Aire urbaine de Dieppe : Une vocation maritime à réaffirmer

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La Communauté d'agglomération de la région dieppoise (plus communément appelée Dieppe-Maritime), qui regroupe 16 communes et 53 000 habitants, constitue le coeur d'un bassin de vie plus étendu, l'aire urbaine de Dieppe. Au sein de la communauté d'agglomération, Dieppe occupe encore une place prépondérante, même si quelques communes moyennes se sont fortement développées depuis deux ou trois décennies, rééquilibrant quelque peu le territoire. En dehors d'une période favorable au cours des années 80, l'aire urbaine de Dieppe a connu depuis une trentaine d'années un développement économique et démographique limité : le solde migratoire est structurellement déficitaire et l'emploi a eu tendance à reculer. Pourtant, l'appareil productif local peut s'appuyer sur une industrie importante et diversifiée, qui a plutôt bien traversé les dernières décennies. En revanche, le secteur tertiaire s'est moins développé qu'ailleurs, malgré les vocations portuaire et touristique du territoire. Il offre actuellement peu d'emplois de haut niveau et s'appuie surtout sur les services opérationnels peu qualifiés et sur le secteur public.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Synthèses locales
Aire urbaine de Dieppe
Une vocation maritime à réaffirmer
La Communauté d’agglomération de la région dieppoise (plus communément appeléeAVANT-PROPOS
Dieppe-Maritime), qui regroupe 16 communes et 53 000 habitants, constitue le cœur d’un
L’élaboration d’un projet d’agglo-
bassin de vie plus étendu, l’aire urbaine de Dieppe. Au sein de la communauté d’aggloméra-
mération implique, pour les
tion, Dieppe occupe encore une place prépondérante, même si quelques communesacteurs concernés, de conduire
moyennes se sont fortement développées depuis deux ou trois décennies, rééquilibrantune réflexion globale et cohé-
rente s’appuyant sur une bonne quelque peu le territoire.
connaissance des réalités éco- En dehors d’une période favorable au cours des années 80, l’aire urbaine de Dieppe a
nomiques et sociales du
connu depuis une trentaine d’années un développement économique et démographique
territoire.
limité : le solde migratoire est structurellement déficitaire et l’emploi a eu tendance à recu-
Dans cette perspective, la Com-
ler. Pourtant, l’appareil productif local peut s’appuyer sur une industrie importante et diver-munauté d’agglomération de la
sifiée, qui a plutôt bien traversé les dernières décennies. En revanche, le secteur tertiairerégion dieppoise a confié à
l’INSEE la réalisation d’un dia- s’est moins développé qu’ailleurs, malgré les vocations portuaire et touristique du terri-
gnostic socioéconomique. Ce toire. Il offre actuellement peu d’emplois de haut niveau et s’appuie surtout sur les services
document rassemble et synthé- opérationnels peu qualifiés et sur le secteur public.
tise des informations qui visent
Ces caractéristiques sectorielles de l’économie locale (place importante de l’industrie,
à caractériser globalement le
services en moyenne peu qualifiés) se traduisent par une assez forte composante ouvrière
territoire de la Communauté
dans la population et par un niveau de qualification des actifs relativement faible, qui con-d’agglomération et plus large-
tribuent à maintenir un niveau de chômage élevé et surtout de longue durée. Les difficultésment de l’aire urbaine qui
constitue sa zone d’influence, sociales de la population se retrouvent très concentrées dans la ville de Dieppe, qui pour-
sous les angles de la démo- voit l’essentiel des logements sociaux de l’agglomération.
graphie, de l’emploi et de ses
L’amélioration de la situation sociale de l’agglomération suppose, notamment, le retour
relations internes et externes
à un plus grand dynamisme de l’emploi. Dans cette optique, l’attractivité économique du
(navettes domicile-travail, fré-
territoire pourrait être améliorée par une vocation portuaire plus affirmée, de même qu’un
quentation des équipements,
potentiel touristique davantage valorisé dégagerait de nouvelles opportunités d’emploi.migrations résidentielles). Ces
éléments sont destinés à éclai-
rer les réflexions des acteurs
concernés et, à ce titre, consti- L’AIRE URBAINE DE DIEPPE ET SON ENVIRONNEMENT EN 1999
tuent une contribution à
l’élaboration du diagnostic préa-
lable au projet d’agglomération.
SOMMAIRE
TERRITOIRE
Dieppe-Maritime, coeur d’un bassin de vie
très étendu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
LOGEMENT
Un parc social développé, très concentré dans
la ville-centre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
POPULATION
Un déficit migratoire durable, un profil
socio-démographique peu favorisé. . . . . . 5
EMPLOI
Un dynamisme limité sur longue période, malgré
une bonne résistance de l’industrie . . . . . 7
ACTIVITÉ - CHÔMAGE
Un niveau de chômage élevé et qui dure... . 10
FINANCES LOCALES
Des ressources fiscales relativement modestes,
un taux de taxe professionnelle
très modéré . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11significatif de sa po- RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE LA POPULATIONTERRITOIRE
EN 1999pulation (près de
5 000 habitants
Dieppe-Maritime, perdus entre 1975 et
1999), certaines com-cœur d’un bassin
munes de taille plusde vie très étendu
modeste ont connu
un essor démogra-
phique important,
Composée de 16 communes pour une
parfois assorti d’une
population de près de 53 000 habitants, la
croissance spectacu-
Communauté d’agglomération de la région
laire de l’emploi. Les
dieppoise (plus communément appelée
communes d’Offran-
Dieppe-Maritime) constitue le cœur éco-
ville, Rouxmes-
nomique et démographique d’un bassin de
nil-Bouteilles et
vie plus large, l’aire urbaine de Dieppe
Martin-Eglise illus-
(voir encadré page 12), regroupant 76
trent bien ce proces-
communes et 81 419 habitants au dernier
sus de rééquilibrage.
recensement. ÉVOLUTION DE LA POPULATION 1975-1999 PAR COMMUNEA cause de sa si-
Ce territoire se caractérise en pre-
tuation côtière, bien
mier lieu par son identité maritime. Le
sûr, mais aussi de
pôle dieppois, en bordure de la Manche
son relatif éloigne-
entre Le Havre et Boulogne, est situé à
ment d’autres gros
un carrefour entre l’Angleterre, le nord de
pôles urbains
l’Europe et le Bassin Parisien. Cette si-
(Rouen, Le Havre),
tuation géographique se traduit par une
l’aire urbaine de
tradition portuaire très ancienne et par
Dieppe est relative-
une relation privilégiée avec l’Angleterre.
ment peu ouverte sur
l’extérieur du point de
vue des navettes do-
La commune de Dieppe,
micile-travail : 14%
pôle prédominant
des actifs résidents
travaillent en dehors
Comparée à d’autres aires urbaines
de même taille au niveau national (voir
définition du référentiel page 7), l’aire ur- ZONE D’INFLUENCE DE DIEPPE-MARITIME EN MATIÈRE D’EMPLOI
baine de Dieppe peut être considérée
comme peu dense et relativement peu
urbanisée. Dieppe, troisième ville de
Seine-Maritime avec près de 35 000 ha-
bitants, est la seule commune de grande
dimension dans son environnement.
Chef-lieu d’un arrondissement de près
de 230 000 habitants, elle constitue
même une ville sous-préfecture de taille
relativement importante par rapport à
ses homologues sur l’ensemble du terri-
toire national. Le reste de l’aire urbaine
est essentiellement périurbain,
c’est-à-dire composé de communes
plutôt résidentielles, d’assise rurale mais
Note de lecture : 56% des actifs occupés résidant à Belleville-sur-Mer ont leur emploi dans Dieppe-Maritime.
dans lesquelles la majorité des actifs tra-
vaillent en pôle urbain. Cela étant, la pré-
de l’aire urbaine et 16,5% des emploisdominance de la commune dieppoise sur négatif dans l’absolu ; elles peuvent
situés dans l’aire urbaine sont occupésson aire d’influence a eu tendance à même être interprétées comme le reflet
par des actifs « extérieurs ». Ces propor-s’amoindrir depuis deux ou trois décen- d’une relative autonomie du territoire.
tions, relativement faibles, n’ont rien denies : tandis qu’elle enregistrait un recul Pourtant, si on observe l’évolution de ces
2 - L’AIRE URBAINE DE DIEPPEÉVOLUTION DES NAVETTES DOMICILE-TRAVAILdehors de l’aire ur-LES NAVETTES DOMICILE-TRAVAIL
ENTRE 1975 ET 1999DE L’AIRE URBAINE DE DIEPPE baine) a beaucoup
5 000
plus augmenté entre
1990 et 1999 que le 4 000
Entrées
nombre d’ « en-
3 000
trants ». Autre façon
Sortiesde voir les choses, le 2 000
taux d’emploi du terri-
1 000
toire (rapport entre
les emplois situés sur 0
1975 1982 1990 1999
ce territoire et les
Source : INSEE - Recensements de la population Unité : habitantactifs occupés y rési- Note de lecture : en 1999, 4 840 actifs travaillaient dans l’aire
urbaine de Dieppe tout en résidant à l’extérieur de celle-ci ; à ladant) a ainsi diminué,
même date, 4 310 actifs habitant l’aire urbaine avaient leur emploi
alors qu’il a générale- en dehors de celle-ci.
ment augmenté dans
les aires urbaines comme la difficulté grandissante pour le
comparables au pôle dieppois à fournir des emplois à la po-
Note de lecture : 930 actifs résidant dans l’aire urbaine de Dieppe travaillent dans l’aire urbaine
niveau national.de Rouen, pour un flux inverse de 920. pulation de sa zone d’influence.
FRÉQUENTATION DES ÉQUIPEMENTS
Dieppe et son agglomération
« rayonnent » loin
En dehors des cantons limitrophes,
avec lesquels on enregistre naturelle-
ment des déplacements domicile-travail
assez nombreux (cantons de Bacque-
ville-en-Caux, Bellencombre, Tôtes,
Londinières), les échanges d’actifs sont
significatifs avec les aires urbaines d’Eu
et de Rouen ; ils sont tout à fait équilibrés
avec cette dernière et un peu excéden-
taires à l’égard d’Eu. Sans surprise, les
communes les plus dépendantes de
l’aire urbaine d’Eu, pour l’emploi, sont si-
tuées au nord-est de l’aire urbaine tandis
que celles qui sont liées au pôle rouen-
nais sont situées au sud, à proximité de
la N27.
A l’inverse, l’influence de l’aire ur-
baine de Dieppe en matière d’emploi
s’étend surtout sur sa façade ouest (can-
tons de Bacqueville, Fontaine-le-Dun)
ainsi que sur les communes situées au
sud-est (cantons de Londinières et de
Bellencombre).
Le rayonnement du pôle dieppois sur
son environnement est encore plus ma-
nifeste en matière de fréquentation des
Note : ces présentations cartographiques de la fréquentation des équipements s’appuient sur les résultats de l’inventaire communal de grands équipements (hôpital, hypermar-
1998. Dans le cadre de cette enquête, on a demandé à une commission municipale si tel ou tel équipement existait dans la commune et
chés, …). Sous cet angle, c’est un bassinsinon, dans quelle commune les habitants se rendaient pour fréquenter celui-ci. La “dépendance” de la commune à l’égard du pôle
pourvu de cet établissement se matérialise simplement par un trait reliant les deux communes.
de vie très étendu (d’environ 20 à 30 km
de rayon selon les équipements) qui est
tendances entre les derniers recense- Cette tendance défavorable est à structuré par Dieppe et son aggloméra-
ments, le diagnostic est quand même dé- mettre en relation avec les mauvais chif- tion, dépassant largement les limites de
favorable. En effet, le nombre de « sor- fres de l’emploi durant la décennie 90. De l’aire urbaine. La grande dimension de
tants » (actifs résidents travaillant en façon schématique, elle peut se résumer cette zone d’influence dieppoise s’ex-
L’AIRE URBAINE DE DIEPPE - 3plique par la concentration de la grande distingue davantage NOMBRE DE LOGEMENTS HLM EN 1999
majorité des grands équipements dans la par le poids élevé du
commune de Dieppe et de l’essentiel des parc locatif social. Ce
emplois dans la communauté d’agglomé- segment représente
ration, mais elle est aussi le résultat du 21% de l’ensemble
relatif éloignement de ce territoire du parc à l’échelle de
d’autres pôles importants. l’aire urbaine et 28%
sur la seule commu-
nauté d’aggloméra-
tion. Ce fort dévelop-
pement du parcLOGEMENT
social est ancien.
Celui-ci s’est en effet
Un parc social très peu renouvelé
depuis une vingtainedéveloppé,
d’années, dans satrès concentré
composante « loge-
dans la ville-centre ments collectifs » : en PART DES HLM DANS LE PARC DE LOGEMENTS EN 1999
1999, plus de 90%
des logements HLM
En lien avec une croissance démo- en immeubles collec-
graphique à peu près nulle sur la der- tifs dataient d’avant
nière décennie, le nombre de résidences 1982. En fait, le faible
principales a moins augmenté dans l’aire renouvellement du
urbaine de Dieppe que dans des territoi- parc social s’appuie
res comparables : +2 400 environ entre presque exclusive-
1990 et 1999 (+8%), dont à peine +1 500 ment sur le dévelop-
dans la communauté d’agglomération pement de sa compo-
(+7%). Dans le même temps, le nombre sante « individuelle »,
de logements vacants a augmenté plus dont le poids a
fortement qu’ailleurs, particulièrement à presque doublé
l’échelle de la communauté d’aggloméra- depuis 1990, pour at-
tion : les 1 560 logements vacants recen- teindre environ 15%
sés en 1999 correspondent à une aug- du parc social actuel-
mentation de plus d’un quart depuis lement dans la com-
1990 (+330 logements) mais situent tou- munauté d’agglomé-
tefois l’agglomération à un taux de va- ration (20% dans
cance encore modéré (6% du parc). l’aire urbaine).
42% des ménages résidant dans Sans surprise, le parc locatif social tion de l’aire urbaine et 66% de celle de
l’aire urbaine sont locataires de leur loge- est beaucoup plus représenté dans la la communauté d’agglomération, Dieppe
ment (53% pour Dieppe-Maritime), pro- communauté d’agglomération que dans offre respectivement 75% et 85% des lo-
portion tout à fait normale pour une aire le reste de l’aire urbaine, essentiellement gements sociaux de ces territoires. Cela
urbaine de cette taille. L’habitat local se périurbain. Certes, des com- ne signifie pas pour autant que les autres
munes comme Saint-Nico- communes de l’agglomération ont délais-
las-d’Aliermont, Envermeu ouRÉPARTITION DES MÉNAGES SELON LE STATUT D’OCCUPATION sé leur rôle dans ce domaine. Environ la
Aires Longueville-sur-Scie, présen- moitié d’entre elles consacrent de l’ordre
urbaines de
tent un parc social non négli- de 10 à 20% de leur parc au logementAire urbaine référence
Dieppe-Maritime de Dieppe (1) geable mais près de 90% du social et seules deux communes ne dis-
Statut d’occupation 1999 % 1999 % 1999 (%) logement social de l’aire ur- posent d’aucun logement HLM. Confor-
Propriétaires 9 790 44,5 17 750 54,6 56,0
baine est concentré sur le ter- mément aux objectifs du législateur deLocataires 11 619 52,8 13 799 42,5 40,1
dont : ritoire de Dieppe-Maritime. veiller à une plus grande mixité sociale
Locataires non HLM 5 104 23,2 6 548 20,2 21,5 Au sein de l’aggloméra- par une « déconcentration » des loge- HLM 6 200 28,2 6 896 21,2 17,0
tion, et même de l’aire ur- ments sociaux, le rééquilibrage observéLocataires en meublé 315 1,4 355 1,1 1,6
Logés gratuitement 577 2,6 945 2,9 3,9 baine, la place de la ville de dans l’agglomération va dans le bon
Total 21 986 100,0 32 494 100,0 100,0 Dieppe dans le parc social sens, même si la « fonction sociale » de
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 est écrasante. Alors qu’elle la ville-centre reste encore fortement(1) voir encadré page 7.
représente 43% de la popula- prédominante.
4 - L’AIRE URBAINE DE DIEPPEplus de 3 000 (+7%). Cette faible vitalité Entre 40 et 60 ans, le déficit migratoirePOPULATION
ne tient pas aux facteurs démographi- d’actifs est relativement marqué. Si l’aire
ques naturels (natalité, mortalité). En urbaine a tendance à accueillir des per-
Un déficit migratoire effet, en lien avec une population plutôt sonnes originaires des régions plutôt au
jeune et ouvrière, le solde naturel est nord de la France ou de l’Ile-de-France,durable, un profil
plutôt élevé depuis de nombreuses dé- elle en voit partir davantage vers les ré-socio-démographique
cennies. En revanche, le solde migratoire gions du sud et de l’ouest. Parmi les
peu favorisé est négatif de façon continue depuis les actifs, toutes les catégories socioprofes-
années 60, sauf pendant la décennie 80 sionnelles sont en situation de déficit mi-
où il s’était presque équilibré. gratoire, et plus particulièrement les
L’aire urbaine de Dieppe se caracté- Ces grandes tendances, relatives à la cadres d’entreprise, les professions in-
rise par un faible dynamisme démogra- communauté d’agglomération et plus lar- termédiaires administratives et commer-
phique depuis plusieurs décennies. gement à l’aire urbaine, sont le reflet de ciales, et des jeunes techniciens, toutes
Jusque vers 1990, la population était la « santé » démographique de la professions dont l’emploi est moins bien
encore en croissance, mais à un rythme ville-centre. Après une forte croissance orienté ici qu’en tendance générale. De
relativement faible (presque trois fois de sa population jusqu’à la fin des même, tous les secteurs industriels enre-
moins soutenu que dans les aires urbai- années 60, la commune de Dieppe a gistrent davantage de départs que d’arri-
nes comparables). Depuis lors, la crois- connu un retournement brutal au cours vées, ainsi que les secteurs du transport
sance démographique s’est arrêtée si des années 70, perdant près de 5 000 et des services aux entreprises. Les re-
bien que l’aire urbaine n’a gagné qu’à habitants sur le dernier quart de siècle. traités sont la seule catégorie sociale
peine 10 000 habitants depuis 40 ans Ce retournement a été causé par un défi- pour laquelle la balance migratoire est
(+13%) et le territoire correspondant cit migratoire qui s’est très fortement excédentaire, en grande partie grâce aux
maintenant à Dieppe-Maritime un peu creusé dès la deuxième moitié des installations d’anciens Franciliens.
années 70. Ces nombreux départs ont Sur la dernière décennie, ces fac-
ÉVOLUTION DE LA POPULATION certes profité aux communes périurbai- teurs migratoires défavorables ont pu
DE L’AIRE URBAINE DE DIEPPE ENTRE 1962 ET 1999
nes du secteur (jeunes ménages accé- être compensés par un solde naturel re-
90 000
dant à la propriété), mais pour partie seu- lativement élevé, assurant quasiment le
80 000 lement : c’est l’ensemble de l’aire urbaine maintien de la population. Si ces tendan-
dieppoise qui présente un manque d’at- ces, à la fois du point de vue des migra-70 000
Reste de
tractivité sur longue période. tions, de la fécondité et de la mortalité sel’aire urbaine60 000
prolongeaient dans les années qui vien-
50 000 nent, la population s’orienterait à laDieppe-Maritime
(hors Dieppe) baisse. Le solde naturel, en diminution à40 000 Un déficit migratoire presque à tous
les âges cause du vieillissement de la population,
30 000
ne suffirait plus à compenser le déficit mi-
20 000 Dieppe Au regard des mouvements migratoi- gratoire. Pour maintenir une population
10 000 res sur la décennie 90, l’aire urbaine pré- stable à l’horizon 2010 (avec un déficit
sente un déficit marqué à l’égard du migratoire moins marqué), un rythme de0
reste de la région et vis-à-vis du reste de construction d’un peu plus de 200 loge-1962 1968 1975 1982 1990 1999
la métropole, hors Ile-de-France. Les ments par an serait nécessaire (dont unSource : INSEE - Recensements de la population Unité : habitant
échanges migratoires peu plus de 150 pour la communauté
SOLDE MIGRATOIRE PAR ÂGE ENTRE 1990 ET 1999 varient fortement selon d’agglomération), alors que ce rythme
les catégories de popu- était d’environ 300 sur la dernière
20
lation concernées. Entre décennie.
20 et 30 ans, l’aire ur-
10
Aires urbaines de référence (1) baine « perd » des étu-
diants, essentiellement Une identité ouvrière marquée0
au profit de la capitaleAire urbaine de Dieppe
-10 régionale et un peu au Au regard des aires urbaines compa-
profit de l’Ile-de-France. rables au niveau national, la population
-20 Entre 30 et 40 ans, le de l’aire urbaine de Dieppe peut être
solde migratoire est tout considérée comme relativement jeune
-30
juste équilibré, signe (26% des habitants ont moins de 20 ans).1 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75
que le territoire, sché- Mais par rapport à la Haute-Normandie,
Source : INSEE - Recensements de la population1990 et 1999 Unité : % matiquement, ne « récu- région particulièrement jeune, le constat
(1) voir encadré page 7.
Note de lecture : le nombre de personnes âgées de 22 ans recensées dans l’aire urbaine de père » pas les jeunes est inverse.
Dieppe en 1999 est inférieur de 22% à ce qu’il aurait été s’il n’y avait pas eu de migrations
entre 1990 et 1999. partis entre 20 et 30 ans. L’identité ouvrière de la population
L’AIRE URBAINE DE DIEPPE - 5RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR TRANCHE D’ÂGE EN 1999 reste de l’aire urbaine. Les communes du
0-19 ans 20-39 ans 40-59 ans 60-74 ans 75 ans et + Ensemble sud-ouest, en particulier dans l’Aliermon-
Dieppe-Maritime 13 383 14 118 13 468 7 432 4 275 52 676 tais, sont particulièrement défavorisées.
Dieppe-Maritime (en %) 25,4 26,8 25,6 14,1 8,1 100,0 Ce petit bassin d’emploi a connu d’impor-
Aire urbaine de Dieppe 21 057 21 694 21 109 11 284 6 272 81 416 tantes difficultés économiques depuis une
Aire urbaine de Dieppe (en %) 25,9 26,6 25,9 13,9 7,7 100,0
vingtaine d’années et combine maintenant
Aires urbaines de référence (en %) (1) 24,5 26,5 26,7 14,1 8,3 100,0 un niveau de chômage élevé parmi les ré-
Haute-Normandie (en %) 26,6 27,9 25,9 12,6 6,9 100,0 sidents, des revenus faibles et une propor-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unités : nombre, % tion importante d’actifs peu qualifiés. Au
(1) voir encadré page 7.
sein de Dieppe-Maritime, beaucoup de
communes présentent des indicateurs fa-RÉPARTITION DE LA POPULATION dans la population
DE 15 ANS OU PLUS PAR CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE n’est pas due à une vorables, parmi lesquelles on peut citer Va-
Aire urbaine Aires urbaines de rengeville-sur-Mer, Sainte-Margue-propension à pour-
de Dieppe référence (1)
rite-sur-Mer, Mar tin-Eglise,suivre des études qui1999 % 1999 (%)
Agriculteurs exploitants 627 0,9 1,1 Rouxmesnil-Bouteilles, Hautot-sur-Mer,serait plus faible chez
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise 2 211 3,3 3,6 Offranville (revenus relativement élevés,les jeunes originaires
Cadres, professions intellectuelles supérieures 2 523 3,8 4,6
de la région diep- chômage modéré, catégories socioprofes-Professions intermédiaires 6 756 10,2 11,5
Employés 10 515 15,9 17,0 sionnelles favorisées). A l’inverse,poise, et ce, malgré
Ouvriers 12 992 19,6 16,2
Arques-la-Bataille, voireune offre locale d’en-Retraités 15 525 23,4 23,2
Élèves et étudiants 6 566 9,9 10,1 Saint-Aubin-sur-Scie, ont connu un dyna-seignement supérieur
Autres inactifs 68 636 13,0 12,7
misme démographique faible au regardlimitée (BTS) ; les
Ensemble 66 351 100,0 100,0
jeunes « dieppois », des communes voisines et conjuguent une
Source : INSEE - Recensement de la population 1999
(1) voir encadré page 7. proportion d’ouvriers et de retraités plutôten effet, se tournent
élevée, des revenus plus faibles que dansfacilement vers la ca-
LES ACTIFS DE MOINS DE 40 ANS SELON LE NIVEAU DE DIPLÔME le reste de l’agglomération et une part depitale régionale (voire
Diplôme chômeurs plus élevée.d’autres pôles univer-
supérieur Aires urbaines de taille comparable (1)
sitaires) pour suivre
Aire urbaine de Dieppe
BAC + 2 des études supérieu-
…mais Dieppe garde une « fonctionres. En revanche, en
BAC,
sociale » prédominantegrande partie à causeBAC Pro
d’un faible potentiel
CAP, BEP local d’emplois de haut Cela étant, c’est bien Dieppe, la
ville-centre, qui cumule les difficultés so-niveau, beaucoupBEPC,
CEP ciales les plus importantes. Le revenud’entre eux ne revien-
Aucun médian des ménages est de loin le plusnent pas s’installer et
diplôme
faible de toutes les communes de latravailler dans leur
0 10 20 30 40 secteur géographique communauté d’agglomération et, au re-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : % censement de 1999, 28% des actifs ha-d’origine.(1) voir encadré page 7.
bitant Dieppe se sont déclarés chô-Pour compléter ce
meurs. Ce sont ainsi les trois quarts desprofil socio-démographique plutôt défa-locale est plus nette : 44% des ménages
chômeurs de la communauté d’agglo-« actifs » sont des ménages ouvriers vorisé, les revenus fiscaux déclarés par
mération qui résident à Dieppe, mais il(41% à l’échelle de la communauté d’ag- les ménages sont relativement faibles.
faut rappeler que la ville-centre pourvoitglomération). A l’opposé, les cadres, pro-
aussi 85% des logements sociaux de cefessions intermédiaires, artisans, com-
territoire.De réelles disparitésmerçants et chefs d’entreprise sont
moins représentés qu’ailleurs. Ce profil socio-démographiques
socioprofessionnel est en fait le reflet de entre communes … REVENU ANNUEL MOYEN
DES FOYERS FISCAUX EN 2000l’appareil productif local, dans lequel l’in-
Ces tendances globales à l’échelle dedustrie occupe une place importante, Aire urbaine Aires urbaines
de Dieppe de référence (1)l’aire urbaine ne doivent pas masquer lesavec des emplois souvent peu qualifiés.
Ces grandes caractéristiques de la popu- disparités que l’on peut observer entre 1990 2000 1990 2000
communes. En règle générale, les com-lation s’accompagnent, sans surprise,
Revenu annuel moyen
munes appartenant à la communautéd’un niveau moyen de formation faible : par foyer fiscal
13 696 13 291 13 692 13 870(en€ de 2000)d’agglomération présentent des indica-parmi les actifs de moins de 40 ans, seu-
teurs sociaux (revenu des ménages, chô-lement un sur trois a au moins le bacca- % de foyers fiscaux
non imposés 51,8 51,9 51,7 49,5lauréat et près d’un sur cinq n’a aucun di- mage, catégories socioprofessionnelles
des résidents) plus favorables que dans leplôme. Cette faible présence de diplômés Sources : INSEE - DGI
6 - L’AIRE URBAINE DE DIEPPELOCALISATION DES EMPLOIS EN 1999ment économique
AIRES URBAINES
très rapide depuis
DE RÉFÉRENCE
25 ans environ.
La communauté d’agglomération de la région
Saint-Nicolas-d’Alier-dieppoise fait partie intégrante de l’aire urbaine
de Dieppe, qui regroupe un peu plus de 80 000 mont, en dehors de la
habitants. Pour mettre en lumière de réelles
communauté d’agglo-particularités de ce territoire, nous avons choisi
de le comparer systématiquement à un en- mération, a subi au
semble d’aires urbaines françaises jugées com-
contraire d’importan-parables. Celles-ci ont été selectionnées dans
l’ensemble des aires urbaines métropolitaines tes pertes d’emplois.
de 60 000 à 100 000 habitants : parce qu’elles
Plus globalement, sur
correspondent à des organisations de territoire
trop différentes, celles qui comprennent moins le dernier quart de
de dix communes, celles qui une siècle, le territoire
ville chef-lieu de région et celles qui sont fron-
correspondant main-talières ont été enlevées. Les aires urbaines
ainsi retenues sont au nombre de 36. tenant à Dieppe-Ma-
Les expressions utilisées dans le texte : aires
ritime a créé environurbaines « comparables », « de taille compa-
rable », « de référence », « de comparaison », 3 500 emplois, alors
correspondent à chaque fois au même référen-
que dans le mêmetiel des 36 aires urbaines.
Pour des thématiques particulières (part de temps le reste de
l’emploi public, densité des services à la popu- ÉVOLUTION DE L’EMPLOI ENTRE 1975 ET 1999l’aire urbaine en per-
lation…), une comparaison particulière a été
réalisée avec les seules aires urbaines de réfé- dait 1 500. La voca-
rence contenant une ville sous-préfecture (au
tion de la communau-
nombre de 16), comme Dieppe.
té d’agglomération
comme pôle d’emploi
d’un bassin de vie
plus large s’est donc
EMPLOI sensiblement ren-
forcée au cours du
temps.Un dynamisme
limité sur longue
période, malgré Une industrie très
présente et bienune bonne résistance
diversifiée
de l’industrie
Sur l’ensemble de
l’aire urbaine, le tissu
L’aire urbaine de Dieppe compte envi- productif est, à l’image de la Haute-Nor- versifiée. On ne relève en effet ni secteur
ron 31 000 emplois, dont 23 500 dans la mandie, marqué par le poids relative- d’activité, ni gros établissement, domi-
communauté d’agglomération. La seule ment important de l’industrie : 31% des nant l’économie locale au point de la
commune de Dieppe « offre » plus de la emplois contre 26% dans les aires urbai- rendre « dépendante ». La centrale de
moitié des emplois de l’aire urbaine et nes de taille comparable. L’industrie Penly est le seul établissement industriel
70% de ceux de Dieppe-Maritime. locale apparaît surtout comme bien di- employant plus de 500 personnes. On
Quatre autres com-
munes constituent LES PRINCIPAUX ÉTABLISSEMENTS DE L’AIRE URBAINE DE DIEPPE
des pôles d’emploi, Tranche
Commune d’effectifsde taille plus mo-
Raison sociale Activité économique d’implantation salariés
deste mais tout de
CENTRE HOSPITALIER Activités pour la santé humaine Dieppe 1 000 ou plus
même significative
COMMUNE DE DIEPPE Administration générale, économique et sociale Dieppe 500-999
(entre 1 000 et 2 000 ELECTRICITE DE FRANCE Production et distribution d’électricité Penly
emplois chacune en- AUTOMOBILES ALPINE RENAULT Construction de véhicules automobiles Dieppe 200-499
DAVIGEL Commerce de gros de produits alimentaires Martin-Egliseviron) : Offranville,
AUCHAN FRANCE Commerce de détail en magasin non spécialisé Dieppe 200-499
Rouxmesnil-Bouteil-
SA GARCONNET FRERES Forge, emboutissage, estampage St-Nicolas-d’Aliermont
les et Martin-Eglise, TOSHIBA TECEUROPE IMAGING Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique Martin-Eglise 200-499
appartenant à la NESTLE FRANCE Autres industries alimentaires Rouxmesnil-Bouteilles
CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE Sécurité sociale obligatoire Dieppe 200-499communauté d’ag-
POLYFLEX Transformation des matières plastiques Hautot-sur-Merglomération, ont
Source : INSEE - Fichier EPURE au 31 décembre 2003
connu un développe-
L’AIRE URBAINE DE DIEPPE - 7note à l’inverse une grande densité d’éta- L’EMPLOI SALARIÉ PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ ENTRE 1990 ET 1999
blissements de taille moyenne (100 à Aires urbaines
Aire urbaine de Dieppe de référence (1)400 salariés). Les secteurs d’activité les
Évolution Évolutionplus caractéristiques de l’industrie locale
Effectifs Répartition 1990-1999 Répartition 1990-1999
Activité économique 1999 (en %) (en %) (en %) (en %)sont l’industrie agroalimentaire (NESTLÉ,
Agriculture, sylviculture, pêche 1 220 3,9 -37 3,2 -28DAVIGEL, LA NORMANDE, LA SOCIÉTÉ LAI-
Industries agricoles et alimentaires 1 397 4,5 17 2,8 3TIÈRE DE LONGUEVILLE, CIDRERIE PAM-
Habillement, cuir 17 0,1 -39 0,9 -45
PRYL... ), la construction automobile Édition, imprimerie, reproduction 206 0,7 -17 0,8 6
(ALPINE, RIETER AUTOMOTIVE, LEAR Pharmacie, parfumerie et entretien 8 0,0 -33 0,6 -6
Industrie des équipements du foyer 172 0,6 -70 0,9 -18
OFFRANVILLE), les matières plastiques Industrie automobile 641 2,1 5 1,2 -23
(POLYFLEX, PLASTIQUES TISSAGES LUNE- Construction navale, aéronautique et ferroviaire 90 0,3 -45 0,2 -34
Industrie des équipements mécaniques 581 1,9 -18 2,1 -9RAY, INNOVEX), la transformation des
Industrie des équipements électriques et électroniques 471 1,5 -58 1,0 -18
métaux (GARCONNET FRÈRES, GEVELOT,
Industrie des produits minéraux 136 0,4 62 1,5 -12
ATELIERS MÉCANIQUES ALIERMONTAIS, Industrie textile 92 0,3 -26 0,6 -22
Industrie du bois et du papier 28 0,1 -93 0,9 -8
DESJARDINS) et la production d’électricité
Chimie, caoutchouc, plastiques 1 031 3,3 36 1,9 -13
(Centrale EDF de Penly). Métallurgie et transformation des métaux 1 596 5,2 19 3,2 3
Industrie des composants électriques et électroniques 486 1,6 -7 1,0 -6Le secteur de la construction, avec
Eau, gaz, électricité 905 2,9 5 0,9 1
près de 2 000 emplois (1 300 dans la
Total industrie 7 861 25,5 -10 20,5 -14communauté d’agglomération) est assez
Construction 1 872 6,1 -22 5,6 -12bien représenté.
Commerce et réparation automobile 671 2,2 -1 2,6 5L’agriculture, « couvrant » près de
Commerce de gros, intermédiaires 947 3,1 -27 4,0 -3
70% du territoire (moins de 60% de la su- Commerce de détail, réparations 2 419 7,8 -1 7,7 4
perficie de la communauté d’aggloméra- Transports 1 069 3,5 -36 3,6 8
Activités financières 513 1,7 1 2,6 -3
tion), occupe encore 1 200 personnes Activités immobilières 238 0,8 -32 1,0 -40
environ (seulement 500 dans la commu- Postes et télécommunications 418 1,4 -18 2,0 -6
Conseil et assistance 660 2,1 -34 3,2 24nauté d’agglomération), soit presque 4%
Services opérationnels 1 693 5,5 66 4,3 83
des actifs.
Recherche et développement 0 0,0 0 0,2 n.s.
Hôtels et restaurants 978 3,2 9 2,9 18
Activités récréatives, culturelles et sportives 310 1,0 5 1,1 31
Services personnels et domestiques 868 2,8 27 2,3 9
Le développement Éducation 2 662 8,6 21 7,6 5
Santé et action sociale 3 305 10,7 28 13,0 32modeste du secteur tertiaire
Administration publique 2 799 9,1 12 11,1 14
Activités associatives et extra-territoriales 384 1,2 35 1,5 42
Le secteur tertiaire, enfin, est de loin
Total tertiaire 19 934 64,5 7 70,7 16le plus gros pourvoyeur d’emplois, mais il
Total 30 887 100,0 -3,4 100,0 4,2est un peu sous-représenté pour une aire
Source : INSEE - Recensements de la population Unités : nombre, %
urbaine de cette taille ; il représente envi- (1) voir encadré page 7.
ron 20 000 emplois (15 000 à l’échelle de
Dieppe-Maritime), soit 65% des emplois
contre plus de 70% dans les aires urbai- « continental ». Les hôtels ne représen- l’exception notable des cafés-tabacs). Il
nes comparables au niveau national. tent que le quart environ des lits touristi- en est de même pour les activités finan-
Ce développement relativement mo- ques, ce qui est relativement faible. Pa- cières (banque) et surtout pour le do-
rallèlement, le segment qui domine maine « santé et action sociale ». Lesdeste du secteur tertiaire peut sur-
prendre dans la mesure où on a affaire à largement, à savoir le camping (près de services de santé proprement dite (hôpi-
un territoire à vocation portuaire et tou- trois lits sur quatre), a connu un recul im- tal, médecine de proximité, laboratoi-
ristique. Le secteur des transports, après portant depuis une quinzaine d’années. res…) sont moins représentés qu’ail-
une décennie 90 difficile, ne compte plus Autre composante du secteur ter- leurs, mais ce décalage est souvent
tiaire, les activités qu’on peut qualifier de observé sur l’ensemble de la région.qu’un millier d’emplois (presque tous
dans la communauté d’agglomération), services à la population sont en général Cela étant, un « déficit » s’observe éga-
soit 3,5% de l’emploi total, proportion plutôt moins développées que dans les lement pour les structures du domaine
modeste pour une économie à vocation autres aires urbaines de taille compa- « action sociale » (accueil des adultes
portuaire. rable. Rapporté au nombre d’habitants, handicapés, des personnes âgées, aide
le commerce de détail est, en général, un par le travail, aide à domicile…).De même, le secteur de l’hôtel-
lerie-restauration (un millier d’emplois peu sous dimensionné (mais le com- Enfin, les services aux entreprises pro-
également) est à peine plus développé merce « de bouche » est bien implanté) curent plutôt des emplois peu qualifiés : les
que dans les aires urbaines françaises et l’hôtellerie-restauration, on l’a vu, n’est activités de conseil et d’assistance sont
de même taille, semblant peu profiter du pas très développée pour un territoire peu développées, au contraire des servi-
avec une certaine vocation touristique (à ces opérationnels (nettoyage, gardien-potentiel touristique, qu’il soit anglais ou
8 - L’AIRE URBAINE DE DIEPPERÉPARTITION DES EMPLOIS PAR CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE EN 1999nage, intérim…), plus présents qu’ailleurs
Aire urbaine Aires urbaines(SECURITAS, INSERDECO, PRONET KLINOS,
de Dieppe de référence (1)
ECLANET, …). Effectifs Répartition Répartition
1999 (en %) (en %)
Agriculteurs exploitants 597 1,9 2,1
Artisans 812 2,6 3,1
Beaucoup d’emplois ouvriers Commerçants et assimilés 1 042 3,4 2,9
Chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus 216 0,7 0,7
Professions libérales 353 1,1 1,4
La structure des emplois situés dans Cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques 1 144 3,7 4,5
l’aire urbaine est le reflet de l’appareil Cadres d’entreprise 926 3,0 3,4
Professions intermédiaires de l’enseignement, de la santé, de la fonctionproductif. Ainsi, un poste de travail sur
publique et assimilés 3 002 9,7 10,9
trois est un emploi d’ouvrier, proportion Professions intermédiaires administratives et commerciales d’entreprise 1 545 5,0 6,2
importante par rapport aux territoires Techniciens 869 2,8 3,5
Contremaîtres et agents de maîtrise 930 3,0 2,4comparables. A l’opposé, les cadres et
Employés de la fonction publique 3 206 10,4 12,6
les professions intermédiaires sont Employés administratifs d’entreprise 2 202 7,1 7,5
Employés du commerce 1 304 4,2 4,2sous-représentés (trois emplois sur dix),
Personnels des services directs aux particuliers 1 956 6,3 5,7
mais surtout, si les cadres de la fonction
Ouvriers qualifiés 6 287 20,4 16,9
publique (y compris les enseignants) ont Ouvriers non qualifiés 4 010 13,0 11,1
Ouvriers agricoles 486 1,6 0,9connu une croissance très importante
Total 30 887 100,0 100,0dans la dernière décennie (environ
Source : INSEE - Recensement de la population 1999
+50%), les cadres d’entreprise ont vu (1) voir encadré page 7.
leurs effectifs reculer très sensiblement,
tendance assez rare pour être soulignée.
bien que perdant desEn lien avec le poids assez élevé de ÉVOLUTION SECTORIELLE DES EMPLOIS ENTRE 1975 ET 1999
emplois (-23%), a plutôtl’industrie, le recours au travail intérimaire 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1975-1999
bien résisté.est important (près d’un millier de person- Aire urbaine de Dieppe
Mais ce regard Primaire -26 -19 -36 -61nes sur l’ensemble de l’aire urbaine). Le
Secondaire -15 6 -15 -23global sur longue pé-niveau élevé du chômage depuis plusieurs
Tertiaire 10 16 7 36
riode pourrait laisserdécennies (voir plus loin) fait aussi que la Total -4 10 -3 1
penser que l’économieproportion de personnes en emploi aidé Aires urbaines de référence (1)
« dieppoise » se carac- Primaire -18 -28 -27 -57(CES, emploi-jeune, etc.) ou en stage est
Secondaire -5 -9 -14 -25térise par une grandeimportante. Enfin, Dieppe constituant une
Tertiaire 21 15 16 61
stabilité. Au contraire,ville sous-préfecture relativement impor- Total 7 3 4 16
des périodes très diffé-tante, l’emploi public est une composante Source : INSEE - Recensements de la population Unité : %
(1) voir encadré page 7.rentes peuvent être dis-essentielle de l’emploi local (24% des
tinguées. Jusqu’aupostes).
début des années 70,
l’aire urbaine de Dieppe a bénéficié de être considérées comme LA belle
très nombreuses installations d’établis- époque pour l’économie dieppoise.Des phases économiques
sements industriels de taille moyennebien distinctes Certes, on enregistre encore des ferme-
(100 à 200 salariés) tandis que très peu tures d’établissements importants
de fermetures étaient à déplorer (la (BAYARD, par exemple) mais d’autres, deSi on veut analyser l’économie locale
« crise » n’était pas encore là …). Entre taille relativement élevée, viennent s’ins-sous un angle plus « historique », on est
le milieu des années 70 et le début desobligé de constater que la situation est, taller (Centrale EDF de Penly,
années 80, les installations ont été plusgénéralement, plutôt défavorable depuis TECHNOFFRA, TOSHIBA) et les entreprises
rares, mais surtout les fermetures ont été déjà en place se développent, aussi bienle milieu des années 70. En 1999, le
très nombreuses, touchant notamment dans l’industrie (ROUSSEAU, DAVIGEL,nombre d’emplois était quasiment le
quelques très gros employeurs (FILATURE GARCONNET FRÈRES) que dans le ter-même qu’en 1975 alors que la grande
D’OUVILLE, ALLIS CHALMERS …). Dieppemajorité des aires urbaines de la taille de tiaire (AUCHAN, CREOS, …). Dieppe fait
est à cette époque la zone d’emploi quicelle de Dieppe ont gagné des emplois alors partie des secteurs géographiques
connaît le plus de difficultés en les plus dynamiques de la région et le dé-de façon significative (+16% en
Haute-Normandie et son taux de chô- ficit migratoire est quasiment enrayé. Enmoyenne). Ce faible dynamisme de
mage est de loin le plus élevé. revanche, le niveau du chômage n’estl’emploi sur longue période est toutefois
à l’image des tendances observées sur pas sensiblement modifié, la grande ma-
l’ensemble de la Haute-Normandie. Il jorité des emplois créés ayant, de façon
La « belle époque » schématique, profité à des actifs résidantprovient surtout de la faible croissance
en dehors de l’aire urbaine et même de ladu secteur tertiaire (+36% sur le dernier
Les années 80, en revanche, peuvent zone d’emploi.quart de siècle) tandis que l’industrie,
L’AIRE URBAINE DE DIEPPE - 9munauté d’agglomération (Rouxmes- plus loin), touche près d’une femme
LE PORT DE DIEPPE nil-Bouteilles et Martin-Eglise, en parti active sur cinq, la part des femmes en si- -
L’activité du port de Dieppe repose essentielle-
culier, ont continué à voir leurs emplois tuation d’emploi est significativement
ment sur les trafics de fruits et de graves de mer,
sur la pêche (premier port français pour la co- se développer). plus faible que dans les territoires com-
quille St Jacques) et sur l’activité transmanche Sur période plus récente (depuis parables : entre 25 et 64 ans, 63 % des
(fret et passagers, britanniques en très grande
2000), l’évolution de l’emploi est « dans femmes résidant dans l’aire urbaine sontmajorité). Le « jeune » port de plaisance (inaugu-
ré en 1995) semble bien développer son activité. en emploi, contre 66% à 69% dans lesla moyenne ». Le commerce et les servi-
Dans ses différentes composantes, le port de
ces continuent de créer relativement peu aires urbaines comparables.Dieppe a connu beaucoup de vicissitudes ces
dernières décennies. En 1992, la SNAT, qui ex- d’emplois mais l’industrie et la construc- Cela étant, si on s’intéresse aux em-
ploitait la ligne transmanche, a cessé son activité.
tion se comportent bien (malgré les fer- plois situés dans l’aire urbaine, la part de
La mise en service du port extérieur, en 1994, a
permis de développer une liaison rapide Dieppe - metures de REGMA et de TECHNOFFRA). ceux occupés par des femmes est quasi-
Newhaven par catamarans (STENA) mais les dif- ment du même niveau que dans les
ficultés rencontrées à la fin des années 90 ont
zones de référence. Cela signifie qu’uneramené le trafic à un niveau relativement faible
(380 000 passagers en 2003). Le port de com- proportion importante des emplois est
merce, malgré des efforts de modernisation, voit
occupée par des femmes résidant à l’ex-son trafic diminuer (d’environ 50% depuis 1997), ACTIVITÉ-CHÔMAGE
en grande partie à cause de l’activité « fruits ». Le térieur de l’aire urbaine et que les « diep-
port de pêche est lui aussi très loin des niveaux
poises » sont à la fois moins actives et
d’activité connus jusque dans les années 80. Un niveau de chômage moins mobiles (elles travaillent moins en
dehors de l’aire urbaine).élevé et qui dure…
Une décennie 90 plus difficile
Les comportements d’activité de la Un chômage durablement élevé…
Malheureusement, la décennie 90 a population résidant dans l’aire urbaine
été traversée sous des auspices beau- L’aire urbaine de Dieppe (et plus lar-de Dieppe se caractérisent d’abord par
coup plus défavorables. Malgré quelques un taux d’activité des jeunes (moins de gement la zone d’emploi, voir encadré
baisses importantes d’effectifs (EPIC 25 ans) élevé : près de sept jeunes sur page 12) souffre d’un niveau de chô-
ELECTRON , REGMA , ROUSSEAU , dix sont déjà actifs entre 20 et 24 ans. mage particulièrement élevé depuis
maintenant plusieurs décennies. AprèsPOLYFLEX), et quelques fermetures, l’in- Cette tendance s’explique simplement
dustrie ne s’est globalement pas plus les grosses difficultés économiques en-par le fait que la plupart des jeunes qui
mal comportée qu’ailleurs, grâce à l’ar- poursuivent des études quittent le terri- registrées dans la deuxième moitié des
rivée d’un nombre important d’établisse- toire ; la proportion d’actifs parmi ceux années 70 et au début de la décennie 80
ments moyens (100 à 200 salariés) dans qui restent sur place s’en trouve donc (voir partie emploi), la zone de Dieppe
avait atteint de loin le niveau le plus élevédes secteurs d’activité variés. Mais le augmentée.
secteur tertiaire, très peu dynamique sur des zones d’emploi de la région. La forte
la décennie, n’a pas compensé comme embellie économique qui a suivi (jusqu’à
ailleurs les pertes industrielles. Plus par- la fin des années 80) ne s’est pas tra-Une activité
ticulièrement, les activités de conseil et féminine relativement faible duite par une baisse relative du chômage
car une grande partie des emplois créésd’assistance ont perdu des emplois (fer-
meture de CREOS, notamment) alors que a profité, de façon schématique, à desAprès 25 ans, la faiblesse du taux
ce secteur est en croissance en règle gé- d’activité des femmes constitue le cons- actifs résidant à l’extérieur de l’aire ur-
nérale. Le secteur des transports a perdu tat essentiel (surtout entre 25 et 40 ans). baine et même de la zone d’emploi.
beaucoup d’emplois, en lien avec les dif- Si on ajoute à cela que le chômage, de Après 1990, la situation plutôt défavo-
rable de l’emploi a continué à peser surficultés traversées par le port. On pourrait niveau élevé sur la région dieppoise (voir
aussi citer le secteur de la santé et de le chômage, si
l’action sociale, dont l’augmentation des bien queÉVOLUTION DE LA POPULATION ACTIVE ET DE L’EMPLOI ENTRE 1990 ET 1999 DANS
L’UNITÉ URBAINE DE DIEPPEeffectifs a été plus faible que dans les Dieppe reste
Évolutionaires urbaines de référence. Au total, actuellement,
1990 1999 1990-1999
avec Le Havreentre 1990 et 1999, l’aire urbaine de
Population active résidant dans l’aire urbaine (1+2) 35 700 36 200 500Dieppe aura été l’une des rares aires ur- et Fécamp,
Dont : Chômeurs (1) 4 900 6 000 1 100
baines de cette taille à perdre des em- parmi les zones30 800 30 200 -600Actifs occupés résidant dans l’aire urbaine (2)
28 000 26 000 -2 000Dont : Travaillant dans l’aire urbaineplois (plus d’un millier d’emplois perdus, d’emploi les
2 800 4 200 1 400Travaillant hors aire urbaine (3)
-3,4%) et même à l’échelle régionale, plus touchées
Emplois situés dans l’aire urbaine (5) 32 200 31 100 -1 100 de Haute-Nor-Dieppe a connu parmi les moins bons ré-
Dont occupés par des actifs “extérieurs” (4) 4 200 5 100 900
sultats de l’ensemble des zones mandie. Les
1 400 900 -500Solde des navettes domicile-travail (4-3)d’emploi. Il faut toutefois signaler que le bonnes années
Taux d’emploi (5/2) 1,05 1,03 -recul de l’emploi est beaucoup moins de conjoncture
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999marqué sur le seul territoire de la com- économique
10 - L’AIRE URBAINE DE DIEPPE

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