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Généralités. Lois de la Sensation et de la Perception. La Forme. Synesthésies. Illusions et sens spatial. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 525-544

De
21 pages
L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 525-544
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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1° Généralités. Lois de la Sensation et de la Perception. La
Forme. Synesthésies. Illusions et sens spatial.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 525-544.
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1° Généralités. Lois de la Sensation et de la Perception. La Forme. Synesthésies. Illusions et sens spatial. In: L'année
psychologique. 1926 vol. 27. pp. 525-544.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6362SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 525
peyotl. Il a consacré à ce curieux Echinocactus Williamsii du Mexique
un important ouvrage, des plus intéressants, une monographie très
complète, préfacée par Em. Perrot qui avait eu le désir autrefois
d'étudier ce cactus, d'emploi rituel chez les Huichols et quelques
autres tribus d'Indiens, et qui put se féliciter de voir son désir
accompli par un jeune pharmacien, son élève.
Le livre comporte une étude botanique, une histoire avec données
ethnologiques fort intéressantes, avec description de fêtes et de
danses, notation de chants, concernant les rites du peyotl dans les
diverses tribus mexicaines (Huichols, Coras, Tepehuanes, Tarahu-
mares) et chez les Indiens des Etats-Unis, enfin une chimie et une
pharmacologie des « mescal-buttons », aux multiples alcaloïdes
(mescaline, déterminant les visions colorées, anhalamine, anhalo-
nidine, peyotline, anhalonine et lophophorine, la plus toxique,
irritatrice de la moelle).
L'ivresse peyotlique est décrite d'après les observations de quelques-
auteurs et quatre observations personnelles de R., dont une auto-
observation. Ce qui la caractérise, en dehors de l'état nauséeux, au
début du moins, c'est une lucidité intellectuelle complète, un défilé
kaléidoscopique de visions colorées tant que les yeux sont fermés,
sans aucune autre hallucination. Les objets vus sont plutôt imprécis,
mais il y a des détails « d'une coloration intensément lumineuse,
d'une vivacité de teinte, pureté de coloris incomparable »,
paraissant « illuminés intérieurement d'une clarté si vivante » qu'ils
sont un enchantement (auto-observation de R., p. 295). Le bleu, le
rouge, le pourpre, le vert, le jaune avaient la pureté, la vivacité et la
« suavité » que l'auteur qualifie d' « inexprimables », ce qui semble
indiquer surtout une modification affective d'ordre euphorique.
De fait, dans l'observation de Mlle A. de K., on note une «langueur
agréable » avec rires nerveux, et une excitation consécutive assez,
durable.
Il y a parfois des visions lilliputiennes (plus fréquentes d'après
l'auteur par emploi du « Yagé » qui donne aussi des visions ma-
cropsiques).
Mais en somme l'action toxique se manifeste par une excitation
élective de l'appareil central de la vision et surtout de la vision chro
matique, électivité fort intéressante, et paraissant dépendre de la
mescaline (ou a-3 : 4 : 5 — triméthoxyphényl— ß éthylamine).
Ajoutons que l'auteur envisage le peyotl comme une drogue
d'épreuve pour favoriser l'apparition de rêveries révélatrices à titre
d'adjuvant des méthodes psychanalytiques. H. P.
V. — Sensation et Perception
1° Généralités. Lois de la Sensation et de la perception.
La Forme. Synesthésie. Illusions et sens spatial
JOHN HERBERT PARSONS. — An Introduction to the Theory of
Perception [Introduction à la théorie de la perception). — In-8 de
254 p. Cambridge, University Press, 1926.
Dans cet excellent volume, clair, documenté, intéressant, élégam- S26 AÎULVSE8 B1BLI06BAPH1QBBS
ment présenté, abondamment iEustré, l'auteur a'a cherché qu'à
apporter quelques Prolégomènes à un traité de la Perception, qui
devrait envisager un bien large champ du domaine psychologique, et
à fournir une hypothèse de travail. On connaît déjà le beau travail
de l'auteur, qui est ophtalmologiste, sur la vision des couleurs. Tout
en donnant cette fois une large place aux problèmes de perceptioa
visuelle dont l'importance est capitale, sir J.-H. P. a étendu sa do
cumentation à d'autres domaines sensoriels, et il a envisagé de
grandes questions biologiques liées à celles des fonctions perceptives
dont, s'inspirait de Head, il se représente trois stades, dyscritique,
épieritique, et syncrétique -{par intégration corticale).
Après un rapide examen de la genèse de la perception, et quelques
brèves mais intéressantes données sur les dispositifs récepteurs, on
trouve une étude du comportement instinctif et de l'émotion : l'état
affectif guide la tendance (« conation »), pendant que la connaissance,
sur le plan perceptif, guide, par une modification appropriée des
réactions instinctives, l'exécution des actes régis par la tendance.
L'étude des « Patterns », perceptifs nous conduit de la sensation
à la perception — résultat d'une activité « intégrative », — et au
« meaning », avec examen de la théorie de la Gestalt et des fondements
physiologiques de cette conception.
Après un examen des sensations cutanées, vient un excellent exposé
des données que fournit Panatomie comparée, au point de vue
des voies et des centres des diverses sensibilités, utilisées pour com
prendre les réponses motrices « dyscritiques », sans spécificité per
ceptive, en particulier les attitudes et réflexes de « posture ■».
La perception de l'espace et du mouvement chez les animaux et
chez l'homme, la dualité des mécanismes de vision, « dyscritique » et
« épicritique », les lois du temps des sensations de la vue, les phéno
mènes d'induction (d'après les travaux d'Allen) sont l'objet des
chapitres suivants ; et, après une étude de la conduction d'excitation
visuelle, et de l'anatomie comparée de l'œil, un dernier chapitre est
consacré, sous le titre « L'homme et ses ancêtres » à la conception
générale de la perception, complexe primitif dont la sensation est
abstraitement extraite, conception judicieuse et très clairement
exposée. H. P.
JOHN DEWEY. — The Naturalistic Theory of Perception by the
Senses (La théorie naturaliste de la perception par les sens). —
J. of Ph., XXH, 22, 1925, p. 596-605.
Dans son sens initial, la perception sensible signifie l'ohservatioii
et la reconnaissance d'objets au moyen d'organes corporels. La
question qui se pose est de savoir la façon dont ces instruments
affectent l'acte et les résultats qui en découlent. Du point de vue
épistémologique, la perception sensible signifie une seule espèce de
perception, et la qualité sensible une sorte de qualité si spéciale
qu'elle peut être définie psychique ou mentale. Du point de vue
naturaliste, la perception est toujours la même et les adjectifs préfixes
comme « sensoriels » se rapportent aux moyens, c'est-à-dire aux
organes. Selon cette manière de voir, la différence, par exemple,
entre la couleur et des perturbations électromagnétiques sont des faits SENSATION ET PERCEPTION. GÉNÉRALITÉS §27
-différents dans un seul et même monde d'objets, alors que du point
■de vue épistémologique, il y a un abîme de nature entre ces deux
•ordres de phénomènes, le problème étant de voir où est la réalité.
L'ancienne conception distinguait le sensible de l'intelligible. On
continue à employer ces deux termes alors que la science moderne a
abandonné les catégories de potentialité et d'actualité pour celles de.
contacts physiques et de mouvement.
Les arguments épistémologiques sont affectés d'une ambiguité
■consistant à traiter les objets empiriques (arbres, pierres, étoiles)
alternativement, soit comme les causes des qualités, soit comme des
groupes corrélatifs de ces qualités. Dewey propose la distinction
suivante :
1° Certaines perturbations moléculaires en interaction avec un
autre arrangement moléculaire (empiriquement identifié avec l'orga
nisme humain) causent différents phénomènes de forme ; 2° L'autre
mode de constatation se rapporte seulement aux relations empiriques
avec ce qui est empiriquement perçu. Il n'y a pas de problème de
cause à effet, de réalité et d'apparence. Il y a simplement des rapports
selon une formule constante de qualités variées se présentant selon
des phases successives.
En troisième lieu, Dewey se refuse à admettre la perception de
qualités premières simples et indépendantes : le rouge n'est pas perçu
avant du sang ou une robe, le bleu avant le ciel, le sucré avant le
bonbon. La soi-disant « sensation » n'est que la perception d'une
qualité discriminée.
Enfin la question de la localisation spatiale des qualités perçues au
moyen des sens relève de la physique et non de Pépistémologie. On a
souvent suggéré que le mental et le psychique pouvaient être définis
comme ce que les lois physiques refusaient de recevoir et de localiser.
€ette conception repose sur une notion de sens commun admettant
que l'on peut définir un lieu comme le point sur lequel il faudrait
agir pour contrôler la production du phénomène. Or cette notion est
très évidemment en relation avec des questions d'adaptation pratique
et d'habitude. Si l'on s'en tient aux termes strictement physiques, il
n'y a pas d'autre problème particulier que celui — strictement scien
tifique — de la détermination d'un champ. Si, au contraire, on s'en
tient aux termes de perception empirique, le problème est unique
ment une question d'adaptation pratique. M, L.
F.-R. BICHOWSKY. — The mechanism of consciousness : the
percept arc {Le mécanisme de la conscience, Varc perceptif) 1. Images
{Les images). — Am. J. of Ps., XXXVII, 3 et 4, 1926, p. 382-390
et 557-564.
Il faut distinguer des phases du développement de la conscience ;
la perception proprement dite est précédée de pré-sensations qui
correspondent comme elle à des réactions motrices définies. B. croit
retrouver cette distinction dans celle que fait la théorie de la Forme
entre la figure et le fond. La pré-sensation est un complexe indiffé
rencié, tandis que la perception a des limites, une localisation, des
1. Voir An. Ps., XXVI, 185. 528 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dimensions, une forme : tous ces attributs impliquent des relations
données ou pensées. L'auteur éprouve le besoin de donner de ces
notions une figuration d'anatomie schématique d'un caractère très
théorique et dont le lien avec les faits psychologiques est nécessair
ement très lâche.
Le dernier article est consacré à l'image et en particulier à la dis
tinction de l'image et de la perception. B. passe en revue les critères
classiques dont il paraît sentir l'insuffisance ; il traite ensuite rapid
ement des problèmes de l'évocation et de la signification (meaning) de
l'image et se croit autorisé par ces données introspectives à achever
sa construction théorique, en superposant aux arcs de la présentation
et de la perception un arc de l'imagination et de la pensée (ce qui
semble impliquer une localisation cérébrale distincte). P. G.
R. HUBERT. — Le problème de la sensation. — R. de M., XXXIII,
3, 1926, p. 325-349.
Cet article étudie « le problème de la vraie nature des qualités sen
sibles », c'est-à-dire un problème, non de psychologie proprement
dite, mais de métaphysique. Il envisage et critique les solutions qu'en
donnent le rationalisme et l'empirisme, en consacrant un développe
ment spécial aux conceptions d'Hamelin et de Bergson, pour aboutir
à cette conclusion sur les termes du problème : a S'il est désormais
bien établi que toute sensation est par nature radicalement inintelli
gible, c'est-à-dire irréductible à des éléments conceptuels, il est non
moins évident que l'esprit ne peut se satisfaire à son sujet que s'il
découvre quelque raison intelligible de cette inintelligibilité même ».
G.-H. L.
CASIMIRO DONISELLI. — Udito e Sensi generali. Spazio, tempo,
numéro, forze {Audition et sens généraux. Espace, temps, nombre^
forces). — In-8 de 386 p. Milan, Istituto editoriale scientifico,
1927.
L'auteur croit à l'existence d'un sens arithmétique musical et a
consacré à cette question le principal de son effort intellectuel.
C'est un livre qui résulte d'une longue élaboration spéculative
qu'il offre actuellement aux réflexions de ses lecteurs, qui connaissent
déjà les théories du regretté de Cyon sur le sens de l'espace. D'après
D., non seulement les canaux semi-circulaires, dans le labyrinthe ,
sont bien l'organe du sens de l'espace , du sens géométrique, mais
l'oreille en général serait l'organe des « sens généraux », mathéma-
matiques qui ne relèveraient nullement de l'appareil oculaire ; et le
limaçon en particulier, lui apparaît comme l'organe du sens arithmé
tique, fournissant la perception du nombre, comme de Cyon en avait
eu l'intuition, vraiment prophétique d'après lui.
Grâce à l'audition il se fait une analyse des sons (conformément
aux déductions que nous pouvons faire théoriquement d'après le
théorème de Fourier), grâce à des processus de résonance que Cotugno
a été le premier à admettre (en 1760).
Le temps, apparaissant comme « le nombre du mouvement » est
en relation également étroite avec l'appareil auriculaire qui régit
simultanément sens arithmétique et sens musical, sens qui apparaît SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 529
dans l'activité motrice du chant où se révèle une aptitude aussi
caractérisée que l'aptitude mathématique.
De telles théories, par leur simplicité, apparaissent toujours comme
singulièrement séduisantes. Mais, d'autre part, on sait trop la comp
lexité des processus biologiques et en particulier des processus
mentaux où l'on a constamment affaire à des complexes avec él
éments interchangeables pour ne pas réagir contre les explications les
plus séduisantes.
Quoi qu'il en soit, le livre de Doniselli par son examen approfondi
<ie nombreuses questions avec souvent une expérimentation ingé
nieuse et originale (en ce qui concerne l'analyse de la voix et du
chant en particulier) est fort intéressant à lire. H. P.
LEILA HOLTERHOFF HEYN et RENÉ MAUBLANC. — Une
éducation parop tique. La découverte du monde visuel par une
aveugle. — In-16 de 225 p. (Les documents bleus). Paris, Gall
imard, 1926. Prix : 10 fr. 50.
Convaincu de l'existence réelle de la vision paroptique décrite par
Farigoule, R. M. a courageusement entrepris l'éducation d'une
aveugle, Mme Heyn. Les résultats des expériences entreprises avec
une admirable patience de la part des deux protagonistes sont relatés
séparément par M. et par Mme H.
M. pense avoir réalisé chez Mme H. une vision paroptique réelle,
tout incomplète qu'elle soit. H. déclare qu'elle a pu déchiffrer
un mot toute seule, a conscience d'un objet qu'on lui présente,
percevant vaguement sa forme, sa grandeur ou sa couleur.
Dirai-je que je ne suis pas convaincu encore, malgré cela, de l'exis
tence réelle de la vision paroptique : En dehors des suggestions et
auto -suggestions possibles, la possibilité d'un résidu de fonctionne
ment oculaire susceptible d'être en réalité rééduqué n'est pas exclue.
Les deux certificats d'ophtalmologistes font mention d'une « atrophie
des globes oculaires » (entraînant le port d'yeux de verre), mais le
nerf optique, la rétine peuvent conserver un certain pouvoir fonc
tionnel, en sorte que, malgré la « cécité pratique » affirmée par le
Dr Coutela, il eût été prudent de faire les expériences en excluant
toute participation possible d'un reste de vision. H. P.
K. STUEBER. — Das Alles-oder Nichts-Gesetz und die Sinneswahr
nehmung. {La loi du tout ou rien et la perception des sensations). —
Pf. A., CCXII, 1926, p. 501-514.
En opérant sur la peau (sens thermique et sens de pression) et sur
l'œil, l'auteur montre que la loi du tout ou rien est également valable
pour les fibres nerveuses sensorielles, les excitations de courte durée
et répétées également déclenchent une excitation rythmique des nerfs
sensoriels dont la fréquence dépend de l'intensité de l'excitant.
P. B.
F. KIESOW. — Ueber die Vergleichung linearer Strecken und ihre
Beziehung zum Weberschen Gesetze {Sur la comparaison des lignes
et la relation avec la loi de Weber). — A. f. ges. Ps., LVI, 3-4, 1926,
p. 421-451.
C'est la suite des travaux de K. sur la loi de Weber. Cette fois-ci,
l'année psychologique, xxvii. 34 530 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
recherche des seuils différentiels dans la comparaison des lignes
(traits dessinés à l'encre noire). Comme résultat chez un sujet étudié-
avec beaucoup de soin, trois zones à l'intérieur desquelles les seuils
différentiels relatifs restent sensiblement constants : 1° Pour les
lignes dont les longueurs varient de 10 à 40 millimètres le seuil relatif
oscille autour de 1 /97 ; 2° Pour les longueurs moyennes de 50 à 150
millimètres il est égal en moyenne à 1 /11 3 ; 3° Pour les longueurs
de 200 à 300 millimètres il est égal à 1/144.
Comment expliquer ces variations sans abandonner la loi de
Weber ? K. avait imputé des faits analogues, constatés par Stratton
et par Kobylecki dans le domaine des sensations tactiles, à la diffu
sion des excitations intenses. En ce qui concerne ses propres expé
riences sur la comparaison des lignes il admet qu'il s'agit de variations
de l'attention : la comparaison des lignes plus longues étant plus
difficile, elle aurait suscité un effort d'attention plus intense.
La loi de Weber est, selon K., une loi psychologique d'une portée
très générale : toute notre vie mentale est subordonnée à cette loi
des valeurs relatives. D. W.
EMIL BERGFELD. — Die Streckeneinteilung und die gebrâulichsten division^ Zahlensysteme. Neue Versuche zur Dezimalgleichung {La
— ■ Neue de V étendue et les systèmes numériques les mieux utilisables).
Ps. St., II, 1926, p. 15-59.
L'auteur a procédé, par quatre méthodes différentes, celle de-
constance (ou des cas vrais et faux), celle de reproduction, du
choix et celle des séries complètes (Vollreihenmethode) à une r
echerche sur la précision d'estimation d'une division spatiale. Une
longueur de 2 millimètres est divisée par un index manœuvré par la
manivelle d'une machine à diviser dont le tambour a 154 millimètres
pour une translation d'un millimètre (ce qui permet une précision
au cinquième de millimètre sur le tambour, et au 770e de millimètre
sur la ligne à diviser).
La plupart des expériences ont été faites par la première méthode,
en demandant au sujet de dire combien la longueur jusqu'à l'index
représente de parties de la longueur totale, en envisageant celle-ci
comme divisée et en la divisant effectivement en dixièmes, en
douzièmes, en vingtièmes ou en vingt-quatrièmes, ou bien en la.
considérant comme divisée (et en la divisant effectivement) en cen
tièmes ou en cent quarante quatrièmes (et en faisant donner l'éva
luation, soit en centièmes ou en cent quarante-quatrièmes, soit
approximativement, en dixièmes ou vingtièmes ou bien en douzièmes-
et vingt-quatrièmes).
L'auteur étudiait ainsi, à la fois, l'erreur due à un choix prédomi
nant de certaines valeurs, de certains dixièmes (ou équation déci
male) et la capacité de précision comparativement donnée par les
systèmes numériques décimal et duodécimal.
En ce qui concerne ce dernier point, la division duodécimale se
montre nettement supérieure, la supériorité étant surtout marquée
dans la division simple en dixièmes ou en douzièmes par la méthode
de constance. Le pourcentage des jugements exacts est de 90,7 (et
l'erreur moyenne en soixantièmes de millimètre de 1,2) pour la •wr-
SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 531
division en dixièmes, de 97,9 (et l'erreur moyenne de 0,22) pour la
division en douzièmes. Mais les divisions en vingtièmes et en vingt-
quatrièmes, bien moins exactes, s'équivalent (67,6 et 62,8 % de
jugements exacts, erreurs moyennes de 1,98 et 1,94). Il y a une petite
supériorité de la division en cent-quarante-quatrièmes (17,24 % de exacts et 2,06 d'erreur moyenne) sur la division en cen
tièmes (18,32 % et 2,78), et une supériorité plus notable de l'appré
ciation en douzièmes de l'étendue divisée en 144 parties (81 % et 1,9)
sur l'appréciation en dixièmes de l'étendue divisée en 100 (77,7 et
2,67).
L'auteur a noté une tendance à la sous-estimation des parties eu
bas de l'échelle et à la surestimation en haut de l'échelle, se tradui
sant en particulier par une fréquence plus grande du 1er et du
9e dixième, où parties marginales (plus marquée dans la division
décimale que dans la duodécimale), et par une exactitude moyenne
plus grande des évaluations quand l'index est placé au niveau de ces
divisions marginales (96,2 % contre 84,1 % pour les parties du milieu
en division décimale ; 98,6 et 97,2 en division duodécimale ; 91,7 et
58 pour la division en 20 parties ; 92,9 et 53,3 pour celle en 24 parties ;
24,5 et 12 pour celle>en 100 ; 18,9 et 16,1 pour celle en 144).
En ce qui concerne l'équation décimale proprement dite, elle n'a
pas été étudiée en réalité par l'auteur, qui se contente d'affirmer que
la prépondérance dans le choix des dixièmes est fondée sur les diffé
rences dans la fréquence de l'expérience que l'on en a et de noter la
tendance à sous-estimer dans l'évaluation des dixièmes inférieurs
et à surestimer dans l'évaluation des dixièmes supérieurs, le médian
étant plus correctement indiqué. Mais il ne donne pas de chiffres
permettant de connaître la fréquence des différentes valeurs données
dans l'évaluation par rapport à la fréquence de présentation réelle,
de sorte que, en ce qui concerne la question même de l'équation
décimale, le travail — tel qu'il est exposé — n'apporte aucune contri
bution utile.
La donnée pratique à retenir, c'est que, pour l'évaluation d'une di
vision relative, il est préférable de la faire en douzièmes qu'en
dixièmes de l'étendue totale. H. P.
S. -A. STONE. — Prior entry iu the auditory tactual complication {La
priorité dans le complexe auditif tactile). — Am. J. of Ps.,
XXXVII, 2, 1926, p. 284-286.
Un stimulant pour lequel nous sommes préparés produit son effet
plus vite qu'un autre pour lequel nous ne le sommes pas. Cette loi est
bien connue ; mais on la démontre en général en cherchant la coïnci
dence subjective dans le temps entre une perception (par exemple
celle d'un son) et celle du mouvement rythmique d'un point mobile.
Cette expérience paraît impliquer une double attention. L'auteur
pense la simplifier en demandant si un son ou un contact sont simul
tanés ou si l'un précède ou suit l'autre. On trouve par exemple chez
un sujet que, s'il y a attention au son, le contact doit le précéder
de 17 a pour paraître simultané avec lui ; au contraire avec l'atten
tion dirigée sur le contact, c'est le son qui doit précéder de 23 a. Il y
a cependant des différences individuelles notables : chez l'un des
sujets étudiés, le contact devait toujours précéder le son. P. G. 532 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
HERMANN FISCHEL. — Transformationserscheinungen bei
Gewichtshebungen [Phénomènes de transformation dans les per
ceptions de poids). — Z. für Ps., XGVIII, 1926, p. 342-365.
Katz a étudié les changements de valeur dans le domaine des cou
leurs, Werner les a étudiés dans le domaine des sons ; Fischel, élève
de Katz, les étudie dans le domaine des impressions de poids soulevés.
Weber et Fechner n'ont étudié cette question que dans ses rapports
avec la psychophysique ; Müller et Schumann y ont rattaché leur
théorie de la disposition (Einstellung) motrice ; u.ne étude de Martin
et Müller essaie d'expliquer la comparaison par l'impression absolue
(absoluter Eindruck). Katz a travaillé sur les impressions éprouvées
par les amputés qui soulèvent des poids, Friedländer sur l'objectiva-
tion des impressions de poids. On peut en conclure que ces impressions
présentent une « bipolarité », les impressions tactiles étant rapportées
d'une part au corps et de l'autre à l'objet.
Fischel demande à ses sujets de comparer deux poids différents.
Ces poids sont contenus dans des boîtes en carton que l'on soulève
facilement par une poignée en métal. Les sujets ont été soumis à une
première expérience d'épreuve, leurs réactions étaient normales.
Les expériences sont les suivantes :
1° Le sujet doit soulever de chaque main un poids de 500 grammes,
mais on a placé sur le dos de la main gauche une sorte de gant qui
renferme un poids de 500 grammes. Chose remarquable, l'appréciation
du sujet n'est pas troublée, il dissocie le poids placé sur le dos de la
main du poids soulevé.
2° La disposition précédente est renversée, le poids supplément
aire est au bout des doigts de la main gauche, les à comparer
sont placés sur le dos des mains. Mêmes résultats : appréciation
non troublée.
3° Le bras gauche est fixé de telle façon que le poids ne peut être
soulevé que par les doigts. Les résultats restent analogues à ceux de
l'expérience d'épreuve. Ces trois expériences ont prouvé que les im
pressions de poids ne dépendent pas des facteurs physiologiques pér
iphériques, mais bien des centres.
4° Le sujet soulève un poids avec quatre doigts de la main droite,
un autre poids avec le petit doigt de la main gauche. Bien que l'effort
de ce dernier soit considérable et fatigue beaucoup les sujets, l'appré
ciation reste bonne.
5° Un des poids est soulevé par la main droite, l'autre par les
dents ; ainsi les groupes de muscles intéressés sont très divers, de plus
les muscles de la mâchoire ne sont pas éduqués comme ceux de la
main. L'appréciation reste bonne.
6° Un des poids est soulevé par la main droite, l'autre attaché à un
bandeau qui enserre les muscles frontaux. Même résultat.
7° Un des poids est soulevé par la main droite, l'autre par le pied ;
même résultat.
8° Un des poids est par la main droite, l'autre par la main
gauche, le bras gauche reposant dans l'eau de manière à ce que le sujet
n'en sente pas le poids ; la différence d'appréciation est si mince que
cette expérience vient encore confirmer notre opinion : les facteurs
psychologiques demeurent les plus importants. SENSATION ET PERCEPTION. GENERALITES 533
9° L'expérience n° 1 est refaite avec des enfants, elle donne les
mêmes résultats qu'avec les adultes.
10° Les expériences nos 5 et 7 sont refaites avec un aveugle-né.
Mêmes résultats. Ce ne sont donc pas les impressions visuelles qui
aident à apprécier le poids.
On peut donc conclure que l'appréciation du poids et la comparai
son des poids dépend de facteurs centraux et non de facteurs péri
phériques.
Aucune des théories de la comparaison émises jusqu'à présent ne
peut rendre compte de ces faits. Il faut, pour les comprendre, édifier
une théorie à partir de la notion de l'impression absolue (absoluter
Eindruck). Les poids ressentis l'ont été d'une manière absolue et ils
ont été aussitôt situés dans le domaine de l'objectif.
La théorie de Bergson qui, distinguant les grandeurs extensives
et les grandeurs intensives, n'admet, pour la comparaison de ces der
nières, qu'une sorte d'extension confuse pourrait passer pour un cas
spécial de cette conception. I. M.
J. PETERSON. — Local signs as orientation tendancies {Les signes
locaux considérés comme des tendances d'orientation). ■ — Ps. Rev.,
XXXIII, '3, 1926, p. 218-236.
P. explique l'origine des signes locaux, par lesquels nous localisons
les sensations dans les différentes parties du corps, en faisant appel
aux tendances et aux habitudes motrices qui naissent lorsque l'an
imal ou l'enfant répond aux excitations extérieures. Conformément
aux lois de l'essai et de l'erreur, la bonne réponse est choisie, et l'ha
bitude motrice qui y correspond s'associe à une sensation portant
sur un point déterminé de l'organisme. Cette théorie explique que les
parties du corps les plus mobiles soient aussi les plus aptes à une di
scrimination fine. Le problème des signes locaux se rattache donc au
problème général de l'apprentissage.
P. indique un certain nombre d'expériences qui sont en faveur de
sa théorie. G. P.
H.-G. HARTGENBUSCH.— Beitraege zur Psychologie der Gestalt,
herausgegeben von K. Koffka. — XIV. TJeber die Messung von
Wahrnehmungsbildern (Contributions à la psychologie de la Forme
publiées par K. Koffka. Sur la mesure des perceptions). — Ps.
For., VIII, 1-2, p. 28-74.
Hartgenbusch a eu l'idée de transporter aux perceptions elles-
mêmes le procédé de mesure employé par Koffka pour les images
consécutives. Pour comprendre l'intérêt de cette expérience, qui
pourrait sembler étrange, il ne faut pas oublier que dans la théorie
de la Forme les dimensions apparentes des objets vus ne sont pas
déterminées d'une façon définitive par les conditions géométriques
et anatomiques de la vision, mais dépendent encore de phénomènes
ultérieurs du « secteur optique » sur lesquels ces expériences doivent
nous renseigner.
Le sujet observe, à 60 centimètres des yeux, différentes figures
dont il fixe un point central et déplace une pointe sur une ligne de la
figure, soit horizontalement, soit verticalement, jusqu'au moment

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