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Sépulture énéolithique de Tancoigné (Maine-et-Loire) - article ; n°2 ; vol.11, pg 273-282

De
11 pages
Gallia - Année 1953 - Volume 11 - Numéro 2 - Pages 273-282
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Etienne Patte
Sépulture énéolithique de Tancoigné (Maine-et-Loire)
In: Gallia. Tome 11 fascicule 2, 1953. pp. 273-282.
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Patte Etienne. Sépulture énéolithique de Tancoigné (Maine-et-Loire). In: Gallia. Tome 11 fascicule 2, 1953. pp. 273-282.
doi : 10.3406/galia.1953.1342
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galia_0016-4119_1953_num_11_2_1342ET INFORMATIONS NOTES
NOTES
SÉPULTURE ÉNÉOUTHIQUE DE TaNCOIGNÉ ches néphri tiques en Chine où le jade in
carne souveraineté et puissance, où il est (Maine-et-Loire)
nourriture des esprits et procure la régé
A la fin de décembre 1949, M. Isaïe Bel- nération des corps, assurant l'immortalité
selon la croyance des Taoïstes et préserlion, en exploitant sa carrière de sable
vant de la putréfaction des tombeaux 2. falunien, mettait au jour un squelette; il
en avisa son curé, M. l'Abbé Gaudin qui
alerta le Maire M. de Fougerolle et M.
l'Abbé Manquât, professeur à la Faculté
catholique d'Angers. La trouvaille a été
faite au lieu dit « Les Gâts » parcelle
1.068 section A de Tancoigné (Maine-et
Loire). D'après M. l'Abbé Manquât, le
squelette était à lm,40 de profondeur, in
crusté dans une gangue de sable calcaire
très compact,, couché sur le côté gauche,
incurvé,, les membres inférieurs repliés,
dans une fosse ovale d'environ lm de long;
le sable de la fosse était plus blanc que
celui d'alentour. Il est conservé à l'Uni
versité catholique d'Angers.
Deux objets accompagnaient le squel
ette : une petite hache et une « hache de
combat ». 5.*?
La hache, entièrement polie et sans arê
tes, est en jadéite très translucide, de dens Fig. 1. — Tancoigné. Hache en jadéite.
ité 3,33 ! et d'un beau vert clair marbré
ayant pour dimension 62 x 38 X 15,6mm; Quant à l'origine de la jadéite, elle ne sa forme est banale (fîg. 1). Sa présence pose plus les problèmes d'antan, des gdans une sépulture vraisemblablement de isements étant connus en Ligurie et dans chef fait souvenir du symbolisme des ro- les Alpes piémontaises, en Suisse,, et pro
bables en Bretagne. (1) Densités mesurées très exactement par
M. Gray, assistant à la Faculté des Sciences
(2) Mircea Euade, Traité d'Histoire des de Poitiers. La jadéite a une densité de 3,33
à 3,5 (Lacroix). Religions, 1949.
5 b 274 NOTES
correspond en Belgique une concentration
plus dense des haches-marteaux, ainsi
que pour la Schnurkeramik, à peine plus
ancienne de quelques siècles et constam
ment associée aux haches de combat à
arêtes multiples (Vielkantig) . L'usage de
ces objets persiste en plein âge du Bronz
e; dans le Centre-Ouest, un casse-tête
avec trou fut retrouvé dans le tumulus
des Gabats, près Tendu (Indre), avec du
Bronze (Musée de Bourges).
Dans la grande famille polymorphe des
haches de combat d'Europe centrale ou
nordique, on a pu établir une hiérarchie
des types,, mais rien ne dit qu'elle s'ap
plique à l'Europe occidentale où la va
riété est moins grande. Je rappellerai Fig. 2. — Tancoigné. Hache de combat. seulement que l'on admet 3 qu'en Europe En bas, coupe.
centrale et nordique, le type le plus an
cien est celui à arêtes multiples qui est La « hache de combat » (fig. 2) est faite
une copie directe du prototype métallid'une diabase à grenat, à structure ophi-
que. La seule pièce figurée par Aberg 4 tique très nette,, et d'un gris foncé lég
et permettant une comparaison vient de èrement verdâtre; sa densité égale 2,95;
Groningue (Hollande) et est considérée sa conservation est assez mauvaise, la ro
comme d'un type très dégénéré de la fache s'est fissurée et une partie voisine du
mille des haches du Jutland. Les formes trou et le tranchant sont altérés par de
simples sont connues depuis les dolmens squamation; il ne serait pas impossible
Scandinaves jusqu'aux palafittes suisses, que ce soit dû à l'action du feu.
dans la région rhénane en France; il est Ses dimensions sont : longueur, 168mm,
cependant difficile de trouver une forme elle devait être de 175mm environ; largeur,
exactement voisine de celle que nous pu49mm,,2, elle devait être de 50mra; hauteur
blions ici. au milieu, 34mm; hauteur au tranchant,
Nous nous bornerons à une excellente 30mm,3; hauteur au bout opposé, 25inm,3;
comparaison fournie par un objet troudiamètre du trou,, 23mm exactement aux 2
vé près de Garnac dans le dolmen ruiné extrémités.
du Moulin du Sach (commune d'Etel), On enseigne que la perforation cylin
également fait de diabase 5 et ayant des drique caractérise l'âge du Bronze, la per
foration biconique le Néolithique. On
(3) C'est l'opinion de Âberg, de Kossirma, trouve la perforation cylindrique en Al
de Gordon Childe, de Becker. sace avec la céramique « poinçonnée » et
(4) Âberg, Bas nordische Kulturgebiet in à d'autres phases du « Néolithique », en
Mitteleuropa ivahrend der jiingeren Steinzeil, particulier dans le « Lacustre » ; mais à
Upsal, Leipzig, 1918, p. 46, fig. 74. toutes ces époques, il y avait d'autres ré
(5) Décrite d'abord comme étant de grès. gions en Europe où le métal était connu. Cf. Z. Le Rouzic, Fouilles dans la région de La même remarque vaut pour les Gloc- Carnac : III, Dolmen ruiné du moulin à vent
kenbecher, à l'aire de répartition desquels du Sach. Vannes, 1912, fig. p. 22; Le mobilier SÉPULTURE DE TANC01GNÉ
dimensions très voisines de celui de
Tancoigné; Le Rouzic l'a classé dans son
Enéolithique ou Garnacéen qui comprend
la céramique à Glockcnbecher dont les
débris accompagnaient justement cet
objet o.
Peake et Fleure ont remarqué qu'en
Bretagne, la majorité des haches de
combat sont de type plutôt précoce, le
trou n'étant pas au milieu; ce n'est pas
le cas de celles du Moulin du Sach et de
Tancoigné.
Je possède une moitié de hache de
combat probablement à deux tranchants
(fig. 3) dont l'intérêt est d'être également
en diabase à grenat et d'être d'une pro
venance voisine : elle vient de la collec
tion Migaud, instituteur qui avait res
treint ses recherches à la région de Gom-
brand et des Aubiers (Deux-Sèvres). Cet S <-"> objet élait encore souillé de terre lors
qu'il me fut donné, ce qui confirme son Fig. 3. — Environs des Aubiers. Moitié de origine locale. On le comparera à celui hache de combat en diabase gris-verdâtre ;
en bas, coupe. trouvé près de La Hoche-sur-Yon et fait
d'une roche « assez tendre » blanc-
mousse. Ses dimensions sont : largeur bleuâtre 7; il peut aussi être comparé à
maximum : 52mm,5; épaisseur sur les celui venant de Courçay (Indre-et-Loire)8
bords : 38mm et 36mm suivant le côté; dont les faces sont plus convexes. Ses fa
épaisseur au centre : 34mm; distance du ces supérieure et inférieure sont conca
centre au tranchant : 86 mm; diamètre du ves; ses flancs convexes; le tranchant,
trou à l'orifice : 28ram.
des sépultures préhistoriques du Morbihan, Desmazières 9 a dressé pour le Maine- L'Anthropologie, 1934, fig. 14(5), p. 485; M. et-Loire l'inventaire de 18 haches perfoJacq, Catalogue du Musée archéologique Ja
rées décrites la plupart comme en « dio- mes Miln-Zacharie Le Rouzic, s. d. [1942], fig.
12(5); Aveneau de la Grancière, Inventaire rite » : elles sont réparties dans les 5 ar
sommaire des haches-marteaux et des haches rondissements. (Angers : 3 ex.: Baugé : 1; doubles en pierre polie trouvées en Bretagne- Cholet : 6; Saumur : 4; Segré :4). MalArmorique et plus particulièrement dans le
heureusement aucune n'est figurée. Morbihan, Bull. Soc. polymath, du Morbihan,
1910, p. 201, pi. 1, fig. 13. Ce dernier auteur Il faut remarquer que la civilisation
figure un autre objet très semblable en chlo- Seine-Oise-Marne s'est étendue en Maine-
romélanite du moulin de Kerguicrch en Car- et-Loire comme en témoignent deux vanac (ibid., pi. 1, fig. 7). ses (fig. 4) de la sépulture en fosse de (6) Aveneau de la Granctère, l. L, p. 201.
(7) De Guignard de Germond, Quelques
casse-têtes et haches-marteaux de Vendée, B.S. (9) Inventaire des hache s -marte aux et des
préh. française, 1937, fig. 2. haches doubles ou casse-têtes en pierre polie,
(8) G. Cordier, Outils perforés de l'Indre- trouvées dans le département de Maine-eU
et-Loire, B Soc. préh. franc., 1951, p. 49. Loire, Bull. S.P.F., 1918, p. 518, NOTES 276
Brézé10; Gordon Childe a insisté récem (commune de Follainville, Seine-et-Oise)
a livré à la fois un pot à léger étranglement sur la valeur de ce type de céra
mique. ment à la base, de franc type Seine-Oise-
Marne, et un débris orné de zones, de style
Glockenbecher 13; il a pu en être de mô
me en Maine-et-Loire. En Bretagne,
quelques tombes ont été édifiées alors
que les Glockenbecher étaient encore
Illustration non autorisée à la diffusion courants 14. En Allemagne, comme Peake
et Fleure de même que Schuchhardt l'ont
remarqué, la Schnurkeraniik et les ha
ches de combat correspondantes ne se
trouvent qu'en sépultures, ce qui a ame
né Schliz à considérer leurs porteurs Fig. 4. — Vases de Brézé,
d'après les dessins de Verneau. comme les seigneurs régnant sur la po
pulation agricole 15.
Le crâne (fig. 5 et 6) a subi une déforOn remarquera que ces. vases, avec
mation qui a réduit les diamètres transleurs petits mamelons, rappellent un
versaux d'une quantité impossible à préexemplaire décrit par Schumacher n
ciser. Il s'est produit non seulement des comme appartenant au niveau de l'Adler-
cassures mais aussi des crevasses baillant berg; l'on sait que cette civilisation pro
plus ou moins,, témoignant de déformatlonge directement celle des Zonenbecher;
ions; cela rendait impossible toute tenpar suite, si cette seconde comparaison
tative de reconstitution exacte. La région n'est pas due qu'à une simple conver
faciale a été la plus affectée, la gence entre formes très élémentaires,
des pariétaux a peu souffert. Il est diffielle n'est pas étonnante étant donné ce
cile d'évaluer approximativement les que nous savons de l'interférence en
diamètres; mais le diamètre antéro- Gaule de la civilisation Seine - Oise -
postérieur maximum qui est maintenant Marne et de celle des Glockenbecher. La
de 20mm devait s'approcher beaucoup de comparaison est d'ailleurs bien meilleure
cette valeur, tandis que le transverse avec un vase avec 4 mamelons de la pa-
maximum dépassait peu 140, sa valeur lafitte de Wangen 12.
actuelle ; Vindice céphalique dépassait Quel fut le rapport ici entre cette c
donc un peu 70; cette dolichocéphalie ivilisation et celle dite carnacéenDe où se
conviendrait aussi bien à un Nordique rencontrent les haches de combat ? Aux
qu'à un Méditerranéen; comment cet in- environs de Paris, les deux civilisations
interfèrent, le dolmen de Dennemont
(13) Perrier du Carne, L'arrondissement
(10) R. Verneau, Une sépulture de l'âge de de Mantes aux temps préhistoriques, 1894, fig.
la pierre polie en Anjou, La Nature, 1876, II, 24-25.
fig. p. 385. (14) G. Childe, Prehistoric migrations in Eu
(11) Schumacher, Art. « Mittel-und Siïd- rope, Inst. for Sammenlignende Kulturfor-
deutsohland » in Ebert, Reallexikon..., t. VIII, skning, 1950, p. 130.
1927, pi. 75 a. (15) A signaler, par exemple, la sépulture
(12) E. Wagner, Fundslàtten und Funde aus de Sprantal (Bade) avec tesson de Schnurke-
vorgeschichtlicher, rômischer und alaman- ramik, hache de combat peu différente de celle
nisch-frankischer Zeit in Grossherzogtum Ba- de Tancoigné et hache en jadéite (Wagner.
den, Tubingen, I, 1908, p. 36, fig. 25. loc. laud., II, 1911, p. 113). Fig. 5. — Tancoigné. Crâne : a: norma lateralis ; b: norma verticalis; c: norrna inferior; d: nor-
ma posterior. Orientation suivant le plan horizontal de Francfort, aussi exacte que possible. NOTES !78
Fig. 6. — Tancoigné. Crâne, vu de face et de profil (avec porlion de la colonne vertébrale en place).
dice distinguerait- il un Suédois (moyenne tale = 144; pariétale = 135; occipitale
(du lambda à l'opisthion) = 111. 76) d'un Portugais (moyenne 74,3) ?
11 s'agit d'un crâne à caractères mascLes diamètres du nez sont 24 + e et
50, d'où un indice nasal de 48 + e ulins; les reliefs à l'inion ne sont pas
se situant à la limite de la méso- et de spécialement accusés, mais ceux de la
mandibule et de la région glabellaire le la leptorrhinie. L'orbite droite fournit
sont extrêmement, de plus les apophysun indice orbitaire de 66 (29 : 44)
es mastoïdes sont fortes et la crête cadonc microsème (l'orbite gauche défor
nine saillante sépare une profonde fosmée mesure 32 X 38). La hauteur faciale
sette incisive de la fosse canine. L'ensembtotale est de 112; la hauteur faciale su
périeure de 66. Le diamètre bizygomati- le est vigoureusement modelé et l'a
spect a quelque chose de farouche, ce qui que,, réduit à 100, devait être d'environ
tient surtout à l'avancée de la saillie glaJ04. Le diamètre frontal minimum dé
bellaire. Les os nasaux sont brisés mais passait 92, atteignant sans doute 93 si
l'on peut imaginer la forte saillie du nez. l'on en juge d'après ses rapports avec le
On remarquera la courbe régulière du biorbitaire externe qui doit être estimé
profil crânien (mais sa convexité a été à 96 (= 2 x 48). La largeur interorbi-
taire est de 21,5 (d'un maxillo-frontal à légèrement exagérée par l'écrasement),
et l'absence de talon ou de chignon dans l'autre). Les courbes sagittales peuvent
être mesurées exactement : frontale la région occipitale. SÉPULTURE DE TANGOIGNÉ 279
lui comme « nordique » par excellence. Toutes les sutures sont encore ouvert
es. Les dents sont toutes présentes et C'est surtout la rudesse du relief qui
fait penser à un rapprochement avec les dans un état parfait; l'absence pratique
Nordiques; mais j'ai vu des crânes de ment complète d'usure aus M9 et M3
contraste avec l'usure des Mx sur le Norvégiens à caractères masculins très
squelles un point de dentine apparaît au accusés et cependant à relief sus-orbi-
centre de chaque cuspide. Cela indique taire très peu marqué; de plus, j'ai vu
un très jeune adulte. La présence de po des crânes de Portugais où ce relief était
res assez ouverts, l'aspect un peu lacu très accusé. Il faut d'ailleurs songer qu'il
naire du bord alvéolaire au niveau des y a et qu'il y a eu dans le bassin méditer
I,, G et P-, supérieures gauches peut faire ranéen des types si apparentés aux Mé
supposer une légère pyorrhée alvéolaire; diterranéens classiques actuels que toute
par suite de grattage effectué pour le dé distinction est arbitraire,, possédant un
gagement, on ne peut pas juger du degré relief sus-orbitaire parfois très proémi
nent; il s'agit spécialement des Eur- exact d'ouverture des pores. A l'heure ac
tuelle, la carie serait particulièrement africains déjà présents à Kish, à Al' Ubaid,
fréquente chez les grands Blonds german à Tépé-Giyan; de même à l'âge du Bronz
iques, dans le N.-E. de la France, en e, la population chypriote comprend de
Hollande (le bassin du Rhône et le Massif ces Protoméditerranéens à arcades sour-
Central étant en général plus épargnés) ; cilières très développées 17.
mais elle ne manque pas chez les Médi Nous terminerons par une comparai
terranéens qu'elle affectait dès l'âge du son avec le crâne de Newport (Monmouths
Bronze ainsi que Robert l'a signalé à hire) qui date de la phase forestière du
propos de Bédeilhac. Néolithique, son indice crânien est de
Nous avons vu que, dans la recherche 72,3 et il y a de puissants bourrelets
des affinités ethniques, l'indice crânien soureiliers; Keith 18 l'a comparé au front
ne nous permettait pas de décider en f al d'Aberavon (Port-Talbot) également
pourvu de forts bourrelets. E. von Eick- aveur d'une parenté plus avec le Nordi
que qu'avec le Méditerranéen. L'indice sledt 10 considère ces crânes gallois com
orbitaire n'a pas non plus assez de poids me intermédiaires entre le type aurigna-
surtout lorsqu'il s'agit d'un individu; cien et le type méditerranéen. D'autre
parmi les dolichocéphales à orbites bas part (id., passim), la population galloise
ses se situent à la fois les grands Nordi actuelle comprend deux éléments à tète
ques blonds (Dal-Rasse) et les petits longue, l'un nordique,, l'autre plus petit
bruns du Sud-Est de l'Europe et du Nord (1,63); cet élément, spécialement étudié
de l'Afrique (Ber-Rasse) [Pandler]. Les dans le Montgomery, est caractérisé par
orbites basses se rencontrent aussi dans ses cheveux bruns, ses yeux clairs, son
le type des Baumes-Chaudes et chez les indice céphalique (79), sa face courte
dolichocéphales néolithiques du bassin de
(17) G. Puerst, Zur Kenntniss der Anthrola Seine (Séquaniens de Riquet). On no
pologie der prâhistorischen Bevôlkerung der tera une certaine similitude avec un Insel Cypern, Lunds Univers. Arsskrift, 1933; crâne alsacien de la civilisation du Mi- G. R. m L'Anthrop., 1935, p. 169. chelsberg trouvé à Achenheim et attri (18) Sir Arthur Keith, The antiquity of man,
bué par Ulrich 16 au type 1 considéré par Londres, 1925, p. 58, fig. 22.
(19) Egon Preiherr von Eickstedt, Die Me-
diterranen in Wales, Z. f. Bassenkunde, Bd. I, (16) Les crânes préhistoriques du Bas-Rhin,
Revue anthropologique, 1939, pp. 20, 26, fig. 7. Heft T, 1935, p. 40. 280 NOTES
(ind. 92); il est considéré comme une va et que l'on ne tient compte que de très
riété atlantique des Méditerranéens c'est- peu de caractères. Plus les découvertes
à-dire comme atlanlo -méditerranéen au se multiplient, plus les groupements et
sens de Deniker,, et opposé aux « Siluri- rapprochements apparaissent factices.
ques » c'est-à-dire aux Méditerranéens Nous pouvons également comparer des
graciles et plus petits, d'ailleurs plus ra crânes des Long-barrows dont les affi
res. Ce type brun à yeux clairs se re nités ont été, on le sait, interprétées de
trouve, hors du Pays de Galles, en An façon très divergentes.
gleterre et, particulièrement net, en Schreiner24 a mis en évidence le pol
Ecosse et Irlande. Et cela nous ramène à ymorphisme du type nordique, ce qui
la population des Long Barrows ainsi explique les divergences entre auteurs
qu'à l'origine des Nordiques. E. von Eick- quant à sa diagnose; ainsi, les orbite.?
stedt 20 se demande si les yeux bleus de sont données comme basses par certains,
ces Gallois bruns ne sont pas dus à un comme hautes par d'autres.
début de dépigmentation 21. Ces constatations peuvent paraître dé
De notables saillies glabellaires se ren cevantes à ceux qui attribuent encore à
contrent aussi chez certains néolithiques la notion de race une valeur qu'elle n'a
d'Espagne par exemple : crâne (VAlcazar pas; en réalité, elles nous font mieux sai
del Rey, province de Cuenca 22. sir l'interdépendance de tous les types
On peut, je crois,, trouver des crânes que l'on a cru devoir décrire, elles nous
très voisins parmi les dolichocéphales de font entrevoir que les variétés humaines
toutes les parties de l'Europe. Ebert et de l'Europe n'étaient pas plus séparées
Schilz 2?> on décrit un crâne qui rappelle au néolithique qu'aujourd'hui et qu'il
celui de Tancoigné; ce type, considéré n'est pas difficile d'envisager la différen
comme une variété des Nordcuropéens, ciation des types méditerranéen et nordi
provient de Nikolajewka sur le Dniepr et que à partir d'un vaste stock, peut-être
date du Ier siècle avant ou après J.-C. mieux d'un vaste creuset commun.
Nous retrouvons une fois de plus la Les descriptions des anthropologistes
difficulté, pour ne pas dire l'impossibil ne sont cependant pas vaines, car, cha
ité, de classer les crânes de nos dolicho que homme représentant une mosaïque
de caractères pouvant se disjoindre et se céphales européens; on peut tenter d'y
reconnaître des types des Baumes- regrouper au hasard des croisements, il
Chaudes, de Genay,, etc., cela réussit tant est essentiel d'accumuler les documents
que l'on n'opère que sur quelques crânes qui permettront de dresser des cartes de
répartition et de fréquence des divers
caractères; lorsqu'elles seront suffisam
(20) Id., ibid., p. 61. ment détaillées, elles permettront de sai(21) A moins qu'il ne s'agisse d'une i sir les caractères statistiques des populnfluence de l'élément nordique qui est un autre
ations locales à une époque donnée et constituant de la population.
(22) Francisco de las Barras de Aragon de suivre les fluctuations de répartition
Notas sobre restos humanos prehistoricos, pro- tant des caractères isolés que des types tohistoricos y antiguos de Espana, Mém. de la provenant de leurs combinaisons. Soc. espana de antropologia, etnografia y pre-
historia, 1931, fig. 3.
(24) Schreiner, Crania norvegica, II, Inst. f. (23) Max Ebert et A. Schliz, Ausgrabun-
gen auf dem Gute Maritzyn Gouv. Cherson sammenlignende kulturforskhing., Ser. B, t. 36,
n° 2, 1946. G. R. in L'Anthropologie, 1948, (Sùd-Russland), H. Teil, Pràh. Zeitschr., t. V,
1913, pi. 9, fig. I (10a). p. 512. DE TANG01GNÉ 281 SÉPULTURE
L'appellation de « race dolichocéphale vé par Bello y Rodriguez pour les Néoli
néolithique » employée par Hamy avait, thiques de France (75,1),, peu différent de
ceux des Berbères (76,1) et des Gaulois dans son imprécision,, certains avantages.
(77). R. Martin donne d'après Lehmann- L'expression « type de Genay » consi
dérée comme équivalente aurait sur elle Nitsche et Bumûller : Souabes-Alamans :
un avantage si elle n'engageait pas à en 79,7; Bayouvares : 80,2; Bavarois : 83,9.
L'indice pilastrique est pratiquement restreindre l'emploi aux seules formes
présentant d'étroites ressemblances avec celui des moyennes (111,1) des Néolithi
l'individu-type. ques de France et (110,8) des Berbères
Dans le même département, Verneau 23 d'après Bello y Rodriguez. D'après Rud.
Martin,, je citerai les moyennes suivanta décrit, malheureusement sans le figurer,
es : Bavarois : 102,2; Gaulois : 103,7; un crâne néolithique de Brézé, associé,
nous l'avons vu, à des pots de la civilisa Bayouvares : 103,8; Souabes-Alamans :
tion de Seine-Oise-Marne; il était égal 105,3.
L'indice de robusticité est légèrement ement dolichocéphale mais à orbites plus
hautes; la taille était plus faible (fémur de inférieur aux moyennes des Français
436 au lieu de 463). (12,3), des Bavarois (12,3),, des Néolithi
ques de France (12,6).
Caractéristiques des os longs et du bassin Tibia de droite (fig. 6) : long. 385mm, ou
légèrement plus. Diam. au niveau du Cubitus. Les diamètres transversal et trou nourricier =21 x 33. Indice cné- dorso-palmaire sont à la base de la facette mique de Broca : 63,6. Diam. au milieu pour le radius, de 21 et 23,, d'où un indice = 20 X 29,5. Second indice cnémique de de platôlénie de 91 correspondant à peu Busk = 67,7. près à la moyenne (89) des Européens (R.
L'indice de Broca rappelle la moyenne Martin) ; il n'y a pas platôlénie. des Néolithiques de Feigneux (62,8) étuBassin. Les iliaques ont une grande diés par Topinard et de ceux de Port- échancrure sciatique typiquement mascul Blanc (63,3) étudiés par Bello y Rodriine. guez. L'aplatissement corrélatif à cette Fémur. Longueur physiologique: 463miïl. platycnémie est particulièrement sensible Diamètre antéro - postérieur sous - tro-
au niveau de la tubérosité antérieure. chantérien : 23mm. Diamètre transverse 26
Bien que le plateau manque, on peut sous-trochantérien : 75,4. Diamètre an- reconnaître la rétroversion de la tête, téro-postérieur au milieu 27 : 29. Diamèt caractère reconnu souvent chez les Néore transverse au : 25,5. Diamètre lithiques. Or la courbure sagittale de horizontal de la tête : 44,5. Indice de pla- l'articulation pour le condyle latéral sur tymérie : 75,4 (platymérie commençante le plateau du tibia gauche correspond au ). Indice pilastrique : 113,7. Indice de 3 de l'échelle de Thomson28 et l'on sait robusticité (= 54,5 : 463) = 11,5. qu'une certaine courbure est justement L'indice de platymérie est celui trou- corrélative de la rétroversion du plateau.
Il y a, d'autre part, caractère également (25) René Verneau, Sur une sépulture néo corrélatif, une légère fossette articulaire lithique d'Anjou, B. Soc. d'Anthr. de Paris,
supplémentaire antérieure à l'épiphyse 1er février 1877.
(26) Mesure prise parallèlement à la face inférieure (sans qu'il y ait toutefois de
antérieure du col. facette correspondante à l'astragale).
(27) Perpendiculairement à la face ventrale
de l'os [R, Martin, 1928, p, 1039], (28) R. Mart-n, ibid., fig. 536.