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Les élections françaises de 1981 et les sondages - article ; n°1 ; vol.23, pg 3-14

De
14 pages
Revue française de sociologie - Année 1982 - Volume 23 - Numéro 1 - Pages 3-14
Jean Stoetzel : Las elecciones francesas de 1981 y los sondeos.
Después de las elecciones de la primavera de 1981, declararon muchos observadores franceses y forasteros que los habían extrañado los resultados. Sin embargo habían sido numerosos los sondeos y bastante exactes los últimos resultados publicados ante de los escrutinios. Se enseña aqui como una lectura de las tendencias manifestadas desde hacía seis meses a lo menos en los sondeos sucesivos designaba evidentemente al vencedor. En cambio podía uno extraviarse con la consideración de las mismas cifras al día.
Jean Stoetzel : Les élections françaises de 1981 et les sondages.
Après les élections françaises du printemps 1981, beaucoup d'observateurs français et étrangers déclarèrent que les résultats les avaient pris par surprise. Cependant, les sondages avaient été nombreux et les derniers résultats publiés avant les scrutins raisonnablement exacts. On montre ici qu'une lecture des tendances manifestées depuis au moins six mois dans les sondages successifs désignaient clairement le vainqueur. En revanche la considération des mêmes chiffres au jour le jour pouvait fort bien égarer.
Jean Stoetzel : Выборы во Франции в 1981 г. и опросы.
После выборов во Франции весной 1981 г. многие французские и иностранные обозреватели заявляют, что результаты их удивили. Однако, было много опросов, а последние результаты, опубликованные перед выборами, достаточно точны. В статье показывается, как чтение направлений, проявляющихся не менее шести месяцев в последовательных опросах, выявляет ясно победителя. Учёт же одинаковых цифр день за днем могло сильно ввести в заблуждение.
Jean Stoetzel : Die französischen Wahlen 1981 und die Meinungsumfragen.
Nach den französischen Wahlen im Frühjahr 1 98 1 erklàrten zahlreiche französische und ausländische Beobachter, dass sie über die Wahlergebnisse überrascht waren. Die Meinungsumfragen vor den Wahlen waren jedoch zahlreich und die veröffentlichten Ergebnisse ziemlich genau. Im vorliegenden Aufsatz wird aufgezeigt, dass die Feststellung der geäusserten Tendänzen mindestens sechs Monate vorher bei den aufeinanderfolgenden Meinungsumfragen klar den Wahlsieger anzeigten. Im Gegensatz hierzu konnte jedoch die Betrachtung Tag für Tag der gleichen Zahlen durchaus irreführen.
Jean Stoetzel : The French elections of 1981 and the polls.
After the French elections of 1981, a number of observers said that the outcome had taken them by surprise. Still, the pre-election polls had been many, widely publicized, and as the last findings showed, reasonably accurate. This paper gives evidence that a reading of the trends established by the polls for at least the last six months before election day did not permit a doubt about the winning side. A pin-point reading of the poll results, on the other hand, may well account for the misleading effect.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Jean Stoetzel
Les élections françaises de 1981 et les sondages
In: Revue française de sociologie. 1982, 23-1. pp. 3-14.
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Stoetzel Jean. Les élections françaises de 1981 et les sondages. In: Revue française de sociologie. 1982, 23-1. pp. 3-14.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1982_num_23_1_3539Resumen
Jean Stoetzel : Las elecciones francesas de 1981 y los sondeos.
Después de las elecciones de la primavera de 1981, declararon muchos observadores franceses y
forasteros que los habían extrañado los resultados. Sin embargo habían sido numerosos los sondeos y
bastante exactes los últimos resultados publicados ante de los escrutinios. Se enseña aqui como una
lectura de las tendencias manifestadas desde hacía seis meses a lo menos en los sondeos sucesivos
designaba evidentemente al vencedor. En cambio podía uno extraviarse con la consideración de las
mismas cifras al día.
Résumé
Jean Stoetzel : Les élections françaises de 1981 et les sondages.
Après les élections françaises du printemps 1981, beaucoup d'observateurs français et étrangers
déclarèrent que les résultats les avaient pris par surprise. Cependant, les sondages avaient été
nombreux et les derniers résultats publiés avant les scrutins raisonnablement exacts. On montre ici
qu'une lecture des tendances manifestées depuis au moins six mois dans les sondages successifs
désignaient clairement le vainqueur. En revanche la considération des mêmes chiffres au jour le jour
pouvait fort bien égarer.
резюме
Jean Stoetzel : Выборы во Франции в 1981 г. и опросы.
После выборов во Франции весной 1981 г. многие французские и иностранные обозреватели
заявляют, что результаты их удивили. Однако, было много опросов, а последние результаты,
опубликованные перед выборами, достаточно точны. В статье показывается, как чтение
направлений, проявляющихся не менее шести месяцев в последовательных опросах, выявляет
ясно победителя. Учёт же одинаковых цифр день за днем могло сильно ввести в заблуждение.
Zusammenfassung
Jean Stoetzel : Die französischen Wahlen 1981 und die Meinungsumfragen.
Nach den französischen Wahlen im Frühjahr 1 98 1 erklàrten zahlreiche französische und ausländische
Beobachter, dass sie über die Wahlergebnisse überrascht waren. Die Meinungsumfragen vor den
Wahlen waren jedoch zahlreich und die veröffentlichten Ergebnisse ziemlich genau. Im vorliegenden
Aufsatz wird aufgezeigt, dass die Feststellung der geäusserten Tendänzen mindestens sechs Monate
vorher bei den aufeinanderfolgenden Meinungsumfragen klar den Wahlsieger anzeigten. Im Gegensatz
hierzu konnte jedoch die Betrachtung Tag für Tag der gleichen Zahlen durchaus irreführen.
Abstract
Jean Stoetzel : The French elections of 1981 and the polls.
After the French elections of 1981, a number of observers said that the outcome had taken them by
surprise. Still, the pre-election polls had been many, widely publicized, and as the last findings showed,
reasonably accurate. This paper gives evidence that a reading of the trends established by the polls for
at least the last six months before election day did not permit a doubt about the winning side. A pin-point
reading of the poll results, on the other hand, may well account for the misleading effect.franc, sociol., XXII/, 1982. 3-14 R..
Jean STOETZEL
Les élections françaises de 1981
et les sondages *
Est-il besoin de rappeler les événements politiques qui se produisirent en France
pendant le printemps de 1981 ? Après plus d'un quart de siècle de stabilité, qui vit
au pouvoir successivement Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard
d'Estaing, un socialiste fut appelé à résider au palais présidentiel de la rue du
Faubourg Saint-Honoré, une majorité socialiste de députés fut envoyée au
Palais-Bourbon et finalement quatre ministres communistes furent nommés par le
nouveau président de la République.
Pour beaucoup, ces événements furent une totale surprise. En souriant,
M. François Mitterand, le nouveau président de la République, déclara que la
France était en état de grâce. En fait, ce qui venait de se produire aurait pu être
lu six mois à l'avance dans les résultats des sondages si le public français, les milieux
politiques et les personnels des organes de l'information collective avaient su lire.
Mais, comme Raymond Aron le remarquait déjà dans sa thèse de doctorat, ce n'est
pas le passé qui explique le présent, c'est le présent qui donne son sens au passé.
Après un bref rappel des faits, on s'efforcera donc de faire comprendre
comment les données immédiates des sondages ont pu égarer le public; mais aussi le travail des instituts de sondages, considéré dans son ensemble et
pas seulement morceau par morceau, aurait dû permettre de prévoir une victoire
socialiste en France au printemps de 1981.
I. Rappel des faits
S'il est inutile d'exposer aux Français l'essentiel de leurs mécanismes politiques,
un bref rappel n'est pas toujours superflu pour le bénéfice des étrangers. Selon la
constitution de la Cinquième République, le Président est élu pour sept ans,
l'Assemblée nationale pour cinq ans. Valéry Giscard d'Estaing ayant été élu le
12 mai 1974, une élection présidentielle était normalement fixée au printemps de
1981. D'autre part, l'Assemblée nationale avait été élue en mars 1978. En
conséquence son mandat devait expirer en 1983. Toutefois le droit du Président
* Communication présentée au Congrès an- l'opinion publique (WAPOR) le 23 août 1981 à
nuel de l'Association mondiale pour l'étude de Amsterdam. Revue française de sociologie
est de dissoudre l'Assemblée s'il le désire, et c'est précisément ce que fit
M. Mitterrand à son entrée en fonctions.
On doit également expliquer pour le lecteur étranger le système français des
deux tours d'élection. Au premier tour, la majorité absolue des voix est requise
pour qu'un candidat soit élu. Si elle n'est pas atteinte, ne pourront se présenter au
second tour les candidats qui au premier n'ont reçu qu'une faible proportion des
suffrages. Dans le cas de l'élection présidentielle, seuls sont retenus pour le
deuxième tour les deux candidats les mieux placés au premier tour.
Voici maintenant les faits. Le premier tour de l'élection présidentielle eut lieu
le 26 avril 1981. Dès la fin de 1980, un grand nombre de personnes exprimèrent
leur intention de se porter candidats à la présidence. Mais comme chacun devaient
recueillir cinq cents signatures de soutien parmi des personnalités élues, seulement
dix candidats purent se présenter.
Dans une intention de simplification, on omettra ici les six candidats qui
reçurent moins de quatre pour cent des suffrages. En nombres ronds les suffrages
se répartirent comme ci-après entre les quatre premiers candidats.
Tableau I. - Résultats du premier tour
de l'élection présidentielle (26 avril)
Giscard 28 %
Mitterrand 26 %
Chirac 18%
Marchais 15%
Tableau II. - Résultats du second tour
de l'élection présidentielle (10 mai)
Mitterrand 52%
Giscard 48 %
L'Assemblée nationale ayant été dissoute, les élections législatives eurent lieu le
14 et le 21 juin 1981. Les résultats simplifiés furent les suivants -.
Tableau III. - Résultats des élections législatives
Deuxième Premier tour tour
16 7 Communistes
Socialistes et radicaux 38 49
56 Total gauche 57
Giscardiens 21 22
Chiraquiens 19 18
43 Total droite 43
1 0 Écologistes Jean Stoetzel
En nombre de sièges, après le vote du 21 juin, la constitution de l'Assemblée
nationale fut la suivante :
Tableau IV. - Sièges à l'Assemblée nationale
Communistes 44
Socialistes et radicaux 283
Giscardiens 8 1
Chiraquiens 83
Autres gauche 6 droite 1 1
Mitterrand obtenait ainsi plus de la majorité absolue des sièges pour soutenir
sa politique à l'Assemblée nationale.
IL Les performances des sondages
Ce rappel des faits était indispensable pour apprécier les performances des
sondages. On peut dire légitimement que les instituts de sondages firent un bon
travail. On ne fera état ici que des résultats publiés. On doit souligner que la loi
interdit la publication des résultats de sondages une semaine avant chaque tour
d'élection.
Tableau V. - Résultats des sondages avant le premier tour de l'élection présidentielle
Public SA L. Harris 1FOP Sofres Vote
16 mars 13 avril 14 avril 16 avril 26 avril
30 28.5 27.5 27.5 28 Giscard
22 26 Mitterrand 24.5 24 23.5
17 17 19.5 18 Chirac 13
15 16 17 17 18.5 Marchais
Tableau VI. - Résultats des sondages pour le second tour de l'élection presidentu
IFOP Sofres Vote
17 avril 18 avril 10 mai
51.5 52 51.7 Mitterrand
48.3 48.5 48 Giscard
II appartient à chacun selon ses propres exigences de se prononcer sur la qualité
du travail des divers instituts de sondages. Mais qu'il soit permis au moins d'attirer
l'attention sur une phase de ce travail, qui n'est pas toujours rendue publique. En
effet, dans un système d'élections à deux tours, il est particulièrement important
d'estimer le plus tôt possible le report des voix du premier tour sur les candidats
qui resteront en lice pour le second. Dès le 1 8 avril, c'est-à-dire huit jours avant
le premier tour de l'élection présidentielle, I'ifop rendait publique la matrice de
transfert des voix pour le second tour de l'élection présidentielle. française de sociologie Revue
Tableau VII. - Résultats des sondages avant le premier tour des élections législatives
L. Harris IFOP Sofres Vote
30 mai 2 juin 4 juin 14 juin
Communistes 17 14 17.5 16
33 38 Socialistes 34.5 35.5
Total gauche 54 52.5 52.5 56
Giscardiens 18 21.5 20.5 21
23 18 19 Chiraquiens 22
Total droite 44 43.5 45.5 43
Écologistes 2 4 2 1
Tableau VIII. - Estimation des sièges à l'Assemblée nationale (le 1 5 juin)
Vote IFOP Sofres L. Harris 21 juin
44 34-54 30-35 40-45 Communistes
260-330 280-290 283 Socialistes et radicaux 260-320
54-74 50-80 50-60 81 Giscardiens
80-90 83 68-86 60-90 Chiraquiens
Tableau IX. - Intentions de vote au second tour, si Giscard et Mitterand en sont les
candidats, de ceux qui voteront comme ci-dessous au premier tour.
Autres Autres Giscard Chirac Marchais rand droite gauche gistes
Giscard 9 8 6 2 1 5 55 17 18
Mitterrand 1 2 3 98 73 23 75 50
Sans réponse 1 1 5 1 22 22 8 32
C'est à partir de cette matrice de transfert que I'ifop eut la possibilité de publier
aussi, dès le 1 8 avril, les valeurs figurant ci-dessus au tableau VI, pour le cas où
Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand seraient les candidats du second
tour.
III. Les sondages ont-ils égaré le public ?
Le résultat des élections françaises fut généralement reçu avec surprise en
France et à l'étranger. Cependant les données des sondages avaient eu une grande
diffusion. C'est ainsi que l'auteur de cet article se trouvant à Vancouver, sur la côte
pacifique du Canada, pouvait le dimanche 31 mai, lire dans un journal local, The
Province, un article sur les intentions de vote des électeurs français, dont les
données devaient paraître seulement le lendemain dans Le Point. Ces données
étaient-elles vraiment tellement trompeuses ? :
Jean Stoetzel
II y a lieu d'examiner attentivement les interprétations possibles de certaines de
ces publications pré-électorales.
Avant le début officiel de la campagne, le 1 6 février 1 98 1 , Le Point publiait une
enquête de l'iFOP sur les antipathies des électeurs à l'égard des candidats vraisemb
lables à l'élection présidentielle. C'est Giscard qui obtenait la cote minimale
d'antipathie, comme le montre le tableau X (2).
Tableau X. - Cote d'antipathie
pour quatre candidats possibles
à l'élection présidentielle
(questions posées du 3 au 7 février 1981)
Giscard 11.5
Mitterrand 19
Chirac 45
Marchais 48
(questions posées du 3 au 7 février 1981)
Entre le 23 et le 29 février 1981, la Sofres posait dix questions concernant les
réussites de Giscard durant son septennat. Les questions portaient notamment sur
la préservation de l'autorité de l'Etat, le maintien des libertés publiques, la lutte
contre le racisme, la lutte contre la violence. Dans l'ensemble, 65% du public
purent trouver au moins un bon élément dans la politique giscardienne. Parmi les
communistes eux-mêmes, 56% mentionnèrent au moins un élément favorable.
Ces données parurent dans le Figaro du 4 mars.
Pendant la campagne, la Sofres enquêta, du 1 0 au 13 avril (publication dans le
Figaro du 19 avril), sur les attitudes des électeurs à l'égard des thèmes discutés par
les principaux candidats. Sur une majorité de thèmes, les actions de Giscard furent
approuvées.
Après le duel télévisé entre Giscard et Mitterrand, la comparaison entre les
points forts et les points faibles de leur prestation fut en faveur de Giscard.
Tableau XI. - Points forts et points faibles
dans le duel télévisé Giscard- Mitterrand (moyennes)
Points forts Points faibles
Giscard 3 8 3 8
Mitterrand 3 3 41
(2) Les cotes du tableau X traduites en « in- Tableau X bis. - Indice de sympathie
dice de sympathie » correspondent approximati- Candidats Valeurs Vote
vement aux proportions pour cent de suffrages d'indice en % ~~~~ recueillis par les quatre principaux candidats au
Giscard 27.8 28 premier tour de l'élection présidentielle
M itterrand 25.2 26
Chirac 17.4 18
Marchais 16.5 15 française de sociologie Revue
Vingt-trois pour cent dirent qu'ils aimeraient avoir Giscard pour ami, et
seulement 14% citèrent Mitterrand.
Il faut noter cependant que les qualités psychologiques furent reconnues plus
souvent chez Mitterrand - 29% - que chez Giscard - 24.5% -. Et 35%
déclarèrent que serait un président plus capable (Giscard 33%). Ces
données apparaissent dans Le Point daté du 27 avril, d'après l'enquête de I'ifop du
14 au 21 avril.
Entre le premier et le second tour, le 23 avril, la Sofres analyse les images des
concurrents (publication du Figaro-Magazine le 30 avril). Une fois de plus, c'est
Giscard qui arrive en tête dans une évaluation globale sur trois secteurs : qualités
psychologiques (telles que aimable, digne de confiance, fidèle à sa parole) ; politique
intérieure (maintiendra la stabilité politique, etc.); politique internatio nale (ind
épendance à l'égard des Etats-Unis et de l'Union soviétique). C'est ce que montre
le tableau XII.
Tableau XII. - Cotes positives en faveur de chaque candidat
à trois points de vue
Politique Politique Psychologie intérieure extérieure
Giscard 54.40 40.25 54.00
Mitterrand 47.80 33.50 22.25
On doit ajouter que la presse, dans les titres des articles présentant les résultats
des sondages, généralement montrait sa préférence pour Giscard, même en cas de
résultats défavorables. Pour citer seulement trois exemples, dont deux empruntés
au Figaro : le 7 mars « lent redressement » ; le 4 avril : « moins de pessimisme » ;
le 4 avril encore, dans le Figaro-magazine -. « l'opinion se mobilise, Giscard + 3,
Barre + 3 ».
En conséquence, jusqu'aux tout derniers jours avant le premier tour de l'élection
présidentielle, la majorité des électeurs s'attendaient à une victoire de Valéry
Giscard d'Estaing.
Tableau XIII. - Proportions pour cent de ceux
qui s'attendent à la victoire de Giscard
ou de Mitterrand
IFOP Sofres
14 avril 15 avril
Giscard 50.5 52
Mitterrand 19.5 21 .
Jean Stoetzel
70
60
50 IFOP
40
30
SOFRES
MITTERRAND 20
IFOP
101
1980 Dec. 1981 Janv. Fév. Mars Avril
FlG. 1 - Proportions pour cent de ceux qui s'attendaient à la victoire de Giscard ou à
celle de Mitterrand. Revue française de sociologie
IV. Les sondages permettaient de prédire
II est facile aujourd'hui que le résultat est connu, de voir combien les sondages
auraient dû permettre de prédire les événements qui ont changé le cours de
l'histoire. On comprend que les perceptions du public étaient sélectives, ou plutôt
purement momentanées. Ce que le public n'a pas perçu, ce sont les tendances. Et
pourtant la presse, quotidienne et hebdomadaire, n'avait pas cessé de mettre les
tendances sous les yeux du public, par tableaux et par graphiques.
Que l'on prenne par exemple la série des points relatifs aux attentes du
vainqueur dans l'élection présidentielle, telle qu'elle apparaît sur la figure 1. Elle
débute en décembre 1980 avec, selon la Sofres 70% pour Giscard, 10,5% pour
Mitterrand, les derniers points étant ceux qui figurent au tableau XIII.
Si, indépendamment de la série, on considère seulement les deux derniers
points, ils établissent qu'à cette date tardive ceux qui s'attendaient à une victoire
de Giscard étaient bien plus nombreux que les confiants dans la victoire de
Mitterrand. Et l'on voit que beaucoup qui votèrent pour Mitterrand le 10 mai, un
mois avant, ne prévoyaient pas les conséquences de leur futur vote.
50
45
40
35
V
30
1979 Nov. Dec. 1980 J. Fe. M. Av. Mai Juin Juil. Août Sep. Oct. Nov. Dec. 1981 J. Fev. Mars Avril
IFOP
FlG. 2 - Proportions pour cent de ceux qui jugeaient positive l'action du président
Giscard d'Estaing et de ceux qui la négative.
10

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