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1983-1984 : des changements dans la nature des embauches - article ; n°1 ; vol.178, pg 47-56

De
12 pages
Economie et statistique - Année 1985 - Volume 178 - Numéro 1 - Pages 47-56
1983-1984 :
des changements dans
la nature des embauches
Daniel Depardieu
et Marie-Claire Laulhé
Dénombrer les salariés et les chômeurs ne suffît pas pour décrire le marché du travail et comprendre son fonctionnement. La connaissance de la rotation de la main-d'œuvre dans les établissements et de ses causes serait très précieuse. Un pas est fait dans cette direction grâce à une exploitation approfondie, depuis 1983 et dans dix régions, des Déclarations de mouvements de main-d'œuvre des établissements de 50 salariés et plus.
Pour 1 000 travailleurs présents en début d'année, on compte en 1984, 194 entrées, dont 55 embauches fermes. En 1983, ce dernier taux était de 73, alors que la réduction du nombre des emplois était du même ordre qu'en 1984; mais l'écart est dû en grande partie aux contrats de solidarité. Les deux années, on a recensé moins de sorties que d'entrées liées à des contrats à durée déterminée : certains de ces contrats sont transformés en embauches fermes.
1983-1984 : changes in the nature of hiring
Daniel Depardieu and Marie-Claire Laulhé
Calculating the number of wage-earners and unemployed is not enough to describe the job market or to understand the way it functions. Knowledge of labor turnover in firms and its causes would be very precious. One step has been taken in this direction thanks to an in-depth examination of the Declarations of labor changes in firms of 50 wage-earners or more, since 1983 and in ten regions.
For 1 000 workers present at the beginning of the year, in 1984 194 entries into activity could be counted, of which 55 were permanent. In 1983, that rate was 73, while the reduction in the number of jobs was on the same order as in 1984; but the difference is due in great measure to early retirement. In both years, fewer departures than entries linked to contracts for a limited length of time were counted. Some of these contracts were transformed into permanent jobs.
1983-1984 : Cambios acaecidos en la naturaleza de las contratas
Daniel Depardieu / Marie-Claire Laulhé
Hacer el recuento de los asalariados y de los desocupados no basta para describir el mercado laboral y para entender su funcionamiento. El conocer la rotaciôn de la fuerza laboral en las empresas y sus causas serf a sumamente provechoso. Algo se adelantô en este sentido gracias a una explotaciôn profundizada, desde 1983 y en diez regiones, de las Declaraciones de movimientos de fuerza laboral en las empresas de 50 y mâs asalariados. Por 1 000 trabajadores présentes a primeras de anos, e recontaba en 1984, 194 entradas, de las cuales 55 contratas fijas. En 1983, esta ultima tasa era de 73, mientras que la aminoraciôn del numéro de empleos era parecida a la de 1984 : mas este descarte es imputable mayormente a los contratos de solidaridad. Durante ambos anos se recontô menos bajas que contratas vinculadas con contratos de deter- minada duradôn : algunos de dichos contratos remataron en contratas fijas.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Monsieur Daniel Depardieu
Madame Marie-Claire Laulhé
1983-1984 : des changements dans la nature des embauches
In: Economie et statistique, N°178, Juin 1985. pp. 47-56.
Citer ce document / Cite this document :
Depardieu Daniel, Laulhé Marie-Claire. 1983-1984 : des changements dans la nature des embauches. In: Economie et
statistique, N°178, Juin 1985. pp. 47-56.
doi : 10.3406/estat.1985.4987
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1985_num_178_1_4987Résumé
1983-1984 :
des changements dans
la nature des embauches
Daniel Depardieu
et Marie-Claire Laulhé
Dénombrer les salariés et les chômeurs ne suffît pas pour décrire le marché du travail et comprendre
son fonctionnement. La connaissance de la rotation de la main-d'œuvre dans les établissements et de
ses causes serait très précieuse. Un pas est fait dans cette direction grâce à une exploitation
approfondie, depuis 1983 et dans dix régions, des Déclarations de mouvements de main-d'œuvre des
établissements de 50 salariés et plus.
Pour 1 000 travailleurs présents en début d'année, on compte en 1984, 194 entrées, dont 55
embauches fermes. En 1983, ce dernier taux était de 73, alors que la réduction du nombre des emplois
était du même ordre qu'en 1984; mais l'écart est dû en grande partie aux contrats de solidarité. Les
deux années, on a recensé moins de sorties que d'entrées liées à des contrats à durée déterminée :
certains de ces contrats sont transformés en embauches fermes.
Abstract
1983-1984 : changes in the nature of hiring
Daniel Depardieu and Marie-Claire Laulhé
Calculating the number of wage-earners and unemployed is not enough to describe the job market or to
understand the way it functions. Knowledge of labor turnover in firms and its causes would be very
precious. One step has been taken in this direction thanks to an in-depth examination of the
Declarations of labor changes in firms of 50 wage-earners or more, since 1983 and in ten regions.
For 1 000 workers present at the beginning of the year, in 1984 194 entries into activity could be
counted, of which 55 were permanent. In 1983, that rate was 73, while the reduction in the number of
jobs was on the same order as in 1984; but the difference is due in great measure to early retirement. In
both years, fewer departures than entries linked to contracts for a limited length of time were counted.
Some of these contracts were transformed into permanent jobs.
Resumen
1983-1984 : Cambios acaecidos en la naturaleza de las contratas
Daniel Depardieu / Marie-Claire Laulhé
Hacer el recuento de los asalariados y de los desocupados no basta para describir el mercado laboral y
para entender su funcionamiento. El conocer la rotaciôn de la fuerza laboral en las empresas y sus
causas serf a sumamente provechoso. Algo se adelantô en este sentido gracias a una explotaciôn
profundizada, desde 1983 y en diez regiones, de las Declaraciones de movimientos de fuerza laboral
en las empresas de 50 y mâs asalariados. Por 1 000 trabajadores présentes a primeras de anos, e
recontaba en 1984, 194 entradas, de las cuales 55 contratas fijas. En 1983, esta ultima tasa era de 73,
mientras que la aminoraciôn del numéro de empleos era parecida a la de 1984 : mas este descarte es
imputable mayormente a los contratos de solidaridad. Durante ambos anos se recontô menos bajas
que contratas vinculadas con de deter- minada duradôn : algunos de dichos contratos
remataron en contratas fijas.POPULATION ACTIVE
1983-1984 :
des changements dans
la nature des embauches
par Daniel Depardieu et Marie-Claire Laulhé*
Dénombrer les salariés et les chômeurs ne suffit pas pour Pour 1 000 travailleurs présents en début d'année, on
décrire le marché du travail et comprendre son fonctio compte en 1984, 194 entrées, dont 55 embauches fermes.
nnement. La connaissance de la rotation de la main- En 1983, ce dernier taux était de 73, alors que la réduction
d'œuvre dans les établissements et de ses causes serait du nombre des emplois était du même ordre qu'en 1984;
très précieuse. Un pas est fait dans cette direction grâce mais l'écart est dû en grande partie aux contrats de soli
à une exploitation approfondie, depuis 1983 et dans dix darité. Les deux années, on a recensé moins de sorties que
régions, des Déclarations de mouvements de main- d'entrées liées à des contrats à durée déterminée : certains
de ces contrats sont transformés en embauches fermes. d'œuvre des établissements de 50 salariés et plus.
L'évolution annuelle ou trimestrielle de l'emploi salarié minée, qu'on peut qualifier d'embauchés fermes, diminuent
est bien mesurée par l'appareil statistique. Par contre, les tout au long de la période. Leur niveau est élevé en début de
période : 23 pour 1 000 salariés présents au premier trimestre mouvements d'entrées et de sorties qui concourent final
ement à établir le niveau de l'emploi sont mal connus. La 1983, contre 15 un an plus tard. Mais cette diminution est
nouvelle exploitation statistique des Déclarations de mouve certainement imputable aux contrats de solidarité, qui ont
ments de main-d'œuvre permet, pour 1983 et 1984, de les donné lieu à des embauches de cette nature. Il est délicat
décrire de façon détaillée dans dix régions et pour les établi de savoir jusqu'à quand leur influence s'est fait sentir, et
ssements de plus de 50 salariés.
Depuis la fin de l'année 1982, les effectifs salariés dimi
nuent à un rythme à peu près constant (1,5 % par an). Mais
les années 1983 et 1984 diffèrent nettement tant en ce qui
* Daniel Depardieu et Marie-Claire Laulhé font partie de la concerne l'ampleur des mouvements de main-d'œuvre
cellule « Mobilisation des fichiers administratifs » du départeque leur nature. En particulier, les entrées et les sorties du
ment « Population-ménages » de VINSEE. premier semestre sont moins nombreuses en 1984 qu'en
Cet article est aussi publié par le ministère du Travail, de 1983. VEmploi et de la Formation professionnelle dans « Le bilan de
L'embauche de salariés donne lieu à deux types de contrat l'emploi 1984 » (dossier statistique du travail et de l'emploi
de travail, contrat à durée indéterminée ou à durée détermi n° 12). Les nombres entre crochets, renvoient à la bibliographie
née (tableau 1). Les entrées sur contrat à enfin d'article.
47 .
Graphique I . , .
Mouvements d'entrée et de sortie if ans l'industrie
ENTRÉES r -*'
Autres SORTIES sorties 1
•Qéparts à la retraite
10 ^ Type de contrats non déclarés
5
i r I l i
Transferts Licenciements économiques
5
Ozr. Contrats à durée indéterminée Transferts
10 Démissions
10
5 -
Contrats à durée déterminée 0
Fins de contrats à durée déterminée .
30,. 30_
20 20
10 10
0 L
ENSEMBLE ENSEMBLE ' 60,. 60
80 50
40
30 30
20 20
10 10
o LI I 0 L
1983 1984 1983 1984
1. Motifs non déclarés, service national, fins de période d'essai, licenciements autres qu'économiques. . Collection : Chiffres et Documents
ECONOMIE ET HUMANISME
Tél. 69372 14, Rue (7) LYON Antoine-Dumont 861 CEDEX - 32 - 23 08
dans quelle mesure le recrutement sur contrat à durée indé
terminée a eu effectivement tendance à baisser. Toutefois, TRAITS FONDAMENTAUX DU la comparaison du quatrième trimestre 1983 et du quatrième
trimestre 1984 montre bien une légère baisse : le nombre SYSTEME INDUSTRIEL FRANÇAIS
de salariés engagés sur ce type de contrat passe de 14,4 à
12,8 pour 1000. J
Dans le tertiaire, le profil de ce type d'embauché sur les
L'ENQUETE ANNUELLE D'ENTREPRISE deux années est le même que dans l'industrie, à des niveaux
cependant plus élevés.
Résultats de l'année 1 983
tome 48.01 — Énergie, minerais et matériaux divers.
Métallurgie. Des contrats de saison?
tome 48.02— Industries mécaniques, construction électrique
et électronique.
En 1984, dans l'ensemble des activités, le nombre d'entrées
tome 48.03 — Chimie et industries connexes, produits amylsur contrat à durée déterminée pour 1 000 salariés présents acés et corps gras, caoutchouc, transformation passe de 18 au premier trimestre à 25 au second puis à 51 des matières plastiques.
au troisième, et retombe à 20 au quatrième. Le troisième
tome 48.04 — Textiles, habillement, cuir, papier, bois, industtrimestre est donc nettement plus accentué que les autres. ries diverses. Ce profil se retrouve aussi bien dans l'industrie (graphique I)
que dans le tertiaire et dans le bâtiment. 1 - UNE ENQUETE ESSENTIELLE POUR CONNAITRE
LES STRUCTURES ET LES RÉSULTATS DE L'INDUSEn effet, les entreprises utilisent les contrats à durée TRIE FRANÇAISE. déterminée lorsqu'elles doivent maintenir leur activité au
Une enquâte auprès des 34 000 entreprises industrielles troisième trimestre et remplacer les salariés en congés, dans
françaises de plus de 10 salariés, très détaillée sur les entreles commerces ou les services de santé par exemple. Elles prises de 20 salariés et plus (24 000). font aussi appel à ce type de contrat pour faire face à un
accroissement momentané de leur activité comme dans les Leurs réponses portent :
industries agricoles et alimentaires. Dans le tertiaire, le
— sur la nature de leurs activités avec les effectifs et let quatrième trimestre est aussi renforcé, sans doute à cause ventes correspondants ; du surcroît de demande auquel doivent faire face les — sur leurs investissements et leurs effectifs par établicommerces en décembre. L'utilisation de ces contrats est ssements ;
cependant limitée par les ordonnances de 1982 : « [il faut] — sur leurs coûts, leurs charges, leurs produits, leurs
éviter que des emplois normalement permanents soient résultats au travers de leur compte d'exploitation
générale. tenus de manière permanente par des titulaires de contrats
précaires » [1], 2 - LES RÉSULTATS PUBLICS :
Les entrées dues à des contrats à durée déterminée étaient près de 80 000 données statistiques permettant. réparties de la même façon en 1983 qu'en 1984, et
— d'analyser les résultats des 268 secteurs et branches à peu près aussi nombreuses. Mais le troisième est plus fort industriels en 1983 ; en 1984. En effet la conjoncture était relativement soutenue — de dresser la carte régionale de chaque industrie ; et, en 1984, les effectifs des entreprises étaient plus serrés — de caractériser les entreprises selon leur taille, ... ;
et mieux adaptés à la production qu'en 1983. — enfin, de retracer l'évolution sectorielle sur la période
1982-1983. Les mouvements étant déclarés au niveau des établiss
ements et non des entreprises, un troisième type d'entrée 3 - UNE POSSIBILITÉ DE TRAVAUX STATISTIQUES A LA
est recensé : les transferts. Il ne s'agit pas réellement d'une DEMANDE
embauche, mais de l'arrivée d'un salarié venant d'un autre L'information publiée ici n'épuise pas tout l'apport possible établissement de la même entreprise. Les transferts concernent de cette enquête environ 3 salariés pour 1 000 salariés présents dans chaque
— à l'entreprise désireuse d'analyser des débouchés ou de activité économique. Ils sont un peu plus importants au se situer par rapport à la concurrence ; premier trimestre, en particulier dans le bâtiment-travaux — au bureau d'études économiques ; publics, où ils atteignent 7 et 6 pour 1 000 aux premiers — au responsable local qui veut une description fine du trimestres 1983 et 1984. tissu industriel ;
— au chercheur en économie industrielle.
Quitter Paris sans changer d'entreprise Renseignements et ventes :
Service d'Études des Stratégies
Les motifs de sortie sont multiples (tableau 2). Considé et des Statistiques Industrielles
rons tout d'abord le cas des transferts, qui ne manquera pas BISE - Tél. : 556 41 08
de surprendre : lorsque trois salariés entrent, quatre sortent.
POPULATION ACTIVE 49 Tableau 1
Mouvements d'entrées selon le type d'entrée
(Nombre d'entrées pour 1 000 salariés présents en début de période)
1983 1984
Ensemble Ensemble Premier Deuxième Troisième trimestre Quade trième de trimestre trimestre l'année [trimestre l'année
Ensemble des entrées
39.5 38,0 47.4 25,8 149,7 27.5 32.0 48,4 25,1 132.0 Industrie
Bâtiment et travaux publics 50,9 50,8 62,8 32,9 193,1 34,8 45,5 62,8 36.1 174,5
75,0 76.9 113.8 66,1 334,1 62,6 66,5 108,1 62,8 301.6 Transports, commerces, services
Ensemble 51,7 51,7 70,2 39,4 212,1 40,1 45,0 70,7 38,9 193,7
Contrats à durée déterminée
15.4 19,3 12.9 79,4 12,9 19,3 36,5 Industrie 32.3 13,6 81,7
Bâtiment et travaux publics 15.8 18.7 31,0 11,7 11.9 19,7 35,6 15,0 75,4 80.0
25,9 34.2 73.1 165,8 26.6 36,1 76,2 Transports, commerces, services 31,3 32.3 172,2
Ensemble 18,8 24,1 45,5 18,9 106,9 17,6 25,2 50,6 20,3 113,1
Contrats à durée indéterminée
17,2 13,4 9,5 8.5 48,4 9,3 8.2 7,4 Industrie 7.2 31.8
Bâtiment et travaux publics 21,9 20.7 13,2 13.9 17,2 22,9 76,9 18,4 14,0 61.8
Transports, commerces, services 35,8 30,7 26.5 25,7 26.0 22,2 91,7 119,3 20.9 22.1
Ensemble 23,4 19,7 15,8 14,4 73,1 15,3 13,7 13,0 12,8 54,5
Transferts
Industrie 4,0 2.6 2,4 2.8 11.7 3,9 3,0 2,7 3,0 12.6
Bâtiment et travaux publics 6,9 3,3 3,5 3,6 17,0 5.9 3.4 2,9 2.9 14,9
Transports, commerces, services 4,2 2.7 2.4 2,2 11,5 3.8 2,4 2.3 2.7 11,2
Ensemble 2,7 2,5 2,7 12,0 4,0 2,8 2,6 4,2 2,9 12,2
Contrats non déclarés
2,7 3,1 1,4 Industrie 2,9 1,6 10,3 1,5 1,8 1.2 6.0
Bâtiment et travaux publics 6,4 5,9 7,6 4,4 23,8 3,0 5.2 5,9 4,1 17,8
6.1 5,8 Transports, commerces, services 9,2 9.3 11,9 6,9 37.5 8,8 5,7 26,5
Ensemble 5,2 5,1 6,3 3,5 20,1 3,1 3,2 4,6 3,0 13,9
50 SOURCE : LES DÉCLARATIONS DE MOUVEMENTS DE MAIN-D'ŒUVRE (DMMO) LA
Depuis 1975, les établissements d'au moins 50 salariés doivent adresser Le document administratif recense comme motifs de sortie les fins de
contrat à durée déterminée, les démissions, les licenciements éconochaque mois à l'autorité administrative compétente, en général le
ministère du Travail, un relevé détaillé des contrats de travail conclus miques, les retraites et préretraites, les fins de période d'essai, les
ou résiliés au cours du mois. Grâce à ces relevés, les directions dépar autres licenciements et les départs au service national.
tementales du Travail et de l'Emploi sont en mesure de contrôler le Enfin, on compte aussi les transferts, en sortie dans l'établissement respect de la législation sur l'emploi, en particulier en matière d'em d'origine du salarié, en entrée dans l'établissement d'arrivée. En bauché après licenciement ou pour ce qui concerne les renouvelle- revanche, les mouvements liés au travail intérimaire ne sont pas ments de contrats à durée déterminée. recensés. Une exploitation statistique de ces déclarations a été entreprise dès
Les contrats de solidarité ont eu un fort impact sur les mouvements 1976. Elle a connu trois phases de développement :
de main-d'œuvre. On trouvera un descriptif des différentes mesures — de 1976 à 1980, le Service des études et de la statistique du minis
les concernant dans [1]. tère du Travail a traité les effectifs et les flux (nombre d'entrées et de
sorties au cours du mois) des établissements de 200 salariés et plus; Les résultats utilisés dans l'article portent sur les années 1983 et 1 984. — à partir de 1981, l'exploitation a été étendue aux établissements Ils sont limités aux dix régions ayant commencé la nouvelle exploita
de 50 à 200 salariés [2]; tion en 1983 : Ile-de-France, Nord - Pas-de-Calais, Champagne-
— à partir de 1983 une nouvelle exploitation a été entreprise dans les Ardenne, Lorraine, Picardie, Pays de la Loire, Haute-Normandie,
régions sur la base d'une collaboration entre les directions régio Limousin, Centre, Rhône-Alpes.
nales du Travail et de l'Emploi et celle de l'INSEE. En plus des Au 1" janvier 1984, dans ces dix régions, les établissements réponeffectifs et des flux, la nouvelle exploitation traite les caractéristiques dants couvraient 66 % des effectifs de l'industrie, ce qui représentait des salariés faisant l'objet d'un mouvement : sexe, âge, nationalité, 45 % des effectifs de l'industrie dans l'ensemble de la France. Touqualification, et surtout nature du contrat d'embauché ou motif de jours pour l'industrie, ils représentaient 89 % des effectifs des sortie. établissements d'au moins 50 salariés de ces régions.
Les contrats d'embauché sont de deux types : contrats à durée déter
minée, de un à trois mois en général; contrats àjiurée indéterminée, D'autres régions ont commencé cette exploitation en 1984 ou
qui sont des embauches fermes. en 1985.
Or un transfert donne lieu au recensement de deux mouve Une certaine forme de flexibilité
ments : une sortie pour le départ du salarié, et une entrée
dans le nouvel établissement d'accueil. Mais le champ de
l'exploitation étant limité aux établissements ayant au moins Comparées sur une période d'un an, les entrées sur
50 salariés et situés dans dix régions seulement, le nombre contrats à durée déterminée sont plus nombreuses que les
des transferts recensés en entrées n'est pas forcément égal sorties correspondantes (tableaux 1 et 2). Ainsi, en 1983,
à celui des transferts décomptés en sorties. Ainsi, alors que sur 107 entrées par contrats à durée déterminée pour 1 000
les transferts sont assez équilibrés dans les neuf autres régions, salariés, on n'en retrouve que 86 en sortie. En 1984 l'écart
le déficit est important en Ile-de-France. Ceci confirme que est du même ordre : 113 contre 91. Différentes hypothèses
les salariés parisiens quittent souvent leur établissement peuvent être avancées pour expliquer ce déséquilibre entre
pour un établissement de la même entreprise ayant moins entrées et sorties. Tout d'abord le contrat peut être rompu
de 50 salariés ou situé dans une région qui n'est pas couverte avant son terme par le salarié, et la sortie correspon
par l'exploitation. dante est alors rencensée en démission; il peut aussi être
rompu par l'employeur et comptabilisé en licenciement. Les sorties pour fin de contrats à durée déterminée sont
Mais surtout, le contrat peut atteindre son terme et être maximales au troisième trimestre, tout comme les entrées
liées à ce type de contrat. Mais au second trimestre les transformé en embauche ferme. Dans ce cas, il n'y a pas de
mouvement de sortie et la fin de contrat n'est pas enregistentrées sont relativement fortes, alors que les sorties sont
rée. Cette pratique fait jouer au à durée déterminée encore élevées au quatrième trimestre. Cette différence de
un rôle de période d'essai supérieure à la durée légale et profil résulte du décalage temporel entre les entrées et les
permet une sélection. sorties dues à ces contrats. Le nombre des entrées augmente
dès le mois de juin, tandis que le volume des sorties gonfle L'existence de ce mode de recrutement est aussi confirmée à partir d'août et est encore élevé en décembre. par l'enquête « Emploi » qui interroge les ménages et non
On l'a déjà remarqué, les entrées ont été plus nombreuses plus les employeurs. Dans cette enquête, parmi les titulaires
au troisième trimestre en 1984 qu'en 1983. Il en est de même en mars 1983 d'un contrat à durée déterminée, un tiers sont
pour les sorties, et la différence se prolonge naturellement salariés du même établissement en mars 1984 avec un contrat
au quatrième trimestre. à durée indéterminée et une ancienneté augmentée d'un an.
POPULATION ACTIVE 51 Tableau 2
Mouvements de sorties selon le motif
(Nombre de sorties pour 1 000 sdariés présent en début de période)
1983 1984
Ensemble Ensemble Deuxième Troisième Premier Deuxième Troisième trimestre Qua de trième de trimestre trimestre trimestre trimestre. l'année trimestre l'année
Ensemble des sorties
62,0 167,9 Industrie 47.4 35,1 58,4 38,9 178,5 34,3 32,5 40,7
70,1 244,0 Bâtiment et travaux publics 69.8 61,5 78,3 67,0 270,1 58,8 56,4 65,1
69.3 301,9 Transports, commerces, services 72,7 65,8 118,3 68,9 328,0 59,8 57,4 113,8
44,8 42,8 80,9 52,3 219,7 Ensemble 57,2 47,2 79,4 50,8 233,6
Fins de contrat à durée déterminée
Industrie 7.8 7.7 33,3 14.2 62,5 7.2 7,8 34,7 15.2 64,3
Bâtiment et travaux publics 7.9 8.2 25,8 13,0 53,3 6,9 6.6 26,0 16,5 54,2
Transports, commerces, services 17.6 18,7 71.8 26,9 136,3 20,1 20,7 73.1 28,6 143,4
20,0 91,1 Ensemble 11,0 11,3 45,3 18,3 85,6 11,6 47,7 12£
Démissions
Industrie 11,2 10,1 10,0 38,9 7,6 7,1 8,1 6,6 29,2 7.9
Bâtiment et travaux publics 20,0 18,7 20,1 16,5 73,7 12,8 13,1 16,1 14,1 54,7
Transports, commerces, services 25,7 24,5 26,4 22,2 99,4 20,0 19,4 21,3 19,3 80,3
13,3 11,5 48,6 Ensemble 16,5 15,5 16,1 13,1 60,9 11,8 12£
Licenciements économiques
Industrie 6,5 4,0 4,1 5,6 20.0 6.9 6,9 6.7 7.7 27,9
Bâtiment et travaux publics 7,8 47,3 10,7 11.4 8,7 12,6 42,3 14,0 15,4 11,0
1,6 2,0 6,8 Transports, commerces, services 1.4 1.4 1.2 1,5 5,6 1.7 1,5
Ensemble 4,8 17,1 5,6 5,6 5,0 5,9 22,0 5,2 3,7 3,5
Départs à la retraite
Industrie 11.4 3.9 2.0 2,5 19,7 2,2 2,3 2,0 2,0 8,5
Bâtiment et travaux publics 9,0 3.2 1.9 2.4 16,4 2.6 2,5 2,0 2.6 9.5
Transports, commerces, services 10,6 4,9 2,2 1,9 19,7 1.8 1.4 1,6 1.7 6,5
Ensemble 19,5 2,1 2,0 1,8 2,0 7,9 11,0 4,2 2,0 2^
52 ,
,
,
,
,
,
Tableau 2 (suite et fin)
Mouvements de sorties selon le motif
(Nombre de sorties pour 1000 salariés présent en début de période)
1984 1983
Ensemble Ensemble Premier Deuxième Troisième Troisième trimestre Quade trième de trimestre trimestre trimestre l'année trimestre l'année
Transferts
3.7 15,8 Industrie 4.1 3,3 3,1 3.3 13.7 4.8 3.0 4,4
Bâtiment et travaux publics 6,4 5.4 3,9 20,2 4,5 6,2 4,0 20,7 7.7 3,5
4.4 17,1 Transports, commerces, services 5.1 3.4 3.6 3.9 16.1 5.1 3.6 3.9
Ensemble 4,6 3,4 3,5 3,5 15,0 5,1 4,2 4,0 16,5
Licenciements autres qu'économiques
Industrie 1,8 1,8 1,8 2,0 7,2 2.1 1.9 2.8 2.3 9,0
7,4 9,8 32,1 Bâtiment et travaux publics 7,5 7,7 7,5 10,5 32,3 8,8 6,9
3,9 13,7 Transports, commerces, services 3,3 3,1 3,1 3,7 13,2 3,5 3.2 3,0
Ensemble 2,6 3,1 11,1 3,0 2,7 3,2 12,2 2J M V
Départs au service national
1.4 Industrie 2,2 2,3 1,9 1,7 7,9 1.9 2,0 1,5 6,8
2,2 9.6 Bâtiment et travaux publics 3,4 3,3 2,6 2,7 11,6 2,9 2,8 2,0
Transports, commerces, services 2,4 2,3 1,9 2,4 9,1 2,4 2.1 2,2 2,2 8.8
2,3 2,4 1.» 2,0 8,6 2,1 2,1 1.8 1,8 7.7 Ensemble
Fins de période d'essai
Industrie 1,0 1,0 0,7 0,7 3,4 0.8 0.7 0,6 0.6 2.7
Bâtiment et travaux publics 1,3 1,4 1,5 1,2 5,2 1,1 1,2 1,6 1.5 5,7
Transports, commerces, services 2,4 3,0 2,8 2,8 11,1 2.7 2,8 2,7 11,0 23
Ensemble 1,5 1,6 1,4 1,4 6,0 1,4 1,5 1,4 1,4 5,7
Motifs non déclarés
Industrie 1.4 1.1 1.6 1.2 5.3 0,8 0,8 1.2 1,0 3,8
Bâtiment et travaux publics 3,7 3,1 3,9 4,2 14,5 2,0 2,4 3,5 3,5 11,2
Transports, commerces, services 4,2 4.3 5.3 3.6 17,5 2,7 2,7 4,6 4,4 14,4
Ensemble 2,4 3,0 1.5 1.6 2.6 8.0 2^
POPULATION ACTIVE 58 Graphique II Dans l'exploitation des déclarations de mouvements de
main-d'œuvre, la proportion de contrats transformés était
au maximum de 20 % (86 sorties pour 107 entrées). Mais Rotation de la main-d'œuvre
l'écart entre les deux sources s'explique aisément : l'enquête selon l'activité économique
« Emploi » ne recense que les contrats en cours au mois de
mars, alors que l'exploitation des déclarations de mouve
ments de main-d'œuvre dénombre tous les contrats de (pour Taux de mille rotation salariés présents en début de trimestre) l'année ; elle prend donc en compte en particulier les contrats
d'été, beaucoup moins susceptibles d'être transformés en
contrats à durée indéterminée.
130 .
Moins de départs en retraite
dès la mi-1983
L'évolution des sorties pour cause de retraite ou de prére 110 .
traite est frappante : sur 1 000 salariés présents en début de
trimestre, onze sont sortis pour ce motif au premier trimestre
1983, quatre au second trimestre 1983 et depuis, seulement Commerce
deux pour chaque trimestre. Il s'agit évidemment là de
l'effet des contrats de solidarité « préretraite » qui ont anti 90
cipé les cessations d'activité d'un certain nombre de salariés
de 55 à 59 ans. Le niveau des sorties pour départ en retraite
est en 1984 anormalement bas. Et par un effet de calendrier,
ce sont peut-être autant d'embauchés fermes qui ont été Services
marchands offertes et pourvues en 1983, mais qui font défaut en 1984. 70
Les sorties pour licenciement économique sont plus élevées
en 1984 qu'en 1983. Pour l'ensemble de l'économie, les ENSEMBLE licenciements autorisés se sont élevés à 366 000 en 1983 et
.Bâtiment travaux et à 430 000 en 1984. Sur le champ de l'exploitation, pour 1 000
publics salariés employés en début de trimestre, environ six sont 50
licenciés pour cause économique chaque trimestre en 1984;
ils n'étaient que quatre en 1983. Dans l'industrie, le nombre
consomBiens de de salariés licenciés pour motif économique atteint huit
mation pour 1 000 au quatrième trimestre 1984. Il dépasse le niveau
Biens intedes démissions, qui décroît régulièrement depuis le début 30 rmédiaires de 1983. Cet effet de ciseau marque bien l'anémie du marché d'équBiens du travail. ipement
En Ile-de-France, les démissions se répartissent trimes 1983 1S84
triellement comme dans l'ensemble des régions, mais elles
sont plus nombreuses. Ceci tient sans doute au fait que le
marché du travail y est plus vaste et plus actif, et donc les
démissions moins risquées.
taux de rotation trimestriel était en moyenne de 94 pour
Par ailleurs, chaque trimestre, sur 1 000 salariés, deux 1 000 (graphique II). Il est le plus faible dans l'industrie
sortent pour effectuer leur service national, trois sont licenciés des biens d'équipement où il n'atteint que 29 pour 1 000. pour un motif autre qu'économique, et un n'est pas retenu
à la fin de sa période d'essai. Toujours en 1984, dans l'ensemble de l'industrie, le taux
de rotation est en moyenne de 38 pour 1 000. Mais il atteint
51 pour 1 000 dans les établissements de 50 à 199 salariés,
et seulement 27 pour 1 000 dans les établissements de plus
Rotation plus faible de 200 salariés (graphique III). La taille de l'établissement
influe sur la rotation dans chacune des branches industrielles, dans les grands établissements
mais aussi dans le tertiaire. Cette influence s'explique sans
doute par le fait que les grands établissements offrent de
Pour mesurer la rotation des salariés, le meilleur indicateur meilleures conditions de travail et de rémunération et per
est sans doute la demi-somme du taux d'entrée et du taux mettent plus facilement des changements d'emploi à l'inté
de sortie. Ce taux qui traduit la mobilité des salariés, mais rieur de l'établissement, avec éventuellement une promotion
aussi la précarité de certains emplois est le plus fort dans les interne. De plus, la main-d'œuvre a des caractéristiques diffé
commerces et dans les services marchands où en 1984, le rentes de celle des établissements plus petits.
54

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