIQUES…………………………………………26 1.1. Ŕ LES FILS ENTREMÊLES D‟UNE VIE NOUEE A UN SYSTEME DELIRANT…………..….26 1.2. Ŕ DEBUSQUER LES SIGNIFIANTS DU DELIRE DERRIERE LA MASSE DES ECRITS EN SE FAISANT LE « SECRETAIRE DE L‟ALIENE »……………………………………29 2. Ŕ L‟HYPOCONDRIE : AURORE DE LA PSYCHOSE CLINIQUE ………………………………31 3. Ŕ DANS LE DOSSIER MILITAIRE DU LIEUTENANT HUBBARD : LA RONDE DES PHENOMENES ELEMENTAIRES……………………………………………………………………32 3.1. Ŕ DOULEURS ENIGMATIQUES………………………………………..………………32 3.2. Ŕ ECRITURE, FONCTIONNEMENT « COMME SI » ET FILIATION DELIRANTE ………………………………………………………………………………………………..…34 3.3 Ŕ DECLENCHEMENT : LA « BATAILLE DE CAP LOCKOUT »………………………38 ème2 CHAPITRE : LE LONG TRAJET DU RETOUR A LA VIE CIVILE : DES « ADMISSIONS » A LA DIANETIQUE………………………………………………………………………………………….…41 1. Ŕ BREVE HISTOIRE DES « ADMISSIONS » ET PERSPECTIVES THEORIQUES………….….…41 2. Ŕ LECTURE CLINIQUE ET CRITIQUE DES ADMISSIONS……………………………………….44 2.1. Ŕ « COURS 1 » ET « COURS 2 » : LES INSTANTANES D‟UN DESASTRE…………44 2.2. Ŕ PAR-DELA LE MARASME DE LA PSYCHOSE : L‟ECRITURE DU « LIVRE » COMME TENTATIVE DE SOLUTION………………………………………….47 3. Ŕ ACTE DE NAISSANCE D‟UNE NOUVELLE « SCIENCE DU MENTAL »……………………50 3.1. Ŕ ASTOUNDING SCIENCE-FICTION : L‟EFFERVESCENCE D‟UN PUBLIC CONQUIS D‟AVANCE…………………………………………………………………………………50 3.2. Ŕ GRANDEUR ET DECLIN…………………………………53 6 DEUXIEME PARTIE : DIANETIQUE ET SCIENTOLOGIE : ARCHITECTONIQUE D’UN SYSTEME DELIRANT……………………………………………….…………………………….56 er1 CHAPITRE : LA DOCTRINE DIANETIQUE : UNE VERSION DELIRANTE DE LA THEORIE CATHARTIQUE ? ………………………………………………………………………………………57 1. Ŕ EXAMEN D‟UNE SOURCE D‟INSPIRATION MAJEURE DE LA DIANETIQUE : LES ETUDES SUR L’HYSTERIE ………………………………………………………………………………………57 1.1. Ŕ JOSEPH BREUER ET ANNA O. : LES PREMISSES DE LA CURE CATHARTIQUE……..58 1.2. Ŕ PREMIERES THEORIES ETIOLOGIQUES DE L‟HYSTERIE………………………59 2. Ŕ UNE RELECTURE LITTERALE ET FOLLE DES ETUDES SUR L’HYSTERIE………………60 2.1. Ŕ REJET DE FREUD ET ENKHYSTEMENT DANS LA THEORIE BREUERIENNE…………60 2.2. Ŕ SERPENTS ORIGINAIRES……………………………………………………………61 2.2.1. Ŕ L‟ETRANGE CAPITAINE « SNAKE » THOMPSON……………………62 2.2.2. Ŕ LES SERPENTS D‟ANNA O…………………………………………63 2.3. Ŕ LES « DEMONS » : DE LA METAPHORE BREURIENNE AU CONCEPT DIANETIQUE……………………………………………………………………………………64 3. Ŕ LE « MENTAL HUMAIN » ET SES DESORDRES : UN RECYCLAGE DELIRANT DE LA THEORIE ETIOLOGIQUE DE BREUER ET FREUD……………………………………………….67 3.1. Ŕ « MENTAL SOMATIQUE » ET « MENTAL ANALYTIQUE »……………………67 3.2. Ŕ LES « ARCHIVES » : DE LA METAPHORE FREUDIENNE AU CONCEPT DIANETIQUE……………………………………………………………………………….…68 3.3. Ŕ DESORDRES, LACUNES ET DEFICIENCES DE L‟ORDINATEUR HUMAIN : LE « MENTAL REACTIF » ET L‟« ENGRAMME », CIBLES DE LA THERAPIE DIANETIQUE……………………………………………………………………………………70 4. Ŕ PSYCHANALYSE VS THEORIE CATHARTIQUE / DOCTRINE DIANETIQUE………………71 ème2 CHAPITRE : HYPOCONDRIE, HALLUCINATIONS ET DELIRE : LES RACINES PATHOLOGIQUES DE LA DIANETIQUE ET DE LA SCIENTOLOGIE…………………………………………………………….74 1. Ŕ LA DIANETIQUE : PIERRE ANGULAIRE D‟UN SYSTEME PARANOÏAQUE ……………..74 1.1. Ŕ UNE ANTHROPOGENESE DELIRANTE : LES CELLULES ET LA « LOI DE LA SURVIE »……………………………………………………………………………………74 1.2. Ŕ LE « BASIQUE-BASIQUE » : UN POINT D‟INCONSISTANCE DU SYSTEME DELIRANT HUBBARDIEN………………………………………………………….……76 2. Ŕ COMPLOTS ET HARCELEMENTS COMMUNISTES : LE CONTEXTE DE NAISSANCE DE LA SCIENTOLOGIE, VERSANT RELIGIEUX DE LA DIANETIQUE……………………………………79 2.1 Ŕ FEVRIER-MARS 1951 : NOUVEAUX VACILLEMENTS DES PARES-PSYCHOSE, « NEO-DECLENCHEMENTS »……………………………………………………………79 2.2. Ŕ « DEBRANCHEMENT » ET NOUVELLE FLAMBEE DU DELIRE : LES « ENTURBULATIONS » DE LA « VERMINE COMMUNISTE »………………………82 7 3. Ŕ AUX CONFINS DE LA FOLIE : QUELQUES ARTICULATIONS D‟UN DELIRE DE PLUS EN PLUS CONFABULANT …………………………………………………………………………….88 3.1. Ŕ EMERGENCE DU DELIRE RELIGIEUX …………………………………………88 3.2. Ŕ LES NEOLOGISMES PSYCHOTIQUES……………….92 3.3. Ŕ INTUITIONS PLEINES ET HOLOPHRASES : LES SOURCES DE LA PUISSANCE CONTRAIGNANTE DE LA DOCTRINE HUBBARDIENNE………………………………94 TROISIEME PARTIE : VOYAGE DANS LA MATRICE D’UN OBJET REPULSIF…………99 er1 CHAPITRE : MANIPULATION, « CONSPIRATIONNISME » ET « CONNAISSANCE PARANOÏAQUE » : REFLEXION SUR QUELQUES OBSTACLES A L‟ANALYSE OBJECTIVE DE L‟EGLISE DE SCIENTOLOGIE……………………………………………………………………………………100 1. Ŕ LA SCIENTOLOGIE : UN OBJET DE FASCINATION ET DE CRAINTE……………………100 1.1. Ŕ APOLOGUE : LE MINISTRE ET LE SCIENTOLOGUE…………………………..100 1.2. Ŕ LES MISES EN ORDRE PACIFIANTES DE LA « CRAINTE DE DIEU » ………102 1.3. Ŕ DESORDRES DE LA « CRAINTE DES DIEUX » : DE L‟ANGOISSE DE DEVORATION AUX VERTIGES DE LA REGRESSION UTERINE……………………103 2. Ŕ PAR-DELA LES SEDUCTIONS DE LA NOTION DE MANIPULATION……………………105 3. Ŕ …ET DE LA LOGIQUE CONSPIRATIONNISTE :… ……………………………………….109 4. Ŕ …LES TENTATIONS DE LA « CONNAISSANCE PARANOÏAQUE »………………….112 ème2 CHAPITRE : L‟EGLISE DE SCIENTOLOGIE : UNE ENTITE UNHEIMLICH ? Ŕ ANALYSE DES MOTIFS DE FASCINATION ET D‟EFFROI……………………………………………………114 1. Ŕ AU COEUR DU REENCHANTEMENT DU MONDE……………………………………………114 2. Ŕ LES ENCOMBRANTS ALEAS DU CORPS…………………………………………………116 3. Ŕ SE DEBARRASSER DU CORPS POUR ATTEINDRE L‟ETERNITE ET LA TOUTE- PUISSANCE…………………………………………………………………………………………117 4. Ŕ LA NOSTALGIE D‟ADAM ET DU PARADIS TERRESTRE : LE PROJET MESSIANIQUE DE LA MODERNITE……………………………………………………………………………………120 5. Ŕ LES PROMESSES ETRANGEMENT INQUIETANTES DE LA SCIENTOLOGIE……………122 CONCLUSION : PSYCHOSE, FOLIE ARTICFICIELLE ET APHANISIS DU SUJET ……124 ANNEXES……………………………………………………………………………………………128 BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………………………177 RESUME…………………………………………………………………………………………182 8 INTRODUCTION : L’EGLISE DE SCIENTOLOGIE EST-ELLE L’ŒUVRE D’UN PARANOÏAQUE ? 9 I Ŕ L‟EGLISE DE SCIENTOLOGIE : RELIGION, ENTREPRISE A BUT LUCRATIF, RACKET… Au mois de mai 1950, l‟écrivain de science-fiction nord américain Lafayette Ronald Hubbard publia DIANETICS, The Modern Science of Mental Health : la Dianétique, aïeule de la Scientologie, venait de naître. Elle aurait pu rester ce qu‟elle prétendait alors être, à savoir une technique psychothérapeutique visant au développement personnel Ŕ une technique supplémentaire, perdue parmi une infinité d‟autres, oubliées aussitôt que publiées. Il n‟en fut rien : la Dianétique rencontra, pour des raisons que nous analyserons dans un instant, quasiment immédiatement un succès phénoménal. Moment inaugural mais transitoire du mouvement, la Dianétique se prolongea dès le mois de mars 1952 en une « philosophie religieuse » plus clairement idéologique, la « Scientologie ». Originellement pseudo-scientifique, la doctrine hubbardienne quittera ainsi bientôt le lit de la technique thérapeutique pour s‟installer dans le champ de la croyance. Dans la lancée, elle convoitera immédiatement l‟aura, voire le label, de la religion : à partir du mois de décembre 1953, Hubbard et ses séides entamèrent en effet les démarches visant à conférer au groupe le titre d‟Eglise de Scientologie. La première Eglise de Scientologie proprement dite finit par être inaugurée à Washington en 1954, au terme de deux années d‟une « conversion » produite dans l‟éprouvant désordre entourant habituellement L.Ron Hubbard. Ce glissement d‟un registre à l‟autre, de la psychothérapie vers la spiritualité, forme le nœud de la problématique scientologique. L‟on tend généralement à y voir la preuve de sa volonté cynique de manipulation, l‟indice le plus fiable de l‟escroquerie qu‟elle organise sciemment à l‟échelle mondiale. Penchons-nous un instant sur ce point de focalisation qui accapare l‟attention de ses détracteurs : une lecture rigoureuse de la littérature nous montrera aisément qu‟en dernière analyse toutes les critiques qui la touchent proviennent de ce moment de bascule, ou s‟y nourrissent. Ainsi en va-t-il de ses biographes non officiels Ŕ non « agréés » par les instances de la secte, en d‟autres termes indépendants et aussi libres que le permettent les harcèlements de la secte Ŕ à qui l‟on doit les travaux les plus fiables sur Hubbard. Tous semblent s‟accorder sur ce point : l‟annonce, aux aurores de l‟année 1954, de la création prochaine de la First Church of Scientology, était guidée par des intérêts parfaitement prosaïques. « Le fait est que Hubbard avait des problèmes depuis plusieurs années avec l‟AMA et l‟IRS [l‟American Medical Association et le Fisc américains], et devenir une 10 1église était un moyen d‟éviter ces problèmes », écrit Bent Corydon, qui précise en outre que, ironiquement, les adeptes croient aujourd‟hui sincèrement que la Scientologie est leur religion, tandis que « C‟est seulement parmi les membres de la hiérarchie de l‟Eglise (ceux qui entourent Hubbard) que les actions et les attitudes trahissent 2clairement le fait que nous avons affaire à une entreprise lucrative ». La preuve que la transformation de la Scientologie en religion était motivée par les intérêts de Hubbard fut apportée, selon Jon Atack, lors du Procès Armstrong : «Le 10 avril 1953, Hubbard envoya un courrier d‟Angleterre à Helen O‟Brien, qui venait juste de prendre en charge le management de la Scientologie aux Etats-Unis, lui disant qu‟il était temps de passer d‟une image médicale vers une image religieuse. Ses objectifs étaient d‟éliminer toutes les autres thérapies, pour sauver son organisation du naufrage, et, indiquait candidement 3Hubbard, pour faire une bonne opération financière ». « Devenir une religion plutôt 4qu‟une psychothérapie était une question purement commerciale » pour Hubbard, poursuit Atack, qui conclue qu‟ « En dépit des déclarations de Hubbard, la Scientologie et la Dianétique sont définitivement une entreprise commerciale, une organisation 5lucrative, mise sur pied par Hubbard pour son enrichissement personnel ». Russell 6Miller, auteur de la biographie la plus célèbre de Ron Hubbard , nous apporte quelques précisions concernant le contexte du glissement vers le religieux Ŕ en commençant par préciser que Hubbard y pensait déjà, non pas début 1954 comme l‟indiquait Corydon, mais dès l‟automne 1953. Dans son texte, Miller va d‟abord dans le sens des autres auteurs en rappelant les motivations à la fois financières de la démarche hubbardienne Ŕ « les églises bénéficiant 7d‟avantages fiscaux substantiels » Ŕ, et pratiques puisque Ron Hubbard estimait « que 8ce statut rendrait la Scientologie moins vulnérable aux attaques de ses “ennemis” ». « En outre, précise-t-il toutefois, la conjoncture était favorable : les Etats-Unis connaissaient un renouveau de religiosité, perceptibles par exemple dans les croisades de 9l‟évangéliste Billy Graham » ; et Miller de conclure : « Hubbard s‟empressa donc de 1 Corydon, B., L.Ron Hubbard, Messiah or madman ?, Fort Lee, Barricade Books Inc., 1992, p.330. 2 Ibid. 3 Atack, J., A piece of blue sky, New York, Carol Publishing Group, 1990, p.138. 4 Ibid. 5 Ibid., p.143. 6 Miller, R., Le gourou démasqué, Paris, Plon, 1994. 7 Ibid., p.131. 8 Ibid. 9 Ibid. 11 10sauter dans le train en marche » Ŕ habile à sentir les mouvements de fond de l‟opinion, et soucieux de privilégier ses intérêts, Hubbard manigança donc la métamorphose de son organisation en religion. A partir de cette toile de fond commune à tous les auteurs, les études journalistiques ou universitaires proposèrent des variantes et des approfondissements. Hopkins, en 1969, parvint à sortir du débat « religion / pas religion », ou « religion / secte », en posant une question parallèle : « Scientologie, religion ou racket ? ». Désormais, comme le résume Benjamin Beit-Hallahmi, de l‟Université de Haifa, en Israël, deux opinions opposées s‟affrontent à propos de la Scientologie : « La première, que la plupart des universitaires des NMR (Nouveaux Mouvements Religieux, NRM ou NMR) épousent, ainsi que quelques décisions judiciaires ou administratives, c‟est que la scientologie est une religion, peut-être incomprise et innovante, mais ce serait néanmoins une religion méritant notre attention universitaire. La seconde, qu‟on découvre presque partout dans les médias, dans certains rapports gouvernementaux de divers pays, et dans nombre de décisions administratives et juridiques, c‟est que la scientologie est une entreprise, à qui l‟on accorde nombre 11d‟actions criminelles, entreprise se déguisant parfois en religion ». Dans cet article richement documenté, Beit-Hallahmi propose d‟interroger le consensus touchant à la dimension strictement lucrative de la Scientologie ; en vingt-six points, il parcourt les termes dudit consensus Ŕ dont il confirme les principaux éléments en s‟appuyant sur les textes internes à l‟organisation scientologue : la Scientologie y apparaît comme une entreprise laïque, scientiste et mercantile, hostile à la loi, entièrement dévouée à l‟unique but déterminé par le fondateur, le profit. Ce but est, pour Beit-Hallahmi comme pour les biographes précités, ainsi que pour nombre de journalistes et d‟universitaires, ce qui motiva précocement le tournant religieux de l‟organisation hubbardienne : « Motif de cette soudaine conversion ? Pendant les années 50 à 53, avant la Grande Conversion, Hubbard subissait des hauts et des bas et cherchait désespérément à réorganiser et relocaliser son système ». Comme Wallis, qu‟il cite à diverses reprises et à qui l‟on doit des travaux sur la Scientologie qui firent date, Beit- Hallahmi incline à penser que « le motif des changements majeurs dans l‟historique scientologique, c‟est la finance ». 10 Ibid. 11 Hallahmi, B., « Scientologie, Religion ou racket ? », in Marburg Journal of religion, Volume 8, N°1, Septembre 2003, Haïfa. Texte disponible sur l‟un des sites de Roger Gonnet : http://scientologie.fraude.free.fr/18/beit-hallahmi-2003.pdf 12
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