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XUNZI [siun-tseu], XUNKUANG [siun-k'ouang] ou XUNJING [siun-king] (~ 300 env.-env. ~ 220)

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Universalis_Article publié par Encyclopaedia Universalis XXUUNNZZII [[ssiiuunn--ttsseeuu]],, XXUUNNKKUUAANNGG [[ssiiuunn-- k'ouang] ou XUNJING [siun-king] (~ 300 env.-env. ~ 220) Après Confucius et Mencius, maître Xun, dont le nom personnel est Jing, est le troisième grand penseur de l'école confucianiste. Il vécut à l'époque des Royaumes Combattants ; son disciple le mieux connu fut Li Si, le ministre de l'État de Qin, grâce à qui l'empire allait pouvoir être fondé en ~ 221. Né à l'époque où mourut Mencius (Mengzi), contemporain de Zhuangzi et des dialecticiens, Xunzi professa une doctrine qui s'opposait à l'influence de ces derniers et se mit en contradiction avec les idées de Mencius : éclipsant l'enseignement de celui-ci, qui ne fut remis à l'honneur que par les néo-confucianistes Song, cette doctrine devait dominer l'orthodoxie confucianiste pendant très longtemps. Xunzi oppose à l'idéalisme de Mencius une doctrine matérialiste et rigoriste. Comme tous les penseurs de son école, il prend comme modèle de conduite celle des rois de l'Antiquité. Toutefois, ces derniers ne sont plus, chez Xunzi, des souverains mythiques comme Yao et Shun, mais les rois historiques qui ont fondé la dynastie des Zhou. C'est l'ordre rituel tel qu'il a été instauré par eux qu'il convient de remettre en vigueur pour gouverner le monde. En d'autres termes, il suffit de restaurer les institutions de l'ancienne féodalité, gravement compromises mais pas encore disparues du vivant de Xunzi.
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XUNZI [siun-tseu], XUNKUANG [siun-k'ouang] ou XUNJING [siun-king] (~ 300 env.-env. ~ 220)

Après Confucius et Mencius, maître Xun, dont le nom personnel est Jing, est le troisième grand penseur de l'école confucianiste. Il vécut à l'époque des Royaumes Combattants ; son disciple le mieux connu fut Li Si, le ministre de l'État de Qin, grâce à qui l'empire allait pouvoir être fondé en ~ 221. Né à l'époque où mourut Mencius (Mengzi), contemporain de Zhuangzi et des dialecticiens, Xunzi professa une doctrine qui s'opposait à l'influence de ces derniers et se mit en contradiction avec les idées de Mencius : éclipsant l'enseignement de celui-ci, qui ne fut remis à l'honneur que par les néo-confucianistes Song, cette doctrine devait dominer l'orthodoxie confucianiste pendant très longtemps.

Xunzi oppose à l'idéalisme de Mencius une doctrine matérialiste et rigoriste. Comme tous les penseurs de son école, il prend comme modèle de conduite celle des rois de l'Antiquité. Toutefois, ces derniers ne sont plus, chez Xunzi, des souverains mythiques comme Yao et Shun, mais les rois historiques qui ont fondé la dynastie des Zhou. C'est l'ordre rituel tel qu'il a été instauré par eux qu'il convient de remettre en vigueur pour gouverner le monde. En d'autres termes, il suffit de restaurer les institutions de l'ancienne féodalité, gravement compromises mais pas encore disparues du vivant de Xunzi. Il ne s'agit plus de faire le projet d'une société utopique conformément aux révélations des Sages mythiques, mais de gouverner selon les précédents historiques, c'est-à-dire d'appliquer une politique conservatrice et traditionaliste. Le présent nous permet, en effet, de comprendre le passé, les hommes de jadis étant, pour Xunzi, semblables à ceux d'aujourd'hui.

Xunzi considère le Ciel comme n'étant rien d'autre que la nature spontanée (ziran) ; il s'oppose par là à Mencius et aux anciens confucianistes pour qui le ciel était une divinité personnelle, dépositaire d'un principe éthique. Il est inutile de se poser des questions sur lui ; mieux vaut se concentrer sur l'ici-bas. Il convient de se servir de la Destinée (Tianming), de dominer la Nature ; mais le Ciel est indifférent. Quant à l'homme, sa nature innée (xing) est mauvaise. Il déteste le travail, mais il aime le gain. Il déteste la mesure, mais il court aux plaisirs. Tout ce que l'homme peut avoir de bien est dû à l'éducation. Sa bonté est le résultat d'un entraînement par la culture (wen) et les rites (li). Ce terme de li, qui peut signifier les règles de bienséance aussi bien que les institutions de l'État, prend chez Xunzi un relief nouveau. Il y voit le reflet de l'ordre cosmique même. Les rites maintiennent, de plus, un juste équilibre entre les désirs inévitables et les objets de ces derniers. Les biens doivent être répartis équitablement. La nature humaine ne peut être rectifiée que par les rites, qui donnent une expression affinée aux émotions humaines. Malgré son matérialisme et son utilitarisme, Xunzi fait à celles-ci une certaine place dans son système. Il étudie les cérémonies de deuil et les sacrifices, dont il donne une nouvelle exégèse. D'ailleurs, les chapitres du Livre des rites (Liji) traitant de ces cérémonies sont certainement de lui ou de ses disciples.

L'œuvre des sophistes de l'époque incite Xunzi à se prononcer sur la « rectification des dénominations ». Pour Confucius, les noms déterminaient les relations sociales ; pour Xunzi, ils sont inséparables des rites, assignant à chaque être sa place dans le monde. L'attribution des noms corrects est une prérogative royale, qui permet d'établir les rapports corrects entre les hommes. Inventer des mots nouveaux ou changer le sens des mots est un crime grave. « C'est pourquoi le peuple n'ose pas faire des termes étranges et troubler la nomenclature correcte. Il est donc sans arrière-pensée. Ainsi, il est facile à commander et ainsi il peut produire. » La rectification des noms mène à l'unité de la civilisation et fournit la réponse à tout litige : « Tuer des brigands, ce n'est pas tuer des hommes. » Les noms servent à distinguer et non pas à illustrer la relativité des qualités. Les paradoxes des dialecticiens sont attaqués violemment et traités d'hérésies ; leurs auteurs doivent être punis.

Le roi gouverne par des noms, des rites et des lois correctes, qui unifient le peuple sans qu'il soit nécessaire de donner à celui-ci les raisons qui font que les choses sont ainsi. C'est là le fondement de la doctrine légiste de Li Si, doctrine qui devait servir de fondement à l'empire et provoquer la grande destruction des livres en ~ 213.

Auteur: KRISTOFER SCHIPPER
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