//img.uscri.be/pth/b556eeeda2d52f88ff326fcade44226ae2372f7a
La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Psychologie clinique et pathologique - compte-rendu ; n°3 ; vol.88, pg 456-467

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1988 - Volume 88 - Numéro 3 - Pages 456-467
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

Psychologie clinique et pathologique
In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°3. pp. 456-467.
Citer ce document / Cite this document :
Psychologie clinique et pathologique. In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°3. pp. 456-467.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1988_num_88_3_29292456 Analyses bibliographiques
musicale des enfants de 5 mois à 5 ans et une dernière sur les compor
tements musicaux spontanés des enfants de 3 à 5 ans lorsqu'ils sont
laissés libres avec des instruments de musique.
Les autres chapitres sont moins traditionnels. Ils examinent des
questions très variées : 1 / quels facteurs familiaux induisent l'appren
tissage d'un instrument chez des enfants d'un niveau socioculturel
supérieur ? 2 / comment apprendre à vos enfants la préférence de la
musique que vous estimez « la meilleure » (à condition que ce soit de la dite « classique ») ; 3 / les bonnes et mauvaises méthodes
d'utilisation de la musique comme outil d'enseignement des langues
étrangères aux enfants ; 4 / une étude historique concernant les raisons
pour lesquelles il est mieux d'apprendre la musique ; 5 / les avantages
et les inconvénients des prix de conservatoires. Enfin, un dernier
article très instructif expose les différentes méthodes dites « actives »
de l'apprentissage de la musique.
Ce livre est à lire impérativement pour ceux qui sont à la recherche
d'un sujet d'étude puisqu'il a l'avantage de soulever une mine de ques
tions. Cependant, les résultats obtenus et les conclusions tirées sont à
manier avec précaution puisqu'il est bien connu qu'on ne trouve que
ce que l'on cherche...
C. Drake.
PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PATHOLOGIQUE
Beauchesne (H.). — Histoire de la psychopathologie, Paris, pu F,
1986, 268 p.
Si l'histoire de la psychologie et l'histoire de la psychiatrie sont
actuellement bien balisées, l'histoire de la psychopathologie n'avait pas
fait jusqu'ici l'objet d'une présentation panoramique rigoureuse et
claire.
Après s'être attaché à situer la psychopathologie — son champ, son
objet, sa méthode — et après avoir mis en évidence son identité et son
unité de démarche tensionnelle, Hervé Beauchesne nous en propose
l'histoire sous plusieurs abords complémentaires.
Dans une première perspective, les deux premières parties de
l'ouvrage distinguent les « origines » — conceptions magiques et médico-
philosophiques — et la « naissance », naissance au sens où Bachelard
nous a enseigné les conditions d'accès à la scientificité et ce qu'elle
implique de réfutation de l'intuition et des systèmes. A travers cette
approche érudite et ordonnée la continuité de la recherche psycho
pathologique se dessine au rythme même des ruptures épistémologiques
qui en scandent la progression. Psychologie clinique el pathologique 457
L'examen des grands courants — organiciste, psychanalytique,
phénoménologique, psychosociologique — compose la troisième partie
du livre et dégage fermement la logique de cette chronologie à travers
les mouvements qui structurent la genèse de la psychopathologie. Ici
encore l'exposé est net et éclairant : l'histoire des courants dessine leurs
lignes de force sans faire l'économie d'une analyse de leurs oppositions
internes, ni masquer les rapports qu'ils entretiennent entre eux.
L'histoire du présent constitue l'objet de la dernière partie du livre
et l'auteur y retrouve la nature tensionnelle de la psychopathologie
partagée entre la tendance à l'éclatement et la tendance à l'unité. Sans
transformer en drame ce qui est principe dynamique, Hervé Beauchesne
ne gomme pas les difficultés d'une discipline qui en est « au début de
ses développements » et il souligne que la diversité des approches et des
positions descriptive, comprehensive et explicative tient à la nature et
constitue la richesse de la réflexion proprement psychopathologique.
L'ouverture de la psychopathologie trouve son écho dans l'ouverture
d'esprit avec laquelle son histoire est brossée et ce livre assure à la
curiosité du lecteur les conditions d'un travail enrichi de la connaissance
des formes successives que prend la démarche psychopathologique dans
l'épaisseur du temps.
G. Redde.
Hardy-Bayle (M. C). — Enseignement de la psychiatrie : sémiologie
et logique décisionnelle en psychiatrie, Paris, Doin, 1986, 433 p.
Voici un ouvrage certainement promis à un grand avenir, car il est
le seul, dans le domaine considéré, à être conçu dans un esprit nouveau,
original et conforme aux progrès des connaissances. Les psychologues,
comme les psychiatres, en tireront un grand profit. S'il est trivial, en
effet, en face d'un malade ou d'une observation, de discuter sur les
causes et de raffiner sur les descriptions cliniques, on oublie trop souvent
d'énoncer les règles qui permettent de saisir dans un ensemble, aussi
clair et rigoureux que possible, les données « objectives » et les hypothèses
théoriques qui sous-tendent les concepts. C'est surtout ce qu'a tenté
l'auteur : au lieu de partir de la « maladie » pour aboutir à son traitement,
« il apparaît de plus en plus nécessaire d'enseigner... la démarche intel
lectuelle qui guide le raisonnement diagnostique du clinicien » (p. vu).
Telle est la conviction du Pr Widlöcher, sous la direction de qui ce
travail a été mené (Préface). Dans ces conditions, l'ouvrage traite de la
décision diagnostique, et non de la thérapeutique. Toutefois, le diagnostic
ne vise pas seulement à utiliser une classification, il « implique toujours
des conséquences d'ordre pronostique et thérapeutique » (p. vm).
C'est pourquoi les exemples de travaux dirigés et les arbres diagnost
iques (p. 308 à 433) proposés en fin de parcours seront précieux aux 458 Analyses bibliographiques
étudiants en psychologie clinique pour les aider à penser ensemble les
cadres nosographiques et les théories de la personnalité.
R. Doron.
Zoja (L.) et Hinshaw (R.) (Edit.). — The differing uses of symbolic
and clinical approaches in practice and theory, Zurich, Daimon, 1986,
369 p.
Ce volume comblera un vide fâcheux dans nos bibliothèques, qui
possèdent rarement des ouvrages récents consacrés aux travaux des
disciples de G. G. Jung. Il s'agit en effet de rassembler quelques contri
butions des nombreux participants au Congrès de l'Association inter
nationale de Psychologie analytique (Jérusalem, 1983). L'utilisation
de la symbolique jungienne est rare chez les cliniciens français : on en
trouvera une description critique dans de nombreux domaines de la
pathologie et de la culture en lisant les 25 chapitres d'un livre toujours
attrayant par la diversité de ses thèmes et le caractère concret de ses
analyses.
R. Doron.
Sandler (J.) et Freud (A.). — The analysis of defense : The Ego and
the mechanisms of defense revisited, New York, International Univers
ities Press, 1985, 556 p.
On connaît depuis longtemps les controverses suscitées en psycha
nalyse par les théories du moi : l'expression même de mécanismes de
défense a pu paraître malencontreuse. Il était donc utile de procéder à
un bilan des démarches théoriques et pratiques entreprises au moyen
de ces concepts. C'est ce à quoi s'emploie ce fort volume qui intéressera
les psychologues cliniciens. Plusieurs séminaires de la Hampstead Clinic,
entre les années 1970 et 1980, ont tenté des mises au point successives
dont les difficultés et les résultats sont ici consignés, d'après la trans
cription des échanges. Ces textes vivants et incisifs s'ordonnent autour
de plusieurs thèmes privilégiés : 1) La théorie des mécanismes de
défense ; 2) Les premières défenses contre le déplaisir et le danger ;
3) L'identification à l'agresseur et l'altruisme ; 4) Les instincts à la
puberté.
On trouvera là, par conséquent, étudiées dans l'ordre chronologique,
les opérations psychiques qui, dans l'une des perspectives postfreudiennes,
enrichissent la psychopathologie de l'enfance et de l'adolescence. On
notera, en particulier, des discussions sur les relations de la réalité et
de la vie fantasmatique.
R. Doron. Psychologie clinique et pathologique 459
Rutter (M.) et Hersov (L.). — Child and adolescent psychiatry
approaches, Oxford, Londres, Blackwell, 1985, 960 p.
Quarante-cinq « contributeurs » ont été réunis ici par Rutter et
Hersov pour couvrir le champ de la psychiatrie de l'enfant et de l'ado
lescent. Cette seconde édition, neuf années après la première, insiste
plus encore sur les nouvelles approches de cette discipline : de nombreux
chapitres ont été remaniés et 18 d'entre eux ont été ajoutés. C'est dire
que ce véritable « Manuel » présente un double intérêt : 1) La connais
sance d'un champ scientifique ; 2) L'occasion d'une réflexion épistémo-
logique sur celui-ci. Trois points doivent être soulignés, dont l'examen
critique permettra de fructueuses comparaisons avec les œuvres fran
çaises du même genre : 1) L'emploi du dsm ni ; 2) L'extension plus
grande des textes consacrés à l'adolescence ; 3) Le développement des
procédés de traitement.
De sorte que nous sommes maintenant en présence de cinq parties :
1) « Les facteurs du développement » ; 2) « Les théories du développe
ment » ; 3) « La description clinique » ; 4) « Les syndromes » ; 5) « Les
traitements ».
Ces 59 chapitres (dont chacun est suivi d'une abondante bibliogra
phie) ainsi qu'un index de 20 pages constituent un remarquable instru
ment de travail pour qui veut se repérer parmi les conceptions et les
pratiques anglo-saxonnes.
Mais il est évident que, malgré son aspect monumental, cet unique
volume ne peut répondre à tous les besoins. On devine que la multiplicité
et la complexité des problèmes abordés ne permettent à chaque auteur
qu'une étude rapide : un chercheur spécialisé devra trouver ailleurs les
documents plus spécifiques et plus récents qui enrichiraient son inves
tigation.
R. Doron.
Hilgard (E. R.). — Divided conciousness : Multiple controls in human
thought and action, 2e éd. augmentée, New York, John Wiley &
sons, 1986, 313 p.
Ceci est une réédition augmentée de l'ouvrage paru en 1977. Outre
les chapitres originaux, il comporte un chapitre final qui examine les
développements qu'ont subis les thèmes majeurs abordés dans l'ou
vrage, entre 1977 et 1986.
L'auteur utilise la méthode pathologique et accorde en outre une
part importante à l'hypnose.
Le sujet général de l'ouvrage, la dissociation, a été introduit par
Janet en 1889 sous le terme de désagrégation. A cette époque, ce concept
est interprété comme la séparation entre d'une part, la personnalité
majeure de l'individu et d'autre part, les systèmes d'idées. Ceux-ci sont
présentés comme une personnalité subordonnée, inconsciente, mais 460 Analyses bibliographiques
pouvant devenir conscients sous hypnose. Mais, depuis les années 60,
les progrès réalisés dans la connaissance de l'appareil cognitif humain
comme système de traitement de l'information ont amené à une nouvelle
interprétation en termes de néo-dissociationnisme, correspondant à la
définition de deux types de conscience, l'un actif, l'autre passif.
Après un chapitre introductif, chaque chapitre étudie de nombreux
cas explicables par la dissociation. Les thèmes abordés sont alors : les
cas de personnalités multiples et de possession, la régression sous
hypnose, l'amnésie, les hallucinations, le contrôle volontaire et invo
lontaire des mouvements musculaires, l'écriture automatique, les
différences individuelles de sensibilité à l'hypnose et à la suggestion
sous hypnose, la notion d'observateur caché et sa perception par le
sujet sous hypnose. L'attention divisée fait elle aussi l'objet d'un
chapitre et, pour l'auteur, les structures cognitives traitant l'information
avant la sélection finale sont interprétées comme dissociées.
En conclusion, Hilgard présente un système de fonctionnement de
l'individu normal comportant un contrôle central et deux fonctions,
l'une pour l'exécution des actions, l'autre pour la planification des
séquences d'actions et la surveillance de leur déroulement.
Le chapitre de remise à jour présente essentiellement des études
supplémentaires réalisées par des auteurs, sur l'observateur caché ainsi
que sur les cas de personnalités multiples, et des expériences de souvenirs
d'événements survenus lors d'anesthésies. Il comprend aussi des inter
prétations relatives à l'analgésie hypnotique.
E. Rosnet.
Phillips (E. L.). — Psychotherapy revised : new frontiers in research
and practice, Hillsdale (nj), Londres, Lawrence Erlbaum, 1985, 252 p.
L'abandon du traitement par le patient est un problème qui a été
assez peu étudié jusqu'à présent. Presque tous les bilans qui ont été
faits concernant les résultats des psychothérapies en parlent peu. On
sait que le taux d'abandon varie en fonction de la durée et du type de
traitement, du cadre dans lequel il se déroule, etc.
Lorsqu'on possède tous les éléments sur un type de thérapie, depuis
le nombre de sujets soumis aux entretiens initiaux jusqu'au nombre de
contrôles en follow-up, en passant par le nombre de séances de trait
ement, on peut dresser ce que Phillips nomme la « courbe d'attrition
caractéristique ». Depuis 1981 il constate que, dans le plus grand nombre
de cas, elle correspond à une distribution de Poisson : c'est une courbe
descendante négativement accélérée. Pour lui l'intérêt potentiel d'une
telle courbe est considérable. Dans le domaine de la psychothérapie,
toutes les recherches portant sur la sélection, le processus, le résultat et
l'évaluation ne peuvent plus faire l'économie de cette courbe. Sur le
plan pratique, elle peut avoir une certaine valeur prédictive concernant Psychologie clinique et pathologique 461
le nombre de séances le plus efficace lors des entretiens de prise en
charge, ou bien pendant le cours du traitement, selon qu'il s'agit d'une
thérapie brève, ou longue, ou intensive. Sur le plan théorique les diffé
rentes écoles de psychothérapie n'ont pas suffisamment intégré le
problème de l'abandon du traitement. Il paraît indispensable qu'elles
s'y intéressent désormais.
L'auteur, qui a travaillé essentiellement sur des consultants externes,
dans le cadre de centres de consultations universitaires, propose à la
réflexion une multitude de problèmes soulevés par l'abandon du trait
ement. Il étudie également le « flux des consultants », c'est-à-dire les
fluctuations de la demande en fonction du moment dans l'année.
Quand on passe de la notion individuelle d'abandon du traitement
à celle plus générale de courbe d'attrition, constatée de façon étonnam
ment stable et génératrice de recherches, on élargit nécessairement notre
conception à la psychothérapie. Phillips propose d'appeler : « Compor
tement de recherche d'aide » celui de ces sujets qui, dans un ensemble
géographique donné, vont d'un centre de consultation à un autre et,
de ce fait, s'inscrivent dans une courbe d'attrition analogue à celle
précédemment étudiée et retrouvée à propos du flux des consultants.
Il lui apparaît que l'étude microscopique du phénomène de consultation,
vu dans sa dimension sociale, peut en apprendre davantage sur le
comportement humain que ne le fait l'analyse microscopique limitée à
la relation duelle tout au long d'une psychothérapie.
J. Rognant.
Try on (W. W.) (Edit.). — Behavioral assessment in behavioral
medicine, Berlin, New York, Springer Verlag, 1985, 309 p.
Dans la collection déjà bien connue, dirigée par Franks et Evans et
consacrée à la Thérapie et à la Médecine comportementales, le quinzième
volume est intitulé : Evaluation comportementale en Médecine comport
ementale.
L'histoire des sciences, celle de la science médicale en particulier,
montre que de nombreux chercheurs commencent malheureusement
par construire des hypothèses théoriques avant de se préoccuper des
moyens d'évaluer, c'est-à-dire de mesurer objectivement les éléments
auxquels ces théories s'appliquent, ou bien ils utilisent des unités de
mesure mal définies ou mal standardisées.
L'évaluation apparaît donc comme la première démarche à entre
prendre pour faire apparaître similitudes ou différences entre les patients
étudiés et les sujets d'un groupe contrôle. Fiabilité, validité et précision
des résultats dépendent d'une évaluation correcte. Il apparaît que la
Médecine comportementale parvient actuellement à une croisée des
chemins : si elle veut progresser sur la voie d'une médecine scientifique,
elle doit commencer par se définir des méthodes d'évaluation standar- Analyses bibliographiques 462
disées afin de construire des hypothèses sur la nature de la maladie ou
de la dysfonction.
W. Tryon ne méconnaît pas les difficultés et les limites d'une telle
démarche préalable. L'objectivité de la mesure n'est accessible que dans
le cas de comportement visible de l'extérieur (overt behavior), tandis
que le privé (covert behavior) renvoie à l'approche
introspective dont la fiabilité et la validité restent le plus souvent
discutables. Les conséquences physiques et biologiques sont parfois
plus faciles à mesurer que les comportements eux-mêmes, surtout depuis
l'essor des techniques exploratoires et des appareillages portatifs. Ainsi
la teneur en thiocyanate de la salive peut-elle rendre mieux compte
de la consommation de tabac que le nombre de cigarettes fumées dans
la journée. De la même façon, aborder l'obésité en se limitant à la
notion de poids a pour inconvénient de négliger d'autres éléments
mesurables aussi importants, comme la suralimentation ou l'insuffisance
d'exercice physique. L'auteur consacre d'ailleurs tout un chapitre aux
multiples méthodes de mesure de l'activité humaine (activité globale
et activité segmentaire).
Centrés sur le thème de l'évaluation comportementale, les chapitres
de cet ouvrage, rédigés par des auteurs différents, étudient successiv
ement : l'obésité, la consommation de tabac, l'abus de l'alcool, l'activité
ambulatoire dans les maladies chroniques et le comportement au cours
des douleurs chroniques.
J. Rognant.
Freeman (L.) et Strean (H. S.). — Guilt : letting go, New York,
John Wiley, 1986, 270 p.
Il s'agit de l'étude du sentiment de culpabilité et des moyens de
pallier ses effets destructeurs. C'est un livre de vulgarisation destiné
à une large audience et conçu comme un guide.
Après avoir passé en revue les causes « réelles et fantasmatiques »
de la culpabilité tels les désirs interdits, le « trio infernal », le mythe
de la perfection... associés à l'anxiété, à la rancoeur et à l'angoisse, les
auteurs distinguent les différences de sentiments de culpabilité selon
le sexe et soulignent quelques-unes de ses soupapes perverses : alcoo
lisme, drogue, maladies, prédispositions aux accidents, boulimie,
anorexie, sur-activité, impossibilité à produire, frigidité, impuissance,
dépression, masochisme, sadisme... Ils montrent de façon illustrative
comment la culpabilité individuelle peut aussi être utilisée par autrui
comme moyen d'influence : pour les intentions de vote, la consommation
de biens de production... voire pour se libérer et s'accepter. A partir
de deux exemples particuliers de meurtres, les auteurs expliquent
comment le sentiment de culpabilité peut mener à la délinquance, et certains psychopathes peuvent nier ou donner l'impression
de nier toute culpabilité. Psychologie clinique et pathologique 463
Dans la deuxième partie de l'ouvrage, consacrée aux moyens de se
libérer de cette culpabilité, les auteurs invitent chacun à la regarder en
face pour en comprendre les soubassements, la plupart du temps irra
tionnels, afin de mieux la contrôler. Ne plus être hanté par la culpabilité
permet une nouvelle liberté au fur et à mesure où les hontes sans fonde
ments, causes de terreur inutiles, d'angoisses et de rancœur seront
éliminées. L'ouvrage se termine par 19 sentences destinées à mieux
comprendre et à maîtriser sa culpabilité. Cette publication fait songer
à ces ouvrages de vulgarisation qui invitent le lecteur à trouver un
« mode d'emploi » pour sortir de sa névrose. On ne s'étonnera pas de
l'absence de toute bibliographie.
J. Selosse.
De Grace (G. R.) et Joshi (P.) (Edit.). — Les crises de la vie adulte,
Montréal, Decarie, 1986, 373 p.
Voici un recueil d'articles qui offre le grand intérêt de grouper des
auteurs de langue française d'origines différentes : des universitaires et
des praticiens canadiens (Université de Laval) et français (Paris V,
Nice, Dijon). Les thèmes abordés sont l'échec amoureux, la séparation,
le divorce, la maternité, le chômage et le changement de carrière, le
vieillissement et la mort. Les perspectives théoriques et les solutions
proposées sont très variées : approches cognitiviste, psychosociale,
culturelle, philosophique, humaniste.
Le lecteur y trouvera d'abondantes références bibliographiques et
un bon aperçu du mode de pensée « américain » en matière de psychologie
de l'adulte : références éclectiques, point de vue pragmatique et plein
de bon sens, recherches empiriques très ponctuelles, méthodologie se
fondant sur des questionnaires et des échelles (estime de soi, dépression,
solitude, « sens à la vie » (sic)).
Néanmoins, les articles sont de qualité très inégale et la présentation
négligée : les noms des auteurs ne sont pas mentionnés dans la table
des matières, les noms des articles n'apparaissent pas sur chaque page,
les bibliographies contiennent de nombreuses erreurs ou omissions et
il n'y a pas d'index des thèmes.
Les points forts de ce recueil très hétérogène sont l'excellente revue
de questions de Richard Cloutier qui présente « Le cycle de la relation
parent-enfant », le texte d'Alexandra Bachelor sur « La dépression chez
la femme : aspects psychodynamiques et préventifs », celui de Claude
Lévy-Leboyer sur les « Conséquences psychologiques du chômage des
jeunes ». Jean Leahey, dans un article très bien tourné, décrit le « chemi
nement existentiel » du couple comme un processus dynamique entre
déni et confrontation, et Nicolas Zay fait un tour d'horizon prospectif
du problème de « La santé chez les personnes âgées ». D'autres articles
sont d'inspiration humaniste et nous introduisent à la logothérapie de Analyses bibliographiques 464
Frankl (Louis Mignault et Gaston-René De Grace, Pierre-Charles
Morin). Enfin, il faut signaler l'article très documenté de Roland Doron
sur « Le langage de la psychopathologie de l'adulte », qui retrace l'histoire
des grands courants de pensée en matière de psychopathologie de
Descartes à nos jours.
A. Andronikof-Sanglade.
Chess (S.) et Thomas (A.) (Edit.). — Annual progress in child
psychiatry and child development, 1985, New York, Brunner Mazel,
1986, 655 p.
Cet ouvrage rassemble des contributions variées concernant la
psychiatrie et le développement de l'enfant et permet d'avoir une vue
d'ensemble sur les tendances actuelles de la recherche dans ce domaine.
Neuf chapitres regroupent divers types d'études :
I. « Le très jeune enfant », où T. Field et collaborateurs montrent
que le visage de la mère est suffisant à lui seul pour déclencher des
réactions chez le nouveau-né, alors que jusque-là les études associaient
habituellement le visage et la voix.
II. « Le développement ». — Dans ce chapitre les auteurs insistent
sur la nécessité d'un abord multifactoriel (A. D. B. Clarke et A. M. Clarke).
Certains remettent en question l'importance qui a été donnée aux
premiers contacts peau à peau et dénoncent les excès de l'utilisation du
concept de bonding. P. Tanguay remet lui en question le dsm m (très
largement cité dans nombre des études de cet ouvrage) et propose une
approche du développement d'après les stades cognitifs de Piaget.
(C'est une des rares références à un auteur non anglo-saxon.)
III. « La famille ». — Où l'on voit que la garde conjointe n'est pas
la panacée attendue.
IV. « Les mères qui travaillent à l'extérieur ». — Ne sont pas aussi
nocives que certains chercheurs américains ont voulu le faire croire.
Tout dépend de la qualité des substituts.
V. « Le tempérament » est un chapitre particulièrement développé
où l'accent est mis une fois de plus sur l'importance de l'interaction
tempérament-environnement.
Dans une des recherches, J. Kagan et ses collaborateurs mettent en
évidence la relative stabilité du trait de tempérament qu'est l'inhibition
et sa corrélation avec les battements du cœur chez des enfants de
21 mois à 4 ans.
VI. « Tempérament et culture ». — Dans l'étude de 984 enfants
québécois du secondaire on retrouve une prévalence des difficultés
chez les garçons.
VII. « Les désordres du développement ». — Ils font pour la première
fois l'objet d'un chapitre. Les troubles de l'acquisition du langage et
l'autisme sont étudiés.