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Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 565-575

De
12 pages
L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 565-575
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 565-575.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 565-575.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30039PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 565
commode, puisqu'il n'exige pas une suite continue de malades, afin
de conserver la souche. Il est aussi moins dangereux. H. W.
617. - H. WILFRED EDDISON. - Problems of pyretotherapy
on paralytic dementia (Problèmes de pyrétothérapie dans la démence
paralytique). — J. of Ment. Se, LXXVI, 1930, p. 66-81.
L'auteur a pour but d'étudier le mécanisme par lequel la pyréto
thérapie influence les maladies mentales, et en particulier la démence
paralytique.
Après avoir discuté les diverses théories de la pathogenèse de la
démence paralytique, des formes différentes et des effets de la pyré
tothérapie, ainsi que la relation entre le fonctionnement du tissu
réticulo-endothélial et la pyrétogenèse, l'auteur apporte les résultats
des examens histologiques du tissu hématopoiétique (ganglions
lymphatiques, moelle osseuse) et du sang, faits par lui sur un groupe
de déments paralytiques traités et non traités. Il a trouvé chez ces
malades, une insuffisance du système hématopoiétique, surtout pro
noncée dans les cas non traités, dont l'aspect ressemble à celui pré
senté par l'anémie pernicieuse. L'action favorable de la pyrétothér
apie consiste dans la stimulation du fonctionnement de ce système.
Cette action doit être graduée, on peut contrôler son effet par les
analyses du sang. Dans les cas où les organes hématopoiétiques sont
trop affaiblis, il est important de les ménager. Pour tester leur état,
l'auteur conseille de commencer par des agents faibles, injection de
peptone, nucléinate de soude, etc. N'employer la malaria que quand
la réaction du sang montre une capacité fonctionnelle suffisante.
L'insuffisance des organes hématopoiétiques étant un des facteurs
de développement de la démence paralytique, l'auteur préconise la
malariathérapie comme mesure prophylactique dans les cas de lésions
syphilitiques discrètes, la discrétion de ces lésions étant un signe de
l'insuffisance des organes hématopoiétiques. B. N.
618. - HARRY GOLDSMITH. - Spinal drainage in alcoolic
deliria and other acute alcoolic psychosis (La ponction lombaire
dans le délire alcoolique et autres psychoses alcooliques aiguës). —
Am. J. of P., X, 1930, p. 255-265.
La ponction lombaire donne de très bons résultats dans les états
délirants dus à l'alcoolisme aigu, et ce traitement réduit le séjour à
l'hôpital des délirants alcooliques à 30 jours en moyenne dans 78 %
des cas. Mais ce traitement est le plus actif s'il est appliqué dans les
24 heures après l'admission des malades. Tout traitement ultérieur
est superflu dans la grande majorité des cas. J. A.
b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce 1
619. — OSWALD BUMKE. — Ueber Psychoanalyse (Sur la psychan
alyse). - Zent. f. Ps., III, 1930, p. 650-664.
Dans ce discours, tenu à la réunion annuelle de la Société des
1. Voir aussi les n°« 1.9, 20, 64, 80, 753, 1183. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 566
Naturalistes et des Médecins allemands, l'auteur critique le côté théo
rique et la méthode de la psychanalyse et fait un pronostic sombre
pour l'avenir de cette dernière. Il refuse de considérer comme scien
tifique une méthode, dont les conclusions sont basées uniquement
sur des interprétations arbitraires, permettant un jeu illimité de
l'imagination et ne pouvant être confirmées par des preuves réelles.
L'auteur proteste également contre le rôle trop indépendant attribué
par Freud à la subconscience. B. N.
620. — A. ROSS. — Some difficulties in Analytical theory and prac
tice (Quelques difficultés en théorie et en pratique psychanalytiques).
-Br. J.ofMed. Ps.,X, I, 1930, p. 1-19.
Quelques restrictions d'un psychanalyste de bon sens relatives à
la terminologie psychanalytique, à la portée de la méthode, aux exa
gérations des disciples de Freud et aux notions positives qu'il est
possible de conserver de tout cela. M. L.
621. — D. B. DUFF. — An enquiry concerning the Logic used in
Psychoanalysis (Enquête sur la logique de la méthode psychanalyt
ique). - Mind., XXXIX, 156, 1930, p. 461-465.
Excellente critique de la méthode psychanalytique exclue, de par
son principe même (matériel exclusivement humain) de tout contrôle
objectif (psychologie animale). Dès lors le critérium en sera pour le
psychanalyste son efficacité : la guérison. On connatt le schéma
général de la méthode. Un stimulus a engendré dans la vie d'une per
sonne un état psychique, complexe et inconscient, dont l'activation
ultérieure provoque l'apparition de symptômes. La thérapeutique
consiste à libérer le sujet de sa répression et à laisser le complexe
devenir conscient. La disparition du symptôme sera considérée comme
une preuve empirique de la justesse de l'hypothèse. Or, au mieux,
un tel test n'en prouve que la deuxième partie. Un test thérapeutique
peut n'être pas valide pour un facteur déterminé, à moins que ce
facteur ne soit à l'état d'activation au moment où le traitement est
appliqué et à moins que le traitement ne soit spécifique de ce facteur.
En ce qui concerne cette spécificité, deux cas peuvent se présenter.
Ou bien le traitement déplace le seul facteur auquel s'adresse le test
sans en modifier aucun autre susceptible d'influencer l'apparence du
symptôme. Ou bien, le traitement modifie les autres facteurs en sus
du facteur étudié. Il est très évident que la psychanalyse rentre dans
cette deuxième catégorie : d'où impossibilité d'aucun contrôle.
Quant aux succès thérapeutiques, dont se réclament les psychanal
ystes, les « Christian Scientists », les protagonistes de l'auto et de
l'hétéro-suggestion, de l'hypnotisme, etc., en offrent de comparables.
En somme, l'apparence d'efficacité de la méthode a banni tout
essai sérieux pour analyser logiquement ses conditions. M. L.
622. - R. LAFORGUE et S. NACHT. - Considérations psychanal
ytiques d'Hygiène mentale. — L'Hygiène mentale, XXV, 1930,
p. 33-48.
Description de quelques types de névroses pour lesquels serait utile
une prophylaxie basée sur la psychanalyse, et exposé des avantages PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 567
incontestables de celle-ci, grâce aux lumières qu'elle apporte en psy
chopathologie, pour la prophylaxie des maladies mentales.
M. H. P.
623. — ERNST SIMMEL. — Psychoanalytic treatment in a sanato
rium (Le traitement psychanalytique dans un Sanatorium). — I. .).
of Psychoan., X, 1, 1929, p. 70-89.
En avril 1927, S. fondait à Tégel, près de Berlin, le premier sana
torium psychanalytique (Schloss Tegel Sanatorium). Son but était,
comme il l'expliqua au congrès d' Innsbruck en septembre de la même
année, de rendre possible le traitement psychanalytique dans des cas
ne permettant pas au malade de circuler librement : névroses obses
sionnelles graves, psychoses in statu nascendi, toxicomanies, etc.
L'expérience a montré à S. qu'il avait choisi la bonne voie. Les mal
ades ne viennent pas à Zegel pour soigner (dans les deux sens du
mot !) leurs symptômes comme dans les maisons de santé ordinaire.
Ils n'y reçoivent pas les encouragements d'infirmières sentimentales
ou de médecins qui entretiennent leurs illusions. Pas de bromure ou
de luminal pour insensibiliser leur conscience à tout ce qui dérive de
l'inconscient. Tout doit forcer le malade à ne chercher qu'une forme
de soulagement : le traitement psychanalytique. Le traitement des
toxicomanes est particulièrement intéressant et efficace. La cure
tout entière, avec tous ses acteurs et accessoires : patient, médecin,
infirmière, drogue, injection ou boisson, etc., y est interprétée ana-
lytiquement (symboliquement). Par exemple, quand le patient a été
suffisamment préparé par la psychanalyse à être traité dans un
état de privation complète de la drogue, on lui ordonne de rester au
lit, et une infirmière lui est accessible jour et nuit, le réconfortant et
lui servant de mère, car ce que veut un toxicomane en dernier re
cours, c'est être un petit enfant au berceau, avec une mère tendre
que le père lui abandonne pour le nourrir et pour être toujours là
quand l'angoisse le prend. S. crée cette situation, qui se transforme
ensuite inévitablement dans la psychanalyse, lorsque la phase infant
ile disparaît. F.-W,
624. — E. GUTHEIL. — Beiträge zur Frage der Zwangsgedanken
(Contribution au problème des idées obsédantes). — Zent. f. Ps.,
III, 1930, p. 199-208.
Quatre observations de malades présentant des idées obsédantes
où la psychanalyse a permis de déceler un complexe refoulé, qui
serait l'origine de ces idées.
Dans la première, — obsession de gifler son chef — la cause serait
le doute sur l'origine du malade, la gifle serait une action symbolique,
pour se persuader que le père (représenté par le chef) est le vrai père.
Chez les autres malades, il s'agit d'idées obsédantes sur la peur de
mourir, à la base desquelles se trouveraient des désirs incestueux
refoulés. B. N.
625. - JACOB GOLDWYN. - Impulses to incendiarism and
theft (L'impulsion à la pyromanie et au vol). — Am. J. of P.,
IX, 1930, p. 1093-1099.
L'auteur rapporte le cas d'un Jeune homme de 20 ans, voleur, 568 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pyromane, et masturbateur. Le traitement par l'hypnotisme a révélé
que les troubles graves de la conduite ont pu être rattachés à des
traumatismes de l'enfance causés par de fortes peurs refoulées.
J. A.
626. - LOTTE KIRSCHNER. -*- Angst-Zwang-Muto (Peur, obses
sion, courage). — Zent., f., Ps., III, 1930, p. 209-216.
Observation d'une malade, chez laquelle les syndromes névro-
siques — peur et obsession, ont pu être surmontés à l'aide de la psy
chanalyse. L'auteur fait remarquer ici la relation étroite entre la
peur et l'origine des obsessions, ainsi qu'entre la disparition de ces
syndromes et l'apparition du courage pour la vie. B. N.
627. - LUISE MITSCHERLICH-CLAUSS. - Ausführungen über
Psychoanalyse auf Grund meiner Einsichten und meines Erlebens
als Analysand (Des propos sur la psychanalyse, à la base de mes
opinions et de mon expérience personnelle comme sujet analysé). —
Zent. f., Ps., III, 1930, p. 712-732.
En citant les travaux de Freud, et en se basant sur son expérience
personnelle comme sujet analysé, l'auteur défend ardemment la théo
rie et la pratique de la psychanalyse. Cet article est une réponse aux
critiques de Bumke, qui ont été publiées dans l'un des numéros de
ce même périodique. B. N.
628. — E. BLEULER. — Syntonie. Schizoidie. Schizophrénie. — J.
für. Ps., XXXVIII, 1, 1929, p. 47-57.
B. oppose d'abord schizoïdie et syntonie : une schizoide peut aimer
son fils comme sien et le haïr comme fils de l'homme haï, les deux
fonctions restant isolées et ambivalentes ; chez le syntone elles au
raient une résultante. L'inhibition schizoide n'atteint jamais une
fonction, mais seulement sa relation avec d'autres ou avec le moi ;
l'inhibition syntone réprime les fonctions qui ne peuvent se fondre
avec la tendance dominante.
B. suppose que le degré d'isolement ou de liaison d'une fonction
est régi par un mécanisme général, à 2 tendances opposées dont les
intensités varient indépendamment (comme dans le système auto
nome). Chez les schizoides prédominerait une forte tendance à l'is
olement ; chez les syntones, à l'unification. Les normaux présente
raient ces tendances à un degré moyen — ou les deux ensemble à un
degré supérieur.
Aucune limite ne séparant la schizophrénie de la schizoïdie, dont
celle-là semble un accroissement, l'action excessive de processus schi-
zochimiques (de schizormones ?) pourrait être la cause directe, à
la faveur d'un affaiblissement de la résistance du cerveau, des altéra
tions constatées chez les schizophrènes. G. D.
629. — CH. BLONDEL. — Quelques réflexions sur la schizophrénie
— Travaux de la Clinique de Psychiatrie de Strasbourg, 1930,
p. 1-40.
Avec beaucoup de clarté, l'A. montre comment les difficultés noso-
logiques que semblait avoir résolues la conception de la démence pré- PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 569
coce, telle que l'avait proposée Kraepelin, ont été remises en question
par la schizophrénie que Bleuler avait commencé par donner comme
son équivalent à peu près exact.
Aux démences organiques, diagnosticables d'emblée, s'ajoutaient,
avant Kraepelin, d'autres démences, qui pouvaient ou non survenir
à la suite de troubles vésaniques plus ou moins mal définis. Le mérite
de Kraepelin est d'avoir établi que la démence est toujours consécut
ive à certains de ces troubles et de les avoir spécifiés. Ils n'en sont
pas les prodromes, mais déjà les symptômes. Comme les autres, la
démence précoce est donc primitive et non secondaire à des troubles
qui ne seraient pas démentiels. Elle est acquise et non d'origine cons
titutionnelle. Parler de démence constitutionnelle n'est-ce pas
d'ailleurs un non sens ?
Au terme démence précoce Bleuler substitue celui, mieux approprié
à son avis, de schizophrémie, les troubles qu'il s'agit de définir consis
tant moins en démence proprement dite qu'en une dissociation des
fonctions psychiques. A ces troubles d'ailleurs il reconnaît, avec
Kraepelin, une origine organique. Mais cette base physiologique
n'empêche pas qu'ils soient susceptibles, dans leur détail en quelque
sorte épisodique, d'une interprétation psychanalytique.
Par là Bleuler en vient à mettre sur le compte de complexes extr
êmement forts certains états d'inertie que Kraepelin attribuait à la
simple dégradation psychique. En sens inverse, il explique par le
même mécanisme à peu près tous les troubles mentaux communé
ment qualifiés de fonctionnels. Bien plus, il admet que ces troubles
mentaux eux-mêmes sont la simple exagération de dispositions psy
chiques qui se rencontrent chez des sujets normaux. Par degrés la
schizophrénie s'atténue en schizoïdie pour aboutir à la schizothymie,
qui n'est qu'une certaine forme de constitution mentale.
D'où ce résultat que la schizophrénie, non seulement n'est plus
une démence, mais qu'elle devient la simple exagération d'une cons
titution. Et pourtant, elle a des origines lésionnelles. L'espèce d'anti
nomie résolue par Kraepelin reparaît.
Bleuler semble en ajourner la solution ; donc ne pas la méconn
aître, car il ne considère pas son œuvre comme achevée. Ce qu'il
vient de délimiter pour le dehors, il estime nécessaire et beaucoup
plus important de le définir par le dedans, c'est-à-dire de faire des
distinctions qui amèneront à reconnaître dans le groupe des schizo
phrénies des espèces différentes.
Mais ici, B. semble d'avis que la psychologie, dont l'intervention
lui paraît souvent intempérante dans le domaine de la psychiatrie,
doit céder le pas à l'anatomo-pathologie et au laboratoire. Sans
doute ! Et cependant se lèvent de nouveaux problèmes. Au premier
rang desquels une définition nouvelle de la démence, que rendent
urgente, non seulement les différences consenties entre la démence
précoce et les démences organiques, mais les paradoxes de la
organique elle-même, en particulier de la démence paralytique, de ses
surprenantes rémissions, sous l'influence en particulier de la malaria-
thérapie. Mais qui peut le tenter sinon la psychologie ? Une psychol
ogie, il est vrai, distincte de l'ancienne, pas foncièrement introspect
ive. H. W. / 570 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
630. — J. P. PAVLOW. — Essai de digression d'un physiologiste
dans le domaine de la psyehiatjie. — Ar. intern, de Pharrnacody-
namie, XXXVIII, 1930, p. 222-227.
Envisageant le sommeil comme une inhibition générale, — les
degrés limités de celle-ci engendrant les diverses catégories d'états
hypnotiques — P. est conduit à attribuer les symptômes de la schi
zophrénie, dans ses formes hébéphrénique et catatonique (l'apathie
et l'hébétude, les stéréotypies et le négativisme, l'humeur moqueuse
et le sans-gêne) à cette action inhibitrice caractéristique de l'hypnose :
La schizophrénie serait un état hypnotique chronique.
Les malades, qui ne répondent pas aux questions présentées sous
leur forme habituelle, à une question faite à voix basse et
calme (observation de Pierre Janet) ; or le chien, dans la phase para
doxale de l'hypnose par inhibition, ne donne plus sa réponse condition
née aux excitations fortes, mais la donne aux faibles.
Dans cet état, le chien, qui refuse l'aliment qu'on lui offre, le r
echerche si on le retire et présente donc du négativisme.
Pour les stéréotypies (écholalie, échopraxie), la plasticité catalep
tique, la catatonie par exagération du tonus, elles ont aussi leur
correspondant hypnotique.
Les facéties, Paggressivité accompagnent normalement le début de
l'inhibition^des hémisphères cérébraux avec libération fonctionnelle
des centres sous-corticaux, comme le montre la narcose alcoolique.
En somme, pour l'illustre physiologiste, les schizophrènes ne de
vraient pas être internés avec les aliénés, ce sont des malades ne
souffrant que d'un excès d'inhibition par faiblesse probable de leurs
cellules corticales.
Mais la notion de mécanisme est peut-être un peu trop simple.
H. P.
631. — H. CLAUDE. — Schizomanie à îorme imaginative. — Enc,
XXV, 1930, p. 715-727.
Le délire d'imagination ne consiste pas en de simples combinaisons
d'images ou d'idées. Ce n'est là qu'une façade, derrière laquelle il
faut chercher des raisons et des dispositions plus profondes. Ces ra
isons sont habituellement d'ordre affectif et le délire une façon de
compenser les satisfactions que la réalité n'offre pas aux tendances
affectives du sujet. Les dispositions sont celles connues sous le nom de
schizoides et consistent dans la facilité avec laquelle peut se produire
une scission entre la vie pratique du sujet et sa vie affective ou idéale..
Cette peut être plus ou moins profonde. Darts un des deux cas
cités par l'A. le délire se juxtapose à la vie du sujet sans qu'il y ait
pour ainsi dire de pénétration réciproque. Dans l'autre la malade,
de tempérament plus paranoïaque, tend à réagir sur les circonstances
réelles de sa vie au nom et dans le sens de son délire. H. W.
632. -- G. EWALD. — Dementia praeeox und Schizophrenie
[Démence précoce et schizophrénie). — Z. für g. N-, CXXIII, 1929,
p. 465-471.
L'auteur discute et rejette la tendance actuelle à confondre la
formule de la démence précoce basée sur un processus biologique avec PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 571
la formule schizophrénique dotée uniquement d'un contenu purement
psychologique. E. accorde à la psychologie une grande valeur
indicatrice, mais il trouve que les données des processus biologiques
doivent corriger les données d'une analyse psychologique.
J. A.
633. - G. HEUYER et M»e SERIN. - Les troubles du caractère
au début de la démence précoce. — An. M.-Ps., LXXXVIII, 1,
1930, p. 90-110. \
La démence précoce peut débuter à la puberté par des troubles du
caractère qui précèdent alors les troubles intellectuels, la perte du
contact vital avec l'ambiance, les psychomoteurs. A aucune
de ces séries il ne convient donc d'attribuer un rôle étiologique, non
plus qu'aux complexes psychanalytiques, même s'ils existent, comme
ils peuvent exister à titre d'effet dans bien d'autres cas de déséquil
ibre psychique. Au contraire, l'hérédité chargée du dément précoee,
soit au point de vue infectieux, soit au point de vue des tares mentales,
doit faire rechercher de ce côté la cause de la démence précoce.
Habituellement l'apparition des troubles du caractère fait contraste
avec l'attitude antérieure du malade. Les troubles consistent en vio
lences et inimitiés vis-à-vis de l'entourage, fugues, vols, excitation
ou perversions sexuelles, mythomanie. Ils se distinguent des perver
sions instinctives par la nouveauté de leur apparition, et parce qu'ils
n'ont pas le même caractère utilitaire ; des troubles épileptiques,
parce qu'ils n'ont pas le même caractère d'impulsivité ; des perver*
sions post-encéphalitiques, parce qu'ils ne font pas irruption avec la
même soudaineté immotivée ; des paroxysmes cyclothymiques, parce
qu'ils ne répondent pas à des périodes purement intermittentes d'exci
tation. H. W.
634. — L. DUCHENE. <- Les réactions étranges des dément» pré
coces. — Etude psychopathologique. — Thèse de Doctorat.
Faculté de médecine de Nancy, 1930. In-8 de 125 pages, et 8
planches hors-texte.
Ces réactions se classent en 2 catégories : d'une part, celles qui
puisent leur originalité dans leur caractère proprement démentiel ;
d'autre part, celles qui, sous un aspect normal sont seulement étranges
par leur apparition en un terrain apparemment indemne de troubles
psychopathiques. L'auteur relate longuement 14 cas et il montre
que, dans la démence précoce, tout est automatisme, que, dans sa
phase prodromique, elle peut être le départ de réactions anti-sociales
graves, dont le caractère pathologique est difficile à reconnaître.
M. H. P.
635. — J. VIE. — Les cyphoses des déments précoces. — An. M.-Ps.,
LXXXVIII, 2, 1930, p. 206-216.
Sur 108 démentes hébéphréno-catatoniques qu'il a examinées à
Maison-Blanche, l'A. en a trouvé 25 qui présentaient une cyphose,
soit locale, soit généralisée de la région dorsale. Cette cyphose s'accom
pagnait ou non de lordose ou de scoliose compensatrice. Elle était
irréductible même sous anesthesie et sa radiographie montrait les 572 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mêmes déformations de vertèbres que dans le rhumatisme défor
mant. Elle se rencontrait exclusivement chez des malades à démence
rapide et profonde. Il semble donc qu'elle soit bien en rapport avec
la démence précoce elle-même, avec les troubles nerveux de la dé
* étaient mence précoce, très marqués en particulier chez ces malades avec les : stase sanguine, vaso-moteurs décalcifica qui
tion, ostéophytes, tel est le mécanisme de ces cyphoses. Quant à
leur localisation, elle est déterminée par l'agitation propre ou cata-
tonique, qui se fait sur place et retentit essentiellement sur l'axe
vertébral. Il faut tenir compte également de l'attitude coutumière
au dément précoce, qui, dans son abandon de soi, ne réagit plus par
des mouvements de redressement et finit par se fixer en position
voûtée. H. W.
636. — L. MARCHAND. — La démence précoce symptomatique
d'encéphalite. — An. M.- Ps., LXXXVIII, 2, 1930, p. 5-36.
En regard de la démence précoce degenerative, neuro-épithéliale,
et plus fréquente peut-être qu'elle, il y a une démence précoce par
encéphalite inflammatoire, ainsi que l'attestent, à l'examen microsco
pique, les lésions vasculaires, les cellules satellites qui entourent les
cellules nerveuses altérées, parfois même l'existence de nodules infec
tieux.
Cliniquement, la démence précoce commence souvent à se déve
lopper au décours d'une infection, telle la fièvre typhoïde, la grippe,
la fièvre puerpérale, etc. Elle a aussi une sorte d'affinité pour les
terrains tuberculeux ou hérédo-syphilitique. Elle suit ou accompagne
des infections du névraxe : poliomyélite, délire aigu, encéphalite épi-
démique.
Elle présente aussi des rémissions et des récidives survenant après
plusieurs années d'évolution ou d'apparente guérison, commes'il
s'agissait d'infections capables de devenir latentes ou au contraire de
se réveiller. Cette origine souvent infectieuse de la démence précoce
ouvre un champ nouveau aux efforts de la thérapeutique.
7 observations avec microphotographies. H. W.
637. — M. FOLLY. — Un cas de démence précoce chez un bon
absent. Considérations sur les motifs invoqués par les bons absents.
— An. Ms.- Ps., LXXXVIII, 2, 1930, p. 235-238.
Ne pas se présenter au conseil de revision est habituellement pour
les recrues une manifestation d'insouciance. Mais il arrive que cette
insouciance ait des causes pathologiques. L'A. relate un de ces cas :
dès son arrivée au corps le malade s'est comporté en dément pré
coce. H. W.
638. - P. COURBON et MONDAIN. - Schizophrénie par hérédité
précessive chez une mère et ses trois enfants. — An. M.-Ps.,
LXXXVIII, 2, 1930, p. 135-146.
Les troubles mentaux apparaissent chez le fils aîné à 37 ans, chez
sa sœur, de 2 ans plus jeune, vers 19 ans. Chez le dernier né à 21 ans.
Quant à la mère, c'est à 63 ans seulement qu'elle se fait volontairement
interner. Il semble que son délire datait de quelques années. Mais PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 573
longtemps, elle avait supporté une vie pleine d'épreuves en per
sonne tout à fait normale. Le père était mort à 53 ans d'une conges
tion cérébrale sans paralysies.
Chez la mère et chez les enfants, ce sont les troubles mentaux qui
ont commencé. Tous avaient toujours présenté une tendance à
s'isoler. Aucun des enfants ne s'était marié et la mère ne l'avait fait
que par nécessité. Elle eût préféré se faire religieuse. Les deux fils
paraissent être tombés dans un état de véritable démence. La fille et
la mère montrent à l'asile une activité à peine troublée par leur délire,
qui est un délire hallucinatoire.
Si les enfants ont précédé leur mère dans la psychose, c'est sans
doute par convergence des tares paternelles et maternelles. Le fils
aîné y serait entré plus tardivement que ses frère et sœur en raison du
plus jeune âge et du meilleur état de santé des géniteurs. H. W.
639. - P. COURBON et G. FAIL. - Transformation radicale du
caractère d'une schizophrène après un purpura hémorragique in
fectieux. - Enc, XXV, 1930, p. 691-694.
Des maladies fébriles sont capables, évidemment par action humor
ale, de modifier le cours d'une affection mentale. Plusieurs cas de
démence précoce ont ainsi présenté des rémissions si complètes qu'il
est parfois possible de les appeler guérisons. Ici l'amélioration n'a
porté que sur le caractère, qui était congénitalement détestable et
qui est devenu d'une mansuétude parfaite. H. W.
640. - R. TARGOWLA et P. RUBENOVITCH. - Syndrome
schizophréno-catatonique suivi depuis quatorze ans. — Enc, XXV,
1930, p. 116-126.
Affection récidivante, qui passe chaque fois par trois phases : exci
tation génitale, stupeur catatonique, syndrome hébéphrénique.
Dans l'intervalle adaptation très suffisante aux conditions de la vie
normale. Cette évolution est rapportée par les A. à une imprégnation
tuberculeuse des centres nerveux, qui procède par poussée, mais qui
reste discrète. Ils insistent sur la survivance des troubles psycho-ner
veux aux. manifestations infectieuses. Ce cas est fréquent. Il montre
la possibilité de faire rentrer nombre de psychoses dans le cadre de
psycho-encéphalites et par cet intermédiaire dans celui de la pathologie
générale. Resterait à expliquer le caractère particulier des troubles
présentés par cette tuberculeuse. Les A. semblent admettre qu'elle
manifestait dès son enfance des tendances schizoides H. W.
641. — P. ABÉLY. — Le signe du miroir dans les psychoses et plus
spécialement dans la démence précoce. — An. M.-Ps., LXXXVIII,
1, 1930, p. 28-36.
La tendance à se regarder dans un miroir se rencontre dans diffé
rentes psychoses. Elle peut, les mélancolies d'involution, par
exemple, et dans certains délires hypochondriaques, répondre au
besoin de vérifier les effets apparents des troubles cénestopathiques ;
il en résulte alors des réactions à forme anxieuse. Elle figure avec une
très grande fréquence, surtout chez les hommes, dans les prodromes
de la démence précoce. C'est parfois un signe d'inquiétude, le sujet

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