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Un exemple de sédimentation quaternaire dans les vallées de moyenne importance en domaine paléarctique - article ; n°2 ; vol.9, pg 101-124

De
25 pages
Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Année 1972 - Volume 9 - Numéro 2 - Pages 101-124
L'étude des faunes malacologiques a permis, avec une cartographie détaillée des alluvions quaternaires de la Tille et de la Norges au NE de Dijon, d'établir une série stratigraphique très cohérente. Plusieurs cycles de creusement et de remblaiement en relation avec des climats glaciaires, tardiglaciaires ou interglaciaires ont été mis en évidence et pour chacun d'eux une datation a été proposée (du Würm au Günz). Les vicissitudes climatiques post-würmiennes se retrouvent dans les diverses formations holocènes caractérisées par leur faune de Mollusques. Ce dispositif, reconnu dans les vallées de la Tille et de la Norges, semble pouvoir donner un modèle valable pour l'interprétation d'autres vallées de moyenne importance dans le domaine paléarctique.
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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A Clair
G Doret
Jean Jacques Puisségur
Un exemple de sédimentation quaternaire dans les vallées de
moyenne importance en domaine paléarctique
In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 9 - Numéro 2 - 1972. pp. 101-124.
Résumé
L'étude des faunes malacologiques a permis, avec une cartographie détaillée des alluvions quaternaires de la Tille et de la
Norges au NE de Dijon, d'établir une série stratigraphique très cohérente. Plusieurs cycles de creusement et de remblaiement en
relation avec des climats glaciaires, tardiglaciaires ou interglaciaires ont été mis en évidence et pour chacun d'eux une datation a
été proposée (du Würm au Günz). Les vicissitudes climatiques post-würmiennes se retrouvent dans les diverses formations
holocènes caractérisées par leur faune de Mollusques. Ce dispositif, reconnu dans les vallées de la Tille et de la Norges, semble
pouvoir donner un modèle valable pour l'interprétation d'autres vallées de moyenne importance dans le domaine paléarctique.
Citer ce document / Cite this document :
Clair A, Doret G, Puisségur Jean Jacques. Un exemple de sédimentation quaternaire dans les vallées de moyenne importance
en domaine paléarctique. In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 9 - Numéro 2 - 1972. pp.
101-124.
doi : 10.3406/quate.1972.1196
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quate_0004-5500_1972_num_9_2_1196de l'Association française 1972 - 2. page 101 Bulletin
pour l'étude du Quaternaire.
UN EXEMPLE DE SEDIMENTATION QUATERNAIRE
DANS LES VALLEES DE MOYENNE IMPORTANCE
EN DOMAINE PALEARCTIQUE
Etude stratigraphique et malacologique des alluvions
* de la Tille et de la Norges au N-E de Dijon (Côte-d'Or)
PAR
A. CLAIR1, G. DORET2 et J.J. PUISSEGUR2.
Résumé. — L'étude des faunes malacologiques a permis, avec une cartographie détaillée
des alluvions quaternaires de la Tille et de la Norges au NE de Dijon, d'établir une série
stratigraphique très cohérente.
Plusieurs cycles de creusement et de remblaiement en relation avec des climats
glaciaires, tardiglaciaires ou interglaciaires ont été mis en évidence et pour chacun d'eux
une datation a été proposée (du Wtirm au Giinz). Les vicissitudes climatiques post-
wûrmiennes se retrouvent dans les diverses formations holocènes caractérisées par leur
faune de Mollusques.
Ce dispositif, reconnu dans les vallées de la Tille et de la Norges, semble pouvoir
donner un modèle valable pour l'interprétation d'autres vallées de moyenne importance
dans le domaine paléarctique.
I. — INTRODUCTION.
L'étude du remplissage quaternaire des vallées de la Tille et de la Norges
à une vingtaine de kilomètres au NE de Dijon nous paraît fournir un modèle
assez typique applicable à bon nombre d'autres vallées secondaires du domaine
paléarctique de France et même d'Europe.
L'observation de nombreuses gravières, un levé cartographique détaillé, l'étude
de sondages, nous ont en effet permis de reconnaître plusieurs cycles d'érosion
et d'alluvionnement qu'il est possible de relier aux grands épisodes climatiques
du Quaternaire.
La Norges et la Tille sont deux affluents de moyenne importance de la
Saône (débit d'étiage actuel de la Tille et de la Norges : 1 m3/s, de la Saône :
16 m3/s). Leur bassin amont est implanté dans les plateaux calcaires jurassiques
de la Côte-d'Or (voir carte géologique au 1/80000 Dijon n" 112) et leur vallée
moyenne et aval s'élargit en débouchant dans la dépression bressanne. Notre
étude se situe dans la partie moyenne des plaines alluviales et a été étendue
à la partie amont de la vallée de la Norges ; elle correspond à la zone où la
vallée s'élargit en quittant les plateaux jurassiques pour pénétrer dans la dépres
sion bressanne, là où l'alimentation en graviers a été aisée à partir des calcaires
jurassiques.
* Manuscrit déposé le 27 mars 1972.
1 Institut National de la Recherche Agronomique, C R A Centre-Est, 7, rue Sully, 21-Dijon. 2des sciences de la Terre, Université de Dijon et Laboratoire associé au Centre National de la Recherche Scientifique n° 157, 6, boulevard Gabriel, 21-Dijon. BULLETIN DE L'ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'ÉTUDE DU QUATERNAIRE 102
Dans cette étude, la faune macologique a permis de mieux caractériser
différentes formations alluviales rencontrées dans ces vallées de moyenne impor
tance : tourbes récentes et anciennes, colluvions, limons variés, tufs, lentilles
sableuses..., et de préciser les conditions écologiques et climatiques de leur dépôt.
Elle a permis, en particulier, de comparer (et souvent d'assimiler) des niveaux
présentant des conditions de gisement très différentes, ou, au contraire, de
subdiviser des séries apparemment homogènes.
Pour l'Holocène et le Tardiglaciaire wiirmien, des datations relativement
précises ont été obtenues soit directement par le caractère des associations
malacologiques, soit par comparaison avec des profils voisins. Pour les périodes
plus anciennes, la faune est beaucoup plus rare, sporadique et très mal conservée ;
elle a permis cependant de distinguer plusieurs cycles Interglaciaire-Glaciaire suc
cessifs dans une accumulation de graviers dont la datation ne pouvait s'appuyer
que sur des notions de faciès ou de morphologie.
En raison même de leur fragilité et de leur inaptitude au transport à dis
tance au milieu de matériaux fluvio-glaciaires, les coquilles de Mollusques sont
de valeur très supérieure aux restes de grands mammifères qui peuvent se com
porter comme des galets et contaminer des alluvions variées, d'âge parfois beau
coup plus récent (dragages de la Saône où voisinent dents de Mammouth et
boulets de canon).
II. — SCHEMA D'ENSEMBLE.
A — Hypothèse de départ.
Une glaciation, dans une région du domaine paléarctique non recouverte par
les glaciers, se traduit par un creusement et un remblaiement plus ou moins
complexes.
Dans nos régions soumises à une influence atlantique, les divers stades de la
glaciation se traduisent par un creusement et un remaniement des déblais, et
seul est conservé le dernier remblaiement, celui de la phase finale effectué en
période plus sèche, à la différence de l'Europe centrale où sous un climat plus
continental les dépôts des phases initiales peuvent être conservés. Ceci est très
net pour le Wùrm et se reconnaît aussi dans les dépôts plus anciens.
Les cycles d'alluvionnement glaciaire se terminent par un dépôt argileux
jaune, à faune encore froide tardiglaciaire, conservé en place au sommet des
graviers de chaque série lorsque l'érosion suivante ne l'a pas déblayé.
Les interglaciaires se manifestent aussi par des dépôts argileux à mollus
ques, mais les argiles sont rouges ou brunes et plus ou moins humiques (indice
marqué de pédogénèse) et les Mollusques sont de climat tempéré. Ces argiles,
érodées par la glaciation suivante, ne sont conservées que sous forme de lentilles
transportées en blocs ou sous forme d'accumulation secondaire au sein de graviers ;
nous interprétons ces derniers comme appartenant à la glaciation suivant cet
interglaciaire.
B. — Cycles glaciaires-interglaciaires.
S'il est possible, d'après les Mollusques, d'attribuer une formation à une
période tardiglaciaire ou interglaciaire, il n'est pas possible de dire à quel gla
ciaire ou interglaciaire elle appartient. C'est alors qu'intervient la stratigraphie
qui a permis de distinguer plusieurs cycles successifs de ravinement et de rem
blaiement, et il est possible de mettre chacun d'eux en rapport avec une glacia
tion. Des recoupements permettent d'assurer certaines de ces attributions. SÉDIMENTATION QUATERNAIRE DANS LES VALLÉES EN DOMAINE PALÉARCTIQUE 103
On peut ainsi distinguer, en partant des dépôts les plus récents et au-dessous
de formations holocènes :
1. Un premier épisode de faible amplitude de creusement et d'alluvionnement
en graviers, terminé par des limons jaunes à faune tardiglaciaire. Son attribution
au Wiirm se déduit, d'une part, de sa position superficielle sous des ravinements
datés au C 14 de la période boréale, et d'autre part, de la présence, dans les gra
viers, de silex du Moustérien évolué.
2. Un second ensemble de graviers qui se distinguent des précédents par une
matrice argileuse brun-rouge. Plusieurs arguments nous le font rapporter au
Riss :
a) sa position sous le Wiirm,
b) le fait que la matrice traduit une évolution pédologique avant le dépôt
du Wiirm,
c) la présence de lentilles à faunes interglaciaires incluses dans ces graviers.
Nous rapportons ces à l'interglaciaire précédent.
3. Nous n'avons pas trouvé de graviers que nous puissions attribuer à la
glaciation de Mindel, cependant une lentille tardiglaciaire recoupée par les graviers
rissiens et discordante sur les graviers plus anciens (graviers de la Terrasse de
Beire) pourrait être un témoin de la fin de cette glaciation. En effet, entre le
dépôt de la Terrasse de Beire et le dépôt de lentille tardiglaciaire, un creu
sement très important s'est produit (une vingtaine de mètres) ; c'est ce creuse
ment qui traduirait la glaciation de Mindel car il nous paraît difficile d'en faire
un simple épisode final du système de Beire.
4. Le puissant système de la Terrasse de Beire correspond à la fois au rav
inement le plus profond (jusqu'à plus de 10 m au-dessous de la Tille à Spoy) et
au remblaiement le plus élevé (14 m au-dessus de la Tille à Arceau). Nous le
rapportons au Gûnz pour les raisons suivantes :
a) le creusement, beaucoup plus important que celui des glaciations sui
vantes, est comparable aux ravinements villafranchiens que nous avons récem
ment observés à Cessey-sur-Tille et Chagny.
b) un creusement important le sépare des limons tardiglaciaires sous-jacents
au Riss,
c) sa pédogenèse très marquée en fait un dépôt plus ancien que les précé
dents,
d) les graviers de Beire contiennent des lentilles à faune chaude témoignant
d'un climat interglaciaire immédiatement antérieur aux précédents.
5. A la base des alluvions quaternaires, les limons ocres ou brique reposant
sur le karst jurassique à minerai de fer avec l'association Mastodon borsoni et
M. arvernensis marquant la limite Pliocène-Pléistocène, sont attribués pour cela
au Proto-Villafranchien et indiquent la limite basse de la série graveleuse.
Entre les graviers de la Terrasse de Beire et ces limons de la base du Pleis
tocene peuvent s'intercaler plusieurs cycles d'érosion et d'alluvionnement qui
ont été reconnus à Cessey-sur-Tille et au pied de la Côte, et dont nous n'avons
pas retrouvé trace en amont d'Arceau.
C. — Stratigraphie des dépôts holocenes.
Les alluvions holocènes n'ont pas subi les effets d'un ravinement glaciaire ;
elles sont donc beaucoup mieux conservées. De plus, les sédiments fins qui les BULLETIN DE L'ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'ÉTUDE DU QUATERNAIRE 104
constituent sont très favorables à la conservation des faunes, ce qui permet une
analyse plus détaillée.
Les meilleures coupes se trouvent dans la zone des « varennes », et en parti
culier lorsque celles-ci, à la faveur d'un étranglement de la vallée, ont pu, comme
à Clénay, s'accumuler dans un vaste bassin, sur une épaisseur pouvant dépasser
6 m.
Par recoupement avec d'autres analyses macologiques portant sur toute la
Bourgogne, on peut ici distinguer à partir du sommet :
— un complexe tuffeux supérieur, intercalé d'horizons humiques, contemporain
de la période subatlantique ;
— une inondation et la formation de tourbes (dont il ne reste souvent que
des lentilles) correspondant à la détérioration climatique entre le Subboréal et
le Subatlantique (un peu avant le Premier Age du Fer dans nos régions) ;
— un complexe tuffeux inférieur où l'on distingue plusieurs zones légèrement
humiques. Ces formations sont contemporaines de la fin de l'Atlantique et de
l'ensemble du Subboréal ;
— un complexe tourbeux ancien à faune très riche, d'âge boréal et début
atlantique ;
— une puissante inondation de la vallée reprenant partiellement les graviers
wiirmiens et les déposant dans des chenaux ;
— un niveau d'argile verdâtre, à faune tardiglaciaire, équivalent des limons
jaunes surmontant les graviers wiirmiens.
Il ne semble pas que, pendant l'ère chrétienne, des quantités importantes
de tuf se soient formées dans nos vallées. On trouve par contre des tourbes et
des alluvions récentes ou subactuelles dont les faunes rappellent celles des
ou anciennes, mais qui s'en distinguent par l'absence de certaines
espèces disparues de nos régions et par la présence d'éléments méridionaux.
D. — Grandes catégories cartographiques employées.
Pour la commodité de l'analyse, nous répartirons les alluvions de la Tille et
de la Norges, au NE de Dijon, en trois catégories du point de vue lithologique :
— des sédiments superficiels généralement fins : limons, tufs pulvérulents,
tourbes recouvrant toute la basse plaine alluviale ou comblant partiellement des
chenaux creusés dans les niveaux antérieurs ; ce sont les sédiments holocènes ;
— des graviers plus ou moins argileux, masqués par les
et peu visibles en affleurement. Répartis sur presque toute la basse plaine allu
viale, ils représentent deux débâcles glaciaires ; nous les avons attribués au
Pleistocene supérieur (Riss et Wurm).
— des limons et graviers anciens, masquant souvent le substratum tertiaire
ou secondaire en bordure de la vallée (limons plio-quaternaires) ou formant une
terrasse bien développée en rive gauche de la Tille et que l'on retrouve dans la
vallée de la Norges, entre 8 et 14 m au-dessus de la basse plaine alluviale (Terrasse
de Beire-le-Chatel). Cet ensemble représente une partie du Pleistocene moyen et
inférieur (Mindel ?, Gùnz et plus ancien).
III. — SEDIMENTS HOLOCENES.
Au cours de la cartographie détaillée des alluvions quaternaires de la vallée
de la Tille et de la Norges (cartes au 1/25 000 Mirebeau nos 2, 3, 5 et 6), nous
avons pu reconnaître dans les sédiments holocènes 5 niveaux qui, s'ils étaient SÉDIMENTATION QUATERNAIRE DANS LES VALLÉES EN DOMAINE PALÉARCTIQUE 105
semblables, montraient des conditions de gisement très différentes, ou au contraire,
présentaient un aspect très variable :
— Tourbes subactuelles (Tz) ;
—récentes (FTz) ;
— Alluvions ou subactuelles (Fz) ;
— Varennes (Uy) ;
— Limons (Fy2).
A. — Tourbes subactuelles (Tz).
Ces tourbes sont localisées dans la Prairie de Flacey, au S de Flacey, en
amont d'une digue ancienne barrant le ruisseau de Flacey. De quelques décimètres
d'épaisseur, ces tourbes reposent sur les varennes et se mêlent, dans la partie
amont de la prairie, à des limons ou aux colluvions.
Deux échantillons, de 5 kg chacun, ont été prélevés pour analyse malaco-
logique : l'un dans la partie centrale de la prairie (gisement FI), l'autre en
bordure amont (gisement F2)3. Tous deux ont fourni une faune très riche en
espèces et en individus.
Faune malacologique.
Nombre d'individus Groupes dans chaque échantillon Espèces écologiques F2 FI
Forestier
Acanthinula aculeata Muller 2 1
1 Vertigo pusilla Muller
Aegopinella nitidula Drap. 18 2
24 Clausilia sp. (silv )
Semi-forestier
Discus rotundatus Muller 35
Vitrea crystalhna 4
Cepaea sp. 8 1
Helix pomatia L. 1
Bradybaena fruticum Muller 1 1
Steppique
Caecûioides acicula Muller 1
Hehcella encetorum 1
Terrain découvert
Pupilla muscorum L. 83 325
Vallonia costata Muller 45 100 pulchella 276 135
Vertigo pygmaea Drap. 100 89
Xérophile
Monacha cartusiana Muller 1
Mésophile
Trichia hispida L. 180 138
Punctum pygmaeum Drap. 2 13
Cochlicopa lubnca Muller 77 30 o 0 Oxychilus sp.
Nesovitera hammonis Strom 16 34
Helicigona lapicida L. 1
Limaces
Limax sp. 84 32
3. Les gisements fossilifères sont reportes sur le schema géologique ci-joint et mentionnés sur la
coupe et le tableau des alluvions quaternaires de la Tille. BULLETIN DE L'ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'ÉTUDE DU QUATERNAIRE 106
Nombre d'individus Groupes dans chaque échantillon Espèces écologiques F2 FI
Hygrophile 142 217 Succinea oblonga Drap.
47 8 Vertigo angustior Jeffr.
22 5 Carychium tndendatum Risso
Palustre 240 78 Succinea putns L.
37 Vallonia enniensis Gredler 16
1 1 Vertigo mouhnsiana Dupuy
2 antivertigo Drap. 39
Carychium minimum Muller 21 41
6 2 Zonitoides nitidus
Aquatique
380 39 Valvata cristata Muller
Valvata piscinalis 1
13 12 Anisus leucostomus Millet
Pisidium sp. 3 1
2 3 Armiger crista L.
Bathyomphalus contortus L. 7
Buhmus tentaculatus L. 10 3
3 9 Planorbis planorbis L.
Galba truncatula Muller 22 15
3 palustns
Gyraulus albus Muller 16
1858 1479
Les deux faunes se ressemblent beaucoup. On note cependant les différences
suivantes :
F2 FI
4 espèces forestières dont deux sont — 2 espèces forestières mal représent
assez bien représentées en individus. ées.
4 espèces semi-forestières assez bien — 2 espèces semi-forestières mal repré
représentées. sentées.
Pas d'espèce steppique ni d'espèce — 2 espèces steppiques et 1 espèce
xérophile. xérophile (mal représentées).
27 % de Mollusques de terrain — 44 % de Mollusques de terrain
découvert. découvert.
17,50 % de palustres. — 11 % de palustres.
24 % de Mollusques aquatiques. — 6,50 % de Mollusques aquatiques.
On peut en conclure que, si les deux faunes sont très voisines, ce qui est normal
pour une même formation, la situation de F 2 en amont, là où la vallée est plus
étroite, explique la présence d'espèces forestières et semi-forestières appartenant
aux pentes boisées et recueillies par l'eau. Les limons et les colluvions qui sont
mêlés à la tourbe ont d'ailleurs la même origine. Il est probable qu'ils sont les
véhicules des coquilles elles-mêmes.
L'abondance des Mollusques de terrain découvert en F 1 et les quelques Mol
lusques steppiques sont probablement dus à la culture de cette partie plus large
de la vallée. Le faible pourcentage des Mollusques aquatiques vient d'un drainage
(artificiel) meilleur.
Les espèces extraites de ces deux échantillons sont celles que l'on peut trouver
dans toutes les formations analogues actuelles de la région. Aucune ne donne le
moindre caractère d'ancienneté, ce qui est confirmé par le caractère historique
de la digue. SEDIMENTATION QUATERNAIRE DANS LES VALLÉES EN DOMAINE PALÉARCTIQUE 107
B. — Tourbes récentes (FTz).
La partie occidentale de la basse plaine alluviale de la Tille, entre Beire-le-
Chatel et Arceau, est recouverte par des tourbes noires plus élaborées que les
tourbes subactuelles de la prairie de Flacey. Ces tourbes forment la partie nord
de l'ancien marais des Tilles dont le drainage ne s'est achevé qu'au XIXe siècle
(E. Chaput, 1924).
Souvent peu épaisses et pouvant passer latéralement à des niveaux plus limo
neux, ces tourbes reposent sur les graviers wurmiens ou sur les varennes, mais se
sont souvent déposées dans des chenaux érodant les graviers.
La faune malacologique du prélèvement effectué Derrière Roche, à 1,500 km
au N-W d'Arceau est assez différente de celle des prélèvements F 1 et F 2. Pour un
même poids d'échantillon (5 kg), ce prélèvement F 3 a fourni 471 coquilles appar
tenant à 20 espèces :
Semi-forestier
Vitraea crystalhna Muller 9
Bradybaena fruttcum 1
Terrain découvert
Valloma pulchella Mullfr 30
Vertigo pygmaea Drap. 30
Mésophile
Tnchia hispida L. 9
Cichhcopa lubnca Muller 25
Nesovitrea hammonis Strom 1
Limaces
Limax sp. 2
Hygrophile
Succinea oblonga Drap. 83
Vertigo angustior Jeff. 1
Carychium tndentatum Risso 4
Palustre
Succinea putns L. 168
Valloma enniensis Gredler 35
Carychium minimum Muller 31
Aquatique
Va'vata cnstata Muller 3
Anisus leucostomus Millet 1
Pisidium sp. 4
Buhmus tentaculatus L 11
Galba truncatula Muller 22 palustns 1
471
Le groupe des Mollusques palustres, à lui seul, compte 50 % du total des
individus. Le nombre des Mollusques aquatiques est faible : 9 %. Il s'agit d'une
association vivant sur un sol imbibé mais non recouvert d'eau, sauf peut-être en
saison très humide. La tourbe qui contient ces mollusques est d'ailleurs plus
épaisse et beaucoup plus pure que celles de F 1 et F 2 où la fraction argileuse est
importante et le résidu tuffeux calcaire assez abondant. Cette formation s'est
édifiée sur place, sans grand apport par ruissellement.
Il n'y a pas d'espèces « froides ». Mais le petit nombre des espèces et le fait
que la plupart d'entre elles pourraient figurer dans une association interstadiaire,
sont le signe d'un climat moins favorable que le climat actuel. La partie inté
rieure de ces tourbes pourrait correspondre à la détérioration climatique du
Premier Age du Fer. BULLETIN DE L'ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'ÉTUDE DU QUATERNAIRE 108
C. — Alluvions récentes et subactuelles (Fz).
Contrairement aux tourbes décrites précédemment qui forment des placages
superficiels, sans érosion importante des sédiments plus anciens, les alluvions
récentes et subactuelles sont nettement encaissées dans les dépôts de la base de
l'Holocène ou les graviers wiirmiens. Elles forment le lit majeur des rivières et
se situent à 1 ou 2 m au-dessous de la basse plaine alluviale.
Ce sont des limons généralement très humiques, gris ou gris-noir, à passées plus
limoneuses beiges et à niveaux lenticulaires finement sableux ; ils ont en moyenne
1 à 2 m d'épaisseur.
Cinq prélèvements ont été effectués pour l'étude de la faune malacologique :
— prélèvement F 4 (à 0,20 m de profondeur) à 700 m au NNW de Lux,
—F 5 (à —0,20 m), F 6 (à —1,50 m) et F 7 (à —2,20 m), à
750 m au NNW de Lux,
— prélèvement F 8 (à — 1 m), à 850 m au SSW de Lux.
Description des échantillons :
— F 4 ( 5 kg) : humique, légèrement tourbeux,
— F 5 (10 kg) :
— F 6 (10 kg) : argilo-humique,
— F 7 ( 5 kg) : argilo-sableux avec tuf pulvérulent,
— F 8 ( 5 kg) : finement sableux. Quelques débris végétaux.
Faune malacologique.
F4 F5 F6 F7 F8
Forestier
Clausilia bidentata Strom
Semi-forestier
Discus rotundatus Muller 1 2 1 2
Vitrea crystallina 3 5 3 2
Pomatias elegans Muller 1
Cepaea sp. 1
Helix pomatia L. 1
Steppique
Caecilhoides acicula Muller 11 1 115 33 1
Helicella sp. 7 19 135 22 7
Terrain découvert
Vallonia cost at a Muller 111 950 94 77 16 pulchella 333 178 27 33 73
Pupilla muscorum L. 174 654 113 43 3
Vertigo pygmaea Drap. 36 39 7 5 1
Truncatellina cylindrica Fer. 205 4 2
Mésophile
Cochlicopa lubrica Muller 50 25 4 15 20
Euconulus fulvus 1 1
Punctum pygmaeum Drap. 2 3 1
Nesovitrea hammonis Strom 1 1 1
Oxychilus sp. 1
Trichia hispida L. 1020 300 48 19 41
Abida secale Drap. 1 1
Limaces
Limax sp. 4 9 16 3 2
Hygrophile
Carychium tridentatum Risso 1 2 1
Succinea oblonga Drap. 102 63 11 2 23 QUATERNAIRE DANS LES VALLÉES EN DOMAINE PALÉARCTIQUE 109 SÉDIMENTATION
F4 F5 F6 F7 F8
Palustre
Vallonia enniensis Gredler 1
4 7 Carychmm minimum Muller 6
Zonitoides nitidus 1 1 7
1 Vertigo antivertigo Drap.
Succinea putns L. 12 3 25
Aquatique
Pisidium sp. 4 1 8 45
4 24 Valvata piscinahs Muller 1 6 1
Vàlvata cnstata 1 4 2 9 37
Bythinella vindis Poiret 2 5 11
Radix ovata Drap. 8 13 117
Galba truncatula Muller 1 4 1 18
Buhmus tentaculatus L. 3 4 2 10 22
21 Gyraulus laevis Alder
Planorbis carinatus Muller 3 23 1 8
Armiger crisia L. 1 1 1 2 11
Anisus leucostomus Millet 3 1 2 11
Gyraulus albus Muller 2 13 2 2 16
Bathyomphalus contortus L. 2
Ancylus fluviatilis Muller 1 9
Belgrandia marginata Michaud 6
Galba palustns Muller 1
1145 3 246 593 340 603
Les faunes de F 4 et de F 5, recueillies à la même profondeur dans des maté
riaux très semblables, sont à peu près identiques :
— absence du groupe forestier et très faible pourcentage du groupe semi-
forestier,
— très peu de Mollusques steppiques,
— grande majorité pour le groupe de terrain découvert : 57 et 62 %,
— petit nombre de Mollusques palustres,
— beaucoup d'espèces aquatiques (7 et 12), mais très mal représentées en indi
vidus (1 et 1,70 %).
C'est le cas typique d'un sol qui s'est édifié grâce aux limons de débordement.
Pendant presque toute l'année, le terrain était exondé et cultivé. Une ou deux fois
par an au maximum la rivière en crue sortait de son lit, charriant avec du limon
des coquilles aquatiques variées, mais peu nombreuses et non classées. La pro
fondeur du lit de la rivière et probablement les fossés de drainage empêchaient
l'eau de séjourner sur le terrain après la crue : ceci est attesté par le nombre
infime de Mollusques palustres : 1,15 et 0,15 %. Dans les deux cas, il s'agit
d'alluvions subactuelles.
La faune de F 6, bien que moins riche, est comparable aux deux précédentes ;
la seule différence sérieuse est le fort pourcentage des Mollusques steppiques
(42 %); il indique un climat beaucoup plus sec dans son ensemble; mais cela
n'exclut pas quelques inondations (8 espèces de Mollusques aquatiques).
Bien qu'elle ait été recueillie à 1,50 m de profondeur, cette faune est encore
récente : on compte de nombreuses Caecilioides acicula qui, dans notre région,
n'apparaissent guère avant l'époque gallo-romaine. D'ailleurs, dans les résidus de
lavage, quelques fragments de poterie gallo-romaine ont été trouvés.
Avec la faune de F 7, on constate un changement plus important : les espèces
aquatiques sont assez bien représentées : 19 % du total des individus ; il ne s'agit
donc plus d'inondations occasionnelles, mais, comme l'indique la nature du sédi-