Bâtiment : des indications contrastées, au total une faible croissance (Octant n° 93)

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La faible croissance du bâtiment est le résultat d'évolutions contrastées. Seul le secteur de l'entretien-amélioration tire vraiment son épingle du jeu. Les entreprises du bâtiment ont continué à investir mais la situation de trésorerie s'est détériorée en cours d'année. Malgré tout, l'emploi a encore progressé au cours de l'année de 1 000 postes environ (+ 1,7 %).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Bâtiment
Des indications contrastées,
au total une faible croissance
ans un environnement sionnels. Par la suite, l’opinionDéconomique moins por- des chefs d’entreprises sur leur
teur que précédemment, l’acti- activité s’est un peu redressée
vité du secteur du bâtiment – mais s’est à nouveau infléchie
construction de logements et au deuxième semestre. Dans
bâtiments professionnels – a fai- l’ensemble, la diminution de
blement progressé en 2002. Le l’activité a été plus fortement
secteur de l’entretien-améliora- ressentie dans le gros-œuvre
tion a continué de croître, mais que dans le second-œuvre.
à un rythme plus modéré que
les années antérieures. La cons- Les carnets de commandes des
truction de logements neufs entrepreneurs n’ont pas été af-
s’est maintenue au même ni- fectés par le ralentissement
veau qu’en 2001. En revanche, d’ensemble. En moyenne sur
la construction de bâtiments l’année, les professionnels ont
professionnels est en repli pour déclaré disposer d’un volume
la deuxième année consécu- de commandes leur assurant
tive. En effet, à la baisse de l’in- 4,8 mois de travail. Cela repré-
vestissement des entreprises se sente le plus haut niveau enre-
sont ajoutées les difficultés dans gistré ces dernières années. EnLa faible croissance du
l’agriculture, ce qui a freiné la particulier au deuxième tri-
bâtiment est le résultat construction de locaux non ré- mestre, les carnets de comman-
d’évolutions sidentiels. Au total, selon la Cel- des ont atteint un pic avec 5,2
lule économique de Bretagne, mois de travail. Cependant, se-contrastées.
la progression en volume de la lon la Cellule économique de
Seul le secteur de production serait de l’ordre de Bretagne, le renouvellement
l’entretien-amélioration 0,7 % après + 0,2 % en 2001 et des carnets de commandes ne
après les 5 % annuels des an- s’effectue pas au même rythmetire vraiment son
nées 1999 et 2000. qu’en 2001.
épingle du jeu. Les
entreprises du bâtiment Au cours de l’année 2002, les
Des professionnels peu tensions sur l’appareil de pro-ont continué à investir
duction ont continué de s’atté-optimistes, des carnetsmais la situation de nuer. En début d’année, 70 %de commandes
trésorerie s’est des chefs d’entreprise interro-encore bien garnis
gés déclaraient utiliser au maxi-détériorée en cours
mum leur capacité de produc-
d’année. Malgré tout, Selon les professionnels du bâti- tion. Au dernier trimestre, cette
l’emploi a encore ment, le repli d’activité s’est ré- proportion était de 48 %. En
vélé particulièrement fort en dé- moyenne sur l’année, un peuprogressé au cours de
but d’année en lien avec moins de 60 % des entrepre-
l’année de 1 000 postes l’activité jugée terne dans le neurs déclaraient connaître des
environ (+ 1,7 %). secteur des bâtiments profes- tensions, contre 71 % en 2001.
18 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002Bâtiment
raison d’une dégradation inter-Croissance modérée
venue sur la seconde partie dede l’emploi L’activité est jugée en baisse solde d’opinions ,en %l’année.
70
Activité passéeL’emploi salarié a continué de
50croître en 2002 dans le secteur Seul le secteur
de la construction, à un rythme amélioration-entretien
30un peu moindre que l’année a progressé
précédente. Dans l’ensemble
10du secteur (bâtiment et travaux
0publics), l’emploi s’est accru de Concernant la construction de
-10logements neufs, les profession-1,7 % en 2002, soit l’équivalent
Activité prévuede 1 000 emplois supplémen- nels ont une opinion moins fa-
-30vorable sur leur activité qu’entaires. En 2001, ce secteur avait
progressé de 2,3 % (+1 400 em- 2001, bien que celle-ci se soit
-50maintenue sur l’année. Les pré-plois). Les tensions sur le mar- 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
Source : Insee, enquêtes de conjonctureché du travail qui s’étaient atté- visions d’activité pour le début
2003 sont orientées à la baisse.nuées en 2001, se sont presque
stabilisées en 2002. En moyen-
Selon la Direction Régionale dene sur l’année, 73,3 % des chefs
d’entreprise déclaraient ren- l’Equipement, les surfaces Contraintes de production en baisse,
créées de bâtiments profession-contrer des difficultés de recru- difficultés de recrutement stables % d’entreprises
tement contre 72,5 % l’année nels ont progressé de 5 % en 90
Difficultés de recrutement2002. Il semble toutefois que lepassée.
chiffre d’affaires de ce secteur
d’activité ait stagné, selon les 70
premières estimations de laLe secteur a investi mais
Cellule économique de Bre-la situation de trésorerie
50tagne. D’ailleurs, les entrepre-est plus difficile
neurs interrogés dans les en- Contraintes de production
quêtes de conjoncture ont jugé
30En 2002, les entrepreneurs du leur activité plus terne qu’en
bâtiment ont été plus nombreux 2001. Aucune amélioration
à réaliser des investissements : n’est envisagée à court terme,
1080 % des chefs d’entreprise ont l’activité se dégraderait encore
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
déclaré avoir effectué des inves- un peu plus au début 2003. Source : Insee, enquêtes de conjoncture
tissements, contre 70 % en
2001. Les projets d’investisse- L’activité du secteur de l’amé-
ment pour 2003 sont également lioration-entretien a continué
orientés plus favorablement de progresser en 2002, à un étant prorogé en 2003, le mar-
qu’un an plus tôt. rythme plus ralenti que les deux ché de l’amélioration-entretien
années précédentes. Le taux de conserverait une orientation
La situation de trésorerie des TVA réduit à 5,5 % appliqué favorable.
chefs d’entreprise qui s’était aux travaux d’amélioration de
maintenue en 2000 et 2001, est l’habitat a contribué à soutenir
jugée plus mauvaise en 2002 en l’activité du secteur. Ce taux Marie-Paule LE BRIS
Autant de logements construits.
Pour le non-résidentiel, les autorisations
de construire reculent encore
’année 2002 se solde par un 294 000 logements ont été misLogements : laLbilan positif pour la cons- en chantier, soit une hausse deconstruction se maintient
truction neuve de logements. 0,6 % par rapport à l’année
à un niveau élevéLes mises en chantier se sont 2001.
maintenues et les demandes
d’autorisations de construire En Bretagne, le financement des
ont nettement progressé.Par Avec près de 21 000 logements constructions est soutenu, entre
contre, la demande de cons- commencés en 2002, les mises autres, par l’attribution d’un
truction de locaux non résiden- en chantier conservent le même nombre croissant de prêts à
tiels a diminué, en particulier niveau que l’annéeprécédente. taux zéro : 7 500 prêts de ce
dans le secteur agricole. France entière, un peu plus de type ont été accordés pour le
Bilan économique 2002 Octant n° 93 - Avril 2003 19
nLogement
Ainsi le bon niveau global de l’année 2001, comme au ni-
construction de logements est veau national (- 10,7 % sur
Mises en chantier de logements neufs en Bretagne atteint grâce au fort volume de l’année). La surface totale auto-
25 000 constructions individuelles : risée dans le secteur agricole -
pour quatre logements cons- près de la moitié des surfaces
20 000 truits, plus de trois sont des autorisées en Bretagne - a chuté
Ensemble
maisons individuelles. Le pen- cette année de 25 %.
chant des Bretons pour la mai-
15 000
son individuelle reste donc tou- Au final, la baisse du nombre
Individuel jours aussi marqué. d’autorisations devrait se tra-
10 000
duire par une baisse des cons-
En 2002, on compte 24 000 au- tructions de locaux au cours des
5 000 torisations de construire, soit premiers mois de l’année 2003.
une augmentation de 6 % par
Collectif
rapport à l’annéeprécédente, le
0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 quatrième trimestre ayant été Promotion immobilière :
Source : DRE - SITADEL meilleur que le premier. Plus de
augmentation générale6 600 autorisations ont été déli-
des ventesvrées pendant les trois derniers
Locaux non résidentiels : évolution des surfaces autorisées mois de l’année:c’est 11 % de
selon les secteurs plus qu’au quatrième trimestre Les promoteurs ont vendu
2001. 4 000 logements en 2002, soit
Secondaire, 22 % de plus qu’en 2001. Cette
hors bâtiments industriels
augmentation concerne aussi
Non résidentiel : bien les appartements que les
stagnation du chiffre maisons individuelles. En 2002Secondaire,
bâtiments industriels d’affaires, baisse comme en 2001, les ventes ont
concerné une maison pour cinqdes autorisations
2001
Tertiaire appartements.de construire2002
Sur l’année, la mise en vente
Primaire des nouveaux programmes estPour les locaux non résiden-
tiels, les surfaces créées attei- en nette hausse (+ 17 %), consé-
20 750 000 1 500 000 2 250 000 3 000 000 quence d’une forte augmenta-gnent 3,5 millions de m , et sont
Source : DRE - SITADEL ainsi en hausse de 5 % sur tion au cours du premier se-
mestre (+ 46 % par rapport aul’année. Malgré cette progres-
sion, les surfaces construites premier semestre 2001). La
neuf entre octobre 2001 et sep- mise en vente a été trèsdyna-sont inférieures de prèsde2% à
tembre 2002, soit une progres- la moyenne des cinq dernières mique pour les maisons indivi-
sion de 13 % par rapport aux 12 duelles (+ 57 %), mais bonneannées. Au total, selon la Cel-
mois précédents. lule économique de Bretagne, aussi pour les appartements
(+ 12 %). Peu de logements res-le chiffre d’affaires de ce secteur
L’évolution de la construction s’est replié de 0,5 % en 2002 tent sans acquéreur, ainsi les
neuve révèle des disparités stocks n’augmentent que trèslé-après avoir déjà baissé de 1,4 %
entre les départements : aug- en 2001. gèrement (+ 2 %).
mentation en Ille-et-Vilaine et
dans le Finistère (+ 6 % et Les évolutions des surfaces La hausse moyenne des prix est
+ 2 %), diminution dans le Mor- plus forte pour les maisons indi-créées varient selon le départe-
bihan (- 8 %) et dans une ment :+12%surl’annéeen viduelles que pour les apparte-
moindre mesure dans les Cô- ments. Le prix moyen des mai-Ille-et-Vilaine, - 11 % dans le
tes-d’Armor (- 1 %). Morbihan. Des écarts existent sons individuelles vendues en
groupé par les promoteurségalement entre les différents
secteurs d’activité : progression s’élève à 148 000 euros en fin
d’année 2002, soit 12 % de plusLes maisons individuelles pour les bâtiments commer-
ciaux et les bâtiments indus- qu’en fin d’année 2001. Le prixgagnent la mise 2
moyen du m d’un appartementtriels (respectivement + 19 % et
+ 11 %), baisse pour les bâti- s’établissait quant à lui à 1 870
Avec 15 900 maisons indivi- euros, soit une augmentation dements d’enseignement, de cul-
duelles bâties, ce type de cons- ture et de loisirs (- 22 %) et pour 5 %.
truction a progressé de 3%par les bâtiments agricoles (- 9 %).
rapport à l’année 2001. A l’in-
verse, avec moins de 4 900 ap- Les autorisations de construire
2partements construits, la cons- concernent 3,8 millions de m
truction de logements collectifs Bruno RULet reculent pour la quatrième
a subi une chute de 9 % en année consécutive. Elles sont Direction Régionale
2002. de l’Équipementen repli de 11 % par rapport à
20 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002
n

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