Analyse économique du département des Côtes-d'Armor

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En 2006, les Côtes-d'Armor comptent 569 500 habitants soit une progression de 5 % depuis 1999. Après avoir bénéficié d'un solde migratoire en très forte croissance, le département voit son solde naturel redevenir également positif en 2006. Le département compte environ 184 000 emplois salariés au 31 décembre 2006, soit 26 000 de plus qu'en 1997 (+ 16,5 %). Le retournement de l'activité dans la filière électronique-téléphonie a ralenti la croissance de l'emploi dès l'été 2001. Cependant depuis 2004, l'emploi a de nouveau augmenté à un rythme comparable à celui de la Bretagne. La répartition des emplois salariés entre les trois sphères d'activités - résidentielle, productive et publique - est relativement équilibrée. En 2007, on dénombre sur le département environ 25 100 établissements. Depuis 2000 ce nombre a augmenté de 16 % pour l'essentiel grâce au secteur des services aux entreprises. Le taux de création d'entreprises du département se situe à 9,4 %, proche de celui de l'ensemble de la région (9,8 %).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Analyse économique
du
département des Côtes-d’Armor

Lannion
PAYS DU
TREGOR-GOELO
Guingamp
PAYS DE GUINGAMP
Saint-Brieuc
Dinan PAYS DE PAYS DE SAINT-BRIEUC
SAINT-MALO
PAYS DE DINAN
PAYS DU CENTRE-OUEST BRETAGNE
Rostrenen
PAYS DU CENTRE-BRETAGNE
Loudéac
Routes à vocation départementale
Routes à vocation régionale
Routes à vocation nationale
Limite départementale
© IGN-Insee 2008


Juillet 2008


Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement
SOMMAIRE

Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique ........................... 5
Une occupation du territoire homogène ............................................................................................................ 6
La rupture du début des années 2000............................................................................................................... 8
La population se développe autour des grandes villes ..................................................................................... 9
L’étalement urbain se poursuit ........................................................................................................................ 10
Les revenus ont fortement progressé ces dix dernières années sous l’impulsion des nouveaux arrivants ... 11
L’évolution est marquée également par la filière électronique ........................................................................ 11
Des disparités de revenus sur le territoire....................................................................................................... 12
Des revenus plus faibles pour les 30-50 ans.............. 13
Un taux de pauvreté notable mais moins élevé que la moyenne nationale.................................................... 13
Une pauvreté qui touche principalement les personnes âgées et les femmes seules ................................... 14

La croissance est inégale sur le territoire – les pays des Côtes-d’Armor............................................... 15
Des pays plus attractifs que d’autres............................................................................................................... 16

Les dynamiques économiques .................................................................................................................... 18
Une croissance soutenue de l’emploi.............................................................................................................. 19
Une croissance de l’emploi ralentie depuis 2001 et liée aux fluctuations de la filière électronique................ 19
Le renouveau démographique redynamise les ressources en main d’œuvre ................................................ 21
Une forte progression des diplômés de l’enseignement supérieur ................................................................. 22
Plus d’ouvriers qualifiés qu’en Bretagne ......................................................................................................... 23
Spécialisations sectorielles des pays par rapport à la Bretagne..................................................................... 24
Un relatif équilibre économique entre les trois sphères d’activités ................................................................. 29
Différents modèles de développement entre 1999 et 2005............................................................................. 30
Une augmentation du nombre d’établissements identique à celle de la région entre 2000 et 2007 .............. 32
L’implantation des principaux établissements ................................................................................... 34
Le tissu d’entreprises se densifie dans plusieurs secteurs ............................................................................. 35
Un rythme de créations d’entreprises dans les Côtes-d’Armor légèrement inférieur à la moyenne régionale35
Un solde positif de transferts d’établissements entre 2003 et 2006................................................................ 36

Enjeux et perspectives.................................................................................................................................. 37
Développer les conditions nécessaires pour attirer des populations et développer l’économie.................... 38
Concentrer le développement économique..................................................................................................... 38
Développer et renforcer l’attractivité économique du département................................................................. 38

ANNEXES........................ 39
L’implantation des principaux établissements ................................................................................................. 40
Composition des sphères ........................................................................................................ 41
La filière des TIC.............................................................................................................................................. 43
Nombre d’établissements par pays et secteurs d’activité de 2000 à 2007 ..................................................... 44
Les transferts d’établissements par pays ........................................................................................................ 46
Pourquoi utiliser le revenu par unité de consommation ? ............................................................................... 48
Quelques définitions sur les revenus fiscaux…............................................................................................... 49
Indicateurs sur la pauvreté et la précarité ....................................................................................................... 50
Demandeurs d’emploi en fin de mois .............................................................................................................. 52


Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 2/52
Synthèse



Les chiffres clés du département Côtes-d'Armor Bretagne
Population totale au 01/01/2006 569 498 3 080 990
Evolution annuelle moyenne entre 1999 et 2006 (en %) 0,70 0,84
Emploi salarié au 31/12/2006 184 216 1 100 936
Evolution annuelle moyenne entre 1999 et 2006 (en %) 1,4 1,2
Part de l'industrie dans l'emploi salarié en 2006 (%) 16,8 17,4
Part des services aux entreprises dans l'emploi salarié en 2006 (%) 11,1 11,7
Nombre de DEFM catégorie 1 au 31/12/2007 14 443 74 411
Evolution des DEFM entre le 31/12/2006 et le 31/12/2007 (%) -9,3 -8,5
ème 6,2 6,2 Taux de chômage au 4 trimestre 2007



Les Côtes-d’Armor représentent le département le plus grand de la région par sa superficie : 6 878
erkm². Avec 569 500 habitants au 1 janvier 2006 et une densité de 83 habitants au km², c’est le département
le moins densément peuplé de la Bretagne.

erAu 1 janvier 2006, les Côtes-d’Armor comptent 569 500 habitants et offrent un peu plus de 184 000 emplois
salariés. Ce département regroupe ainsi 18 % de la population bretonne et 17 % de l’emploi salarié régional.

èmeLes Côtes-d’Armor ont connu des évolutions contrastées de population. Durant la première moitié du 19
siècle, ce département a été le plus peuplé des quatre départements bretons avant d’être rattrapé et dépassé
par le Finistère. Plus récemment, le nombre d’habitants a très peu évolué au cours des décennies 70, 80 et
90. A partir de la fin des années 90, la croissance de la population s’accélère et marque ainsi une rupture de
tendance assez profonde avec les périodes antérieures. Le solde naturel s’équilibrant, la croissance de la
population costarmoricaine est alimentée exclusivement par le solde migratoire témoignant ainsi de
l’attractivité du département. Cette rupture démographique a des conséquences en termes d’occupation du
territoire. Avec la croissance des villes dites « moyennes », la population se concentre encore moins et les
grandes villes ont un poids moindre en 2006. La croissance n’est cependant pas régulière sur tout le territoire
et semble tirée par l’extension de l’aire d’attraction de Rennes et Saint-Malo à l’Est puis par une bande côtière
au centre du département.

Les Côtes-d’Armor ont gagné 48 000 emplois salariés depuis 1989. Le département a connu une croissance
de l’emploi salarié comparable à l’évolution régionale de 1989 à 2000. Le retournement de l’activité dans la
filière électronique-téléphonie a ralenti cette croissance en 2001. Depuis 2004, l’emploi salarié augmente de
nouveau à un rythme comparable à celui de la région. Certains secteurs sont dynamiques et contribuent à
cette croissance de l’emploi : la construction, le commerce et les services aux entreprises. Les réductions
d’emplois s’observent dans les industries agroalimentaires et les industries des biens intermédiaires,
d’équipement et de consommation.

Le département des Côtes-d’Armor totalise un peu plus de 161 000 postes de travail à la fin 2005. Les trois
sphères d’activités, permettant de caractériser l’économie d’un territoire, sont assez bien représentées dans le
département. La sphère résidentielle (activités liées à la population) concentre 41 % des emplois contre 39 %
au niveau régional. Les activités touristiques et le potentiel de revenus offrent des débouchés aux entreprises
de la sphère résidentielle. La sphère productive (activités orientées vers les marchés extérieurs) représente
32 % des emplois (35 % en Bretagne). Elle s’appuie en grande partie sur les activités de la filière « télécoms»

Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 3/52
qui génère de bons revenus. Grâce à la présence de plusieurs hôpitaux, du centre héliomarin et de
l’enseignement supérieur, la sphère publique (fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière) regroupe
27 % des emplois, 1 point de plus qu’en Bretagne.

Le département compte environ 25 000 établissements en 2007 (hors agriculture, activités financières,
activités immobilières et administration) en progression de 16 % depuis 2000 comme au niveau régional. La
croissance du parc d’établissements costarmoricains est due, pour l’essentiel, au secteur des services aux
entreprises. Les principaux établissements sont localisés autour de Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp et
Lannion. Les Côtes-d’Armor se caractérisent par une bonne dynamique de créations d’entreprises notamment
depuis 2004 et un solde positif de transferts d’établissements entre 2003 et 2006.

Le département des Côtes-d’Armor possède des atouts avec un solde migratoire positif engendrant un certain
rajeunissement de la population, des revenus ayant fortement progressé ces dix dernières années sous
l’impulsion de nouveaux arrivants, une croissance soutenue de l’emploi et des filières professionnelles plus
développées qu’en Bretagne.
En revanche, il possède quelques points faibles notamment en termes d’accessibilité, de cohérence
territoriale (déséquilibre entre le Nord et le Sud) et d’absence de pôle universitaire important.



Irène Houssais
Yves Le Roho
Marie Lozachmeur
Gaëlle Quéré

Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 4/52 Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique










e1 partie
Le département des Côtes-d’Armor : le
renouveau de la croissance démographique




Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 5/52 Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique
erLe département des Côtes-d’Armor abrite au 1 janvier 2006 569 500 personnes, c’est le département le
èmemoins peuplé de la Bretagne. Pourtant, il a été le plus peuplé durant la première moitié du 19 siècle, puis
rattrapé et dépassé par le Finistère. Au cours des décennies 70, 80 et 90, le nombre d’habitants évolue très
peu, il baisse entre 1982 et 1990.

Population au 1er janvier 2006
569 498 - 18,5%
693 498 - 22,5%
Morbihan Côtes-d'Armor
Ille-et-Vilaine Finistère
879 497 - 28,5%
938 497 - 30,5%

Source : Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2007
Une occupation du territoire homogène
Longtemps, les grands pôles ont contribué à structurer le territoire. C’est une caractéristique forte de la
Bretagne, le poids des pôles urbains est certes moins fort que pour le reste du territoire, mais ils sont plus
nombreux et mieux répartis. Il en résulte une concentration moindre de la population :
10% des communes les plus peuplées concentrent 53% de la population, contre 71% pour l’ensemble
de la France ;
30% des communes les plus peuplées concentrent 75% de la population, contre 87% pour l’ensemble
de la France.
Répartition de la population
Communes de Communes de Couronne
Pôle urbain
l'espace urbain l'espace rural périurbaine
Côtes-d'Armor 59% 41% 39% 13%
Bretagne 72% 28% 43% 23%
France 82% 18% 61% 16%
Source : RP 1999

Dans les Côtes-d’Armor, la présence d’un seul pôle de taille importante peut sembler pénalisant pour le
développement démographique et économique. En effet, ces pôles expliquent sur l’ensemble de la région,
l’essentiel de la croissance de la population sur longue période. Ainsi, les 3 autres départements ont vu
èmel’importance de leur pôle croître de manière considérable au cours du 20 siècle. De plus, la présence de 2
pôles dans les départements du Finistère et du Morbihan permet un développement moins concentrique de la
population.

Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 6/52 Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique


Densité de population en 2005 (*)
Source : Insee - Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2007
(*) Remarque : Cette carte représente la densité de population lissée, c’est-à-dire qu’à chaque point de la carte est
associée une densité (dite lissée) calculée à partir des densités des communes situées dans un rayon de 15 km autour de
ce point.
Cette structure, plus rurale pour les Côtes-d’Armor et basée sur un seul pôle, a peut-être semblé pénalisante
pour son développement. Mais la rupture des années 2000 a montré d’autres ressorts du département et
l’apparition d’un autre pôle près de Dinan, partagé avec l’Ille-et-Vilaine.

Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 7/52 Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique
La rupture du début des années 2000
Taux annuel moyen de variation de la population (en %)
1975-1982
1982-1990
1,1
1990-1999
1999-2006
0,9
0,7
0,5
0,3
0,1
Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan-0,1

Source : Recensements de la population - Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006.
A partir de la fin des années 90, la croissance de la population est très vive, marquant une rupture de
tendance assez profonde avec les périodes antérieures. La rupture est en réalité double : d’une part la
croissance est très vive, comparée aux périodes précédentes. D’autre part, le solde naturel, longtemps
négatif, s’équilibre.
Variation de la population des Côtes-d'Armor
30 000
Variation due au solde migratoire
Variatolde naturel25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
-5 000
-10 000
1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006

Source : Recensements de la population - Enquêtes annuelles de recensements de 2004 à 2006.
Ainsi, c’est le solde migratoire qui alimente exclusivement la croissance de la population, témoignant de
l’attractivité du département.
En analysant plus finement la décomposition de la croissance démographique, on se rend compte que la
rupture se produit plus tôt qu’elle ne paraît, au cours de la décennie 90 avec un solde migratoire en très forte
croissance. Ce retournement explique l’équilibre du solde naturel 10 ans plus tard : les migrants ont à leur tour
des enfants.

Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 8/52 Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique
Naissances et décès dans les Côtes-d'Armor de 1980 à 2006
7500
7000
Décès
6500
6000
5500
Naissances
5000
1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006

La population se développe autour des grandes villes
La rupture démographique a des conséquences en termes d’occupation du territoire. Avec la croissance des
villes dites « moyennes », la population se concentre encore moins. Ainsi, les grandes villes ont un poids
moindre en 2006.

Évolution annuelle moyenne de la population dans les communes de moins de 10 000 habitants
recensées entre 2004 et 2007




































Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 9/52 Le département des Côtes-d’Armor : le renouveau de la croissance démographique
La croissance n’est cependant pas régulière sur tout le territoire et semble tirée par l’extension de l’aire
d’attraction de Rennes et Saint-Malo à l’Est, puis par une bande côtière au centre du département.
Les grandes villes connaissent des évolutions plus faibles sur la période 1999-2005. Alors que le département
progresse de 5%, la plupart des principales villes ont des évolutions inférieures.

Population des grandes villes
Evolution 1999-
1999 2005*
2005 (en %)
Dinan 10 907 11 200 2,7
Lamballe 10 563 11 000 4,1
Lannion 18 368 19 400 5,6
Plérin 12 512 13 300 6,3
Ploufragan 10 579 10 900 3,0
Saint-Brieuc 46 087 46 700 1,3
Total 109 016 112 500 3,2
Poids départemental 20,1 19,8
er* : estimation au 1 juillet
Source : Recensement de 1999 - Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2007
Ces taux d’évolution restent cependant supérieurs à ceux observés pour les grandes villes des autres
départements. Une des conséquences est l’ampleur de l’étalement urbain.
L’étalement urbain se poursuit
Evolution des aires d'attraction dans l'ouest entre 1999 et 2004
Granville
LannionSaint-Pol de Léon Vire
Dinard
Morlaix Saint-
AvrancheLanderneau MaloGuingamp
LamballeBrest
Saint-
Brieuc
Dinan
Fougères
Loudéac
Rennes
VitréQuimper
Pontivy
Quimperlé Laval
Ploërmel
Lorient
Concarneau
VannesAuray Châteaubriant
Redoncommune d'une aire d'attraction en 1999
commune d'une aire d'attraction en 2004
périmètre des aires d'attraction en 1999
périmètre des aires d'attraction en 2004 Angers
limites régionales Saint- Ancenis
Nazaire
Nantes
© IGN - Insee 2008
Cholet
Clisson
L’aire d’attraction de Saint-Brieuc s’est étendue depuis 1999 au sud et à l’ouest, rejoignant l’aire de Loudéac.
Elle a gagné 22 communes en 4 ans.

Analyse économique des Côtes-d’Armor réalisée en partenariat avec Côtes-d’Armor Développement 10/52

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