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TÖPFFER rodolphe (1799-1846)

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Ajouté le : 27 mars 2014
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TÖPFFER rodolphe (1799-1846)

Une maladie oculaire devait contraindre Rodolphe Töpffer à renoncer à l'activité de peintre que son père, Adam Töpffer, avait pratiquée avec succès. Ce handicap physique amena Rodolphe Töpffer à développer d'autres dons : ceux de romancier, d'auteur de nouvelles, de critique d'art et de dessinateur. Ses récits « sérieux », comme Rosa et Gertrude, ne révèlent pas une grande originalité d'inspiration. Ses écrits sur l'art étonnent, en revanche, par leur pénétration. Quant à son activité graphique, elle joue un rôle déterminant dans l'évolution de la figuration narrative (on peut le comparer à cet égard à Wilhelm Busch et à Cham). Lorsque son talent de nouvelliste entre en compétition avec ses dons de dessinateur humoriste, comme dans Docteur Festus, il fait preuve d'une imagination exceptionnelle. Les meilleures productions de Töpffer sont celles qu'il a menées avec désinvolture. Il affecte souvent un ton léger, comme s'il se souciait peu des conséquences de sa démarche intellectuelle. Ses découvertes importantes se font sur un ton enjoué.

Ses écrits sur l'art ont été rassemblés après sa mort sous le titre de Réflexions et menus propos d'un peintre genevois. Dans cet ouvrage, il analyse les trois moyens qui, selon lui, appartiennent en propre à la peinture : le trait, le relief et la couleur. Il considère que, des trois, seul le trait est conventionnel. Il entend par là que le dessin ne trouve pas sa justification dans la nature. Cette constatation dont on ne peut savoir si elle est la cause ou bien la conséquence de son activité de graphiste justifie le développement des potentialités d'un « moyen » qui, du même coup, devient sa propre fin.

Le Docteur Festus, dont la première apparition remonte à l'année 1840, est la meilleure démonstration du pouvoir d'invention de Töpffer. Après avoir développé les aventures de son personnage en une suite d'images, Töpffer s'inspire de ces dernières pour écrire une histoire. Dans la préface de son petit ouvrage, il définit le sens de sa double tentative : « C'est donc la même histoire sous une double forme, mais, comme l'observe finement l'abbé de Saint-Réal, dans deux choses d'ailleurs semblables, ce qu'elles ont de différent change beaucoup ce qu'elles ont de semblable. » Le travail de différenciation réalisé par Töpffer ne se limite pas à une analyse et à un classement en catégories. Chacun des domaines qu'il arrache à la confusion d'un ensemble est dans un rapport de répulsion et d'attraction avec les autres éléments mis au jour. Le dessin du Docteur Festus libère les potentialités du graphisme en « repoussant » l'écriture ; cette dernière, en retour, se définit dans une approche de l'image. Ainsi l'image et le texte peuvent-ils tirer de leurs dissemblances les moyens d'un enrichissement mutuel.

Auteur: MARC THIVOLET
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