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XUANZANG [hiuan-tsang] (602-664)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis XXUUAANNZZAANNGG [[hhiiuuaann--ttssaanngg]] ((660022--666644)) Le plus célèbre des pèlerins chinois en Inde. Né dans le Henan, quatrième fils d'une famille lettrée, Xuanzang fait de bonnes études classiques, mais s'intéresse très jeune au bouddhisme et entre, à douze ans, dans un monastère de Luoyang. En 618, il se rend à Chengdu, dans le Sichuan, et il y reçoit, à l'âge de vingt ans (622), l'upasampadā, l'ordination. Ses études l'amènent encore à se fixer dans diverses autres villes, notamment à Chang'an. Au cours de cette période, il parvient à embrasser la plus grande partie du savoir bouddhique et, principalement, l'abhidharma. Il étudie à fond la scolastique du Petit et du Grand Véhicule. Il s'intéresse aux problèmes de la traduction et s'inquiète des nombreuses erreurs qu'il constate dans les versions chinoises, ainsi que des contradictions qu'il croit trouver dans bien des textes. Il se décide alors à aller en Inde pour en ramener une ample moisson de textes originaux et pour y étudier auprès des maîtres indiens. L'administration lui refusant la permission de quitter la Chine, il entreprend le voyage seul et clandestinement (627 ou 629), manquant de se faire tuer au passage de la frontière. De nombreuses difficultés se présentent à lui jusqu'à ce qu'il atteigne Gaochang (Turfān) où le souverain local décide de le garder près de lui.
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XUANZANG [hiuan-tsang] (602-664)

Le plus célèbre des pèlerins chinois en Inde. Né dans le Henan, quatrième fils d'une famille lettrée, Xuanzang fait de bonnes études classiques, mais s'intéresse très jeune au bouddhisme et entre, à douze ans, dans un monastère de Luoyang. En 618, il se rend à Chengdu, dans le Sichuan, et il y reçoit, à l'âge de vingt ans (622), l'upasampadā, l'ordination. Ses études l'amènent encore à se fixer dans diverses autres villes, notamment à Chang'an. Au cours de cette période, il parvient à embrasser la plus grande partie du savoir bouddhique et, principalement, l'abhidharma. Il étudie à fond la scolastique du Petit et du Grand Véhicule. Il s'intéresse aux problèmes de la traduction et s'inquiète des nombreuses erreurs qu'il constate dans les versions chinoises, ainsi que des contradictions qu'il croit trouver dans bien des textes.

Il se décide alors à aller en Inde pour en ramener une ample moisson de textes originaux et pour y étudier auprès des maîtres indiens. L'administration lui refusant la permission de quitter la Chine, il entreprend le voyage seul et clandestinement (627 ou 629), manquant de se faire tuer au passage de la frontière. De nombreuses difficultés se présentent à lui jusqu'à ce qu'il atteigne Gaochang (Turfān) où le souverain local décide de le garder près de lui. Devant la détermination de Xuanzang, le roi finit par accepter de le laisser repartir, mais il lui fournit une nombreuse escorte et des lettres d'introduction pour tous les pays qui lui restent à traverser. Cela explique en grande partie le succès de l'expédition de Xuanzang.

Le voyage dure deux ans et la caravane passe par Agni (Qarashar), Kutsha, Tashkent, Samarkand, la Sogdiane et la Bactriane avant d'arriver au Kapisha et au Gandhāra. Xuanzang étudie pendant deux ans au Cachemire, puis, en 633, il part pour les lieux saints du bouddhisme, la vallée du Gange. Il visite successivement Shrāvastī, Kapilavastu, Kushinagara, Vārānasī, Vaishālī, Pātaliputra et Bodhgayā, puis se fixe à Nālandā, où il étudie pendant quinze mois sous la direction de Shīlabhadra, qui perpétuait l'enseignement des grands maîtres Asanga et Vasubandhu par l'intermédiaire de Dignāga et de Dharmapāla. Un nouveau voyage fait parcourir à Xuanzang tout le Dekkan, mais il évite Ceylan ravagée par une guerre civile. Puis il séjourne encore à Nālandā, avant de reprendre la route de la Chine.

Le séjour de Xuanzang en Inde a duré douze ans. Il y a approfondi ses connaissances linguistiques et philosophiques ; il a rédigé des textes en sanskrit, à Nālandā et ailleurs, sur la conciliation des thèses avancées par les écoles Mādhyamika et Vijnānavāda, contre les hérésies, sur les trois corps du Bouddha (après son retour en Chine, il fait en 647, à la demande du roi du Kāmarūpa, une traduction du Daode jing en sanskrit). Il a été couvert d'honneurs et reçu par l'empereur Harsha Shīlāditya. Lorsque, après avoir traversé de nouveau l'Asie centrale, il arrive en 645 à la capitale Chang'an, il est accueilli par l'empereur Taizong des Tang, qui lui propose un poste dans l'administration. Xuanzang refuse cette offre et passe les dix-neuf dernières années de sa vie à faire des traductions et à enseigner.

Xuanzang a ramené des Indes six cent trente-sept ouvrages, des reliques et des souvenirs. Soixante-quinze textes ont été traduits par lui, qui remplissent 1 390 juan (rouleaux ou volumes chinois) et dont les plus importants sont la grande Prajnāpāramitā (600 juan), la Mahāvibhāshā (La Grande Exégèse, 200 juan), le Yogācāryabhūmishāstra (Traité des terres des maîtres de Yoga, 100 juan), le Jnānaprasthāna (La Systématisation du savoir, 20 juan), l'Abhidharmakosha (Trésor d'Abhidharma, 30 juan), le Mahāyānasamgraha (Somme du Grand Véhicule, 10 juan), la Vimshatikā (La Vingtaine) et la Trimshikā (La Trentaine), la Vijnaptimātratāsiddhi (L'Établissement du rien-que-connaissance) et la Madhyāntavibhāgatīkā (Commentaire sur la discrimination du milieu et des extrêmes), tous textes d'une haute portée philosophique. On doit aussi à Xuanzang des Shuji (cahiers de notes), explications orales qu'il donnait à ses élèves et dans lesquelles il présentait les diverses interprétations qui avaient été avancées des textes qu'il traduisait.

Sur son voyage, deux ouvrages nous sont parvenus, le Datang xiyu ji (Mémoire sur les pays occidentaux à l'époque des grands Tang), écrit en 646 par un de ses disciples, Bianji, et sa biographie, rédigée par Huili à partir de 664, et révisée par Yancong en 668 ; elle porte le titre de Daci'en si sanzang fashi zhuan. Ces œuvres apportent un grand nombre d'informations sûres concernant l'Inde et l'Asie centrale du viie siècle ainsi que le bouddhisme de l'époque.

Auteur: JEAN-CHRISTIAN COPPIETERS
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