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Pensée et Attitudes mentales. La valeur. Opérations intellectuelles. L'Invention - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 713-724

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 713-724
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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IX. Pensée et Attitudes mentales. La valeur. Opérations
intellectuelles. L'Invention
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 713-724.
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IX. Pensée et Attitudes mentales. La valeur. Opérations intellectuelles. L'Invention. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp.
713-724.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5104ÊÉNSÉE ET ATTITUDES MENTALES 715
inductives de la psychanalyse, fruits d'une intuition non rigoureu
sement disciplinée et possiblement « automorphique ».
J. F. W.
1157. - ERNST KRETSGHMER. - Das Ressentiment im Traume
{Le ressentiment dans le rêve). — Z. für g. N., CXXXVI, 1931,
p. 329-334.
L'auteur rapporte quelques rêves de psychopathes et de névro
pathes dont la vie a été manquée, et il conclut que les malades dont
les névroses sont basées sur une angoisse vitale, sur un sentiment
d'insul'iisance et sur un ressentiment, ont une tendance à reproduire
dans leurs rêves des images symboliques typiques. La vie leur paraît
comme un mouvement continuel, comme un voyage, comme une
« carrière », comme une course, mais une course avec obstacles,
un mouvement retardé, inhibé. D'autres fois, la vie leur semble
une épreuve risquée et dangereuse. L'eau se présente comme un
élément redoutable et dangereux, qui risque de noyer le rêveur,
cet élément disparaît soudainement en emportant notre bien.
J. A.
1158. — E. BIEN. — Dreifache Deutung eines Traumes [Vinter-
piclation dun rêve faite suivant trois méthodes différentes). — Al.
/,. lur Ps., IV, 6, 1931, p. 356-366.
Los interprétations d'un même rêve d'une malade névropathe,
faites suivant les méthodes de Freud, Steckelet Adler, ont conduit
aux mêmes conclusions. Dans ces interprétations l'accent était mis
sur l'un ou sur l'autre facteur psychologique, suivant la méthode
appliquée. Dans la méthode de Freud, on partait du facteur sexuel
et des souvenirs d'enfance, dans celle de Steckel, des conditions
actuelles du conflit ayant provoqué la névrose ; dans la méthode
d'Adler du complexe d'infériorité. Les conclusions analogues aux
quelles ont est arrivé à la suite de ces interprétations, montrent que
ces différentes méthodes de la psychologie du moi profond ont des
points communs, et sont moins dissemblables'qu'on le croit. B. N.
IX. — Pensée et Attitudes mentales
La valeur. Opérations intellectuelles. L'Invention 1
1159. - EMILE MEYERSON. - Du cheminement de la Pensée. -
In-8° de 1036 pages en 3 volumes, Paris, Alcan, 1931. Prix :
130 francs.
Dans ce nouvel ouvrage, E. M. complète son effort pour édifier
la philosophie de la pensée, en démontrant le postulat fondamental
de l'unité de la raison humaine, se manifestant dans toutes ses dé
marches.
En opposition avec le positivisme et avec le bergsonisme, l'effort
de la raison, mode fondamental de connaissance, ne servirait à l'action
que secondairement, et n'aurait dans ses sources rien d'utilitaire,
1. Voir aussi Jes N°s 461-463. 9l4 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mais tiendrait à assurer une satisfaction intellectuelle à laquelle as
pirerait notre esprit, tout autant que nous tendons à conserver notre
vie, satisfaction reposant en une identification du divers (sous réserve
toutefois d'un contrôle par la réalité, d'un critère de succès).
S'abstenant de recherches métaphysiques, M. ne détermine pas
les origines ou la nature profonde de ce besoin fondamental de l'es
prit, qu'il enregistre comme un fait dans les cadres tout prêts d'une
métaphysique dualiste, celle du sens commun (et qui pourrait être
rattaché, peut-être, aux attitudes mentales dépendant de l'unité
organique). Mais il cherche à retrouver cette marche vers l'identique
dans tous les processus de pensée, sans qu'on puisse prétendre
séparer le mathématique du non mathématique (par opposition à
Brunschwicg) .
On connaît son admirable effort épistémologique qu'il complète
encore dans cet ouvrage en se préoccupant du sort des théories eins-
teiniennes et de la nouvelle physique quantique, qui bouleverse
l'image du réel, et a bien du mal à se plier au schéma accoutumé, et
dont la tendance générale, qualifiée d'aberrante, est trop neuve en
core pour permettre de la situer définitivement dans l'évolution de la
science. Mais actuellement, c'est la psychologie des primitifs élaborée
par Lévy Bruhl qui lui fournit un argument nouveau : La participa
tion ne répond-elle pas justement au schéma fondamental de l'iden
tification ? « Car il sera établi, dit-il, non pas, comme le pose G. Belot,
que « nous pensons en primitifs et selon la loi de participation lorsque
nous ne pas véritablement » mais qu'au contraire, l'effort le
plus sérieux de notre raison est coulé dans le même moule ». On aurait
pu penser que la démonstration aurait été tentè*e sur le terrain de
l'analyse expérimentale des processus de pensée, mais l'auteur, s'il
s'approche de la psychologie, n'envisage guère que les aspects l
ogiques, même dans les chapitres sur le langage, et consacrant à peine
quelques pages à une série de travaux sur la pensée d'un seul auteur,
Karl Bühler. Il n'a pas confiance en l'introspection et soucieux
d'objectivité, cherche à retrouver les démarches de la pensée d'après
la nature des matériaux qu'elle a réussi à élaborer..
Aussi nous retrouvons-nous toujours sur le terrain de la science, cet
« échantillon particulièrement bien déterminé, particulièrement sai-
sissable de la pensée humaine », les principales données psycholo
giques que l'on rencontre dans l'ouvrage ayant trait aux modalités,
bien incomplètement connues, de la genèse des découvertes scienti-
liques (par. 133) d'après quelques auto-observations de Faraday,
J. R. Mayer ou Helmholtz.
Et la science apparaît, en somme, comme le but véritable de l'h
umanité, le rationalisme d'E. M. comportant une sorte d'appel myst
ique. A la mystique de l'intuition bergsonienne s'oppose une mystique
de la raison, de la connaissance intellectuelle, aspirant à l'identique,
sans pouvoir jamais y parvenir.
« Si dur que soit l'effort, dit M. dans ses dernières lignes, et si gros
de déceptions que s'en révèle parfois le résultat, si rétif que fréquem
ment se montre le réel quand la raison cherche à s'emparer de lui,
nous devons, sous peine de déchoir, tendre de tout notre être vers le
but, cependant inaccessible par essence, qu'elle nous assigne ». Ces ET ATTITUDES MENTALES 7l5 PENSÉE
thèses de l'auteur sont déjà bien connues, mais cet ouvrage ne doit
pas so réduire aux lignes sèches d'un schéma abstrait : on y trouve
une grande richesse de pensées, de réflexions, sur des sujets très
divers ; on le lit avec le plu.- grand fruit, et un volume entier de notes
(plus de 300 pages) témoigne de l'étendue et de la solidité de la docu
mentation. H. P.
1160. - G. DWELSHAUVERS. - L'intuition du spirituel. - R.
de Ph., XXXI, 4-5, 1931, p. 327-394.
Cette étude porte en sous titre : Recherches expérimentales. La
méthode employée a été l'introspection systématisée. On produit
au sujet une excitation (mots ou couples de mots en présentation
lumineuse) ; il répond, par un mot qui soit dans un rapport fixé
d'avance avec le mot excitateur, ou de toute autre façon, enfin
l'expérience terminée, et c'est là la partie importante du travail, on
analyse les résultats, en essayant de reconstituer la succession des
phénomènes et leur conscience entre l'excitation et la réaction.
On a ainsi étudié les processus suivants : Comparaison entre deux
termes présentés simultanément à la lecture. Association dirigée
(concept corrélatif ou concept supérieur en extension). Réagir à un
mot en cherchant sa définition et en l'énonçant dès que possible.
Emettre un jugement sur un aphorisme. Répondre à un questionnaire
portant sur l'aperception d'opérations intellectuelles. Quatre sujets,
dont l'auteur, tous psychologues professionnels, ont pris part aux
expériences. Il est impossible d'essayer de les analyser en détail et
nous renvoyons les lecteurs aux récits détaillés des introspections
généralement très intéressantes. Les conclusions suivantes s'en
dégagent selon D. : Nous avons un sentiment, « vague mais réel,
spécifique et distinct », d'une activité particulière, spirituelle, s'accom-
plissant en nous, et s'accompagnant de la certitude, qu'il y a autre
chose en cette activité que les représentations par lesquelles nous la
traduisons. Mais cette activité, malgré tous nos efforts, nous ne pou
vons la saisir en son essence, on ne peut pas saisir le passage de l'im
plicite à l'explicite, et si on essaie de le faire, on arrête par là-même
le travail mental. Les caractères de cette activité mentale que l'on
arrive à dégager des observations introspectives, sont les suivants :
conscience d'une activité implicite et dynamique, nous sentons en
nous à l'état de potentialité, un « savoir » qui est différent des fo
rmules qui le traduiraient, le dynamisme met à notre disposition des
notions toujours présentes, sans que nous en ayons actuellement
conscience. Il peut être inhibiteur, critique, arrêtant les idées qui
ne cadrent pas avec le courant actuel du travail. De là, doit peut-
être dériver ce sentiment spontané d'approbation ou de désappro
bation apparaissant soudain, que plusieurs sujets ont signalé. Quand
notre travail mental passe par exemple de l'abstrait au concret, du
particulier au général, nous avons conscience d'un « changement de
plan )> mais ne pouvons saisir le processus qui dirige ce changement.
Enfin, il y aurait un grand nombre de schémas, de processus idéo-
moteurs, qui serviraient d'intermédiaires entre la pensée implicite
et l'expression que nous lui en donnons.
Toutes ces expériences sont fort intéressantes et très subtiles, 716 ANALYSES BIÈLIOGkAPHIQUES
un peu trop subtiles peut-être. On pense malgré soi à ce personnage
de je ne sais plus quelle comédie qui réclamait le silence parce qu'il
voulait « s'écouter penser » et on a vraiment l'impression d'un but
très ambitieux poursuivi. Il y a les résultats obtenus, je le sais, mais
dans quelle mesure, sans mettre un instant en doute la bonne foi
des sujets, ne sont-ils pas un peu artificiels, provoqués par l'expé
rience. Certains individus arrivent à souffrir réellement en un point
déterminé de leur organisme si on leur suggère une souffrance en ce
point. Et d'autre part, l'expression générale reste bien imprécise.
Le sentiment, vague et spécifique, aurait besoin d'être précisé. Enfin,
l'expérience même a montré qu'en essayant de saisir le travail mental
dans son essence, on en arrêtait le cours. Ne peut-on penser qu'au cas
où il continue à se dérouler il doit être fortementmodifié par cet effort
d'introspection intensive. M. F.
1161. - PIERRE ABRAHAM. - Créatures chez Balzac. - In-16
de 342 pages. Paris, Gallimard, 1931.
Tentative originale d'analyse des modalités de la création intellec
tuelle, en s'adressant à un « matériel » de l'œuvre littéraire, celui
des personnages décrits, dans leur aspect physique en corrélation
avec le caractère, personnages envisagés comme des tests nombreux
exécutés par un seul sujet, l'écrivain (à la différence du test unique
exécuté, dans les méthodes usuelles de psychologie appliquée, par
de nombreux sujets).
La psychologie appliquée « va pouvoir recueillir, nous dit A.,
tout ce qui, dans l'exploitation de ce matériel, concernera les moyens
que Balzac utilise au même titre que vous, que moi, au même titre
que Y Homo sapiens ».
Une patiente étude statistique, concernant la couleur des yeux,
conduit à une série de constatations qui représentent un exemple
de ce que peut fournir la méthode :
Dans la société balzacienne, il y a plus d'hommes aux yeux bleus
et plus de femmes aux yeux bruns et noirs ; or Balzac attribue à la
passion ces derniers yeux, et à l'action les premiers ; ce fait constaté
tient à ce que dans les romans de Balzac, il. y a surtout des hommes
d'action et des femmes passionnées.
Les yeux à coloris moyen sont rares, alors qu'ils dominent dans la
réalité ; c'est que, dans la « comédie humaine », ce sont des carac
tères accusés qui sont mis en scène.
Les corrélations balzaciennes entre couleur d'yeux et caractère
étaient-elles fondées, c'est ce qui reste douteux, faute de l'étude « bio-
typologique » générale qui manque encore.
Une autre étude concerne les comparaisons dans lesquelles Balzac
invoque des animaux (nez de lion, regard de tigre, visage de fouine) ;
la statistique des fréquences d'évocation de diverses espèces permet
de mesurer une « force anthropomorphique », force qui serait invers
ement proportionnelle au carré de la distance zoologique (et géogra
phique) en s'arrêtant toutefois aux Primates (cette loi se retrouvant
dans la population animale évoquée par La Fontaine pour ses fables).
Une loi analogue se rencontrerait pour les évocations historiques
dont la force croîtrait avec la proximité dans le temps jusqu'à une PENSÉE ET ATTITUDES MENTALES 717
limite (analogue à celle des Primates) correspondant à peu près à
l'intervalle d'une génération).
Les données sont intéressantes et suggestives, à la fois pour la
compréhension du cas Balzac, et pour la psychologie générale, dans
la mesure où le cas Balzac ne restera pas isolé, mais que d'assez
nombreux cas seront l'objet d'études analogues, qui exigent beaucoup
de travail pour des résultats initialement assez minces.
Mais, dès maintenant, l'auteur, qui ne se contente pas de compter
et de chiffrer, mais qui pense, se risque à des réflexions générales
qui dépassent les données positives, et suggère des hypothèses génér
ales. Par exemple, il en vient à attribuer à la création ce qui met en
jeu une pluralité d'opérations sensorielles, tandis que l'automatisme
comprendrait tout ce qui ne met en jeu qu'une seule « lignée » d'opé
rations sensorielles, l'automatisme qui est la règle de la société, sou
cieuse de la conservation, ennemie de la création révolutionnaire,
présentée avec prudence par Balzac, représentant « le créateur qui
s'est soumis à l'automatisme ».
D'une pensée originale et riche, ce livre; encore une fois, est rempli
d'intéressantes suggestions. H. P.
1162. - L. XANROF. - La mécanique de l'esprit. - In-16 de 251
pages. Paris, Delagrave, 1931.
Ce livre n'est pas d'un technicien de la psychologie, et l'on ne
doit pas lui demander un exposé documenté et rigoureux sur les
mécanismes de la pensée. Mais il est intéressant comme effort de
réflexion personnelle et d'observation d'un littérateur plein d'esprit,
malheureusement muni de trop de souvenirs des manuels de philo
sophie, aux concepts artificiels et creux.
X. énumère ce qu'il appelle des « procédés types », illustrés par
d'amusantes anecdotes, et qui sont groupés avec un ordre et une
symétrie qui sont vraiment trop parfaits : ces procédés concernent
dans chaque grande opération mentale, de mémoire (acquisition), de
jugement (investigation), et d'imagination (création), soit la marche
associative, soit la marche dissociative, et une troisième dimension
permet le repérage définitif du processus, comme fixation, comparai
son ou généralisation. Ainsi, les 18 procédés (3 X 2 X 3) se casent
dans un tableau : inscription et abstention ; rapprochement et incomp
atibilité ; assemblage et séparation pour la mémoire ; déplacement
et substitution, similitude et contraste, connaissance préalable et
enquête pour le jugement ; addition et suppression ; amplification
et amoindrissement ; enchaînement et arrêt pour l'imagination.
Il ne faut pas donner trop d'importance à cette classification qui
assure des têtes de chapitres pour grouper les remarques de l'auteur.
Ce sont celles-ci qui ont de l'intérêt, non le cadre. H. P.
1163. — H. E. 0. JAMES. — The problem of interference [Le pro
blème de V interférence) . - Br. J. of Ps., XXÏÏ, 1, 1931, p. 31-42.
Le terme d'interférence est employé, d'ordinaire, pour désigner
un ensemble très vaste de phénomènes. On parle d'interférence
lorsqu'un travail mental quelconque perd son efficience moyenne
par l'actiop des facteurs de distraction. On se sert également de ce 718 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mot, quand la mémorisation et le rappel d'un certain matériel su
bissent une sorte d'empêchement du fait apprentissage concurr
ent. On n'ignore pas non plus que ■■ l'interpolation » de certaines
activités peut avoir aussi un véritable effet inhibiteur sur le cours
du processus de rappel. C'est une inhibition rétroactive qui inter
viendrait dans ce cas. Le but que l'auteur se propose, est de montrer
que ces phénomènes d'interférence qu'on observe dans les activités
mentales supérieures sont susceptibles d'être envisagés à la lumière
des données que l'on doit à Pavlov et interprétés en termes d'inhibi
tion externe et interne.
Il convient de considérer deux groupes d'interférences. Le premier
de ces groupes comprend les cas où une réponse B étant provoquée par
une situation A, on fait varier celle-ci en exigeant la même réponse.
Le retard, l'échec ou la baisse d'efficience de la réponse résultant
de ce changement sont attribués à l'effet d'interférence. On admet,
d'autre part, pour la deuxième catégorie, qu'une situation A déter
mine pareillement une réponse B. Mais quand cette a été
plus ou moins changée, on doit provoquer ou établir une réponse
nouvelle, G. Notons que dans les deux groupes en question, la
situation peut changer d'une identité complète à une dissemblance
complète en passant par tous les degrés de similarité
En examinant ces cas, J. aboutit aux résultats que voici : II y
aurait deux sortes d'interférences : celle qui se produit dans le pre
mier groupe de réponses diminue généralement par suite d'un pro
cessus de neutralisation qui pourrait être fondé sur l'inhibition
interne. Celle qui a lieu dans les cas du second groupe est due à la
généralisation ou à la persistance de la réponse qui devrait être
adaptée à une situation nouvelle. Ici, l'interférence est la plus mar
quée quand le degré du changement introduit dans la situation est
peu notable. Il semblerait que l'élimination de ce genre d'interférence
soit liée à la mise en action du processus inhibiteur interne.
P. K.
1164. — K. SIEBERT. — Einstellung und Denken (Eine experiment
elle Untersuchung) 'L'attitude et la pensée. Une étude expériment
ale). — A. f. ges. Ps., LXXXII, 3-4, 1931, p. 445-474.
On demande au sujet de se représenter, de revivre mentalement
une situation donnée, comme par exemple un accident à la mont
agne, un incendie, etc., et de décrire ensuite les pensées et les sent
iments qu'il avait eus au cours de cette représentation. L'analyse des
protocoles recueillis sur 15 sujets a montré que ce type d'examen
pouvait donner des renseignements précieux pour l'étude de l'état
affectif et du caractère de la personne analysée. B. N.
1165. — J. LINDWORSKY. - Denken und Fühlen >La pensée et le
sentiment). — A. f. ges. Ps., LXXXII, 3-4, 1931, p. 430-439.
Pour étudier comment une pensée peut engendrer un sentiment,
l'auteur a demandé à 3 personnes d'émettre une réflexion sur un
mot prononcé devant elles ou sur un objet présenté, et d'analyser par
quelle voie on est arrivé à cette réflexion.
Pe 305 protocoles ainsi recueillis, il ressort, que c'est en établis- PENSÉE ET ATTITUDES MENTALES 719
sant les différentes relations qu'on aboutit à la réflexion, l'identif
ication proprement dite ne joue ici qu'un faible rôle. Le sujet de la
pensée serait donc la relation, les sentiments supérieurs sont consti
tués par les phénomènes de conscience liés au sentiment. B. N.
1166. - D. D. SHBNDARKAR. - The nature of proof (La nature
de la preuve). — Ind. J. of Ps., VI, 4, 1931, p. 147-149.
Courte note sur l'attitude des sujets vis-à-vis de la preuve, suivant
le niveau de leur développement mental. Enumeration de quelques-
unes de ces attitudes, grâce aux données d'introspection de 12 étu
diants en Ps. qui ont à résoudre des problèmes d'arithmétique.
J. M.
1167. - OLIVER L. REISER. - The logic of Gestalt Psychology
[La logique de la psychologie de la Forme). — Ps. Rev., XXXVIII,
4, 1931, p. 359-368.
Il suffit de consulter n'importe quel manuel de psychologie pour
s'aviser que les problèmes relatifs au raisonnement sont peu élucidés.
Il importe cependant que le psychologue arrive à expliquer les pro
cessus de la pensée, de manière à rendre compte en même temps des
principes et des concepts qui constituent sa propre base. Or, de tous
les systèmes psychologiques contemporains, c'est la psychologie de
la forme qui aurait le plus de chances d'y parvenir. Elle « pourrait
être développée en un système capable de s'expliquer lui-même en
termes de ses principes de configuration ». Les processus logiques de
raisonnement n'offrent-ils pas l'allure d'un développement fermé
(closure) comparable à celle qui caractérise les gestes instinctifs ?
Et, le « problème » ne se présente-t-il pas comme une « Gestalt ou
verte » qui « aspire » à la solution ?
Cependant, c'est surtout en développant davantage les notions de
relativité et de transposition élaborées par les « Gestaltistes » et qui
se dégagent également des recherches de Lashley sur les processus
nerveux centraux qu'on pourra s'approcher de la solution de ce pro
blème. La distinction même entre le fond et la figure, quand on l'i
nterprète en termes de relativité physiologique, marque le point de
départ pour une théorie des mouvements de la pensée qui aboutissent,
par l'union des contraires, à des synthèses intellectuelles plus élevées.
L'auteur est assez optimiste pour espérer que de cette manière
on réussira peut-être à expliquer des formes de pensée aussi comp
lexes que celles des mathématiciens. P. K.
1168. — N. R. F. MAIER. — Reasoning in humans II. The solution
of a problem and its appearance in consciousness. [Le raisonnement
chez l'homme : la solution d'un problème et son apparition dans la
conscience). — J. of comp. Ps., XII, 1931, p. 181-194.
Le problème consiste à lier deux cordes qui pendent du plafond
et sont trop éloignées pour qu'on puisse les tenir ensemble dans leur
position normale ou même en inclinant vers l'autre, celle qu'on tient
à la main. On peut utiliser les objets qui se trouvent dans la chambre.
Il y a quatre solutions possibles (par exemple, attacher une des
cordes à une chaîne qu'on rapproche dans la direction de l'autre, et, 720 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
aller prendre celle-ci qu'on tend ensuite obliquement vers la pre
mière, etc.). Quand un sujet ne trouve pas la solution, l'expérimen
tateur fait des actes destinés à la suggérer (par exemple, il remue
une chaise ou balance la corde, en se promenant dans la salle). La solu
tion apparaît souvent de façon soudaine ; quelquefois, elle apparaît
en plusieurs temps (par exemple, on comprend d'abord le rôle du
balancement de la corde, et plus tard seulement, la nécessité de la
lester). Le moment où la suggestion est donnée est très important ;
son efficacité dépend du travail inconscient antérieur. Le fait essent
iel est celui d'un changement d'aspect qui survient dans un objet
(une pince est vue, non comme pince, mais comme objet pesant, etc.).
P. G.
1169. — H. T. LOWELL. — Explanation (Explication). — Austr.
J. of Ps., IX, 3, 1931, p. 214-221.
Exposé rapide des différentes méthodes d'explication du fait par
la loi, la cause, la classe et leur valeur comparée ; la partie la plus im
portante de l'article, porte sur l'explication par la fin ; plusieurs
théories sont envisagées, aboutissant à cette conclusion que l'homme
de science n'explique rien, mais décrit de façon de plus en plus adé
quate, pour lui l'explication n'est qu'un espoir ou une possibilité.
J. M.
1170. - G. BOUTHOUL. - L'Invention. - In-8° de 569 pages.
Paris, Marcel Giard, 1930. Prix : 75 francs.
Bien que cet ouvrage paraisse dans la Bibliothèque 'Sociologique
Internationale, aujourd'hui dirigée par G. Richard, ce n'est pas un
livre de sociologie ; le problème de l'invention est envisagé de façon
tout à fait générale, et si, après une étude purement psychologique,
le point de vue logique et le point de vue social font l'objet de
nouvelles séries de chapitres, celles-ci s'intègrent dans une psycholog
ie large ne méconnaissant pas les facteurs sociaux des mécanismes
individuels de pensée ; l'attitude de l'auteur est à cet égard assez
modérée et en somme assez sage ; elle s'oppose d'ailleurs, par
la très grande place donnée aux actions individuelles, à la sociologie
durkheimienne.
Dans une introduction, sont distinguées les inventions morales,
inventions de valeurs, et les inventions techniques, utilitaires, sans
que cette distinction maintenue dans les études analytiques paraisse
très féconde au sujet de la recherche des mécanismes psychologiques
en jeu, tout en prenant plus d'importance quand on se place au point
. de vue des influences sociales. Un petit point de terminologie sur l'em
ploi des termes découverte et invention laisse planer une certaine
incertitude, alors que, si l'on parlait correctement, il ne devrait en
rester aucune : on découvre des vérités, des lois, des phénomènes,
qui préexistent à cette découverte ; on découvre la rotondité de la
terre, la radioactivité, ou l'attraction universelle ; l'invention com
porte création de nouveauté ; on invente le phonographe ou la lampe
à incandescence. Mais ce n'est là qu'un détail. Dans la copieuse
étude de l'auteur, on trouve toute une psychologie reconstruite
pour les besoins de l'explication du processus inventif, avec une dis- ET. ATTITUDES MENTALES "j2{
tinction de facteurs intellectuels et de facteurs affectifs auxquels
pourraient se joindre, plus accessoirement, des éléments moteurs.
Mais l'effort de l'auteur tend à rendre claires et nettes les opérations
inventives, qui resteraient essentiellement conscientes, et qui com
porteraient des liaisons logiques prédominantes. Etudiant cette
logique de l'invention, B. procède à un exposé abstrait, qui concerne
l'invention en soi et ne cherche jamais à s'appliquer à une invention
définie. C'est ce qui ôte beaucoup de valeur à un livre qui ne se
nourrit pas de faits, ne s'illustre même pas d'exemples concrets,
et garde le ton dogmatique d'un manuel.
Dans la troisième partie, il semble que l'invention ne sert plus que
d'occasion et de prétexte à des discussions sociologiques sur la nature
et le rôle de ce qu'on a appelé conscience sociale, et sur l'influence
propre des individus dans la société et le système collectifs de
croyance et de pensée. H. P.
1171. - GH. NICOLLE. - Biologie de l'Invention. - In-16 de
161 pages. Paris, Alcan, 1932. Prix : 15 francs.
Un savant d'esprit original et de haute culture, un inventeur qui a
réussi et croit à son génie, réfléchit à sa vie, à l'histoire de sa pensée,
passe en revue les hommes qu'il a connus, et sans pédanterie, ne
craignant pas le paradoxe, il nous fait part de ses réflexions et de ses
remarques.
L'esprit de découverte étant un fait de la vie, un phénomène
naturel, N. a pensé que la technique qui lui avait permis de débrouiller
des problèmes biologiques pouvait encore servir dans ce cas, technique
mentale tout au moins.
« Si j'ai mal usé de la méthode, déclare-t-il, la faute m'en revient,
non à la méthode ».
Le point essentiel consiste à montrer que l'esprit créateur ne peut
se confondre avec l'intelligence ; la faculté d'invention représenterait
un accident, une rencontre fortuite, plus fréquente dans les groupe
ments hybrides que dans les races stabilisées.
« Quelles que soient ses origines, continue N., l'homme marqué
de l'aptitude au génie, le prédestiné, nous apparaît comme moins
complet, moins équilibré, moins normal que les hommes d'intell
igence bien ordonnée qui l'entourent. Son cerveau présente des
lacunes singulières, parfois énormes. Sa mécanique intellectuelle
échappe, en partie et dans certains moments surtout, à la direction
de la raison. Il se rapproche, par ce trait, des cerveaux de mentalité
primitive que ne gênent guère les conceptions o»ée=. contradictoires,
illogiques. Comme eux, il voit la cause et l'effet, à la fois, insépa
rables, liés à l'avance. N'étant pas gêné par la règle, ce voyant
associe des idées qu'un cerveau mieux équilibré n'oserait affronter,
dont il écarterait la scandaleuse union si elle se présentait involon
tairement à lui. Le cerveau discipliné répugne à l'apparence même de
l'illogisme. Or, c'est dans cette vision, incompatible avec les règles
et les disciplines mentales, union accidentelle, acrobatique, que
consiste expressément l'acte de découverte ». Là où les esprits compét
ents pataugent, on voit un chimiste comme Pasteur créer la médecine
des maladies infectieuses, et un financier comme Lavoisier créer la
i.'anni;f, psychologiq.uk. xxxii. 10