La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Psychologie Pédologique. Évolution Psychologique de l'Individu - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 388-411

De
25 pages
L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 388-411
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

3° Psychologie Pédologique. Évolution Psychologique de
l'Individu
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 388-411.
Citer ce document / Cite this document :
3° Psychologie Pédologique. Évolution Psychologique de l'Individu. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 388-411.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6439388 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
objets ne différant que de grandeur, que des objets de même gran
deur, de forme, et il fait intervenir des facteurs affectifs
chez l'animal à l'origine de cette inégalité.
La deuxième étude a montré la différence très grande de compor
tement d'un Nemestrinus et d'un Cercocebus fuliginosus, quand, après
dressage assurant le choix correct d'un cône ou d'un cube (solide
géométrique) on présente des images à deux dimensions, très exactes,
de ces objets.
Le premier des singes ne reconnaît pas du tout les objets d'après
leur image ; il faut un nouveau dressage ; le deuxième au contraire
(qui réagit vite et observe mal) ne fait d'emblée pas plus d'erreurs
avec les images qu'avec les objets eux-mêmes. Cette divergence
montre la complexité des faits et incite à la prudence dans la général
isation. H. P.
3° Psychologie pédologique. Evolution psychologique
de l'individu
268. — H.-S. et H.-B. FORBES. — Fetal sense reactions : hearing
(Réactions sensorielles du fœtus : Vaudition). — J. of comp. Ps., VII,
5, 1927, p. 353-355.
Quelques curieuses observations de réactions à des bruits violents
chez le fœtus, même plus d'un mois avant la naissance. Certaines sont
faites dans des conditions qui semblent exclure l'hypothèse d'une
réaction intermédiaire de la mère. P. G.
269. — G. VARIOT. — Sur les facteurs normaux et morbides qui
peuvent avancer ou retarder le début de la marche bipède. — B. S.
M. des H., XLIII, 10, 1927, p. 353-361,
L'auteur a déterminé le pourcentage d'enfants commençant à
marcher normalement, mois par mois. Les valeurs sont les suivantes,
1,25 à 9 mois ; 5,5 à 10 ; 10,35 à 11 ; 21 à 12 ; 22 à 13 ; 14, 25 à 14 ;
10 à 15 ; 5 à 16 ; 2,7 à 17 ; 5,2 à 18 ; 1,35 à 19 ; 0,45 à 20 ; 0,70 à 21 ;
0,25 à 22 mois.
Les rapports avec la taille ne sont pas très marqués. Chez les en
fants débiles à la naissance, la marche est plus tardive, mais l'inten
sité de la croissance n'est pas proportionnelle au poids à la nais
sance. C'est l'âge qui est essentiel (avec poids correspondant de 9 à
9,6 kilogrammes). La marche est plus précoce chez les enfants
élevés au sein. H. P.
270. — L.-H. BURNSIDE. — Coordination in the locomotion of
infants (De la coordination dans la locomotion chez V enfant). —
Gen. Ps. Mon., II, 5, 1927, p. 283-372.
L'apprentissage de la marche chez l'enfant semble se faire en plu
sieurs étapes au cours desquelles on voit se développer une adapta
tion et une coordination progressives des mouvements. Les observa
tions de l'auteur ont porté sur 9 bébés, 4 garçons et 5 filles, âgés de
7 à 19 mois, dont les modes de déplacement ont été étudiés à l'aide
du cinématographe et d'empreintes sur le sol. PSYCHOLOGIE PEOOLOGIQUE 389
L'enfant qui désire atteindre un objet déterminé commence par
faire des mouvements plus ou moins désordonnés dans lesquels les
bras jouent le rôle principal. Puis allongé sur le sol, le ventre restant
en contact avec le plancher, il parvient à se déplacer à l'aide des bras
seulement tout d'abord, à l'aide des bras et des jambes ensuite. C'est
la période du rampement que B. distingue nettement de l'étape sui
vante, celle de la marche à quatre pattes, dans laquelle la progression
s'effectue encore au moyen des bras et des jambes, mais pendant
laquelle le corps est détaché du sol ; au cours de cette période on voit
se développer la coordination croisée des mouvements des bras et
des jambes, primitivement arythmiques. Enfin l'enfant atteint le
troisième stade, celui de la marche debout, caractérisé par l'alte
rnance rythmée des deux jambes qui supportent seules le poids du
corps. Les pas sont plus irréguliers et plus lents que chez l'adulte.
Aucun des sujets observés par B. n'a réussi à marcher debout sans
passer par les étapes intermédiaires du rampement et de la marche
à quatre pattes. A travers tout le cycle d'apprentissage la tête est
maintenue suffisamment haut pour permettre à l'enfant de voir le sol
devant lui. Les différences individuelles sont très marquées. Le petit
nombre de sujets étudiés n'a pas permis la détermination de diver
gences d'un sexe à l'autre. A. B.-F.
271. — B. WELLMAN. — The development of Motor coordination in
young children {Le développement de la coordination motrice chez les
jeunes enfants). — University of Iowa Studies, III, 4, May 1926.
L'expérience a visé à tester la capacité des enfants à faire des mou
vements coordonnés dans 8 directions différentes (\—>\<—J \ / \).
On a d'abord opéré au moyen du tracing board de Stœlting,
auquel fut ensuite préféré un traçage au crayon devant être effectué
entre deux lignes concourantes de 25 centimètres de long présen
tant un intervalle de 5 millimètres à une extrémité et de 1 millimètre
à l'autre, cette deuxième méthode permettant une analyse quantitat
ive précise du résultat. L 'estimation de la longueur des lignes a été
faite au moyen d'une roue en aluminium de 20 centimètres de circon
férence, graduée en millimètres, susceptible de changer sa direction
suivant celle du tracé. En additionnant les diverses valeurs obtenues,
on calculait la valeur du tracé. L'expérience a été faite sur 136 en
fants de 3 à 6 ans.
On a constaté un progrès notable avec l'âge des résultats obtenus.
Ils sont doubles à 6 ans de ce qu'ils sont à 3 ans. Un bon résultat
obtenu dans une direction présageait d'également bons résultats
obtenus pour d'autres orientations. Les mouvements de la main
gauche sont plus difficiles que ceux de la droite ; mais les plus jeunes
enfants plus proches de l'ambidextrie que les plus âgés. Les
écarts d'avec la ligne droite sont minima pour la direction angulaire
ascendante de droite à gauche, maxima pour les directions descen
dantes de gauche à droite et de droite à gauche.
Il ne semble pas s'être manifesté de phénomène de transfert du
progrès acquis dans une direction donnée à une autre direction
donnée. Les enfants bien notés dans ce test, donnaient également de
bons résultats dans le labyrinthe de Porteus et les classifications Uts â90 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cartes, indépendamment de l'âge mental et chronologique. Il n'y
avait pas plus de corrélation, entre les coordinations motrices étudiées
dans ces tests et l'intelligence générale, qu'entre ces coordinations et
le développement physique. Toute une série de problèmes demeurent
donc à étudier dans cette ligne. L'auteur se demande en particulier
si les résultats obtenus pour ces courtes distances vaudraient pour de
plus longues. M. L.
272. — H.-S. LIPPMAN. — Certain behavior responses in early
infancy {Quelques modes de comportement de la première enfance).
— Ped. Sem., XXXIV, 3, 1927, p. 424-439.
L'habileté à saisir un, deux et trois objets a été étudiée suivant la
méthode de Gesell [The mental growth of the preschool child, Me Millan,
1925) sur 158 enfants âgés de 4 à 18 mois. A 5 mois un premier objet
est appréhendé par l'enfant dans 85 % des cas ; cette proportion
n'est atteinte qu'à l'âge de 9 mois lorsqu'il s'agit de 2 objets. Enfin
l'habileté à saisir 3 objets a été remarquée dans 90 % des cas, entre
12 et 13 mois. Sur 26 sujets âgés de moins de 4 mois on n'en a pas
trouvé qui fussent capables de saisir un objet. A 4 et demi, l'en
fant emploie indifféremment ses deux mains. Entre 4 mois et demi et
12 mois la préférence d'une des mains a été notée dans 382 observat
ions. Au delà de 12 mois, on remarque une tendance croissante à se
servir de la main droite. A. B.-F.
273. — B. LÖWENFELD.— Systematisches Studium der Reaktionen
der Saüglinde auf Klänge und Geräusche (Etude systématique
des réactions des jeunes enfants aux sons et aux bruits). — Z. f.
Ps., CIV, 1-2, 1927, p. 62-96.
Il y a désaccord sur le moment où apparaissent les premières
réactions auditives chez le nouveau-né. L., expérimentant sur un
grand nombre d'enfants dans la première journée de leur vie a trouvé
qu'ils réagissaient aux excitations produites (l'expérimentateur et
l'observateur restant invisibles) par une forte crécelle, des claque
ments de main, le son intermittent d'un sifflet ou d'une cloche. Les
réactions indiquent que les excitations sont pénibles, certaines ont
même le caractère d'un choc nerveux. Elles consistent en réponses
diffuses dans toute la musculature, ce qui vient de la différenciation
insuffisante de l'appareil nerveux de l'audition ; leur caractère négatif
est très prononcé (tendance inefficace à la contraction et à la fuite).
Si on fait entendre à des enfants de 1 à 8 mois des bruits ou sons
intermittents ou discontinus, la réaction varie d'abord dans sa durée
qui augmente jusqu'au troisième mois et diminue ensuite progress
ivement. Au point de vue de la qualité, elle se décompose en une
quarantaine de réactions élémentaires au deuxième mois ; leur
nombre diminue ensuite pour tomber à seize au huitième mois. En
même temps s'éliminent les plis du front, les mouvements de la
bouche, ceux des mains étendues, fermées et crispées ou portées à la
bouche ou au visage. Par contre se développent des des
yeux et de la tête : les premiers s'isolent à partir du troisième ou du
quatrième mois, orientant le regard dans la direction du son ou en
cherchant la cause. En même temps la réaction devient positive
(sourire, parole), mais surtout neutre (repos). PEDOLOGlQUE 391 PSYCHOLOGIE
C'est pour obvier à cette indifférence que dans une troisième série
d'expériences, on renforce la valeur affective des excitants. Un siffl
ement de 40 secondes fait reparaître les réactions pénibles, auxquelles
s'ajoutent l'ouverture des yeux, la protrusion des lèvres, tandis que
le son d'une clochette donne les réactions de plaisir, nettement diffé
renciées dans leur finalité. P. G.
274. — C.-M. VALENTINE. — Reflexes in early Chidhood : their
development, variability, evanescence, inhibition and relation to
instincts (Les réflexes de la première enfance : développement,
variabilité, évanouissement, inhibition et leur relation aux instincts).
— Br. J. of Med. Ps., VII, 1, 1927, p. 1-35,
L'étude a été menée par l'auteur sur ses propres enfants (3 garçons
et 2 filles) pris comme sujets. Une étude minutieuse de l'instabilité du
réflexe (réflexe palpébral, réflexe de préhension) de sa variabilité en
fonction des variations de conditions générales, la transition du
réflexe au mouvement volontaire, la coordination visuelle — tactile,
une seconde étude de l'évanouissement du réflexe (réflexe de dresser
les bras, réflexe de marche) et enfin une étude de l'inhibition des
réflexes, amènent l'auteur à préciser ses vues sur l'éternel problème
des relations entre l'instinct et le réflexe. On sait que le réflexe est
généralement défini comme une réaction partielle, parfaite sans ap
prentissage, inévitable et dépendante du seul stimulus extérieur. Les
observations personnelles de l'auteur le conduisent à admettre que
l'état général de l'organisme peut contribuer à produire un réflexe
considéré comme partiel. D'autre part, l'extension du réflexe du cl
ignement aux objets qui s'approchent, résulte de l'association d'un
nouveau stimulus à un autre stimulus approprié, ce qui implique
davantage que la commune notion du réflexe ne comprend. On r
emarque également que le réflexe de clignement se fatigue. Enfin, dans
beaucoup de cas, le stimulus extérieur n'est pas indépendant de la
conscience. Dès lors l'auteur estime qu'est tout entière arbitraire la
ligne de démarcation tracée entre instincts et réflexes, et propose de
conserver ce dernier terme pour désigner des processus purement
physiologiques (réflexes pupillaires ou viscéraux). M. L.
275. — N. SCHASTIN. — L'inhibition consécutive après l'inhi
bition conditionnelle Chez les enfants (en russe). — îtevue Ukrai
nienne de pédagogie expérimentale et de réflexologie, I (4)r, 1927,
p. 159-177.
L'inhibition des réflexes conditionnels due à ce que l'excitation
devenue réfîexogène est accompagnée d'une autre excitation étran
gère au réflexe, semble, chez les enfants, se produire et disparaître
plus vite que chez les animaux. Dans les expériences de l'auteur
où un réflexe conditionnel d'ouverture de la bouche (excitant naturel,
petits gâteaux) a été formé chez trois enfants de 6 a 10 ans, l'inhibi
tion a eu lieu au bout de 6 de S et de 2 excitations, alors que dans lés
expériences sur le chien l'inhibition du réflexe conditionnel salivaire
n'avait lieu qu'après 16 à 60 excitations. Par contre, cette mhibitkm pas d'action consécutive ; déjà 30 secondes après l'excitation
inhibitriee, le réflexe conditionnel avait lieu avec, simplement, un
allongement du temps de latence. D'ailleurs, l'inhibition consécutive 392 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dépendait surtout de la cumulation des excitations inhibitrices. Chez
un enfant, présentant des signes de névropathie, la cumulation des
excitations inhibitrices provoquait une « réaction négative » (l'enfant
se détournait, parfois commençait à pleurer). D.W.
276. — E. CHEVALEVA-JANOVSKAJA. — Les groupements
spontanés d'enfants à l'âge préscolaire. — Ar. de Ps., XX, 79, 1927,
p. 219-233.
Etude inégale, décousue, mal balancée, mais donnant quelques ré
sultats intéressants par le nombre d'observations sur lequel elle
repose (deux mille).
Voici les renseignements qu'on en peut tirer :
Les garçons se groupent plus facilement que les filles (68 % contre
56%). La moyenne des participations à des groupes augmente régu
lièrement de 3 à 8 ans. Pour la répartition de l'âge à l'intérieur d'un
même groupe, on note que dans 40, 54 % des cas, on trouve une diff
érence d'un an dans un même groupe, dans 27, 13 % des cas, les enfants
sont du même âge. Pour deux ans d'écart, on a 23,60 %, pour 3 ans
7, 43,pour 4 ans 1,20 seulement. Parmi l'ensemble des groupes, 67,37%
sont unisexuels, 32, 35 bisexuels. La première forme est donc celle
que l'enfant préfère nettement à l'âge préscolaire. Cette préférence
est du reste surtout marquée chez les garçons et n'existe pas aux
jeunes âges (3 à 5 ans) où les groupes sont le plus souvent bisexuels.
Tous ces groupes sont d'étendue très variable. L'auteur en note
composés de 2 à 19 enfants. Les groupes de 2 et 3 enfants comportent
à eux seuls 58 % des cas. Les durées d'existence de ces groupes sont
également très diverses,de moins de 10 minutes à plus de deux heures.
Les plus fréquentes sont de 10, 20 et 30 (27, 19, 18 pour cent
des cas).
C. consacre la plus importante partie de son travail à considérer
les diverses raisons qui amènent la rupture, la désagrégation du
groupe. Cette rupture est spontanée dans la plupart des cas (71 %)
par épuisement, au cours du temps du processus d'excitation collec
tive, causé souvent par le fait d'un « enrayement » intérieur chez
l'un des membres du groupe, surtout s'il s'agit de l'enfant qui le
mène. Plus jeune est l'enfant et plus fréquentes sont ces dissociations
spontanées, sans causes extérieures. A un âge un peu plus avancé, la
lutte entre les meneurs ou la réaction d'un groupe contre son meneur
se révèle souvent comme cause de rupture. Au sujet des «meneurs,
l'auteur a observé que la moitié environ des enfants pouvaient l'être.
C'est avec l'âge naturellement que se développe l'aptitude à la di
rection. Les chiffres montrent une supériorité des garçons et un plus
grand nombre relatif de meneurs dans les groupes bisexuels.
L'auteur ne tire guère de conclusions de son travail, qui offre
surtout l'intérêt de renfermer de nombreuses données d'observations
que les psychologues pourront peut-être utiliser. M. F.
277. — A. S. ZALUSHNY. — Der Charakter der gegenseitigen
Beziehungen bei Kindern im Vorschulaltter (Le caractère des
rapports réciproques des enfants à Vâge préscolaire). — Résumé
allemand de l'article ukrainien. Ukr. Z. f. exp. Päd. II, 1927, p. 28. PSYCHOLOGIE PEDOLOGIQUK 393
En examinant les divers comportements de l'enfant jusqu'à 4 ans,
Z. distingue un comportement négatif, un agressif, un social pri
maire et un collectiviste, les deux premières formes, de caractère
antisocial, décroissant avec l'âge, les deux autres se développant au
contraire parallèlement au développement du langage. H. P.
278. — M. ELJASGH. — Neue Abstraktionsversuche bei vorschule-
îlichiigen Kindern [Nouvelles recherches sur l'abstraction chez des
enfants d'âge pré-scolaire). — Z. f. Ps., CV, 1-4, 1927, p. 1-42.
Ces expériences confirment celle de Katz, dont elles sont inspirées.
Elles consistent à présenter à un enfant deux ou trois objets parmi
lesquels il doit choisir celui qu'il trouve pareil à un objet donné. Ces
objets se ressemblent par plusieurs caractères, par exemple la forme
et la couleur ou la couleur et la grandeur ; il y a donc possibilité de
choix en des sens différents. En principe les enfants assortissent d'après
la couleur. La loi reste vraie non seulement s'il s'agit de figures géomét
riques peu intéressantes pour eux, mais, de figures découpées en
forme d'objets familiers (qu'ils reconnaissent d'ailleurs très bien).
C'est encore le cas dans d'autres séries d'épreuves où on varie le
dispositif de manière, semble-t-il, à favoriser la grandeur ou la forme
au détriment de la couleur. Si on intercale dans les séries des épreuves
où il n'existe pas de couleur identique, la plupart des enfants, dé
concertés, choisissent aussi bien un objet qui ne présente aucune
similitude avec l'objet donné que celui qui est de même forme. Le
choix d'après la couleur n'est pas moins fréquent quand il s'agit
seulement de teintes semblables et non plus identiques. La préfé-
férence des couleurs est peut-être encore plus nette chez les enfants
arriérés. L'auteur discute ces résultats et écarte l'hypothèse que
ceux de ses sujets qui ont pris part à plusieurs épreuves aient été con
duits parles premières à prendre dans les suivantes une attitude systé
matique. Dans tous les cas cette attitude semble être chez eux la plus
naturelle. Cependant les enfants se sont nettement placés au point
de vue de la forme dans une autre expérience, où il s'agissait de placer
dans des ouvertures de forme géométrique le couvercle qui s'y adapt
ait (comme dans les boîtes de Montessori). Ils ne se sont pas laissés
induire en erreur par le fait que le fond dès trous et les couvercles
correspondants présentaient des différences de couleur et ne se sont
pas laissés diriger par ces similitudes de couleur. P. G.
279. — K. BANHAM. — Occupational interests of three-year-old
children. (Intérêts et occupations des enfants de 3 ans). — Ped. Sem.,
XXXIV, 3, 1927, p. 415-423.
10 enfants, âgés de 2 ans 6 mois à 3 ans 8 mois, ont été observés
à tour de rôle et à plusieurs reprises pendant leurs périodes de récréa
tion, à l'intérieur du jardin d'enfants, alors qu'il leur était permis de
s'adonner librement à leurs occupations préférées.
Les jeux choisis parles enfants, dans le plus grand nombre de cas,
ont été les cylindres de la méthode Montessori, les cubes colorés à
assortir, les briques pour construction, etc. On a noté de légères diffé
rences d'un sexe à l'autre ; les garçons, par exemple, préfèrent les
constructions aux jeux de routine dans lesquels il s'agit de suivru â$4 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
une direction et qui sont plus en faveur auprès des filles. La variété
des intérêts semble plus grande chez les sujets féminins.
Le temps consacré par un enfant à une même occupation est en
moyenne de 8 minutes consécutives (7 pour les garçons, 9 pour les
filles avec une plus grande dispersion pour ces dernières )^ mais peut
atteindre une demi-heure et même une heure. A. B.-F.
280. — J.-A. KIRKWOOD. — The learning process in young
children [Le processus d'apprentissage chez les jeunes enfants). —
Univ. of Iowa Studies, ill, 6, 1926.
Le but de l'auteur est l'étude expérimentale de l'apprentissage au
moyen d'un processus de réaction associative. Le matériel utilisé
consiste en 20 blocs de formes géométriques différentes et 20 images
d'objets très simples, dont le contour rappelle plus ou moins le bloc
auquel elle est associée, l'ensemble étant divisé en deux séries pa
rallèles d'égale difficulté. L'expérimentateur commence d'abord
par montrer à l'enfant à quel bloc s'associe chacune des images, puis
les deux séries terminées, demande à l'enfant de trouver lui-même
le bloc associé à chacune des images. 2 méthodes ont été employées
suivant que l'apprentissage se faisait tous les jours ou seulement à
jour passé. Lorsque l'expérimentateur a obtenu 3 résultats parfaits,
il fait une expérience de contrôle. Il présente à son tour les blocs et
l'enfant doit trouver l'image associée. La notation va de 1 à 20.
L'expérience a porté sur 203 enfants de 2 à 6 ans et on a retenu les
résultats de 180 d'entre eux. D'autres modalités ont été introduites
pour l'étude de problèmes plus particuliers.
1° On interchange les associations entre les blocs et les images.
2° On donne à apprendre les 2 séries séparément pour voir si
l'apprentissage acquis au cours de la première série vaut pour la
seconde. La comparaison des résultats obtenus permet la formulation
de quelques remarques intéressantes :
Tous les enfants ont remarqué l'analogie de l'image et du bloc.
A une exception près les enfants qui ont travaillé à jour passé ont
eu besoin d'un moindre nombre de répétitions (moyenne : 5.75) que
ceux qui ont travaillé tous les jours (moyenne : 8. 7 S). La même expé
rience reprise après un an a montré, sauf pour un enfant, une dé
croissance marquée du nombre des répétitions nécessaires poor
atteindre le résultat parfait. La décroissance moyenne du nombre des
répétitions nécessaires à ce réapprentissage est de 1,14 poor ceux qui
avaient appris et réappris à jour passé et de 4, 8 S pour ceux qui avaient
appris et réappris tous les jours. L'auteur voit dans ce phénomène
une indication de la limitation psychologique de l'individu ne pou
vant faire de progrès au delà d'une certaine limite.
La corrélation du nombre des répétitions nécessaires pour la réussite
du test avec les résultats obtenus par les échelles Stanford-Binet
montre un meilleur coefficient k>rsqo*il s'agit de Tage mental qtfe de
Vêtge chronologique. M. L.
281. — V. KRASUSKY. — Le comportement de l'enfant seul à
l'âge de 6 mois à 8 ans, en dehors des collectivités libres on PSYCHOLOGIE PÉDOLOG1QUË 59$
organisées (en ukrainien). — Revue ukrainienne de pédagogie
expérimentale et de réflexologie, I (4), 1927, p. 38-47.
Dans les jardins d'enfants il y a des enfants qui, à un moment ou un
autre, se retirent à part et jouent tout seuls. K. a fait noter les occu
pations des enfants isolés dans plusieurs jardins d'enfants (150 en
fants), estimant que le comportement social des enfants ne saurait
être justement compris que si l'on considère en même temps les réac
tions de l'enfant seul.
D'ailleurs, les courbes publiées n'ajoutent rien à ce qu'on sait par
ailleurs du développement de l'enfant : diminution des jeux purement
moteurs et de l'inactivité apparente, augmentation des occupations
sédentaires, etc.
L'isolement de l'enfant devient plus fréquent avec l'âge ; sollicité
par un autre enfant d'aller jouer avec lui, l'enfant d'âge préscolaire
continue à jouer seul dans 20 % des cas, scolaire dans
34 % des cas. D. W.
282. — A. NETSCHAJEFF.— Psychologische Untersuchung an Kin
dern im Alter von 4 bis 8 Jahren (Recherches psychologiques sur les
enfants de 4 à 8 ans). — Z. f. ang. Ps., XXIX, 4-5, 1927, p. 375-392.
Application dans les maisons d'enfants à Moscou et à Samara, à
plus de 500 enfants de 4 à 5 ans, d'une série de 10 tests inspirés de
ceux de Binet-Simon : 1° mémoire immédiate des chiffres ; 2° mémoire
immédiate des phrases ; 3° compter jusqu'à 1.000 ; 4° compter à re
bours ; 5° comparer deux objets de souvenir (mouche et papillon; mai
son et étable ; table et chaise ; livre et cahier ; eau et lait ; hache
et marteau ; piano et violon ; jouer et se battre ; chatouiller et ca
resser ; ville et village) ; 6° comparaisons esthétiques (trois couples
d'images) ; 7° 10 images absurdes ; 8° complètement de 10 phrases,
un mot étant inachevé ; 9° complètement de 10 mots usuels dont on
donne la première syllabe ; 10° nommer 5 couleurs.
Les conclusions de l'auteur sont vastes. La mémoire et l'atten
tion accuseraient le plus grand progrès entre 4 et 5 ans ; entre 5 et
6 se développeraient surtout les fonctions verbales (complètement
des phrases et des mots), entre 6 et 7 enrichissement de l'expérience
ordinaire (comparaison des objets de souvenir) ; entre 7 et 8 ans
expérience systématisée (reconnaissance des absurdités). Les diff
érences individuelles diminueraient avec l'âge.
Une centaine d'enfants ayant souffert de la famine l'année avant
l'expérience ont été examinés à deux reprises à 2-3 mois d'intervalle.
Au temps des examens ils étaient à un régime de suralimentation.
Divisés d'après leur poids au moment de la première expérience en
trois groupes : inférieurs à la normale (plus de un an de retard d'après
les statistiques américaines de Burk), normaux et supérieurs à la
normale, on a trouvé pour les trois groupes les augmentations
moyennes suivantes :
Pour le poids: 17,8 % ; 12,7 % ; 9,7 %. les résultats des tests : 63,0 % ; 32,9 % ; 21,6 %.
On regrette que certains tests soient trop ïaeiî s pour les âges plus
élevés et que la difficulté relative des questions d'un même teat n'ait 396 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pas été étalonnée, ce qui ne permet pas d'accepter sans réserve toutes
les conclusions de ce fort intéressant travail. D. W.
283. — A. FAULWASSER. — Der pädagogische Gehalt früher Kind
heitserinnerungen. — {Le contenu pédagogique des souvenirs
de la première enfance.). — ■ Z. für päd. Ps., XXVIII, 3 et 4-5,
1927, p. 152-169 et 220-232.
L'institut de psychologie de l'université de Leipzig a réuni, sous la
direction du professeur Volkelt, une importante collection de souve
nirs d'enfance. 265 personnes ont rapporté leurs souvenirs du plus
jeune âge ; 1.560 souvenirs ont été recueillis parmi lesquels F. en
trouve 123 qui présentent un intérêt direct pour le pédagogue.
La plupart (108) sont des souvenirs pénibles; 100 sont relatifs
aux rapports avec les adultes.
Ils montrent, chez de tout jeunes enfants, depuis l'âge de 3 ans,
des cas de surprenante sensibilité morale, très souvent incomprise
des adultes ; des révoltes à la vue de petites injustices, même vis-à-
vis d'un petit frère ; sentiment de pudeur vers 4 ans ; vers 4-5 ans,
des élans de tendresse, de pitié, d'admiration pour la mère ou le
frère ; dans un souvenir localisé à l'âge de 4 ans, l'enfant éprouve une
déception pénible à voir son père s'allonger par terre pour jouer
avec le petit. Le chapitre des punitions montre que le procédé
qui consiste à faire peur à l'enfant, le menacer de sorciers, etc., pour le
faire obéir, laisse souvent des traces profondes ; 22 % de sou
venirs se rapportent à ces pratiques encore bien répandues, et
aux promesses de récompenses non tenues. Quelques souvenirs ont
trait aux mensonges d'enfants, aux menus vols ; enfin, des 23 souve
nirs qui ont trait aux relations des enfants entre eux F. tire cette con
clusion que même dans ses jeux avec les camarades l'enfant a besoin
d'une surveillance discrète, mais vigilante. D. W.
284 — H.-C. LEHMAN et P.-A. WITTY. — The present status
of the tendency to collect and hoard (L'état présent de la
tendance à collectionner). — Ps. Rev., XXXIV, 1, 1927, p. 48-56.
L. et W. ont demandé à 5.000 enfants, de 8 à 22 ans, quels étaient
les jeux qu'ils avaient pratiqués dans la semaine précédant l'enquête.
On indiquait notamment, parmi les jeux, à signaler, les collections
(tiflabres, œufs d'oiseaux, etc.). Les résultats ainsi obtenus montrent
qu'un pourcentage d'enfants assez faible se livre à ces occupations.
Le maximum atteint 12, 35 % à 10 ans chez les garçons et 5, 06 %
à 12 chez les filles. La tendance à collectionner est beaucoup moins
marquée chez ijjg, filles. Elle décroît très régulièrement avec l'âge.
Il n'y a pas dé différence saisonnière marquée.
Ces résultats sont en opposition tout-à-fait nette avec ceux obte
nus par Burk en 1900. Celle-ci avait trouvé comme pourcentage 90 %.
Il est vrai que sa méthode était toute différente, puisque l'enquête
portait non sur une semaine, mais sur toute la vie antérieure du sujet.
L. et W. affirment néanmoins, ce qui paraît assez contestable, que la
différence est due principalement à ce que les jeux sont soumis à la
mode ; la tendance à collectionner aurait aujourd'hui cédé la place
à çl'autres formes d'activité (cinéma, danse, radio, etc.). Cette expli-