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HISTOIRES DE TUNISIE - Le Cap Bon

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Histoiresdetunisie Leca pbon Pointe extrême du Cap Bon« - FORTUNA, Les randonnées àFortuna« - JEBEL MANGHOUB, Lessecrets de la montagnepercée« - KELIBIA, Le bouclier de Carthage« - KERKOUANE,CitéPunique« - NABEUL, La toujours nouvelle ville« - RASEDDERK,Escapade auCapHermes« Alix et Roland MARTIN ISBN n° 978-2-9559963-1-7 Janvier 2017 Fortuna LesrandonnéesàFortuna Lesrandonnées à Fortuna« $XMRXUG¶KXL QRXV DYRQV GpFLGp GH SDUWLU HQ GLUHFWLRQ GX &DS %RQ /H ©Beau promontoire», consacré à Mercure, présente un avantage certain. Sa côte Sud est bien abritée des vents de secteur Nord, alors que le littoral septentrional est protégé des vents, certes rares maisGpVDJUpDEOHV GH O¶(VW 6XG-Est. Si les « Soldats de fortune » sont des militaires « improvisés » sans grande formation, les randonneurs de « Fortun...a » auront bien choisi car la promenade est belle. Passé Hammam-Lif, on atteint Soliman oùO¶mosquéeon peut faire une petite pause-café à proximité de la « andalouse ». Soliman aussimérite une visite. En effet, sa plage, ses marais,KpODV HQ FRXUV G¶DVVqFKHPHQWle pour plus grand plaisir des riverains mais, au grand désespoir des amoureux des oiseaux et son quartier « andalou » sont intéressants. Par de nouvelles belles routes, on dépasse Menzel Bouzelfa, on «escalade »le versant Ouest du Jebel Sidi $EGHUUDKPDQH RQ UHGHVFHQG GH O¶DXWUH F{Wp HW j NLORPqWUHV HQYLURQ GH FH GHUQLHU ERXUJ RQ Dtteint un carrefour.
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Histoiresdetunisie Lecapbon
Pointe extrême du Cap Bon- FORTUNA, Les randonnées àFortuna- JEBELMANGHOUB, Lessecrets de la montagnepercée- KELIBIA,Lebouclier deCarthage- KERKOUANE,CitéPunique- NABEUL,La toujours nouvelleville- RASEDDERK,Escapade auCapHermesAlix et Roland MARTIN ISBN n° 978-2-9559963-1-7 Janvier 2017
Fortuna LesrandonnéesàFortuna
Lesrandonnéesà Fortuna
Aujourd’hui, nous avons décidé de partir en direction du Cap Bon. Le «Beau promontoire », consacré à Mercure, présente un avantage certain. Sa côte Sud est bien abritée des vents de secteur Nord, alors que le littoral septentrional est protégé des vents, certes rares maisdésagréables, de l’Est / SudEst. Si les « Soldats de fortune » sont des militaires « improvisés » sans grande formation, les randonneurs de « Fortun...a » auront bien choisi car la promenade est belle.
Passé HammamLif, on atteint Soliman oùl’mosquéeon peut faire une petite pausecafé à proximité de la « andalouse ». Soliman aussi mérite une visite. En effet, sa plage, ses marais,hélas en cours d’assèchementle pour plus grand plaisir des riverains mais, au grand désespoir des amoureux des oiseaux et son quartier « andalou » sont intéressants. Par de nouvelles belles routes, on dépasse Menzel Bouzelfa, on « escalade » le versant Ouest du Jebel Sidi Abderrahmane, on redescend de l’autre côté et à 30 kilomètres environ de ce dernier bourg, on atteint un carrefour. Une petite route sinueuse mène au village de Fortuna. La région de Fortuna est riche en vestiges protohistoriques et récemment d’importantes traces d’occupationhumaine durant la préhistoire ont été découvertes au lieudit Kef El Ahmar. Le bourg de Fortuna existait déjàà l’époque romaine. Il se trouvait sur unevoie joignant Karpis / Sidi Raïs à Menzel Horr. Au voisinage immédiat de Fortuna, on peut découvrir les deux haouanet, tombeaux rupestres berbères, de Bit El Mal, situés au lieudit Zitoun Bou Rouag et de Demnet Erramla ou El Karoui, ainsi que deux faux « menhirs » qui ont indubitablement servi de monuments de culte.L’un d’eux, appelé « El Hajra Ezzarga » à cause de sa couleur bleutée, porte de nombreuses traces de polissage. A quelques kilomètres de Fortuna, on découvreles vestiges groupés autour du hameau d’Er’rouiguet appelé aussi Sidi Bou Ali à savoir, le hanout proche de la zaouïa de Sidi Ali Rouiguet, les deux haouanet du lieudit Abada à un kilomètre environ et le hanout de Dar Ayed ou Ayad. Au bas d’un escarpement rocheux de couleur rougeâtre appelé Kef El Ahmar et situé à deux kilomètres du hameau de Rouiguet, des « outils » de différentes industries préhistoriques ont été recueillis.Ils appartiennent d’abord à l’industrie atériennepaléolithique,typique de l’Afrique du Nord et caractérisée par des pièces pédonculées ainsi qu’à une industrie épipaléolithique qui pourrait être attribuée àl’Ibéromaurusien, typique lui aussi d’Afriquedu nord. En surface, les archéologues ont également ramassé de nombreux « outils » datant du néolithique dont de nombreux racloirs, un éclat en obsidienne « importée » en Tunisie et des pièces foliacées.
On pourrait se contenter de « faire le tour » de ces sites, ce qui prendrait environ deux heures parce qu’onne sait pas exactement où les situer. Nous vous conseillons de les réserver pour l’aprèsmidi après être redescendu du « mont ». Vous pourrez déjeuner à Menzel Témime tout proche ou dans un des bons restaurants de Kélibia puis revenir voir si ce n’est déjà fait,les nombreuses espèces d’orchidées fleurissant dès la fin février tout autour du carrefour des routes de Fortuna et de Menzel Bouzelfa. Lorsque l’on arrive au village de sidi Bou Ali,que l’ona fermé les voitures, on est au pied du versant Sud du Jebel Sidi Abderrahmane et on n’a qu’une envie, c'est del’escalader. La randonnée ne présente aucune difficulté et ses 250 mètres de dénivelé environ ne demanderont qu’une bonne heure de marche. Nous avonsnous même, choisi d’emporter le piquenique dans nos sacs à dos,sachant qu’une bouteilled’eau et un peu de nourriture pèsent peu quand on a faim. Làhaut, la petite tâche blanche du marabout consacré à Sidi Bou Ali nous appelle et nous invite à nous mesurer aux marches géantes aux couleurs ocre du jebel. On taille sa route, à son goût dans la garrigue parfumée, plutôt vers le Sud du village, là, où le versant est moins escarpé. Les chèvres et les moutons ont « martelé » de petits sentiersdepuis l’Antiquitéle long desquels on grimpe en zigzag,en s’arrêtant chaque foisque le besoin s’en fait ressentir.
Du haut des falaises de Sidi Bou Ali, Le village et au loin le golfe de Hammamet !
Sur la crête, vous découvrirezd’abord des arbres dont personne n’a pu nous dire le nom et pour lesquels il nous faudra questionner le Service des Forêts. Ce ne sont pas des arbres NordAfricains. Puis, le panorama vous surprendra. Côté gauche, face au NordOuest, on découvre le Bou Kornine, le Ressas, PortPrince et à ses pieds, le barrage et les très belles plages de l’Oued El Abid. A droite, faceau SudEst, la côte Sud du Cap Bon s’étend au bord de la mer qui scintille au loin. Après avoir visité le maraboutque l’on voyait du bas, on s’aperçoit qu’il y a bien d’autres curiosités comme par exemple,une faille dans laquelle coule un filet d’eau où les «pèlerins » viennent faire leurs ablutions et ... nettoyer la « daouara» de l’agneau sacrifié en offrande.
Dans un creux de rocher…"la bougie" / Le Marabout et l'intérieur avec les exvotos(plus ou moins reconnus par l'islam…) Un peu plus loin, dans un creux de rocher peint en vert une bougie se consume, dernier « reste » de pratiques de cultes ruraux préislamiques. Et, masqué par un amas de roches, un murblanchi à la chaux et percé d’une petite portes’appuie à la «falaise ». A ses pieds, s’écoule un minuscule ruisseau. Même s’il n’y a pas de pèlerins, poussez délicatement et respectueusement la porte. L’intérieur baigné d’une lumière pâle, respire le calme, la paix et la dévotion. Le catafalque du Saint Homme occupe la première pièce dont le pavement est couvert de nattes et de tapis sur lesquels les pèlerins se reposent et prient.
L'arrivée au Marabout et le repas sous la protection de"la bougie"…
Derrière, un grand renfoncement taillé dans le rocher fait office de bassin dont le tropplein forme le ruisselet que nous avons vu en arrivant. Seul, le bruit cristallin des gouttes d’eau suintant du plafond, trouble le silence en tombantdans la vasque. Quel enchantement ! Nous avons préféré prolonger notre plaisir en déjeunant au sommet puis, nous sommes redescendus lentement pratiquement le long des sentiers qui nous avaient vus monter.
Les paysages "mérités Ceux que la pente pourrait rebuter peuvent tout de même aller visiter le marabout consacré à Sidi Abderrahmane. Ils iront par la route d’El Haouaria jusqu’à la pépinière forestière de Zougag. Juste à gauche de l’entrée de cette dernière, s’amorceune belle petite route qui montejusqu’aux antennes qui marquent le sommet. Ils laisseront leur véhicule à la surveillance du gardien des locaux et descendront vers le Sud jusqu’à une prairie parcourue constamment par des moutons. Ensuite, il suffit de suivre l’arête du sommet en direction du SudOuest, toujours à la même altitude durant une heure ou deux ensuivant le rythme qu’ils s’imposeront pour arriver jusqu’au marabout de Sidi Bou Ali.Il est également possible d’aller manger une grillade à Sidi Daoud ou undélicieux poisson dans un restaurant d’El Haouaria et revenir lentement.
Les plages vues de la montagne On peut occuper son après midi en allant visiter à Tazograne proche, le marabout consacré à Sidi Maaoui et le dolmen sous lequel les dames déposent leurs offrandes à sa mère qui bénéficie encore d’un culte vivace. On pourra aussi aller reconnaître la piste carrossable menant à la très belle plage de Bir Jedi ou encore pousser une pointe jusqu’au port deSidi Daoud qui le mérite.
Jebel Manghoublessecrets de lamontagne percée
JebelManghoub,les secrets de la montagnepercéeLe Jebel Mangoubmérite que l’on s’intéresse à lui, une demijournée au moins. Munissezvous d’une lampe électrique car les trous de la montagne sont souvent très obscurs.
Le site du Jebel Mangoub Rendezvous au cœur de la bourgade de Bir Bou Regba. Sur le côtéOuest du bourg (le côté oriental étant bordé par un oued) s’ouvre une petite route que l’on emprunte et qui passe, peu après, sous l’autoroute qui vient de Tunis.On ne peut pas se tromper et à partir de là, nous sommes « en vacances ». La toute petite route sinue d’abord entre des haies d’arbres bordant d’opulentes plantations dans un paysage vallonné soigneusement cultivé.et comme les virages serrés obligent à rouler lentement, on va voir une pancarte ou au moins une borne. Les panneaux, surtout quand ils ne sont pas « très officiels » ni sur une route « très» passante, ont une fâcheuse tendance à … «être ou ne pas être» et c’est là toute la question! Une pancarte ou une borne donc indiquant la direction de « Sidi Mohamed Latrach», à l’amorce d’une petite route qui s’éloigne sur la gauche. Celle que nous suivons nous amène, après une brève montée, à un grand alignement de gros blocs de pierres. A quelques dizaines de mètres, une belle voie encaillassée et parfaitement carrossable s’ouvre sur la droite. Nous l’empruntons et la suivons au milieu de collines parfois plantées de bois d’eucalyptus et de pins, parfois cultivées, jusqu’à ce qu’à droitesurgisse une falaise creusée de dizaines de trous quadrangulaires, disposés en plusieurs lignes étagées.
Nous en découvrons encore plus loin entre les arbres et les buissons qui couvrent « La Montagne percée ». La colline, comme les immenses marches d’un escalier géant, est creusée de très nombreux tombeaux rupestres berbères appelés actuellement par la plupart des chercheurs « haouanet » qui est le pluriel de « hanout », qui signifie boutique ou échoppe en arabe.
La « montagne percée » Un chercheur tunisien historien, archéologue et professeur d’université M. Mansour Ghaki, spécialiste de la civilisation libyque, a fait publier par l’Institut National du Patrimoine, un ouvrage très intéressant et abondamment illustré intitulé « Les haouanet de Sidi Mohamed Latrach ». Nous engageons vivement nos lecteurs à consulter ce livre avant, pendant et après la visite des sites car il y en a deux situés à quelques kilomètres l’un de l’autre, le premier étant celui du Jebel Mangoub et le second celui situé près du marabout de Sidi Mohamed Latrach que l’on atteint en empruntant la route à la bifurcation indiquée par laborne ou la pancarte jusqu’à ce que l’on arrive au bord d’un tout petit lac de retenue. Là, à droite audessus du barrage, dans une barre rocheuse, toute une ligne de’ haouanet a été creusée.Pourquoi nous intéressonsnous à ces haouanet ? « Aux haouanet en général, dont vous parlez souvent, nous ont fait remarquer certains lecteurs ! ». D’abord, parce que ces tombeaux font partie de la civilisation libyque qui nous semble avoir été mal étudiée à travers le prisme déformant composé d’influences romaines,grecques et puniques soutenues par une idéologie officielle importée d’Europe. N’aton pas défini les haouanet comme étant des tombeaux puniques et ce, jusqu’à une date (très) récente ? Nous nous intéressons spécialement à ces sites aujourd’hui, parce qu’ils peuvent être visités par des gens qui viendraient aussi facilement de Tunis que de Sousse ou de Hammamet et que depuis le temps que nous entendons prôner les mérites du tourisme culturel, nous nous étonnons d’y rencontrer très peu de Tunisiens.Certes la promenade dans ces collines boisées est un délice au printemps, quand les tourterelles qui s’accouplent roucoulent éperdument dans les arbres, que le thym et le romarin piétinés embaument et que fleurissent, à l’abri des buissons épineux qui les protègent de la dent des chèvres, des orchidées superbes et mille autres fleurs. Si l’on décide de piqueniquer à l’ombre des arbres, on est envahi par l’odeur des pins qui embaument la résine et bercé par les stridulations des cigales dans la brise tiède ! Mais, en plein mois d’août, après de multiples bains de mer et de très nombreuses journées de plage, on peut (on pourrait, pour changer un peu) consacrer une demi journée ou un peu plus, à marcher pour découvrir un pan méconnu de l’histoire et du patrimoine.L’intérêt du siteEn plus de la beauté de l’environnement, les visiteurs bénéficient de la richesse de ce patrimoine. M. Mansour Ghakiestime que «les deux nécropoles constituent un ensemble important par le nombre, l’état de conservation, la richesse du décor architectonique et les peintures et parce qu’elles permettent d’enrichir notre connaissance d’un aspect de l’architecture funéraire autochtone : les haouanet ». Sans vous priver de l’intérêt de découvrir ces deux sites, nous pouvons brièvement dire à ceux qui lisent pour la première fois « Redécouvertes » que les haouanet sont des tombeaux rupestres autochtones, parfois isolés ou quelquefois groupés, toujours creusés audessus du sol, en forme de parallélépipède rectangle de deux mètres de côté environ. Ils sont très rarement composés de plusieurs chambres.
On y entre toujours par une porte verticale, parfois précédée d’un très bref « couloir » et bien souvent encadrée par une « feuillure » dans laquelle se fixait la « fermeture » qui, à notre avis, devait être facilement amovible car ces tombes étaient certainement à usages multiples. Les plafonds peuvent être plats, voûtés ou à deux pans. Une ou des « niches », parfois encadrées de peintures ou de décors sculptés, sont presque toujours creusées dans les parois.
Porta Pantalica (Sicile) Nous ne pensons pas que ce type de sépultures soit originaire du MoyenOrient et qu’ilait été importé en Tunisie via la Sicile où on en a trouvé d’autres. Quand elles ne sont pas attestées, les «influences» permettent d’échafauder des théories curieuses. N’aton pas écrit que les dolmens avaient été introduits en Afrique du Nord par des envahisseurs celtes ! Quels Gaulois auraient introduit les dolmens en Corée? Quels Egyptiens auraient appris aux Mayas l’art des pyramides et quels Tunisiens seraient allés enseigner le creusement de maisons troglodytiques dans le Val de Loire et ailleurs en France ? Les haouanet, ceux du Jebel Mangoub et de sidi Mohamed Latrach en particulier, ont gardé presque tous leurs secrets.
La piste et les haouanet de Latrach
Les habitants de ces sites, situés de longue date sans doute dans le territoire de Carthage, ont assimilé et se sont resservis d’éléments manifestement empruntés à la culture punique. Niches supportées par des pilastres parfois cannelés et décorés de chapiteaux éoliques, pour ne pas dire ioniques, moulures, peintures, auge creusée dans la masse qui pourrait être le « lit du défunt » reflètent une indéniable influence orientale ou phénicienne. Que dire de ce graffiti qui semble représenter un personnage dansant ou gesticulant devant un animal à priori porteur de cornes ? Seraitil à rapprocher des peintures crétoises ou étrusques ?
Gravures et peintures diverses
Un pour Un
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