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Les Marnes de La Tuilière

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Etude sur les Marnes de La Tuilière... Géologie, Flore etc...

Publié par :
Ajouté le : 30 avril 2015
Lecture(s) : 53
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Les marnes
de
La Tuilière












Georges GUENDE et Roland MARTIN
Espace Naturel Sensible (ENS) de la Tuilière (
11 Ha 21 a 30 ca).Saint Saturnin-Les-Apt




Site des marnes de la Tuilière (Photo R. Martin)



Extrait cadastral du site
Qu’est qu’un Espace Naturel Sensible :
Créés en France en 1975 ils ont été instaurés dans le Vaucluse en 2005. Un ENS a pour objectif de
protéger un patrimoine naturel, paysager ou géologique qui se révèle être menacé ou vulnérable. Il
donne aux collectivités le droit de préemption foncier qui permet à la collectivité d’acquérir des
terrains vulnérables.
En plus du devoir de protection les ENS ont aussi une vocation à être ouverts au public dans un
objectif de sensibilisation si cette dernière n’entrave pas le bon état du site. Ce sont les fonds
alimentés par la taxe départementale des Espaces Naturels Sensibles (TDENS) prélevée sur les permis
de construire jusqu’à hauteur de 2%, qui servent à réaliser les actions d’acquisitions, protection, et
valorisation pédagogique des ENS.
Description du site :
Milieux de type naturel. Ensemble de petites collines peu élevées qui se présentent sous forme de
dômes peu élevés (alt. : 20O à 271 m) de marnes gris-bleu ou noirâtres datant du crétacé inférieur
(Aptien supérieur et Gargasien). Le cadre végétal est constitué d’une mosaïque d’habitats de milieux
relativement variés avec essentiellement des escarpements ouverts très secs ravinés par les eaux de
pluies (les « bads-lands » ), des pinèdes de pins d’Alep , des pelouses mésophiles voire
mésohygrophiles ,émaillées de peupliers et saules confinées dans le fonds de vallon où serpente l’Imergue.




Transcription sur image satellite (Google Heart) du zonage de l'ENS, d'après la carte de la zone (ign).
Du Conseil Général du Département de Vaucluse.
Protection et/ou inscription à un inventaire
Parc Naturel Régional du Luberon
Réserve de Biosphère Luberon-Lure (Zone de coopération)
Réserve naturelle géologique du Luberon (Périmètre de protection depuis 1996 de l’ensemble de la
commune de St Saturnin-les-Apt interdisant la pratique des fouilles pour extraire des fossiles) .
Zone de Valeur Biologique Majeure du PNRL (Marnes de La Tuilière : Secteur : 84-37N =34,6ha)





Marnes entre Les Garelles et Travaillan (Photo R. Martin)

Valeur et intérêt géologique :
L’étage Aptien est un stratotype correspondant à un étage des temps géologiques de l’ère
secondaire (Mésozoïque) et de la période crétacé allant respectivement à – 125 et 112 millions
d’années et nommé en 1840 par Alcide d’Orbigny à partir de la région d’Apt. La spécificité des
affleurements d’Apt richement fossilifères à permis de dresser une liste complète des fossiles se
rapportant à cet étage. Par la suite W. Kilian en 1887, Toucas en 1888, Breistrofer en 1947,
découperont l’étage Aptien en trois sous étages : Gargasien pour l’Aptien supérieur, Bédoulien pour
l’Aptien inférieur et Clansyesien pour l’Aptien terminal. Conséquemment à l’urbanisation galopante,
il ne subsiste plus dans le bassin d’Apt de coupe témoin continue qui permette d’observer le
passage des terrains marneux et marno-calcaires bleutés depuis l’Aptien inférieur jusqu’à l’Aptien
supérieur. Les derniers affleurements encore visibles et à protéger se répartissent en trois points
précis des environs de La Tuilière : base de la butte dite de Pichouraz ; un ensemble de buttes à
300m au sud du hameau ; et au lieu dit ‘Les Gays » où il est possible d’observer plus
particulièrement la partie inférieure de l’Aptien supérieur. Ces terrains constituent la dernière
référence internationale visible du stratotype historique de l’étage Aptien, par conséquent en phase
finale de disparition. Eux seuls permettent encore la récolte de fossiles types uniques au monde sur
lesquels les scientifiques puissent encore faire des recherches à l’avenir. Aussi ces lieux doivent être
protégés pour pouvoir être montrés aux scientifiques du monde entier. La sauvegarde définitive de
ces affleurements Aptien, ne pouvant passer que par une maitrise foncière par la collectivité, une
acquisition a été concrétisée depuis peu par la commune, sur 11 Ha au lieu dit « Les Gays », avec le
soutien du Département du Vaucluse grâce à la mise en place d’un ENS.
E) Valeur et Intérêt floristique :
La présence de marnes dans le substrat exerce un fort déterminisme sur le paysage végétal .Ce
secteur présente surtout l’aspect de milieux ouverts en grande partie dénudés. Malgré les
apparences s’y développe une flore étonnante par son originalité, et très spécifique de ces sols à
forte contraintes sur le vivant. La particularité géologique de ces marnes a pour conséquence un
fort déterminisme sur le monde végétal dont l’intérêt est ici important par la présence de plusieurs
espèces remarquables dont certaines de grande valeur patrimoniale, et qui en font un haut lieu de
la flore régionale. Citons la présence abondante ici de deux espèces protégées de niveau régional :
Hedysarum boveanum subsp europaeum (Sainfon humble), légumineuse à fleurs roses, très rare
et qui ne se développe que sur des pelouses marneuses méditerranéennes à faible concurrence
végétale (8 stations de présence seulement dans le Vaucluse)





Hedysarum boveanum subsp europaeum, Sainfoin humble (Photo H. Signoret)

Convolvulus lineatus (Liseron rayé) : rare liseron également des pelouses fortement marneuses.( Une
10 aine de stations de présence dans le Vaucluse).


Convolvulus lineatus, Liseron rayé (Photo H. Signoret)
Parmi les autres espèces patrimoniales sans statut ou rares et intéressantes il convient de
mentionner :Melilotus sulcatus (3 citations dans le Vaucluse) , Aegilops ventricosa (5 stations de
présence dans le Vaucluse, Matthiola fruticulosa , Euphorbia flavicoma subsp flacicoma, Achillea
ageratum, Onobrychis caput –galli, Vicia sativa subsp amphicarpa, Orchis militaris , Trifolium
purpureum.

Aegilops ventricosa (Photos H. Signoret)

Matthiola fruticulosa (Photos : R. Martin)
Sensibilité :
Valeur scientifique/Rareté du milieu : Très Forte Sensibilité : Très Forte. Actuellement en zone A du
document d’urbanisme, ces terrains peuvent accueillir des constructions et installations liées au
fonctionnement des exploitations agricoles. Les parcelles dernièrement acquises seront classées en
zone naturelle protégée du PLU à l’occasion d’une prochaine révision.



Les marnes de la Tuillière (Photo R. Martin)
Plan de gestion :
Un stage financé par la Commune-Parc naturel régional du Luberon-Conseil Général, conduit au
printemps 2015 et encadré par la Réserve Géologique-PNRL , présente pour objectif de définir
d’une part un pré plan de gestion de cet ENS, et d’autre part d’en faire progresser le périmètre sur
des sites satellites proximaux intéressants à la fois sur des considérations géologique, et floristique
autre enjeux fort de cet espace.

Définitions :
Parc naturel régional du Luberon :
Agrée en 1977 et ré-agrée en 1997 et 2011, le PNRL à travers sa Charte constitutive élaborée à
travers une large concertation entre élus, forces vives, administrations et associations, fixe les
orientations de protection, de mise en valeur et de développement durable sur le territoire des
communes adhérentes au Parc .Prenant effet dès son approbation elle engage ses signataires pour
une durée de dix ans. 77 communes (51 dans le Vaucluse et 26 dans les Alpes de Haute Provence)
ont signé et adhéré aux engagements de la dernière Charte constitutive ( 2011-2021) du PNRL .




Zones de Valeur Biologique Majeure:
Notion d’inventaire, localisation des richesses naturelles, préservation de la Biodiversité, et des
mécanismes qui régissent l’équilibre des écosystèmes; concrétisée sur son territoire par le PNRL
dès sa création par la délimitation de secteurs dénommés VBM.
Ce zonage de la Charte du Parc naturel régional du Luberon non opposables aux communes et aux
tiers, a pour objectif de témoigner d’enjeux patrimoniaux forts auprès des collectivités,
aménageurs, propriétaires et gestionnaires divers d’espaces naturels afin qu’ils puissent les intégrer
dans leurs préoccupations .
L’identification des secteurs VBM s’est appuyée sur quatre critères principaux :
a) La rareté (ou originalité d’une espèce ou biocénose) : plus une espèce ou biocénose est
rare plus sa valeur patrimoniale est élevée.
b) La diversité (ou richesse spécifique des biocénoses) : plus une biocénose est riche en espèces,
plus sa valeur biologique est élevée.
c) Le degré de maturation (ou adéquation écologique) : plus une biocénose est ancienne, plus
elle a eu le temps de s’enrichir, plus grand est son intérêt écologique.
d) La continuité dans l’espace (ou surface d’un seul tenant) : un espace naturel est d’autant
plus stable qu’il est étendu.
Réserve de Biosphère Luberon-Lure :
Réseau mondial du programme de l’UNESCO (Man and Biosphère-MAB) qui vise à mieux connaitre
les relations entre l’Homme et son environnement et à favoriser la mise en œuvre des principes du
développement durable. Le réseau français est maintenant constitué de 13 territoires dont la
réserve de Biosphère Luberon / Lure.Le territoire du Luberon appartient depuis 1997 au réseau
mondial, avec une extension à la montagne de Lure approuvée en 2010.
Zone de coopération (d’une réserve de Biosphère) :
Espace privilégié pour un développement économique durable et l’expérimentation sur la gestion
des ressources



Les fossiles…dans les marnes…(Photo R. Martin)
Réserve naturelle géologique du Luberon :
En 1987 à la demande du Parc naturel régional du Luberon, 28 sites fossilifères sont classés en
réserve naturelle. EN 1996 un périmètre de protection concernant la surface totale de 27
communes soit 70 000 hectares est institué autour des sites. L’objectif premier de la Réserve était
de stopper le pillage des sites, objectif rapidement atteint mais aussi la sensibilisation du public et la
recherche scientifique.

Biocénose :
Ensemble des êtres vivants coexistant dans un lieu bien défini (Biotope), en interactions les uns
avec les autres et avec le milieu. L’ensemble : biocénose et biotope constituant l’écosystème.
Mésophile :
Plante des sols frais bien à moyennement drainés.
Méso-hygrophile :
Plante des milieux moyennement à très humides.


Les marnes de la Tuilière (Photo R. Martin)

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