Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Vingt-cinq ans après : le complexe moustérien revisité - article ; n°3 ; vol.78, pg 77-87

De
12 pages
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1981 - Volume 78 - Numéro 3 - Pages 77-87
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Voir plus Voir moins

François Bordes
Vingt-cinq ans après : le complexe moustérien revisité
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1981, tome 78, N. 3. pp. 77-87.
Citer ce document / Cite this document :
Bordes François. Vingt-cinq ans après : le complexe moustérien revisité. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1981,
tome 78, N. 3. pp. 77-87.
doi : 10.3406/bspf.1981.5336
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1981_num_78_3_5336:
:
Bulletin de la SOCIÉTÉ
PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1981/TOME 78/3
V îngt-cmq ans après :
le complexe moustérien revisité
par F. Bordes
- You see, I went on with this research just the way it led me. That is the only way I ever heard of research going.
I asked a question, devised some method of getting an answer, and got — a fresh question... »
H.G. Wells : The island of Dr M or eau.
Entre 1947 et 1955, seul d'abord, puis avec la 25 à 30 ans plus tard, il convient, à la lumière de
collaboration de Maurice Bourgon, puis seul à nou l'expérience acquise et des nouvelles découvertes, de
veau après sa disparition prématurée, j'ai essayé, jeter à nouveau un coup d'oeil sur la question. Dans
utilisant une méthode statistique que j'avais mise au son ensemble, la classification a bien supporté
point, de mettre quelque ordre dans le fatras appelé l'épreuve du temps, surtout en ce qui concerne le
Moustérien. J'obtins ainsi 4 ou 5 groupes d'industries, Sud-Ouest de la France. Il semble cependant que j'ai
caractérisées par leurs indices et leurs diagrammes été trop timide, et qu'il y ait plus de cinq groupes
cumulatifs, groupes qui étaient 1° le Moustérien de différents de Moustérien. La notion de Moustérien
tradition acheuléenne (types A et B). défini d'après est d'ailleurs difficile à cerner, spatialement et tem-
les riches couches du Pech de l'Azé I ; 2° le Moustér porellement (6).
ien typique, d'après les couches В et J du Moustier
(fouilles Peyrony) ; 3° le Moustérien à denticulés
(couche 4 В du Pech de l'Azé II) ; 4° le Moustérien SUD-OUEST DE LA FRANCE
type Quina et le Moustérien type Ferrassie. Ces r
echerches donnèrent lieu à une publication commune
Moustérien de tradition acheuléenne en 1951 (1). puis après la mort de Maurice Bourgon
à une seconde publication en 1953 (2). Fondée e
ssentiellement sur les industries du Périgord. cette En ce qui le concerne, il y a relativement peu de classification fut étendue au bassin de la Seine (3). nouveau. C'est toujours le plus inventif des Mousté-
puis, peut-être un peu imprudemment, à diverses riens, celui qui comporte le plus de types d'outils. industries de l'Ancien Monde (4. 5). Jusqu'à présent, partout où on les a trouvés en super
position, le type B. à rares bifaces. rares racloirs. ( I) BORDES F. et BOURGON M. — Le complexe moustérien. L'Anthro nombreux couteaux à dos. se trouve au-dessus du pologie, t. 55. p. 1-23. • 195 1.
type A. avec parfois des couches de transition (type (2) BORDES F. — Essai de classification des industries moustériennes.
Bull. Soc. Préhist. Fr. p. 457-466. 1953. AB) comme au Pech de l'Azé I. Le type A a de plus
(3) BORDES F. — Les limons quaternaires du bassin de la Seine. nombreux bifaces. un pourcentage parfois assez fort Archives de l'Institut de Paléontologie Humaine, mémoire n" 26. 472 p.. de racloirs (surtout dans les sites de plein air), de 173 fig.. Masson. Paris. 1953.
plus rares couteaux à dos. surtout sur éclats, alors (4) BORDES F. — Le Paléolithique inférieur et moyen de Jabrud (Syrie)
et la question du Pré-Aurignacien. L'Anthropologie, t. 59. p. 4X6-507.
1955. (6) BORDES F. — Time and space limits of the Moustérien. In Stone
(5) BORDES F. — L'industrie moustérienne de Techik-Tach. Affinités tools as cultural markers. Australian Institute of Aboriginal Studies. Can
et âge probable. L'Anthropologie, t. 59. p. 354-356. 1955. berra 1977. p. 37-39. :
:
78
et se trouve (type A) au sommet du Wurm I à Combe- qu'ils tendent à s'allonger dans le type B. Cependant
au Pech de l'Azé IV, la couche F 4, qui appartient au Capelle-Bas (10) comme au Moustier. Ailleurs, il se
développe surtout pendant le Wiirm II, principaletype A par sa position stratigraphique (sous le type
ment sous la forme B. Il est en position terminale B), son indice de racloirs (24,3), la faible impor
tance des couteaux à dos (1,4 %) possède peu de dans la longue série de Combe-Grenal.
bifaces (IB = 1,7). Cette rareté des bifaces, et des Ses relations avec le Micoquien ne sont pas clai
éclats de fabrication, peut dans ce cas s'expliquer res. A la Micoque, le se trouve dans la
par une probable contemporanéité de cette couche F phase II du Wiirm I. C'est là une industrie de type 4 avec la couche 4 du Pech de l'Azé I, située à non-Levallois, mais selon la seule série fiable (série environ 60 m (IB : 5,8 à 15 selon les endroits) il y Peyrony, Musée des Eyzies, environ 700 pièces), avait peut-être à ce moment-là une certaine spéciali elle donne un diagramme cumulatif voisin de celui
sation des deux sites (7). du MTA (type A) en ce qui concerne les outils sur
La superposition des types A et В a été observée éclats. Les bifaces, au contraire, sont nettement dif
dans divers gisements, en particulier au Pech de férents, encore qu'il se rencontre parfois quelques
l'Azé I, au Pech de l'Azé IV et au Moustier. Ce dernier bifaces de type micoquien dans le MTA. Les rela
tions du Micoquien de la Micoque et du Micoquien gisement, fouillé anciennement par D. Peyrony, pose
quelques problèmes. La transition entre les types A et allemand ( 1 1) sont également peu claires : s'il y a de
В se fait, aux Pech de l'Azé I et IV, au début du Wurm grandes similitudes en ce qui concerne les bifaces,
II ; elle semble se faire au Moustier entre la fin du l'outillage sur éclats du gisement allemand est pauvre
Wurm I et le début du Wurrn II. En effet la couche G et peu nombreux, à l'inverse de ce qui se rencontre à
(type A) porte un sol qui est sans aucun doute celui de la Micoque.
Г interstade Wùrm I/Wiirm II (8). La couche H (type B) Le Moustérien de tradition acheuléenne existe appartient au début du Wurm II, et semble donc sous faciès Levallois (Le Moustier) ou non-Levallois comtemporaine avec le type A au Pech de l'Azé I. (Pech de l'Azé I et IV). Le fait que nous ignorons Mais, telle qu'elle est représentée au Musée des Eyzies, pratiquement les industries du dernier interglaciaire elle correspond à 1,10 m de couche (14). Il est donc fait qu'il est difficile de connaître les rapports du tout à fait possible que la base soit encore de type A. MTA, voire du Micoquien de la Micoque, avec Seules de nouvelles fouilles permettraient de trancher l'Acheuléen supérieur. A l'autre bout de la sla question. équence, le MTA (type B) semble un candidat vra
A noter dans certains Moustériens de tradition isemblable pour l'origine du Périgordien ancien.
acheuléenne de type A la présence de racloirs de type
Quina. Presque inexistants au Pech I, ils sont relat 2° Le Moustérien type Quina
ivement nombreux au Pech IV (Indice Quina de 6,4).
Ils sont également présents dans le site de plein air du
II se caractérise par une grande richesse en racloirs Dau, près de Sarlat (communication J.-Ph. Rigaud).
(50 à 80 %), l'absence de couteaux à dos, la très Ils existent d'ailleurs déjà dans l'Acheuléen.
faible importance de vrais bifaces qui, quand ils La couche F du Moustier, située sous G, pose existent, sont spéciaux, piriformes ou nucléiformes, également un problème : elle a peu de racloirs (IR = et par une grande monotonie typologique. Les ra9,7), est riche en denticulés (29,2 %), et pourrait cloirs transversaux sont nombreux, ce qui est sans donc passer pour du Moustérien à denticulés ; mais doute lié au débitage en éclats courts. Il existe des son IB est de 4,1, et il existe des couteaux à dos types de racloirs qui sont rares ou absents ailleurs, typiques (1,2 %) et atypiques (0,8 %) qui la ratt épais, à retouche écailleuse scalariforme (racloirs acheraient plutôt au MTA. Mais là aussi il s'agit de Quina) ou à retouche bifaciale piano-convexe (Hafouilles anciennes et il est possible qu'il y ait là le choirs et haches d'Henri Martin) (12). Les denticulés résultat de la contamination d'une couche de Moust jouent un rôle effacé. Des travaux récents (13) indiérien à denticulés par la base de la couche G. Il quent une évolution cyclique possible industrie faudrait de nouvelles fouilles. d'abord relativement riche en denticulés, puis pauvre,
Chronologiquement, le Moustérien de tradition puis à nouveau relativement riche, vers la fin. Le
acheuléenne semble apparaître dans le Sud-Ouest dès
le Wiirm I ancien dans certains sites de plein air (9) (10) TEXIER J.-P. — Étude sédimentologique des dépôts de pente de la
vallée de la Couze (Dordogne). Thèse 3e cycle, ronéotée, Université de Bor
deaux. 1968. 189 p. (7) BORDES F. — Typological variability in Mousterian layers at Pech (11) WETZEL R. et BOSINSKI G. — Die Bocksteinschmiede im Lonetal. de l'Azé I. II and IV. Journal of Anthropological Research, vol 34. n" 2, Muller et Graff. 2 vol. 230 p.. 166 pi. Stuttgart. 1969. p. 181-193. 1978.
(12) HENRI Martin Dr. — Recherches sur l'évolution du Moustérien dans le (8) Laville H. — Climatologie et chronologie du Paléolithique en gisement de la Quina. vol. 2, Angoulème. 1923, 146 p. Périgord. Études quaternaires. 4. Université de Provence, 422 p.. 1975.
(9) TEXIER J.-P. — Les formations superficielles du bassin de l'Isle. (13) LE TENSORER J.-M. — Le Moustérien type Quina et son évolution
Cahiers du Quaternaire, Centre de publication de Bordeaux. C.N.R.S.. dans le Sud de la France. Bull. Soc. Préhist. Fr. C.R.S. M., p. 14 1- 149,
(sous presse). 1978. :
:
79
débitage est non-Levallois, dit « clactonien ». à dant, la limite inférieure de variation du type Quina-
éclats larges à talon incliné, ou « en tranches de Ferrassie. Pas de couteaux à dos (ou peu ?), pas de
saucisson », mais il peut exister des éclats Levallois bifaces de façon certaine il en existe dans la couche
sporadiques de bonne qualité. J du Moustier (IB = 0,7) ainsi que des couteaux à
dos (0,6 % typiques, 1,4 % atypiques), mais au Il apparaît dans le Wùrm I à Combe-Capelle-Bas
cours de rectifications de coupes effectuées d'abord par d'après les séries conservées au Musée des Eyzies
E. Bonifay et moi-même, puis plus tard par H. Laville (fouilles Ami) (10), mais semble surtout fréquent dans
et J.-Ph. Rigaud, il est apparu que la « couche J » de le Wùrm II (à Combe-Grenal par exemple). Il existait à
Peyrony recouvrait probablement au moins 3 couches l'abri du haut du Moustier (abri classique) au-dessus du
distinctes dont une pourrait être, peut-être, du MoustérMoustérien de tradition acheuléenne.
ien de tradition acheuléenne. Malheureusement les
3° Le Moustérien type Ferrassie pièces trouvées lors de ces rectifications ne sont pas
caractéristiques. Enfin, le Moustérien typique a sou
Défini avec M. Bourgon selon les collections de la vent un indice Quina nul, en tout cas jamais supé
Ferrassie (couche C, fouilles Capitan et Peyrony). rieur à 6.
L'indice de racloirs est analogue à celui du Moustér La forme à indice de racloirs moyen est connue ien type Quina, mais avec nettement moins de ra sous faciès Levallois ou non-Levallois. Au Moustier,
cloirs type Quina (IQ de 6 à 12, au lieu de 15 à 30) la couche B, Levallois, se place dans la phase II du
et de racloirs transversaux, ce qui donne un aspect Wùrm I (8), tandis qu'au Pech de l'Azé II, dans la plus arrondi au diagramme cumulatif. C'est proba même phase, se place la couche 4 C2, non-Levallois. blement une conséquence du débitage Levallois : il Dans le dernier site, plus haut, dans la phase III du est difficile de faire des racloirs épais dans des éclats Wùrm I on trouve un Moustérien typique à débitage
Levallois minces, et des transversaux dans Levallois. A Combe-Grenal, cette forme se trouve, des éclats Levallois allongés. Je me suis demandé au sous faciès non-Levallois, dans les couches 40, 39 et
début si ce type avait une existence réelle ; les fouilles 37, et sous faciès Levallois dans la couche 42. Au
de la Ferrassie étant anciennes, il y avait possibilité Wùrm II, elle existe au Moustier (couche J). d'un enrichissement en racloirs, par tri, d'un Moustér
La forme à indice de racloirs relativement haut ien typique. Mais depuis j'ai retrouvé une industrie
existe dans le Wùrm I à Combe-Grenal (couches 54, analogue dans la couche X (= 35) de Combe-Grenal.
52, 50, 50A et 36) avec des indices de racloirs entre Aujourd'hui, j'ai tendance à considérer le Moustérien 48 et 58. Elle se rencontre aussi dans le Wùrm II à type Ferrassie comme le faciès Levallois du
Combe-Grenal (couches 31, 30, 29, 28, 7) avec un type Quina, mais il est parfois difficile à distinguer du
indice de racloirs variant entre 50 et exceptionnelleMoustérien typique, variété riche en racloirs. Cepend
ment 6 1 (dans ce dernier cas il y a peut-être contaminant, chez ce dernier, l'indice Quina est nul ou faible.
ation par une couche de type Ferrassie immédiatement Le Moustérien type Ferrassie semble apparaître dans sus-jacente). Au Pech de l'Azé IV, le Moustérien le Wiirm I à Combe-Capelle-Bas. Il existe dans le typique à haut indice de racloirs existe dans le Wùrm I, Wurm II à Combe-Grenal. sous faciès Levallois, avec un indice de racloirs allant
de 41 à 65. Il y a donc parfois recouvrement avec la 4° Le Moustérien à denticulés
zone des indices de racloirs des types Quina-Ferrassie,
mais l'indice Quina est généralement nul, parfois de C'est la Cendrillon des Moustériens peu de ra
l'ordre de 2 ou 3, exceptionnellement 6. Ce type, à cloirs, souvent très médiocres, pas de vrais couteaux
haut indice de racloirs, existe aussi en France du à dos, quelques rares bifaces nucléiformes, un grand
Sud-Est (15). nombre d'encoches et de denticulés. Il peut être de
débitage non-Levallois (souvent) ou Levallois (plus 6° L' Asinipodien rarement). Il apparaît au début du Wiirm I (phase II
au Pech de l'Azé II) et semble fréquent dans le
Wiirm II (Combe-Grenal, où il apparaît, sous forme C'est un curieux faciès qui pour le moment n'est
connu qu'au Pech de l'Azé IV, dans le Wùrm I Levallois, vers la fin du Wiirm I).
(phase II probablement) dans les couches J3a-J3c, sur
5° Le Moustérien typique 30 cm d'épaisseur environ. C'est une riche industrie
avec très peu de racloirs, médiocres, des encoches, peu
II fut défini d'après les couches В et J du Moustier de denticulés, beaucoup de couteaux à dos naturel (pas
(fouilles Peyrony) (14). Mais il est assez variable et à dos abattu) et une grande quantité d'éclats Levallois
présente deux faciès nets, typologiquement. l'un souvent minuscules, tirés de nucleus Levallois dimin
avec un indice de racloirs moyen, l'autre avec un utifs. Il existe également des éclats Kombewa de
fort indice de racloirs. qui atteint, rarement cepen-
(15) LL'MLEY H. de — Le Paléolithique inférieur et moyen du midi
( 14) PEYRONY D. — Le Moustier. ses gisements, ses industries, ses méditerranéen dans son cadre géologique (V1' supplément). Gallia-
couches géologiques. Revue Anthropologique. 1930. Préhisioire. 2 vol.. 462 p. + 443 p.. 1969. 80
très petite taille (16). L'étude de cette couche n'est y avait 519 outils en comptant les outils Levallois
non retouchés (nos 1 à 3), il n'y avait que 62 éclats et pas encore achevée, et il est possible que vers le
1 1 lames non-Levallois, et seulement 5 nucleus. Une fond de l'abri elle soit plus riche en racloirs de
partie de la collection vient des récoltes des ouvriers, meilleure qualité, mais la séparation stratigraphique
avec le Moustérien typique qui l'encadre en dessus et et a sans doute été enrichie en outils, mais dans la
en dessous est très délicate. partie que j'ai récoltée moi-même, les proportions
étaient à peu près les mêmes. L'indice Levallois est 7° Le Vasconien donc de 80. Ce très haut indice Levallois, technique
ment impossible, le petit nombre des éclats et nucleus,
II se rencontre en Pays basque, à l'abri Olha et font penser que le site lui-même n'était pas un lieu ailleurs, et est caractérisé par des hachereaux sur de débitage, et que ce débitage se faisait en dehors éclats. de la zone atteinte par la carrière, peut-être d'ailleurs
à quelques mètres seulement de là. Dans ce cas
aussi, l'attribution au Moustérien typique est fragile. NORD-OUEST DE LA FRANCE
Le faible indice de bifaces est étonnant pour une
industrie venant de la base du loess I. Dans ma thèse (3) j'avais étudié un certain nombre
de sites que j'avais attribués, sous un faciès Leval- L'industrie provenant de la carrière Évreux II a été
loisien (Débitage Levallois et fort indice Levallois attribuée au Moustérien à denticulés. Avec un indice
typologique) aux différents types de Moustériens du de racloirs essentiel de 6.44 seulement, et un pour
Sud-Ouest, Quina et Ferrassie exceptés. Il me semble centage de denticulés de 35,5 %, l'attribution me
paraît toujours valable, bien que ce soit le seul cas aujourd'hui que certaines de ces attributions seraient
peut-être à réviser ou tout au moins à nuancer. de Moustérien de ce type rencontré dans le bassin de
Paris, à ma connaissance. A signaler cependant la Le Moustérien de tradition acheuléenne est bien présence d'un biface et d'un couteau à dos atypique représenté à la base du loess récent I, et parfois plus
sur 210 outils (62 en compte essentiel). haut. Commont (17) en a décrit de nombreux sites
dans la région de la Somme, et A. Tuffreau en a Le gisement de Goderville (Seine-Maritime) pré
récemment publié des exemples (18, 19). À la base sente un cas un peu particulier : il a donné, à la base
du loess récent I, il comporte souvent de beaux bifa- du loess récent III, une curieuse industrie. Des r
ces triangulaires plats. À la base du loess récent II se echerches postérieures de J. de Heinzelin (20) n'ont
placent divers sites dont l'attribution est moins nette. pas retrouvé cette industrie, ce qui a entraîné quel
J'en avais attribué certains au Moustérien typique, ques discussions sur sa position stratigraphique (21).
car ils ne comportaient pas de bifaces nettement a Pour ma part, je suis toujours convaincu qu'elle se
ssociés avec eux. La série claire de Houppeville (3) trouvait bien à la base du loess III. J'ai publié cette
comporte un biface, mais qui n'a pas été trouvé dans industrie, en 1953, en deux séries. En effet, certains
le gisement même, bien qu'il vienne très probable des objets portaient un lustré net, d'autres au
ment de la même surface à la base du loess récent II. contraire étaient mats. Malheureusement ces der
Mais le pourcentage de couteaux à dos typiques et niers, qui comprenaient un Châtelperron typique,
atypiques (sans compter ceux à dos naturel) est bien étaient rares (43 outils en compte essentiel). Comme
trop fort (10,8 %) pour que cette industrie soit du il semblait qu'il y avait une évolution typologique
Moustérien typique dans le sens du Sud-Ouest de la entre les deux séries, dans la mesure où on peut
France. À la carrière Bervialle I, à Villejuif (3), déterminer une évolution sur si peu d'outils, j'avais
l'indice de bifaces est de 2,2, ainsi que celui de fait l'hypothèse que la série mate était légèrement
couteaux à dos. La série, en compte essentiel, n'est postérieure à la série lustrée, étant immédiatement
que de 88 outils. Les bifaces sont cordiformes. Là enfouie par le loess alors que la série lustrée serait
aussi, on peut hésiter sur l'attribution. Un autre cas restée un moment à la surface, mais, comme je le
est celui de la carrière Ruquier, à Oissel (Seine- signalais, ce n'était qu'une hypothèse. Il est tout à
Maritime) (3). L'industrie se place dans un paléosol fait possible que les deux séries appartiennent à la
noir à la base du loess récent I. Il n'y avait qu'un même industrie.
seul biface (IB = 0,48), mais les couteaux à dos Toutes deux ont un fort indice Levallois, d'assez forment 7,3 %. C'est un site un peu spécial, car s'il forts indices de facettage (moins fort pour la série
mate), de forts indices laminaires : respectivement (16) BORDES F. — Le gisement du Pech de l'Azé IV. Note prélimi 25 et 35,5. L'indice essentiel de racloirs est de 17,6 naire. Bull. Soc. Préhist. Fr. p. 293-308. 1976.
(17) COMMONT V. — Les hommes contemporains du renne dans la
vallée de la Somme. Mémoires in-8° de la Société des Antiquaires de (20) HEINZELIN J. de — Révision du gisement de Goderville (Seine- Picardie. 438 p.. 154 fig.. 1913. Maritime. France). Bull. Acad. rovale de Belgique, classe Sciences. 51'
(18) TUFFREAU A. — Les industries moustériennes du Nord de la série, t. XLVV. p. 1053-1068. 1961.
France (Nord. Pas-de-Calais). Septentrion, 2. p. 37-45. 1972. (21) BORDES F. — Le loess de Goderville (Seine-Maritime) et la
( 19) TUFFREAU A. — Le Moustérien de tradition acheuléenne de Cati- stratigraphie du Quaternaire récent. Bull. Soc. Géol. Fr. 7'J série, t. V. p.
443-445. 1963. gny (Oise). Bull. Soc. Préhist. Fr. t. 73. p. 305-320. 1976. !
1
:
I
la série lustrée, 9,3 pour la série mate. Les pour
deux séries comportent des grattoirs (5,7 % et 7 %), EUROPE
des burins (8,8 % et 2,3 %), de nombreux couteaux
à dos (33,6 % et 46,5 %). Ceci donne un groupe III Quand on sort de France, on trouve divers types de
respectivement de 48 et 58,1, écrasant les groupes Moustériens dont certains entrent aisément dans le
II. moustériens (20 et 9,3). Il existe des bifaces dans cadre des divisions établies dans le Sud-Ouest, et les deux séries (2,3 % dans chacune). Les denticulés d'autres sont différents. forment 6,4 % et 9,3 %.
En Belgique, il y a certainement du Moustérien de
Si on considère que les deux séries ne forment tradition acheuléenne. soit en grottes (à Spy, par exempqu'une, on a, sur 168 outils en compte essentiel, un le) (25), soit en plein air (Godarville, fouilles J. de IR de 15.4, 5,9 % de grattoirs, 7 % environ de bu Heinzelin, inédites). Le Moustérien type Quina existe rins, et 36,9 % de couteaux à dos, avec un indice de également. Il y a peut-être du typique (25). bifaces de 2,3. Le groupe III, « paléolithique supé
En Allemagne, faute de données typologiques numérrieur » est de 50,6, et le groupe II « moustérien »,
iques, il est souvent difficile de dire ce qu'il en est. de 17,2. C'est peut-être encore du Moustérien de
Bosinski (26) distingue trois grands types le type tradition acheuléenne type B, mais bien plus « évo
Rheindalen, avec de nombreux racloirs et des limaces lué » dans le sens paléolithique supérieur qu'aucun
sans retouche ventrale ; le type du Karstein à à autre que je connaisse
retouche ventrale partielle ; le type dit Balve IV, plus Récemment, A. Tuffreau (22) a décrit une indust récent, avec un fort pourcentage de lames et des « Bo- rie très particulière, venant de Seclin, près de Lille, genspitzen », pointes à un bord arqué, dont je ferais et datée par analyse palynologique de la fin du Bre- une variété de racloirs déjetés. Il existe en plus le rup par A. Leroi-Gourhan. La série est malheureuse groupe d'Altmùhl, avec pointes foliacées bifaces ment très pauvre : 24 pièces retouchées seulement, (« Blattspitzen ») et des bifaces (27). Cette dernière 146 lames, 13 nucleus, etc. Les outils retouchés
industrie pose des questions encore mal résolues, en comprennent quelques racloirs, des burins, une lame particulier son âge et ses rapports avec le Szélétien, tronquée, et des pièces à dos partiel ou troncature considéré comme un vieux Paléolithique supérieur. très oblique. Le haut pourcentage de lames est peut-
Le Moustérien de tradition acheuléenne existe aussi être dû à une concentration, comme Tuffreau en fait probablement, et en particulier j'ai vu aux environs l'hypothèse. de Zigenhein. près Treysa, des bifaces qui pourraient
lui appartenir.
RESTE DE LA FRANCE En Angleterre, le Moustérien de tradition acheu
léenne, à bifaces plats de forme ogivale, dit, je ne
II n'est pas du tout certain que les types observés sais pourquoi, « à bout coupé » (en français dans le
dans le Sud-Ouest et dans le Nord se retrouvent texte), existe en divers points (28). Il y a sans doute
partout en France. Malheureusement, les documents d'autres types.
sont de valeur inégale. Dans le Sud-Est, le Moustér En Suisse, le Moustérien est pauvre et rare, souien de tradition acheuléenne semble absent. Il y vent attribué à un « alpin » spécial, auaurait du Moustérien typique, parfois à fort indice de quel je ne crois guère. Ce sont probablement des racloirs, et du Moustérien type Ferrassie ( 15) mais la stations de chasse, assez haut dans la montagne, à typologie vacillante de certains auteurs fait qu'il est typologie appauvrie, et où les outils sont souvent difficile d'en être sûr. En Ardèche, Combier a décrit plus ou moins concassés par cryoturbation. un faciès assez spécial au Maras (23), et dans la
région du Rhône en général il semble y avoir une En Tchécoslovaquie, les données numériques sont
tendance au développement de la retouche plan- rares. Cependant, pour Šipka. K. Valoch (29) donne
convexe dans les industries du groupe Quina, te
(25) ULRIX-CLOSSET M. — Le Paléolithique moyen dans le bassin ndance qui existe déjà dans le Lot (au Masviel, par mosan en Belgique. Éditions Universa. Bibliothèque de la Faculté de exemple) (24). Philosophie et Lettres de l'Université de Liège. 1975. 221 p.. 632 fig.. 17
cartes. 12 pi. Trop souvent, des industries concassées ont été (26) BOSINSKI G. — Die Mittelpalaolitischen Funde im Westlichen attribuées à du Moustérien à denticulés. Mitteleuropa. Fundamentu, Reihe A. Band 4. Bôhlau. Cologne 1967. 205
p.. 197 pi.. 7 cartes.
(22) LFROI-GOURHAN A.. SOMME J.. et TUFFREAU A. — Weischelien (27) FREUND G. — Die Blattspitzen des Palàolithikums in Europa. L.
Rohrcheid. Bonn 1952. 349 p.. 16 fig.. carte. et Paléolithique moyen de Seclin. Note préliminaire. Bull. AFEQ. p.
69-80. 1978. (28) SHACKLEY M. — The Bout Coupé handaxe as a typological
(2?) COMBIER J. — Le Paléolithique de l'Ardèche. Publications de marker for the British Mousterian industries. In : Stone tools as cultural l'Institut de Préhistoire de l'Université de Bordeaux, mémoire n" 4. markers. Australian Institute of Aboricinal Studies. Canberra 1977. p.
462 p.. 178 fig.. 1967. 332-339.
(24) NlEDERLENDER A.. L.ACAM R.. Dr CADIERGUES et BORDES F. — (29) VALOCH K. — Die Steinindustrie von der Fundstelle des Vlenschli-
Le aisément moustérien du Mas Viel (Lot). L'Anthropologie, t. 60. 1956. chen Skelettrestes aus der Hôhle Kůlna bei Sloup (Máhren). Anthropolog
p. 21-1235. ie. Brno 1967. p. 2 1-27. 4 pi. (résumé en français). :
82
veaux, un « Levallois-Moustérien » dans les couches les indications suivantes pour un lot de 43 1 outils
20 à 22, puis dans la couche 24 un « Acheuléo- IL = 0,8, IF = 28,8, IFs = 15,1, I lam. = 15, IR -
Moustérien » à faune chaude attribué pour cela au 37,1. Le total des encoches et denticulés fait
dernier interglaciaire. Le caractère « chaud » de la 14,8 %. Les outils de type « paléolithique
supérieur » comptent pour 14,3 %. Ce serait un faune ne veut pas dire grand-chose dans le Wiirm
ancien de ces régions. Moustérien typique non Levallois, que Valoch attr
ibue à un moment tardif (interstade II/III) du Wiirm.
Mais il n'y existerait pas de pointes moustériennes. La Grèce, pendant longtemps un désert pour le
Paléolithique, a donné du Moustérien en Epire dans En Hongrie, j'ai pu voir en 1964 quelques séries. les limons rouges (35). Plus de 12 sites ont été Le site de Tata (30), à 80 km à l'ouest de Budapest, repérés, dont celui de Kokkinopilos. L'industrie a fourni environ 2 500 outils, plus 150 kilos d'éclats comprend de nombreux racloirs, des pointes moustéret de déchets. J'ai pu effectuer un sondage sur 300 iennes, des pointes foliacées bifaces souvent poinoutils. Il y a très peu d'éclats Levallois, et un fort tues aux deux bouts, nettement différentes des pourcentage de racloirs. À première vue, l'industrie « Blattspitzen » germaniques, et quelques bifaces. donne l'impression d'un Moustérien type Quina de Le débitage est Levallois. L'abri sous-roche petite taille. Mais peu de racloirs sont de type Quina. d'Asprochaliko, également en Epire, a donné un Les racloirs à retouche biface sont nombreux, et Moustérien sans pointes foliacées, avec racloirs plus environ 1/6 d'entre eux sont de type Quina. Peu rares, souvent petits. Dans le Péloponèse (36) une d'encoches, souvent clactoniennes, un nombre quinzaine de sites de plein air ont été signalés en moyen de denticulés (environ 9 %). Il y a quelques Elide : il y aurait trois horizons industriels dont deux bifaces, parfois d'aspect micoquien. Mais évidem moustériens ; le plus ancien serait de débitage Levai- ment, ceci n'est qu'un sondage, dans une industrie lois, le plus récent plus laminaire, avec beaucoup de originale. Au contraire le gisement d'Erd, au sud- racloirs et des grattoirs. ouest de Budapest, publié par V. Gabori-Csank (31)
semble bien proche d'un Moustérien type Quina classi
En Pologne, le Paléolithique moyen est plutôt rque. La grotte de Subalyuk, d'après la publication (32)
eprésenté par des industries à « pradniks », mais il et ce que j'ai pu voir des séries, semble se rattacher à
existe des industries à pièces foliacées bifaces dans un Moustérien typique.
la grotte Mammoutova et des traces de Moustérien à
En Roumanie et Bulgarie, les données précises bifaces dans la grotte Nietoperzowa, sous le Jerma-
manquent. Il y a peut-être du Moustérien typique, et novicien.
d'autres industries avec pointes foliacées bifaces, qui se
rattachent peut-être à des industries de Russie (33). Dans la partie européenne de l'URSS, le Moustér
ien présente divers types, parfois occidentaux, parEn Yougoslavie, le célèbre gisement de Krapina, fois spéciaux (37, 38). En Crimée, l'abri de Starocé- souvent attribué au dernier interglaciaire sur la foi de lié a donné une couche de 4 m d'épaisseur qui malla faune « chaude » appartient certainement au heureusement n'a pas été subdivisée. Les racloirs y Wùrm. Il y a certainement plusieurs niveaux, les uns sont nombreux, en particulier les déjetés (11 %), il rappelant le Moustérien type Quina, d'autres à débi-
existe des pointes et une série d'outils à retouche tage Levallois. Quant à l'Abri Rouge, au Monténég bifaciale, en particulier des limaces à ro, il comporte de nombreuses couches moustérien piano-convexe, des bifaces analogues aux « pradnes qui, à ma connaissance, n'ont pas été publiées niks » polonais, d'autres qui ressemblent à des pointséparément. C'est un Moustérien de petite taille, es foliacées bifaces, dont une à base concave, et des appelé pour cela Micromoustérien, mais cette faible « bifaces grossiers » qui sont peut-être des ébauches. taille est probablement due à la matière première C'est un faciès très différent de tout ce qu'on connaît plutôt qu'à une raison culturelle (34). Sous ce pré à l'Ouest (39). Il en est de même du gisement de tendu Micromoustérien, Basler a trouvé d'autres ni- Volgograd, dit « Soukhaïa Metcheka ». Les racloirs
sont les plus nombreux, les racloirs déjetés abondants (30) VERTES L. — Tata, Eine Mittelpalaolitische Travertin-Siedlung in
Ungarn. Verlag der Ungarischen Akademie der Wissenschaffen, Budap
est. 1964, 253 p., 28 pi. (35) HlGGS E.-S. et al : The climate, environment and industries of
Stone Age Greece. Proceedings of the Prehistoric Society, part I, 1964, p. (31) GABORI-CSANK V. — La station du Paléolithique moyen d'Erd, 199-244, Part II, 1966, p. 1-29. Hongrie. Maison d'édition de l'Académie des Sciences de Hongrie, Budap
est, 1968, 277 p., 46 pi. (36) CHAVAILLON J., ChavaillON N.. et HOURS F. — Industries paléo
lithique de l'Elide. Bulletin de Correspondance hellénique. École française (32) BARTUCZ L. — et al. : Die Mussolini-Hôhle (Subalyuk) bei Cse- d'Athènes. XCI, 1967-1, p. 151-201, et XCIII, 1969-1, p. 97-151. répfalu. Geologica Hungarica. Series Palaeontologica, fasc. 14, Budapest
1940, 352 p., 118 fig., 34 pi. (37) KLEIN R. — The Mousterian of European Russia. Thèse Doctorat,
Université de Chicago, 1966, 257 p.. 32 fig., Ronéoté. (33) PAUNESCU A. — Evolutia uneltelor si armelor de Piatra cioplita
descoperite pe teritoriul Româniu. Biblioteca de Arheologie, série B, t. (38) KLEIN R. — Ice-Age Hunters of the Ukraine. The University of XV, Editura Academici. Bucarest 1970, p. 100, et seq. Chicago Press, 1973, 140 p., 27 fig.
(34) BRODAR M. — Crevena Stijena, eine neue Palaolithstation aus (39) KLEIN R. — Middle Palaeolithic of the Crimea. Arctic Anthropol
de m Balkan in Jugoslawien. Quartàr, bd 10/11, 1958-1959, p. 227-236. ogy, vol. Ill, n° 1, 1965, p. 34-67. .
i
.
:
:
83
la couche inférieure du Moustérien à denticulés, puis ( '5 %). il y a des pointes, des pièces foliacées bifa-
du Vasconien, puis à nouveau du Moustérien à dentices symétriques ou asymétriques, des bifaces tria
culés. Contrairement à ce qu'à écrit L. Freeman à un ngulaires atypiques, des « pradniks ». des lan
moment, il n'y a pas de Moustérien de tradition céolés plats, etc. (40). Au contraire, dans la région
acheuléenne. La Cueva de la Ermita, près de Burgos, du Dnierstr. à Molodova. l'industrie rappelle le
a donné du Moustérien type Quina (50). En Espagne Moustérien typique occidental (41).
orientale il est difficile de dire à quel Moustérien on En Italie, le Moustérien abonde sous divers faciès.
a affaire, faute de données précises. En Espagne du Dans la Grotte du Prince, à Grimaldi, selon les
Sud, la grotte de Cariguela, mal fouillée par Spahni, comptes de G. Iaworski (42. 43). il y aurait du
contenait un très beau Moustérien voisin du MoustérMoustérien type Ferrassie. Ailleurs, il existe du ien typique, avec pointes acuminées, d'après les typique riche en racloirs, par exemple à séries du Musée de Grenade. En Catalogne, l'abri l'abri Mezzena en Vénétie, et du Moustérien type Romani (fouille E. Ripoll) contiendrait d'après E. Quina (?) à Quinzano (44). Il existe parfois quelques Ripoll et H. Lumley du Moustérien à denticulés (51). bifaces dans le Moustérien italien, sans que cela en
De ce rapide et incomplet tour d'horizon, il défasse du Moustérien de tradition acheuléenne au sens
coule que si en Europe occidentale les cinq grandes habituel. Le Pontinien du Latium (45) est un Moustér
divisions du Moustérien, établies principalement ien type Quina fait sur petits galets, mais il y a sans
d'après les sites d'Aquitaine, tiennent bien, avec en doute aussi du Moustérien à denticulés au Fossellone
plus quelques faciès particuliers, quand on passe en (46). Mais trop souvent ce qu'on a signalé comme du
Europe centrale et orientale, et à un moindre degré Moustérien à denticulés n'est que le résultat d'un
en Europe méridionale, d'autres types apparaissent, concassage naturel (47). L'utilisation par beaucoup
qui ne peuvent entrer dans ce cadre. de chercheurs italiens de la typologie et terminologie
laplaciennes ne facilite pas les communications.
En Espagne, le Moustérien est également abon MOYEN-ORIENT dant. Dans la région cantabrique, au Castillo, selon
les comptes que j'ai pu faire des séries conservées
alors à l'Institut de Paléontologie humaine à Paris, la Le Moustérien y est très généralement à beau débi-
couche Béta appartient probablement à du Moustér tage Levallois, et entre souvent, par la distribution
ien type Quina taillé dans de petits galets de silex quantitative de son outillage, dans la catégorie
ou de quartzite fin. La couche Alpha, au-dessus, « Moustérien typique », mais avec des différences.
également faite en partie sur petits galets, est diffé Il est parfois très laminaire, riche en burins, et semb
rente plus Levallois, nettement moins riche en ra le débuter au Wurm ancien avec des formes à ten
cloirs, elle possède des hachereaux sur éclats c'est dance allongée : les pointes Levallois allongées, par
ce que j'ai proposé d'appeler Vasconien, car ce type exemple, y dominent les pointes Levallois ordinair
d'industrie est fréquent au Pays Basque. A la Cueva es. Puis les éclats Levallois deviennent à la fois plus
Morin. les fouilles récentes (48, 49) ont donné dans larges, plus courts et plus minces. C'est bien net à Et
Tabun, en Israël (communication personnelle de A.
(40) KLEIN R. — Open-Air Sites of South Russia. Quaternaries IX. Jelinek). 1467. p. 199-223.
En Syrie, le gisement de labroud I, fouillé par A. (41) IVANOVA I. -К. et CHERNYSH A. -P. — The Palaeolithic site of
Molodova V on the Middle Dnestr. Qualernana VII. 1965. p. 197-217. Rust (52) a donné la plus belle séquence en ce qui 10 fig. concerne le Moustérien. Au-dessus de niveaux (42) lAWORSKI G. — L'industrie du foyer E de la Grotte du Prince. acheuléens et iabroudiens, on trouve dix couches Grimaldi. Bull, du Musée ď 'Anthropologie préhistorique de Monaco, n" 8.
1961 p. 178-202. moustériennes. Le Iabroudien est une industrie sans
(4У) lAWORSKI G. — L'industrie du foyer D de la Grotte du Prince. bifaces, avec de nombreux racloirs, parmi lesquels Grimaldi. Bull, du Musée ď Anthropologie préhistorique de Monaco, n" 9. beaucoup de racloirs déjetés, et qui rappelle le 1962. p. 73-108.
Moustérien type Quina par la morphologie de ses (44) BaTTAGLIA R. — I più antichi abitatori del Veneto. Memorie délia
•\ccademia patavina di SS. LL. AA. Classe di scienze matematice e outils et par son débitage. naturali. vol. L.XIX. 1956-57. 58 p.
La couche 10 est la plus ancienne des couches (45) TasC'HINI M. — L'industrie lithique de Grotta Guattari au Mont
Circé (Latium). Quaternana. XXI. 1979. p. 179-247. moustériennes. De débitage Levallois, elle est assez
(46) Bl.ANC A.-C. et SEGRE A. -G. — Excursion au Mont Circé. IN riche en racloirs (IR ess. = 43), comprend des poin- CH1 Л 1953. Rome-Pise.
i47) LEONARD! P. — Industria micromousteriana denticulata in situ (50) More Romanillo j.-a. et Delibes de Castro G. — El Yaci- nolle Grotta di San Bernardino presso Mossano nei Col li Berici orientali. mento musteriense de la Cueva de la Ermita (Hortigiiela. Burgos). Noti- Atti dell' Istituto Veneto di Scienze. Lettere e Arti. tome CXVII. 1958- ciario arqueologico Hispanico. Prehistoria I. Madrid 1972. p. 11-44. 59. p. 161-17]
(51) Ripoll Perollo E. et Lumley H. de — El Paleolitico medio in (48) ECHEGARAY J.-G. et FREEMAN L.-G. — Cueva Morin. Excava- Cataluna. Diputation provincial de Barcelona. Instituto de Prehistoria y c on es 1966-1 968. Publicaciones del Patron ato de las Cue v as prehistoricas Arqueologia. Monographias XXIV. Barcelona 1965. 70 p. de la provincia de Santander. VI. Santander 1971. 452 p.. 174 fig.
(52) Ru.ST A. — Die Hóhlenfunde von Jabrud (Syrien). Karl (49) ECHEGARAY J.-G. et FREEMAN L.-G. — Cueva Morin. excava-
ciones 1969. idem X. Santander 1973. 304 p.. 93 fig. Wachholtz. Neumûnster. 1950. 150 p. 102 pi. :
84
fort indice Levallois (débitage probablement effectué tes Levallois et moustériennes souvent allongées, pas
de couteaux à dos. 1 1 % environ de burins et des en dehors de la grotte, ou de la partie fouillée), à fort
denticulés assez nombreux. Un seul biface amygda- indice Levallois typologique, à indice essentiel de
loïde court. Parmi les outils Levallois, les lames racloirs diminuant en gros de la base (environ 50) au
sommet (14,5), à fort indice laminaire (de 40 à 50). Levallois sont nombreuses (4).
De bas en haut les grattoirs se développent (de 0 à La couche 9 est également Levallois, avec un très
21,4 %), les burins sont nombreux (10 à 15 %), les fort indice laminaire (49,8) peut-être un peu exagéré,
pointes Levallois, d'abord allongées deviennent plus car Rust n'a pu transporter tous les éclats en Allema
courtes, et les lames à talon punctiforme, de type gne. L'indice de racloirs est bas (7,6), les burins sont
paléolithique supérieur, rares ou inexistantes en bas, abondants (15,3 %), il y a deux couteaux à dos, de
forment dans la couche supérieure 18 % des lames. nombreuses encoches (16,7 %) et de plus nombreux
Il y a 2 à 5 % de couteaux à dos. On a l'impression encore denticulés (30 %), mais peut-être certains d'en
d'un Moustérien évoluant vers un Paléolithique sutre eux sont-ils le produit d'une utilisation. L'industrie
périeur. occidentale dont cette couche se rapproche le plus se
rait le Moustérien à denticulés. Pas de bifaces. En Iraq, le Moustérien de Chanidar (fouilles R.
La couche 8, moins laminaire (I lam = 37.1) a de Solecki) (54) est malheureusement épais de 8 m. Une
nouveau un indice de racloirs assez fort (42.9), est date de 46 000 a été obtenue pour un échantillon de
riche en burins (1 1 %), comporte quelques couteaux charbons. C'est un Moustérien non-Levallois, diffé
à dos ( 1 ,9 %) et huit bifaces ou débris de bifaces rent du Moustérien Levallois de la région côtière,
amygdaloïdes assez grossiers, ou nucléiformes. Les mais malheureusement jamais réellement publié. Il
pointes Levallois sont encore parfois allongées. La est riche en racloirs, avec de longues pointes moust
couche 7 n'est pas très différente, mais n'a pas de ériennes, parfois amincies à la base, et abusivement
bifaces. et il en est de même de la couche 6, mais rapprochées pour cela des pointes d'Emireh.
l'indice laminaire baisse (21,6). La 5 fut En Israël, dans le Neguev, les recherches récentes appelée par Rust Micromoustérien, nom qui a fait d'A. Marks et son équipe (55) ont fait connaître fortune, puisqu'on l'a appliqué à tort et à travers d'intéressantes variations sur le thème moustérien, sitôt que l'outillage est de petite taille. A Iabroud, en particulier à Rosh ein Mor, site de plein air, daté où la matière première de grande dimension abonde, indirectement de plus de 50 000 ans. L'indice Levai- le nom est justifié. Le débitage est Levallois, l'i lois est relativement bas (14,6), l'indice laminaire de ndice laminaire moyen (16,3), les pointes Levallois 19, l'indice Levallois typologique est fort : 50,6. abondantes, souvent courtes. L'indice essentiel de Les pointes Levallois, nombreuses, sont plutôt courtracloirs est bas (14), il y a 6 % de burins, 0,5 % de es que longues, l'indice de racloirs est bas (8,6) couteaux à dos, 39 % de denticulés, pas de bifaces. mais il y a peu de denticulés (14,3 %) ce qui empêOn pourrait classer cette industrie dans le Moustérien che d'en faire un Moustérien à denticulés. Les encoà denticulés, au sens large. La couche 4, toujours ches sont nombreuses, les couteaux à dos rares Levallois, a un indice laminaire de 20,3, de nom (1,2 %) et souvent atypiques, mais il y a un grand breuses pointes Levallois le plus souvent courtes, nombre de grattoirs (11,2 %) souvent sur éclats, et des éclats Levallois plus courts, un fort indice essent de burins (15,5 %) parfois de type paléolithique suiel de racloirs (59,4), 6,6 % de burins, pas de cou périeur net. Des perçoirs (2,2 %) et des pièces tronteaux à dos, pas de bifaces. La couche 3 ressemble quées (4,4 %) s'y ajoutent pour donner un groupe III aussi à du Moustérien typique, de faciès Levalloisien (Paléolithique supérieur) de 34 environ, très supé(ILty = 58). La couche 2, elle, est Levallois (IL = rieur au groupe II (Moustérien) qui n'est que de 10,8 53,9), de faciès Levalloisien (ILty = 58,6), a un selon l'auteur. Etrange combinaison que l'on ne s'atindice essentiel de racloirs moyens (45), des bifaces tend pas à rencontrer au-delà de 50 000 ans, si la (2,4 %), des couteaux à dos (2,4 % également). Ces date est valable. Dans le Neguev également, des bifaces et à dos la rapprochent du Moustérien industries qui dateraient en partie de « plus de de tradition acheuléenne, sans qu'on puisse réellement 40 000 ans » sont rattachées au Paléolithique supél'y faire entrer. Je n'ai pas analysé la couche I. rieur, mais sont encore assez moustériennes. C'est le
Il y a donc à Iabroud divers Moustériens, les uns cas de la couche inférieure de Boker Techtit, malse rapprochant du MTA, d'autres du Moustérien t heureusement pauvre en outils. Il y aurait encore ypique ou du Moustérien à denticulés, sans qu'aucun 49 % de pointes Levallois, beaucoup de lames d'eux soit identique à son analogue occidental. (50 %), peu ou pas de racloirs, 2 % de grattoirs, 6 %
En Syrie également, le gisement de Jerf Ajla, mal de burins, 2 % de perçoirs et 6 % de denticulés.
fouillé par C. Coon, a été repris pour vérification par
Bruce Schroeder (53). Il y avait là 5 couches à très (54) SOLECKI R. — Shanidar Cave, a Paleolithic site in Northern Iraq.
Smithsonian Report for 1954. p. 389-425. 7 pi.
(53) SCHROEDER B. — The lithic industries from Jerf Ajla and their (55) Prehistory and Paleoenvironment in the Central Negev. Israël. Vol.
bearing on the problem of a Middle to Upper Palaeolithic transition. Thèse I The Avdat/Aqev Area. Publié sous la direction d'A. Marks. Southern
Columbia University. New York 1969 (ronéotée). 550 p.. 89 fig. Methodist University. Dallas. Texas. 1976, 383 p. :
1
:
:
:
85
ont défini un « Paléolithique moyen » qui aurait parfois, La grotte de Douara fut fouillée par une expédition
japonaise (professeur Susuki) et publiée par T. Aka- outre des bifaces. des pièces foliacées (59).
zawa (56). Trois couches sont assez riches pour que En Lybie. le Moustérien est mal connu. Au
les pourcentages aient un sens. La couche E, la plus Maghreb, le Moustérien est réputé rare (60) peut-être
ancienne, rappelle un peu Rosh ein Mor. mais avec parce qu'on rattache systématiquement à l'Atérien
un très haut indice laminaire (47,7). Son indice de toute industrie qui renferme une ou deux pièces pé-
racloirs est bas (9.1). il y a assez peu de denticulés donculées. ce qui ne me paraît pas évident le Moust
(13,6%), beaucoup de burins (16,6%). Dans les érien de France comporte parfois de rares pièces
couches D et С l'indice de racloirs reste bas, l'indice pédonculées. J'ai essayé, dans un précédent article
laminaire est moins fort (34 et 30), les denticulés (61) de distinguer l'Atérien du Moustérien par d'aut
sont relativement peu nombreux, les burins en fort res caractères. En Tunisie, deux gisements au moins
pourcentage dans D (20 %), moins en С (7,8 %). ont donné de bonnes séries moustériennes Aïn Me-
Ces indices sont peut-être minimisés par une forte terchem (fouilles R. Vaufrey) et El Guettar (fouilles
générosité du compteur en ce qui concerne les cou M. Gruet). Aïn Meterchem a donné deux séries très
teaux à dos naturel. peu différentes, une dans des tufs, l'autre en surface
par érosion (62). Elles ont un fort indice de racloirs L'industrie de la grotte de Qafzeh, autrefois fouil
(57,9 pour la série en place), quelques couteaux à lée par R. Neuville et reprise par B. Vandermeersch,
dos et des bifaces rares. Une pointe pédonculée. El n'est pas encore publiée en détails. Elle appartient
Guettar (63) comprend plusieurs couches. L'industcertainement au Moustérien, bien que les squelettes
rie est aussi de débitage Levallois, modérément ltrouvés dans ces couches aient été rattachés à
aminaire (I lam de 10 à 17 environ), les indices de Y Homo sapiens sapiens et non à Y Homo sapiens
racloirs sont forts (de 60 à 70). il y a des pointes neandertalensis (57).
moustériennes parfois très allongées (comme à Aïn
Meterchem) et selon les niveaux peu ou pas de cou
teaux à dos et de bifaces. Burins et grattoirs sont AFRIQUE
rares.
Le Moustérien à débitage Levallois existe aussi au
En Afrique, au Nord du Sahara, il existe des i Maroc, à Taforalt (64) et au Djebel Irhoud. Dans ce
ndustries plus ou moins moustériennes en Egypte et en dernier site, les restes humains trouvés dans le
Nubie. Selon A. Marks (59), le site 1 000 en Nubie Moustérien sont, comme au Djebel Qafzeh, des
appartiendrait au Moustérien à denticulés moyenne Homo sapiens sapiens.
ment Levallois (IL — 14) cette industrie a un indice Dans l'ensemble, ce Moustérien du Maghreb est de racloirs de 7,2 seulement, et 40 % de denticulés. assez différent du Moustérien du Moyen-Orient (peu Ni bifaces, ni couteaux à dos. En d'autres sites, les de burins en particulier). Il ressemble un peu au industries sont rapprochées typologiquement du Moustérien typique, mais comporte quelquefois de Moustérien typique, avec des indices de racloirs al vrais couteaux à dos et des bifaces. Malgré ces derlant de 16,7 à 23,7 (indices plutôt faibles pour du niers, ce n'est pas du Moustérien de tradition acheu- typique) et un pourcentage de denticulés léenne, c'est du maghrébin. allant de 1 1 à 22, tantôt dominant faiblement l'indice
Au sud du Sahara, il existe des industries (Faures- de racloirs, tantôt dominé par lui. Le groupe « paléo
mithien. Stillbayen, etc.) (65) qui ont souvent été lithique supérieur » est fort ( 15,4 à 26,8), fait princ
considérées comme des équivalents du Moustérien. ipalement de grattoirs et de perçoirs, bien qu'il y ait
Le Fauresmithien, à bifaces, jouerait le rôle du quelques burins et de rares couteaux à dos atypiques.
Moustérien de tradition acheuléenne et dériverait de Parfois, il existe quelques bifaces. Tout ceci n'évo
l'Acheuléen africain. C'est un ensemble confus, car que guère le Moustérien typique. Marks définit éga
lement dans le site 1 017 une industrie qui, dans sa
(59) GUICHARD J. et GUICHARD G. — Contribution to the study of the phase ancienne, pourrait être contemporaine du Early and Middle Palaeolithic of Nubia, idem. p. 148-193. Moustérien final, le Khormusien rares racloirs et (60) BALOUT L. — Préhistoire de l'Afrique du Nord. Arts et Métiers grattoirs, nombreux éclats Levallois, burins et denticul graphiques. Paris. 1955. 544 p.. 29 fig.. L.XXII pi.
és. Elle prolongerait, assez tardivement, des affinités (61) BORDES F. — Moustérien et Aterien. Quaiernaria. XIX. 1976-
1977. p. 19-34. moustériennes. J. et G. Guichard, en Nubie également.
(62) VAUFREY R. — Préhistoire de l'Afrique, tome I. Publications de
l'Institut des Hautes Études de Tunis. Masso et Cie. Paris. 1955. 458 p. (56) AKAZEWA T. — Middle Palaeolithic assemblage from Douara 216 fig.. LX pi. (p. 10-1 19). Cave. In : The Palaeolithic site of Douara Cave in Syria, part II. University of
Tokio Bulletin n" 6. 1974. p. 1-95. (63) GRUET M. — Le gisement moustérien d'El Guettar. К/шпацо, V.
1955. 79 p.. 24 fig. (57) VANDERMEERSCH B. — Les nouveaux squelettes moustériens découverts
(64) ROCHE J. — L'Atérien de la grotte de Taforalt (Maroc oriental). à Qafzeh (Israël) et leur signification. C. R Ac. Se. Paris.
Bulletin d'Archéologie marocaine. VÎl. 1967. p. 11-56. 15 fie. (58) MARKS A. — The Mousterian Industries of Nubia. //; : The Prehistory of
(65) ALIMEN H. — Préhistoire de Г Afrique/Boubée et Cie. Paris 1955. Nubia, sous la direction de F. Wendorf. Southern Methodist University Press. 578 p.. 155 fig.. XXVIII pi. 1968. p. 194-391.

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin