Bâtiment : une croissance modérée mais des perspectives favorables (Octant n° 97)

De
Publié par

La progression réduite du bâtiment en 2003 est en lien avec les difficultés persistantes dans les locaux non résidentiels. L'activité s'oriente pourtant plus favorablement pour la construction de logements neufs et continue de progresser pour le secteur de l'entretien−amélioration. La situation de trésorerie est améliorée, et les orientations plus favorables qu'en 2002. L'emploi confirme cette tendance avec 1 500 postes supplémentaires.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 13
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins

Bâtiment
Une croissance modérée
mais des perspectives favorables
La progression réduite du bâtiment en 2003 est gressivement jusqu’à 5,4 mois à
la fin de 2003. En moyenne suren lien avec les difficultés persistantes dans
l’année, les professionnels dis-
les locaux non résidentiels. L’activité s’oriente posent de 5,2 mois de travail
pourtant plus favorablement pour la construction contre 4,8 en 2002 et 4,5 en
2001. Concernant les perspecti-de logements neufs et continue de progresser pour
ves, selon la Cellule écono-
le secteur de l’entretien-amélioration. La situation mique de Bretagne, aucune
de trésorerie est améliorée, et les orientations rupture d’activité n’est à prévoir
en 2004.plus favorables qu’en 2002. L’emploi confirme
cette tendance avec 1 500 postes supplémentaires. Au cours de l’année 2003, les
tensions sur l’appareil de pro-
ans un contexte écono- Activité modérée mais duction se sont accrues avantDmique difficile au pre- de s’atténuer à partir du secondcarnets de commandes
mier semestre, puis plus semestre : la proportion debien garnis
favorable au second semestre, chefs d’entreprise qui déclarent
l’opinion des professionnels du utiliser au maximum leurs capa-
bâtiment sur leur activité - cons- La croissance de l’activité du cités de production est passée
truction de logements et de bâ- bâtiment, en baisse fin 2002, a de 50 % en début d’année à
timents professionnels - continué de s’affaiblir au début 61 % au deuxième trimestre,
s’améliore légèrement en 2003. de l’année 2003. Selon les pro- pour arriver à 53 % en fin
La construction de logements fessionnels, l’activité s’est en- d’année. En 2003 en moyenne,
neufs progresse par rapport à suite nettement redressée avant un peu plus de 55 % des entre-
2002. Dans le secteur de l’en- de ralentir à nouveau, mais plus preneurs estiment connaître des
tretien-amélioration, l’activité modérément, au second semes- tensions, contre 60 % en 2002.
reste bien orientée, du fait no- tre.
tamment de la prolongation
pour 2003 du taux réduit de Dans l’ensemble, une évolution Progression accélérée
TVA. Comme les deux années positive d’activité est ressentie de l’emploi
précédentes, les entrepreneurs dans le gros-œuvre, le se-
de la construction de bâtiments cond-œuvre se maintenant au
professionnels ont un regard en- niveau de 2002. L’emploi salarié dans le secteur
core défavorable sur leur activi- de la construction continue de
té : celle-ci reste en effet Les carnets de commandes, croître, à un rythme plus rapide
pénalisée par la baisse de l’in- déjà bien approvisionnés qu’en 2002 et 2001. Dans l’en-
vestissement des entreprises. l’année passée, continuent de semble du secteur (bâtiment et
Pour l’ensemble du bâtiment, se garnir, atteignant un des plus travaux publics), l’emploi a pro-
selon la Cellule économique de hauts niveaux des dernières an- gressé de 2,4 % en 2003, soit
Bretagne, la progression en vo- nées. Etablis au début de 0,7 point de plus que l’année
lume de la production serait de l’année à 5 mois de travail par précédente. Cela correspond à
0,3 % après 0,7 % en 2002. salarié, ils se remplissent pro- la création de 1 500 emplois.
Bilan économique 2003 Octant n° 97 - Avril 2004 15Bâtiment
Les tensions sur le marché du la suite une sensible progres-
travail, quasi stables en 2002, sion jusqu’à la fin de l’année.
L’activité est jugée en faible progression solde d’opinions, en %
n’ont pas varié davantage en Au total, l’opinion des profes-
70 2003 : 72,8 % des entrepre- sionnels sur leur activité est plus
Activité passée
neurs déclaraient rencontrer favorable qu’un an plus tôt et
50 des difficultés de recrutement, les prévisions d’activité pour le
contre 73,3 % en 2002. début 2004 sont orientées à la
30
hausse.
10
Dans le bâtiment professionnel,Des investisseurs
0
les entrepreneurs jugent queplus nombreux-10
leur activité est restée dé-Activité prévue
primée. Selon la Cellule écono-
-30
mique de Bretagne, les entrepri-Au cours de l’année 2003, l’in-
ses ont moins utilisé leursvestissement des entrepreneurs-50
1998 1999 2000 2001 2002 2003 capacités de production et pardu bâtiment reste dynamique :
Source : Insee, enquêtes de conjoncture conséquent moins investi. Les87 % des chefs d’entreprise af-
professionnels estiment toute-firment avoir réalisé des inves-
fois que les perspectives à courttissements, soit 7 points de plus
terme sont plus favorables.qu’en 2002. Pour 2004, les pro-
jets d’investissement sont au
Le secteur de l’entretien-amé-contraire orientés à la baisse.
lioration a conservé un bon ni-
veau d’activité en 2003, supé-La situation de trésorerie desContraintes de production en baisse,
rieur à celui de 2002, maischefs d’entreprise, dégradée enstabilité des difficultés de recrutement % d’entreprises
inférieur à celui des années pré-2002, est jugée meilleure en
90
cédentes. Fin 2003, la Commis-2003 grâce à une améliorationDifficultés de recrutement
sion Européenne a autorisé laintervenue à partir du second
reconduction, pour deux ans,semestre, cependant elle reste
70
du taux de TVA réduit à 5,5 % ;inférieure au niveau de 2000 et
cette mesure devrait permettre,2001.
en 2004, de maintenir un bon
50
niveau de production.Contraintes de production
Des professionnels
30 plus optimistes
10 La construction de logements
1998 1999 2000 2001 2002 2003
neufs, après avoir ralenti fin
Source : Insee, enquêtes de conjoncture
2002 et début 2003, a suivi par Lucile Cros
Bilan positif pour la construction de
logements, baisse dans le non-résidentiel
e bilan de l’année 2003 est Logements : toujours En Bretagne, le financement desLlargement positif pour la constructions est soutenu, entreplus de constructions
construction neuve de loge- autres, par l’attribution d’un
ments. Les mises en chantier nombre important de prêts à taux
comme les demandes d’autori- zéro. Ainsi la région absorbe plusAvec près de 23 000 logements
sations de construire ont nette- de 8 % de l’ensemble des prêts àcommencés en 2003, les mises
ment progressé. En revanche, la taux zéro accordés en France,en chantier sont en hausse de
construction de locaux non ré- alors qu’elle ne représente que9 % par rapport à l’annéepré-
sidentiels a fortement diminué, 5 % de la population française.cédente. France entière, un peu
en particulier dans les secteurs plus de 305 000 logements ont
des bâtiments industriels et du L’augmentation de la construc-été mis en chantier, soit 4 % de
stockage non agricole. tion neuve est forte dans le Mor-plus qu’en 2002.
16 Octant n° 97 - Avril 2004 Bilan économique 2003
nLogement
bihan (+ 24 %), un peu moins national. Pourtant la surface to-
marquée dans les Côtes- tale autorisée dans le secteur Mises en chantier de logements neufs en Bretagne
d’Armor et le Finistère (+ 9 % et agricole - près de la moitié des
25 000+ 7 %) ; en Ille-et-Vilaine, on surfaces autorisées en Bretagne
constate une légère diminution -s’est maintenue. La baisse in-
(- 2 %). combe à plusieurs secteurs, 20 000
Ensemble
dont les bâtiments industriels
(- 5 %) et le stockage non agri-
15 000
cole (- 38 %). Les évolutionsForte progression
Individueldes surfaces créées varient se-du collectif
10 000lon le département : + 11 % sur
l’année dans le Morbihan,
- 19 % dans les Côtes-d’Armor. 5 000Avec plus de 6 300 apparte-
ments bâtis, la construction de Collectif
Au final, la baisse du nombrelogements collectifs a progressé 0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003d’autorisations pourrait se tra-de prèsd’un tiers par rapport à
Source : DRE - SITADELduire par une baisse des cons-2002. Mis en place au cours de
tructions de locaux au cours desl’année, le dispositif d’incita-
premiers mois de l’année 2004.tion fiscale du ministre Gilles de
Robien semble avoir déjà joué
son rôle. Le rythme de construc-
Promotion immobilière :tion des maisons individuelles
ne faiblit pas pour autant, puis- augmentation générale
qu’avec 16 300 maisons cons- des ventes Locaux non résidentiels : surfaces autorisées
truites, il s’accroit de 3 % en
2selon les secteurs Milliers de m
2003.
Les promoteurs ont vendu en
1Ainsi la construction atteint en groupé 6 160 logements en Tertiaire
volume global son plus haut ni- 2003, soit 54 % de plus qu’en
veau des dix dernières années. 2002. L’augmentation est éle-
Secondaire,vée pour les maisons indivi- hors bâtiments industriels
En 2003, on compte 26 000 au- duelles (+ 36 %) et encore plus
torisations de construire, soit pour les appartements (+ 57 %).
2003Secondaire,
8 % de plus qu’au cours de Ainsi pour une maison vendue bâtiments industriels 2002
l’annéeprécédente, le qua- par les promoteurs, ce sont six
trième trimestre ayant été meil- appartements qui ont trouvé
Primaire
leur que le premier. Prèsde acquéreur.
7 500 permis ont été délivrés
0 750 1 500 2 250 3 000
pendant les trois derniers mois Sur l’année, la mise en vente
Source : DRE - SITADELde l’année:c’est 13 % de plus des nouveaux programmes est
qu’au quatrième trimestre 2002. en nette hausse (+ 21 %). Elle a
été très dynamique pour les ap-
partements (+ 25 %), alors
qu’elle a stagné pour les mai-Non résidentiel : baisse
sons individuelles. Ainsi le vo-des surfaces construites
lume des ventes est largement
supérieur à celui des mises en
ventes, et les stocks s’amenui-Pour les locaux non résidentiels,
sent nettement (- 37 %).les surfaces créées atteignent
2seulement 2,9 millions de m et
Le prix moyen des maisons in-sont ainsi en baisse de 17 % sur
dividuelles vendues en groupél’année. Des disparités existent
par les promoteurs en 2003toutefois entre les différents sec-
(70 % correspondant à des T4teurs d’activité : progression
ou T5) s’élève à 157 000 euros,pour les hôtels et les bâtiments
soit 6 % de plus qu’en 2002. Lede culture et de loisirs (respecti-
2
prix moyen du m d’un apparte-vement + 62 % et + 40 %),
ment s’établissait quant à lui àbaisse pour les bâtiments indus-
1 945 euros, soit une augmen-triels (- 22 %) et pour le stockage
tation de 5 %.non agricole (- 40 %).
1- L’enquête sur la commercialisationLes permis de construire
2 des logements neufs, effectuée auprèsconcernent 3,7 millions de m
des promoteurs, porte sur tous les pro-et reculent pour la cinquième
grammes de plus de quatre logements
Bruno Rulannée consécutive. Ce repli par offerts à la vente. Elle couvre 84 %
Direction régionalerapport à l’année 2002 (- 4 %) des appartements et 5 % des maisons
de l’Équipement individuelles.concerne également le niveau
Bilan économique 2003 Octant n° 97 - Avril 2004 17
n

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.