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Tendances et Instincts. Émotion. Phénomènes affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire - compte-rendu ; n°1 ; vol.22, pg 445-463

De
20 pages
L'année psychologique - Année 1920 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 445-463
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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VI.Tendances et Instincts. Émotion. Phénomènes affectifs.
Sentiments. Esthétique élémentaire
In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 445-463.
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VI.Tendances et Instincts. Émotion. Phénomènes affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire. In: L'année psychologique.
1920 vol. 22. pp. 445-463.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1920_num_22_1_4456■
TENDANCES ET INSTINCTS. ÉMOTION. SENTIMENTS 445
VI. — Tendances et Instincts. Émotion. Phénomènes affectifs.
Sentiments. Esthétique élémentaire.
PIERRE JANET. — La tension psychologique, ses degrés, ses oscil
lations. — Br. J. of Ps. M. S., 1920-1921, I, 1-4, p. 1-15, 144-164,
et 209-224.
Dans ces trois lectures faites à l'Université de Londres, Pierre
Janet examine successivement : la force et la tension psycholo
giques; la hiérarchie des tendances; et les oscillations du niveau
mental.
Il débute par une profession de foi objectiviste, signalant la nécess
ité pour le médecin, à qui la psychologie des métaphysiciens n'est"
d'aucun usage, de se faire sa psychologie, en étudiant, comme le
naturaliste, le phénomène extérieur observé chez le malade : « La
psychologie est la description et la classification des conduites
humaines, des comportements de l'homme dans les différentes
circonstances où il est placé, et la pensée n'est qu'une de ces con
duites, une attitude, un langage .analogue à ceux que nous voyons
au dehors, mais que ces proportions réduites nous dissimulent en
partie ». La psychologie vraiment médicale devra « présenter sous
forme d'actions et de conduites les opérations les plus élevées de
l'esprit humain », tâche infiniment complexe.
La première lecture fournit une claire définition de ce qu'on doit
entendre par la tension psychologique et son influence sur la répart
ition et l'utilisation des forces élémentaires : les actes doivent être
étudiés au point de vue de leur niveau et non pas de leur qualité
seulement.
La hiérarchie des tendances a son point de départ dans le com
portement animal, dans les réflexes — réactions explosives déchar
geant la tendance —, dans les attitudes suspensives qui permettent
une conduite perceptible, et dans les premières tendances sociales,
ou tendances « socio-personnelles », entraînant une collaboration
de chaque individu avec ses semblables et avec lui-même, en tant
qu'il prend conscience de sa personnalité.
Au-dessus apparaissent les premières tendances intellectuelles,
intermédiaires en quelque sorte entre l'animal supérieur et
l'homme, entraînant des conduites combinées (se comporteT devant
une image d'objet comme devant une image et non devant l'objet
représenté, avoir la « conduite de l'image »). Le langage est-une
conduite combinée de ce niveau; mais son apparition modifie tout,
en intellectualisant; le mot s'ajoute à tousles actes, et il engendre
la mémoire véritable, qui est « une certaine transformation de
l'action de telle manière qu'elle puisse être communiquée, même à ».'
des absents
L'homme ayant le langage, obéissant à la loi fondamentale de se
conduire avec lui-même comme il se conduit avec les autres, s'est
mis à se parler à lui-même, tout bas : La pensée naquit ainsi. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 446
« parole intérieure à laquelle aucun autre homme ne peut réagir
excepté celui-là mé/ne chez qui elle se développe ».
Deux conduites parallèles peuvent naître dès lors dans une
circonstance donnée, l'action corporelle, efficace, mais lente et
fatigante, et l'action verbale, rapide et peu coûteuse, impuis
sante par elle-même. Les relations de plus en plus compliquées
établies entre la parole et l'acte ont constitué les stades supérieurs
de la hiérarchie psychologique.
La conduite affirmative, créatrice d'êtres, réprésente un stade
primitif du développement de l'esprit, stade prélogique qui reparaît
dans les états de dépression, les suggestions et les délires, auquel
l'auteur réserve le nom de stade des « tendances pithiatiques ».
La discussion sociale dans le bavardage de la conversation inter
venant à sou tour dans le langage intérieur, fait apparaître la
réflexion, le stade de la décision volontaire. Au-dessus de cette
tendance apparaît la tendance rationnelle ou ergétique, au travail,
à l'effort.
Enfin le dernier terme atteint dans l'évolution des tendances est
celui qui consiste dans la transformation du souvenir, de tendance
à raconter en tendance à agir. « II a fallu la longue éducation, de
l'humanité par les religions de morale austère, il a fallu l'acquisition
de la domination sur soi-même, l'habitude de sacrifier ses préfé
rences pour que l'humanité devînt capable de donner de la force à
l'ordre issu du souvenir. La conduite expérimentale est une con
duite vertueuse.... La religion ne devrait pas être trop sévère pour
la science, car c'est elle qui l'a enfantée. »
Mais l'évolution n'est pas terminée, et les tendances progressives
visent à la continuer.
Cette hiérarchie des tendances permet de mettre de l'ordre dans
la. description de tous les troubles mentaux qui apparaissent comme
des degrés d'une dépression plus ou moins profonde.
Le triptyque représente une synthèse lucide et puissante de la
conception à la fois biologique et sociologique que Janet s'est faite
de l'esprit humain, conception suggestive et séduisante, non sans
susciter parfois, parce que trop séduisante peut-être, certaines
résistances.
L'assimilation d'une attitude expérimentale à une conduite ver
tueuse, la genèse de la science par la religion, c'est un point de
vue qui pour ma part ne me satisfait pas, et je vois plutôt une
opposition entre là contrainte sociale du dogme et la libre utilisation
— répondant à un principe biologique — de l'expérience passée,
qui forme l'essentiel de l'attitude scientifique. L'identification
simple de toute forme dépensée avec le langage semble aussi dis
cutable. Et ramener tous les syndromes mentaux à des niveaux .
différents est une tâche difficile.
Mais la riche pensée de Pierre -Janet soulève utilement des pro'
blèmes sur lesquels il projette des vues singulièrement originales.
H. P. TENDANCES ET INSTINCTS. EMOTION. SENTIMENTS 447
J. R. KANTOR. -— A functional interpretation eft human instincts
(Une interprétation fonctionnelle des instincts humains) . — Ps. Rev.,
XXVII, 1, 1920, p. 50-72. — EDWARD GHACETOLMAN. — Instinct
and Purpose {Instinct et Finalité). — Id., 3, p. 217-233. — WALTER
S. HUNTER. — The modifications of instinct from the standpoint
of social psychology {La modification de Cinstinc{ du point de vue
de la Psychologie sociale). — Id., 4, p_ 247-269. — -The misuse of
instinct in the social Sciences (Le mésusage de l'inslinct dans les
Sciences sociales) — Id., XX.VIH, 2, 1921, p. 96-119.
L'étude des instincts a prjs une large place en psychologie
humaine, individuelle et sociale, en rapport avec le développement
de l'attitude objective qui envisage le comportement de l'homme
Comme celui des animaux.
Kantor développe cette idée que, dans les conceptions actuelles
de l'instinct humain, il se glisse trois tendances insidieuses, l'une
métapsychique, qui fait appel à des forces mystérieuses, poursuivant
dans les organismes un but de la vie, comme la conservation de
l'espèce, une autre, qui relève d'un « abstractionnisme biologique»
et qui, résolvant le comportement des organismes, sans différencier
l'homme des animaux, en termes hypothétique&d'éléments nerveux,
entraîne des confusions, et masque la spontanéité de la conduite
humaine, enfin, une dernière qui tend à la simplification psycho
logique en réduisant subjectivement la conduite instinctive, suivant
les vues de Me Dougall, au fonctionnement de disposions psychiques
ou d' « impulses », ce qui ne permet pas de sortir d'une description
structurale du comportement.
Tous les dangers peuvept être évités pour un psychologiste
«fonctionnel », envisageant les données de la psychologie comme
des réponses adaptatives concrètes au milieu.
Pour Tolman, la théorie de l'instinct comprend deux processus,
un « ajustement déterminant » et un acte subordonné, la finalité
(purpose) apparaissant comme l'interaction de l'ajustement et des
actes subordonnés, et sa satisfaction comme consistant, sous
l'influence d'un des actes subordonnés, en la suppression du
stimulus provocateur de l'ajustement déterminant. .
Et, dans l'analyse « behavioristique » du processus, il faut faire
intervenir les images de la mémoire et de l'imagination.
La notion de l'ajustement, avec classification hiérarchique, se
substitue, dans cette conception, à celle des forces profondes ou des
tendances psychiques, sans précision physiologique hypothétique,
et paraît ainsi se ranger dans la formule fonctionnelle de Kantor.
Au contraire, Hunter cherche à. formuler schématiquement le
complexe d'éléments nerveux impliqués dans une modification
d'instinct, lorsque, à laplace du stimulus primitif, un stimulus acquis
intervient, avec participation d'un composant viscéral commun ou
modifié, pour déclencher une réponse modifiée, avec la même
réponse viscérale, ou inversement. Pour lui, les types de modifica
tion des formes instinctives de comportement donnent à l'instinct ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 448
sa signification sociale, la sublimation apparaissant comme une
combinaison de la modification des stimuli et de celle des réponses.
Il envisage, dans le comportement social, les modifications
de la finalité biologique ou de la valeur adaptative des réponses
instinctives, comme la substitution d'un but de plaisir, avec droit
de propriété, au but reproducteur inconnu de l'instinct sexuel,
chez les peuples primitifs.
Quant à Bernard, il soutient une conception strictement et org
aniquement « structurale » : comme il n'y a pas d'hérédité des
abstractions, dit-il, il n'y a pas de dispositions héritées, mais
seulement des structures, répondant aux lois de la transmission
mendélienne, et dont le fonctionnement détermine des types
d'action. L'instinct est une réponse spécifique à un stimulus
spécifique, et dans une liste d'instincts telle que celle de Me Dougall,
on voit des habitudes non susceptibles d'être héritées, parce que ce
ne sont pas des caractères mendéliens, des produits de l'expérience
tftdividuelle ou « raciale », comme l'instinct parental, l'instinct de
reproduction, l'instinct de cpnservation, l'instinct grégaire, etc. En
psychologie sociale, on.- emploie, selon lui, la notion d'instinct, à
tort et à travers, ce qui a des effets désastreux. Mais il ne serait
pas moins désastreux d'adapter la conception de l'instinct aussi
ridiculement étroite que peu fondée de Bernard, qui fait du men-
délisme un évangile. H. P.
LEONARD THOMPSON TROLA.ND. — A system for explaining affec
tive phenomena (Un système d'explication des phénomènes
tifs). — J. of. abn. Ps., 1920, p. 376-387. -
L'hypothèse fond-amentale est la suivante : l'intensité affective
d'un . phénomène de conscience est proportionnelle au taux de
variation de la conductibilité survenant au niveau des synapses-
dont la mise en jeu conditionne le phénomène de conscience.
Les excitations extérieures se divisent en « nociceptives » et
« bénéceptives », les premières diminuant la conductibilité des
synapses corticales, les secondes l'augmentant au contraire et
Jacilitant l'activité associative d'où dépend le learning. Cette action
« rétro fl exe » — par opposition à la réaction réflexe dirigée vers
l'extérieur — engendre les phénomènes affectifs primaires, dont
les autres dérivent par le jeu de mécanismes du type des réflexes
conditionnels. H. P. s
HENRI PIÉRON. — Les formes élémentaires de l'émotion dans le
comportement animal. La dynamogénie émotionnelle. — J. de
Ps., XVII, 1920, p. 937-945.
Objectivement l'émotion paraît caractérisée « par une réactivité
diffuse, assez intense, et débordant le cadre des réponses dire
ctement adaptées à l'excitation. Qu'un animal attaqué fuie et se
défende, cela n'indique pas nécessairement l'émotion, mais celle-ci
existe s'il tremble et s'il urine sous lui ». et instincts, emotion, sentiments 449 tendances
Mais, en l'absence de cette réactivité diffuse, ne peut-on trouver
des formes rudimentaires de l'émotion? Celle-ci se manifesterait
déjà par des réactions « apparaissant exceptionnellement, dans
des conditions habituellement insuffisantes pour les provoquer, ou
apparaissant avec une intensité exceptionnelle ». - -
Par exemple des recherches sur l'autotomie des crabes, des
pagures, des acridiens, montrent qu'en dehors de l'autotomie
réflexe par excitation violente du nerf de la patte, il existe une
autotomie évasive d'un membre retenu, variable et inconstante,
commandée par un complexus de sensations, et en rapport avec
un choc émotionnel assez intense.
Ainsi, un crabe commun attaché par une patte n'autotomise
jamais son membre qui l'empêche de s'enfuir que quand un poulpe
approche pour le saisir (Parize, Piéron, Roskam).
La fatigue, la répétition des excitations, entraînent la disparition
rapide de l'autotomie émotionnelle, comme si l'énergie nerveuse
n'était plus libérée en quantité suffisante pour déclencher la
réaction exceptionnelle; les réservoirs d'énergie dans le système
nerveux d'orthoptères ou de crustacés décapodes, ne doivent pas
être en effet de capacité considérable.
L'émotion apparaîtrait comme caractérisée par une dynamogénie,
une libération d'énergie nerveuse sous forme d'une véritable
décharge. Et, conformément à la conception de Lapicque, la
décharge, débordant les voies nerveuses des réflexes adaptés, et se
répandant dans celles de la vie végétative, entraînerait lés effets
viscéraux, sphinctériens, cardio-vasculaires, secrétaires, dont il ne
faut pas chercher l'origine dans un mécanisme adapté.
Le premier stade de l'émotion n'entraînerait qu'une dynamogénie
encore canalisée, soit faute d'une réserve suffisante d'énergie
nerveuse (animaux inférieurs) soit .faute d'une intensité suffisante
du choc émotionneK (influence utile de l'émotion chez l'homme,
assurant de l'éloquence, de la présence d'esprit, etc.).
« La grande émotion, entraînant l'inondation nerveuse des voies
sympathiques, serait un privilège des animaux supérieurs à système
■nerveux central quantitativement bien développé, avec d'importantes
réserves cérébrales d'énergie, cette grande émotion, biologiquement
néfaste, avec ses manifestations diffuses et contradictoires, empê
chant les mécanismes adaptés de défense de s'exercer utilement et
épuisant le" système nerveux jusqu'à entraîner des conséquences
pathologiques dont nous avons vu, au cours de la guerre, la
fréquence et la gravité. »
H. P.
J. R. KANTOR. — An attempt toward a naturalistic description of
emotions [Un essai de description naturaliste des émotions). — Ps.
Rev., XXVIII, 1 et 2, 1921, p. 19-42 et 120-140.
L'auteur, analysant dans un esprit objectif la « conduite émotionn
elle <>, les actes émotionnels, aboutit à une hypothèse « organis-
l'a.vnëe psyciimlugioue. xxii. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 450
mique >>, qui se rapproche assez du point de vue de Larguier des
Bancels et a quelques traits communs avec la conception que j'ai
moi-même exposée : l'émotion n'est pas une, réaction positive à un
stimulus, mais son comportement a un caractère négatif, elle repré
sente une défaillance des réactions, elle est essentiellement une
« no-response activity », à la différence du « feeling behavior » du
comportement objectif en général. Il n'y a pas de dépendance
des états émotionnels par rapport aux activités téléologiques qu'on
appelle des instincts ; et il n'est pas possible de donner une classi
fication des émotions. La suppression des réactions adaptées par
désorganisation brusque des systèmes de réponse, et fonctionnement
diffus et chaotique, avec suppléance de réflexes organiques, ne
permet pas d'admettre les interprétations utilitaires, celles de
Cannon comprises. Les réactions organiques émotionnelles sont
souvent nuisibles et peuvent causer la mort. On trouve rarement
chez les animaux et les jeunes enfants ce/ caractère dissociant et
« disruptif » du comportement émotionnel, parce que ces orga
nismes n'ont pas atteint un stade»assez avancé dans la constitution
des systèmes réactionnels pour que ceux-ci puissent être dissociés
et rompus; les réflexes organiques des réactions émotionnelles
appartiennent au comportement positif de réponse aux excitations,
et ne représentent pas des substitutions aux modes positifs de
réponse.
H. P.
ALFRED CARVER. — The generation and control of emotion (La
production et le contrôle de l'émotion). — Br. J. of Ps., X, 1, 1919,
p. 51-65.
Les considérations sur l'émotion auxquelles se livre l'auteur le
conduisent aux conclusions suivantes :
1' « ajustement » interne d'un 1. L'émotion n'est qu'un aspect de
organisme destiné à l'adapter plus, complètement aux changements
soudains du milieu. La fonction de l'émotion est de renforcer
Vintérêt d'un instinct, et de réfréner, en développant le contrôle,
les réponses massives mécaniques et fatales.
2. Les concomitants viscéraux et somatiques de l'émotion ne
sont pas responsables de l'origine" de l'état affectif, maïs soht des
« ajustements » physiques anticipés, qui permettent à l'organisme
de déployer effectivement toute son énergie pour satisfaire les
processus instinctifs suscités. - • *
3. Le thalamus est le centre de la conscience de l'état émotionnel.
Son activité' est normalement contrôlée par les activités discrimi-
natives du cortex cérébral.
4. La dissociation est à l'opposé de l'intégration; les intégrations
les plus récentes et les plus complexes sont le plus facilement
dissociées.
5. L'énergie d'un processus instinctif peut trouver issue le long
de voies psychiquement équivalentes, mais s'efforce à une satisfac- ,
TENDANCES ET INSTINCTS. ÉMOTION. SENTIMENTS 451
tion par déplacement de 1' « affect », résultat psychonévrosique ;
l'éducation doit utiliser les équivalents psychiques.
L'auteur, on le voit, envisage, sous l'influence de l'expérience de
la guerre, l'émotion dans son rapport avec les déséquilibres patho
logiques qui peuvent en résulter.
Il se rapproche de la conception de Watson, qui fait de l'émotion
un .instinct viscéral destiné à fournir de l'énergie pour la défense
de l'organisme menacé, cette conception empruntant à Gannon ses
faits et surtout ses interprétations finalistes.
A noter qu'il ne craint pas d'admettre la localisation infra cor
ticale du siège même de l'émotion.
H. P.
M. GAMIS. . — II meccànismo délie emozioni (Le mécanisme des
émotions). — In-16, 236 p., 1919, Turin, Fr. Bocca.
L'auteut1, dans un laboratoire italien de psycho-physiologie mili
taire, ayant pu se rendre compte de l'importance primordiale des
émotions chez les soldats, au cours de la guerre, a été amené à
réfléchir sur cette question, et ce petit livre est -le fruit de ces
réflexions. On y trouve, exposées, dans une première partie, les
théories somatiques de l'émotion, théories périphériques, sympat
hiques et de la cœnesthésie cérébrale, et dans une seconde, les
recherches expérimentales sur les phénomènes cardio-vasculaires,
respiratoires, sensitifs, secrétaires, concomitants des émotions,
ainsi que sur le réflexe psycho-galvanique pour lequel la document
ation de l'auteur est bien incomplète, et dans lequel sont confondues
les variations de résistances découvertes par Féré, et les modifica
tions dans la symétrie du potentiel électrique cutané, signalées en
premier par Tarehanoff.
Un chapitre est consacré à l'examen de l'émotivité, tel qu'il était
réalisé chez les aviateurs dans 'les offices psycho-physiologiques de
l'armée italienne, avec ses données sur la variabilité des temps de
réactions simples et de choix sous l'influence d'émotions brusques,
suivant la technique même de l'auteur, qui omet de signaler les
recherches françaises de Camus et Nepper.
En quelques pages l'auteur donne son opinion' personnelle sur le
mécanisme de l'émotion, qu'il relie à un phénomène d'irradiation
des réflexes sous l'influence d'excitations intenses, selon la loi
établie par Sherrington, utilisant cette donnée qu'il aurait person
nellement obtenue, d'un allongement des temps d\ réaction simple,
mais d'un raccourcissement des temps de choix, après une stimu
lation émotionnelle.
Selon lui, deux facteurs distincts constituent 1 émotion r une
excitation (sensorielle ou représentative) avec irradiation cérébrale
plus ou moins étendue; et une élaboration corticale du stimulus
avec mise en jeu consécutive d'un complexé fonctionnel de mouve
ments de protection, accompagné de réactions viscérales, et pouvant
être en partie inconscient et automatique. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 452
On voit que l'auteur qui est physiologiste, n'accepte pas plus que
les autres physiologistes la théorie périphérique de Lange, qui a
vécu. La conception pourrait être discutée en certains points. Du
fait de l'irradiation initiale — mais limitée à tort à la région cor
ticale à mon avis — elle a des points de contact avec la théorie de
Lapicque qu'on regrette de ne pas voir citée. H. P.
V. M. BUSCAINO. — Rapporti tra stato subjettivo e manifestazioni
somatiche nella dottrina délie emozioni (Rapports entre Vétat sub
jectif et les manifestations somatiqucs dans la théorie des émotions).
— I centri encefalici dei reflessi emotivi (Les öentres encéphaliques
des réflexes émotifs). — Riv. di Psic, XVI, 2 et 3-4, 1920, p. 167-177
et 266-28*9.
L'auteur envisage, en termes physiologiques, la théorie intellec
tualiste, la théorie somatique, et une troisième théorie, d'après
laquelle les modifications corticales psycho-affectives et les modifi
cations somatiques, au lieu de s'engendrer, seraient sœurs.
11 passe en revue les précurseurs de Lange et James, et, d'une
série de faits très sommairement rappelés, conclut que, les phé
nomènes somatiques de l'émotion persistant en l'absence del'écorce
cérébrale, on ne peut admettre que ces phénomènes soient une con-
-séquence de la modification corticale affective : ils sont primitifs,
donc l'émotion subjective est la conséquence des variations somat
iques engendrées par voie réflexe. Les centres de ces réflexes affectifs
se trouvent dans la zone cérébrale commandant les fonctions
mimiques et végétatives (substance grise entourant le 3e ventricule
et l'aqueduc et Sylvius, cerveau intermédiaire et mésencéphale).
En conclusion, le fait subjectif, l'émotion psychique, est toujours
un phénomène cortical, dont la tonalité particulière est conditionnée
par la participation fonctionnelle, primitive, du thalamencéphale
et du mésencéphale.
Ces études doivent faire partie d'un ouvrage sur la biologie et la
vie affective.
Pour ma part, je ne puis accepter qu'en physiologie on envisage
un fait « subjectif ». Si on* parle de cortical, il est évident que le
sous-cortical ne peut s'y substituer, mais rieri ne permet d'identifler
le psychique au cortical. D'autre part, s'il existe dans l'émotion des
phénomènes associatifs corticaux, non responsables des manifesta
tions affectives somatiques, rien ne prouve que ces phénomènes sont
eux-mêmes conditionnés par des manifestations affectives.
Je ne vois rien dans les faits et raisonnements de Buscaino qui
s'oppose à la conception suivante : un phénomène affectif spéci
fique se produirait, au niveau du corps strié ou du thalamus,
engendrant des réactions associatives corticales d'une part (non
nécessaires, non constitutives de l'émotion première] et des réactions
neuro-somatiques d'autre part, dont la diffusion croîtrait avec l'inten
sité de fémotion, mais qui n'en seraient pas non plusconstitutives,'
, .P. P. TENDANCES ET INSTINCTS. ÉMOTION. SENTIMENTS 453
V. M. BUSCAINO. — Ricerche biochimiche in animali normali ed în
animali emozionati {Recherches biochimiques chez des animaux nor
maux et émotionnés). — Riv. di Pat., XXIV, 11-12, 1919.
Chez des cobayes et des chats épouvantés, des variations fonc
tionnelles apparaissent, non seulement dans le sang (teneur
augmentée en glucose et pouvoir oxydant diminué), mais encore dans
le foie, la corticale surrénale, le corps thyroïde, le tissu interstit
iel du testicule et de l'ovaire : il y a des phénomènes de congestion,
uq,e modification de la teneur en graisses neutres et en lipoïdes,
une augmentation du volume cellulaire, et des variations nucléaires.
Toyt le tissu nerveux présenterait une affinité diminuée pour le bleu
de toluidine, avec des signes d'augmentation de l'activité nucléaire.
Ces données, qui auront besoin de nouvelles vérifications et pré
cisions — paraissent bien montrer l'inlluence physiologique pro
fonde et généralisée des émotions intenses.
H. D.
T. GRAHAM BROWN. — La manifestation graduelle des réactions
affectives. — Enc. XVI, 4, 1921, p. 201-202.
Rivers a admis que l'instinct, du moins sous ses formes élément
aires, représentait une fonction des centres sous-corticaux soumis
à la loi du « tout ou rien ».
L'auteur, qui a constaté que la stimulation faradique unipolaire
d'une petite surface de la section du cerveau moyen chez le singe
décérébré (près de l'aqueduc, au niveau du bord supérieur des
tubercules quadrijumeaux, un peu plus haut chez le Chimpanzé)
entraînait des variations respiratoires de nature nettement affective
(accélération respiratoire s'accompagnant d'une élévation de pres
sion sanguine), a vérifié, en graduant l'excitation électrique, que la
réaction, dans son intensité et dans son étendue, variait, avec
l'intensité du stimulant, augmentant avec celle-ci jusqu'à com
prendre des phénomènes pilomoteurs et des modifications expres
sives des muscles faciaux.
Une réaction affective peut donc, à son avis, manifester un
caractère graduel dans ses réponses, et n'est pas nécessairement
soumise à la loi du « tout ou rien ».
H. P.
A.-D. WALLER. — La réaction émotive normale observée en trois
temps. — B.B., 85, 26, 1921, p. 340-342.
L'auteur, en utilisant la différence du seuil du réllexe psycho
galvanique à la paume de la main et à l'avant-bras, classe les sujets
en trois catégories d'après leur réponse affective à une excitation
moyenne non douloureuse : Les « sensitifs » réagissent à la main
et àj'avant-bras, les normaux seulement à la main, et les « négatifs »
nulle part.