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Louis-René Nougier. La préhistoire ; n°1 ; vol.168, pg 87-89

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Revue de l'histoire des religions - Année 1965 - Volume 168 - Numéro 1 - Pages 87-89
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Montserrat Palau-Marti
Louis-René Nougier. La préhistoire
In: Revue de l'histoire des religions, tome 168 n°1, 1965. pp. 87-89.
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Palau-Marti Montserrat. Louis-René Nougier. La préhistoire. In: Revue de l'histoire des religions, tome 168 n°1, 1965. pp. 87-89.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhr_0035-1423_1965_num_168_1_8217Notices bibliographiques
Erland Ehnmark. — Att studera religions historia. En intro-
duktion, Svenska Bokfôrlaget/Norsteds, Stockholm, 1963, 82 p. —
Les éditeurs de cette collection suédoise de petits manuels pédago
giques ont demandé au professeur d'histoire des religions et de
philosophie de la religion de l'Université de Lund d'initier les débu
tants à l'histoire des religions. Terminé par des renseignements
pratiques sur les connaissances exigées des étudiants de Lund et
de Stockholm, l'ouvrage s'ouvre sur une histoire de la discipline en
Suède. En raison de ses origines, l'enseignement de l'histoire des rel
igions doit se définir dans le cadre des études théologiques. On envisage
ensuite le but de la discipline, et l'auteur énonce quelques bons
principes de méthode : le devoir d'étudier les textes, et de ne pas
se borner à cette étude, quelques exemples très simples invitent à
reconnaître la disparité des niveaux religieux ; on affirme la légitimité
des recherches génétiques et aussi la nécessité de définir des structures
de religions concrètes, structures qui donnent seules leur sens aux
éléments. L'auteur préconise la méthode définie par A. Nygren sous
le nom, sans doute impropre, d'étude des mobiles (voir Éros et agapè,
I, p. 24). On met ainsi en garde contre une phénoménologie superficielle.
Les deux derniers chapitres sont destinés à éveiller l'attention
et la réflexion sur deux importants de la phénoménologie
religieuse : le premier esquisse une définition et une typologie du
merveilleux et introduit la discussion des catégories de « tout autre »
et de « surnaturel ». Le second traite de la vie post mortem et présente
par ce biais l'anthropologie religieuse.
A. Caquot.
Louis- René Nougier. — La préhistoire. Essai de paléosociologie
religieuse, [Paris], Bloud & Gay, [1963], 143 p., illus., carte. — La
religion ties hommes de la préhistoire est un sujet des plus passion
nants, bien que les témoignages que nos lointains ancêtres nous ont
laissés restent difficiles à interpréter. En dépit de la difficulté de
traiter un tel sujet, des auteurs s'y sont souvent attaqués ; malheu
reusement, un objet isolé, voire un tombeau dans les cas les plus
favorables, ne peut r*en nous faire apercevoir des croyances des
auteurs de ces restes, sinon de bien maigres bribes.
Le domaine des croyances et de la religion constitue un terrain
très ardu, même pour l'ethnologue qui travaille aujourd'hui sur des
populations vivantes, bien qu'il puisse s'aider par l'observation directe 88 REVUE DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS
et des renseignements apportés par les informateurs. Le sens exact,
les intentions réelles des acteurs, les objets rituels et surtout les
mythes qui donnent la trame ou fil conducteur sont extrêmement
difficiles à obtenir. Faute d'un minimum de précisions de ce genre,
les interprétations des faits risquent d'être fausses ou fantaisistes.
Dans son livre, M. Nougier nous présente plusieurs sujets ou
thèmes qui peuvent se rattacher à des croyances religieuses des
hommes de la préhistoire. Dans l'ensemble, le livre est très agréable
à lire et l'auteur réussit plus d'une fois à nous donner une vision
impressionnante des sites et de leur environnement, non dépourvue
de sens artistique — et très vivante.
Mais, bien qu'il semble s'apercevoir des risques d'erreur que
comporte toute interprétation voulant dégager le sens religieux d'un
objet ou d'un lieu préhistorique, il tend à oublier cette précaution
élémentaire qui veut qu'on présente une hypothèse avec prudence
et non comme une quasi-explication évidente. Je veux parler ici des
rites de « procession », par exemple.
M. Nougier décrit (p. 106) « une longue procession de jeunes
hommes en file indienne », pour désigner un motif gravé sur une
lame osseuse trouvée à la grotte de La Vache. « Cette démarche
bossue », que l'auteur retrouve une fois de plus chez les personnages
représentés sur un fragment d'os gravé provenant des Eyzies (p. 106)
ne nous apparaît pas telle, puisque plus de la moitié des ne sont pas bossus et que la partie protubérante de ces
corps stylisés est sur le devant. Mais, et c'est là l'objection de base
que nous voudrions faire ici à M. Nougier, pourquoi affirmer que
ces groupes de personnages sont des processions ? Je pense que si
l'on s'avisait de compter le nombre de figures humaines repré
sentées (7 et 9, respectivement), on pourrait aussitôt songer à des
symboles plus abstraits et complexes. On pourrait même songer à
faire un rapprochement entre ce groupe de neuf personnages des
Eyzies et un groupe qu'on trouve dans l'iconographie de l'ancienne
Egypte — s'appuyant sur le nombre identique de personnages, et
sur le fait que les figurations égyptiennes dotent chacun de leurs
personnages (de ce groupe de neuf) d'un bâton, de la même façon
que le fit l'artiste de notre préhistoire1.
Trop de millénaires séparent ces représentations et trop de jalons
intermédiaires feraient défaut pour donner quelque consistance à
notre hypothèse. Nous l'avons aventurée pour montrer que les inter
prétations possibles sont nombreuses, mais toutes aussi risquées dans
le cas d'objets donnés en l'absence presque totale de contexte
— comme c'est souvent le cas en préhistoire.
Nous pensons que, abordé avec quelque prudence, le livre de
1) Ce symbole complexe nous est apparu, d'ailleurs, dans l'Afrique contempor
aine, au cours de notre étude : Le Roi-Dieu nu Bénin, Paris, Berger-Levrault, 1964. NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES 89
M. Nougier est suggestif et intéressant, d'autant plus que de très
nombreuses illustrations photographiques viennent l'enrichir. Une
carte des sites, des index et une bibliographie complètent l'ouvrage.
Regrettons que quelques fautes typographiques aient été oubliées :
on peut lire Brassempuy sur la carte alors qu'on a adopté la forme
Brassempouy dans le cours du texte ; de même, on lit Los Casares
sur la carte et Casérés dans le texte ; enfin, une double coquille s'est
glissée dans la phrase — en castillan — de la p. 11, qu'il faudra
lire : « Papá, mira loros pintados. »
M. Palau-Marti.
Sabbatino Moscati. — L'Orient avant les Grecs, Paris, 1963,
Presses Universitaires de France, 1 vol. in-8°, 372 p., XXIV pi.,
24 F. — C'est la traduction française de II Profile delV Oriente
Méditerranée, dans lequel le Pr S. Moscati brosse à grands traits
le tableau des civilisations sumérienne, babylonienne, égyptienne,
hittite, canaéenne, israélite et perse. C'est beaucoup pour un volume
relativement modeste et pour un seul homme. Mais l'ensemble est
écrit avec tant d'entrain et de vie que le lecteur reste en haleine
jusqu'au bout du livre, qui se termine par une sorte de bilan général
de toutes les civilisations envisagées.
L'auteur n'hésite pas à citer des textes importants empruntés à
toutes les littératures des pays envisagés et donne un certain nombre
d'images, en général classiques, mais bien choisies et dont l'équi
valent ne se trouve pas toujours dans les livres de synthèse. C'est
donc une œuvre intéressante et recornmandable pour prendre une
vue d'ensemble avant d'étudier en détail tel problème.
Des parties sont excellentes et certaines remarques très fines (Israël
et le mythe, p. 283). Mais on ne sera pas étonné que certaines idées
émises soient, au contraire, contestables : parmi celles-ci figure l'affi
rmation que l'absence de code en Egypte n'est pas due au hasard, mais
à un manque réel dans la pensée juridique égyptienne (cf. p. 18, 156,
348). Ce défaut serait dû au fait que le roi-dieu disait la loi lui-même.
Or les codes ont bel et bien existé. Le vizir, à la XVIIIe dynastie,
ne pouvait juger que devant les quarante rouleaux de la loi, qu'il était
censé connaître. Et l'on a retrouvé des fragments d'un code tardif
dans un cimetière d'Ibis, à Touna el Gebel, peut-être en rapport avec
la législation de Bocchoris. Seulement, ici encore, les peuples qui uti
lisèrent les tablettes d'argile ont eu un avantage énorme sur l'Egypte :
les textes se conservaient. En Egypte, on écrivait sur un papyrus
fragile qui a disparu. Un exemple significatif (qui a son importance
aussi pour le développement du genre historique) : ties annales royales,
qui existaient de date immémoriale et qui, au milieu du IIe millénaire,
étaient très développées, il ne subsiste rien, à l'exception de quelques
pages correspondant aux guerres asiatiques de Thoutmosis III, parce
que ce roi pensa faire graver le récit de ses campagnes entreprises

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