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Un empoisonnement à Paris : l'empoisonnement du sieur de Vaux (1742) - article ; n°1 ; vol.20, pg 23-36

De
16 pages
Histoire, économie et société - Année 2001 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 23-36
Abstract The historiography of th 19th and 20th centuries was mainly associated with the study of poisonings in the 16th and 17th centuries. Inquiries made in the criminal records of the Châtelet in Paris showed the existence of numerous cases of poisonings in the 18th century. The poisoning of Mr De Vaux is one of those cases. He was a royal officer and had been ill for a long time when he met with a violent death in Paris on Thursday, November 22nd 1742. Did he poison himself after ingesting traditional remedies he used to prepare ? Was he the victim of food poisonning ? Did he die of a real poisoning ? The documents about this criminal case allow no clear conclusion. However, they allow to pièce together the different stages of his death and show the logical principles leading to the ideal culpit, his mistress M.M Gamier. Actually, the analysis of the interrogations of the numerous witnesses of this case, who considered this violent death as the consequence of a poison administrated by a woman, revaels a background of phobias arising froin the revival of an ancestral imaginative world linking poison with the picture of woman. The mistrust of women's nature seems to come from very old fears. In the 18th century, the stereotype of the poisonor involved in those fears seems to have developed separately from the picture of the sorceress it had been associated with a long time, to form a momdel of its own.
Résumé L'historiographie des XIXe et XXe siècles s'est essentiellement attachée à l'étude des empoisonnements des xvr et XVIIe siècles. Des sondages réalisés dans les archives criminelles du Châtelet de Paris ont permis de mettre en évidence l'existence de nombreuses affaires d'empoisonnement au XVIIIe siècle. C'est à ces affaires criminelles qu'appartient l'empoisonnement du sieur de Vaux. Cet officier de la Reine, malade depuis longtemps, mourut violemment à Paris le jeudi 22 novembre de l'année 1742. S'est-il empoisonné lui même après avoir ingéré des remèdes traditionnels qu'il avait l'habitude de se confectionner? A-t-il été victime d'une intoxication alimentaire? A-t-il été victime d'un véritable empoisonnement? L'étude des pièces de ce dossier criminel ne permet pas vraiment de conclure sur ce fait. Elle permet cependant de reconstituer les différentes étapes de sa mort et les logiques de désignation d'un coupable idéal, en la personne de Marie Marguerite Gamier, sa maîtresse. L'analyse des interrogatoires des nombreux témoins de cette affaire qui ont considéré cette mort violente comme la conséquence de l'action d'un poison administré par une femme, révèle en fait, tout un contexte de phobies nées de la réactivation d'un imaginaire ancestral associant le poison à l'image de la femme. La méfiance par rapport à la nature féminine semble apparaître comme le fait de peurs très anciennes. Le stéréotype de l'empoisonneuse qui a participé à ces peurs et qui a été associé pendant longtemps à l'image de la sorcière semble, au XVIIIe siècle, s'en être détaché afin de constituer un modèle à part entière dont il ne serait en fait que le surgeon.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Frédéric Jacquin
Un empoisonnement à Paris : l'empoisonnement du sieur de
Vaux (1742)
In: Histoire, économie et société. 2001, 20e année, n°1. pp. 23-36.
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Jacquin Frédéric. Un empoisonnement à Paris : l'empoisonnement du sieur de Vaux (1742). In: Histoire, économie et société.
2001, 20e année, n°1. pp. 23-36.
doi : 10.3406/hes.2001.2251
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hes_0752-5702_2001_num_20_1_2251Résumé
Résumé L'historiographie des XIXe et XXe siècles s'est essentiellement attachée à l'étude des
empoisonnements des xvr et XVIIe siècles. Des sondages réalisés dans les archives criminelles du
Châtelet de Paris ont permis de mettre en évidence l'existence de nombreuses affaires
d'empoisonnement au XVIIIe siècle. C'est à ces affaires criminelles qu'appartient l'empoisonnement du
sieur de Vaux. Cet officier de la Reine, malade depuis longtemps, mourut violemment à Paris le jeudi 22
novembre de l'année 1742. S'est-il empoisonné lui même après avoir ingéré des remèdes traditionnels
qu'il avait l'habitude de se confectionner? A-t-il été victime d'une intoxication alimentaire? A-t-il été
victime d'un véritable empoisonnement? L'étude des pièces de ce dossier criminel ne permet pas
vraiment de conclure sur ce fait. Elle permet cependant de reconstituer les différentes étapes de sa
mort et les logiques de désignation d'un coupable idéal, en la personne de Marie Marguerite Gamier, sa
maîtresse. L'analyse des interrogatoires des nombreux témoins de cette affaire qui ont considéré cette
mort violente comme la conséquence de l'action d'un poison administré par une femme, révèle en fait,
tout un contexte de phobies nées de la réactivation d'un imaginaire ancestral associant le poison à
l'image de la femme. La méfiance par rapport à la nature féminine semble apparaître comme le fait de
peurs très anciennes. Le stéréotype de l'empoisonneuse qui a participé à ces peurs et qui a été associé
pendant longtemps à l'image de la sorcière semble, au XVIIIe siècle, s'en être détaché afin de
constituer un modèle à part entière dont il ne serait en fait que le surgeon.
Abstract
Abstract The historiography of th 19th and 20th centuries was mainly associated with the study of
poisonings in the 16th and 17th centuries. Inquiries made in the criminal records of the Châtelet in Paris
showed the existence of numerous cases of poisonings in the 18th century. The poisoning of Mr De
Vaux is one of those cases. He was a royal officer and had been ill for a long time when he met with a
violent death in Paris on Thursday, November 22nd 1742. Did he poison himself after ingesting
traditional remedies he used to prepare ? Was he the victim of food poisonning ? Did he die of a real
poisoning ? The documents about this criminal case allow no clear conclusion. However, they allow to
pièce together the different stages of his death and show the logical principles leading to the ideal culpit,
his mistress M.M Gamier. Actually, the analysis of the interrogations of the numerous witnesses of this
case, who considered this violent death as the consequence of a poison administrated by a woman,
revaels a background of phobias arising froin the revival of an ancestral imaginative world linking poison
with the picture of woman. The mistrust of women's nature seems to come from very old fears. In the
18th century, the stereotype of the poisonor involved in those fears seems to have developed
separately from the picture of the sorceress it had been associated with a long time, to form a momdel
of its own.UN EMPOISONNEMENT A PARIS:
L'EMPOISONNEMENT DU SIEUR DE VAUX (1742)
par Frédéric JACQUIN
Résumé
L'historiographie des XIXe et XXe siècles s'est essentiellement attachée à l'étude des empoi
sonnements des xvr et XVIIe siècles. Des sondages réalisés dans les archives criminelles du
Châtelet de Paris ont permis de mettre en évidence l'existence de nombreuses affaires d'empoi
sonnement au XVIIIe siècle. C'est à ces affaires criminelles qu'appartient l'empoisonnement du
sieur de Vaux. Cet officier de la Reine, malade depuis longtemps, mourut violemment à Paris le
jeudi 22 novembre de l'année 1742. S'est-il empoisonné lui même après avoir ingéré des
remèdes traditionnels qu'il avait l'habitude de se confectionner? A-t-il été victime d'une intoxi
cation alimentaire? A-t-il été victime d'un véritable empoisonnement? L'étude des pièces de ce
dossier criminel ne permet pas vraiment de conclure sur ce fait. Elle permet cependant de
reconstituer les différentes étapes de sa mort et les logiques de désignation d'un coupable idéal,
en la personne de Marie Marguerite Gamier, sa maîtresse. L'analyse des interrogatoires des
nombreux témoins de cette affaire qui ont considéré cette mort violente comme la conséquence
de l'action d'un poison administré par une femme, révèle en fait, tout un contexte de phobies
nées de la réactivation d'un imaginaire ancestral associant le poison à l'image de la femme. La
méfiance par rapport à la nature féminine semble apparaître comme le fait de peurs très
anciennes. Le stéréotype de l'empoisonneuse qui a participé à ces peurs et qui a été associé
pendant longtemps à l'image de la sorcière semble, au XVIIIe siècle, s'en être détaché afin de
constituer un modèle à part entière dont il ne serait en fait que le surgeon.
Abstract
The historiography of th 19th and 20th centuries was mainly associated with the study of poi
sonings in the 16th and 17th centuries. Inquiries made in the criminal records of the Châtelet in
Paris showed the existence of numerous cases of poisonings in the 18th century. The poisoning of
Mr De Vaux is one of those cases. He was a royal officer and had been ill for a long time when
he met with a violent death in Paris on Thursday, November 22nd 1742. Did he poison himself
after ingesting traditional remedies he used to prepare ? Was he the victim of food poisonning ?
Did he die of a real poisoning ? The documents about this criminal case allow no clear conclus
ion. However, they allow to pièce together the different stages of his death and show the logical
principles leading to the ideal culpit, his mistress M.M Gamier. Actually, the analysis of the
interrogations of the numerous witnesses of this case, who considered this violent death as the
consequence of a poison administrated by a woman, revaels a background of phobias arising
froin the revival of an ancestral imaginative world linking poison with the picture of woman. The
mistrust of women's nature seems to come from very old fears. In the 18th century, the stereotype
of the poisonor involved in those fears seems to have developed separately from the picture of the
sorceress it had been associated with a long time, to form a momdel of its own.
Au XVIIIe siècle, Paris est le théâtre d'un certain nombre d'empoisonnements. Ils
révèlent l'existence de pratiques criminelles qui sont l'expression paroxystique de ten
sions profondes, de violences occultes et de haines refoulées au sein de la société
HES 2001 (20e année, n° 1) 24 Histoire Économie et Société
parisienne de l'époque. Cependant, qu'ils soient réels, supposés ou imaginaires, ces
empoisonnements sont bien la manifestation de peurs obsessionnelles.
Les sondages réalisés dans les minutes du « Grand Criminel » du Châtelet, à partir
de « la Table alphabétique des noms des accusés jugés en appel au Parlement de Paris
de 1700 à 1790» \ appelée aussi «inventaire 450» ont permis de mettre en évidence
l'existence de procès pour empoisonnement, jugés dans un premier temps dans le res
sort de « la prévôté et vicomte de Paris », puis dans un second temps jugés en appel,
au Parlement de Paris. L'existence, au XVIIIe siècle, de ces multiples affaires d'empoi
sonnement remet en perspective les approches d'un phénomène criminel, réel ou ima
ginaire, peu étudié et peu connu pour cette période, les recherches et la production
historiographique des XIXe et XXe siècles s'étant surtout attachées à l'étude des empoi
sonnements célèbres du XVIe siècle 2 et de la célèbre « Affaire des poisons » 3, considé
rant les «quelques» affaires d'empoisonnements du XVIIF comme des cas isolés, de
peu d'importance par rapport à ceux des deux siècles précédents.
C'est par conséquent, à cet ensemble de dossiers criminels peu connus du
XVIIIe siècle, qu'appartient l'affaire de l'empoisonnement du sieur de Vaux. Celle-ci
est particulièrement intéressante, en raison de la conservation exceptionnelle des
pièces du dossier jugé au Châtelet 4 et de son caractère emblématique. Les différentes d'instruction5 permettent d'appréhender ce crime particulier et de saisir en par
tie les logiques imaginaires qui lui sont inhérentes et qui le structurent.
Chronique d'une mort suspecte
Les faits événementiels de cette affaire sont reconstituables grâce, en particulier,
aux dépositions contenues dans les Informations judiciaires réalisées par le commiss
aire au Châtelet, Jean de Lespinay 6.
Effectivement, les récits enclos dans ces textes rédigés dans le cadre de l'instruction
préparatoire permettent de connaître avec précision les détails des événements qui se
sont produits, puisque l'Information, dont le but est de faire dire à chaque témoin ce
qu'il a vu, entendu et fait, collecte des souvenirs pris, normalement, à la base de l'év
énement. Elle fixe et établit des faits. Cependant, il faut avoir à l'esprit que ce travail
sur les souvenirs et les impressions des spectateurs de l'empoisonnement du sieur de
Vaux repose en grande partie sur des témoignages colportant des faits qui ont pu subir
d'éventuelles déformations de la part des greffiers qui ont mis ces dépositions par écrit.
1. L'original, conservé aux Archives Nationales (AN), X2a. 906 A.
2. En particulier Ed. Barthélémy, La princesse de Condé, Charlotte de la Trémouille, d'après des
lettres inédites conservées dans les archives de Rouen, Paris, 1872; J. Cabanes, «Catherine de Medicis fut-
elle empoisonneuse?», La Revue Historique, Paris, 1904, p. 2849-2855; Ph. Desormeaux, Mémoire sur la
mort d'Henri Bourbon de Condé, Paris, 1808; J. Loiseleur, La mort du second prince de Condé, Paris,
1876; M. Robert, Les empoisonnements criminels au xvř siècle, Lyon, 1903.
3. En particulier J. Loiseleur, Trois énigmes historiques, la Saint Barthélémy, l'Affaire des poisons, le
masque defer, Paris, 1882; M. de Montifaud, Racine et La Voisin, Paris, 1878; L. Nass, Les empoisonne
ments sous Louis XTV, Paris, 1898; G. Mongrédien, L'affaire des poisons, Paris, 1953; J.-C. Petitfils, L'af
faire des poisons: alchimistes et sorciers sous Louis XIV, Paris, 1977; A. Lebigre, «Le Grand siècle des
empoisonneuses», L'Histoire, n° 37, Paris, 1981, p. 44-51 et L'Affaire des Poisons, Bruxelles, 1989.
4. Le dossier de l'empoisonnement du sieur de Vaux conservé aux Archives Nationales porte la côte
suivante: AN, Y. 10098.
5. En particulier: Les informations judiciaires, les interrogatoires d'accusés, les recollements et les
confrontations de témoins.
6. On trouve, dans les minutes du procès, ce nom orthographié aussi sous la forme de Jean de Lespine.
HES 2001 (20e année, n° 1) empoisonnement à Paris 25 Un
Dans le cas de la mort suspecte du sieur de Vaux, trois Informations contenant les
dépositions de dix-sept témoins ont été rédigées et permettent de saisir l'essentiel de
l'affaire: celles des 26 au 28 novembre 1742, celle du 22 janvier 1743 qui contiennent
les dépositions des principaux protagonistes de l'affaire 7, enfin, celle du 15 janvier
1743 qui recueille les analyses de médecins experts8. Quels faits révèlent-elles?
Le jeudi 22 novembre 1742 à six heures du soir, le sieur de Vaux officier de la
Reine meurt dans son appartement «rue de la Tixanderie vis-à-vis celle des mauvais
garçons » 9.
On connaît peu de chose de la vie de cet homme, dont les pièces du procès crimi
nel qui sont conservées ne livrent aucun autre renseignement, si ce n'est qu'il était
malade depuis longtemps. L'autopsie, réalisée le 23 novembre sur son cadavre, révé
lera qu'il avait «le rheim droit atrophié et une descente sans étranglement» 10. On lui
trouva aussi «dans la vessie une pierre de la grosseur d'un petit œuf de poule» n. Soi
gné par le sieur Morand pour des coliques néphrétiques, celui-ci, lors d'une visite en
avril ou en mai 1742, lui aurait dit: «qu'il n'avoit pas un moment à perdre pour lui
faire l'opération, s'il vouloit en réchapper» 12. Mais, réticent face à cet acte chirurgic
al, il se serait lui même «livré à des remèdes de toute nature qu'il composoit et pre-
noit de son chef, ou par le conseil de charlatans, dans la vue de dissoudre la pierre » 13.
À la fin du mois d'octobre, il semble avoir souffert un peu plus intensément qu'à
l'habitude. C'est la raison pour laquelle «il prenoit depuis huit jours» 14 de la «racine
7. Les témoins de l'Information des 26 et 28 novembre 1742 sont les suivants: 1er témoin, Jeanne
Marchai, âgée de trente ans, couturière de profession, demeurant à Paris rue de la Tixanderie; 2e témoin,
Luce Marchai, fille âgée d'environ trente-six ans, domestique chez la dame de Serville, rue de la
Tixanderie; 3e témoin, Maitre François Izabel âge de quarante ans, docteur en médecine, demeurant rue
Guenegault ; 4e demoiselle Elisabeth Françoise Bruant, veuve de Claude de Serville, trésorier de la
marine au port de Rochefort, âgée de soixante ans ; 5e témoin, Le sieur Pierre Granier, huissier chirurgien
juré à Paris, ancien prévôt de sa communauté demeurant place de Grève ; 6e témoin, Marie Marguerite Gar-
nier, femme de Nicolas Durand maître tonnelier à Paris, âgée de trente-huit ans, demeurant rue Saint
Victor; 7e témoin, Anne Mousseaux, fille âgée de trente ans, garde malade demeurant à Saint Germain en
Laye et logée dans l'appartement du sieur de Vaux; 8e témoin, Marguerite Manière, veuve de Nicolas fran-
çois Garnier, maître rôtisseur traiteur à Paris, âgée de soixante ans, demeurant rue de la Calande ; 9e témoin,
Antoine Seigneur, laquais du sieur de Vaux, âge de trente-quatre ans, rue de la Tixanderie; 10e
témoin, Pierre de Saint Paul, principal clerc de maître Delaleu, notaire au Châtelet de Paris, âge de trente
ans, demeurant rue Saint Antoine; 11e témoin auditionné le 28/11/1742, Jean Sereis, premier garçon du
sieur Granier maître chirurgien à Paris, âge de trente-cinq ans demeurant place de Grève; 12e témoin, le Bertrand Demont, juré à Paris, âge de quarante-deux ans, demeurant rue de la Tixanderie.
Le témoin de l'Information du 22 février 1743 est André François Boival, marchand épicier droguiste à
Paris, âgé de trente-huit ans, demeurant rue Saint Victor.
8. Les témoins de l'Information du 15 janvier 1743 sont les suivants: 1er témoin, Élie Coldevillars,
médecin 2e témoin, ordinaire Louis François du Roi et Lehoc, juré au médecin Châtelet ordinaire à Paris, du âgé Roi de et soixante-six juré au Châtelet ans, demeurant de Paris, rue âgé du de Canettier; quarante
ans, demeurant rue du Four; 3e témoin, Antoine René Poulain, maître apoticaire, âgé de quarante-trois ans, rue Michel le Comte ; 4e témoin, Jacques Henerique, âgé de quarante-neuf ans,
demeurant rue Saint Jacques la Boucherie.
9. AN, Y. 10098, Information du 26/11/1742, déposition de Me François Izabel docteur en médecine.
10. AN, Y. du de Pierre Granier chirurgien à Paris.
W.Idem.
12. AN, AD.III, 7, p. 6; Requête à l'intention du lieutenant criminel faite par Marie Marguerite Garn
ier, Marguerite Manière et Nicolas Durand, afin de prouver leur innocence.
13. Idem.
14. AN, Y. 10098, Information du 26/11/1742, déposition de Marie Marguerite Garnier, femme de
Nicolas Durand maistre tonnelier.
HES 2001 (20e année, n° 1) 26 Histoire Économie et Société
d'Enula Campana infusée dans du vin blanc» 15, remède considéré comme «merv
eilleux contre la douleur de la pierre » 16.
C'est dans ce contexte qu'une maladie violente et subite, considérée comme
« extraordinaire » 17 par son entourage, frappe le sieur de Vaux le 3 novembre au petit
matin 18. Elle fait très vite croire à ses proches, en particulier à François Izabel, un ami
médecin, «que ce ne pouvoit estre que l'effet de quelque poison» 19. Il est possible, en
confrontant les dépositions des témoins, de reconstituer les différents stades et l'évo
lution chronologique de cette maladie.
Elle semble tout d'abord coïncider avec un repas pris le 2 novembre, en compag
nie de deux femmes : Marie Marguerite Gamier et Marguerite Manière. La première
est la femme d'un tonnelier parisien: Nicolas Durand. Native de Paris, elle habite rue
Saint Victor et est âgée de trente huit ans au moment des faits 20. Quant à la seconde,
il s'agit de sa mère, la veuve de Nicolas François Garnier, un maître rotiseur-traiteur.
Âgée d'une soixantaine d'années, elle exerce l'activité de courtière en bijoux et réside
rue de la Calande chez une certaine dame Daucy 21.
Au cours de ce dîner, le sieur de Vaux aurait mangé «trois harengs et demy et deux
merlants fritz [...], provenant du sieur Duparc son frère maître d'hôtel de la ville» 22,
ainsi qu'une «souppe grasse avec le reste d'une épaule de veau qu'il avoit entamé la
veille»23. La déposition de Marguerite Manière donne des précisions quant à la nature
et à la quantité de ce que le sieur de Vaux aurait mangé. Elle rapporte, en effet «qu'il
avoit trop mangé la veille, sçavoir une souppe aux herbes, deux merlans fritz, trois
harangts frais et la moitié d'un quatrième» 24. À la suite de ce repas, le sieur de Vaux
semble être, d'après les témoignages de Marie Marguerite Garnier, seule témoin du
dîner avec sa mère, en parfaite santé, puisqu'elle se souvient qu'elle n'a «jamais trouvé
le sieur de Vaux d'une humeur plus charmante ny en meilleure santé que ce jour-là»25.
Cependant, à partir de ce repas, son état se dégrade très rapidement. En effet, le
lendemain matin, son laquais, Antoine Seigneur, qui est originaire d'un village de
Savoie et qui est à son service depuis quinze ans, est le témoin direct des troubles qui
s'emparent de son maître. Le samedy 3 novembre au matin 26, il fut appelé par le sieur
15. Idem.
16. Idem.
17. AN, Y.10098, Information du 26/11/1742, déposition de Pierre de Saint Paul, principal clerc de
maître Delaleu notaire au Châtelet qui rapporte les propos du sieur Izabel, médecin et ami du sieur de
Vaux, à l'issue de sa visite.
18. AN, Y.10098, Information du 26/11/1742, déposition de Pierre de Saint Paul, principal clerc de
maître Delaleu notaire au Châtelet qui rapporte les propos du sieur Izabel, médecin et ami du sieur de
Vaux, à l'issue de sa visite.
19. AN, Y.10098, Information du 26/11/1742, déposition de François Izabel docteur en médecine.
20. AN, Interrogatoire de Marie Marguerite Garnier, du 04/12/1742.
21. AN, Y.10098, de Marguerite Manière, du 04/12/1742.
22. AN, Information du 26/11/1742, déposition de Marie Marguerite Garnier, femme de
Nicolas Durand maistre tonnelier à Paris.
23. Idem.
24. AN, Y.10098, Information du 26/11/1742, déposition de Marguerite Manière, veuve de Nicolas
François Garnier maître rôtisseur traiteur à Paris.
25. AN, Y. 10098, du 26/1 1/1742, déposition de Marie Marguerite Garnier, femme Nicolas
Durand maistre tonnelier à Paris.
26. AN, Y.10098, Interrogatoire d'Antoine Seigneur laquais du sieur de Vaux du 04/12/1742.
HES 2001 (20e année, n° 1) Un empoisonnement à Paris 27
de Vaux «entre cinq et six heures du matin»27, celui-ci «se plaignant qu'il se trouvoit
mal»28. À six heures du matin, il est pris «d'un vomissement considérable et d'un
grand hoquet» 29 qui dure jusqu'à Г arrivée de François Izabel.
Lorsque celui-ci entre chez son ami sur les dix heures et demie du matin, il est le
témoin d'une scène insolite. Il est «surpris de le trouver entre les bras de son laquais
vomissant quantité d'eaux et des matières mousseuses dont un grand bassin étoit déjà
remply»30. Son état lui apparaît comme particulièrement sérieux puisqu'il ne lui trou
ve « presque plus de poulx et le mouvement sistolique du cœur presque suspendu ; les
yeux égarez et la langue sortant avec excès de sa bouche»31. C'est alors qu'il lui fait
administrer un remède « délayé dans une cuillerée de vin » 32 qui eut pour effet de
stopper les vomissements «auquel succéda un hoquet qui dura jusqu'au soir»33.
Du 4 au 17 novembre l'état de santé du sieur de Vaux ne cesse d'empirer. Les
descriptions de «l'état déplorable»34 dans lequel il se trouve, par les médecins qui
l'ont visité, sont à plus d'un titre terrifiantes et horribles.
Le 4 novembre, François Izabel « lui trouva les joues enflées avec une disposition
à saliver»35. Le 5 novembre, «il survint des ulcères considérables tout autour de la
langue et dans le dessous, toutes le gencives se trouvèrent aussi ulcérez avec une sal
ivation abondante et tout le visage enflé» 36. Le 7 novembre, l'état de santé du sieur de
Vaux se dégrade encore un peu plus puisque, victime d'une hémorragie interne, il
«rendit une quantité de caillots de sang par le fondement auquel la gangrenne se
manifesta au dehors de l'anus à l'extérieur des deux fesses»37. Le 10 novembre, les
médecins Astrue et Izabel se rendent au chevet du malade, accompagnés du chirurgien
Pierre Granier et de son premier garçon, Jean Sereis. Là, ils le trouvent au lit. La
déposition de Pierre Granier dresse une description du sieur de Vaux à cette date et
nous permet de constater que son état physique continue de se détériorer. Après lui
avoir examiné la bouche, « il lui avoit trouvé la langue entièrement gonflée, toutes les
gencives tant à la mâchoire supérieure qu'à l'inférieure gangrenées, aussi bien que
toutes les parois des joues, la voûte du palais, la cloison et toute la circonférence de la
langue; que tous les canaux salivaires étoient détruits et laissoient un écoulement
involontaire de salive très abondante et très puante » 38. Afin de soigner la gangrenne,
le chirurgien procède en présence des deux médecins « à des scarifications à la circon
férence de l'anus»39. Cependant, les soins prodigués ne contribuent en rien à amélior
er la santé du sieur de Vaux. Le 1 1 novembre, le chirurgien Pierre Granier, constate
27. AN, Y. 10098, Information du 26/11/1742, déposition d'Antoine Seigneur laquais du sieur de Vaux.
28. Idem.
29. Idem.
30. AN, Y. 10098, Information du 26/11/1742, déposition de François Izabel docteur en médecine.
31. Idem.
32. Idem.
33. Idem.
34. Idem.
35. Idem.
36. Idem.
37. Idem.
38. AN, Y.10098, Information du 26/1 1/1742, déposition de Pierre Granier maître chirurgien.
39. Idem.
HES 2001 (20e année, n° 1) Histoire Économie et Société 28
que son malade a «le fondement gangrené»40 et qu'il rend «des fragments du velouté
ou membres internes du canal intestinal»41 que son laquais recueille avec soin et qu'il
lui présente sur une assiette afin qu'il les examine.
Cependant, il semble que toutes les dépositions s'accordent pour constater que le
17 novembre au matin, le sieur de Vaux, à force des soins qui lui furent prodigués,
semble aller beaucoup mieux. À tel point que François Izabel dit, dans sa déposition,
qu'il «étoit devenu presque sans danger le dix sept de ce mois»42. De même, Antoine
Seigneur observe «qu'il s'est porté beaucoup mieux pendant plusieurs jours»43 et
qu'il était «hors de danger»44. Ce fait est confirmé par la déposition de Jean Sereis
premier garçon du sieur Granier qui atteste «qu'au bout de quelques jours il commen-
çoit à se mieux porter et paroissoit hors de danger»45.
Mais, curieusement, une évolution inverse se produit le 17 novembre dans Г après
midi, puisque le sieur de Vaux est repris «d'un hoquet très long»46 qui ne s'arrêtera
qu'avec sa mort, cinq jours plus tard. À partir de ce moment-là, son état de santé se
détériore irrémédiablement. Confié à la surveillance de sa garde malade, Anne Mous-
seaux, le sieur de Vaux reçoit régulièrement les visites de son amie, Marie Marguerite
Garnier, «qui lui donnoit à boire quand son laquais ou elle même ne le pouvoit pas»47.
Pour le sieur Izabel, «ce nouvel accident»48 ne pouvait être que le résultat d'un
second empoisonnement et «qu'il falloit que quelqu'un lui ait donné quelque drogue
dans ses alimens ou boissons » 49.
Les soupçons du sieur Izabel sont à l'origine de l'autopsie du corps du sieur de
Vaux, le vendredi 23 novembre afin de résoudre la question des causes de sa mort.
«L'ouverture» a été réalisée par le sieur Granier, chirurgien juré à Paris, en présence
des sieurs Astrue et Izabel, sur la demande de son exécuteur testamentaire, Pierre de
Saint Paul qui «donna avis aux sieurs Duparc et Duchet, ses frères, que son dessein
étoit, avant qu'il fut inhumé, d'en faire l'ouverture»50.
Celle-ci fut réalisée «sur les trois heures de l'après midy»51 selon les souvenirs de
Pierre de Saint Paul, ou «sur les quatre de midy»52 selon ceux du sieur
Granier. Mais peu importe. Au cours de l'examen médico-légal, ils confirment que le
sieur de Vaux souffrait bien de la «maladie de la pierre» mais surtout, ils observent
«que tout l'intérieur de la bouche, de l'oesophage, l'intérieur de l'estomach et de tout
40. Idem.
41. Idem.
42. AN, Y. 10098, Information du 26/1 1/1742, déposition du sieur Izabel docteur en médecine.
43. AN, Y.10098, du 26/1 d'Antoine Seigneur laquais du sieur de Vaux.
44. Idem.
45. AN, Y.10098, Information du 28/11/1742, déposition de Jean Sereis, premier garçon du sieur
Granier maître chirurgien.
46. AN, Y.10098, du 26/11/1742, déposition de François Izabel docteur en médecine.
47. AN, Information du 26/1 1/1742, d'Anne Mousseaux, garde malade du sieur de
Vaux.
48. Idem.
49.
50. AN, Y.10098, Information du 26/11/1742, déposition de Pierre de Saint Paul, principal clerc de
maître Delaleu notaire au Châtelet.
51. Idem.
52. AN, Y.10098, Information du 26/11/1742, déposition de Pierre Granier maître chirurgien.
HES 2001 (20e année, n° 1) Un empoisonnement à Paris 29
le canal intestinal étoit dépouillé de sa membrane interne et près à tomber en gangren-
ne; et que c'étoit là, la véritable cause de la mort dudit de Vaux»53. Ils conclurent, à
une mort liée à un empoisonnement, comme nous le rapporte le sieur Granier dans sa
déposition: «cet accident ne pouvoit provenir que par l'effet de quelque médicament
corrosif, comme sublimé corrosif, arsenic, dissolution de mercure et autres » 54 et
«qu'il falloit même qu'il l'eût savouré s'il étoit en liqueur, ou mâchés s'il étoit en
consistance solide » 55.
Une enquête criminelle est alors confiée au commissaire Lespinay. Celle-ci aboutira
à une perquisition dans les affaires d'Antoine Seigneur le jour même de la mort de
son maître. Il y fut trouvé différentes sortes de boîtes, de fioles et de bouteilles « dont
la propriété est inconnue»56 et fit supposer la présence suspecte de poison aux enquêt
eurs. Les analyses réalisées par les médecins experts du Châtelet n'ont cependant
jamais permis de conclure à la toxicité des ingrédients qui se trouvaient à l'intérieur57.
Une semaine après le décès du sieur de Vaux, survint une série d'arrestations.
Marie Marguerite Gamier, Marguerite Manière et Antoine Seigneur sont mis en pri
son le 30 novembre 1742. Le mari de Marie Marguerite Gamier, Nicolas Durand, le
sera deux mois plus tard, le 25 janvier 1743 58. Son arrestation est la conséquence des
révélations faites par l'épicier droguiste André François Boival. Celui-ci, après le
monitoire du 23 décembre 1742, décida, en effet, de témoigner qu'à la fin du mois
d'octobre 1742, il avait vendu de la mort aux rats à Nicolas Durand qui se plaignait
«qu'un diable de rat lui faisoit beaucoup de dommage»59 et «qu'il lui coupoit tout
son osier qui est à la cave » 60.
À la suite de la sentence rendue par le Châtelet le 24 avril 1743, Antoine Seigneur
est relaxé puis libéré. Une peine de «plus ample informé» pour un an frappe les trois
autres accusés qui resteront en prison, faute très certainement de charges suffisantes61.
L'affaire est alors portée en appel au Parlement de Paris. Celui-ci rend un arrêt le
28 mai 1743 qui condamne à une peine de «plus ample informé» pour un an, Marie
Marguerite Gamier et son mari, Nicolas Durand, qui resteront toujours en prison,
alors que Marguerite Manière sous le coup de la même condamnation est libérée 62.
53. Idem.
54. Idem.
55. Idem.
56. AN, Y. 10098, Extrait du procez verbal d'apposition et levée de scellez sur les effets du sieur de
Vaux: «Et s'étant trouvé dans la chambre dudit Seigneur, une petite boete ovalle de bois blanc dans laquelle
sont des paquets de poudre, une petite boete ronde à vis dans laquelle sont huit bolles, un petit pot de fayence
blanche dans lequel est de l'Opiat et deux petites bouteilles de différentes grandeurs dans l'une desquelles
est une liqueur blanche, et dans l'autre une liqueur rouge. Le tout dont la propriété est inconnue».
57. Voir l'information du 15/01/1743 qui recueilles les analyses des médecins et chirurgiens experts au
Châtelet : Élie Coldevillars, Louis François Lehoc, Antoine René Poulain et Jacques Henerique.
58. Les interrogatoires du 04/12/1742 attestent des lieux de détention de chacun des accusés. Marguerit
e Manière fut transférée au Fort l'Évêque, Marguerite Garnier et Antoine Seigneur au Grand Châtelet. La
Requête adressée au lieutenant criminel par les trois accusés et, conservée en AD.III, 7, p. 1-2; nous ren
seigne sur le lieu de détention de Nicolas Durand qui séjourna au petit Châtelet. Ce document précise que
les prisonniers se trouvaient dans « un cachot affreux, privé de tout commerce ».
59. AN, Y.10098, Information du 22/01/1743, déposition d'André François Boival, épicier droguiste à Paris.
60. Idem.
61. Sentence du Châtelet contenue dans le dossier AN, Y.10098 et figurant dans le registre criminel du
Châtelet en AN, Y.10617-10619.
62. Arrêt du Parlement de Paris du 28/05/1743, AN, X2b. 992.
HES 2001 (20e année, n° 1) 30 Histoire Économie et Société
Un second arrêt du Parlement de Paris, en date du 19 juin 1744, rend encore une déci
sion de «plus ample informé» à rencontre des trois accusés, à la différence cette fois
que Marie Marguerite Garnier et son mari sont libérés 63. Cependant, ceux-ci restent à
la merci de la Justice ou de dénonciateurs, les sentences de «plus ample informé»
étant généralement utilisées pour mettre sous étroite surveillance ceux dont la Justice
se méfiait.
Cette affaire se termina vingt ans après, lorsque le Parlement de Paris rendit un
arrêt, le 17 janvier 1763, qui déclara «preferite l'accusation intentée contre Marie
Marguerite Garnier»64.
Le sieur de Vaux s'est-il empoisonné lui même à la suite d'une mauvaise compos
ition de médicaments65? Est-il mort d'une intoxication alimentaire? Ou a-t-il été vic
time d'un acte volontairement mal intentionné66? Il semble qu'on ne le saura jamais,
car il est très aléatoire et risqué, faute d'éléments objectifs et scientifiques réels, de se
livrer, comme l'ont fait pour d'autres affaires les historiens «positivistes» du XIXe
siècle, à un diagnostic médico-légal rétrospectif67.
Cependant, un élément semble ressortir de toutes les dépositions des témoins: le
sieur de Vaux souffrait apparemment de la «maladie de la pierre» et, par peur d'une
intervention chirurgicale, il préféra avoir recours à des remèdes traditionnels qu'il se
composait lui même ou qu'il achetait chez des guérisseurs dont Paris semble regorger
encore au XVIIIe siècle 68. Dans les interrogatoires du 4 décembre 1742, Marguerite
Manière confirme d'ailleurs l'existence de la préparation de médicaments afin de sou
lager le sieur de Vaux de ses coliques néphrétiques. Elle fait référence à une «potion»69
qui aurait été « passée dans un linge » 70 ; sa fille, quant à elle, fait mention de la pré
paration d'infusions71.
Cette question nous semble donc devoir rester sans réponse. Elle ne permet pas, en
tout cas, d'appréhender les logiques et les mécaniques de l'imaginaire qui sont pré
sentes dans les affaires d'empoisonnement du XVIIIe siècle et dont on trouve trace
dans les archives du Châtelet et du Parlement de Paris.
63. Arrêt du Parlement de Paris du 19/06/1743, AN, X2b. 994.
64. Arrêt du de Paris du 17/01/1763, AN, X2b. 1029.
65. Argument avancé par la défense des accusés : Marie Marguerite Garnier, Marie Manière et Nicolas
Durand dans la Requête adressée au lieutenant criminel conservée en AN, AD.III, 7, p. 7 : « Quels mal des
remèdes pris & composés par le sieur Devaux, & du conseil des Charlatans, ne peuvent-ils lui avoir causé ?
N'est-il pas naturel de croire que ce sont ces remèdes mal composés, & pris en trop grande quantité, qui ont
causé au sieur Devaux une mort prématurée, & donné aux symptômes douteux que l'on a trouvé lors de
l'ouverture de son cadavre?».
66. Arguments avancés par les proches du sieur de Vaux, en particulier François Izabel, et ses voisins.
67. Voir en particulier J. Cabanes, Les morts mystérieuses de l'Histoire, Paris, 1901 ; Ph. Desormeaux,
Mémoire sur la mort d'Henri de Bourbon Condé, Paris, 1808; L. Nass, Les empoisonnements sous Louis
XIV, Paris, 1898.
68. Un interrogatoire conservé dans les Archives de la Bastille à la Bibliothèque de l'Arsenal
(mss. 10598, fol.282) témoigne de la présence de guérisseurs à Paris pourchassés par le pouvoir royal. Il
s'agit du cas de Marguerite Bimont, veuve de Joseph, qui fut accusée de «distribuer des eaux, des poudres,
et des drogues suspectes de poison, sous prétexte de médecines dont elle se mesloit». Elle fut embastillée
en 1711.
69. AN, Y.10098, Interrogatoire de Marguerite Manière, du 04/12/1742.
70. Idem.
71. AN, Y.10098, de Marie Marguerite Garnier, du 04/12/1742.
HES 2001 (20e année, n° 1)

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