Batiment : la croissance poursuit son essor (Octant n°105)

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En 2005, l'activité du bâtiment continue de progresser. Les professionnels sont plus optimistes dans tous les secteurs. Cependant, l'intensification de l'activité continue d'engendrer des tensions sur l'appareil de production. Au cours de l'année, l'emploi a progressé de 3 900 postes dans la construction mais des difficultés de recrutement subsistent.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Bâtiment
La croissance poursuit son essor
En 2005, l’activité du bâtiment continue de née, la charge de travail est
évaluée à 5,8 mois de travailprogresser. Les professionnels sont plus optimistes
contre 5,6 en 2004 et 5,2 en
dans tous les secteurs. Cependant, l’intensification 2003. Concernant le renouvel-
de l’activité continue d’engendrer des tensions sur lement des carnets de comman-
des, selon la Cellule écono-l’appareil de production. Au cours de l’année,
mique de Bretagne, aucune
l’emploi a progressé de 3 900 postes dans la rupture d’activité n’est à prévoir
construction mais des difficultés de recrutement au cours de l’année 2006.
subsistent.
En nette baisse fin 2004, les ten-
sions sur l’appareil de produc-
ans un contexte écono- but du second semestre, elle est tion se sont ravivées au début
2005. Elles se sont ensuite ac-Dmique moins favorable repartie vivement, puis est
au premier semestre, puis un restée dynamique jusqu’en fin crues tout au long de l’année.
En effet, au premier trimestre,peu plus porteur au second, d’année.
l’activité du secteur du bâtiment 52 % des chefs d’entreprises dé-
clarent utiliser au maximum- construction de logements et L’activité est jugée nettement
de bâtiments professionnels - meilleure dans le second- leurs capacités de production.
s’est renforcée en 2005. œuvre : déjà d’un bon niveau Cette proportion atteint 63 % en
fin 2004, elle a continué de fin d’année. Sur l’année,
Tous les secteurs ont contribué s’améliorer tout au long de comme en 2004, en moyenne
à la progression de l’activité. La 2005. En revanche, dans le 57 % des chefs d’entreprises in-
construction de logements gros-œuvre l’appréciation des terrogés estiment connaître des
neufs poursuit son essor. L’acti- professionnels sur leur activité tensions.
vité du secteur de l’entre- est moins bonne, surtout au pre-
tien-amélioration demeure éga- mier semestre 2005. Toutefois
Une progressionlement favorable. Enfin l’avis l’activité a été nettement plus
des professionnels de la cons- soutenue en fin d’année. de l’emploi en crescendo
truction de bâtiments non rési-
dentiels sur leur activité s’est Le rythme de croissance deDes carnetsnettement apprécié en 2005 l’emploi salarié dans le secteur
comparé aux années précé- de commandes bien garnis de la construction s’est encore
dentes. accéléré en 2005. Il a triplé en
l’espace de deux ans. AprèsLes carnets de commandes de-
meurent bien approvisionnés : 2,1 % en 2003, puis 4,1 % en
L’activité s’intensifie 2004, l’emploi de l’ensembleremplis fin 2004, ils se dégar-
nissent un peu au début 2005. du secteur (bâtiment et travaux
publics) s’est accru de 6 % enSelon les professionnels du bâti- Puis, ils se reconstituent pro-
ment, leur activité a continué gressivement pour atteindre 2005, soit 3 900 emplois sup-
plémentaires.de s’accroître en 2005. Après 6,4 mois de travail par salarié
un fort redressement en fin au troisième trimestre. En fin
d’année 2004, l’activité a ralen- d’année ils s’allègent légère- Un fort besoin de main-
ti au premier semestre 2005, ment, tout en restant à un bon d’œuvre persiste toutefois dans
tout en restant soutenue. Au dé- niveau. En moyenne sur l’an- le bâtiment. Les tensions sur le
14 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005Bâtiment
marché du travail augmentent à mestre. Au total, leur apprécia- L’activité est jugée en progression (solde d’opinions, en %)
nouveau en 2005 : en moyenne tion est nettement plus positive
70sur l’année 73 % des entrepre- en 2005 que lors des quatre an-
neurs déclaraient rencontrer nées précédentes. Les prévi-
50des difficultés de recrutement, sions d’activité pour le début
soit 2 points de plus qu’en 2006 indiquent un maintien de
302004. ce bon niveau d’activité.
Activité prévue
10Concernant le marché des bâti-
0Un peu plus ments professionnels, les entre-
-10preneurs enquêtés en 2005 sontd’investissements
plus nombreux que l’année pré-
- 30 Activité passéecédente à estimer que leur acti-
En 2005, les chefs d’entreprises vité s’est améliorée. Selon eux,
- 50ont été un peu plus nombreux à l’activité a progressé tout au 2000 2001 2002 2003 2004 2005réaliser des investissements : long de l’année. Les perspecti-
77 % d’entre eux déclarent en
Source : Insee, enquêtes de conjonctureves à court terme sont égale-
avoir effectué, soit 1 point de ment plus optimistes.
plus qu’en 2004. Les projets
d’investissements pour 2006 En 2002, un rapport de la
sont plus nombreux que ne France à la Commission euro-
l’étaient ceux prévus pour péenne, concernant l’entre-
2005. tien-amélioration, avait souli-
gné que le secteur avait connu
La situation de la trésorerie des une embellie depuis la baisse
chefs d’entreprises est jugée Contraintes de production en hausse, difficultésde la TVA en 1999. Après un ra-
meilleure en 2005 que lors des de recrutement toujours assez fortes (% d’entreprises)lentissement de la croissance
trois années précédentes. du secteur en 2002, l’apprécia-
100tion des professionnels s’est
améliorée d’année en année Difficultés de recrutementL’opinion des
depuis 2003. En 2005, l’activité
80professionnels s’améliore a continué de progresser quasi-
dans tous les secteurs ment au même rythme que
l’année précédente. Avec la ré-
60
cente reconduction du taux ré-Après une bonne fin d’année
duit de TVA jusqu’en 2010, la2004, l’opinion des profession-
croissance du secteur devrait se 40nels concernant la construction
poursuivre. Contraintes de productionde logements neufs est restée
très favorable au début 2005.
20Elle s’est ensuite un peu dé-
2000 2001 2002 2003 2004 2005gradée avant de s’améliorer
sensiblement au second se- Lucile CROS Source : Insee, enquêtes de conjoncture
Construction neuve :
record battu pour les logements,
regain pour le non-résidentiel
n 2005, 33 000 logements Collectif : Côtes-d’Armor présentent leEont été mis en chantier en plus bas niveau de constructionforte hausse dans
e
Bretagne, ce qui la situe au 4 (1 550 appartements commen-tous les départements
rang parmi les régions françai- cés) mais connaissent la plus
ses. Avec une croissance de forte progression (+ 93 %).
22 % par rapport à 2004 contre La construction de logements L’augmentation atteint 60 %
12 % France entière, elle enre- collectifs tire la croissance vers dans le Finistère et 48 % dans le
gistre la plus forte progression le haut : 50 % de hausse contre Morbihan. En Ille-et-Vilaine,
depuis dix ans. C’est surtout le 11 % pour les maisons indivi- avec 5 200 logements collectifs
premier trimestre de l’année qui duelles. Ce constat se vérifie commencés soit la moitié du to-
a contribué à cette évolution. dans tous les départements. Les tal régional, l’accroissement est
Bilan économique 2005 Octant n° 105 - Avril 2006 15
nLogement
de 39 % en 2005 (contre + 53 % logement neuf) mis en place en soit 4 % de plus que l’année
en 2004). Le dispositif De Ro- 2003 n’est pas étranger à cette passée.
bien (aide à l’investissement lo- montée en puissance du
catif pour les acquéreurs d’un collectif.
Promotion immobilière :
La construction de maisons in- toujours plus de ventes
dividuelles reste majoritaire en
Bretagne et plutôt homogène enLocaux neufs : évolution des mises en chantier En 2005, les promoteurs ontvolume dans les départements.en Bretagne vendu plus de 8 000 logements,L’évolution par rapport à 2004
35 000 soit une progression de 18 %s’avère faible en Ille-et-Vilaine
Ensemble par rapport à 2004. Elle est deux(+ 2 %) et dans le Finistère30 000
Individuel fois plus forte pour l’individuel(+ 4 %). En revanche, dans le
mais ce marché reste trèsmo-25 000 Collectif Morbihan et les Côtes-d’Armor,
deste face au collectif, 6 800la hausse s’établit respective-
20 000 appartements ont été vendusment à 16 % et 27 %.
contre 1 200 maisons en grou-
15 000 1
pé .L’activité se révèle beau-Avec 41 200 permis de cons-
coup plus dynamique en10 000 truire délivrés en 2005, l’année
Ille-et-Vilaine et dans le Morbi-2006 devrait être aussi bonne
5 000 han (respectivement 45 % etque la précédente.
25 % des commercialisations).
0
1996 1998 2000 2002 2004 2005
Source : DRE - Sitadel L’offre nouvelle est encore plusDe bonnes perspectives
importante : 10 200 mises endans le non résidentiel
ventes, soit 39 % de plus que
l’an passé. En fin d’année, le
Aprèssixannées de diminution, stock disponible - essentielle-
la construction de locaux non ment gonflé au cours des deux
résidentiels est enfin orientée à derniers trimestres - s’élève à
Locaux non résidentiels : évolution des surfaces autorisées la hausse. Les surfaces autori- 5 040 logements, soit 2 240 de
2en Bretagne selon les secteurs (en milliers de m ) sées (3,8 millions de m²)aug- plus en un an.
mentent de 12 % par rapport à
2004. France entière, la pro- Une maison individuelle en
Primaire
gression est de même ampleur. groupé est vendue à un prix
moyen de 175 000 euros. Les
Secondaire
La croissance est forte dans trois 4pièces, les plus nombreuses,(bâtiments
2005industriels) départements, en particulier se négocient aux alentours de
2004 dans les Côtes-d’Armor où elle 164 700 euros. Quant aux ap-Secondaire
(hors 2003 dépasse 28 %. Toutefois, dans partements, très majoritaire-
bâtiments
industriels) le Finistère, les permis de cons- ment des 2ou3pièces, ils se
truire sont en recul de 7 %. vendent à 130 000 euros en
Tertiaire moyenne. Pour l’ensemble du
Globalement, l’augmentation collectif, le prix moyen au m²
0 500 1 000 1 500 2 000 des surfaces autorisées concer- s’établit à 2 283 euros, soit
Source : DRE - Sitadel ne les différents secteurs écono- + 7,6 % sur un an.
miques. Dans le secteur pri-
maire, les surfaces de stockage
agricole progressent beaucoup
(+ 25 %). La hausse est plus im- Laurence LUONG
Direction régionaleportante dans le secondaire
avec notamment 34 % de su- de l’Équipement
Locaux non résidentiels : évolution des surfaces autorisées perficie de bâtiments industriels
2 supplémentaire par rapport àet commencées en Bretagne (en milliers de m )
2004. Quant au tertiaire, le5 500
constat est mitigé. Le nombreAutorisée
5 000 de permis pour les bâtimentsCommencée
commerciaux et d’enseigne-
4 500
ment baisse tandis qu’il s’ac-
4 000 croît fortement pour les bu-
reaux, les équipements collec-
3 500 tifs de culture-loisirs et ceux de
santé (+ 66 %).3 000
1- L’enquête sur la commercialisation2 500 Concernant les locaux dont la
des logements neufs s’adresse aux
construction a commencé en promoteurs réalisant des programmes2 000
1996 1998 2000 2002 2004 2005 2005, les surfaces totales se d’au moins cinq logements destinés à
Source : DRE - Sitadel chiffrent à 3,1 millions de m², la vente.
16 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005
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