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Comment éviter que l'enseignement du fait religieux soit perçu comme du prosélytisme ?

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Comment éviter que l'enseignement du fait religieux soit perçu comme duprosélytisme ? Le fait religieux ne peut, bien évidemment, être abordé à l'Ecole laïque que par une approche laïque, par la confrontation de l'étude des différentes religions, en écartant soigneusement toute visionmorale du fait religieux. Mais celui-ci n'est qu'une des composantes nécessaires pour comprendre etéclairer les évolutions du monde d'aujourd'hui et les grandes questions d'actualité. N'aborder que l'enseignement du fait religieux, c'est voir le problème par le petit bout de la lorgnette.Il est nécessaire de renforcer l'enseignement de l'histoire sous ses différentes formes : politique,sociale, contexte religieux et philosophique... Il en va de même pour les disciplines de culturegénérale qui permettent de comprendre notre monde et qui constituent la panoplie du citoyen à partentière : géographie, économie, sciences sociales, instruction civique et institutions politiques, sansoublier la morale. La circulaire du 12 décembre 1989 et le décret du 18 février 1991 contiennent tous deux le mêmeparagraphe qui rappelle un des principes qui doivent guider l'exercice du métier enseignant : «L'école publique ne privilégie aucune doctrine. Elle ne s'interdit l'étude d'aucun champ du savoir.Guidée par l'esprit de libre examen, elle a pour devoir de transmettre à l'élève les connaissances etles méthodes lui permettant d'exercer librement ses choix. » C'est dans ce cadre que ...
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Comment éviter que l'enseignement du fait religieux soit perçu comme du
prosélytisme ?
Le fait religieux ne peut, bien évidemment, être abordé à l'Ecole laïque que par une approche laïque
, par la confrontation de l'étude des différentes religions, en écartant soigneusement toute vision
morale du fait religieux. Mais celui-ci n'est qu'une des composantes nécessaires pour comprendre et
éclairer les évolutions du monde d'aujourd'hui et les grandes questions d'actualité.
N'aborder que l'enseignement du fait religieux, c'est voir le problème par le petit bout de la lorgnette.
Il est nécessaire de renforcer l'enseignement de l'histoire sous ses différentes formes : politique,
sociale, contexte religieux et philosophique... Il en va de même pour les disciplines de culture
générale qui permettent de comprendre notre monde et qui constituent la panoplie du citoyen à part
entière : géographie, économie, sciences sociales, instruction civique et institutions politiques, sans
oublier la morale.
La circulaire du 12 décembre 1989 et le décret du 18 février 1991 contiennent tous deux le même
paragraphe qui rappelle un des principes qui doivent guider l'exercice du métier enseignant :
«
L'école publique ne privilégie aucune doctrine. Elle ne s'interdit l'étude d'aucun champ du savoir.
Guidée par l'esprit de libre examen, elle a pour devoir de transmettre à l'élève les connaissances et
les méthodes lui permettant d'exercer librement ses choix. »
C'est dans ce cadre que l'école peut assurer un enseignement laïque du fait religieux.
La circulaire du 18 mai 2004 rappelle ainsi :
« Parce que l'intolérance et les préjugés se nourrissent
de l'ignorance, la laïcité suppose également une meilleure connaissance réciproque y compris en
matière de religion. A cet égard, les enseignements dispensés peuvent tous contribuer à consolider
les assisses d'une telle connaissance... Plus spécifiquement les faits religieux, notamment quand ils
sont des éléments explicites des programmes, comme c'est le cas en français et en histoire, doivent
être utilisés au mieux dans les enseignements pour apporter aux élèves les éléments de culture
indispensables à la compréhension du monde contemporain. »
( 6e alinéa, Partie I de la circulaire du
18 mai 2004 )
Le fait religieux, ce n'est pas la catéchèse, c'est la mise en avant du culturel, du patrimonial, et non
du cultuel. C'est un enjeu pour comprendre le monde, ses cultures. Comme le dit l'Inspecteur
général Philippe Claus,
« aujourd'hui, les connaissances des élèves en matière de religion ne leur
permettent plus de comprendre le monde dans lequel ils vivent. L'introduction d'un enseignement du
© La laïcité à l’usage des éducateurs - La Ligue de l'enseignement - Les Ceméa - Les Francas
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fait religieux répond à cette volonté d'éviter une déperdition culturelle que l'on perçoit depuis
quelques décennies. Les familles ne véhiculent plus la culture religieuse comme elles le faisaient par
le passé. »
C'est pourquoi l'étude du fait religieux fait partie de la culture humaniste définie dans le socle
commun de connaissances et de compétences (décret de juillet 2006). Les élèves doivent
comprendre l'unité et la diversité du monde, entre autres par une première approche « du fait
religieux en France, en Europe et dans le monde(...), dans un esprit de laïcité respectueux des
consciences et des convictions. ».
Un triple souci doit guider les formateurs dans ce domaine :
· souci méthodologique : pouvoir distinguer le fait religieux de l'enseignement religieux,
· souci scientifique : être en capacité d'enseigner les faits religieux dans leur diversité,
· souci anthropologique : pouvoir présenter un langage symbolique, l'expérience spirituelle et ce
qu'elle représente,
pour passer comme le dit Régis Debray
« d'une laïcité d'incompétence à une laïcité d'intelligence ».
Travailler sur le fait religieux, c'est mieux aider à comprendre ce qui peut motiver, guider des choix
éthiques, comprendre les représentations symboliques, les rites.
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