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Notes bibliographiques
In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 56. N°157, 1970. pp. 407-446.
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Notes bibliographiques. In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 56. N°157, 1970. pp. 407-446.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1970_num_56_157_1852NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
RÉPERTOIRES
— Bibliotheca sanctorum, édita a cura dell' Istituto Giovanni XXIII
délia Pontificia Universita lateranense. Roma, Citta nuova éditrice, 1966-
1969, in-4°, t. IX, Nasab-Ozanam, 1334 col. ; t. X, Pabai-Rafols, 1374 col. ;
t. XI, Racen-Stefa, 1408 col. ; t. XII, Stefa-Zuma, 1510 col. — Comme les
précédents, les volumes de la Bibliotheca que nous signalons aujourd'hui
présentent un intérêt tout particulier pour l'histoire de l'Église de France.
Ils fournissent sur une foule de personnages tous les renseignements indi
spensables à ceux qui s'intéressent à la vie des saints.
Il suffit de les feuilleter pour y faire à tous les pas des découvertes notables.
Que l'on parcoure, par exemple, la longue série des notices consacrées aux
saints Pierre et Paul, on y trouvera non seulement des articles très étendus
sur les deux apôtres, mais encore sur tous les serviteurs de Dieu portant ces
noms : saint Paul de la Croix, fondateur des Passionnistes dont l'influenc
fut si forte sur le xvme siècle, et les débuts de l'époque contemporaine :
saint Pierre Fourier, curé de Mattaincourt, un des spirituels marquants
du xvne siècle ; saint Pierre Damien, dont l'article rédigé par Mgr Pietro
Palazzini constitue une somme, et permet de comprendre tout le déroule
ment de la réforme grégorienne ; de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, et
de tant d'autres encore. Chaque catégorie de saints offrirait d'ailleure
des satisfactions semblables : les évêques, avec Alain de Solminihac, évêqus
de Cahors qui, au xviie siècle fut le saint de l'épiscopat gallican, mérita
l'épithète de Borromée de la France et rivalisa avec son contemporain saint
Grégoire Barbarigo, évêque de Padoue ; des fondatrices comme Marie Pous-
sepin à qui les sœurs de la Présentation de Tours durent au xvme siècle leur
naissance, ou comme Anne Rivier, organisatrice en pleine révolution des
Sœurs de la Présentation de Marie de Bourg-Saint-Andéols ; des âmes toutes
données à Dieu dans la vie séculière telle Benoîte Rencurel, la mystique ber
gère du Laus à laquelle la Vierge daigna accorder son amitié ; dans un genre
bien différent, Frédéric Ozanam, père de famille, professeur de Sorbonne,
apôtre de la Charité ; des martyrs comme Théophane Venard, Pierre Oli-
vaint ou les victimes de la Révolution, massacrées en septembre 1792. La
liste pourrait s'allonger. Qu'il nous suffise de l'indiquer en invitant tous
les chercheurs à s'y reporter comme ils le font pour les autres grands dic
tionnaires et répertoires d'usage universel aujourd'hui.
Ce recours constant leur sera facilité par la rapidité avec laquelle cette
encyclopédie a été conduite. En effet, neuf ans seulement auront permis
à cette œuvre gigantesque d'aboutir au terme fixé par ses promoteurs, puisque 408 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
les quatre volumes dont nous venons de donner le compte rendu sont les
derniers du recueil. Il suffira, pour le compléter, d'y joindre un volume de
tables dont l'impression est déjà avancée. Certes, on pourra lui adresser des
critiques, mais au-delà de ses imperfections et de ses lacunes, on sera forcé
de mesurer la valeur d'un tel travail, digne pendant au xxe siècle, suivant
sa forme propre, de la série des Acta sanctorum des Bollandistes.
— Dictionnaire d'Histoire et de Géographie ecclésiastiques, sous la direc
tion de R. Aubert et de Ph. Jacquet. Tome XVII, fascicule 98 : Flore-
Foliot. Paris, Letouzey et Ané, 1970. In-4°, col. 513-768. — Cette livraison
s'ouvre par une étude importante sur l'ordre de Flore, qu'illustra l'abbé
Joachim ; il constitue une bonne mise au point d'une question difficile. Elle
se poursuit par une série d'articles sur quelques abbayes et maison religieuses :
Saint-Barthélémy de Florentin, prieuré bénédictin (départ. Corrèze, arrond.
Ussel, cant. Bugeat, comm. Bonnefond) ; Sainte-Croix de Floret, prieuré
bénédictin (départ. Allier, arrond. Vichy, cant. Jahgny, comm. Trézelles) ;
Florimont, abbaye de moniales cisterciennes (départ. Côte d'Or, arrond.
Dijon, près Pontailler) ; N.-D. de Flotin, prieuré augustin (départ. Loiret,
arrond. Pithiviers, cant. Beaune-la-Rolande, comm. Nibelle) ; Sainte-Marie
de La Flotte, monastère de Camaldules (départ. Sarthe, arrond. Le Mans,
cant. La-Chartre-sur-le-Loir, comm. Lavenay) ; Sainte-Eulalie de La Flotte
(départ. Charente-Maritime, arrond. La Rochelle, cant, de Saint-Martin-
de-Ré) ; N.-D. de Floxicourt (départ. Somme, arrond. Amiens, cant. Molliens-
Vidame, comm. Briquemesnil-Floxicourt) ; Fly, prieuré bénédictin (départ.
Saône-et-Loire, arrond. Charolles, cant. Bourbon-Lancy, comm. de Chal-
moux) ; Foigny, abbaye cistercienne (départ. Aisne, arrond. et cant. Ver-
vins, com. La Bouteille) ; N.-D. de Foissy, prieuré fontevriste (départ. Aube,
arrond. et cant, de Troyes, comm. de Saint-Parres-aux-Tertres) ; Foix
(chef-lieu du départ, de l'Ariège), siège d'une abbaye bénédictine passée
ensuite aux chanoines réguliers. Cette description serait incomplète si nous
omettions de signaler les deux grandes abbayes belges de Floreffe et de
Florennes, qui furent en rapports constants avec la France.
Mais, comme toujours, le Dictionnaire, qui est un miroir de toute l'histoire
de la civilisation chrétienne, offre une foule de renseignements sous les
rubriques les plus diverses. Parmi les saints, sont étudiés : Florent, évêque
de Vienne, en Dauphiné ; Florent, vénéré comme martyr à Til-Châtel (Côte
d'Or) ; Florent, évêque de Cahors au début du ve siècle ; Florent, évêque
d'Orange au début du vie siècle ; Florent, évêque de Strasbourg ; Florentin,
martyr honoré en Bourgogne ; Florentin, co-patron de la collégiale d'Ambroise ;
Florentin, abbé de Saint-Pierre d'Arles ; Florentin, vénéré à Bonnet, dans
la meuse ; sainte Floride, vierge à Dijon ; Florine, vierge honorée à Brioude ;
saint Florus ou Flour, patron du diocèse de Saint-Flour ; Folcuin, évêque
de Thérouanne (816-855). Parmi les missionnaires, des notices sont consacrées
à Esprit Florens (1762-1834), des Missions Étrangères de Paris, vicaire apos
tolique du Siam ; Jean-Louis Florens (1756-1814), frère du précédent, mis
sionnaire en Chine ; Charles de Flory [~\ 1733), missionnaire français en
Cochinchine. Parmi les séculiers, le diacre de Lyon Florus (ixe s.) occupe
une position spéciale à cause de sa culture. Parmi les religieux, on relèvera
quelques noms intéressants : un jésuite, Marc-Antoine de Foix (1627-1687),
prédicateur et casuiste, en même temps que propagateur de la doctrine
spirituelle de saint François de Sales ; des bénédictins : Folcard, moine de
Saint-Bertin, à Saint-Omer, hagiographe (xie s.) ; Folcuin, moine de Saint-
Bertin et abbé de Lobbes (f 990), écrivit des chroniques célèbres : ses NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 409
écrits sont pour la seconde partie du xe s. des œuvres de premier plan ;
avec celle de Flodoard, la personnalité de Folcuin domine cette époque ;
un oratorien : Jean-Pierre Flour (xvne s.), apôtre de la dévotion à saint
Joseph. Nous mentionnerons enfin les articles dédiés aux cardinaux de Foix,
Pierre (1386-1464), dit le vieux, et Pierre dit le jeune (1449-1490) ; ils sont
précieux, et il est infiniment souhaitable que tous les membres du Sacré-
Collège soient ainsi répertoriés et étudiés, car il est extrêmement difficile
de faire des recherches sur un domaine important mais où les instruments
de travail sont pratiquement inexistants ; cardinaux et évoques constituant
les bases de la hiérarchie ecclésiastique, n'est-il pas normal qu'ils trouvent
dans le Dictionnaire, quelqu'ait pu être leur rôle, une place, si modeste soit
elle ?
Nous ne terminerons pas cette analyse sans noter la présence d'articles
qui, s'ils n'intéressent pas directement la France, concernent cependant
l'histoire de l'Église tout entière. Il faut lire d'abord les colonnes consacrées
à Florence : on trouvera là des éléments de premier ordre pour avoir une idée
plus juste de l'histoire générale de l'Église, de sa doctrine, et de la civilisation
occidentale. On lira également avec attention les pages qui relatent la vie
des deux diocèses italiens de Foggia et de Foligno, ce dernier rendu immortel
par la sainteté d'Angèle. Il sera bon aussi de prendre connaissance de la
mise au point du professeur Scoppola sur Foggazzaro, qui fut si mêlé au
modernisme ; de celle de I. Cervelli sur l'humaniste G. Florimonte (1478-
1567), du travail de M. Vaussard sur Pier Francesco Foggini (1713-1783),
conservateur adjoint de la Bibliothèque Vaticane, philo-janséniste, advers
aire des jésuites et ami de S. de Ricci ; enfin de la longue et substantielle
notice de A.-C. Vega sur Enrique Florez (1702-1773), l'historien de l'Église
d'Espagne.
— Dictionnaire d'Histoire et de Géographie ecclésiastiques, directeur
R. Aubfrt, assistant Ph. Jacquet, t. XVII, fasc. 99 : Foliot-Fordham.
Paris, Letouzey et Ané, 1970. In-4°, col. 769-1024. — On remarquera tout
particulièrement dans ce fascicule la place occupée par les notices consacrées
aux maisons religieuses. Sur ce point, le Dictionnaire demeure, de tome en
tome, parfaitement fidèle à son propos : il est infiniment souhaitable qu'il
fasse de même pour le collège cardinalice et pour l'épiscopat. Nous noterons
les références suivantes qui les concernent. Pour les Ermites de Saint-August
in, les prieurés de Folles et de Foules (départ. Haute-Vienne, arr. Bellac,
cant. Bessines) ; Folligné ou Freligné Loire-Atlantique, arr. Nantes, Legé) ; Fondadouze (départ. Haute-Vienne, arrond. Limoges, cant.
Pierre-Buffière, comm. Saint-Paul) ; Fontaine- Alain (départ. Loiret, arr.
Gien, cant. Briare) ; Fontaine-Couverte (départ. Mayenne, arr. Château-
Gontier, cant. Saint-Aignan-sur-Roe) ; Fontannes (départ. Haute-Loire,
arrond. et cant. Brioude) ; Fontblanche (départ. Deux-Sèvres, arr. Niort,
cant. La Mothe-s-Héraye, comm. d'Exoudun). Pour les chanoines réguliers,
les abbayes de Fontenelles (départ. Vendée, arr. et cant, de La Roche-sur-
Yon, comm. de Saint-André d'Ornay) ; de Fontaine-le-Comte (départ. Vienne,
arr. de Poitiers, cant, sud) ; les prieurés de Fontaine-Harouys, au diocèse
de Rennes, à l'orée de la forêt de La Guerche ; de Fontclair (départ. Pyrénées-
Orient., arr. et cant, de Céret). Pour l'ordre bénédictin, les abbayes de Font-
douce (départ. Charente-Maritime, arr. Saintes, cant, de Burie) ; de Saint-
Étienne de Fontenay en Normandie ; de Fontgaujjier (départ. Dordogne,
arr. Sarlat, cant, de Belvès) ; de Fontgornbault (départ. Indre, arr. Le Blanc,
cant. Tournon) et surtout Fontenelle ou Saint-Wandrille dans l'archidiocèse 410 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
de Rouen (départ. Seine-Maritime, arr. Rouen, cant. Caudebec-en-Caux,
comm. Saint-Wandrille-Rançon) à laquelle Doni J. Laporte consacre un très
remarquable article (col. 915-953), qui constitue un modèle du genre ; les
prieurés de Folletot (départ. Calvados, arr. Caen, cant, de Troarn) ; Foncher
(départ. Indre-et-Loire, arr. et cant, de Tours) ; Fondettes (départ. Indre-et-
Loire, arr. et cant, de Tours) ; Fonloup (départ. Creuse, arr. et cant, de Bour-
ganeuf) ; Fons (départ. Lot, arr. et cant, de Figeac) ; Fontaine (départ. Nièvre,
arr. Nevers, cant. Fours) ; Fontaine-Bellenger (départ. Eure, cant. Gaillon) ;
Fontaine- Blanche (départ. Finistère, arr. et cant. Brest) ; Fontaine-Cerise
(départ. Seine-et-Marne, arr. Meaux, cant. La-Ferté-sous-Jouarre) ; Fon
taine-Française (départ. Côte d'Or, arr. et cant. Dijon) ; Fontaine- Gehard
(départ. Mayenne, arr. Mayenne, cant. Gorron) ; Fontaine- Guér in (départ.
Maine-et-Loire, arr. Beaugé, cant. Beaufort) ; Fontaine-lès-Luxeuil
Haute-Saône, arr. Lure, cant. Saint-Loup) ; Fontaine-Roux (départ. Seine-
et-Marne, arr. Melun, cant, de Châtelet-en-Brie) ; Fontaine-Saint-Martin
(départ. Sarthe, arr. La Flèche, cant. Pontvallain) ; Fontcambalade (départ.
Gironde, arr. Borveaux, cat. Créon) ; Fontenay-le-Comte (départ. Vendée,
chef-lieu d'arr.) ; Fontenay-s-Conie (départ. Eure-et-Loir, arr. Châteaudun,
cant. Orgères) ; Fontenay-s-Vègre Sarthe, arr. La Flèche, cant.
Brulon) ; Fontemlles (départ. Charente, arr. Angoulême, cant. Mansle) ;
Fontenoy-le-Chateau Vosges, arr. Epinal, cant, de Bains-les-Bains) ;
Fontienne (départ. Basses-Alpes, arr. Forcalquier) ; Font-Javade (départ.
Dordogne, arr. Nontron, cant. Mareuil-s-Belle) ; Fontmoron (départ. Vienne,
arr. Montmorillon, cant. La Trimouille) ; Fontsalive (départ. Allier, arr.
Vichy, cant. Escurolles) ; Fontvieille (départ. Bouches-du-Rhône, arr. et cant.
Arles) ; Fontvineuse (départ. Hautes-Alpes, arr. Gap, cant. Aspres-s-Buech).
Les Cisterciens sont représentés par les abbayes ou prieurés de Fongueuse-
mare (départ. Seine-Mar., cant. Criquetot) ; Fontaine- Daniel (départ. Mayenne,
arr. et cant. Mayenne) ; Fontaine- Guérard (départ. Eure, arr. Les Andelys,
cant. Fleury-s-Andelle) ; Fontaine-Jean Loiret, arr. Montargis, Châtillon-Coligny) ; Fontemoy (départ. Yonne, arr. Avallon, cant.
L'Isle-s-Serein) ; Fontenay (départ. Côte d'Or, cant. Montbard) ; Fontenay-
le-Pesnel (départ. Calvados, arr. Caen, cant. Tilly-s-Seulles) ; Fontenelles
(les) (départ. Vendée, arr. et cant. La-Roche-sur-Yon) ; Fontfroide, célèbre
abbaye du Languedoc, dans le Narbonnais ; Fontguilhem (départ. Gironde,
arr. Langon, cant. Grignols, i omm. Masseilles) ; Fontmourlhes (dépat. Sot,
arr. Gourdon, cant. Salviac) ; Font-lès-Alès (départ. Gard, arr. et cant. Aies,
comm. Saint-Julien-de-Valgargues) ; les Feuillants par le grand monastère
de Fontaine-lès-Dijon, berceau de Saint Bernard. Il faudrait encore évoquer
le nom des maisons des ordres de Prémontré, de Fontevrault et de Grand-
mont, qui occupent une place notable dans ce fascicule. A côté de cette étude
minutieuse de la vie monastique, nous retiendrons quelques articles inté
ressant divers personnages éminents : des évoques : Charles de Forbin-
Janson, évêque de Nancy et Toul, fondateur de l'œuvre de la Sainte-Enfance
(1785-1844) ; Jacques de Forbin-Janson, archevêque d'Arles (1673-1741) ;
Toussaint de Forbin-Janson, cardinal (1625-1713) ; Théodore-Auguste For-
cade, évêque de Nevers, archevêque d'Aix-en-Provence (1816-1885) ; Fol-
quet ou Foulques, évêque de Toulouse à l'heure où s'ouvrit la croisade des
Albigeois, cet article comporte une bibliographie étendue ; des fondateurs
de séminaires, comme le bordelais Jean de Fonteneil, qui créa les Prêtres du
Clergé ; des spirituels, comme Nicolas Fontaine (1625-1709), écrivain et mémori
aliste de Port-Royal, que M. Dodin fait parfaitement revivre ; des savants,
comme Dom Léonard Fonteneau, bénédictin de Saint-Maur (1705-1780),
l'historien du Poitou ; des apologistes, comme le P. jésuite Julien Fontaine NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 411
(1839-1917) ; des laïcs, enfin, comme la marquise de Forbin d'Oppède (1822-
1884) femme de lettres mêlée activement au mouvement catholique libéral,
et Georges Fonsegrive-Lespinasse, un des champions de la démocratie chré
tienne (1852-1917), dont l'influence ne saurait être sous-estimée. Il faudrait
encore évoquer bien des articles consacrés à l'Italie, qui ne peuvent être
ignorés des historiens français.
— Dictionnaire de Spiritualité Ascétique et Mystique, Doctrine et Histoire,
fondé par M. Viller, F. Cavallera, J. de Guibert, continué par A. Rayez
et Ch. Baumgartner, assistés de M. Olphe-Galliard. Tome 7, fasc. XLVI-
XLVII : Hoehn-Hypocrisie. Paris, Beauchesne, 1969. In-4°, col. 577-1217.
— Avec ce fascicule s'achève la première partie du tome 7 du Dictionnaire
de Spiritualité (ensemble de la lettre H). Les articles d'ordre général sont
nombreux et se rapportent à des sujets de la plus haute importance pour
la vie présente de l'Église, que ce soit les études si précises consacrées aux
Homéliaires, aux Hortus ou aux Horloges spirituelles ; les analyses approfond
ies sur la nature de l'Homme ou de l'Humanité ; la réflexion profonde menée
sur l'Humanité du Christ ; les recherches infiniment précieuses concernant
l'Hospitalité, dont la place fut si grande dans les siècles passés, et qui prendra
dans les siècles futurs une place plus grande encore ; l'exposé d'aspects
fondamentaux de la pensée chrétienne tels ceux relatifs à l'Honneur de Dieu,
les Humiliations, Y Humilité et même l'Humour. Les notices dédiées aux
divers personnages portant le nom de Hugues sont également très riches.
Elles groupent, en effet, toute une série d'articles consacrés à des auteurs
spirituels, dans l'œuvre desquels l'Eglise a traditionnellement aimé à retrou
ver sa pensée : Hugues de Balma, prieur de la chartreuse de Meyriat en Bresse
de 1289 à 1304 ; Hugues de Barzelle, cistercien du xne siècle ; Hugues de
Digne (f 1254/1257) franciscain, défenseur de la pauvreté ; Hugues de Fosses
(1093-1161/64), prémontré; Hugues de Fouilloy (1100-1172/74), chanoine
régulier de Saint-Augustin; de Maçon (f 1151), cistercien; Hugues
de Rouen (1085-1164) bénédictin, et archevêque ; Hugues de Saint-Cher
(f 1263), cardinal dominicain; Hugues de Saint-François (f 1607), qui joua
un rôle notable dans la réforme des Carmes de Touraine et le culte de sainte
Anne d'Auray ; surtout Hugues de Saint-Victor, dont l'article dû à M. Baron,
occupe les colonnes 901 à 939 et rendra d'inestimables services. Nous retien
drons encore le souvenir de quelques personnages éminents : des capucins :
Honoré de Cannes (1632-1694) ; Honoré de Paris (1566-1624) ; des carmes : de Sainte-Marie (1651-1729), dont la vie et les œuvres sont parfa
itement caractérisées par Jeanine Roux, spécialiste de la spiritualité carmé-
litaine ; des jésuites : Vincent Huby (1608-1693), fondateur de la retraite
de Vannes, et Joseph Huby (1878-1948), exégète spirituel; des prêcheurs :
Humbert de Romans (f 1277), maître général dont l'influence fut capitale
dans le développement de l'Ordre ; un poète et théologien mystique du
xvne siècle, Claude Hopil ; des contemporains : Mgr à'Hulst (1841-1896) ;
Henri Huvelin (1838-1910), dont l'étoile ne cesse de monter et qu'on ne sépa
rera pas de F. von Huegel ; enfin J.-K. Huysmans (1848-1907). Nous n'achè
verons pas ce rapide tableau sans avoir souligné l'exceptionnel apport à la
science que constituent les deux contributions à l'histoire de l'Ordre des
Hospitaliers et des Humiliés comme à celle de la Hongrie. Ainsi, de fasci
cule en fascicule, le Dictionnaire confirme ses qualités et se situe parmi les
œuvres fondamentales de la France du xxe siècle. 412 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
— A. Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du dix-hui
tième siècle, t. I : Généralités ; A.-D. (Paris, Centre National de la Recherche
Scientifique, 1969. In-4°, x-760 p.) — Cet ouvrage est la continuation en
même temps que la conclusion de la Bibliographie de la littérature française
au XVIe siècle (1959) et de la de la au
XVIIe siècle (1965-1966, 3 vol.) « Conçu dans le même esprit et conduit
d'après les mêmes méthodes », écrit l'auteur, « il doit répondre en principe
aux mêmes préoccupations et aux mêmes besoins : il se heurte aussi aux
mêmes doutes et difficultés, auxquels il s'efforce de répondre le plus souvent
par des solutions analogues. S'il existe une différence d'un siècle à l'autre,
elle est moins de nature que d'intensité. Les problèmes qui se posent au
bibliographe ne sont pas nouveaux ; seulement, avec le xvme siècle, ils
se présentent avec une acuité accrue, qui rend les solutions éventuelles moins
aisées, plus approximatives et sans doute aussi moins satisfaisantes dans
l'ensemble ». Cependant le résultat est excellent en dépit d'inévitables lacunes
ou erreurs. D'ailleurs, les conseils dont s'est entouré l'auteur, ceux de
MM. René Rancœur et O. Klapp comme de M. le professeur Jean Fabre,
dont l'autorité est reconnue par tous en matière de xvme siècle français,
étaient un gage de cette réussite.
R. Darricau.
— Le Chartrier d'Uzès, Inventaire par Suzanne Huart, préface par
André Chamson. Paris, S.E.V.P.E.N., 1968, (23,5 X 16,5), 302 p., 11 planches
et 3 cartes. — La place tenue par la famille de Crussol d'Uzès depuis l'époque
médiévale jusqu'à nos jours suffit à faire comprendre l'importance historique
de son chartrier. L'ensemble a été microfilmé et peut désormais être consulté,
avec l'autorisation de la famille, aux Archives Nationales. L'inventaire
établi avec le plus grand soin et pourvu d'un copieux index permet de s'orien
ter dans cette masse de documents. L'histoire ecclésiastique est concernée
par les rapports qu'eurent les membres de cette grande famille avec le clergé
séculier et régulier, par exemple de multiples pièces concernent des prieurés
fort peu connus, mais la série la plus importante provient de l'évêché d'Uzès ;
malheureusement parce qu'Uzès parait à chaque page, son évêché ne figure
pas à l'index ; voici donc les cotes utiles : 265 AP 41 : Inventaire des papiers
de l'évêché d'Uzès en 1578 ; 265 AP 42 et 43 : Sommaire des actes féodaux
de d'Uzès, deux registres du xvne siècle contenant 5.768 et 1.661
articles ; 265 AP 44 : Inventaire des hommages à l'évêque d'Uzès de 1768 '.
265 AP 402 : Procès entre Robert, seigneur d'Uzès et les évêque et chapitre
d'Uzès. (Avec les actes du procès sont insérés ceux des dons faits par les
rois à l'église d'Uzès) un registre de 1321 ; 265 AP 403, Indice des arrière-
fiefs et hommages de l'évêché d'Uzès de 1713.
Jacques Dubois O.S.B.
— François Dumont, Inventaire des arrêts du Conseil privé (règnes de
Henri III et de Henri IV), tome I. Paris, C.N.R.S., 1969, in-4°, xvi-256 p.
— Travail collectif entrepris par M. Dumont avec la collaboration de plusieurs
spécialistes, ce volume constitue le premier de l'inventaire analytique des
arrêts rendus par le Conseil privé du roi depuis sa création par Henri III
en 1578 jusqu'à la fin du règne d'Henri IV. Dans son avertissement M. Dumont
explique que s'inspirant de la méthode suivie par Noel Valois dans son inven
taire des arrêts du Conseil d'État (régne de Henri IV), il avait cherché à NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 413
reformer les anciennes séries d'arrêts du Conseil en ajoutant aux minutes
et aux « résultats » originaux, conservés aux Archives nationales, les docu
ments de même nature échoués à la Bibliothèque nationale.
Les actes analysés dans ce premier volume vont de 1578 à 1589. Chaque
analyse est très détaillée et précise, permettant, tant au juriste qu'à l'histo
rien, d'y trouver l'essentiel du contenu de l'acte considéré ; elle est précé
dée de l'indication de la date du document et terminée par la référence
d'Archives.
Pour être pleinement utilisées il faudra que les tables qui termineront la
publication soient, elles aussi, publiées. Et cette table devra être très déve
loppée en ce qui concerne les matières.
— Noel Becquart, Répertoire numérique des registres paroissiaux et de
l'état civil jusqu'à l'an XIII (Archives départementales, sous-série 5 E et archives
communales). Périgueux, 1968, in-4°, 236 p. — Répertoire classique mais
très bien présenté. L'ordre adopté est l'ordre alphabétique des communes
actuelles. Pour chacune d'elles, localisation ecclésiastique et civile (Ancien
régime), civile (époque révolutionnaire et période moderne), indication du
patron titulaire, enfin état des registres de la collection communale (avec
mention du dépôt aux Archives départementales ou du maintien à la Mairie),
état des registres de la collection départementale provenant, comme chacun
sait, des greffes des tribunaux et tables décennales. S'il y a plusieurs paroisses
par commune, les registres sont naturellement présentés par paroisse et dans
le même ordre.
A signaler l'existence, dans 21 communes, de registres protestants d'état-
civil qui sont présentés pour les communes intéressées à la fin de la notice
consacrée aux collections l'intéressant.
— Marcel Baccou, Répertoire numérique de la série V Cultes : 1900-1910
(1941). Avant-propos de Jean Sablou. Nimes, 1969, in-4°, 60 p. — Intéres
sant répertoire des archives de l'époque concordataire pour les cultes cathol
ique, protestant et Israélite. Ce répertoire se signale aux historiens d'une
part par le rappel par M. Sablou des différents textes qui ont régi ces cultes
pendant la période considérée et par la bibliographie de l'histoire religieuse
dans ce département. L'index matières et noms de lieux est très développé.
— Raymond Oursel, Inventaire de la série H, tome II : Ordres et commun
autés de femmes. Index par Anne-Marie Oursel, Mâcon, 1969, in-4°, 46 p.,
ill. hors texte. — M. Oursel complète l'inventaire de cette série publié en 1894,
en analysant quelques liasses concernant les abbayes de femmes et en publiant
les articles des fonds de prieurés féminins et des communautés de femmes.
Ce travail excellement traité est complété par un index des noms de per
sonnes, de lieux et de matières dont la qualité est également très remar
quable.
— Centre de Documentation des Archives des Alpes-Maritimes,
1969 (9e année) n° 3, Recherches régionales. Côte d'Azur et Contrées limi
trophes (bulletin ronéoté). — A signaler, pp. 1 à 39 un article du P. Pierre
Dubois, Les Capucins dans le Midi : Les Capucins des
Cannes 1716-1790. Étude très documentée avec de nombreuses références
28 414 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
aux Archives départementales et communales sur la fondation en 1716
d'un couvent de Capucins à Cannes, sur les Cannois capucins au xvne et
au xvme siècles et sur le plus célèbre d'entre eux, le Père Honoré de Cannes,
1632-1694.
G. D.
HISTOIRE GÉNÉRALE
— Henri Rondet, De Vatican I à Vatican II (Théologie, Pastorale et
spiritualité. Recherches et synthèses, XXI-XXII). Lethielleux, Paris, 1969,
2 vol. de 192 pages chacun, (13,5 X 18) 12 F 40 chacun. — Ces deux petits
livres du Père Rondet ne sont pas un ouvrage d'histoire : le titre veut seu
lement suggérer le progrès parcouru entre les deux derniers conciles œcumén
iques sur deux points : « l'ouverture à l'œcuménisme » et « l'ouverture au
monde ». En une suite de brefs chapitres l'auteur pose les problèmes actuels
de la Réforme protestante et du Schisme oriental, puis ceux de l'homme,
de la famille, du travail, de la richesse, de la vie nationale et internationale,
le tout à la lumière des enseignements de Vatican II. Le savant jésuite,
qui a été au Concile « théologien » d'un évêque africain, voit les choses de
haut ; quand il touche aux événements du passé, il le fait avec la même lar
geur de vues que sur les points de la doctrine.
— Paul Lesourd et Claude Paillât, Dossier secret des conclaves (Paris,
Presses de la Cité, 1969, 364 pages). — Pourquoi « dossier secret » ? Même
pas documents inédits. Tout au plus, événements peu connus. Ce travail
de journalistes vise le grand public, qui, malgré les intentions des auteurs,
ne retiendra peut-être que le côté peu édifiant des élections pontificales
du xme au xxe siècle. Le rôle de la diplomatie française et des cardinaux
français y est mis en lumière à toutes les époques, qu'il s'agisse de la Papauté
d'Avignon ou de Louis XIV et de Chateaubriand ! C'est là de la « petite
histoire » qui peut à certains égards éclairer la grande.
— René Laurentin, Enjeu du IIe synode et contestation dans l'Église
(Paris, Éditions du Seuil, 1969, 384 pages). — L'abbé R. Laurentin s'est
fait décidément le chroniqueur de l'Église contemporaine : depuis qu'il a
rendu compte de Vatican II dans un grand quotidien, il a rassemblé ses
articles dans plusieurs volumes, suivis d'autres livres sur le premier Synode.
Aujourd'hui c'est la chronique d' « entre les deux synodes » qu'il nous donne
en « couvrant » les années 1968 et 1969. Avec si peu de recul, ce ne peut être
assurément un livre d'histoire, mais c'est mieux que du journalisme hâtif
et la documentation est sûre et complète, attestée par de nombreuses notes
bibliographiques qui renvoient aux documents déjà publiés, aux travaux
déjà parus. La première partie : « Analyse de situation» présente les problèmes
qui se posent au catholicisme actuel, principalement « les réformes de struc
ture » (à la curie et à la périphérie) et « les questions brûlantes » (célibat
clérical, mariages mixtes, divorce et contrôle des naissances, élection des
évêques et du pape, etc.). La seconde partie expose les préparatifs du Synode
romain d'octobre 1969. L'auteur est plutôt favorable aux réformes et aux
changements, sans dissimuler les aspects contestables de la contestation ;
il s'efforce de comprendre et faire comprendre la crise actuelle, « crise pro
fonde et peut-être plus radicale que celle du temps de la Réforme... suscep- NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 415
tible d'évoluer pour le meilleur ou pour le pire », et il attire l'attention sur
l'importance considérable que peut avoir l'institution nouvelle du Synode.
Des pierres d'attente pour les historiens de l'avenir.
J. R. Palanque.
— Ministère de V Éducation Nationale. Comité des Travaux Historiques
et Scientifiques. Actes du quatre-vingt-onzième Congrès National des Sociétés
Savantes, Rennes, 1966, Section d'Histoire Moderne et Contemporaine. Paris,
Bibliothèque Nationale, 1969, 3 vol., In-4°. Ces volumes concernent l'his
toire maritime et coloniale, l'Ancien Régime et la Révolution, la période allant
de la Restauration à la seconde guerre mondiale. Nous retiendrons particu
lièrement l'étude du P. Pérouas : Missions intérieures et situation religieuse
dans la Bretagne du XVIIe siècle ; d'E. Appolis : L'anticléricalisme dans
un diocèse languedocien au XVIIIe siècle ; de M. Veissière, Les confréries
a Provins aux XVIIIe et XIXe siècles. Nous attirerons également l'attention
sur quelques communications qui nous paraissent d'un puissant intérêt
pour l'histoire religieuse contemporaine. D'abord celle d'Yves-Marie Hilaire :
L'intérêt des registres historiques de paroisse aux XIXe et XXe siècles. L'exemple
du diocèse d'Arras ; puis celle d'Yves Le Gallo : Anticléricalisme et struc
tures urbaines et militaires à Brest sous la monarchie constitutionnelle ; de
Guy Thuillier, Les Saint- Simoniens à Nevers en 1831-1832 ; d'A. Rivet,
La loi Falloux, ses antécédents et ses conséquences dans le département de la
Haute-Loire. Nous ne terminerons pas cette note sans recommander la lec
ture attentive de la communication de M. Péronnet intitulée Pour un
renouveau des études biographiques : approches historiques, appelée sans doute
à un large retentissement.
R. Darricau.
— Mélanges d'histoire normande, dédiés en hommage à M. René Jouanne,
archiviste en chef honoraire de l'Orne. Alençon-Paris, 1970, in-8° 256 p. et
carte (Numéro spécial du « Pays normand »). — A signaler comme intéres
sant l'histoire de l'Église de France les articles suivants : chanoine Pierre
Flament, Recherches sur le clergé clandestin dans les cantons au nord du Pasy
bas-normand pendant la Révolution, p. 85-111 ; Jean Fournée, L'exercice
du droit de paternité dans les abbayes normandes de l'ordre de Prémonté d'après
les archives de l'abbaye de Sillé, p. 119-141 ; Jean Grandin, Recherches sur
quelques ermitages dans l'Orne au Moyen-âge, p. 152-172 ; Philippe Siguret,
L'autel de la chapelle de la Bérardière, en Saint-Bômer-les-Forges, p. 247-254.
G. D.
— F. Houtart et J. Remy, Église et société en mutation. (Coll. « Église et
civilisation contemporaine »). Tours, Marne, 1969, 412 pages. — Une réflexion
sur les structures de l'Église catholique, confrontées au changement né du
dernier Concile. Les tensions actuelles font souhaiter une révision profonde de
la pastorale : mais la société elle-même est en pleine mutation : quelle image
l'Église y donne-t-elle d'elle-même? Une troisième partie entend traiter de et des moments révolutionnaires. Après une réflexion sur l'apport
de Vatican II, sur la signification politique du christianisme et une socio
logie de la Révolution en général, les auteurs présentent quelques exemples :
la Révolution Française, la révolution ouvrière en Europe Occidentale, la

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