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C. Andrieux
F Bresson
S. Ehrlich
Claude Flament
César Florès
P Fraisse
Y Galifret
N. Heissler
P. Jampolsky
F. Jodelet
J. Le Ny
Geneviève Oléron
Pierre Oléron
F. Orsini
Henri Piéron
I. — Psychologie générale. Traités : Par C. Andrieux, F.
Bresson, S. Ehrlich, C. Flament, C. Florès, P. Fraisse, Y.
Galifret, N. Heissler, P. Jampolsky, F. Jodelet, J. Le Ny, G.
Oléron, P. Oléron, F. Orsini, H. Piéron
In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°1. pp. 291-319.
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Andrieux C., Bresson F, Ehrlich S., Flament Claude, Florès César, Fraisse P, Galifret Y, Heissler N., Jampolsky P., Jodelet F.,
Le Ny J., Oléron Geneviève, Oléron Pierre, Orsini F., Piéron Henri. I. — Psychologie générale. Traités : Par C. Andrieux, F.
Bresson, S. Ehrlich, C. Flament, C. Florès, P. Fraisse, Y. Galifret, N. Heissler, P. Jampolsky, F. Jodelet, J. Le Ny, G. Oléron, P.
Oléron, F. Orsini, H. Piéron. In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°1. pp. 291-319.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1959_num_59_1_6630— LIVRES II.
I. — Psychologie générale. Traités
PIÉRON (H.). — De l'actinie à l'homme. Études de psychophys
iologie comparée, t. I : Anticipation et mémoire, bases de l'évolu
tion psychique. — In-8° de 306 pages, Paris, P.U.F., 1958.
Le Pr Piéron présente dans ce premier volume un recueil de textes
publiés par lui tout au long de sa carrière : leur ensemble fait apparaître
remarquablement l'union intime de la réflexion et de l'expérience.
L'évolution de ses recherches si fécondes dans le domaine de la psycho
physiologie comparée se trouve ainsi retracée, ordonnée, commentée
et située dans ses perspectives théoriques et méthodologiques.
Celles-ci, qui devaient marquer profondément l'esprit de la psychol
ogie scientifique, sont clairement définies dans les articles qui composent
la première partie du recueil, sous le titre : La psychologie objective dégagée
de l'étude des animaux. Retraçant la genèse de cette attitude objective
dans du comportement humain aussi bien qu'animal (chap. I
et II), le Pr Piéron montre qu'elle est au plus haut point légitime et
féconde. Sa légitimité s'atteste (chap. Ill) dans la discussion de la
doctrine dualiste (« il y a bien un dualisme, qui n'oppose pas du tout le
psychique et le physique... mais l'unique à l'universel, le fait concret
au schéma, la sensation qui s'éprouve et s'évanouit au concept qui
s'exprime et se fixe ») et dans la récusation d'un behaviorisme étroit qui
oublierait de rechercher les aspects proprement physiologiques des
mécanismes commandant les conduites des organismes et de rattacher
ceux-ci à l'ensemble des processus vitaux (chap. IV). La fécondité de
l'attitude objective se prouve dans Vétude des sensations (chap. V) et
dans l'exploration du domaine de la psychophysiologie (chap. VI), nette
ment déterminé, où l'auteur montre « la collaboration des méthodes de
la physiologie, science analytique des fonctions, et de la psychologie,
science du comportement global des organismes ».
C'est cette collaboration qu'illustrent brillamment les recherches
expérimentales sur V anticipation et la mémoire élémentaire, dont la
plupart ont fait date : leur relation occupe le reste du volume. Une série
d'études (IIe Partie) porte sur les phénomènes d'anticipation adaptative
et de rythmisation induite du comportement chez les animaux et l'homme
(anticipation rythmique de la protection contre l'anoxie chez l'Actinie,
rythmes de la livrée chromatique chez le Crustacé, des attitudes mimét
iques des Phasmides ou du d'ascension et de descente
des Convoluta, rythme anticipateur du sommeil chez l'animal et l'homme,
inversion du nycthéméral de la température chez l'homme dans
les conditions d'activité nocturne suivie de repos diurne). D'un bout 292 ANALYSÉS BlßUOGKAt'HlQtjKS
à l'autre de l'échelle des vivants on trouve des phénomènes d'antici
pation adaptative, qui de réflexes sont devenus rythmiques et, induits
tout d'abord par les modifications périodiques du milieu extérieur et
intérieur, ont persisté en devenant relativement indépendants de celles-
ci. On est en droit d'y voir les phénomènes mnémoniques élémentaires,
aussi bien chez l'Actinie s'épanouissant et se fermant selon la marée
montante et descendante que chez l'homme pour qui l'endormissement
précède normalement le besoin « réel » de sommeil causé par l'intoxi
cation cérébrale.
La IIIe Partie est consacrée aux bases mnémoniques de V orientation
lointaine. Les constatations faites sur des animaux ayant un champ
d'action très rétréci ont préparé la solution du problème du « homing »
à longue distance. Bien avant les découvertes de Von Frisch, « les seules
données acquises par l'étude des Patelles et des Fourmis résolvaient
presque entièrement le problème de l'orientation lointaine et fournis
saient de précieux renseignements sur la mémoire des animaux ».
La IVe Partie, enfin, s'emploie à dégager l'idée d'une communauté
des lois de la mémoire animale et de la mémoire humaine. Proposant le
terme de « réflexes préconditionnés » pour une catégorie de réflexes
héréditaires mais susceptibles d'extinction par inhibition, posant qu'une
acquisition mnémonique peut se traduire par une acquisition négative
(suppression d'une réaction habituelle), l'auteur applique la méthode
du conditionnement inhibiteur à l'étude de la mémoire chez les mollusques,
en utilisant leurs réactions à l'obscuration. « La méthode des réactions
conditionnées, écrit-il, permet d'aborder une étude numérique des
phénomènes de mémoire dans les diverses espèces animales, par déter
mination de la vitesse de maturation dans l'établissement mnémonique
du conditionnement (intervalle optimum de fixation) et de la vitesse
d'évanouissement spontané de ce dernier, ou vitesse d'oubli. » Le dernier
article décrit des recherches sur l'acquisition d'habitudes et la mémoire
sensorielle chez le Poulpe, ainsi que sur une certaine connaissance du
« home » la Blennie. F. J.
PIËRON (H.) et coll. — Vocabulaire de la Psychologie (2e éd.). —
In-8° de 469 pages, Paris, P.U.F., 1957.
La deuxième édition revue et augmentée du Vocabulaire de la
Psychologie vise à améliorer encore un instrument de travail qu'utilisent
avec fruit, depuis 1951, praticiens, chercheurs et étudiants. Elle cherche
à tenir compte de l'évolution rapide de la psychologie scientifique et
des liens de plus en plus nombreux qui se nouent entre celle-ci et les
disciplines frontalières. Elle s'est efforcée notamment d'intégrer les
acquisitions de l'anatomophysiologie nerveuse, de la neurophysiologie,
de la théorie de l'information et de la psychologie sociale. Plusieurs
centaines de mots ont été ajoutés, ainsi que deux annexes (lexique de
pharmacopsychologie, lexique des racines grecques du vocabulaire
psychologique). LIVRES 293
La conception générale de ce vocabulaire n'a pas changé : il s'efforce
d'être utile, en accordant une place privilégiée aux termes techniques.
Il néglige les termes vagues de la psychologie populaire et ne censure
que ceux relevant d'un vocabulaire trop personnel, n'ayant aucune
chance d'adoption ou faisant double emploi. L'auteur prévient enfin
que l'insertion de néologismes nu de mots étrangers n'implique aucune
approbation de leur création ou de leur importation littérale et ne vise
qu'à faciliter la lecture des textes où ils figurent. F. J.
SIMON (B.). — Psychology in the Soviet Union (La psychologie en
Union soviétique). — In-8° de 305 pages, Londres, Routledge and
Kegan Paul L.T.D., 1957.
Il s'agit d'un recueil d'articles de dix-neuf psychologues soviétiques
traduits du russe en anglais ; la sélection de ces articles et la mise au
point du volume ont été réalisées en accord étroit avec les auteurs et
notamment avec A. A. Smirnov, directeur de l'Institut de Psychologie
de Moscou.
C'est ce dernier d'ailleurs qui, après une introduction de l'éditeur,
ouvre le volume par un bilan critique de la recherche psychologique
en U.R. S. S. de 1953 à 1955. Toute une partie est ensuite consacrée aux
problèmes ayant rapport avec l'activité nerveuse supérieure pavlovienne
et son importance à l'égard de la psychologie ; des questions aussi
variées que la psychologie de l'enfant (Elkonin), la compréhension
(Bogoiavlenoki), l'attention volontaire et involontaire (Milerian) sont
envisagées dans cette optique ; sur cette base aussi sont présentées des
recherches portant sur la perception (E. N. Sokolov), la sensibilité de
l'analyseur visuel (Schwartz), le développement des mouvements volont
aires (Zaporojets), le rôle du langage dans la formation des liaisons
temporaires (Luria).
La section suivante groupe trois articles sur la perception et la
mémoire dus à Ananiev, Zankov et Leontiev et Rozanova.
Viennent ensuite une série de contributions consacrées à la psychol
ogie de l'apprentissage et des processus mentaux qu'il implique, surtout
chez l'enfant ; Smirnov, Menchinskaïa, Liublinskaïa, Slavina, Galperin,
Leontiev traitent de ces problèmes ; les idées de Pavlov trouvent ici
encore nombre d'applications et prennent la place laissée par l'abandon
de la « pédologie » et de la pratique des tests. Enfin trois articles géné
raux concernent la définition des « habiletés » et des « habitudes » par
Boïko, l'utilisation de la méthode objective en psychologie par Teplov,
et des questions de théorie psychologique par Rubinstein. (Ce dernier
article a également été publié en français dans le recueil Psychol
ogie-activité nerveuse supérieure des éditions de la Nouvelle Critique).
En appendice sont donnés une présentation de « la recherche psycho
pathologique en U.R. S. S. » faite par Luria, et un compte rendu du
XIVe Congrès international de Psychologie dû à Zaporojets et
Sokolov. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 294
Une bibliographie russe de 69 titres et un index complètent ce volume
qui est certainement le document le plus complet que nous ayons en
Occident sur la psychologie soviétique. J. L. N.
GLASER (R.), ZUBIN (J.), LINDSLEY (D. B.), NOWLIS (V.),
COFER (C. N.), GUETZKOW (H.), CARROLL (J. B.), HAMLIN
(R. M.), FRENCH (T. M.). — Current trends in the description
and analysis of behavior (Tendances actuelles dans la et
V analyse du comportement). — In-8° de 242 pages, Pittsburgh,
University of Pittsburgh Press, 1958.
Le sujet de ce nouveau volume de cette collection était très inté
ressant et la réunion de spécialistes venant d'horizons très différents
était pleine de promesses. L'ouvrage laisse malheureusement le lecteur
sur sa faim ; chaque spécialiste est resté, à juste titre, centré sur ses
problèmes, mais sans adopter le point de vue critique qui était impliqué
dans le sujet du symposium, et l'on demeure au niveau d'une série de
descriptions de techniques.
Glaser expose le choix de variables descriptives dans l'observation
de groupes réunis pour résoudre un problème. Les 13 variables isolées
ont trait à la communication intra et extra-groupe, aux relations tempor
elles entre les activités, aux processus impliqués. Le chapitre suivant,
dû à Zubin, expose l'intérêt d'un modèle biométrique en psychopathol
ogie. Il s'agit de rechercher systématiquement les déviations du compor
tement des malades, à différents niveaux, pour caractériser les déviations
du fonctionnement nerveux qui sous-tendraient les différents troubles
psychiatriques observés et aboutir à un diagnostic plus systématique.
La contribution de Lindsley consiste en un exposé des connaissances
modernes sur le rôle des influx centrifuges dans la perception, et part
iculièrement des effets du système réticulaire. Cet exposé reprend des
travaux de l'auteur sur l'utilisation de l'E.E.G. comme indicateur de
vigilance dans des situations de temps de réaction perceptifs visuels,
et sur le rôle facilitateur de l'activation directe du système réticulaire
chez des singes dans des situations analogues.
Nowlis montre l'intérêt de l'utilisation des composés pharmaco-
dynamiques dans l'étude des variations de l'humeur, mais les exemples
choisis, qui portent sur les dans les communications à l'inté
rieur des groupes, sont loin d'être convaincants. Cofer expose l'intérêt
de la théorie de la médiation qu'Osgood a développée, et donne des
exemples tirés surtout d'études sur le comportement verbal.
Guetzkow étudie les problèmes des relations entre théorie et méthodes
en psychologie sociale. Il se place d'un point de vue très général et
montre que les techniques utilisées dans ce domaine de recherche ont
été empruntées à d'autres et qu'elles n'ont pas mené à de nouveaux
développements théoriques, mais à l'étude de nouvelles variables.
Inversement les théories qui ont pu être développées ont entraîné l'él
aboration de nouvelles méthodes : il y a une interaction entre méthodes LIVRES 295
et modèles en psychologie sociale. En ce sens il convient de s'attacher
à développer des modèles de plus en plus complexes et de codifier les
méthodes pour développer simultanément ces deux aspects de la
recherche.
Carroll précise les buts et les techniques de ce qu'on appelle main
tenant psycholinguistique. Il indique sur quelques expériences récentes
comment le comportement linguistique des sujets peut être prévisible :
il s'agit de l'un des chapitres de cet ouvrage qui répond le mieux au pro
blème indiqué dans le titre général : description et analyse du comport
ement, sans doute parce qu'il s'agit d'un domaine relativement plus
restreint et où le langage comme objet introduit une certaine unité.
Hamlin traite des problèmes propres à la psychothérapie et montre
la tendance actuelle vers une étude plus proche des recherches scienti
fiques, mais aussi les difficultés de sa réalisation, l'intérêt pour une élabo
ration plus rigoureuse des concepts et pour des techniques d'observation
du comportement plus précises et plus fidèles. Dans le dernier chapitre,
French montre l'importance pour le psychanalyste de s'intéresser aux
motivations qui amènent le sujet à refouler ou inhiber ses motivations
sources de troubles : culpabilité, honte, etc. Dans cette perspective, il
introduit des distinctions entre ces différentes motivations, sans que
l'on voie en quoi ces considérations, si intéressantes qu'elles puissent
être, se rattachent au problème général de cet ouvrage.
F. B.
WALSH (E. G.). — Physiology of the nervous system. With chapters
on somatic sensibility and the applied physiology of pain by Marshall
(J.) (Physiologie du système nerveux. Avec des chapitres sur la sensib
ilité somatique et la physiologie appliquée de la douleur). — In-8°
de xv-563 pages, Londres, Longman, Green & Co., 1957.
Ce manuel de physiologie du système nerveux est très orienté vers
la clinique neurologique et la psychologie, ce qui lui donne un caractère
original. L'ouvrage est bien fait, très clair et illustré d'exemples bien
choisis ; il est d'inspiration moderne. Le contenu est naturellement dans
l'ensemble celui de tout traité de physiologie nerveuse. Un tel livre ne se
résume pas, mais en voici les têtes de chapitres : nerfs et muscles ;
sensibilité somatique, douleur avec des aperçus sur la pathologie ;
système spinal ; fonctions labyrinthiques et posture ; le cervelet ; le
cortex, l'olfaction, l'E.E.G., la conscience (vigilance) ; le système auditif
et les lobes temporaux, le système visuel ; le contrôle cortical de la
motricité ; les voies sensorielles, le thalamus ; le lobe pariétal et le
langage, les troubles aphasiques et apraxiques ; l'hypothalamus, le
rhinencéphale, les lobes frontaux, les besoins, l'émotion et les troubles
de la personnalité.
La bibliographie va jusqu'en 1954 et on a le plaisir d'y voir cités
quelques auteurs français. Un bon manuel pour les étudiants de psychol
ogie et de psychophysiologie.
F. B. 296 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
WEIZSAECKBR (V. VON). — Le cycle de la structure (trad, de
l'allemand par M. Foucault et D. Rocher, préface de Henri Ey). —
In-8° de 230 pages, Paris, Desclée de Brouwer, 1958.
La traduction de l'ouvrage célèbre Der Gestaltkreis ne peut qu'être
bien accueillie car, en matière de neuropathologie, les idées développées
par von Weizsaecker ont eu un grand retentissement et une incontestable
influence. Tout en se rapprochant des faits, elles sont d'inspiration princ
ipalement philosophique, et, dans les observations, se manifeste toujours,
dans tous les travaux de l'auteur, la forte imprégnation spéculative.
Son attitude animiste a eu un caractère primitif. Il rappelle (p. 159)
que « si l'on cherche à expliquer les manifestations de la vie par une
substance matérielle, on va toujours à un échec », tout en soulignant
que « le fait que le corps soit doué d'une âme n'implique nullement
une rupture des lois » matérielles. Mais la préoccupation essentielle est
de rendre compte des faits observés avec toute leur complexité, en
particulier dans le domaine pathologique, d'où une réaction très forte
contre le simplisme de la psychophysique fechnérienne. La « dynamique
psychophysique » (1932) a précédé le premier exposé (1933) de la notion
du cycle (Pflüger's Archiv), en analysant les réactions d'équilibration.
On peut remplacer une perception de mouvement en se mouvant soi-
même, comme on peut s'épargner un auto-mouvement par la perception
d'un mouvement. Il existe entre perception et mouvement une étroite
liaison réciproque représentant la relation organisme-milieu qui constitue
un cycle fermé.
Peut-on dire que cette notion a constitué une découverte originale ?
L'originalité a en réalité consisté à en faire un principe explicatif général,
une sorte de symbole des adaptations vitales.
Tous les exemples concrets que von Weizsaecker oppose aux méca
nismes anatomiques rigides illustrent cette donnée générale — qu'il
n'exprime pas sous cette forme — que la perception n'est pas un effet
simple des modalités de stimulation, mais une interprétation, comportant
toutes corrections nécessaires, pour permettre une adaptation correcte
aux objets et aux réalités spatio-temporelles.
La critique des mécanismes physiologiques est moins valable car elle
se fonde sur une neurophysiologie bien dépassée aujourd'hui. Et la
métaphysique réapparaît quand la variabilité des réactions adaptatives
— qui rend effectivement les prévisions incertaines — conduit à l'affi
rmation de l'indéterminisme. Les exposés de l'auteur ont eu le mérite
d'attirer l'attention sur le danger des explications simplistes, en se
fondant sur des observations et des recherches expérimentales bien
conduites.
Mais en revanche le danger est le même que celui que présente
le globalisme de Goldstein : renoncer aux analyses précises. Le
« Funktions-Wandel » de von Weizsaecker est une formule commode,
qui empêche, si l'on s'y tient comme à une « clef » (p. 90), de déterminer
les « pourquoi » et les « comment », et qui, employée mal à propos, empêche Livitns 297
même de reconnaître des mécanismes réels quand ceux-ci s'exercent
dans des conditions favorables.
L'auteur en donne un bel exemple dans de prétendues « explications »
de la loi de Weber (p. 82) se fondant sur ce qui peut « intéresser l'organe ».
D'après lui on peut définir « le comportement du sens de la force, tel que
le représente la loi de E. H. Weber, comme une illusion constitutive,
qui permet la perception de qualités spécifiques des corps ». Dans ce
domaine, c'est à la neurophysiologie qu'il appartient de rendre compte
des lois élémentaires, sans oublier que les interprétations perceptives
peuvent masquer certains effets de ces lois. H. P.
FBIGL (H.), SCRIVEN (M). — Minnesota studies in the philosophy
of science, vol. I : The foundations of science and the concepts of
psychology and psychoanalysis (Études sur la philosophie de la science,
de l'Université de Minnesota, vol. I : Les fondements de la science
et les concepts de la psychologie et de la psychanalyse) . — In-8° de xiv-
346 pages, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1956.
Feigl et Scriven ont édité ce volume qui réunit 12 études de différents
auteurs consacrées à des problèmes d'épistémologie et de méthodologie ;
la plupart portent sur la psychologie, les autres sur les sciences humaines
en général. Les auteurs ont bénéficié des discussions d'un groupe d'études
où ils ont présenté la première version de leur travail. L'inspiration néo
positiviste est générale.
Les deux premières études (Feigl et Carnap) traitent de ce point de
vue du positivisme logique le problème général des rapports entre
concepts théoriques et observation (énoncés de faits).
Les quatre études suivantes (Skinner, Scriven, Ellis, Flew) discutent
les concepts de la psychanalyse et les relations entre psychanalyse et
« behaviorisme intégral » ; Scriven en profite pour faire une analyse
plus serrée des principes méthodologiques de ce behaviorisme intégral
que Skinner défend depuis longtemps.
Les septième et huitième chapitres (Crombach et Meehl, Meehl)
portent sur les relations entre statistique et caractérisation de l'indi
vidu, et sur le concept de validation d'un test.
Les derniers articles abordent des problèmes plus généraux des
sciences humaines. Buck discute la logique des « systèmes généraux
du comportement » que l'on a essayé de promouvoir, sur de simples
bases analogiques, ces dernières années. Les autres chapitres portent
sur le concept d'émergence (Meehl et Sellars), la distinction entre les
disciplines scientifiques traditionnelles, c'est-à-dire les sciences du type
de la physique, et l'étude du comportement humain (Scriven).
Ce volume constitue un apport intéressant à la théorie psycholo
gique, car il reste suffisamment près des problèmes que rencontre la
pratique. Pour ceux qui se sentiraient attirés par d'autres horizons
philosophiques que l'empirisme logique, il demeure une base très valable
de discussion. F. B. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 298
KRECH (D.), CRUTCHFIELD (R. S). — Elements of Psychology
(Éléments de psychologie). — In-8° de 700 pages, New York, Knopf
Publications in Psychology, 1958.
Cet ouvrage ne prétend pas être original. Écrit dans une perspective
pédagogique, il s'adresse tout particulièrement aux étudiants de pre
mière année de psychologie. Son plus grand mérite est sa clarté et la
concision de l'exposé, qui rendent sa lecture rapide et aisée.
Il comprend quatre parties essentielles : dans la première les auteurs
étudient les différents aspects de la Perception (perception de l'espace,
du temps, des objets, du mouvement, relation entre l'organisation des
stimuli et les réponses perceptives, évolution génétique de l'acte per
ceptif, bases physiologiques de la perception) ; la Motivation et VÊmotion
constituent l'objet de la deuxième partie et l'on y retrouve les grands
thèmes classiques de ce domaine : besoins et émotions primaires et acquis,
étude des comportements qui permettent d'aboutir à la résolution des
tensions, ainsi que de ceux qui interviennent dans les situations de
conflit. La troisième partie traite des différents types d'apprentissage,
de la résolution des problèmes, du langage et des bases physiologiques
des conduites adaptatives. Enfin, la dernière partie aborde les questions
concernant l'intelligence et les aptitudes, l'hérédité et l'environnement,
la croissance et le développement, la personnalité. Un chapitre de
psychologie sociale termine l'ouvrage.
Chaque problème particulier est illustré par des résumés de recherches
expérimentales, présentées hors chapitre. Chacun des chapitres est suivi
d'un glossaire des termes et concepts utilisés et d'une petite biblio
graphie. En outre, un petit manuel de 124 pages, à l'usage des moniteurs
et professeurs, accompagne le volume ; il comprend à l'attention des
étudiants des questionnaires à choix multiples correspondants aux
diverses questions exposées dans le livre. Un index auteurs et un index
matières terminent cet ouvrage, exemple du manuel que l'on peut recom
mander aux étudiants qui commencent leurs études de psychologie.
C. F.
FLECHTER (R.). — Instinct in man (L'instinct chez l'homme). —
In-8° de 348 pages, Londres, George Allen & Unwin Ltd., 1957.
Dans cet ouvrage l'auteur montre ce que le développement actuel
de Péthologie comparée et celui de la psychanalyse peuvent apporter
à une théorie de l'Instinct. Reprenant le propre titre de l'ouvrage de
Drever, il poursuit une des intentions de ce dernier : montrer comment
la psychopathologie de Freud permet de préciser le concept d'instinct.
La formation de l'auteur l'oriente vers une prise en considération
de l'aspect social des conduites, aspect très développé dans ces disci
plines. Par contre le livre laisse apparaître certaines réserves vis-à-vis
des théories behavioristes. Cependant l'auteur constate l'exactitude de
l'apport de ces études antérieures et souligne que souvent les théories
plus récentes n'apportent rien de réellement nouveau sur les caractères
essentiels de l'Instinct.