La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Revue générale sur la plethysmographie (travaux de Warren, Pachon, Colombo, Hallion et Comte, Casarini, Angell et Thomson) - compte-rendu ; n°1 ; vol.6, pg 493-505

De
14 pages
L'année psychologique - Année 1899 - Volume 6 - Numéro 1 - Pages 493-505
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

Alfred Binet
Revue générale sur la plethysmographie (travaux de Warren,
Pachon, Colombo, Hallion et Comte, Casarini, Angell et
Thomson)
In: L'année psychologique. 1899 vol. 6. pp. 493-505.
Citer ce document / Cite this document :
Binet Alfred. Revue générale sur la plethysmographie (travaux de Warren, Pachon, Colombo, Hallion et Comte, Casarini, Angell
et Thomson). In: L'année psychologique. 1899 vol. 6. pp. 493-505.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1899_num_6_1_3120DEUXIÈME PARTIE
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
I
PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX
UEVUE GÉNÉRALE SUR LA CIRCULATION DU SANG DANS SES RAPPORTS
AVEC LA PSYCHOLOGIE
WAHREN LOMBARD et PILLSBURY. — Secondary Rythms of the
Normal Human Heart. (Rythmes secondaires du cœur humain nor
mal). Amer. Journ. of Physiol., Ill, n° 3, décembre 1899.
V. PACHON. — Etudes de mécanique cardiaque et vasculaire
(2 mémoires). Journal de Physiologie et de Pathologie générale, n° 6,
novembre 1899, p. 1130-1148.
C. COLOMBO, — Ricerche sulla pressione del sangue nell' uomo.
(Recherches sur la pression du sang chez l'homme). Extrait de Gior-
nale délia R. Accademia di Medicina di Torino, avril 1899, n° 4,
page 40.
IfALLION et COMTE. — Sur un procédé d'évaluation de la pression
artérielle chez l'homme. Intermédiaire des Biologistes et des
Médecins, 20 octobre 1899.
Akturo CASARINI. — Tipi di reazioni vasomotrici inrapporto ai tipi
mnemonici e all' equazione personale. (Types de réaction vaso-mot
rice en rapport avec les types mnémoniques et avec l'équation personn
elle). Bolletino délia Soc. medico-chirurg. di Modena, III, f. I,
1899-1900.
ANGELL et THOMSON. — A Study of the Relations between Certain
Organic Processes and Consciousness. (Une étude sur les relations 494 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
entre certains processas organiques et la conscience). Studies from the
Psychological Laboratory of the University of Chicago, The Univers
ity of Chicago Press, 1899, p. 32-69.
Plusieurs articles ont paru cette année et l'année dernière sur la ci
rculation capillaire et sur des questions connexes ; je me propose de les
analyser brièvement, en tenant compte des modifications qu'ils nous
amènent à apporter aux conclusions des recherches originales que
avons fait paraître pendant 3 ans dans cette Année. Nous nous éten
drons en particulier sur les travaux qui présentent quelque relation,
même éloignée, avec la psychologie physiologique ; nous serons plus
bref sur ceux qui ne présentent qu'un simple intérêt physiologique.
Warren Lombard et Pillsbury ont étudié les rythmes secondaires du
cœur de l'homme à l'état normal. C'est une étude qui n'est pas enti
èrement nouvelle, les auteurs le reconnaissent, et dans leur court
historique, ils citent Fredericq, Cushney, Binet et Courtier: ils
oublient les noms de Mentz et de quelques autres auteurs. Le
cœur présente 3 espèces de mouvements rythmiques : 1° les pulsations,
dont le nombre est en moyenne de 72 par seconde ; 2° le rythme res
piratoire qui consiste en une accélération du pouls et un ralentiss
ement ; ce rythme correspond à un acte respiratoire complet, compre
nant l'inspiration et l'expiration ; mais il est assez délicat de détermi
ner les relations exactes entre l'accélération du cœur et une des pha
ses de la respiration, parce que ces deux phénomènes ne coïncident
pas exactement ; on peut dire cependant que c'est surtout pendant
l'inspiration qu'a lieu l'accélération du cœur. Nous avons reconnu,
dans nos précédents travaux, que cette accélération du cœur, ce rythme
respiratoire du cœur, pour mieux dire, a la plus grande influence sur
les changements de volume des membres qui se produisent, chez cer
tains sujets, à chaque acte respiratoire; depuis nos recherches, un
élève de Pachon, Lherminier, est allé plus loin dans l'interpré
tation, et il a soutenu que les changements de volume des membres,
qui se produisent à chaque respiration, et qui sont bien visibles sur les
tracés plethysmographiques, sont précisément dus à ces changements
dans la vitesse du cœur. Nous lui laissons, bien entendu, la responsab
ilité de cette assertion. 3° Le troisième rythme du cœur, qu'on ob
serve moins souvent que les deux rythmes précédents, a été décrit
dans nos précédents travaux, avec graphiques à l'appui; nous lui
donnons le nom d'ondulation vaso-motrice, terme emprunté à
Mosso, qui a étudié ce phénomène chez le chien, et aussi, croyons-
nous, chez l'homme.
Ces ondulations vaso-motrices consistent en 2 phases d'accélération
puis de ralentissement du pouls: cette double phase s'étend pendant
la durée de 4 à ö respirations, elle est donc, eroyons-nous, indépen
dante du rythme respiratoire. Nous avons observé que les ondulations
vaso-motrices sont plus marquées chez certaines personnes que chez PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 49<>
d'autres; moi-même je les présente très fréquemment. Elles se déve
loppent admirablement dans certaines circonstances expérimentales,
par exemple après une marche rapide, un exercice physique un peu
violent, ou dans le cours d'un état émotionnel.
Lombard et Pillsbury constatent que le rythme respiratoire du
cœur peut se montrer indépendant de la respiration, par exemple se
manifester pendant que la respiration est volontairement suspendue,
ce qui prouve que le rythme n'est pas dû à la pression de l'air dans les
poumons ou à des sensations accompagnant les mouvements respi
ratoires et agissant par voie réflexe.
Quant aux oscillations vaso-motrices, les auteurs les ont étudiées en.
détail ; ils les ont vues se produire durant le repos, s'accentuer pen
dant l'essoufflement volontaire, et continuer quelque temps après ; ces
ondulations seraient surtout fortes pendant les chaleurs. Rien de tout
cela ne nous était entièrement inconnu; ce qui nous surprend davant
age, c'est la relation que les auteurs constatent entre les changements
de volume du doigt et les changements de vitesse du cœur ; nous
avions vu que c'est pendant 1 accélération du cœur que le volume
augmente ; les auteurs cités pensent que c'est pendant le ralentiss
ement du cœur. C'est possible; mais leur tracé (p. 220) est bien
mauvais.
Pachon consacre deux mémoires du journal de physiologie et de
pathologie générale à l'étude physiologique de la forme du pouls. Ce
sont des questions qui nous intéressent beaucoup pour l'interprétation
de nos tracés . Il est intéressant de constater que l'auteur, malgré son
désir plus ou moins conscient de respecter la théorie classique,
en montre quelques erreurs. D'après cette théorie, le pouls à forte
tension est un pouls à faible amplitude et à dicrotisme atténué, tan
dis que le pouls à faible tension a une grande amplitude avec dicro
tisme accentué. Pachon fait une analyse mécanique des facteurs qui
produisent la forme du pouls ; il montre avec beaucoup de clarté que
ces facteurs appartiennent à 2 groupes différents et antagonistes : le
facteur puissance, représenté par la force de la systole et la grandeur
de l'ondée ventriculaire ; et le facteur résistance, la tension artérielle,
laquelle peut être déterminée par la constriction active des artères,
ou par l'effet d'une opposition à la pression du sang. Suivant que le
facteur puissance ou le facteur résistance l'emporteront, on aura des
formes de pouls bien différentes. Ainsi, sous l'influence cardio-toni
que de la digitale, le pouls augmente d'amplitude en môme temps croit la tension artérielle. C'est une première brèche à la théorie
classique.
En voici une seconde, tout aussi importante. Pachon constate que
lorsque le cœur est accéléré, cette accélération a, par elle-même, la
propriété d'augmenter l'accentuation du dicrotisme de la pulsation, et
à l'inverse le ralentissement du cœur a pour effet d'émousser le
dicrotisme. Comme fait brutal, nous avons tous plus ou moins 496 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
observé cette influence; je l'ai notée incidemment dans mon dernier
article sur le pouls capillaire [Année Psych., IV, p. 336, in fine) et je
me rappelle que Hallion m'en a parlé dans une conversation parti
culière ; je crois même que Hallion et Comte l'ont écrit quelque
part. Mais Pachon a certainement le mérite d'avoir clairement
Fig. 70. — Pouls du schéma de circulation, d'après Pachon. Tracé supé
rieur : dépression brusque de là poire de caoutchouc, dont la compress
ion a produit l'onde pulsatile. Dicrotisrae accentué. Tracé inférieur :
décompression lente. Dicrotisme atténué.
indiqué ce phénomène, et d'en avoir expliqué le mécanisme ; il l'a
reproduit au moyen d'un schéma de circulation en caoutchouc, dans
lequel il provoquait des ondes en opérant la compression d'une
poire en caoutchouc par un levier manœuvré à la main; un sphygnio-
graphe appliqué sur le tube de caoutchouc inscrivait ce pouls artificiel.
Nous reproduisons son double tracé, qui est fort intéressant. Avec le
levier, il pouvait décomprimer la poire, soit vite, soit lentement; dans
le premier cas, le dicrotisme est accentué, dans le second cas, il est
émoussé. La figure est très nette, et la démonstration très intéres
sante, sinon absolument convaincante. C'est par cette vitesse de
décontraction que le même auteur explique pourquoi, lorsqu'on est
couché (et que la pression du sang diminue), le pouls a un dicrotisme
si faible ; ce serait parce que le cœur se ralentit et se décontracte len
tement. Maintenant, quelle explication doit-on donner de ce fait?
L'auteur dit ceci : le dicrotisme résulte de la réflexion de l'ondée san
guine sur les valvules sygmoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire :
tout ce qui augmente la vitesse de chute de ces valvules doit augment
er la force de cette onde, et par conséquent l'accentuation du dicro
tisme ; ainsi, l'augmentation de la pression du sang augmente la
vitesse de chute des sygmoïdes, elle augmente donc le dicrotisme; (il
est vrai que la pression sanguine d'autre part la résistance
de la paroi artérielle et que par conséquent ces 2 effets se combinent) ;
en outre, plus le cœur se contracte vite, plus aussi il se décontracte PHYSIOLOGIE DL' SYSTÈME NERVEUX 497
vite, plus la chute des valvules est brusque, plus l'onde réfléchie est
forte.
Un dernier mot personnel : M. Pachon, critiquant une hypothèse
que j'ai avancée sur le rôle du tonus vasculaire dans la question me
fait entendre très courtoisement que je me suis mépris sur le sens du
mot; la tonicité vasculaire ne peut augmenter le dicrotisme, parce que
la tonicité est une constriction de vaisseaux, et la constriction est une
force de résistance qui ne peut qu'atténuer le dicrotisme. L'objection
serait parfaitement juste s'il était exact que tonicité est synonyme de
resserrement. Dans ma pensée, le mot tonicité exprimait l'activité du
vaisseau, et non son état de resserrement. Je lis dans la Physiologie
de Beaunis (II, 667, 3° édition) que Goltz a montré que le tonus vascul
aire suffit pour faire progresser le sang dans les vaisseaux quand le cœur
a été soustrait par une ligature au système vasculaire. Il est évident que
si les vaisseaux étaient simplement resserrés, non seulement ils ne
pourraient pas produire une propulsion du sang, mais même, étant
facteurs de résistance, ils entraveraient le cours du sang. J'ai donc
compris le mot tonicité vasculaire dans le sens de facteur de puissance,
et on voit, d'après ma citation, qu'un physiologiste autorisé a employé
le mot dans ce sens ; mais vraiment, c'est attacher trop d'importance
à une petite question personnelle.
Ce qu'il faut retenir du travail de Pachon, c'est qu'il a, pour son
propre compte, fait 2 brèches à la théorie classique. Il n'a pas encore
rendu compte de toutes les exceptions que j'ai signalées à cette théor
ie. J'espère qu'il continuera son très intéressant travail d'analyse, et
que nous lui devrons l'an prochain de nouvelles lumières.
C. Colombo, élève de Mosso, a été chargé parson maître de mesurer
les changements de pression du sang chez l'homme pendant les
heures et sous l'influence des repas. Il s'est servi du sphygmoma-
nomètre de Mosso (voir la description de cet appareil dans Y Année
Psychologique, III et IV). Jusqu'ici on sait peu de chose sur ce point.
L'influence des repas, d'après ce qui résulte de nos propres expérienc
es, d'accord avec celles du physiologiste anglais L. Hill qui s'est servi
d'un sphygmomanomètre de son invention, sont assez médiocres, et
de sens variable. Colombo a trouvé des résultats plus précis, en met
tant ses sujets dans des conditions un peu spéciales. D'abord, il établit
qu'on doit mesurer la pression du sang chez l'homme en tenant
compte non de la contre-pression qui abolit toute pulsation, mais de
celle qui permet les pulsations les plus amples ; et il donne comme
raison de cette préférence que si on mesure la pression avec cette der
nière méthode, on obtient des résultats moins variables d'un individu
à l'autre (p. 12); de plus, il cite ce fait curieux qu'au sortir d'un bain
chaud, la contre-pression éteignant les pulsations est de 300 à 310
millimètres de mercure, tandis qu'avant le bain elle n'était que de
160 à 170 millimètres; or, ce résultat lui paraît être en contradiction
avec toutes les notions physiologiques, et ce critérium est mauvais.
l'année psychologique. 32 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 498
Influence des heures de la journée, les repas étant exclus. — Pour
exclure l'influence des repas, on en a changé les heures et on a fait
des recherches pendant plusieurs journées; ainsi, le sujet étant habitué
à manger à midi, on l'a fait manger une fois à 2 heures, et on a pris
la pression à midi ; une autre fois, on a encore changé l'heure, et on a
pris la pression à 2 heures. Les pressions ont été mesurées sur le sujet
debout: on le faisait vivre dans le laboratoire, on l'empêchait de faire
des mouvements violents, on excluait l'influence des changements de
température. D'abord, on faisait une pression forte et rapide de 120 à
130 millimètres: puis, on diminuait la lentement pour cher
cher le maximum de pulsation. Cette recherche était faite toutes les
heures, et on prenait en même temps le pouls, la température rectale,
la respiration. On a aussi supprimé l'influence du sommeil. On a
enregistré ainsi une courbe toute théorique, dans laquelle l'absence
des repas et de sommeil se fait quand même sentir.
Nous transcrivons ici la table de l'auteur, indiquant les pressions
prises chaque demi-heure avec l'appareil de Mosso et l'appareil de
Basch (consistant à relever la contre-pression nécessaire pour écraser
la pulsation à l'artère temporale). Les deux courbes qu'on peut cons-
Table extraite du travail de Colombo. — Comparaison des valeurs de
pression obtenues avec les appareils de Mosso et de Basch (N. F.
19 ans, taille de lm,70, poids de 75 kilos, sain et robuste).
BASCH. HEURES. MOSSO. BASCH. HEUUES. MOSSO. BASCH. HEURES. MOSSO.
18,— 1,- 80 9,30 90 110 95 75 83
10,— 75 85 75 95 100 18,30 100 1,30 19,— 2,— 75 95 75 92 10,30 95
H,— 75 98 90 19,30 100 75 2,30 90
3,— ■ 11,30 20,— 90 90 75 100 75 80
12,— 95 20,30 80 85 3,30 90 75 70
21,— ■4,— 80 12,30 90 75 80 85 85
13,— 4,30 80 90 85 75 21,30 80 80
S,— 22,— 80 80 85 75 90 13,30 80
14,— 5,30 90 70 85 22,30 90 85 80
6,— 23,— 75 90 14,30 60 90 80 85
15,— 6,30 70 90 75 95 23,30 80 90
7,— 24,— 100 95 75 70 15,30 90 90
16,- 7,30 70 110 90 100 24,30 70 90
8,— 1 80 110 16,30 90 80 80
17,— 8,30 90 94 80
9,— — — — 90 110 17,30 95 80
truire avec ces chiffres sont non seulement discordantes, mais même
contradictoires, comme on en peut juger d'après le graphique que
nous publions également; dans ce graphique, Colombo a aussi repré
senté la courbe obtenue en prenant avec le sphygmomanomètre de
Mosso la contre-pression éteignant la pulsation. Nous avons le regret PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 499
:Öii
/so t S
d^JEEz]E-7±qzEfdBH^^^^ no t ~*~
^itt^~4--±4-t1^ I6O
f3O
1 2 3 4 3 O 7 O G 1O il 12 13 1* 15 lö 17 lß 19 2O 21 22 23 24 I
Fig. 71. — Graphique de Colombo montrant les résultats très différents
qu'on obtient en étudiant d'heure en heure la pression du sang chez le
même individu avec des procédés différents ; procédé des oscil
lations maxima, sphygmomanomètre de Mosso; -j — | — | — \--\-, procédé de
la disparition des oscillations, sphymo. de Mosso; — - appareil de
Basch.
de constater que cette dernière courbe, quoiqu'en dise l'auteur, ne
ressemble à aucune des 2 autres, et il en résulte quelque scepticisme
sur toutes ces conclusions. J'ajoute qu'en étudiant les tracés mêmes ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 500
de l'auteur, on reste fort indécis sur l'interprétation à en tirer;
les tracés du 1er tableau, pris entre 10 h. 30 et 12 h. 15 ont des oscil
lations si petites, si insignifiantes, qu'il est bien arbitraire de fixer le
point où les oscillations sont les plus fortes.
L'influence des repas, d'après l'auteur, serait une diminution de
pression; mais il convient d'ajouter que cette diminution de pression
s'observe seulement avec la méthode des oscillations maxima ; si on
emploie l'autre méthode, celle de contre-pression éteignant les pulsa
tions, c'est juste le contraire qu'on observe ; et il en est de même
encore, lorsqu'on se sert de l'appareil de Basch.
Que conclure ? Notre conclusion ne sera certes pas celle de Colombo,
qui n'est rien moins que démontrée ; notre conclusion sera qu'il faut
d'abord rechercher quelle est la meilleure méthode pour mesurer la
pression.
Hallion et Comte publient un procédé nouveau de mesure de la pres
sion artérielle. Nous reproduisons leur note intégralement.
« Au cours de nos recherches sur la circulation capillaire de l'homme,
nous avons été amenés à étudier les variations du pouls capillaire des
doigts sous l'influence de compressions exercées sur les artères du
membre supérieur. M. Marey avait observé que si l'on introduit une
main dans un récipient parfaitement clos, et qu'on élève progressiv
ement la pression à l'intérieur de ce récipient et, par conséquent, la
compression extérieure subie par la main, on voit le pouls total de
cette dernière augmenter d'amplitude, puis diminuer d'amplitude
pour s'effacer enfin. M. Marey a déduit de cette expérience la possibil
ité d'évaluer la pression artérielle dans le segment de membre ainsi
exploré.
« M. Mosso, qui a étudié à son tour le même phénomène et constaté
les mêmes faits, a imaginé un sphygmomanomètre, basé sur ce prin
cipe. Nous n'entrerons pas dans la description de cet appareil : nous
rappelons seulement qu'il s'agit, en somme, d'un pléthys-
mographique à pression variable, comme c'était le cas dans l'appar
eil primitif de M. Marey.
« Nous avons étudié les modifications du pouls total des doigts à
mesure qu'on exerçait une pression de plus en plus forte, non pas sur
les doigts explorés, mais sur le trajet des grosses artères qui s'y ren
dent, c'est-à-dire au bras ou à l'avant-bras. Le dispositif était le su
ivant : les doigts étaient munis de notre pléthysmographe et on inscri
vait leurs pulsations ; d'autre part, le bras ou l'avant-bras étaient
munis d'un appareil à l'aide duquel on pouvait exercer, sur leur face,
une constriction circulaire d'une intensité connue.
« C'était une sorte de bracelet à double paroi : la paroi extérieure
n'était autre qu'un cylindre en métal, rigide ; quant à la paroi inté
rieure, elle était constituée par un cylindre de baudruche, souple et
lâche ; de ces deux cylindres, inclus l'un dans l'autre, le deuxième,
celui de baudruche, a ses deux extrémités collées et ligaturées sur les PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 501
deux extrémités du premier. Ainsi, entre les deux, se trouve compris
un espace annulaire entièrement clos. Cet espace clos communique
simplement, d'une part, avec une pompe ou une poire de caoutchouc
qui permettent d'y comprimer de l'air, et d'autre part, avec un mano
mètre inscripteur, à l'aide duquel on évalue la pression réalisée à tous
les moments. Gomme le tracé pléthysmographique des doigts se dé
roulait en regard du tracé de la pression produite sur le bras, rien
n'était plus facile que d'observer les variations de ces deux phéno
mènes en fonction l'un de l'autre.
« D'une façon générale, on constate, du côté du pouls capillaire, les
mêmes modifications principales que si l'on comprime directement
les réseaux vasculaires explorés. Toutefois, si l'on désirait étudier ces
phénomènes dans des conditions moins complexes, il conviendrait de
limiter la compression à l'artère humérale, car la compression vei
neuse, accumulant le sang dans la main, complique l'observation et
rend les interprétations moins simples. C'est ce que nous avions fait
dans certaines expériences ; mais il n'y a pas lieu de étendre ici
sur ce sujet; nous avons voulu seulement indiquer comment nous
avons été conduits à constater un moyen d'évaluer, par un procédé
que nous croyons nouveau, la pression artérielle chez l'homme.
« II serait oiseux de chercher à innover en cette matière si les pro
cédés actuellement mis en usage n'avaient soulevé des objections de
divers ordres. Celui que nous allons indiquer sommairement est-il
plus fidèle et plus sûr ?
« Nos recherches ne sont pas suffisamment nombreuses pour nous
permettre de l'affirmer : nous nous contentons de dire qu'il mérite
d'être essayé et contrôlé.
« L'appareil qui nous a servi à comprimer l'avant-bras ou le bras
ressemble, d'une façon à peu près complète, au sphygmomètre de
L. Hill, et nous aurions utilisé purement et simplement cet instru
ment, si nous en avions eu connaissance, par l'Intermédiaire des Bio
logistes ', avant d'avoir nous-mêmes imaginé un dispositif semblable.
Nous préférons cependant, comme agent de compression^ notre sac en
baudruche au sac en caoutchouc adopté par M. Hill. Notre sac en étant assez lâche pour que sa paroi demeure encore plissée
au moment où, dans sa cavité la pression est au maximum, la valeur
de cette pression nous paraît devoir être très sensiblement égale à
celle que la baudruche exerce sur le membre. Avec une ampoule de
caoutchouc (à moins que celui-ci ne soit à parois très lâches ou inf
iniment extensibles), la pression exercée sur le membre sera égale non
pas à la pression intérieure de l'ampoule, c'est-dire à la pression indi
quée par le manomètre, mais bien à celle-ci diminuée de la réaction
que lui oppose l'élasticité même du caoutchouc.
« Hâtons-nous d'ajouter que, n'ayant pas entre les mains l'appareil
(1) Année 1898, p, 390.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin