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Si parler va sans dire resume du livre de F.Julien

De
6 pages

Résumé du livre de François Julien, s'appliquant à faire ressortir les différences entre la pensée et le langage en Occident et en Chine.

Publié par :
Ajouté le : 21 juillet 2011
Lecture(s) : 535
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Si parler va sans dire
Du
logos
et d’autres ressources
Résumé de l’essai de François Julien paru aux éditions du Seuil en août 2006
« Les Grecs nous ont légué principalement une chose qui ne se dit complètement que
dans leur langue :
logos
logos
signifiant à la fois parole – discours – définition –
argumentation – jugement (susceptible de vrai ou de faux) – ordre et, finalement,
logique. »
Chapitre 1 : dire quelque chose
Les Grecs ont donné les principes de la parole occidentale : lorsque je parle, je dis « quelque
chose » et ce « quelque chose » est unique, a une identité. Si je ne dis pas un « quelque
chose », je ne dis rien, je ne suis pas pertinent. La parole identifie, elle répond à un « quoi ?»,
elle se voit assigné un objet. En donnant cette orientation à la parole, on se prive des autres
ressources qu’elle peut posséder. Quelles sont-elles ?
Chapitre 2 : dire quelque chose, signifier quelque chose
Si parler c’est dire quelque chose, alors la parole se cantonnera à expliciter, expliquer ce
quelque chose. S’opère alors l’orientation fondamentale de la pensée occidentale : la
philosophie, telle une science, s’attachera à décrire l’objet et à le
connaître
de la façon la plus
intime. Dire c’est alors signifier
une
chose, cette chose étant unique et ayant alors une
essence.
Cette unité du sens est liée à un principe (axiome) posé par Aristote, à la source de toute la
logique (
logos
) occidentale : le principe de non-contradiction. (Une chose ne peut être à la
fois ceci et son contraire).
Apparemment incritiquable, le principe de non-contradiction n’arrive pourtant pas à expliquer
les paradoxes et les contradictions quotidiennes (je l’aime et pourtant je la hais). Pour
comprendre sa faiblesse, et ce dont il nous prive, il faut remonter à sa source : il repose sur
deux présupposés : 1) il y a forcément un
objet
du dire et 2) la parole suppose qu’il y ait
toujours un interlocuteur.
Exemple du « babil amoureux » : l’amour se dit sans se signifier, il faut le « lire entre les
lignes » ; exemple de la poésie : pas de communication claire ni de sens précis du discours.
Ces deux exemples montrent que la parole peut s’affranchir du principe de non-contradiction
et que cet affranchissement lui ouvre de nouvelles perspectives.
Chapitre 3 :
Logos/antilogos
, ou d’un clivage de la parole.
Parce qu’elle
signifie
, la parole se prive de sa capacité d’
indication
. Indiquer, contrairement à
signifier, ne veut pas dire la vérité des choses, c’est sous-entendre, faire entendre, montrer une
expérience et non pas enseigner (on enseigne des savoirs, mais on n’enseigne pas à vivre).
« Or, que reste t-il de cette puissance d’indiquer, non dissoute dans la signification ? (…)
Parler d’une domination du
logos
, comme j’ai commencé à le faire, n’est pas seulement
reconnaître l’empire qu’a pris celui-ci en déployant la voie de la science et se muant en
instrument de maîtrise, et par là, de puissance, qui peu à peu a partout imposé ses normes,
colonisé les autres cultures et recouvert la planète : le
logos
standardisé, mondialisé et
mondialisant d’aujourd’hui. »
Un pour Un
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