La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Tendances et Instincts. Emotions. Phénomènes affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire - compte-rendu ; n°1 ; vol.23, pg 458-469

De
13 pages
L'année psychologique - Année 1922 - Volume 23 - Numéro 1 - Pages 458-469
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

VI. Tendances et Instincts. Emotions. Phénomènes affectifs.
Sentiments. Esthétique élémentaire
In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 458-469.
Citer ce document / Cite this document :
VI. Tendances et Instincts. Emotions. Phénomènes affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire. In: L'année psychologique.
1922 vol. 23. pp. 458-469.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1922_num_23_1_29830ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 458
mologie de V, Morax, et traitant la question de l'iris d'une façon
très large : Une première partie est consacrée à l'anatomie et à
l'innervation de l'iris, à la motilité irienne (mécanismes de la con
traction et de la dilatation pupillaires), aux pupillomètres, et à
l'influence des collyres sur la pupille ; la deuxième partie traite
de la physiologie des réactions pupillaires, réflexes à la lumière et
à l'accommodation — convergence, réflexes sensitifs et réflexes
psychiques.
Les données sont claires et précises, appuyées de figures excel
lentes, l'information est vaste, l'attitude est prudente ; les inter
prétations, qui assez souvent paraissent discutables; ne sont don
nées que sous forme dubitative.
On ne trouvera pas de données neuropathologiques sur les ré
flexes pupillaires. Si la réaction de Tournay (aniso„corie dans le-
regard latéral) n'est pas envisagée, c'est que son étude est récente.
On regrette que l'auteur n'ait pas connu quelques travaux sur la
latence de la réaction pupillaire et sur sa vitesse (ceux de Prentice
Reeves surtout). Mais ce sont là des détails, et, dans l'ensemble, ce
livre est excellent et fort utile.
H. P.
VI. — Tendances et Instincts. Emotions. Phénomènes
affectifs. Sentiments. Esthétique élémentaire
FR. PAUL HAN. — Tendances et faits psychologiques. — J. de
Ps., XIX, 5 et 6, 1922, p. 385-411 et p. 521-542.
La tendance — qui ne peut être définie que par son but — est
« un ensemble de phénomènes systématiquement associés, conver
geant vers un même but ou vers des buts harmonisés ».
Dans l'esprit en activité, tout est tendance et tendance non
satisfaite, et un être vivant est un système de tendances. Les faits,
psychologiques, qui ont été seuls étudiés, résultent de la décomp
osition de ce complexe qu'est la tendance, élément essentiel de l'es
prit ; en réalité, tout fait psychologique est tendance, mais la ten
dance déborde largement le ; il y a une spirituali-
sation des tendances, mais celles-ci sont organiques au premier
chef.
L'étude des rapports de la conscience avec la tendance montre,
pour des tendances aussi bien physiologiques que psychologiques
ou sociales, une prise de conscience liée à la complication de la ten
dance, à la gêne, à des croisements ou insertions de tendances diff
érentes. La conscience de l'ensemble d'une fonction apparaît quand
cet ensemble est menacé.
Au point de vue de son analyse psychologique, la tendance, mar
chant vers son but, s'accompagne généralement d'émotions ; elle
éveille des désirs, conscients ou non, elle provoque des actes,
suscite des représentations ; quand elle rencontre des obstacles,
et qu'il y a lutte et trouble, le moi intervient, prend parti, et la
volonté, s'insérant dans l'évolution du désir, donne satisfaction à TENDANCES ET INSTINCTS. EMOTION. SENTIMENTS 459
la tendance, quand celle-ci du moins ne décide pas seule, ne « veut»
pas sans l'intervention même du moi.
Les faits de conscience ne font qu'exprimer, traduire la ten
dance, et n'ont sens et valeur que par elle. Mais la tendance n'est,
d'autre part, qu'une synthèse de phénomènes sans lesquels elle ne
serait rien ; elle est comme un composé, antérieur et supérieur à
ses composants, mais solidaire d'eux.
H. P.
W. MG DOUGALL. — Belief as a derived emotion {La croyance
considérée comme une émotion dérivée). — Ps. Rev., XXVIII,
5, 1921, p. 315-327.
L'auteur se rallie à l'opinion de James que la croyance est une
émotion : mais ce n'est pas une émotion primaire ; elle fait partie
du groupe, que l'auteur a décrit (dans sa Social Psychology), des
émotions dérivées. Elle doit donc être. distinguée de la simple affi
rmation-négation. Car elle suppose toujours que nous avons un intérêt
dans la question posée. Elle doit être rapprochée des autres émot
ions dérivées liées à la tendance.
Quand nous désirons une fin, nous faisons des efforts pour l'at
teindre et avons confiance ; si les difficultés surgissent, mais
qu'elles soient de peu d'importance, nous gardons l'espoir ; si elles
augmentent, c'est alors V anxiété ; si elles s'avèrent presque insur
montables, le découragement ; et avec la certitude de l'i
nsuccès vient le désespoir. Le souvenir de l'échec subi donne lieu
au regret. Si, au contraire, nous apercevons le moyen de triompher
des obstacles qui s'opposent à la réalisation de notre désir, alors le
doute fait place à la confiance et à la croyance au succès, Confiance
et croyance sont donc presque synonymes, l'un s'appliquant plutôt
au domaine de l'activité pratique et physique, l'autre au domaine
intellectuel. La croyance, dans le plein sens du mot, est donc tou
jours précédée par le doute, la délibération et le choix des moyens.
Aux niveaux les plus élevés de la vie mentale, notre action est
dirigée et guidée par des hypothèses générales. La croyance est
alors l'hypothèse que nous choisissons comme la plus propre à
nous faire atteindre notre but. Telle est la nature des croyances
scientifiques, des croyances morales. La foi est une croyance
adaptée à certaines conditions particulières.
La croyance et les autres émotions dérivées ne sont pas des éner
gies paf elles-mêmes : leur énergie est celle du désir auquel elles se
trouvent associées, augmentée par un acte explicite de volition.
G. Poyer
HENRY C. LINK. — Instinct and value (Instinct et valeur). —
Am. J. of Ps., XXXIII, 1, janvier 1922, 1-18.
L'auteur estime que seul un point de vue philosophique peut
embrasser la relation entre instinct et valeur. Après avoir critiqué
les théories mécanistes et behavioristes de l'instinct, ainsi que
celles qui le définissent en termes d'émotion et d'intelligence, pour
introduire l'idée de valeur, il donne pour caractéristique de l'or- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 460
ganisme un processus de valorisation. L'analyse de l'instinct ne
nous apprend rien de la valeur, mais nous n'en sommes pas moins
sûrs que les instincts jouent un grand rôle dans nos déterminations.
Ce rôle se conçoit différemment suivant qu'on adopte l'une des
trois définitions de l'instinct, mécanique avec Loeb, pseudo-scient
ifique avec Me Dougall par exemple, ou populaire.
B.
J. R. KANTOR. — The psychology of reflex action {La psychol
ogie de V action réflexe). — • Am. J. of Ps., XXXIII, 1, janvier
1922, 19-42.
L'importance prise par la question des réflexes pose à la psy
chologie un problème. A moins de se laisser hypnotiser par le pré
jugé intellectualiste, la psychologie doit renoncer à considérer les
réflexes comme des processus exclusivement physiologiques. Isolés
en quelque manière dans l'ensemble de l'organisme, les réflexes
sont objets de la recherche physiologique. Mais, ainsi isolés, ce ne que des abstractions. Tout réflexe est, en fait, une réponse
définie de la totalité de l'organisme à une situation définie. De ce
point de vue, comme tout autre comportement, il est un fait psy
chologique, et nous ne pouvons espérer le comprendre qu'à condi
tion de le considérer comme tel. Réponse simple et immédiate,
vide de prévision et d'intelligence proprement dite, le réflexe est
cependant un acte psychique, où la discrimination du stimulus est
acte de connaissance, toute connaissance étant ajustement au mi
lieu, où le changement intervenu de l'organisme figure l'état af
fectif, où enfin l'attention immédiate portée au stimulus repré
sente la tension volontaire. Le réflexe est plus que le tropisme et
moins que l'instinct. Lui-même devient à son tour le stimulus de
réactions nouvelles et c'est ainsi que la production artistique peut
être la sublimation d'impressions sexuelles et que, d'une manière
générale, les réflexes participent à l'extension de notre comporte
ment.
B.
F. A. C. PERRIN. — Physical attractiveness and repulsiveness
{Physique attirant et repoussant). — J. of exp. Ps., IV, 2, 1921,
p. 203-217.
L'auteur a cherché à préciser les fondements psychologiques de
l'attirance physique et de son contraire. Il a fait désigner à des étu
diants des deux sexes des séries d'individus — sans distinction de
sexe — leur plaisant ou déplaisant, et il a fait analyser les traits
physiques et psychiques de ces individus par des systèmes de nota
tion analytique.
Les résultats, qui arrivent difficilement à la précision numérique,
restent un peu confus. A noter une assez grande analogie dans les
éléments qui plaisent, aussi bien d'un sexe au même que d'un
sexe à l'autre.
L'attirance physique n'a pas de corrélation avec l'intelligence,.
ni positive, ni négative (coefficient de -f- 0,02, par la méthode de TENDANCES ET INSTINCTS. EMOTION. SENTIMENTS 461
Yule) ; elle a une corrélation étroite avec l'attrait proprement
sexuel, et l'auteur pense qu'au fond l'attirance physique est, dans
tous les cas, commandée par la sexualité.
H. P.
G. H. CORWIN. — The involuntary response to pleasantness
(La réponse involontaire à ï 'agréable). — Am. J. of Ps., XXXII,
4, octobre 1921, 563-570.
Indubitablement la réponse la plus naturelle au désagréable est
un mouvement de retrait. D'expériences faites avec des stimuli
olfactifs, cutanés et auditifs, il résulte que, contrairement aux
dires de Young (Pleasentness and Unpleasentness, Am. J. of Psych.
XXXII, 1921, p. 38), la réponse directe de l'organisme à l'agréab
le, si le stimulus est faible ou ne bouge pas, est un relâchement
accompagné d'expansion, ou, si le stimulus est intense et si la
source s'en éloigne, sa poursuite réelle ou une tendance à le pours
uivre. B.
VITO MARIA BUSCAINO. — Biologia délia vita emotiva. — In-8
de 237 pages. Bologne, Zanichell, 1921.
Dans ce livre, se trouve condensée une information très large —
appuyée d'une excellente bibliographie — sur un sujet auquel l'au
teur a apporté une contribution expérimentale importante.
Une revue complète des phénomènes organiques « expressifs »
de l'émotion et une discussion des rapports de ces phénomènes avec
les impressions subjectives au point de vue de la théorie de l'émo
tion constituent la partie la plus importante de l'ouvrage, que
complète une étude des centres intéressés et de la physio-patho-
logie émotionnelle. Un index alphabétique étendu rend le livre
facile à consulter.
L'auteur dégage trois lois générales de l'analyse des phénomènes
somatiques de l'émotion : l'émotion est objectivement constituée
par un complexus de variations dans l'innervation des muscles striés,
l'innervation autonome, l'innervation sympathique et le système
endocrinien ; et ce complexus est différent pour les diverses caté
gories d'émotions ; des substances d'origine endocrinienne peuvent
sensibiliser des groupements cellulaires encéphaliques dont dé
pendent des réactions émotives déterminées (action réciproque de
l'encéphale et du soma). Le fait que les phénomènes somatiques
persistent en l'absence d'écorce, montre que 1' « expression » n'est
pas une conséquence d'une variation subjective (corticale) ; les
centres des réflexes émotifs se trouvent dans la substance grise qui
avoisine le 3e ventricule et l'aqueduc de Sylvius (ganglions de
base et mésencéphale). L'émotion, comme fait subjectif, est un
phénomène cortical, mais dont la tonalité particulière est condi
tionnée par la participation primitive des ganglions de base et du
mésencéphale.
La pathologie affective relève de l'excitabilité physiologique des
centres sous-corticaux de la zone « végé to- affective » ; c'est dans le
jeu complexe des centres de la vie végétative et émotionnelle (non ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 462
psychiques) et du système endocrinien que l'on trouve les méca
nismes pathogènes des troubles d'origine émotionnelle, et de bien
des affections mentales, la démence précoce en particulier parais
sant due à une lésion organique des centres sous-corticaux et des
voies associatives les reliant à l'écorce.
Si, dans ces données théoriques, la discussion reste souvent pos
sible, du moins dans les lignes générales, la conception biologique
est étayée de faits nombreux, et l'on sait qu'elle est actuellement
soutenue, sous des formes plus ou moins analogues, par de nom
breux auteurs.
H. P.
C. L. DANA. — The anatomic seat oî emotions. A discussion of
the James- Lange theory {Le siège anatomique des émotions. Une
discussion de la théorie de James-Lange). — Ar. of Neurology
and Psychiatry, VI, 1921, p. 634-639.
L'auteur invoqtre de& cas cliniques d'affections neurologiques
contre la théorie périphérique : une femme à interruption nerveuse
«ervicale, le système sympathique et les nerfs du squelette étant
pratiquement mis hors cause, ne présente aucune modification de
son affectivité.
Les muscles jouent un faible rôle, car les tabétiques, les pa
ralytiques à type d'atrophie musculaire progressive, ne sont pas
modifiés dans leur réactivité affective.
Pour l'auteur, l'émotion est un phénomène central résultant de
l'action et de l'interaction de l'écorce et du thalamus, avec apport
contributif non indispensable des réactions viscérales, les muscles
squelettiques et le sympathique n'ayant pas de rôle notable.
H. P.
C. A. RUCKMICK. — A preliminary study of the emotions {Une
étude préliminaire des émotions). — Ps. Mon., XXX, 3 (136), 1921,
p. 30-35. '
L'auteur a abordé les émotions par l'étude de leur expression
faciale. Il a obtenu, grâce à la collaboration de Miss Merle Turner,
une série de 35 photographies d'une expression féminine répon
dant à des états affectifs déterminés (en admettant que cette ex
pression volontaire, même après essais, tâtonnements, soit tou
jours exacte et satisfaisante, ce qui n'est pas certain). Il donne en
planches huit exemples très intéressants de ces expressions.
Ensuite les photographies sont présentées à des sujets qui doi
vent caractériser l'état affectif exprimé par la physionomie, et
indiquer leur propre réaction affective.
Dix séries de réponses sont données, montrant les difficultés
de la désignation verbale, la variabilité des émotions supposées
suivant les sujets et même suivant les jours chez un sujet donné, et
le désaccord fréquent avec la nature de l'état affectif volontair
ement exprimé.
Par exemple, une expression voulue d'horreur (avec doute) est
désignée comme : surprise douloureuse ; peur ; appréhension, vi- TENDANCES ET INSTINCTS. ÉMOTION. SENTIMENTS 463
sion douloureuse; agitation; torture; choc; doute; douleur phy
sique ; offense (hart) ; horreur.
Mais quelle est la part de l'incapacité à lire sur une physionomie
une émotion et de l'insuffisante exactitude d'expression ? Il fau
drait des photographies d'expression spontanée et non voulue
pour éliminer une des causes de variabilité.
Il est certain que l'expression des divers états affectifs est in
également difficile à réaliser à froid ; une comparaison de diverses
expressions (en utilisant des acteurs habiles) donnerait sans doute
un indice intéressant à cet égard.
Mais on se rend bien compte que toutes les expressions visées
dans la liste de l'auteur ne sont pas de même degré :
Douleur physique. Ressentiment. Mépris. Maussaderie. Souci.
Chagrin. Amusement. Rire. Amusement intéressé. Rage vindicat
ive. Surprise. Colère excessive. Affliction éplorée. Terreur. Hor
reur (avec doute). Désespoir. Adoration. Conception d'une idée.
Observation intéressée. Colère. Haine méfiante. Humble prière.
Méfiance. Surprise cruelle. Arrogance. Défi. Curiosité. Sympathie.
Douleur criante. Sourire méprisant. Souffrance douloureuse (non
physique). Rire aux larmes. Rire violent. Choc de surprise. Sourire
sceptique.
Cette liste est hétérogène ; elle n'est pas complète, et mélange
des expressions de simple attention, des degrés divers d'un même
état, des nuances voisines, des états mixtes ou complexes. Il« fau
drait procéder de façon plus systématique.
H. P.
L. INSABATO. — Sulla fisiopatologia del solletico (Sur la physio
logie pathologique du chatouillement). — Riv. diiPat., 26, 5-6,
1921, p. 121-167.
D'après une étude appuyée de nombreuses observations cl
iniques, l'auteur différencie le chatouillement cutané superficiel
du chatouillement profond, le premier étant une sensation prurigi
neuse survivant à l'excitation et disparaissant par compression et
grattage, tandis que le second apparaît comme un réflexe compli
qué, non pro vocable sur soi-même, sauf dans le cas du chatouill
ement plantaire, à siège d'excitation exceptionnel, et qui fait partie
du deuxième groupe, bien qu'il soit provocable sur soi-même.
Le chatouillement profond, à point de départ dans les terminai
sons sensitives des grandes aponévroses, des tendons, du périoste,
représenterait, d'après ses réactions motrices et viscérales, un
état émotionnel surajouté au réflexe initial ; il disparaît dans une
moitié du corps au cours de certaines affections et semble dépendre
du corps strié (noyau caudé et putamen d'après Vogt), présentant
des analogies avec les convulsions hystériques. Sa nature doulou
reuse dans certaines séquelles d'encéphalite, dans des confusions
mentales est de nature à montrer le rôle essentiel des centres de
la base, et l'origine sympathique prédominante.
Il y a là des données intéressantes, mais avec une distinction
initiale peu satisfaisante : il y a lieu de distinguer les sensations ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 464
spécifiques de chatouillement, et les réactions émotionnelles pro
voquées ; en général, ces réactions se font d'autant plus facilement
que l'excitation n'est pas sous la dépendance de la personne elle-
même (dans la douleur cutanée il en est de même) et que l'excita
tion est plus profonde, mais l'excitation cutanée (paume de la
main, plante des pieds, peau de l'abdomen) peut suffire, surtout
quand elle est prolongée (et que les mouvements de défense du
sujet ne lui permettront pas de s'y soustraire aussitôt).
La réaction au chatouillement doit constituer un test d'émoti-
vité. Mais on ne peut distinguer un chatouillement cutané comme
sensation, et un profond comme réflexe et émotion.
Il y a toujours sensation, et il y a toujours des réactions réflexes
et affectives, mais différant de degré.
H. P.
L. DUPUIS. — L'ennui morbide. — R. Ph., 47e A., 5-6,1922,
p. 417-442.
L'ennui normal ne nait pas seulement de l'action suspendue
d'une ou de plusieurs tendances (Sully*Prudhomme, Le Savour
eux), il n'est pas nécessairement engendré par un ralentissement
mental (Tardieu). On peut toujours le ramener à un maintien par
contrainte au contact d'un stimulant insuffisant, « de qui l'esprit
ne reçoit pas l'impulsion nécessaire pour remplir l'attente qu'en
veloppe l'attention volontaire et pour transformer celle-ci en atten
tion spontanée », l'incapacité de transformation pouvant résulter
de l'arrêt d'une tendance (une conversation paraissant ennuyeuse
quand elle empêche de continuer un travail dont on est préoccupé).
Divers exemples montrent la validité de l'explication. L'ennui
se reconnaîtra normal à ce qu'il disparaîtra quand les circonstances
se seront modifiées ; sa persistance le fera regarder comme patho
logique et dépendant d'une déficience propre de l'organisme, d'une
insuffisance intrinsèque de l'esprit.
Mais il existe un paradoxe dans l'ennui morbide, c'est l'existence
d'un besoin d'excitation coexistant avec une excitabilité générale.
« Demander sans cesse des impressions, quand la lassitude irritée
avec laquelle on se détourne d'elles aussitôt atteste un défaut ra
dical d'impressionnabilité, cela c'est une véritable énigme. »
C'est en faisant appel aux conceptions de Pierre Janet sur la
distinction fondamentale de la force et de la tension psycholo
giques, que Dupuis cherche à rendre compte du paradoxe : L'en
nui est « un des troubles qui se produisent quand l'équilibre est
détruit au profit de la tension et au détriment de la force » (tandis
que l'hystérie résulte d'une atteinte prédominante de la tension».
Dans l'incapacité de prouver expérimentalement la théorie, l'au
teur la rend vraisemblable en l'appliquant à des analyses d'ennui
morbide.
Un appoint d'insuffisance sympathique est rendu probable par
l'association de l'irritabilité et de l'ennui dans des affections viscé
rales (comme l'entérite).
H. P TENDANCES ET INSTINCTS. EMOTION. SENTIMENTS 465
CAMILLE NONY. — The biological and social significance of the
expression of the emotions {Signification biologique et sociale
de V 'expression des émotions). — Br. J. of Ps., XIII, 1, juillet
1922, 76-91.
Des réactions émotives, les unes sont propres aux différents indi-*
vidus, les autres communes à tous, et, parmi ces dernières, les unes
sont communes à toutes les émotions, les autres spéciales à cer
taines d'entre elles. Les manifestations affectives communes à
toutes les émotions varient du reste probablement dans leur modus
operandi avec les différentes émotions. L'expression d'une émotion
est donc doublement spécifique, l'étant à la fois en ce qui regarde
l'émotion et en ce qui regarde l'individu. La signification biolo
gique de la mimique et des réactions affectives ne tient pas à leur
utilité : elles ne sont que le résultat mécanique d'une excitation
ou d'une inhibition nerveuse. Il ne se rencontre de réactions utiles
que dans la peur, la colère, l'émotion sexuelle et l'émotion suscitée
par les aliments, émotions qui relèvent toutes de l'instinct de con
servation. Mais ces réactions utiles, réponses spécifiques à un st
imulus spécifique, ne sont pas ici les seules. Or, les autres sont plus
nuisibles que favorables et c'est à la force de ces dernières que se
mesure l'intensité de l'émotion. Plus, au contraire, les réactions
intervenues se réduisent aux réactions utiles, moins l'émotion est
considérable et, à la limite, il n'y a plus d'émotion. Chercher la
finalité dans les réactions affectives, c'est méconnaître les carac
tères essentiels de l'émotion : désordre et inadaptation. Pour autant
que ses réactions sont utiles, elle n'est plus émotion, mais fonction
physiologique. D'ailleurs, le point de vue mécaniste ne suffit pas à
nous rendre compte de l'expression des émotions. Il ne faut pas
oublier que toute expression a un aspect social, peut exercer une
action sociale et être modifiée par des influences sociales. L'évolut
ion du biologique au social passe par trois phases. A l'origine se
trouve le mécanisme biologique involontaire spécifique pour chaque
émotion et pour chaque individu. Nous apprenons ensuite à inter
préter les réactions affectives d'autrui et à juger de la nature des
émotions correspondantes. D'où l'on en vient enfin à jouer volon
tairement les émotions en se servant de la signification sociale de
leurs réactions. Le pouvoir d'imitation volontaire de l'expression
des émotions varie avec les émotions et avec les individus ; il trouve,
en tout cas, toujours une aide dans l'évocation volontaire des r
eprésentations correspondantes. L'expression des émotions devient
ainsi un langage et se schématise graduellement à cet usage, sui
vant l'idéal collectif imposé par le milieu, de sorte que l'expression
sociale des émotions se différencie de leur expression primitive et
purement physiologique et n'est plus intelligible que pour les indi
vidus appartenant au milieu où elle est née. Dans une telle socia
lisation de l'émotion portant sur les mouvements et sur les cris est
peut-être l'origine du langage des gestes et du langage parlé.
B.
l'année psychologique, xxiii. 30 ANALYSES BIBLIOGUAPUIQUES 466
R. CARPENTER. — Laugther a glory in sanity {Le rire, une glo
rification de la santé). — Am. J. of Ps., XXXIII, 3, juillet 1922
419-422.
L'auteur, qui professe n'être pas psychologue, s'étonne de la
complication et de l'étroitesse des théories qui ont été proposées
du rire. La vraie théorie du rire doit être comme le rire lui-même,
simple et large. Nous rions quand nous ne nous sommes pas laissé
prendre à une fausse apparence. Le rire exprime donc l'émotion
que nous éprouvons lorsque notre raison ne tombe pas dans l'em
bûche qui lui est tendue, de la satisfaction que nous donne la cons
tatation de notre santé mentale. Les conditions du rire peuvent se
compliquer, le principe en reste, en son fond, toujours le même.
B.
GIUSEPPE MONTESANO. — Psicologia del riso e del comico
{Psychologie du rire et du comique). — Riv. di Filosofia, XIII,
4, 1921.
Après un exposé critique des diverses théories proposées, l'au
teur développe ses propres conceptions, qui traitent l'émotion
particulière du comique, du risible, comme très voisine de l'émo
tion esthétique, l'une et l'autre dérivant d'un besoin non satisfait,
visant à compenser le défaut de certaines choses naturelles agréables
en créant par la fiction des équivalents beaux ou drôles, se servant
également de la suggestion pour faire jouer à de l'imaginaire le
rôle du réel.
Les autres théories, dans ce qu'elles ont d'exact, mais toujours
incomplet, pourraient être ramenées à celle-là, comme l'auteur-
tente de le montrer.
H. P.
G. H. LUQUET. — Un fait de rire. — J. de Ps., XVIII, 7, 1921,
p. 548-554.
Analyse d'un fait de rire survenu dans un Etat-Major, à l'occa
sion d'une réflexion d'un général qui, à l'annonce de la situation
angoissante de l'armée, bousculée par la cavalerie ennemie, s'écriait
qu'il avait toujours rêvé de commander une pareille masse de caval
erie, comme si la situation était renversée. Il s'agissait là du rire
« de détente », l'explosion musculaire du rire déchargant un trop
plein d'énergie nerveuse accumulée lorsque, cherchant à se sous
traire à une situation pénible, on n'a aucun moyen d'y parvenir.
H. P.
P. MORHANGE. — En marge de la psychologie des larmes. —
J. de Ps., XIX, 1, 1922, p. 55-57.
Quelques notes brèves, mais intéressantes sur la façon de pleurer
des artistes dramatiques.
Quelques-uns, comme Mme Suzanne Després, vivent réellement
leur rôle et ne pleurent que dans la mesure où la douleur qu'ils

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin