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Les migrations alternantes : résider en Haute-Normandie, travailler en Ile-de-France

De
7 pages
En 1999, 28 500 Haut-Normands travaillaient en Ile-de-France. L'intensité de ces navettes, qui s'est développée depuis 1990,croît au fur et à mesure qu'on se rapproche de la région parisienne. Les actifs des zones d'emploi limitrophes de l'Ile-de-France (Gisors, Vernon et Evreux) sont captés par cette région. Si les ouvriers se dirigent généralement vers des lieux lieux de travail proches, les cadres et les membres des professions intermédiaires travaillent plus fréquemment à Paris. Dans les dix autres zones d'emploi haut-normandes, les migrations alternantes vers l'Ile-de-France, plus rares, concernent souvent des hommes, qualifiés, et résidant dans les principaux pôles urbains de la région.
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N° 15 - mai 2002
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
HAUTE-NORMANDIE,
BANLIEUE DE PARIS ? LES MIGRATIONS ALTERNANTES
L’image que donne la Haute-Normandie avec
ses vertes prairies et ses vaches laitières Résider en Haute-Normandie,
n’évoque certes pas l’idée de banlieue avec
ses barres d’immeubles et ses “ problèmes ”. travailler en Ile-de-FrancePourtant, chaque jour, c’est la population
d’une ville comme Sotteville-lès-Rouen qui
part travailler en Ile-de-France, et le nombre
ne cesse de s’accroître. Certains parce qu’ils Martial MAILLARD
habitent en bordure de la région, n’ont que la
rue à traverser pour se rendre à leur travail ; sidant dans la région. Au sein du BassinEn 1999, 28 500 Haut-Normandsmais ils sont peu nombreux dans ce cas. La
parisien, la Haute-Normandie occupeplupart des migrants parcourent des distan- travaillaient en Ile-de-France.
une position médiane vis-à-vis des naces bien plus importantes : de 20 à 180 km. -
L’intensité de ces navettes, quiIl faut croire que les conditions de vie sont vettes vers l’Ile-de-France : la proportion
beaucoup plus agréables (et moins coûteu- s’est développée depuis 1990, d’actifs régionaux concernés est de 1,5%
ses) chez nous.
en Champagne-Ardenne, de 5,3% danscroît au fur et à mesure qu’on seNous avions déjà signalé dans un précédent
numéro d’Aval (n°12, février 2002) que les le Centre, et de 11,8% en Picardie.rapproche de la région
jeunes partaient massivement pour Phénomène d’interaction spatiale,
l’Ile-de-France. En revanche, les adultes de 35 parisienne. Les actifs des zones
l’intensité des migrations alternantes di-à 59 ans avaient tendance à revenir vers la d’emploi limitrophes de minue avec la distance entre les lieux deHaute-Normandie tout en gardant parfois un
emploi en Ile-de-France. l’Ile-de-France (Gisors, Vernon et résidence et de travail. Les navettes des
Alors une question se pose : que se passe- actifs haut-normands à destination deÉvreux) sont captés par cette
ra-t-il si on améliore fortement les liaisons
l’Ile-de-France ne dérogent pas à cette
- notamment ferroviaires - entre la région. Si les ouvriers se
règle. Les zones d’emploi limitrophesHaute-Normandie et l’Ile-de-France ? On peut
dirigent généralement vers despenser que le nombre de Normands travail- sont les plus concernées : à Gisors,
lant en Ile-de-France augmentera encore plus lieux de travail proches, les 29,2% des actifs travaillent en
vite, ce qui ne semble pas très favorable à la
Ile-de-France (3 200 navetteurs), 18,8%cadres et les membres desRégion. En revanche, il est probable que cela
accélèrerait le mouvement de retour des à Vernon (6 850 navetteurs) et 10,6% àprofessions intermédiaires
jeunes normands qui sont allés faire leurs Évreux (7 550 navetteurs). Cette propor-travaillent plus fréquemment àétudes et trouver du travail à Paris, ce qui est
tion est voisine de 4% dans les zones du
plutôt positif. Paris. Pays-de-Bray, de Bernay et de Ver-En outre, cela pourrait aussi augmenter les
migrations alternantes dans l’autre sens : Dans les dix autres zones neuil-sur-Avre. Elle s’établit à 2,3% dans
n’oublions pas qu’elles sont loin d’être négli- la zone de Rouen (6 600 navetteurs) etd’emploi haut-normandes, les
geables (5 400 actuellement).
autour de 1% ailleurs. L’amplification du
Au fond, la question mérite-t-elle d’être migrations alternantes vers
phénomène depuis 1990 est largementposée ? Va-t-on revenir à la diligence pour
l’Ile-de-France, plus rares,“protéger” la Haute-Normandie ? Un de nos imputable aux trois zones d’emploi de
plus grands penseurs du XVIIIe siècle voulait concernent souvent des Gisors, Vernon et Évreux, limitrophes de
aussi interdire l’adduction d’eau pour proté-
la région parisienne. Elle s’explique enhommes, qualifiés, et résidantger le travail des porteurs d’eau...
partie par des migrations résidentiellesdans les principaux pôles
Jean LEMATTRE de Franciliens qui y ont conservé leur
urbains de la région.Chef du Service des Études et de la Diffusion
emploi. La zone de Rouen compte 500
navetteurs de plus et celle du Havre 350
n train ou en voiture, chaqueS O MM A IRE de moins qu’en 1990.Ematin ils quittent la Haute-Nor- Les navettes domicile-travail des
mandie pour rejoindre leur lieu de travail
SOCIÉTÉ Haut-Normands vers l’Ile-de-France ré-
en Ile-de-France. Ces “migrants-alterLES MIGRATIONS ALTERNANTES - sultent de quatre causes essentielles,
Résider en Haute-Normandie, nants” transrégionaux étaient au nombre au-delà des migrations alternantes habitravailler en Ile-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 -
de 28 500 au recensement de population
tuelles entre territoires voisins. La pre-
POPULATION de 1999 (1). Ces navettes concernent
mière découle des migrations
LES COMMUNAUTÉS EN HAUTE-NORMANDIE 4,1% des actifs (2) de la région, soit une résidentielles vers la province d’anciens44 000 Haut-Normands vivent dans une structure
personne sur vingt-cinq. Leur nombre acollective d’hébergement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 actifs franciliens, motivées par la re-
nettement progressé depuis le précédent
ANALYSES CONJONCTURELLES (1) les navettes vers les autres régions limitrophes derecensement de 1990 (+18%). A cette
la Haute-Normandie (Basse-Normandie, Centre et Pi-LA CONJONCTURE EN HAUTE-NORMANDIE
date, 24 200 Haut-Normands travaillaient cardie) concernaient à la même date 15 800 actifs.AU 1er TRIMESTRE 2002
(2) il s’agit d’actifs ayant un emploi (appelés aussi ac-Reprise probable dans l’industrie en Ile-de-France, soit 3,6% des actifs ré- tifs “occupés”).et le bâtiment en 2002. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
SOCIÉTÉRÉGION DE TRAVAIL
LES MIGRANTS ALTERNANTS VERS L’ILE-DE-FRANCE EN 1999SELON L’AMPLITUDE DES NAVETTES EN 1999
100
80
Haute-Normandie
Ile-de-France
60
40
Autres
régions
20
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
distance entre lieu de résidence et lieu de travail
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 - Exploitation complémentaire Unité : %
Note de lecture : parmi les actifs résidant en Haute-Normandie en 1999 dont le lieu de travail est
distant de 50 km de leur lieu de résidence, 83% travaillent en Haute-Normandie, 11% en
Ile-de-France et 6% dans une autre région.
CARACTÉRISTIQUES DES NAVETTEURS
VERS L’ILE-DE-FRANCE ET DES ACTIFS STABLES
Actifs occupés résidant en
Haute-Normandie et
travaillant en ...
Ile-de- Haute-
France Normandie
Sexe
Homme 69,1 55,0 cherche d’un meilleur cadre de vie et de les navettes vers l’Ile-de-France ne
30,9 45,0Femme
prix fonciers nettement inférieurs. concernent pas les mêmes actifs selonÂge
Moins de 25 ans 6,3 7,2 Comme l’ensemble des franges du les territoires de résidence. Les trois
26,5 27,0De 25 à 34 ans
De 35 à 44 ans 31,1 30,2 Bassin parisien proches de zones d’emploi limitrophes de la région
28,7 28,0De 45 à 54 ans
l’Ile-de-France, les territoires limitrophes parisienne (Gisors, Vernon et Évreux)55 ans et plus 7,4 7,6
Catégorie de l’Eure sont typiques de ce phéno présentent des similitudes quant à l’in- -
socioprofessionnelle
mène. Une seconde cause trouve son tensité des flux et des caractéristiquesAgriculteur 0,1 2,0
3,8 6,1Artisan, commerçant origine dans le gisement d’emplois que socio-économiques des navetteurs. Il en
Cadre 21,3 9,3
27,9 22,7Profession intermédiaire recèle la région parisienne, associé au est de même pour un second groupe
Employé 22,3 28,6
taux de chômage plus élevé en constitué des dix autres zones d’emploi24,6 31,3Ouvrier
Diplôme Haute-Normandie. Face au chômage, il haut-normandes.
Aucun diplôme 11,6 15,7
7,7 10,1 est tentant pour un Haut-Normand de reCEP -
BEPC 7,5 7,5
chercher un emploi en Ile-de-France. La19,3 22,6CAP
BEP 10,2 11,2 troisième motivation concerne les sala- LES ZONES D’EMPLOI DE GISORS,
6,3 4,4Baccalauréat général
Baccalauréat technologique riés des grandes organisations, du sec- VERNON ET ÉVREUX CAPTÉES PAR LA
9,6 8,9ou professionnel
teur privé comme du secteur public, en GRANDE COURONNE PARISIENNEBAC + 2 13,1 10,5
14,7 9,1Diplôme supérieur à Bac + 2 poste dans un établissement régional.
Statut
Pour ces actifs, la promotion interne Ces trois zones comptaient 17 600Salarié d’une entreprise
71,6 62,7du secteur privé passe parfois par l’occupation d’un poste navetteurs vers l’Ile-de-France en 1999,Salarié du secteur public 23,4 27,5
5,0 9,8Non salarié dans un siège ou une direction pari- soit 62% de l’ensemble de la région. Le
Région du lieu de résidence sienne. En quatrième lieu, les salaires phénomène, qui décroît avec l’éloigne-en 1990
26,3 2,6Ile-de-France plus élevés en Ile-de-France peuvent in- ment de Paris est particulièrement in-
Haute-Normandie 65,4 91,7
8,3 5,7 citer à venir y travailler, mais les coûts et tense en bordure de l’Ile-de-France :Autres régions
Distance du domicile à la ville la durée des transports en réduisent 35% des actifs sont dans ce cas dans le
de Paris (1)
22,1 2,3 l’intérêt.De 60 à moins de 70 km canton d’Écos, 32% dans celui de
De 70 à moins de 80 km 25,0 3,8
L’objet de cette étude n’est pas de Gisors, 28% dans le canton de Pacy-sur-20,0 13,1De 80 à moins de 100 km
De 100 à moins de 120 km 19,5 35,7 quantifier les composantes des flux de Eure et encore 24% dans ceux d’Étrépa-5,3 11,2De 120 à moins de 140 km
De 140 à moins de 160 km 4,1 14,2 migrations alternantes liées à chacune gny et de Saint-André-de-l’Eure. Ce
4,0 19,7160 km et plus
de ces causes, mais de cerner les carac- chiffre s’élève à 20,5% dans l’aggloméra-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 - Unité : %
téristiques socio-économiques des actifsExploitation complémentaire tion de Vernon et à 5,3% dans celle
(1) la distance entre Paris et la limite de la Haute-Normandie est de
concernés. Différentes par leur ampleur, d’Évreux. Du fait du caractère limitrophe60 km.
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 15 - Mai 2002LES NAVETTEURS VERS L’ILE-DE-FRANCE
LES PRINCIPALES NAVETTES DOMICILE-TRAVAIL sur-représentées sont les
SELON LE SECTEUR D’ACTIVITÉ
VERS L’ILE-DE-FRANCE EN 1999 hommes, les actifs âgés de 35 à
Zones d’emploi Zones d’emploi
44 ans, les cadres et les profes limitrophes de non limitrophes de-
l’Ile-de-France l’Ile-de-France
sions intermédiaires. Néanmoins,
Agriculture 0,4 0,4
de nombreux ouvriers et employés Industrie 26,0 18,3
Construction 5,4 9,0participent à ces flux. Positionnés
Commerce 13,1 14,5
plus haut dans la gradation socio- Services 55,1 57,8
professionnelle, les migrants alter-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
- Exploitation complémentairenants qui résident dans ces zones
sont aussi plus diplômés. Près
entreprises du secteur privé (70%) qued’un navetteur sur trois résidait en
1990 en Ile-de-France. Cette pro les actifs stables (64%). Ce sont aussi-
portion est supérieure à quatre sur plus souvent des salariés. Ils travaillent
plus fréquemment dans les services quedix dans la zone d’emploi de
les actifs stables. Cette tendance est plusGisors. Ces anciens Franciliens
sont un peu plus souvent des nette encore dans les services mar-
chands. Si l’ensemble des activités estnon-salariés et un peu moins sou-
représenté, certaines le sont cependantvent des ouvriers que les navet-
teurs qui résidaient déjà dans particulièrement. L’industrie automobile
l’une de ces zones en 1990. attire près de 1 400 actifs haut-nor-
mands, soit un sur douze, pour la plupartLa destination des migrants-al-
de ces trois zones d’emploi, une partie ternants s’avère assez fortement dans les Yvelines sur les sites de
du flux des navettes vers l’Ile-de-France conditionnée par la catégorie sociopro RENAULT à Flins et, dans une moindre-
mesure, sur celui de PSA à Poissy. Sixprésente un caractère de migrations de fessionnelle. Les cadres se dirigent pour
proximité, habituelles entre territoires sur dix sont des ouvriers, trois sur dix des54% d’entre eux vers la “première cou-
voisins. On peut chercher à évaluer cette ronne” (4), de même que 47% des em techniciens, contremaîtres ou agents de-
maîtrise.composante. Les actifs résidant en ployés mais seulement 20% des
Le secteur des transports, notamHaute-Normandie qui travaillent dans ouvriers. La ville de Paris attire 4 300 per --
une province limitrophe (Picardie, sonnes, et les trois communes des ment la SNCF et les opérateurs de trans-
Basse-Normandie, Centre) parcourent Hauts-de-Seine sur lesquelles est im port urbain de voyageurs, en emploie un-
peu plus d’un millier. Près de la moitiéen moyenne 20 kilomètres entre leur do planté le quartier d’affaires de La Dé- -
micile et leur lieu de travail. Si on retient fense en captent 700, dont 39% de sont des ouvriers, tandis que les em-
ce seuil pour statuer sur le caractère de cadres. Parmi ceux qui travaillent à Paris ployés, les professions intermédiaires et
les cadres forment chacun un sixièmenavette de proximité ou résultant de la intra-muros, la plupart le font dans les ar-
puissance de l’attraction parisienne, il des effectifs des navetteurs. Le comrondissements voisins des gares -
ressort que seulement 1 200 des 17 600 Saint-Lazare et Montparnasse où arri merce de gros emploie un autre millier de-
ces actifs dont 65% sont des cadres etnavetteurs domiciliés dans les zones vent les trains de Normandie. Les ou-
des professions intermédiaires. Les actid’emploi de Gisors, Vernon et Évreux ef- vriers vont moins loin. Ceux qui résident -
fectuent des déplacements domicile-tra dans la zone d’emploi de Gisors se ren vités financières comptent encore un mil- - -
vail de proximité. Ainsi, même aux dent majoritairement dans la zone de lier de ces navetteurs, pour moitié des
employés et pour un quart chacun desfranges de l’Ile-de-France, le lieu de tra Cergy, ceux de Vernon et d’Évreux dans-
vail de la majorité des navetteurs se situe les zones de Mantes-la-Jolie, des Mu professions intermédiaires et des cadres.-
au cœur de la région parisienne. reaux et de Poissy. Trois sur quatre se dirigent vers la “pre-
mière couronne” et près de quatre sur dixLe profil moyen de ces navetteurs dif Ainsi, il apparaît que le migrant-alter- -
fère sensiblement de celui des actifs qui vers les VIIIème et IXème arrondissenant “type” de ces trois zones d’emploi -
résident et travaillent dans l’une de ces est un ancien Francilien d’âge moyen qui ments parisiens, qui comptent de nom-
breux sièges d’établissements financiers.trois zones d’emploi (3). Les catégories a choisi d’acquérir un bien immobilier
Les activités de conseils et d’assistanceplus conséquent en s’éloignant de Paris.
LES NAVETTEURS VERS L’ILE-DE-FRANCE
Le fonctionnement du marché du travail emploient 1 500 actifs haut-normands,SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE
de ces trois zones d’emploi se rapproche dont un sur trois est un cadre et un sur
Zones d’emploi Zones d’emploi
limitrophes de non limitrophes de six un technicien. Deux sur trois travailfinalement de celui de la grande banlieue -
l’Ile-de-France l’Ile-de-France
parisienne. lent en “première couronne”.
Cadres 19,9 34,0
Professions Les migrants-alternants vers
intermédiaires 27,7 28,1 (3) nous qualifierons ces actifs de “stables”.
l’Ile-de-France qui résident dans les (4) dans cette étude, on appellera “première cou-Employés 25,4 17,3
ronne” le territoire constitué par la ville de Paris et les27,0 20,6 zones d’emploi de Gisors, Vernon etOuvriers
communes de proche banlieue accessibles par le mé-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : % Évreux relèvent un peu plus souvent des tro (Réseau Express Régional (RER) excepté).
- Exploitation complémentaire
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 15 - Mai 2002 3CARACTÉRISTIQUES DES NAVETTEURS VERS L’ILE-DE-FRANCE SOURCES
RÉSIDANT DANS LES PRINCIPALES AGGLOMÉRATIONS HAUT-NORMANDES
Les navettes domicile-travail (ou migrationsRouen Le Havre Évreux Vernon
alternantes) sont mesurées à partir de l’exNombre de navetteurs vers l’Ile-de-France 3 450 600 1 250 2 500 -
ploitation principale du recensement de popuSexe -
Homme 75,0 76,5 69,8 63,2 lation de 1999 (traitement de l’ensemble des
Femme 25,0 23,5 30,2 36,8 bulletins individuels). Les caractéristiques so-
Âge cioprofessionnelles des actifs occupés sont
Moins de 25 ans 6,9 8,3 4,5 4,0
étudiées à partir de l’exploitation complémen-De 25 à 34 ans 32,2 35,7 32,6 35,0
taire de ce recensement (sondage au quart).De 35 à 44 ans 27,2 20,5 28,2 35,3
De 45 à 54 ans 27,0 26,1 24,4 20,0
55 ans et plus 6,7 9,4 10,3 5,7
Catégorie socioprofessionnelle Les cadres constituent la catégorie
Artisan, commerçant 2,7 4,3 2,4 1,5
socioprofessionnelle la plus représentéeCadre 40,2 31,4 23,0 22,2
Profession intermédiaire 27,9 26,1 26,8 25,5 parmi ces navetteurs. Ils forment 29% de
Employé 16,1 16,9 22,0 23,1
Ouvrier 13,1 21,3 25,8 27,7 cet effectif contre seulement 9% des sta-
Diplôme bles de ces zones. Cette proportion
Aucun diplôme 7,7 11,9 15,5 11,5
CEP 4,3 2,9 5,5 5,7 s’élève même à 40% au départ de l’ag-
BEPC 5,8 3,6 8,9 6,3
glomération de Rouen. Les professionsCAP 9,6 13,1 13,7 17,4
BEP 6,6 9,6 6,5 8,8 intermédiaires en forment 28%, soit unBaccalauréat général 10,2 5,5 6,9 6,0
Baccalauréat technologique ou professionnel 9,5 10,9 10,0 12,5 peu plus que le poids de cette catégorie
BAC + 2 14,4 14,7 13,4 15,4
Diplôme supérieur à Bac + 2 31,9 27,8 19,6 16,4 chez les stables (23%). A l’inverse, les
Statut ouvriers et les employés ont une moindre
Salarié d’une entreprise du secteur privé 73,6 69,5 68,7 75,1
Salarié du secteur public 23,0 26,3 27,2 22,4 propension à entreprendre des déplace-
Non salarié 3,4 4,2 4,1 2,5
ments domicile-travail d’une telle am-Région du lieu de résidence en 1990
Ile-de-France 12,3 12,3 16,3 26,1 pleur. Ces différences s’expliquent par la
Haute-Normandie 76,7 79,2 74,7 65,3
structure des qualifications de l’appareilAutres régions 11,0 8,5 9,0 8,6
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 - Exploitations principale et complémentaire Unités : personne, % productif francilien, qui offre relativement
plus d’emplois de cadres et moins d’em-
DES ACTIFS QUALIFIÉS plois d’ouvriers. Les coûts de transport,LES FRANCILIENS
AU DÉPART DE ROUEN ET DU HAVREQUI TRAVAILLENT qui ne sont pas négligeables, jouent
EN HAUTE-NORMANDIE dans le même sens. En termes relatifs,
Les dix zones d’emploi haut-norman- ceux-ci viendront d’autant moins greverS’il est cinq fois moins intense que le flux in-
verse, il existe néanmoins. 5 400 Franciliens des non limitrophes de l’Ile-de-France le revenu disponible que le salaire est
travaillent en Haute-Normandie. Les principa- comptent 10 900 migrants-alternants élevé, et donc que l’actif occupe une po-les zones d’emploi de destination sont celles
vers la région parisienne. Le phénomènede Rouen (1 700 navettes), Vernon (1 500), sition haute dans la gradation
Évreux (1 000), Le Havre (450) et Gisors (200). reste marginal dans les zones les plus socioprofessionnelle.
Les autres zones d’emploi en reçoivent cha- éloignées de Paris et se concentre dans Les navetteurs vers l’Ile-de-Francecune moins d’une centaine. Ces actifs franci-
liens résident pour l’essentiel dans la partie les pôles urbains et au voisinage des in- qui résident dans l’une de ces dix zones
ouest de l’Ile-de-France : 1 300 viennent de la frastructures ferroviaires. Dans ces terri- occupent des emplois dans l’ensemblezone d’emploi de Mantes-la-Jolie, 1 100 de
toires, la plupart des navetteurs versParis, 1 150 de celle de Versailles, 650 de celle des activités, mais, ici aussi, certaines
de Nanterre, et encore 450 de celle de Cergy. l’Ile-de-France résident dans les unités prédominent. La construction concerne
Les navettes des actifs résidant à proximité
urbaines dont 3 500 à Rouen, 650 à Lou- un millier d’actifs, dont 60% sont des oude la Haute-Normandie sont plus courtes, et -
constituent des migrations alternantes habi- viers, 600 au Havre, 500 à Gaillon et à vriers. Le commerce de gros emploie 850
tuelles entre territoires limitrophes. Ces na- Elbeuf, 400 à Val-de-Reuil. Plus de la actifs haut-normands, dont les deux tiersvetteurs sont souvent des cadres (44%) et des
moitié d’entre eux (53%) travaillent enprofessions intermédiaires (23%). Sept sur dix sont des cadres ou des professions inter-
sont des hommes. L’ensemble des activités “première couronne”, dont 35% à Paris médiaires. Pour ces deux activités, la ré-sont concernées, mais certaines le sont plus
intra-muros.particulièrement. La construction de lanceurs partition des lieux de travail est similaire
et d’engins spatiaux à Vernon emploie 180 Ces actifs présentent des caractéris- à celle de l’ensemble. Les activités finan-
Franciliens, résidant pour la plupart à proximi- tiques sensiblement différentes de cières occupent 500 personnes, dontté. Neuf sur dix sont des cadres ou des pro-
celles des navetteurs des zonesfessions intermédiaires et huit sur dix, des 45% de cadres ; quatre sur cinq travail-
hommes. L’enseignement secondaire général d’emploi haut-normandes voisines de lent dans la “première couronne”. Les ac-et l’enseignement supérieur occupent chacun
l’Ile-de-France. La proportion d’hommesun peu plus de 200 professeurs franciliens. La tivités de conseils et d’assistance
moitié sont des femmes. Si les navetteurs de est supérieure. Les longs trajets journa- concentrent près d’un navetteur sur six
l’enseignement secondaire se répartissent
liers, qui sont difficiles à concilier avec (1 500 actifs), soit une proportion quasur l’ensemble de la région, leurs collègues -
du supérieur se dirigent vers les principales une vie de famille, expliquent que trois de druple du poids de ce secteur en
villes universitaires de la région : Rouen (150) ces actifs sur quatre soient des hommes. Haute-Normandie. La moitié sont deset le Havre (40). Les centres hospitaliers des
Sur l’ensemble de ce territoire, la struc-villes de la région attirent 200 actifs domici- cadres, et deux sur trois travaillent dans
liés en Ile-de-France, pour l’essentiel des ture d’âge de ces navetteurs est la “première couronne”
médecins.
conforme à celle des actifs stables.
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 15 - Mai 2002
❑LES COMMUNAUTÉS EN HAUTE-NORMANDIE
44 000 Haut-Normands vivent dans une structure collective
d’hébergement
Sandrine ROCHELLE
soit une baisse de 16% des effectifs. A 25% par rapport à 1990, notammentUn Haut-Normand sur quarante
part Évreux et Fécamp, les foyers de tra grâce au développement des services de-habite dans une structure
vailleurs se situent le long de la vallée de soins à domicile.collective. Vivre dans une
la Seine, zone plus industrialisée que le En 1999, un peu plus de 3 000 per-communauté représente un
reste du territoire. Ce type de foyers est sonnes en “difficulté sociale” vivaient en
moyen d’hébergement pour de
très largement occupé par des hommes, centres d’hébergement et d’accueil (1),
nombreuses personnes seules.
dans près de neuf cas sur dix. Deux chiffre qui a un peu diminué depuis 1990.
Ce sont les maisons de retraite
groupes d’âge sont particulièrement re Ces centres concernent plutôt les jeunes-
qui accueillent, de loin, le plus
présentés : les 20-29 ans et les 45-64 de moins de 20 ans, célibataires, inactifs
grand nombre de résidents. ans. Les individus en foyer de travailleurs ou chômeurs.
sont près de quatre sur dix à exercer une
activité.
n 1999, en Haute-Normandie, Les foyers d’étudiants ont connu uneEplus de 44 000 individus étaient progression de leur nombre de résidents
hébergés dans une communauté, dont passant ainsi de plus de 3 000 individus
près de 30 000 en collectivités (popula- à 3 400. Cette augmentation n’a toutefois
tion en augmentation de 5,2% par rap- pas été aussi forte que celle du nombre
port à 1990). La population des d’étudiants. Il n’existe qu’une seule struc-
communautés représente 2,5% de la po- ture de foyer d’étudiants dans l’Eure, sur
pulation totale de la région, proportion Évreux, qui accueille un peu plus de
supérieure à la moyenne nationale. 160 individus alors qu’en Seine-Mari-
Les maisons de retraite accueillent le time, une trentaine de sites d’accueil
plus grand nombre de résidents en col- existent, hébergeant quelques 3 300 étu-
lectivités, soit plus de 13 100 individus, diants. Les foyers d’étudiants concernent
avec des effectifs aux trois quarts fémi- essentiellement les 20-24 ans et
nins. Leur part dans les collectivités est connaissent une répartition équilibrée
en hausse par rapport à 1990, passant entre les hommes et les femmes. 5%
de 38,6% à 44,3%. Cette proportion est d’entre eux ont une activité rémunérée.
plus forte que pour la France métropoli- Plus de 2 550 individus sont en éta-
taine où 40% des individus en collectivi- blissement de soins ou de convales-
tés sont en maisons de retraite. Comme cence (hospitalisation de plus de 3
l’ensemble de la population, celle des mois), en majorité des femmes, à 60%.
maisons de retraite a connu un vieillisse- Les effectifs concernent principalement
ment de ses résidents entre 1990 et les 75 ans et plus et des personnes
1999. La part des plus de 75 ans, effec- seules, sans conjoint pour s’occuper
tifs les plus nombreux, passe ainsi de d’elles (37% de veufs et 43% de céliba-
77% en 1990 à 82% en 1999. Presque taires). Leur nombre est en baisse de
les deux tiers des résidents des maisons
de retraite sont veufs.
(1) Les centres d’hébergement et d’accueil regroupent
Les foyers de travailleurs accueillent les centres et de réadaptation sociale,
les cités de “ transit ” ou de “ promotion familiale ”, les
un peu plus de 3 600 personnes en 1999 centres de vie pour cas lourds, les établissements
d’accueil mère-enfant, les structures d’accueil de l’en-contre plus de 4 300 individus en 1990,
fance.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 15 - Mai 2002 5
POPULATIONPOPULATION DES COMMUNAUTÉS EN HAUTE-NORMANDIENOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS AVONS LU POUR VOUS
Nombre de structures Évolution de la
en 1999 Population 1999 population 1990-1999
Collectivités
Foyers de travailleurs 44 3 611 -16,3
Foyers d’étudiants 34 3 408 12,1
Maisons de retraite 173 13 118 20,6PLUS DE CHÔMAGE DANS LES ZUS
Etablissements de soins ou de convalescence (1) 38 2 555 -25,5
En 1999, la proportion de chômeurs au sein de la Communautés religieuses 95 1 062 -18,7
Centres d’hébergement et d’accueil 123 3 014 -2,4population active dans les zones urbaines sensibles
Autres 80 2 868 35,7(ZUS) atteint 25,4%, soit pratiquement le double de
587 29 636 5,2Total
celle de la France métropolitaine (12,8%). En cons-
Etablissements
tante augmentation depuis 1990, le chômage touche Etablissements d’enseignement avec internat 161 11 122 -9,6
plus souvent les jeunes. Ainsi, la part des chômeurs Etablissements militaires (y.c. d’enseignement) 61 1 240 -86,2
Etablissements pénitentiaires 4 2 163 -2,8parmi les jeunes actifs résidant en ZUS est passée
Total 226 14 525 -38,3
de 28,5% en 1990 à 38,9% en 1999. Sur l’ensemble
Ensemble 813 44 161 - 14,6
du territoire, cette part augmente moins, passant de
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unités : nombre, %
19,6% en 1990 à 25,6% en 1999.
Même si le niveau de chômage observé dans les (1) hospitalisation de plus de trois mois
ZUS varie souvent en fonction de celui constaté
dans la zone d’emploi d’appartenance, toutes les
Les communautés religieuses ac des personnes appartenant à une com- -zones urbaines sensibles n’évoluent pas de la même
façon. Un quart des 717 ZUS ont une proportion de cueillent 1 062 personnes. Les femmes y munauté religieuse ont un emploi et un
chômeurs qui a progressé moins vite que celle de
sont majoritairement présentes (sept sur tiers sont d’anciens actifs.
leur zone d’emploi. Au contraire, dans 540 ZUS, la
proportion de chômeurs a augmenté plus vite que dix). Toutes les classes d’âge de 25 à 90 Les internats des établissements
dans la zone d’emploi. Les premières sont dites en ans sont largement représentées. 40% d’enseignement accueillent plus de
situation de «rattrapage », les secondes en situation
11 100 élèves internes en 1999. Leurde « décrochage ».
Les zones urbaines sensibles : forte progression du nombre est en baisse de 10% par rapport
chômage entre 1990 et 1999 / Jean-Luc Le Toqueux.
à 1990. Leur répartition se fait bien enten-– In : INSEE première. – N° 835 (2002, mars) ; 4 p.
du sur l’ensemble du territoire
A QUAND UNE AGRICULTURE BIO ?
haut-normand.
L’agriculture biologique a vraiment décollé avec la
Les établissements militaires (y com-crise de confiance des consommateurs. Sur un
marché en recherche de sécurité, les produits biolo- pris ceux d’enseignement) comptabilisent
giques font figure de valeurs sûres et les consomma-
1 240 individus, en très forte baisse parteurs sont de plus en plus attirés par ces produits : la
France est d’ailleurs un très gros importateur. rapport à 1990, en lien avec la fin de la
La Haute-Normandie se situe parmi les dernières
conscription obligatoire. L’Eure compte un
régions françaises pour le pourcentage de la surface
cultivée en bio soit 0,3% pour la Seine-Maritime et peu plus de sites militaires que la
l’Eure, la moyenne française étant de 1,3%. Le ma- Seine-Maritime, notamment grâce à la
raîchage et le lait occupent 50% des orientations des
exploitations biologiques de notre région. Le contrat “base aérienne 105”, près d’Évreux.
de plan Etat-région à l’horizon 2005 vise 5% des sur- Les établissements pénitentiaires, lo-
faces cultivées. A titre de comparaison, nos voisins
calisés dans quatre communes de laallemands ont un objectif de 20%.
Agriculture : pourquoi ne fait-on pas plus de bio / région (Rouen, Val-de-Reuil, Évreux et
Agence régionale de l’environnement de Haute-Nor-
Le Havre), hébergent un peu plus de
mandie. - In : Arehn infos. - N° 25 (2002, mars) ; p. 1 à
4 2 100 individus, effectif en légère baisse
par rapport à 1990
DE PLUS EN PLUS D’INGÉNIEURS
Pendant l’année 2000-2001, 89 313 étudiants
poursuivent leurs études d’ingénieur, soit une pro-
LES COMMUNAUTÉSgression de 4,2% par rapport à 1999-2000. La part
des élèves-ingénieurs représente 4,2% de l’en-
La quasi-totalité de la population habite chez
semble de la population étudiante.
elle et est comptabilisée parmi les ménages.
L’augmentation du taux de féminisation se pour- Une partie cependant des individus vit en
suit. En 2000, 5 600 femmes ont obtenu un titre d’in- communauté c’est-à-dire au sein d’une struc-
génieur contre 3 000 en 1999. Les filles représentent ture collective d’hébergement. Les commu-
actuellement 23,1% de l’ensemble des inscrits. nautés regroupent deux sous-populations :
Cette proportion est de 5,2% pour l’Académie de - les collectivités, qui sont les maisons de re-
Rouen. A la rentrée 2000, cinq écoles accueillent 2 traite, les foyers de travailleurs, les foyers
556 futurs ingénieurs, soit une évolution d’effectif de d’étudiants (dont cités universitaires), les éta-
7,2% par rapport à la précédente rentrée. blissements de soins et de convalescence, les
communautés religieuses et les centres d’hé-Les écoles d’ingénieurs publiques et privées / Minis-
bergement ou d’accueil ;tère de l’éducation nationale. - In : Note d’informa-
- les établissements, qui recouvrent les inter-tion. - N° 02.03 (2002, fév.) ; 6 p.
nats, les établissements militaires et les éta-
blissements pénitentiaires.Florence PIMENTA
Nelly LANNEFRANQUE
6 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 15 - Mai 2002
❑ANALYSES CONJONCTURELLES
LA CONJONCTURE EN HAUTE-NORMANDIE AU 1er TRIMESTRE 2002
Reprise probable dans l’industrie et le bâtiment en 2002
Francis COUVOUT
n France, l’activité n’a cessé de ralentir tout au long de UNE ACTIVITÉ RÉDUITE FIN 2001El’année 2001, le PIB est ainsi passé en glissement DANS LE BÂTIMENT
annuel d’une croissance de +3,7% au printemps 2000 à +0,9%
dix-huit mois plus tard. Face à une demande extérieure en net Au 4e trimestre 2001, l’activité dans le bâtiment haut-nor-
recul, les industriels ont réagi très rapidement en gelant leurs mand faiblit dans le neuf comme dans l’entretien-rénovation.
programmes d’investissement et en réduisant leurs stocks. En Les réductions d’effectifs sont plus sévères qu’au trimestre pré-
début d’année 2002, la tendance récente de la production in- cédent. En revanche, les carnets de commandes se sont bien
dustrielle se redresse et les anticipations des industriels s’amé- regarnis et les prévisions s’améliorent nettement, notamment
liorent. La consommation des ménages, quant à elle, est restée dans le bâtiment neuf. Le logement neuf devrait cependant être
dynamique grâce à une augmentation record (+4%) du pouvoir moins dynamique que le non résidentiel. La tendance des prix
d’achat. est repartie à la hausse et les difficultés de trésorerie
En Haute-Normandie comme en France, le ralentissement s’atténuent.
de l’activité dans l’industrie amorcé à la mi 2000 s’est poursuivi Le gros œuvre termine l’année 2001 sans vigueur avec ce-
jusqu’à la fin 2001. Au 4e trimestre 2001, production et de- pendant un certain entrain dans le neuf non résidentiel qui de-
mande totale tombent à leurs plus bas niveaux depuis plus de vrait se concrétiser dans les prochains mois. Les niveaux des
trois ans. Les industriels cherchent ainsi à réduire leurs stocks carnets de commandes sont jugés très satisfaisants. Les effec-
et les effectifs. En revanche, les anticipations des industriels tifs suivent cependant une tendance à la baisse qui ne devrait
sont mieux orientées qu’au 3e trimestre 2001, que ce soit en ce pas s’inverser prochainement.
qui concerne les perspectives générales de production, les car- Le second œuvre enregistre une baisse d’activité pro-
nets de commandes, la demande étrangère ou même la ten- noncée en fin 2001 ; elle est plus marquée dans le neuf que
dance prévue des effectifs. Ces résultats globaux laissent dans l’entretien-rénovation. Le déclin des effectifs s’est aggravé
subsister des contrastes assez accentués entre secteurs. mais les prévisions favorables dans le neuf permettent d’envi-
Les IAA, qui avaient connu une certaine reprise d’activité au sager simultanément une reprise des embauches. Au niveau
3e trimestre 2001 connaissent à nouveau une baisse des sous-secteurs, la situation est contrastée. La char-
et laissent échapper une certaine morosité. pente-couverture termine l’année 2001 sur une activité assez
Le secteur des biens intermédiaires, prépondérant dans l’in- soutenue avec des carnets de commandes bien garnis. Il n’en
dustrie haut-normande, enregistre au 4e trimestre une baisse est pas de même de l’installation qui déplore une insuffisance
supplémentaire de son rythme d’activité avec des réductions de la demande, notamment dans le neuf. La finition connaît une
d’effectifs plus nombreuses qu’au trimestre précédent. Toutes activité moyenne avec des carnets de commandes dégarnis.
les branches sont également touchées. Les perspectives géné- Les évolutions négatives des effectifs, communes à tous les
rales de production restent assez ternes, mais les prévisions sous-secteurs, devraient cependant s’inverser au début 2002
sont mieux orientées avec une demande tant étrangère que dans l’installation et la finition.
globale qui s’améliore pour la plupart des branches.
Les biens d’équipement connaissent aussi des baisses
d’activité et d’effectifs au 4e trimestre 2001 mais elles parais- LE COMMERCE DE GROS
sent moins sévères que dans les biens intermédiaires. Par MANQUE DE DYNAMISME
contre, le contraste est sensible entre les branches. La méca-
nique souffre alors que les composants électriques et électroni- Au 4e trimestre 2001, l’activité reste peu soutenue dans le
ques enregistrent une activité soutenue. Elles s’accordent commerce de gros haut-normand. Les commerçants ne croient
néanmoins sur des prévisions prudentes contrairement à la pas à une prochaine amélioration comme en témoignent les in-
construction aéronautique et navale qui entrevoit un fort rebond tentions de commandes. Les stocks sont gérés au plus près et
d’activité en début 2002. les effectifs, à peu près stables. La situation ne diffère guère
L’automobile enregistre une baisse d’activité qui s’est ac- d’une branche à l’autre.
compagnée de réductions d’effectifs. En revanche, les prévi- Dans le commerce de détail, l’activité s’est ressaisie en fin
sions sont favorables. La demande intérieure prévue dans les d’année 2001 dans les grandes surfaces haut-normandes. Les
prochains mois se montre plus dynamique que la demande entreprises ont profité de cette embellie pour renforcer leurs ef-
étrangère, ce qui permettrait à l’activité de redémarrer avec fectifs. Les prévisions restent prudentes tant pour le volume des
vigueur. ventes que pour les effectifs. L’activité est moins soutenue dans
Les biens de consommation ont dû faire face à une baisse les autres commerces de détail dont les prévisions sont plutôt
d’activité sensible en fin d’année 2001 et des réductions d’ef- moroses avec des intentions de commandes limitées. Les com-
fectifs ont eu lieu dans la plupart des branches. Les prévisions merçants ont néanmoins procédé à des embauches en fin
demeurent réservées avec des carnets de commandes insuffi- d’année 2001
samment remplis. La pharmacie-parfumerie échappe au moins
en partie à la morosité ambiante.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 15 - Mai 2002 7

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