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Trois mosaïques découvertes dans une villa gallo-romaine à Mérande (Savoie) - article ; n°1 ; vol.32, pg 63-82

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21 pages
Gallia - Année 1974 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 63-82
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Janine Lancha
Trois mosaïques découvertes dans une villa gallo-romaine à
Mérande (Savoie)
In: Gallia. Tome 32 fascicule 1, 1974. pp. 63-82.
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Lancha Janine. Trois mosaïques découvertes dans une villa gallo-romaine à Mérande (Savoie). In: Gallia. Tome 32 fascicule 1,
1974. pp. 63-82.
doi : 10.3406/galia.1974.2653
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galia_0016-4119_1974_num_32_1_2653MOSAÏQUES DÉCOUVERTES DANS UNE VILLA GALLO-ROMAINE TROIS
A MÉRANDE (Savoie)1
par Janine LANCHA
En 1870, le marquis d'Oncieu de la Bâtie, président de l'Académie de Savoie, signalait
la découverte, entre 1865 et 1869, d'une villa gallo-romaine à mosaïques, près du village
d'Arbin, au lieu-dit Mérande, dans un terrain lui appartenant, où il avait dirigé les
fouilles2.
En 1968, l'abbé F. Bernard attirait de nouveau l'attention sur ces trois mosaïques
— dont le marquis d'Oncieu n'avait donné qu'une brève description — mais on ne peut
retenir l'interprétation qu'il proposait au sujet de ces mosaïques3. L'étude du style permet
en effet de les situer dans un contexte régional qui rend compte de leurs principales carac
téristiques, et fournit un élément de datation précieux, en l'absence de tout sondage
stratigraphique4.
La villa gallo-romaine découverte fortuitement à Mérande, à l'occasion de travaux
nécessités par la construction de la route de Montmélian à Cruet, en 1865, comportait
trois corps de bâtiments dont un plan sommaire fut levé à la découverte (fig. 1). La villa
ne fut pas dégagée entièrement, mais on peut supposer qu'elle couvrait une vaste superficie,
car la vingtaine de pièces repérées en 1869 mesurait 130 m d'est en ouest. Il est probable
que cette villa s'étendait vers l'ouest et le sud, car, à une vingtaine de mètres au nord,
elle était limitée par la route antique conduisant de Vienne à Milan.
Toutes les pièces dégagées n'étaient pas ornées de mosaïques, mais pavées, le plus
souvent, de « bétons de diverses couleurs » d'après le marquis d'Oncieu. Seules les pièces
1 Nos 256, 257 et 258 de YInveniaire des mosaïques de la Gaule, I, Narbonnaise et Aquitaine, de G. Lafaye
et A. Blanchet, Paris, 1909.
2 Dans Mémoires de V Académie des Arts et Belles Lettres de Savoie, 2e série, t. XII, 1871, p. 291 à 313, 2 planches
en couleurs, un plan sommaire des substructions et un dessin d'ensemble des 3 mosaïques.
3 Dans V 'évolution historique en Savoie, chap. XIV, p. 187 à 206, Vallier éd., Chambéry, 1968 (4 planches
hors-texte de la mosaïque n° 1).
4 Nous devons à l'amabilité de M. H. Stern l'essentiel de la documentation photographique nécessaire à cette
étude : qu'il en soit ici vivement remercié. L'actuel marquis d'Oncieu a bien voulu nous faciliter l'étude des mosaïques
remontées dans plusieurs salles de son château de la Bâtie, nous tenons à lui adresser, également, tous nos remercie
ments.
Galha, 32, 1974. ■
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1 Plan de la situation levé à la découverte et dessin d'ensemble des 3 mosaïques (d'après le marquis d'Oncieu, art. cité, note 2). MOSAÏQUES DE MÉRANDE 65
n08 1, 4 et 6 étaient ornées de mosaïques. Elles devaient être réservées aux pièces d'habitat
ion, qui devaient probablement être plus nombreuses. Malheureusement, tout espoir
de dresser le plan d'ensemble de la villa est définitivement interdit depuis 1962, date
à laquelle on a élargi la route de Montmélian à Cruet et transformé en remblais toutes les
fondations de la villa, après le passage de la pelleteuse sur toute la longueur de sa façade.
Le pavement de la pièce n° 1 comportait un tapis rectangulaire de 7,20 m de large
sur 6,80 m de long, il n'a pu être entièrement dégagé dans le sens de la longueur. Cependant,
le plan sommaire exécuté à la découverte accorde au mur est une longueur de 12,50 m,
qui doit correspondre à celle de la mosaïque. Cette mosaïque était la plus importante des
trois. Les cases carrées du quadrillage ont 0,56 m de côté et les bandes timbrées d'hexagones
0,37 m de large, on doit donc supposer l'existence de 5 rangées supplémentaires de cases
carrées pour imaginer le pavement originel. De telles proportions ne sont pas exceptionnelles
dans les maisons gallo-romaines mais elles signalent une pièce d'habitation importante,
peut-être un triclinium.
Les dimensions actuelles sont de 5,50 m X 4,40 m (fig. 2), il reste 18 cases carrées sur
les 36 visibles à la découverte. On a réduit de 6 à 3 les cases horizontales, mais maintenu
les 6 rangées de cases verticales. Le marquis César d'Oncieu fit déposer cette mosaïque
pour la faire installer dans la chapelle du château de la Bâtie, non loin d'Arbin. La dépose
fut confiée par l'Académie de Savoie à M. Fivel, architecte à Chambéry, membre agrégé
de l'Académie, qui avait participé aux fouilles. La mosaïque fut découpée en comparti
ments réguliers, recouverts de papier enduit de colle forte, et numérotés suivant le plan
correspondant, et replacée dans la chapelle du château. Le marquis César d'Oncieu note
que « cette opération fut accomplie avec un plein succès ». Il ne semble pas que M. Fivel
ait remplacé le ciment originel par un nouveau ciment plus solide, il n'en est fait aucune
mention du moins dans la notice du marquis d'Oncieu.
Si l'opération fut menée avec un plein succès, il faut attribuer la disparition de 6 cases
carrées au désir d'adapter la mosaïque aux dimensions de la chapelle. Il s'agit (fig. 1)
des cases nos 3 et 6 de la première rangée (en numérotant de haut en bas et de gauche
à droite), 1 et 3 de la troisième rangée, et 2 et 3 de la quatrième rangée, soit deux fleurs
à trois pointes, un vase sans anses, un fleuron, un rhyton, un bouclier (?). A l'exception
du vase sans anses, ces décors sont des doubles de ceux qui ont été conservés dans la mosaï
que actuelle, c'est la raison pour laquelle ils ont été de préférence éliminés. Toute trace
de ces 6 cases carrées est perdue.
Le canevas de cette mosaïque est très intéressant ; les bandes croisées timbrées
d'hexagones adjacents, avec des carrés aux intersections des bandes, déterminant des
rangées orthogonales de cases carrées ayant chacune une bordure intérieure différente,
constituent un canevas qui, selon toute probabilité, est une création des ateliers de Vienne5.
Il est préférable de se reporter au dessin d'ensemble (fig. 1), car la mosaïque, déposée puis
remontée dans la chapelle du château, ne respecte plus l'ordre primitif de séquence des
motifs décoratifs. Il est toutefois regrettable que le dessinateur de l'époque ait négligé
5 Comme le suggère M. H. Stem dans son article, Ateliers de mosaïstes rhodaniens {La mosaïque gréco-romaine,
1965, p. 233-243) et dans Mosaïques romaines de Suisse, dans Journal des Savants, 1962, p. 173-185, fig. 1. 66 JANINE LANCHA
Illustration non autorisée à la diffusion
2 Vue complète de la mosaïque n° 1 (cliché Y. Godard), remontée dans la chapelle de la Bâtie.
de porter sur son dessin tous les motifs de remplissage des cases. Le marquis d'Oncieu
signalait 24 cases ornées de motifs figurés, le dessinateur trace 36 cases mais n'en décore
que 21. Ce décor était peut-être en trop mauvais état pour être identifié.
Bien que la moitié seulement de cette mosaïque ait été dégagée (soit 6x6 cases sur
les 6x11 cases de la mosaïque originelle) et que le tiers seulement en soit encore visible
dans la chapelle du château, on peut faire à son sujet un certain nombre de remarques.
Les bandes croisées de la mosaïque d'Arbin sont chargées d'un hexagone et de deux demi-
hexagones adjacents, dessinés par un filet noir ; une rosette blanche à 6 pétales se détache
sur le fond noir d'un second hexagone emboîté (fig. 2). Le rapport de proportions entre
la case et la bande est de 1,5 approximativement. Or, ce remplissage et ce rapport de
proportions se retrouvent, exactement semblables, dans le n° 128 de Lyon (Recueil général
des mosaïques de la Gaule, II, 1), dans le n° 11 des mosaïques découvertes en 1967 à Saint-
Romain-en-Gal, et sur la mosaïque n° IV récemment découverte à Vaison-la-Romaine6.
6 Dans l'article de J. Lassus, Remarques sur les mosaïques de Vaison-la-Eomaine (II), dans Gallia, XXVIII,
1971, p. 45 à 72, fig. 57. MOSAÏQUES DE MÉRANDE 67
Illustration non autorisée à la diffusion
3 Mosaïque des vents, d'Avenches, dessin d'ensemble
(d'après V. von Gonzenbach).
4 Mosaïque de Teramo (d'après H. Stern, Recueil
I, 2, pi. B). ->
Illustration non autorisée à la diffusion
5 Mosaïque Burrus, vue d'ensemble, au Musée de Vienne (cliché Musée de Vienne).
Le décor des carrés aux intersections des bandes est semblable dans les 3 mosaïques que
nous venons de citer : 4 carrés noirs et blancs successivement emboîtés, droits ou sur la
pointe à Arbin ; 3 carrés emboîtés à Vaison, blanc, noir, blanc ; 3 carrés
emboîtés à Saint-Romain-en-Gal, en noir, blanc, noir ; 4 carrés emboîtés, à Lyon, en
blanc, noir, blanc, noir. Le remplissage des carrés à Arbin est identique à celui de la mosaïque 68 JANINE LANGHA
lyonnaise, au détail près de l'inversion des couleurs. Enfin, deux autres mosaïques vien
noises présentent le même canevas, mais avec un rapport de proportions entre les cases
et les bandes différent, le n° 218 de YInv. et le n° 2 de Saint-Romain-en-Gal7.
Il est évident que cette série de concordances dans la construction géométrique du
canevas et le décor des bandes croisées, qui en constitue l'originalité rhodanienne, ne peut
être fortuite. La mosaïque n° 1 d'Arbin, comme la mosaïque n° IV de Vaison-la-Romaine,
a été exécutée par l'un des ateliers viennois, dont le rayonnement ne s'arrêtait pas à la
vallée du Rhône, mais s'étendait juqu'en Suisse, comme le montre la mosaïque des Vents,
d'Avenches. Malgré son caractère composite, cette mosaïque s'inspire en effet très nett
ement du canevas rhodanien de bandes croisées chargées d'hexagones adjacents, dont on n'a
pas d'autre exemple dans les diverses provinces de l'Empire (fig. 3).
La comparaison entre la mosaïque d'Arbin et la mosaïque des Vents permet encore
de mesurer la différence entre une simple utilisation d'un canevas viennois, à Arbin, et
une création originale à partir de canevas rhodaniens différents, à Avenches8.
La mosaïque d'Arbin, probablement exécutée par un atelier viennois itinérant, donne
une image fidèle de la forme la plus courante de ce canevas à Vienne. Elle ne s'en écarte
que par un détail : la présence d'un bouton central circulaire en tesselles jaunes ou rouges
dans la rosette à six pétales des hexagones. Cette faible introduction de la polychromie
dans ce genre de rosette, habituellement noire sur fond blanc, ou l'inverse, se retrouve
dans la mosaïque n° IV de Vaison et dans une mosaïque de Riez, dessinée par Artaud9.
Était-ce une habitude d'atelier? L'examen des bordures intérieures des cases et des motifs
de remplissage confirme le caractère viennois de cette mosaïque.
La tresse polychrome à deux brins (gris-bleu, ou jaune à Arbin), les arêtes de
poisson, la ligne de triangles noirs superposés, la ligne de carrés sur la pointe appartiennent
au répertoire le plus courant à Vienne des bordures intérieures de cases carrées, dans ce
canevas et d'autres types de quadrillage. On peut en voir l'origine italienne dans une
mosaïque comme celle trouvée Via Ardeatina à Rome, ou la mosaïque de Teramo (fig. 4)
inspirées des plafonds à lacunaria10. Les bordures intérieures de la mosaïque d'Arbin
sont donc puisées dans le répertoire le plus classique : dessinées par un filet noir sur fond
blanc, à l'exception de la tresse, elles sont toutes géométriques. La tresse est la plus
employée, dans 18 cases sur les 36 connues, elle est répétée, en ligne oblique, un rang
sur deux, c'est la plus banale des bordures intérieures. L'atelier qui a exécuté cette
mosaïque n'a donc pas tiré tout le parti possible de l'alternance et de la variété des
bordures. On les voit employées avec plus d'aisance dans plusieurs mosaïques viennoises
ou rhodaniennes : les nos 173, 190, 218 a de VInv., la mosaïque n° IV de Vaison, le n° 11
7 Les mosaïques découvertes en 1967 à Saint-Romain-en-Gal, chantier de la Plaine, encore inédites, ont été
exposées à l'occasion du 2e Colloque international pour l'étude de la mosaïque antique, tenu à Vienne en août-
septembre 1971.
8 V. von Gonzenbach, Mosaïques romaines de Suisse, 1960, pi. 71 et p. 50.
9 F. Artaud, Mosaïques de Lyon et des départements méridionaux de la France, Paris, 1818, pi. L.
10 La bibliographie complete et les photographies de ces mosaïques dans l'article très important de M. L.
Morricone-Matini, Mosaici a casseloni del primo secolo A.C., dans Archeologia classica, 1965, p. 79 à 91. MOSAÏQUES DE MÉRANDE 69
VILLA POMAINE DE MÊRANDE
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\* ! Principaux motifs de la Mosaïque
6 Aquarelle des motifs de la mosaïque n° 1 (d'après le marquis d'Oncieu, art. cité, note 2).
de Saint-Romain-en-Gal, et dans une mosaïque d'Anse11, dans la mosaïque Burrus (inédite)
au Musée de Vienne (fig. 5), la mosaïque d'Orme12 et dans les n08 174, 195, 198 de VInv.
Le décor des cases se prête lui aussi à de nombreux rapprochements avec le répertoire
décoratif des ateliers de Vienne. Aucun des motifs de la mosaïque d'Arbin ne peut être
considéré comme original. Dix d'entre eux nous sont connus par l'aquarelle mentionnée
plus haut (note 2) (fig. 6) et l'ensemble a pu être photographié sur place — du moins,
les motifs conservés dans la mosaïque actuelle. Tous ces motifs sont polychromes, mais
la gamme de couleurs n'est pas très étendue, et manque d'éclat : gris-bleu, rouge-brique,
ocre-jaune, gris. Tous les motifs sont dessinés par un filet noir (sauf le canard, dessiné par
un filet de tesselles grises).
Sur les 21 cases dont le décor fut dessiné en 1869, 11 renfermaient des fleurs ou
fleurons. Nous les décrirons d'après la photographie (fig. 2).
De haut en bas et de droite à gauche, on peut voir :
au premier rang: 1) un quatre-feuilles noir sur fond blanc,
2) un fleuron quadrilobé, frappé d'une croix oblique en sautoir, dessinée par un filet noir,
avec 4 petites feuilles pointues dans les intervalles (ce fleuron n'a pas été dessiné en 1869, il est
aujourd'hui très mal conservé, il semble bien avoir été restauré sans exactitude),
3) une feuille trifide noire (en haut à droite, fig. 2) qui ressemble à une feuille de
11 Cette mosaïque porte le n° 175 dans le Recueil II, 2, à paraître, la notice de cette mosaïque nous a été
aimablement communiquée par les co-auteurs de ce nouveau fascicule du Recueil, M. H. Stem et Mme M. Blanchard.
12 Ibid., n° 198 du Recueil II, 2. Illustration non autorisée à la diffusion
Mosaïque n° 173 de VInv. (reconstitution d'H. Stern). 7 MOSAÏQUES DE MÉRANDE 71
vigne. Le dessin (fig. 1) représente, dans cette case (I, 5) un calice de fleur à 3 pointes, au
lieu d'une feuille ;
au deuxième rang: 1) un quatre feuilles, à 2 feuilles noires et 2 feuilles polychromes avec de petites
feuilles lobées reliant les feuilles entre elles à mi-hauteur (ce fleuron n'a pas été dessiné avec exactitude
(fig. 1, II, 3) en 1869),
2) un fleuron à 4 feuilles cordiformes se touchant par la pointe, tournées vers le centre du
fleuron ;
au troisième rang: à deux reprises, un calice à 3 pointes ;
au sixième rang: deux fois, un fleuron à bouton central circulaire et 4 pétales lancéolés disposés
en diagonale, avec, dans un cas 4 petites feuilles cordiformes dans les intervalles, dans l'autre cas,
4 petites feuilles lobées.
Ces motifs végétaux sont bien connus, on les retrouve dans la mosaïque Burrus (fig. 5)
et le n° 173 de VInv. à Vienne (fig. 7). On remarque seulement une certaine maladresse
dans l'exécution du même modèle de fleuron, le dessin est gauche et les couleurs monotones.
Le mosaïste a puisé dans le répertoire végétal viennois, mais n'en a donné qu'un échantillon
limité, géométrisé, assez sec. Il n'en va pas de même pour le décor figuré. Les objets et
animaux représentés dans les cases sont plus variés, et manifestent une familiarité plus
grande avec l'essentiel du répertoire viennois. Ainsi, les deux rhytons de la mosaïque
d'Arbin (fig. 1 et 2) sont à rapprocher de ceux qui ornent les cases 3 et 4 du n° 173 de
VInv. (fig. 7), la case 17 du n° 174, la case IV, 1 de la mosaïque Burrus, les cases II, 2 et
IX, 2 du n° 159 de VInv. (pour ces trois dernières mosaïques, nous numérotons en chiffres
romains les rangées horizontales, de haut en bas, et en chiffres arabes, de gauche à droite,
les cases de chaque rangée horizontale).
Le cratère à deux anses existe également dans les mêmes mosaïques viennoises, et aussi dans
le n<> 134 de Lyon {Recueil II, 2) (fig. 2 et 6, fig. 10, b, rang IV, 2).
Le bouclier semi-cylindrique, arme du gladiateur pégnaire (fig. 6 et fig. 2, 2e rangée à partir
du haut), est également représenté dans trois mosaïques viennoises (n° 200 de VInv.), le fragment F 1
d'une mosaïque inédite, non identifiée au Musée de Vienne (fig. 9) où le bouclier se trouve en écoinçon,
et dans une case carrée de la mosaïque Petit, à Saint-Romain-en-Gal13.
La bipenne (fig. 6 et fig. 2, 5e rangée), motif assez rare ailleurs que dans la vallée du Rhône,
se retrouve dans une mosaïque de Riez14, à Vienne (fragment F 4 de la mosaïque non identifiée,
au Musée de Vienne), dans un autre fragment inédit, où elle est associée au trident, dans le n° 159
de VInv., à Lyon (Recueil II, 2, n° 53) et enfin, à Attricourt, dans une mosaïque dont le canevas,
comme le remplissage trahissent une influence rhodanienne (Recueil I, 3, n° 361 a, pi. XLVI).
La syrinx (fig. 6 et fig. 2, 4e rangée) apparaît elle aussi dans une case de la mosaïque Burrus15
en écoinçon dans le caisson 12 du n° 174 de VInv., et à Lyon dans le n° 103 c (Recueil II, 1).
Le dauphin et le canard sont très fréquemment représentés dans les mosaïques viennoises,
13 Cette mosaïque a été publiée par Mme J. Christophe : Nouvelles mosaïques de Vienne (Isère), dans Gallia,
XXV, 1967, p. 100 à 105.
14 Artaud, pi. L et dans la maison des Messii à Vaison-la-Romaine, sur le seuil de la salle au réticulé, voir
l'article de J. Lassus cité supra, p. 47, fig. 14.
15 Ce détail n'est visible que sur la photographie prise en 1936, lors de l'installation de la mosaïque au Musée
lapidaire. Le caisson a disparu pendant la guerre (fig. 5 a, case I, 4 en haut à droite).

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