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THALÈS DE MILET (~ 625 env.-env. ~ 547)

Thalès avait environ quarante ans lors de l'éclipse du Soleil dont la prédiction lui a valu de rester célèbre (~ 585). Il possédait des connaissances en astronomie assez positives et assez avancées pour faire des prévisions rationnelles. Il habitait la cité ionienne de Milet, port et centre d'un commerce étendu aux deux bassins de la Méditerranée : il a vraisemblablement développé ses connaissances en relation avec les techniques de l'orientation maritime. Il aurait été l'auteur d'un « guide nautique ». Il est célèbre aussi pour des travaux de génie militaire — il aurait détourné le cours d'une rivière pour faire passer l'armée du roi de Lydie — et pour une opération de génie commercial : prévoyant une abondante récolte d'olives, il aurait monopolisé les pressoirs pour mieux monnayer leurs services ; mais cela n'est porté au compte de sa « sagesse » que dans la mesure où le même homme est ainsi présenté comme capable de faire fortune et de mépriser la fortune au profit de la contemplation. Thalès est le philosophe qui tombe dans le trou ouvert sous ses pas parce qu'il est occupé à regarder les choses du ciel. Il est non moins célèbre pour avoir donné son nom à un théorème de la théorie du triangle et pour avoir appliqué des techniques géométriques à la mesure de la hauteur des Pyramides et à la mesure des distances en mer.

Cette science avait sans doute des origines « barbares », qui sont à chercher du côté de l'Égypte et de Babylone. Des travaux récents ont déchiffré les tablettes où la science de Babylone a consigné sa solution des problèmes : ils permettront de mieux apprécier le génie propre aux Grecs dans la constitution de la théorie géométrique élémentaire. La cosmologie de Thalès tire aussi sans doute son origine des civilisations qui ont grandi en bordure des fleuves ou estuaires. Elle fait naître la Terre et toutes choses de la Mer. Si cette cosmologie a mérité d'être citée par Aristote, et à sa suite par les manuels modernes, comme la première parmi les philosophies, c'est parce qu'elle évacue le mythe. Elle n'évacue pas le « divin », puisque au contraire une phrase émergée des contextes doxographiques déclare le monde plein de « divinités ». Mais Atlas est relégué à la légende. Des « Eaux primordiales » et « génitales » émerge la Terre qu'elles continuent de porter. Thalès aurait employé le terme déjà savant d'Archè (le Principe) pour désigner la chose première et unique. Aucun texte parmi ceux qui nous restent n'autorise à poser ce Principe comme le sujet d'une proposition savante. On peut imaginer le début d'une « Genèse » : au commencement régnaient les Eaux, et la Terre flottait sur les Eaux.

Auteur: CLEMENCE RAMNOUX
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