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Le christianisme protestant : principes critiques et formes ...

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Le christianisme protestant : principes critiques et formes ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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1
‘Je crois, mais je voudrais aussi comprendre’
:
réflexions sur le christianisme protestant
(Exposé lors des journées de formation des ConseillerEs de paroisse de l’EPG ; 1 et 15.11.2008)
Introduction
‘Comprends-tu ce que tu lis ?’
C’est par la question de Philippe à l’eunuque éthiopien que j’aimerais ouvrir cet exposé.
Le livre des Actes raconte comment, sur la route de Gaza, le diacre Philippe rencontre ce fonctionnaire
de la reine Candace en train de lire au livre d’Esaïe un passage que, faute d’enseignement, il ne
pouvait vraiment comprendre. Après que Philippe lui eut expliqué le sens de ces paroles, l’eunuque
demande à être baptisé, en signe de son adhésion au Christ.
(cf. Actes 8)
Nos contemporains ont aisément accès aux Ecritures : il n’y a pas longtemps, les grandes surfaces
proposaient même des Bibles sur leurs rayons de livres à succès, puis les foules se sont pressées pour
lire ou voir le contesté (et contestable)
‘da Vinci code’
.
Mais qui les aidera à faire le tri entre le message des Ecritures et les fantaisies provocatrices à succès ?
Lire ou entendre parler de, ce n’est pas encore comprendre, … et comprendre, ce n’est pas
encore croire et adhérer !
La question de Philippe à l’eunuque n’est pas
‘Que ressens-tu ?’
, mais
‘Comprends-tu ce que tu lis ?’
Dans notre société contemporaine fascinée par l’émotionnel, le spectaculaire et le médiatique, la
distinction me semble importante, et j’aimerais l’aborder à l’aide d’un second texte biblique.
Je l’emprunte à la 1
ère
lettre que Paul adressait aux chrétiens de Corinthe, ville cosmopolite où on était
friands d’expériences et de manifestations sortant de l’ordinaire, - d’
‘events’
, dirait-on aujourd’hui !
L’apôtre y oppose le fait de
‘prier et chanter par l’esprit’
(avec un
‘e’
minuscule ou un
‘e’
majuscule)
au fait de
‘prier et chanter par l’intelligence’
; il faisait notamment allusion au parler en langues,
expression spontanée, non-maîtrisée, mais très prisée par les Corinthiens.
‘Si c’est seulement par l’esprit que tu annonces la bénédiction, comment l’autre qui est assis parmi
les simples auditeurs pourra-t-il répondre ‘Amen’ à tes bonnes paroles, puisqu’il ne comprend pas
ce que tu dis ?!
Toi, tu prononces sans doute de belles paroles de grâce, mais cela n’est guère
profitable à autrui.
Je préfère donc dire cinq paroles avec mon intelligence pour édifier les autres,
plutôt que dix mille en langues, qu’ils ne comprennent pas !’ (I Cor.14/16-19)
Le critère décisif, pour Paul, c’est la communication, et une communication qui appelle à un choix :
c’est que l’autre, - le fidèle, le visiteur occasionnel ou le voisin -, puisse comprendre son message pour
être en mesure d’y répondre et d’y adhérer, peut-être, par un
‘Amen’
personnel.
Autrement dit, que l’autre soit aidé à prendre position, en connaissance de cause, entre l’Evangile et
les élucubrations spirituelles au goût du jour. Or seule une parole intelligente et intelligible, invitant à
se comprendre soi-même devant Dieu et le monde, permet d’entendre et d’accueillir en vérité la Bonne
nouvelle du Dieu qui nous a aimés en Jésus Christ et nous appelle à vivre de cet amour.
Je crois que c’est justement là une exigence qu’ont entendue les
Réformateurs
, un défi qu’ils ont
essayé de relever, notamment au 16
ème
s.
Au seuil de l’année jubilaire de la naissance de Calvin, qui marque aussi le 450
ème
anniversaire de la
fondation du Collège, j’aimerais rappeler à ce propos quelques
principes théologiques
qu’ils ont mis
en œuvre à la lumière de l’Evangile.
Ces principes nous concernent chacun-e, nous qui avons accepté d’assumer une responsabilité
spirituelle au sein de l’EPG.
(Je résume ici une présentation de l’approche protestante de la foi que j’ai été appelé à faire, l’an
dernier, dans le cadre d’un séminaire de formation continue sur le fait religieux destiné aux
enseignantEs du DIP. )
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