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Madame Isabel Boussard
Les étudiants et la participation. Les élections aux Conseils
d'U.E.R. et d'Universités
In: Revue française de sociologie. 1980, 21-1. pp. 77-96.
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Boussard Isabel. Les étudiants et la participation. Les élections aux Conseils d'U.E.R. et d'Universités. In: Revue française de
sociologie. 1980, 21-1. pp. 77-96.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1980_num_21_1_6936NOTE DE RECHERCHE
Les étudiants et la participation
Les élections aux Conseils ď U.E.R.
et d'Universités
par Isabel BOUSSARD
La loi d'orientation de l'enseignement supérieur du 12 novembre 1968
réforma l'ensemble du système universitaire selon trois principes généraux : la
participation, l'autonomie et la pluridisciplinarité. Tous trois ont posé et posent
encore de nombreux problèmes d'application, mais le premier est fondamental,
en particulier parce qu'il conditionne largement le second.
Le problème était en effet d'obtenir, ou d'essayer d'obtenir, la participation de
chacun à la gestion et à la direction de son établissement. Des difficultés se
présentaient en ce qui concerne les personnels enseignants et administratifs,
mais les plus graves se situaient à l'endroit des étudiants. Auparavant la
représentation de ces derniers était quasi inexistante, la création en 1945 des
«délégués Capitant »(1), destinés à siéger au sein des conseils de Facultés,
n'ayant eu aucune portée pratique. En 1968, les étudiants obtenaient la
« parité ». Le mot ne figure nulle part dans la loi qui précise seulement : « La
représentation des enseignants exerçant les fonctions de professeur, maître de
conférences, maître-assistant ou celles qui leur sont assimilées » (donc à l'exclu
sion des assistants) « doit être au moins égale à celle des étudiants dans les
organes mixtes, conseils et autres organismes où ils sont associés. » (art. 1 3). Par
ailleurs « la représentation des enseignants exerçant les fonctions de professeur
(1) Du nom de l'auteur du décret du 11 mai site de Bordeaux I, 1976, 135 p. multigraphiées;
1945. Sur l'ensemble des problèmes posés par le Premfors (Rune), Public policies for institutio-
partage du pouvoir au sein des Universités, et nal governance in France, Sweden and the Uni-
notamment la place à réserver aux étudiants, ted Kingdom, University of Stockholm, Depart-
voir entre autres : Moodie (Greame C) and Eus- ment of political science, Group for the study of
tache (Rolland), Power and authority in British Higher Education and Research Policy, 1978,
Universities, London, George Allen and Unwin 34 p. multigraphiées et Ashby (Eric) and Ander-
Ltd, 1974, 254 p.; Llorens (CL), Les problèmes son (Mary), The rise of the Student Estate in
posés par les élections universitaires, mémoire Britain, London, Mac Millan, 1970, 256 p.
de Doctorat en Science Administrative, Univer-
77 Revue française de sociologie
ou maître de conférences y doit être au moins égale à 60 % de celle de
l'ensemble des enseignants, sauf dérogation... » {ibid). Donc, même limitée et
non explicitement nommée, la « parité » existe.
La participation des étudiants sera appréhendée ici au niveau d'une participa
tion électorale destinée à désigner des représentants aux conseils d'université et
d'UER, placés par la loi d'orientation au sommet de la pyramide des autres
conseils (2). Les élections se font au scrutin de liste, à la proportionnelle (art. 1 4).
Le suffrage est universel : tous les étudiants inscrits à l'université sont automati
quement électeurs, sans qu'ils aient à faire un acte volontaire pour cela. Les
votes multiples ne sont pas permis : quand un étudiant est inscrit dans plusieurs
UER, il doit faire savoir dans laquelle il désire voter (3). Cette automatické des
inscriptions sur les listes électorales doit rendre prudentes les comparaisons avec
d'autres types d'élections, politiques en particulier, où les électeurs doivent se
faire inscrire. On sait qu'il y a toujours un certain nombre d'électeurs potentiels
qui ne le font pas et ne se trouvent donc pas comptés comme abstentionnistes.
La participation en est majorée d'autant, ce qui n'est pas le cas pour les élections
universitaires.
Mais il y a des obstacles à la participation électorale : un premier peut venir
de pressions de la part de certains groupes qui imposent de voter pour eux ou
de ne pas voter du tout. Le cas n'est peut-être pas aussi fréquent que certains le
prétendent, mais il est indéniable que cela peut arriver et arrive. Un autre
obstacle vient de l'addition de deux facteurs : si les étudiants ne se trouvent pas
en face de listes pour lesquelles ils voudraient voter, ils ne peuvent participer en
votant blancs ou nuls, par suite de l'institution du fameux « quorum ». Cette
règle, unique dans tout le système électoral français, et peut-être « inique » (4),
impose qu'il y ait au moins 50 % de votants pour que tous les sièges soient
(2) On pourrait aussi envisager la participa- 1979 par 279 voix contre 200, s'il est défïnitive-
tion à l'intérieur même des séances des conseils, ment adopté. Cet amendement précise que le
la participation aux débats, la prise de parole etc. président est élu « par les professeurs et maîtres
Des études, certes très partielles, ont montré de conférence titulaires de l'établissement, mem-
qu'une bonne partie des discussions en séance bres du conseil ». Serge Bolloch parle à ce pro
étaient le fait des anciens titulaires du pouvoir : pos de « la fin de la participation » (Voir Le
enseignants de rang magistral et haut personnel Monde, 12 décembre 1979).
administratif, le président simplement rempla- (3) Toutefois des dérogations sont possibles,
çant le doyen. Les autres catégories participent notamment pour des étudiants inscrits dans une
peu, les étudiants sont souvent absents et UER que l'on pourrait qualifier de « normale »
lorsqu'ils sont là, ils ne prennent le plus souvent et dans certains instituts plus spécialisés. D'ail-
la parole que sur des sujets extra-académiques. leurs si ces dérogations n'étaient pas admises,
Cela signifie donc que, outre la difficulté de beaucoup de ces derniers se retrouveraient sans
réunir une telle documentation sur le plan natio- électeurs, et même ainsi le cas peut se produire,
nal, l'étude aurait assez peu d'intérêt du point de (4) Elle fut instituée dans le désir, tout à fait
vue de la participation étudiante. Voir Boussard justifié, d'éviter que les minorités agissantes n'ac-
(Isabel), Guedon (Marie-José), Wolf (Didier), caparent tous les sièges, mais elle devrait au
Les institutions universitaires françaises, situa- moins être étendue à toutes les catégories de
tion actuelle, Paris, la Documentation française. personnel participant aux élections universitaires.
Notes et études documentaires n° 4.424 à 4.427, Ceci ne serait guère gênant pour les enseignants
1977, pp. 58-59. Jusqu'à présent les étudiants, ou le personnel administratif, qui, en règle géné-
membres du conseil, participaient à l'élection du raie, participe plus que les étudiants, et éviterait
président de l'université. Ce ne sera plus le cas que ces derniers ne se sentent défavorisés par
depuis l'amendement Rufenacht, voté à l'Assem- rapport aux autres, tenus en suspicion avec un
blée nationale dans la nuit du 1 0 au 1 1 décembre régime discriminatoire.
78 Isabel Boussard
pourvus (5). Si ce pourcentage n'est pas atteint « le nombre de sièges attribués
est fixé en proportion du nombre de votants par rapport à ce chiffre » (art. 1 4 de
la loi d'orientation). Les blancs et nuls étant comptés dans le taux de participa
tion, les étudiants qui voudraient émettre un vote de protestation ne le peuvent
car s'ils le faisaient, ils entraîneraient ipso facto une augmentation du nombre de
sièges attribués aux listes auxquelles précisément ils désirent s'opposer (6).
Les élections aux conseils d'Université seront moins étudiées ici que celles
aux conseils d'UER car elles se font le plus souvent au deuxième degré, c'est-
à-dire qu'elles n'intéressent qu'une faible minorité des étudiants et constituent
donc un moins bon champ d'étude de comportement électoral. Certaines univers
ités ont adopté le suffrage direct et leur nombre s'accroît chaque année (7). Il
avait même été question d'imposer ce système à toutes les universités dans
l'espoir d'accroître l'intérêt des étudiants pour la gestion de leur université et
donc d'obtenir un accroissement de la participation. Mais les résultats ne
justifient guère cet espoir (8).
Ce sont donc les élections aux conseils d'UER qui constituent le meilleur
domaine pour la recherche des variables explicatives qui suivra la constatation
globale du phénomène.
(5) Amendement dit « amendement Sour- lement.) Les services eux-mêmes reconnaissent
dille » car proposé par M.Jacques Sourdille, avoir beaucoup de difficultés pour réunir les
alors député UDR des Ardennes (loi du 4 juillet éléments d'information, mais le système de col
1975, J.O. 5 juillet). Initialement, la loi d'orienta lecte et de traitement s'améliore d'année en an
tion avait fixé le quorum à 60 % de participa née et est maintenant totalement informatisé. Par
tion. Le taux a donc été réduit, mais il s'applique ailleurs, afin de combler les lacunes, nous avons
désormais aux élections au deuxième degré, ce procédé à une enquête directe auprès d'une
qui est le cas le plus fréquent pour les élections soixantaine d'UER et d'universités pour les deux
aux conseils d'université. Désormais le nombre dernières années de fonctionnement et plus de la
de sièges à ce niveau est réduit en fonction de la moitié d'entre elles nous ont adressé des rense
participation au premier degré, ce que la loi ignements précieux. (Nous remercions également
d'orientation ne prévoyait pas. Cet amendement MM. les présidents d'université, directeurs
est une incontestable amélioration car on se trou d'UER ou secrétaires généraux qui ont eu l'amab
vait parfois dans la situation absurde d'avoir, par ilité de nous répondre.) C'est donc avec des
exemple, quatre électeurs issus des élections au moyens accrus et améliorés que l'on peut tenter
premier degré, ayant à pourvoir cinq ou six de poursuivre l'étude concernant les trois pre
sièges au deuxième, c'est-à-dire qu'il y avait mières années de fonctionnement (voir : Bous
théoriquement davantage d'élus que d'électeurs ! sard (Isabel), « La participation des étudiants
aux élections universitaires en France (1970- (6) Les statistiques utilisées ici nous ont été
aimablement transmises par les services du mi 1973), Revue française de science politique,
nistère de l'Education nationale, puis du secrétar XXIV, (5), octobre 1974, pp. 940-965.)
iat d'Etat aux Universités (la création du minis (7) Les premières années seuls l'Université
tère des Universités est postérieure à la période de Dijon et le Centre Universitaire de Perpignan
retenue) que nous remercions vivement. Ces avaient adopté le suffrage direct. S'y sont ajoutés
chiffres sont souvent contestés par les associa depuis : Compiègne, Paris XI, Rouen, Mul
tions étudiantes qui estiment avoir davantage house, Toulouse II, Paris I et Clermont-Ferrand
d'élus qu'il ne leur en est officiellement attribué. II (état en 1976-77).
(Les divergences peuvent provenir du problème (8) En effet, l'adoption du suffrage direct
des listes dites « d'union ». Les services officiels pour les élections aux conseils d'université a, ipso
comptabilisent les sièges ainsi pourvus, mais ne facto, entraîné une baisse du taux de participa
peuvent les reventiler entre les différentes listes tion à ce niveau dans les universités concernées,
« unies » sous peine de compter deux fois un et n'a pas fait remonter celui-ci au niveau des
même siège, ce que évidemment peut se permett conseils d'UER.
re chaque association étudiante prise
79 Revue française de sociologie
I. — Participation globale : principaux résultats
A. Une participation qui se stabilise
Contrairement à ce qu'on a pu écrire la participation des étudiants aux
élections universitaires ne décroît pas régulièrement au fur et à mesure que les
années passent : au niveau des conseils d'UER elle se stabilise aux alentours de
vingt-cinq, vingt-six pour cent, avec deux pointes: la première en 1970-71,
c'est-à-dire la première année de fonctionnement, où l'intérêt pour les nouvelles
institutions était encore vif et l'enjeu perçu comme important (32,2 % dans la
France entière) (9), la deuxième en 1975-76 (28,3 %), mais avec une retombée
l'année suivante (27 96).
On constate toujours un décalage important entre Paris et la province : la
moyenne se situe à Paris à 20 % et en province à 30 % {Tableau I). Avec les
années la baisse du taux de participation est plus forte à Paris. Le pourcentage
de blancs et nuls est presque toujours supérieur à 1 0 % , taux bien supérieur à
celui concernant d'autres élections, politiques par exemple, où il se situe norma
lement aux alentours de 2 à 3 % . Faut-il évoquer le folklore étudiant, l'habitude
des petits dessins, des « bulles » ou des cocottes en papier, ou l'inhabitude de la
pratique du vote ? Peut-être aussi se trouve-t-il des étudiants pour émettre le
vote de protestation dont il était question plus haut, sans se rendre compte de la
portée exacte de leur geste ?
Le pourcentage de sièges pourvus baisse normalement en fonction de la
participation, puisqu'il passe, au plan national, de plus de 60 % à un peu moins
de 50. Ce qui est intéressant à observer, c'est l'effet de l'amendement Sourdille.
L'abaissement du quorum à 50 % fait légèrement remonter le taux dans la
France entière la première année: en 1975-76, ce relèvement est même assez
fort en province : près de 4 points, mais il se change en baisse à Paris et de toute
façon tous les taux baissent l'année suivante. On peut donc probablement
conclure à un effet nul.
Au niveau des conseils d'Université élus au suffrage indirect, le taux de
participation est normalement plus fort, puisqu'il s'agit de vote d'élus. On aurait
même pu penser qu'il se situerait beaucoup plus haut. En fait il oscille autour de
75 % et ceci de façon quasi uniforme, aussi bien à Paris qu'en province, il est
même assez souvent plus fort à Paris. Le taux de sièges pourvus était les cinq
premières années toujours supérieur ou proche de 90 96. Mais l'effet de la
deuxième disposition de l'amendement Sourdille est ici très net; le taux baissse
de plus de 22 points au niveau national en 1975-76, et de près de 12 points
supplémentaires l'année suivante. Peut-être n'avait-il pas été intégralement ap-
(9) On se souvient qu'en 1969, aux élections comme une preuve de l'acceptation de la ré-
aux Conseils transitoires, la participation avait forme. Les années suivantes, l'enjeu fut moins
été de 52 % et que ce fort pourcentage de vo- important et assez naturellement la participation
tants chez les étudiants avait été considéré décrût.
80 Isabel Boussard
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81 Revue française de sociologie
pliqué la première année ? Il l'a certainement été davantage à Paris, où la chute
dès cette est de plus de 50 points, qu'en province. Le fait que ce
taux soit plus fort qu'aux conseils d'UER s'explique par les phénomènes de
calculs d'arrondis.
B. Une compétition qui se situe toujours entre les listes locales et l'UNEF
On distingue quatre grands groupes de listes : les listes locales ou diverses, les
listes nationales, la tendance corporative et les listes d'union. Les listes locales
sont toujours plus importantes au niveau des conseils d'UER que d'Université et
ceci grâce à la province où elles recueillent toujours plus de sièges qu'à Paris
(Tableau II). Par ailleurs, on constate une baisse générale avec les années aux
deux niveaux et ceci malgré une montée aux conseils d'université parisiens.
TABLEAU II. - Pourcentages de sièges remportés par les principaux groupes de listes
par rapport aux pourvus depuis 1973-1974
Conseils d Université Conseils d'UER
1973-74 1974-75 1975-76 1976-77 1973-74 1974-75 1975-76 1976-77
Locales ou diverses
France entière. . . . 44,9 44,8 39,7 35,8 57,7 56,5 48,8 48,9
Paris 20,4 24,3 27,8 33,8 28,2 25,7 35,3 26,1
Province 50,3 49,7 40,9 36,1 64,0 63,7 51,5 53,6
Nationales
France entière. . . . 49,1 50,7 52,7 57,5 40,1 46,7 43,7 39,2
Paris 64,0 63,6 61,1 60,3 67,4 69,5 59,9 60,7
45,9 51,8 57,1 44,0 40,2 Province 45,8 33,1 33,2
Tendance corporative
France entière. . . . 1,9 2,8 3,3 2,3 2,8 2,6 3,9 6,5
11,1 4,4 11,9 Paris 5,4 4,8 2,7 3,2 4,8
Province 1,2 2,3 2,5 2,2 2,8 3,7 5,4 2,5
Listes d'Union
France entière. . . . 4,1 1,7 3,1 4,2 0,3 0,7 0,6 1,0
- - - Paris 10,2 1,5 1,7 1,4 1,3
Province 2,7 2,1 4,8 4,6 0,0 0,5 0,7 0,9
Les listes nationales recueillent toujours plus de sièges que les listes locales au
niveau des conseils d'université et moins à celui des conseils d'UER.
Aux deux niveaux, leur importance est toujours plus forte à Paris qu'en
province et, dans le temps, on observe une montée générale pour la France
entière et la province.
82 l
Isabel Boussard
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83 Revue française de sociologie
La tendance corporative augmente légèrement, surtout en province, mais
reste moins importante ici qu'à Paris. Les listes d'Union se maintiennent en très
légère augmentation. Mais leur connaissance est difficile et imprécise ; elles sont
par définition éphémères et certaines ont une telle dominante qu'il est parfois
préférable de les classer avec cette dominante.
Si l'on reprend la ventilation des sièges aux conseils d'Université entre les
grandes listes nationales, on observe que l'UNEF se maintient aux alentours de
40 % , ce qui correspond à une réelle augmentation par rapport aux premières
années et grosso modo à son taux en province (Tableau III).
En revanche, elle fluctue beaucoup plus à Paris où elle passe de 30 % en
1970-71 à plus de 50 % en 1974-75. Elle retombe à un taux que l'on pourrait
qualifier « de croisière » l'année suivante, puis baisse fortement en 1976-77, cela
venant peut-être d'une déception assez générale à l'endroit de son action, plutôt
infructueuse, contre la réforme du second cycle au printemps précédent.
La FNEF est en baisse, et surtout à Paris, l'AMRU disparaît, de même que le
CLERU après un amenuisement régulier de son pourcentage. Les nouveaux
mouvements : CLEF, MAS... connaissent un certain succès.
La ventilation des sièges aux conseils d'UER confirme en gros celle aux
conseils d'université, à ceci près que l'UNEF y est moins importante dans la
France entière et en province, plus importante à Paris. D'autre part elle pro
gresse partout et fortement entre la première et la dernière année, malgré une
baisse de celle-ci par rapport à l'année précédente, alors qu'elle progressait
beaucoup moins aux conseils d'université, et même baissait à Paris. Comme aux
conseils d'université, la FNEF est en baisse, l'AMRU et le CLERU disparaissent
et les nouvelles associations recueillent des pourcentages non négligeables.
C. Une variation de la participation dans les universités
qui ne correspond pas à celle des UER
Si l'on classe les universités d'après le taux de participation aux élections aux
conseils d'UER, le pourcentage d'universités où les étudiants votent à moins de
10 % se situe en moyenne à 5 96, mais il faut remarquer que cette classe
comprend des effectifs très faibles. La classe où l'on vote entre 1 0 et 20 % passe
de 10 à 19 % entre 1970 et 1976; c'est-à-dire que le nombre d'universités où
l'on vote peu s'accroît fortement. On peut dire que les deux classes suivantes ;
entre 20 et 30 et entre 30 et 40 forment toujours la majorité des universités et, à
partir de 1972, elles représentent entre 55 et 58 % de l'ensemble. D'autre part,
c'est toujours dans la première de ces deux classes que se situe la moyenne
nationale et dans la deuxième la plus forte augmentation de l'ensemble: 12,2
points de plus. A partir de cette barre des 40 % , tous les pourcentages baissent
avec les années, pas toujours de façon régulière, mais la tendance est générale.
Si l'on classe maintenant les UER d'après le taux de participation aux
élections des membres de leur conseil, on peut constituer une classe où les
étudiants votent à moins de 1 96 et constater que ces classes d'UER ne varient
en aucune façon de la même manière que les classes d'universités, la plus stable
84 Isabel Boussard
est la dernière puisque son maximum est de 16,7 en 1975-76 et son minimum
de 15,5 l'année précédente (Tableau IV).
Par ailleurs on a ici un premier aperçu sur le rôle de la taille des UER par le
biais des moyennes d'inscrits. En 1973-74 cette moyenne décroît d'une classe à
une autre au fur et à mesure que le taux de participation augmente. Le
phénomène est moins net les années suivantes, mais si l'on met à part la
première classe (des moins de 1 96 ) qui, comme pour les universités, représente
des effectifs assez faibles, la tendance générale est quand même largement à la
croissance du taux en fonction de la décroissance de la taille (10).
II. - Variation du taux de participation
Parmi les variables invoquées habituellement pour tenter d'expliquer les
phénomènes de participation ou d'abstention, toutes ne sont pas directement
applicables au cas particulier des élections étudiantes. On pourrait évidemment
rechercher l'influence des critères religieux, professionnels (d'après la profession
des parents), de sexe, d'ancienneté au sein de l'université, etc. Une telle étude
supposerait que l'on reprenne non seulement les listes d'émargement, mais les
fichiers d'inscription dans les UER qui seuls portent les renseignements néces
saires et encore pas en totalité. Il n'est pas possible de l'entreprendre pour
l'ensemble de la France et il faudrait multiplier les études de cas (11).
Pour mesurer le degré de changement du comportement électoral étudiant en
fonction des différentes variables, il ne faut envisager que le niveau qui fait
appel à l'ensemble des étudiants, c'est-à-dire celui des UER. Certains facteurs
sont peu importants : géographiquement les étudiants du Nord-Est votent tou
jours plus que les autres, suivis de ceux du Sud-Est, du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest, coupure donc verticale qui ne correspond pas à la coupure horizontale le
plus souvent observée pour d'autres élections, en particulier politiques (12).
Le critère de la taille des agglomérations dans lesquelles les universités sont
(10) Cette observation est confirmée par le direction de M. Frances, qui a, par ailleurs, mis
tableau VII. On peut faire l'hypothèse qu'à l'effet en évidence les liens entre les disciplines ensei-
de la taille de l'établissement s'ajoute celui de son gnées et une certaine configuration idéologique,
mode d'organisation : les petites unités, vraisem- Voir Frances (В.), « Attitudes sociales et choix
blablement coupées des autres éléments de l'uni- des disciplines enseignées », Bulletin de psycho-
versité par leur caractère plus ou moins accentué logie, janvier-février 1976, pp. 168-181.
d'écoles ou d'instituts, obtiennent de ce fait un (12) Le classement en 1970-1971, par exem-
taux de participation plus élevé. pie, est le suivant: Nord-Est, 43,0 96; Sud-Est,
(11) Une recherche en ce sens a été entre- 33,1 96; Nord-Ouest, 31,6 %; Sud-Ouest,
prise à l'Université de Paris X- Nanterre sous la 28,2 96; Paris, 24,3 96; Outre-mer, 53,2 96.
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