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De la transformation metallique

21 pages
D EL A T R A N S F O R M A -T I O N M E T A L L I Q U E ,trois anciens tractez en rith-me FrançoiseA S C A V O I R .La fontaine des amoureux de science: AutheurJ. De la Fontaine.Les Remonstrances de Nature à Lalchymiste errant:avec la response dudict Alchy. par J. deMeung. Ensemble un tracté de sonRomant de la Rose, con-cernant ledict art.Le Sommaire Philosophique de N. Flamel.AvecLa defence diceluy art et des honestes personages qui y vaquent: Contre les effortz que J. Girard mect à les oultrager.A P A R I S ,Chez Guillaume Guillard, et Amau-ry Warancore, rue S. Jaques àl’enseigne S. Barbe.1 5 6 1CES AUTHEURS,Aux lecteurs.Gens de bon cœur, nostre venueDoner ne vous doibt desplaisir.Si une fois avéz cognueLa verité, cachée et nueEn noz escriptz, auréz plaisir.A U X L E C T E U R S .Ces jours passéz, amys lecteurs, sont venuz en mes mains trois petitz livres touchant la transformation des metaulx, ancienementcomposéz en rithme françoise par autant de bons autheurs: lesquelz j’estime si delectables et profitables, qu’ilz merite bien estreleuz: principalement par ceulx qui ayment tele science . Et pour ce que paravant les exemplaires d’iceulx estoyent si rares, queplusieurs desiroyent en vain les veoir, vous povéz cognoistre quele affection ma esmeu à prendre peine qu’ilz vous fussentpubliquement présentéz, je dy, moyenant l’aide de variables copies escriptes à la main, beaucoup mieulx ageancéz et correctz, quede ma part ne les avois ...
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ED ALNOITtrois anciens tractez en rith-me FrançoiseASCAVOLa fontaine des amoureux de science: AutheurJ. De la Fontaine.Les Remonstrances de Nature à Lalchymiste errant:avec la response dudict Alchy. par J. deMeung. Ensemble un tracté de sonRomant de la Rose, con-cernant ledict art.Le Sommaire Philosophique de N. Flamel.cevALqau ednetf: eCncoen trdiec leelsu ye fafrotr tezt  qduees  Jh. oGniersatreds  mpeecrts oà nlaesg eosu lqtruai gy evr.aRAP AChez Guillaume Guillard, et Amau-ry Warancore, rue S. Jaques àl’enseigne S. Barbe.1651CES AUTHEURS,Aux lecteurs.Gens de bon cœur, nostre venueDoner ne vous doibt desplaisir.Si une fois avéz cognueLa verité, cachée et nueEn noz escriptz, auréz plaisir.AUX LECTRT MII.RS,SRUE.Ces jours passéz, amys lecteurs, sont venuz en mes mains trois petitz livres touchant la transformation des metaulx, ancienementcomposéz en rithme françoise par autant de bons autheurs: lesquelz j’estime si delectables et profitables, qu’ilz merite bien estreleuz: principalement par ceulx qui ayment tele science . Et pour ce que paravant les exemplaires d’iceulx estoyent si rares, queplusieurs desiroyent en vain les veoir, vous povéz cognoistre quele affection ma esmeu à prendre peine qu’ilz vous fussentpubliquement présentéz, je dy, moyenant l’aide de variables copies escriptes à la main, beaucoup mieulx ageancéz et correctz, quede ma part ne les avois oncques trouvéz separément. Mais je pence qu’il est convenable, de dire icy quelque aultre chose dechascun d iceulx, pour vous doner plus de consentement.    Le premier qui est appelé la fontaine des amoureux de science, fut composé L’an 1413. par Jehan de la fontaine, natif deEATNASLLFIOQRUEM,A-
Valenciennes en la comté de Henault : et ha esté cy devant imprimé à Paris et à Lyon : Mais scavéz vous comment?Veritablementça, et la, trop corrompu, et amplifié de plusieurs choses superflues et sottes, tant au regard du sens, que de la rithme :Lesqueles y avoient esté entremeslées, par la liberalité de quelque ignorant, soubz espoir d’avoir part audict livre. Or vous veulx jeadvertir, que en transcrivant et dreçant ce nostre exemplaire, n’ay suivy une seule copie imprimée ou escripte à la main: à cause desfaultes et erreurs estans en la chascune de celles que j’ay peu recouvrer: mais de toutes leurs meilleures pieces assemblés et, à monjugement , ou besoing estoit , le mieux que j’ay peu corrigées, l’ay rendu tel qu’il est: tousjours fuyant et en cedict livre et es aultres, defaire (par mon labeur) aulcun tort aux autheurs, ou lecteurs d’iceulx. Quant aux diverses images des fours et vaisseaulx, estans esimpressions de Lyon, je les ay laissées comme non necessaires : mais, que plus est, adjouxtées contre la sentence mesme del’autheur d’iceluy livre, qui dict (f. 15. page 2. vers 10.)Un metal en un seul vaisselTe convient mettre en un fournel: etc.Joinct qu’il n'est faicte aucune description ou mention desdictz fours et vaisseaulx, es vieulx exemplaires lesquelz nous avons veuescriptz à la main.    Au second livre qu’on avoit encore imprimé, est premierement introduicte nature, remonstrant à l’alchymiste la difference de seseffectz et de ceulx de l’art: à fin qu’il puisse trouver ce qu’il cherche, en prenant et suyvant la voye naturele : et apres, ledict alchymiste,luy faisant response prudente. On l’appelloit communément, la complaincte de nature: pour ce que l’autheur luy faict commencer saharangue en se doulourant. Quant au nom d’iceluy autheur, les exemplaires que j’ai veu ne le porte en tiltre: mais j’estime, avecplusieurs aultres, que c’est Jehan Clopinel, dict Jehan de Meung, d’où il estoit natif : encores que je n’aye oblié le passage de cedictlivre, ou il est escript (f. 32. pag. 2. ver. penult.)Comme tu peux veoir es RomantzDe Jehan de Meung: qui bien m’apprenne,Et tant les sophistes reprenne.Car cecy est dict soubz le personage de Nature: et lon peut semblablement veoir entre de ce que ledict de Meung ha composé,suyvant G. de Loris, au Romant de la rose, que Amour, qu’il faict la parler, tient treshonorables propos de luy mesme. C’est apresavoir dict,Cy se reposera Guillaume,Dont le tombeau soit plein de baulme,D’encens, de myrrhe, d’aloes,Tant m’a servy, tant m’a loes.On s’ensuyt,Et puis viendra Jehan ClopinelAu cœur gentil, au cœur isnel,Qui naistra dessus Loyre à Meung,Lequel et à soul et à jeunMe servira toute sa vieSans avarice et sans enuye:Et sera si sage et si bon,Qu’il n’aura cure de raisonQui mes oignemens hait et blasme,Combien qu’ilz flairent plus que basme. Etc.J’ay aussi extraict et jouinct au dessusdict livre, un lieu d’iceluy Romant, auquel ledict de Meung tracte manifectement de l’art susdict,et à cause duquel seul, plusieurs achaptent ledict Romant. Apres est suyvant le petit testament attribué à Arnauld de Villneufve.    Le troisiesme livre (qui n’avoit paravant esté mis en lumiere) est intitulé le Sommaire philosophique de Nicolas Flamel: qui florissoiten l’an 1393. et 1407. comme il appert encores en la ville de Paris à S. Innocent es monumentz de deux arches opposites, lecymitiere entre elles, qu’il feit alors faire. En l’une desqueles sont, oultre autre choses, erigéez les effigies de deux serpentz, ouDragons, et d’un Lyon, suyvant la description que d’iceulx il ha faict en ce livre, fol. 53. pag. 2. ver. penult. et fol. 54. pag. 2. ver. 21. Orcroy-je bien que vous ne depriserez cesdictz autheurs pour leur stile : car encores que leurs vers ne ayent, quant aux motz, la grace deceulx de Marot, ou de plusieurs aultres poëtes de nostre temps, c'est asses qu’ilz enseignent choses exquises et precieuses,lesqueles sont sovent cachées soubz quelque vil habit. Encores sera ce humainement faict de les excuser tous, ou aulcuns d’iceulx,des faultes qu’on leur pourroit attribuer, et en changer ou le temps, ou la perplexité et difficulté de la matiere subjecte, ou bien lesvices des exemplaires corrompus. J’ay adjouxté à la fin desdictz livres, une défense de ceste dicte science: contre l’outrageuseepistre de J. Girard: à fin qu’ilz soyent moins subjectz aux oultrages de quelques langardz estourdis, et plus agreables à plusieurshonestes personnes. Or si en quelque endroit ma peine vous peut proufiter ou plaire, jouisséz en joyeusement.*   *Fol.5.b. ver.22. trouvé.Fol.8.a. ver.dernier. Ançois.Fol.9.b. ver.14 four.Fol.24.b. ver.21. sublime.Fol.35a. ver.8. maintz. Et la mesmeLysez.
ver.27. mendie.Fol.37.a. ver.2. guerre. Item ver.3. au.Fol.38.b. ver.17. povez.Fol.45.b. ver.19. peut.Fol.46.b. ver.8. mode.Fol.47.a. ver.25. scavez.Fol.48.b. ver.17. est.Fol.58.a. ver.11. doubtance.Fol.61.b. ver.1. toute.Fol.64.a. ver.23. trongne.LCe fut au temps du mois de May,Qu’on doibt fouir dueil et esmay,Que j’entray dedans un vergierDont Zephirus fut jardinier.Quand devant le jardin passoye,Je n’estois pas vestu de soye:Mais de povres draps maintenu,Pour n’apparoir en public nud.Et m’esbatant avec desirDe chasser loing mon desplaisir,Ouy un chant armonieuxDe plusieurs oyseaux gracieux.Adonc je regarday l’entreeDu jardin, qui estoit fermee.Mais comme ma veue estimaZephirus tost la defferma:Puis se retira, par effectMonstrant qu’il n’avoit cela faict.Et quand je veis celle maniere,Je me tiray un peu arriere,Et en apres entray dedens.Du jour n’avois mengé des dentz,J’avoye grand soif et grand faim: Mais pourtois avec moy du pain,Qu’vois gardé une sepmaine.      Lors apperceu une fonteine,D’eaue tresclere pure et fine,Qui estoit soubz une aubespine.Joyeusement empres m’assis,Et de mon pain soupes y feis:Puis m’endormis, apres mengerDedens ce gracieux verger:Et selon mon entendement,Je dormy assez longuement,Pour la plasance que prenoyeEstant au songe que songeoye.Or pourrez scavoir de mon songe,Et s’après le trouvay mensonge.      Il est vray qu’il me fut advisQue deux belles dames au cler veis,Semblables à filles de RoyAu regard de leur noble arroy. AAMOUREUXposee par Jean de la Fontaine de Va-lenciennes, en la Comtéde Henault. FDE SOCIENNCE:T COAM-INE DES
Vers moy s’en vindrent doulcementEt je les salue humblement,En leur disant, Illustres damesDieu vous sauf et de corps et d’ames,Plaise vous à moy voz noms dire,Ce ne me vueillez esconduire.L’une respond par grand plaisanceAmy j’ay à nom Congnoissance:Voicy Raison que j’acompaigne,Soit par montz, par vaulx, par campaigne.Elle te peult faire moult saige. Alors entendant ce langage,Et cuidant estre resveillé,D’un cas fus fort esmerveillé:Car yssir veis de la fonteine,Qui est tant agreable et saine,Sept ruisseaux que veu je n’avoyeM’estant couché en celle voye,Lesquelz m’avoyent si fort mouilléQue j’en estoye tout souillé.Là s’espandoit l’eaue à foison.Adonc priay dame Raison,Qui estoit avec Congnoissance,Me dire la signifianceDe la fonteine et des ruisseauxQui sont si plantureux et beauxEt à qui estoit le pourpris,De tous costez bien entreprisD’arbres et de fleurs odorantesArrouséez des eaux courantes,En sorte que pareilz jamaisNe me sembloit avoir veu. MaisElle me dict tresdoulcementMon amy tu scauras commentVa de ce que as si grand desir:Escoute moy tout à loisir.     En la Fontaine ha une chose,Qui est moult noblement enclose.Celuy qui bien la congnoistroit,Sur toutes autres laymeroit.Qui la vouldroit chercher et querre, Et puis trouvée mettre en terreEt secher en menue pouldre,Puis arriere en son eau resouldre,Mais que fussent avant parties,Puis assembleez les parties,Qui la terre mettroit pourrirEn l’eaue que la doibt nourrirIl en naistroit une pucellePortant fruict à double mammelle,Mais qu’on ostast la pourriture,Dont elle ne son fruit n’ha cure.La pucelle dont je deviseSi poingt et ard en mainte guise:Car en l’air monte, en hault volantPuis descend bas, à val coulant,Et en s’en descendant Faonne,Faon que nature luy donne.      C’est un Dragon qui à trois goules:Familleuses et jamais saoules:Tout autour de luy chascun rue.L’environnant ainsi qu’en rue, Et poursuyvant par forte chasseTant que gresse couvre sa faceQue le noircist et si l’englue.Puis le compresse et le mengue.Elle r’enfante mesmement:(Ce se fait amoureusement)Plus puissant que devant grand somme:Puis le boit comme jus de pomme.Ainsi l enfant à sa manière.    AliasMais avant par chaleur on chasseGresse que luy couvre sa face.   AliasMais dessus luy fault que lon chasse.ctE
Souvent boit et r’enfante arriere,Tant que plus cler est que Christal.Pour vray le fait en est ytal.Et quant il est ainsi luysant,En eaue moult fort et puissant,Il pense devorer sa mere,Qui ha mangé son frere et pere.Ainsi comme l’alaitte et couveLe Dragon le fiert de sa cove.Sa mere en deux parties part,Que luy aide apres ce depart,Et puis la delivre à trois goules,Qui l’ont plus tost prins que gargoules:      Alors est le plus fort du monde.Jamais n’est rien qui le confonde.Merveilleux il est et puissant.Une once en vault cent d’or pesant.C’est un feu de telle nature,Qu’il passe toute pourriture,Et transmue en aultre substance,Quant qu’il attaint à sa semblance.Et guerist maladie toute,Apostume, lepre, et goutte:Et es vieux corps donne jeunesse,Et es jeunes, sens et liesse.C’est ainsi que de Dieu miracle.Ce ne peult faire le triacle,Ne rien qu’y soit soubz ciel trouvé,Fors cecy, qui est esprouvéPar les Prophetes anciens, Et par docteurs Physiciens.      Mais on ne l’ose plus enquerre,Pour peur des Seigneurs de la terre.Onques mais n’advint tel meschié:Car ce faire on peult sans pechié:Moult de Sages si l’ont aymé.Maudit soit qui l ha diffamé,Lon ne le doibt onc reveler,Qu’a ceux qui veulent Dieu aymer:Et qui bien ayment, ont victoirePour servir Dieu, aymer, ou croire:Car cil à qui Dieu donne espace,De vivre tant que en quelque placeIl ayt celle œuvre labourée,A de Dieu la grace impetréeEn soy, saches certainement.Dont prier doit devotementPour les sainctz hommes qui l’ont miseEn escrit selon leur devise,Philosophes et Sainctz preud hommes:Dont je ne scay dire les sommes,Mais Dieu leur face à tous mercy,Qui ont ouvré jusques icy:Et ceux qui ayment la science,Dieu leur doint bien et patience.      Scavoir dois que celuy Serpent,Que je t’ay dit premierement,Est gouverné de sept Ruisseaux,Qui tant sont amoureux et beaux,Ainsi l’ay voulu figurer, Mais autrement le vueil nommer:C’est une pierre noble et digne,Faicte par science divine,En laquelle vertu abonde,Plus qu’en nulle qui soit au monde:Trouvée est par Astronomie,Et par vraye Philosophie. Elle provient en la montaigneOu ne croist nulle chose estraigne.Sachez de verité prouvée,Plusieurs Sages l’y ont trouvée.   AliasOn trouve quelle croist en hault,Avecques tout ce quil luy fault.
Encores la peult on trouverPar peine de bien labourer,Des philosophes est la pierriereQue tant est amoureuse et chére.Aisément on la peult avoir:Et si vault mieux que nul avoir.Mais peine auras moult endurée,Avant que tu l’ayes trouvée.L’ayant, n’auras faulte de rienQu’on trouve en ce monde terrien.Or revenons à la fontainePour en scavoir chose certaine.     Celle Fontaine de valeur,Est à une Dame d honneur,Laquelle est Nature appellée,Qui doit estre moult honnorée:Car par elle toute chose est faicte,Et s’elle y fault, tost est deffaicte.Long temps ha que fut establie. Celle Dame je vous affie:Car aussi tost que Dieu eut faitzLes Elemens qui sont perfaictz,L’Eaue, l’Air, la Terre, et le Feu,Nature en tout parfaicte fu.Sans Nature ne peult plus croistre,Dedens la Mer la petite oistre.Nature est mere à la rondeDe toutes les choses du monde.Noble chose est que de Nature.Moult bien y pert à la figureDe l’homme, que Nature ha faites,En quoy de rien ne s’est meffaite:Aussi fait il en plusieurs choses,Qui par Nature sont descloses:Oyseaux, arbres, bestes, fleurettes,Du tout par Nature sont faites:Et ainsi est il des metaulx,Qui ne sont pareilz ny esgaulx.Car par elle mesme se font,Dedens la terre bien profond:Desquelz plus à plein conterayQuand Nature te monstreray,Laquelle je veulx que tu veoye,Affin que mieux suyve sa voyeEt son sentier en la tienne œuvre:Car il fault que la te descoeuvre.     Ainsi que telz propos tenoit,Je veis Nature qui venoit.Et alors, sans faire delay, Droict encontre elle m’en allayPour la saluer humblement.Mais certes tout premierementVers moy feit inclinationMe donnant salutation.Lors Raison dict, voicy Nature:A l’aymer mectz toute ta cure:C’est elle que te fera estreDe son ouvrage prudent maistre.     Je l’escoutay diligemment:Et elle se prit sagementA me demander d’où j’estoyeEt qu’en ce lieu la je queroye:Car il estoit beaucoup saulvageEt pour les non clercs plein D’ombrage.Dame, dy je, par Dieu de cieux,Je suys venu cy, comme cieux,Qui ne scait en quel’part aller,Pour bonne adventure trouner.Mais je vous diray sans attente,Et en brief propos mon entente.     Un moult grand Prelat vey jadis,
Scavant, clerc, prudent et subtilz,Qui parloit en commun Langage,Ainsi que faict maint homme sageDu scavoir de la medicineQuil faisoit tres haulte et tresdigne,En demonstrant ses excellencesPar moult grandes expériences.Des philosophes et leur science Devisoit en grand reverence.Bien avoit este à l’escolle.Alors fus mis en une colleArdente, dapprendre et scavoirChose meilleur que tout avoir:Et de luy demander m’advint,Dou premier la science vint:S en escript on la rencontraEt qui fut cil qui la monstra.Il me respondit sans delayPar ces propoz que vous diray.     Science si est de Dieu don,Qui vient par inspiration.Ainsi est science donnéeDe Dieu, et en l’homme inspirée:Mais avec ce apprend on bienA l’escole par son engien.Mais avant qu’onc lettre fust veueSi estoit la science sceue,Par gens non clers, mais inspirez,Qui doibvent bien estre honorez:Car plusieurs ont truvé science,Par la divine sapience:Et encor est Dieu tout puissant,Pour donner à son vray servantScience telle qu’il luy plaist:Dequoy à plusieurs clercs desplaist:Disans qu’aulcun nest suffisant,S’il n’a esté estudiant.Qui n’est maistre es ars, ou docteur, Entre clers Recoipt peu d honneur.Et de ce les doit on blasmer,Quand autruy ne scauent louer:Mais qui bien punir les voudroit,Les livres oster leur fauldroit.Là seroit science faillieEn plusieurs clers, n’en doutez mie:Et pas ne le seroit es laizQui font rondeaux et virelais,Et qui scavent metrifier,Et plusieurs choses que mestierFont à mainte gens à delivre,Qu’ils ne trouvent pas en leur livre.Le Charpentier, et le MassonN’estudient que bien peu, non,Et si font aussi belle usineQu’estudians en Medicine,En Loix, et en Theologie,Pour avoir pratiqué leur vie.    Des lors fus grandement eprisD emploier du tout mes espris,Tant que par vraye experience,Avoir peusses la congnoissance,De ce que maint homme desyre,Par grace du souverain syre.Mon conte raison et nature,Bien escoutoient, je vous asseure.Puys à nature dy, Madame,Helas tousjours de corps et d’ame,Suis en travail voulant apprendre, Science, ou ne puisse mesprendre,Pour avoir honneur en ma vie,Sans ce que nul y ayt enuie:
Car tout mon bien je vueil acquerre,Comme les Laboureurs de terre:La terre fouyr et houer,Et puis la semence semer,Comme font les vrays Laboureurs,Qui font leurs biens et leurs honneurs.Et pour cela prier vous vueil,Que vous me dites de voz vueil,Comme on nomme celle Fontaine,Qui tant est amoureuse et saine.     Elle respond, amy, de voir,Puis que desires le scavoir,Elle sappelle, pour le mieulx,La fontaine des amoureux.Or te doibt il estre notoireQue depuis Eve, nostre mereJ’ay gouverné tretout le Monde,Si grand comme il est à la ronde:Sans moy ne peult chose regner,Si Dieu ne la veult inspirer.Moy qui suis Nature appellee,J’ay la terre environnée,Dehors, dedens, et au mylieu:En toute chose ay pris mon lieu,Par mandement de Dieu le Pere,De toutes choses je suis mere,A toutes je donne vertu, Sans moy n’est rien, ne oncques fu,Chose qui soit soubz Ciel trouvee,Qui par moy ne soit gouvernée.Mais puis que tu entendz raison,Je te vueil donner un bel don,Par le quel, si tu veulx bien faire,Tu pourras Paradis acquerre,Et en ce monde grand’richesse,D’on te pourra venir Noblesse,Honneur, et grande Seigneurie,Et toute plaisance, en ta vie:Car en joye tu l’useras,Et moult de nobles faictz verras,Par celle Fontaine et caverne,Qui tous les sept metaux gouverne.Ilz en viennent, c’est chose clere,Mais de la Fontaine suis mere,Laquelle est doulce comme miel,Et aux sept Planetes du ciel,Comparee est: scavoir, saturne,Jupiter, et Mars et la Lune,Le Soleil, Mercure et Venus:Entendz bien, tu y es tenus.Les 7. planetes que jay dictAccomparons sans contredict,Aux sept metaulx venans de terre,Qui tous sont faictz dune matiere.L’or entendons par le Soleil,Qui est un metal sans pareil.Et puis entendons pour l’argent, Luna le metal noble et gent.Venus pour le cuyvre entendons,Et aussi c’est moult bien son noms.Mars pour le fer, et pour l’estainEntendons Jupiter le sain.Et le plomb pour Saturne en bel,Que nous appellons or mesel.Mercurius, est vif argent,Qui ha tout le gouvernementDes sept metaulx: car c’est leur mere,Toutainsi que cy les compere:Que les imperfaits peut perfaire.Apres le te voudray retraire.     Or entends bien que je diray,
Et comme je declarerayLa Fontaine à dame Nature,Que tu vois cy pres en figure.Se tu scez bien Mercure mettreEn œuvre, comme dit la lettre,Medecine tu en feras,Dont paradis puis acquerras,Avecques l honneur de ce Monde,Ou grand planté de bien abonde.     Scavoir dois par Astronomie,Et par vraye Philosophie,Que Mercure est des sept metaulxLa matiere, et le principaux:Car par sa pesanteur plombasse,Se tient soubz terre en une masse,Nonobstant qu’elle est volative, Et es autres moult conversive,Et est soubz la terre trouvée,Tout ainsi comme est la rousée,Et puis en l’air du Ciel s’en monte,Moy Nature le te raconte,Et si apres peut concevoirQui en veult Medicine avoirMercuriale, en son vesselLe mettra dedens le fournelPour faire sublimation,Qui est de Dieu un noble don,Laquelle je te veux monstrerA mon pouvoir, et figurer.Car si ne fais purs corps et ame,Ja ne feras bonne amalgame,N’aussi bon parachevement.Mectz y donc ton entendement.     Or entends si tu veulx sçavoir,(Mieux vault bon sens que nul avoir)Pren ton corps et en fais essay,Comme autres ont faict bien le scay,Ton esprit te fault bien monder,Ains que puisses incorporer.Se faire veulx bonne bataille Vingt contre sept convient sans faille.Et se ton corps ne peult destruireVingt, à ce pas il fault qu’il muire.Si est la bataille premiereDe Mercure trèsforte et fiere,Après rendre luy convient faire,Ançois qu’on en puist rien attraire. Quand à ton vouloir entreprisRendu sera, lors estant pris,Si tu en veux avoir raison,Lenfermeras dens la prison,Dou il ne se puisse bouger.Mais dun don le doibz solager:Ou pour toy rien ne voudra faire,Tant que luy feras le contraire,Et si faire luy veulx plaisir,Il le te convient eslargir,Et remettre en son premier estre.Et pource seras tu son maistre:Autrement scavoir bien ne peuxCe que tu quiers, et que tu veux.Mais par ce point tu le scauras,Et à tout ton plaisir viendras,Mais que tu faces de ton corpsCe, dont te fais cy le recors.     Faire dois donc, sans contredit,Premier de ton corps esperit,Et l’esprit reincorporerEn son corps sans point separer.Et si tout ce tu ne scez faire,Si ne commence point l’affaire.   Aliasvingt encontre convient..cte
Apres ceste conjunction,Se commence operation,De laquelle, si tu poursieux,Tu auras la gloire des cieux.Mais tu dois scavoir par ce livre,Que moy Nature te delivre, AMOUREUX DE SCIENCE:Que le mercure du soleil,N'est pas à la Lune pareil:Car toujours doit demeurer blanche,Pour faire chose à la semblance.Et celui qui au Soleil sert,Le doit ressembler en appert:Car on le doit rubifier:Et ce est le labour premier.Et puis assembler les peut onComme ai dit, en ma raisonCi devant que tu as ouïeQui te doit entrer en l'ouïe.Et si ce ne se auois entendre,En ton labour pourrais méprendre:Et à l'aduentare perdrais Page:De la transformation metallique.djvu/26Page:De la transformation metallique.djvu/27Page:De latransformation metallique.djvu/28Page:De la transformation metallique.djvu/29Page:De la transformation metallique.djvu/30Page:Dela transformation metallique.djvu/31Page:De la transformation metallique.djvu/32Page:De la transformationmetallique.djvu/33Page:De la transformation metallique.djvu/34Page:De la transformation metallique.djvu/35Page:De latransformation metallique.djvu/36Page:De la transformation metallique.djvu/37Page:De la transformation metallique.djvu/38Page:Dela transformation metallique.djvu/39Page:De la transformation metallique.djvu/40Page:De la transformationmetallique.djvu/41Page:De la transformation metallique.djvu/42Page:De la transformation metallique.djvu/43Page:De latransformation metallique.djvu/44Page:De la transformation metallique.djvu/45Page:De la transformation metallique.djvu/46Page:De la transformation metallique.djvu/47Page:De la transformation metallique.djvu/48Page:De la transformationmetallique.djvu/49Page:De la transformation metallique.djvu/50Page:De la transformation metallique.djvu/51Page:De latransformation metallique.djvu/52Page:De la transformation metallique.djvu/53Page:De la transformation metallique.djvu/54Page:Dela transformation metallique.djvu/55Page:De la transformation metallique.djvu/56Page:De la transformationmetallique.djvu/57Page:De la transformation metallique.djvu/58Page:De la transformation metallique.djvu/59Page:De latransformation metallique.djvu/60Page:De la transformation metallique.djvu/61Page:De la transformation metallique.djvu/62Page:Dela transformation metallique.djvu/63Page:De la transformation metallique.djvu/64Page:De la transformationmetallique.djvu/65Page:De la transformation metallique.djvu/66Page:De la transformation metallique.djvu/67Page:De latransformation metallique.djvu/68Page:De la transformation metallique.djvu/69Page:De la transformation metallique.djvu/70Page:Dela transformation metallique.djvu/71Page:De la transformation metallique.djvu/72Page:De la transformationmetallique.djvu/73Page:De la transformation metallique.djvu/74Page:De la transformation metallique.djvu/75Page:De latransformation metallique.djvu/76Page:De la transformation metallique.djvu/77Page:De la transformation metallique.djvu/78Page:Dela transformation metallique.djvu/79Page:De la transformation metallique.djvu/80Page:De la transformationmetallique.djvu/81Page:De la transformation metallique.djvu/82Page:De la transformation metallique.djvu/83Page:De latransformation metallique.djvu/84Page:De la transformation metallique.djvu/85Page:De la transformation metallique.djvu/86Page:Dela transformation metallique.djvu/87Page:De la transformation metallique.djvu/88Page:De la transformationmetallique.djvu/89Page:De la transformation metallique.djvu/90Page:De la transformation metallique.djvu/91Page:De latransformation metallique.djvu/92Page:De la transformation metallique.djvu/93Page:De la transformation metallique.djvu/94Page:Dela transformation metallique.djvu/95Page:De la transformation metallique.djvu/96Page:De la transformationmetallique.djvu/97Page:De la transformation metallique.djvu/98Page:De la transformation metallique.djvu/99Page:De latransformation metallique.djvu/100Page:De la transformation metallique.djvu/101Page:De la transformationmetallique.djvu/102Page:De la transformation metallique.djvu/103Page:De la transformation metallique.djvu/104Page:De latransformation metallique.djvu/105Page:De la transformation metallique.djvu/106Page:De la transformationmetallique.djvu/107Page:De la transformation metallique.djvu/108Page:De la transformation metallique.djvu/109Page:De latransformation metallique.djvu/110Page:De la transformation metallique.djvu/111Page:De la transformation metallique.djvu/112
TEPD’ALCHLE SOMdMeA INiRcEo lPasH IFLlaOmSeOl.PHIQUEQui veult avoir la cognoissanceDes metaulx et vraye scienceComment il les fault transmuerEt de l’un à l’autre muer,Premier il convient qu’il cognoisseLe chemin et entiere addresseDe quoy se doivent en leur miniereTerrestre former, et maniere.Ainsi ne fault il point qu’on erreRegarder es veines de terreToutes les transmutationsD’on sont forméz en nations.Par quoy transmuer ilz se peuventDehors les minieres, ou se treuventEstans premier en leurs espritz:Assavoir, pour n’estre repris,En leur soulphre et leur vif argent,Que nature ha faict par art gent.car tous metaulx de soulphre sontForméz et vif argent qu’ilz ont.Ce sont deux spermes des metaulxQuelz qu’ilz soyent, tant froids que chauldz.L’un est masle, lautre femelle:Et leur complexion est telle.Mais les deux spermes dessusdictz,Sont composéz, cest sans redictz,Des quatre elemens, seurementCela j’afferme vraiement.Cest ascavoir le premier spermeMasculin, pour scavoir le terme,Qu’en philosophie, on appelleSoulphre, par une facon telle,N’est autre chose que elementDe lair et du feu seulement.Et est le soulphre fix, semblableAu feu, sans estre variable,Et de nature metalique:Non pas soulphre vulgal inique:Car le soulphre vulgal, n’a nulleSubstance (qui bien le calcule)Metalique, à dire le vray.Et ainsi je le prouveray.L’autre sperme, qu’est feminin,C’est celuy, pour scavoir la fin,Qu’on ha coustume de nomerArgent vif, et pour vous sommer,Ce n’est seulement que eaue et terre,Qui s'en veult plus à plain enquerre.Dont plusieurs hommes de scienceCes deux spermes la sans doubtance,Ont figuréz par deux dragons,Ou serpens pires, se dict on.L’un ayant des ailes terribles,L’autre sans aile, fort horrible.Le dragon figuré sans aile,Est le soulphre, la chose est telle,Lequel ne sen vole jamaisDu feu, voyla le premier metz.Lautre serpent qui ailes porte,C’est argent vif, que vent emporte,Qui est semence feminimeFaicte deaue et terre pour mine.IMIYET, I NTITTURLEAICTE
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