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INTERVENTION DU REPRÉSENTANT PERMANENT ADJOINT DE LA FRANCE AUPRÈS ...

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INTERVENTION DU REPRÉSENTANT PERMANENT ADJOINT DE LA FRANCE AUPRÈS ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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INTERVENTION DU REPRÉSENTANT PERMANENT ADJOINT DE LA FRANCE
AUPRÈS DE LA CONFÉRENCE DU DÉSARMEMENT
(Séance Plénière du 11 juin 1998)
Monsieur le Président, Messieurs les Membres de la Troïka, chers collègues.
En devenant partie au TNP en 1992 et dans le cadre de la Conférence de prorogation de 1995, la
France a souscrit l'engagement de poursuivre des efforts systématiques et progressifs pour réduire les
armes nucléaires globalement, dans la perspective ultime d'élimination de ces armes et d'un traité de
désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. La France a accepté
des consultations intensives sous votre autorité sur la question du désarmement nucléaire. Il nous
semble important que ces consultations marquent un
changement qualitatif par rapport à nos
précédentes consultations sur le sujet, particulièrement dans le contexte actuel. Il nous faut traiter,
non seulement les questions de procédure, mais aussi de fond et de substance.
A) Je souhaite présenter tout d'abord dans ce contexte le bilan français sur lequel une information
précise et détaillée fait trop souvent défaut. Les activités de désarmement nucléaire posent en effet
des problèmes sociaux, économiques, techniques, financiers, qui en font une oeuvre de longue
haleine; les questions de sûreté, de sécurité, de transparence liées à ce mouvement impliquent dans
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térêt de tous une gestion complexe dont les données de base sont trop souvent sous estimées.
a) S 'agissant en premier lieu des armes nucléaires
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e-mêmes, le Président de la République a
annoncé en février 1996 la disparition de la composante terrestre nucléaire française, compte tenu de
l'évolution stratégique. Cette décision impliquait le démantèlement des 18 missiles stratégiques sol-
sol, c'est-à-dire d'armes qui avaient par nature un temps de réaction extrêmement bref et celui de 30
missiles mobiles de courte portée. Ces systèmes d'armes, qu'il s'agisse des systèmes fixes du plateau
d'Albion, ou des systèmes mobiles de la force Hadès, seront complètement démantelés à
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1998, grâce à un effort financier important portant non seulement sur le processus de démantèlement
lui-même et ses aspects connexes, (délocalisation, transferts et gestion sûre des matières,...) mais
aussi sur l'aide aux régions touchées par cette évolution et la nécessité de reconvertir plusieurs sites
militaires.
Subsistent la composante aérienne et la force océanique stratégique. Là encore, le principe de
suffisance qui gouverne la conception française dans ce domaine a eu pour effet de limiter à quatre le
nombre de nos sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler que
la France ne dispose d'aucune arme tactique et que notre doctrine nucléaire est une doctrine de non-
emploi.
S'agissant du déciblage et de la réduction de la posture d'alerte, l'évolution mérite aussi d'être
soulignée. Le 26 septembre 1997, la France a annoncé qu'avec le démantèlement des missiles sol-sol
du plateau d'Albion, aucun des moyens nucléaires de la force française de dissuasion n'était
désormais ciblé. Enfin, les niveaux d'alerte des forces aérienne et sous-marine ont été réduits en
fonction du nouveau contexte stratégique mondial.
Au total, le budget militaire français n'est plus que 3% du produit intérieur brut au lieu de 3,5% en
1990. Sur ce budget, la part consacrée à la force nucléaire ne représente plus que 10% au lieu de
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