//img.uscri.be/pth/63ceae34d7a3f295705a534e4a48e41a19eded9d
La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

A. Thiéry Sur les illusions visuelles géométriques F.-C. Muller-Lyer Etude sur les illusions visuelles; contraste et confluxion G. Heymans Recherches quantitatives sur le paradoxe optique E. Burmester Détermination expérimentale des illusions optiques géométriques Th. Lipps Les illusions visuelles géométriques Teliatnik L'illusion visuelle de Müller-Lyer chez les enfants et les adultes - compte-rendu ; n°1 ; vol.3, pg 495-513

De
20 pages
L'année psychologique - Année 1896 - Volume 3 - Numéro 1 - Pages 495-513
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

Victor Henri
A. Thiéry Sur les illusions visuelles géométriques__**__F.-C.
Muller-Lyer Etude sur les illusions visuelles; contraste et
confluxion__**__G. Heymans Recherches quantitatives sur le
paradoxe optique__**__E. Burmester Détermination
expérimentale des illusions optiques géométriques__**__Th.
Lipps Les illusions visuelles géométriques__**__Teliatnik
L'illusion visuelle de Müller-Lyer chez les enfants et les adultes
In: L'année psychologique. 1896 vol. 3. pp. 495-513.
Citer ce document / Cite this document :
Henri Victor. A. Thiéry Sur les illusions visuelles géométriques__**__F.-C. Muller-Lyer Etude sur les illusions visuelles; contraste
et confluxion__**__G. Heymans Recherches quantitatives sur le paradoxe optique__**__E. Burmester Détermination
expérimentale des illusions optiques géométriques__**__Th. Lipps Les illusions visuelles géométriques__**__Teliatnik L'illusion
visuelle de Müller-Lyer chez les enfants et les adultes. In: L'année psychologique. 1896 vol. 3. pp. 495-513.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1896_num_3_1_1904VII
ILLUSIÄNS ET HALLUCINATIONS
SOMMAIRE
Thiéry, Müller-Lyer, Heymans, Burmester, Lipps, Teliatnik, Biervliet,
Arnaud, Joffroy, Seashore.
ÉTUDE D'ENSEMBLE SUR LES ILLUSIONS D'OPTIQUE
A. THIÉRY. — Ueber geometrisch-optische Täuschungen (Sur les
illusions visuelles géométriques). — Philos. Stud., XI, p. 307-371 et
603-620; XII, p. 67-126.
F.-C. MULLER-LYER. — Zur Lehre von den optischen Täuschungen
über Kontrast und Konfluxion (Étude sur les illusions visuelles;
contraste et confluxion). — Zeitsch. f. Psych. u. Phys. d. Sinn., IX,
p. 1.-17; et X, p. 421-432.
G. HEYMANS. — Quantitative Untersuchungen über das « Optische
Paradoxon ». — (Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., IX, p. 221-255.
E. BURMESTER. — Beitrag zur experimentellen Bestimmung geomet
risch-optischer Täuschungen (Détermination expérimentale des illu
sions optiques géométriques). — Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., XII, p. 355-
395.
TH. LIPPS. — Die geometrisch-optischen Täuschungen (Les illusions
visuelles géométriques). — Zeit. f. Psych. u. Ph. d. Sinn., XII, p. 39-
62.
TELIATNIK. — L'illusion visuelle de Müller-Lyer chez les enfants
et les adultes (en russe). — Revue de Psychiatrie, de Neurologie et de
Psych. expérim. de Bechterew (en russe), vol. I, 1896, p. 275-281 et
352-359.
L'étude des illusions visuelles géométriques a toujours
intéressé beaucoup les psychologues ; c'est en effet un domaine
dans lequel on espère, à la suite de certaines observations, ANALYSES 496
arriver à des vues théoriques non seulement pour expliquer
l'origine des illusions, mais même pour analyser l'origine de
nos représentations de l'espace visuel. C'est seulement dans les
dernières années qu'on a cherché à mesurer les illusions
visuelles ; les premières expériences quantitatives ont été faites
par Knox, en Amérique, par M. Binet, en. France (dans les
écoles)1, par Thiéry, en Allemagne, et par Heymans, en Hol
lande ; dans une illusion optique géométrique on a, par exemple,
deux lignes égales en réalité, qui paraissent être inégales, ou
bien on a deux lignes parallèles qui semblent diverger ou con
verger, ou bien, enfin, on a deux angles égaux qui paraissent
être différents ; pour déterminer quantitativement l'illusion, on
rend les lignes ou angles de grandeurs différentes, de façon
qu'ils paraissent être égaux, ou, lorsqu'il s'agit d'une illusion
dans le parallélisme des lignes, on cherche la position des
lignes pour laquelle elles semblent être parallèles et on mesure
l'angle que les lignes font entre elles, quand ce parallélisme
apparent est réalisé. Dans le premier cas c'est la différence
entre les grandeurs des figures qui est la mesure de l'illusion,
et dans le second cas la mesure est l'angle formé par les lignes
qui semblent être parallèles.
Nons réunissons dans cette analyse 6 études se rapportant
aux illusions visuelles ; quelques unes d'entre elles sont prin
cipalement théoriques, d'autres surtout expérimentales.
Thiéry distingue trois groupes d'illusions visuelles géomét
riques ; l'illusion peut en effet porter soit sur les directions des
lignes, soit sur les grandeurs des figures, soit enfin sur la
courbure des courbes ; les deux premiers groupes sont subdivi
sés par l'auteur en plusieurs genres :
Illusions de direction. — 1° Illusions sur des lignes parallèles
coupées par des transversales parallèles ;
2° Illusions sur des lignes coupées par des trans
versales convergentes ;
3° Illusions sur les transversales mêmes.
Illusions de grandeur. — 1° Illusions sur des figures sem
blables coupées par des transversales parallèles ;
2° Illusions sur des distances mesurées, coupées par des
transversales convergentes ;
1 V. Année Psychologique, t. I, p. 327. ILLUSIONS ET HALLUCINATIONS 497
3° Illusions sur des figures non semblables coupées par
des transversales parallèles ;
* 4
5 I!" * ii
%
lllllj

■dirigée chacune aigu parallèles figure deux sorte série 4° L'auteur Illusions par lignes de de que sur est des Zöllner, lignes entre les coupée les petites voisines commence sur transversales. transversales composée parallèles elles, certaines transversales, sous soient un mais par angle d'unedistances, Fig. dontdirde de la sans A i que |/y\\|B l'attention y. a soit
igées dans des sens différents ; la
figure 80 représente cette illusion ;
les lignes parallèles ne semblent
pas l'être.
La figure 81 représente deux
lignes parallèles coupées par des
a' transversales et qui semblent '
converger en bas. Voici comment
l'auteur explique l'illusion : la Fig. 81.
figure 81 peut être considérée
comme une représentation jprojective d'un prisme dont aa'bb' et
l'année psychologique, m. 32 ANALYSES 498
aa'cc sont les faces, et a'b'c la base vue d'en bas ; l'arête aa
semble ressortir en avant ; les transversales parallèles à a'c et
à ab' peuvent être considérées comme des sections du prisme
parallèles à la base a'b'c', .les deux lignes A'A et B"B semblent
être dessinées sur les faces du prisme et, par conséquent, les
bouts A' et B' semblent être plus près de nous que A et B ; orT
deux lignes qui paraissent en perspective être parallèles sont,
en réalité, divergentes; c'est là la cause qui nous fait voir les
lignes A'A et B'B, non pas comme parallèles, mais comme
divergentes.
La grandeur de l'illusion est mesurée par l'angle que les
droites AA' et BB' doivent faire entre elles pour que ces lignes
paraissent être parallèles. L'auteur étudie l'influence de diff
érents facteurs sur la grandeur de l'illusion.
1° On place la figure verticalement, de sorte que les lignes
AA' et BB' soient verticales, et on fait tourner la figure autour
d'un axe vertical parallèle aux lignes AA' et BB'.
Les expériences ont été faites avec un appareil de Zöllner
(fig. 82) ; l'écran a 30 centimètres de côté à l'intérieur ; les quatre
lignes principales sur lesquelles les illusions ont lieu ont chacune
30 centimètres de longueur et 4 millimètres de largeur ; elles
sont à une distance de 6 centimètres l'une de l'autre. Une gra
duation portée sur les côtés de l'écran permet de lire l'angle
que les lignes principales font entre elles ; cette figure est plus
facile à étudier que l'illusion de la figure 81, puisqu'ici on doit
apprécier, non seulement si les lignes semblent être parallèles
ou non, mais aussi si chaque ligne principale semble être droite
ou courbée.
La grandeur de l'illusion varie lorsqu'on fait tourner la figure
autour d'un axe vertical ; l'illusion est maximum lorsque l'angle
compris entre le plan de la figure et la surface frontale du sujet
est environ égal a 50°. L'illusion est plus faible pour les myopes
que pour les normaux. Enfin, dans la vision monoculaire, l'ill
usion est plus faible lorsque l'angle est faible (inférieur à 40°),
et elle est, au contraire, plus forte pour des angles considé
rables de rotation de la figure (de 80° par exemple).
2° On place la figure verticalement, de façon que les lignes
principales soient horizontales, et on fait tourner autour d'un
axe vertical, par conséquent perpendiculaire aux lignes prin
cipales. Dans ce cas l'illusion est maximum lorsque la figure
est parallèle à la surface frontale, et elle décroît régulièrement
à mesure que l'angle de rotation augmente. ILLUSIONS ET HALLUCINATIONS 499
3° On place la figure de façon que les lignes principales
fassent un angle de 43° avec la verticale, et on fait tourner
autour d'un axe vertical ; dans ce cas, l'illusion n'est pas cons
tante, elle varie d'une manière différente chez les différents
sujets.
Fig. 82.
4° On place la figure dans un plan vertical parallèle à la sur
face frontale et on la fait tourner autour d'un axe horizontal
perpendiculaire au plan de la figure (expérience de Zöllner) ;
on trouve que l'illusion est maximum lorsque les lignes princi
pales sont inclinées de 45° sur la verticale. ANALYSES 500
5° On place la figure verticalement et on la fait tourner
autour d'un axe horizontal AB (fig. 82). L'illusion est maximum
lorsque la figure est parallèle
à la surface frontale ; si on
la fait tourner de façon que
la partie supérieure s'éloigne
du sujet, l'illusion diminue
d'abord, puis augmente pour
un angle de rotation de 60°,
et puis diminue de nouveau;
lorqu'on fait tourner la figure
dans le sens inverse, l'illusion
diminue continuellement ; dans
ce dernier cas, elle diminue
plus rapidement que dans le
premier.
L'auteur discute les diffé-
Pig- 83. rentes théories proposées pour
expliquer l'illusion de Zöllner,
et il explique ensuite tous les résultats rapportés plus haut
par sa théorie de la projection.
Fig. 84.
Les illusions sur les transversales sont soumises à une étude
détaillée; c'est sur la figure dé Paggendorf (fig. 83) que l'auteur
a fait ses expériences. 11 semble que le prolongement de aa est
ce', et, en réalité, c'est bb' ; la grandeur de l'illusion est mesurée
par la distance entre bb' et ce. Voici les expériences faites par
l'auteur : ET HALLUCINATIONS SOI ILLUSIONS
1° On fait varier la distance des lignes AA' et BB' et la lon
gueur des transversales; l'illusion est maximum lorsque les
transversales sont de longueur égale ; voici quelques chiffres :
dans la première colonne se trouvent les distances entre les
lignes AA' et BB' en centimètres; dans la première ligne sont
indiquées les longueurs des transversales en centimètres ; le
chiffre supérieur indique la longueur de aa', le chiffre inférieur
celle de bb' ; les chiffres du tableau qui indiquent la grandeur
de l'illusion sont des millimètres.
2,5 2,5 7,5
2,5 7,5 7,5
millimètres millimètres millimètres centimètres
11,5 2 8,6 10,3
4 28,3 20 23,7
33,2 6 19,2 38,2
8 35,7 28 42
Lïllusion augmente avec la distance des lignes AA', BB'.
Dans toutes ces expériences l'angle compris entre les lignes
BB' est égal à 30°, et la longueur des lignes principales AA',
est de 20 centimètres.
2° La figure étant posée sur la table, on la fait tourner
autour d'un axe vertical ; la grandeur de l'illusion est minimum
lorsque les transversales sont dirigées perpendiculairement à
la surface frontale, c'est-à-dire lorsque la figure a été tournée
de 30°.
L'explication que l'auteur donne de cette illusion est encore
fondée sur la projection : la ligne ad paraît un peu sortir en
bb' paraît être en arrière, et, comme avant du plan de la figure,
on juge d'un angle non par sa grandeur apparente, mais par
la grandeur qu'il aurait si son plan coïncidait avec le plan de
la figure, on arrive à susestimer les angles aigus : d'où la pro
duction de l'illusion.
Passons aux illusions de grandeur. Si dans la figure de Zöll
ner on prend deux transversales éloignées AC, ac, BD, et bd, et
qu'on efface les lignes principales, comme ceci a été fait sur la f
igure 84, on a une illusion de grandeur : la distance AB semble être
supérieure à ab. En joignant les points A et B, C et D , a et b, c et
d, on obtient deux trapèzes, et celui d'en haut paraît plus grand 502 ANALYSES
que celui d'en bas. L'auteur étudie cette illusion ; les deux tra
pèzes avaient une hauteur de 4 centimètres ; le trapèze abcd
avait une grandeur constante : ab = 15 centimètres, cd = 25 cen
timètres, l'espace entre les deux trapèzes était égal à 10 centi
mètres. Le sujet devait comparer la longueur de AB à celle de
ab. On faisait tourner la figure d'angles différents autour d'un
axe vertical.
A A
qu'il haut. maximum semble lorsque L'illusion L'auteur Si l'explication est être le plus pour trapèze explique plus est grand. une minimum éloigné précédente abcd l'illusion rotation se de pour trouve nous par est de la exacte, une que 15°; projection en rotation abcd; enfin, bas dit que nous l'auteur, : elle le de lorsqu'il trapèze est en 45°, déduisons plus l'illusion elle ABCD est forte est en
devra subsister lorsqu'on prolongera les lignes AC, ac, BD et
bd, et aussi si on les fait converger en un point; c'est ainsi
qu'on obtient la figure 85; les lignes AB', BB', sont égales entre
elles, et il semble que AA' est supérieur à BB'. Cette illusion ILLUSIONS ET HALLUCINATIONS 503
est étudiée en détails. La longueur des lignes convergentes
était de 25 centimètres, l'épaisseur de 3 millimètres et demi, la
longueur de la ligne BB' était de 84 millimètres, l'épaisseur de
'2 millimètres.
1° Influence du nombre de lignes convergentes. — L'illusion
est la plus faible pour deux convergentes, elle est maximum
pour quatre, elle diminue un peu lorsqu'on augmente davan
tage le nombre des convergentes (on ne compte pas parmi ces
.chiffres la ligne du milieu aa').
2° Influence de la position de la figure. — L'illusion est plus
forte lorsque le sommet a est plus éloigné du sujet (comme
■dans la figure 85) que lorsque ce point est plus rapproché du
sujet. Voici quelques chiffres, ce sont les longueurs de la
ligne AA' qui paraît égale à BB' ; rappelons que BB' a une lon
gueur de 84 millimètres.
4 Nombre de convergentes. 2 6 8
millimètres millimètres millimètres millimètres
a plus près du sujet 79,3 82,7 80,2 81,4
a éloigné (fig. 85).. 80,1 73,2 73,2 74
3° Influence de V épaisseur des lignes AA' e£BB'. — On em-
ployait deux épaisseurs différentes ; 3 millimètres et 2 mill
imètres ; l'illusion est la plus faible pour l'épaisseur 2 des deux lignes; elle est plus forte lorsque AA' a une
épaisseur de 3 millimètres et BB' 2 millimètres ; enfin elle est
la plus forte dans le cas inverse : AA', 2 ; BB', 3 mil
limètres.
4° Influence de la position des lignes A A' BB' . — La position
BB' reste la même : on place la ligne AA' d'abord à une de
distance de 75 millimètres de a (c'est dans ces conditions que
les résultats précédents ont été obtenus); puis on la place au
sommet a, enfin de l'autre côté sur le prolongement de a'a à
une distance de 75 millimètres de a ; désignons par -f- 75 le pre
mier cas, 0 le deuxième, — 75 le dernier ; on a les résultats
suivants :