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Séminaire du 23 juin 2010 - Séminaire Santé, Travail, Ethique et ...

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Séminaire du 23 juin 2010 - Séminaire Santé, Travail, Ethique et ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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effectifs soit la seule. Le ratio soignants/patients et le prix dejournée sont très proches de ceux qui existent dans lesétablissements français. Ce qui caractérise cette expérience,estime-t-elle, c’est l’éthique du soin qui s’y développe, c’est la délicatesse à l’égard d’autrui qui fédère les membres de cette équipe qui ne connaît pas de turn-over». Nicole Poirier, qui, bien qu’étant directrice, participe à toutes les tâches de la maison, valorise les personnels, ce qui crée uneatmosphère joyeuse. Elle a une grande confiance dans les gens et ouvre largement la structure aux visiteurs et stagiaires.
L’épaisseur du temps
Les institutions classiques, en France comme au Canada, sont trop rigides pour que les initiatives du personnel, le désir de prendre plus de temps avec les résidents, puissent s’épanouir. La sécurité étant le leitmotiv autour duquel tout s’organise, on a souvent le sentiment d’un univers carcéral. «Dans ces structures, explique l’une des participantes,j’ai eu l’occasion de faire des gardes. Je sortais de là en pleurant. C’était la hantise de finir dans de tels établissements».
«La façon de donner un médicament de la part d’une infirmière peut être très violente, » considère une autre participante.
«L’enjeu est donc de soutenir de vrais lieux de vie où chacun joue son rôle. Pourquoi n’est-il pas possible de transférer ce qui existe à Carpe Diem ?», s’interroge une troisième participante.
Catherine Le Grand-Sébille note, «que dans la Drôme, le film a été à l’origine de la refonte d’un projet d’établissement. En ce sens, il a poussé à la réflexion, à travers une volonté detransformation qui s’est affirmée aussi auprès des tutelles et des financeurs».
Combattre le statu quo et l’impuissance
Au niveau professionnel, faire des choses différentes, et vivre des temps différents permet de moins sentir l’usure. Les contraintes sont parfois telles, que le travail perd son sens. C’est le cas de nombre de toilettes effectuées troprapidement, trop tôt, trop tard, mais aussi dans des moments plus ludiques, lorsque les pensionnaires sont obligés d’assister à desanimations qui paraissent «plaquéesartificielles. La situa- », tion est alors aussi difficile pour les intervenants que pour lesbénéficiaires. Laurence Serfaty, estime «que c’est surtout la structure qui rigidifie les choses. A la Maison Carpe Diem, souligne-t-elle,les gens sont aussi atteints qu’ailleurs. Mais la vie quotidienne y est
plus douce. Elle ne se joue pas dans la précipitation, la rapidité, le découpage du temps en tranches de vie. C’est de la chaleur, de l’attention mais jamais de l’infantilisation.»
Avec Nicole Poirier, elles partagent le même objectif : «combattre le statu quo, l’impuissance et la morosité. Nous cherchons en-semble à démontrer qu’il est possible de faire autrement et de contribuer à un changement de pratiques. Devant le pessimisme de nos sociétés face au vieillissement de la population, affirme Laurence Serfaty,nous voulons susciter l’espoir. »
La conclusion du séminaire revint à Catherine Le Grand-Sébille. «L’expérience de la Maison Carpe Diem, c’est, estime-t-elle,une philosophie, une pratique, un formidable projet humaniste, dont d’autres personnes, d’autres équipes peuvent s’emparer. On est, avec ce lieu de vie, dans l’exemple d’une très belle énergie au travail. »Une conclusion qui sonne comme une invitation à donner aux activités dans les établissements français la couleur de la Maison Carpe Diem.
Compte rendu établi par Jean-Paul BIOLLUZ (Aria-Nord)
Les séminaires Santé, Travail, Ethique et Société sont animés par : - Jeanne-Marie BRILLET, DIRECCT Nord-Pas de Calais - Catherine LE GRAND-SÉBILLE, Université Lille 2 - Paul FRIMAT, Université Lille 2  Membresdu GRREST (Groupe Régional de Réflexion  Ethique,Santé Travail)
Prochain séminaire : Dr Alexandra Trichard-Salembier,Médecine du Travail, CHRU-LilleÉpuisement professionnel, solitude et risque suicidaire chez les médecins er Mercredi 1décembre 2010de 14h30 à 17h00 Salle du Conseil - Université Lille 2 42, rue Paul Duez – 59000 LILLE
Pour en savoir plus :
Alzheimer, jusqu’au bout la vie, un film documentaire de Laurence Serfaty 2005 – 52’, ALTOMEDIA.
Site www.espace-ethique.org, rubrique Alzheimer.
«Penser les vieillesses. Regards sociologiques et anthropologiques sur l’avancée en âge», Coordonné par Sylvie Carbonnelle, Éditions Seli Arslan, 2010.
« Membres du GIP CERESTE »
Groupement d’Intérêt Public (J.O. du 29 novembre 2006) Contact : gipcereste@univ-lille2.fr - http://cereste.univ-lille2.fr/
S St ,T ,t tS t
Maison Carpe Diem : « la vie en douceur »
« Prendre soin de l’autre lorsqu’il est vulnérable » Le film « Alzheimer, jusqu’au bout de la vie » réalisé ème en 2005 par Laurence Serfaty, a ouvert le débat du 3séminaire Santé, Travail, Ethique et Société organisé par le GIP Cereste.
Ce documentaire qui illustre ce que peut être l’éthique dans le soin, met en relief, une expérience exceptionnelle conduite au Québec. La Maison Carpe Diem, dirigée et animée par Nicole Poirier, peut apparaître, à bien des égards, comme un lieu de haute humanité comparée aux institutions classiques. Le terme Maison, voilà, sans doute, le cœur du projet. A la Maison Carpe Diem, patients, soignants et personnels vivent ensemble au cœur d’une communauté de soins. «Ce film, souligna Catherine Le Grand-Sébille,en introduisant la réunion, permet de penser ce que c’est que prendre soin de l’autre dans des contextes de grande vulnérabilité. Dans son approche, il peut servir, bien au-delà de la manière dont on peut concevoir les soins dans les Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), dans des unités Alzheimer,… mais aussi, par exemple, dans les établissements accueillant des personnes – enfants ou adultes - atteintes d’autisme…» «Dans ce documentaire, ajouta-t-elle,on voit une éthique au travail en direction des patients, et une approche profondément respectueuse des membres de l’équipe. Le tout effectué avec un réel plaisir de travailler.» «La vie dans cet établissement québécois, estima-t-elle,est une comparaison douloureuse, avec la manière dont fonctionnent certains établissements français ou canadiens.»
23 juin 2010 Université Lille 2
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