Commerces agro-alimentaires français et néerlandais - Des spécialisations complémentaires

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Depuis plus de vingt ans, la France et les Pays-Bas sont les premiers exportateurs de produits agro-alimentaires en Europe et les deuxième et troisième dans le monde, derrière les États-Unis. Grâce à ces deux pays, les échanges de l'Union européenne sont aujourd'hui proches de l'équilibre. Comparés à la France, les Pays-Bas sont très spécialisés. Ils ont développé leurs atouts pour des produits agricoles transformés, comme les viandes et les fromages mais également des produits bruts destinés aux ménages tels que les légumes frais et les fleurs. À un moindre degré, la France présente une double spécialisation, basée sur des produits transformés, vins, eaux de vie, fromages et des produits bruts, blé et maïs. Ces spécialisations rendent les deux pays complémentaires, les points forts de l'un étant très demandés par son partenaire.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 559 DÉCEMBRE 1997
PRIX : 15 F
COMMERCES AGRO-ALIMENTAIRES FRANÇAIS ET NÉERLANDAIS
Des spécialisations complémentaires
Christine Monceau, division Agriculture, Insee
sant partie du reste du monde). Au planepuis plus de vingt ans, la France
mondial, les deux pays occupent depuis le
et les Pays Bas sont les premiersdébut des années soixante-dix lesD exportateurs de produits agro-ali- deuxième et troisième rangs après les
États Unis : en 1995, les exportations de lamentaires en Europe et les deuxième et
France s’élevaient à 212,6 milliards de
troisième dans le monde, derrière les francs, celles de la Hollande à 202,2 mil
États Unis. Grâce à ces deux pays, les liards de francs (tableau 1) et celles des
États Unis à 345,2 milliards de francs.échanges de l’Union européenne sont au-
jourd’hui proches de l’équilibre. Compa-
L’agro-alimentaire : un secteur
rés à la France, les Pays Bas sont très important pour les deux pays
spécialisés. Ils ont dével oppé leurs atouts
Aux Pays Bas, les échanges extérieurs
pour des produits agricoles transformés, (somme des exportations et des importa
comme les viandes et les fromages maistions) équivalaient déjà à 50 % de la produc
tion de la branche agro alimentaire en 1970également des produits bruts destinés
et à 82 % en 1995. En France, les chiffres
aux ménages tels que les légumes frais etétaient respectivement de 20 % et de 36 %.
les fleurs. À un moindre degré, la FranceEn 1995, le secteur représentait près d’un
cinquième des échanges extérieurs deprésente une double spécialisation, ba-
biens de la Hollande (19 % en valeur) ; en
sée sur des produits transformés, vins, France, 14 %.
eaux de vie, fromages et des produits Dans les deux pays, les exportations se sont
accélérées après 1968, date d’entrée en ap bruts, blé et maïs. Ces spécialisations
plication des premières organisations de
rendent les deux pays complémentaires, marché mises en place par la Politique agri
les points forts de l’un étant très deman-cole commune. Les Pays Bas ont toujours
dégagé un excédent commercial depuisdés par son partenaire.
trente ans. Ce n’est le cas en France que
depuis la fin des années soixante dix gra (
La France et les Pays Bas s’imposent de phique) : après les cinq premières années
puis trente ans comme les premiers expor d’excédent, 1971 à 1975, le solde était re
tateurs de produits agro alimentaires de devenu déficitaire jusqu’en 1978. Les volu
l’Union européenne (UE). En 1995, ils repré mes exportés avaient marqué le pas entre
sentaient 38 % des exportations de l’ac 1975 et 1977 sous l’effet du premier choc
tuelle Union à 15. Grâce à l’essor de leurs pétrolier et de la sécheresse de 1976, parti
exportations, les deux pays ont contribué à culièrement sévère dans l’hexagone.
l’amélioration de la balance commerciale de
Taux de couverture des échanges agro-l’Europe. Les échanges agro alimentaires
alimentaires de la France et des Pays Basde l’UE à 15 sont aujourd’hui proches de
l’équilibre ; le taux de couverture d’une
Union européenne réduite aux 13 autres
pays ne serait que de 77 % (la France et les
Pays Bas étant alors considérés comme fai
Échanges de produits agro-alimentaires
de la France et des Pays Bas, en 1995
Milliards de francs
Exportations Importations
Monde UE* Monde UE*
France 212,6 154,1 160,6 112,5
Pays Bas 202,2 157,3 118,3 77,4
*Union européenne à 15.
Source : fichier OCDE des échanges internationaux Source : fichier OCDE des échanges internationaux
˚
INSEE
PREMIEREla France (tableau 2). C’est le cas des landais ont maintenu leur place dansDes spécialisations
produits agricoles « transformés », en la hiérarchie des avantages compara complémentaires
particulier des viandes et des froma tifs depuis 1960. À elles seules, elles
Les secteurs agricoles et agro alimen ges, points forts traditionnels de leur représentent 8 % des exportations de
taires de chacun des pays présentent commerce. Les viandes, premier atout biens agro alimentaires et 2 % de celles
des caractéristiques très différentes. des échanges agro alimentaires néer de l’ensemble des biens en 1995. Ce
L’agriculture hollandaise s’oriente vers Les principaux avantages et désavantages comparatifs
des productions très intensives et utili de la France et des Pays Bas en 1991
sant peu de surfaces, alors que la France Avantages 1963 1970 1977 1984 1991
valorise plutôt son espace agricole.
Indica- Indica-2 2 2 2 2Désavantages Rang Rang Rang Rang Rang1 1Les spécialisations qui en résultent sont teur teur
distinctes et les échanges entre les deux
France
pays sont complémentaires. Le blé, le
Produits « transformés » 0,10 4,76
maïs et les vins, principaux avantagesVins -0,84 594221 3,19
de l’hexagone sont des produits très Eaux de vie 0,92 36344 1,40
demandés par la Hollande. En 1996, prèsFromages 0,29 88765 1,00
du tiers des expéditions agro alimentaires Lait 0,53 55658 0,86
Produits alimentaires divers 0,10 14 17 17 16 11 0,45de la France vers les Pays Bas concer
Boissons non alcoolisées 0,11 13 15 14 18 12 0,38naient ces trois produits. En sens inverse,
3Beurre 0,38 6 9 13 14 27 0,01les fleurs et plantes, les cigares et cigarettes
Produits à base de tabac -0,09 36 40 48 70 71 -0,70et les viandes, fleurons du commerce
Conserves de poissons -0,41 52 54 60 66 70 -0,50
agro alimentaire néerlandais, sont mas
Conserves de fruits et jus -0,10 37 47 56 65 69 -0,50
sivement importés par la France. En 1996,
Poissons congelés /// /// /// 58 62 68 -0,37
ces trois biens représentaient 47 % du
Viandes -0,35 46 69 72 71 61 -0,23
total des exportations en valeur des Pays
Produits « bruts » -3,04 4,83
Bas vers la France.
Blé 1,24 21112 2,64
Vis à vis du reste du monde aussi, les
Maïs 0,12 123933 1,44
deux pays ont considérablement spécia Tournesol /// /// /// 35 10 10 0,48
lisé leurs échanges extérieurs agro ali Orge 1,25 12499 0,64
mentaires en trente ans. Pour analyser Produits « intermédiaires » -6,20 1,45
ces spécialisations, les produits ont été Sucres 0,55 47576 0,97
Animaux vivants -0,10 38 10887 0,97classés en quatre grandes catégories (cf.
Bulbes -0,35 4852556065 -0,32encadré), en fonction de leur degré de
Produits « bruts consommables » -3,43 -2,05transformation et de leur destination,
Fruits -2,75 6567717272 -1,01consommation intermédiaire des entre
Pays Basprises ou consommation finale des mé
Produits « transformés » 53,48 35,36nages : les produits « bruts », les
Viandes 10,33 11111 12,35produits de la première transformation,
Fromages 4,82 82235 5,38non consommables par les ménages,
Produits à base de tabac 0,95 18 14 14 7 6 5,12
dits « intermédiaires , »les « bruts consom
Bières 1,09 16 19 13 11 7 2,09
mables », et les produits « transfor
Produits à base de céréales 1,39 12 15 19 19 8 2,04
més ». L’avantage (ou le désavantage)
Oeufs 6,20 6 10 11 9 9 1,72
comparatif d’un produit est basé sur la Légumes préparés 0,33 27 18 16 14 10 1,51
différence entre son solde commercial Vins -0,68 5159676769 -1,71
réel et son solde « théorique » : ce der Produits « bruts » -26,53 -11,80
nier est égal au solde commercial totalSoja -2,15 5667737372 -3,09
Maïs -5,41 6568707170 -1,71pondéré par la part du produit dans les
Tabac -2,54 58 62 66 68 68 -1,33échanges du pays (exportations + impor
Blé -2,71 59 64 65 66 67 -1,14tations). Si le solde réel est supérieur au
Produits « intermédiaires » 4,95 11,50solde théorique, le produit est un avan
Bulbes 7,21 33442 6,19tage comparatif pour le pays. Pour pou
Animaux vivants 1,13 15 11 8 6 11 1,36voir comparer des pays entre eux, on
Aliments pour animaux -2,92 62 69 72 72 * *pondère les résultats par le PIB Pour(cf.
Produits « bruts consommables » 6,95 10,16comprendre ces résultats ).
Légumes frais 6,86 55523 5,84
Fleurs 1,80 108354 5,82
De forts avantages comparatifsFruits -2,21 5765686971 -1,76
1. Indicateur de mesure des avantages comparatifs, moyennes mobiles sur 5ans ( Pourcf. comprendre ces résultat).sdans les viandes et les
2. Rang du produit dans la hiérarchie des avantages comparatifs. Pour chacune des années considérées, les 73 produits
du secteur agro alimentaire ont été classés par valeur décroissante de l’indicateur d’avantages comparatifs.fromages aux Pays Bas
/// : l’indicateur n’a pas été calculé car les flux d’échanges sont très faibles.
3. Le beurre est présent dans le tableau car il faisait partie des principaux atouts de la France en 1963.
Les Pays Bas ont, de longue date, des * L’indicateur n’est pas interprétable en raison du biais introduit par les flux de réexportations (Pourc comf. prendre ces résultat)s
Source : fichier OCDE des échanges internationauxavantages comparatifs plus forts que
¸secteur est en effet très performant Les vins et champagnes sont un pointEnfin, la France a renforcé depuis
aux Pays Bas. En amont de la filière, fort traditionnel du commerce français, quelques années ses performances
les élevages porcins et avicoles sont depuis l’arrêt des importations en pro sur quelques produits élaborés, les
très intensifs et souvent spécialisés. venance des anciennes colonies produits alimentaires divers (aliments
Très liés, par nature, au secteur de d’Afrique du Nord. Depuis 1987, ils se diététiques, aliments pour bébés, plats
l’alimentation animale, ils bénéficient classent au premier rang des avanta cuisinés...) et les boissons non alcoo
de la position privilégiée du port de ges comparatifs. L’entrée successive lisées, eaux minérales notamment.
Rotterdam. En effet, celui ci permet de l’Espagne, du Portugal et de la
aux producteurs d’aliments pour ani Grèce dans la Communauté euro- Fleurs et légumes frais, des
maux de s’approvisionner à des prix péenne n’a pas remis en cause l’avan spécialités hollandaises
très avantageux, les matières premiè tage de la France pour les vins.
Deux produits « bruts consomma res agricoles provenant de pays exté Celui ci s’est au contraire renforcé
bles » sont parmi les fleurons desrieurs à l’Union. En outre, les coûts dedepuis 1970. Les vins d’Appellation
exportations néerlandaises : les légu transport sont minimisés. d’origine contrôlée (AOC) se sont pro
mes frais et les fleurs. La floriculture,Plus récemment, les Pays-Bas ont gressivement développés au détriment
réalisée pour 70 % sous serre, est uneamélioré leurs performances à l’expor des vins de consommation courante :
activité traditionnelle aux Pays Bas.tation sur des produits élaborés, sou ils constituent aujourd’hui la majorité
Elle est très spécialisée : presque tou vent à haute valeur ajoutée. Ils se sontdes vins exportés. L’environnement
tes les exploitations de grande tailleparticulièrement bien adaptés à la de international est d’ailleurs très porteur
produisent une seule variété. La ri-mande de produits agro alimentaires pour ces produits de marque, aux
chesse du pays en gaz naturel, princi des membres de l’Union. C’est le cas quels s’ajoutent les eaux de vie, autre
pale source d’énergie pour la culturepour les cigares et les cigarettes et spécialité française : la très forte de
sous serre, constitue un avantage in pour les produits élaborés à base de mande des pays asiatiques, notam-
déniable pour les horticulteurs. De soncéréales, les bières, et, dans une ment du Japon, a permis de
côté, la production néerlandaise demoindre mesure, les légumes préparés. compenser les effets de la concur-
légumes s’est fortement développéerence sur le marché européen.
depuis trente ans.Les produits laitiers sont un atout desDes atouts en France dans les
La réussite commerciale des Pays-commerces extérieurs français et hol produits « transformés »
Bas, dans les fleurs et les légumeslandais. En particulier, les exporta
comme dans les viandes et les froma Contrairement à son concurrent hol tions de fromages ont progressé
ges, tient à l’organisation en filière etlandais, au début des années soixante vivement dans les deux États en trente
à l’efficacité des coopératives agrico l’hexagone ne disposait que de faibles ans. Pour ce qui concerne le lait et le
les. Véritables entreprises, celles ciavantages comparatifs dans l’agro ali beurre, les avantages comparatifs ont
prennent en charge la transformation,mentaire. Le secteur n’est devenu un fondu sur longue période. Dans le cas
s’il y a lieu, et la commercialisationatout français qu’à partir des années des laits (concentré, en poudre, etc.),
avec une grande efficacité. Depuis lesoixante-dix. La France, comme les la décrue est encore plus nette à partir
milieu des années quatre vingt, les ex Pays Bas, a développé sa spécialisa du milieu des années quatre vingt,
portations de fleurs et de plantes setion dans le commerce des produits surtout aux Pays Bas. Pour le beurre,
sont développées grâce à des circuitsagricoles « transformés ». Dans cette le léger tassement des exportations
de commercialisation très performantsbranche, les très bons résultats fran néerlandaises et françaises tient en
et à la proximité des lieux de culture etçais reposent sur quelques grands partie à la mise en place des quotas
de commercialisation, capitale dans leproduits phares. laitiers en 1984 qui a limité l’offre.
cas de produits périssables. La distri
bution est assurée par des marchésQuatre classes de produits agro alimentaires
coopératifs de vente peu nombreux et
Les regroupements de produits utilisés viandes, les produits laitiers, toutes les
souvent spécialisés dans une variétédans cet article s’appuient sur une nomen boissons et conserves et les produits
donnée. Toutefois, les Pays Bas sontclature du ministère américain de l’Agricul divers des IAA (aliments diététiques,
ture. Celle ci classe les produits suivant aliments pour bébés, plats cuisinés...). La actuellement confrontés à la concur
leur degré de transformation et leur desti produitsdernière catégorie comprend les rence des producteurs de fleurs
nation finale (achats des entreprises ou « bruts consommables » , biens agricoles
d’Amérique latine (notamment la Co
consommation des ménages). Cette no destinés à être directement consommés
lombie) et d’Afrique, où les salairesmenclature distingue quatre classes de par les ménages et n’incorporant quasi
sont faibles, les conditions climatiquesproduits. La première contient les produits ment pas de transformation : il s’agit des
« bruts » , non destinés à la consommationfruits et légumes, des fleurs et plantes favorables et la réglementation sur les
des ménages : les céréales, les oléagi mais aussi des poissons frais. pesticides moins contraignante.
neux, etc. La deuxième classe comprend Les animaux vivants ont été classés par le
les produits « intermédiaires » : ceux ministère américain de l’Agriculture au
Blé et maïs : des produits brutsdes Industries agro alimentaires (IAA) sein des produits « intermédiaires » car ils
comme la farine, les corps gras, le sucre, intègrent déjà, avant l’abattage et la trans qui réussissent à la France
les aliments pour animaux, mais aussi des formation, une valeur ajoutée importante
biens agricoles (les animaux vivants et les relativement aux produits dits « bruts ». Parmi les points forts de ses échan
bulbes et graines). La troisième classe Pour la même raison, les bulbes ont été ges, la France compte aussi quelques
correspond aux produits « transformés » classés avec les produits ayant subi
produits bruts. En 1991, le blé et le
et directement consommables comme les une semi transformation.
maïs occupaient respectivement lesdeuxième et troisième rangs dans la élevées, aux Pays Bas comme en sylviculture, pêche, produits alimentaires,
hiérarchie des avantages comparatifs. France. Par ailleurs, la production hol boissons et produits à base de tabac.
Relativement élevées à la fin des annéeslandaise de cigares et cigarettes sup Pour mesurer les avantages et désavantages
soixante, les productions et exporta pose des importations massives de comparatifs, on a utilisé l’indicateur établi
tions françaises de ces produits ont tabac brut. En outre les Pays Bas, par le Centre d’études prospectives et d’in
été stimulées par l’entrée en vigueur comme la France, importent des pays formation internationale (Cepii). Cet indica
des organisations de marché des cé tiers du café non torréfié mais égale teur est construit à partir des soldes
réales en 1968. En revanche, les bonsment des produits « bruts consomma d’échanges par produits rapportés au Produit
résultats du commerce de l’orge au bles » comme les fruits tropicaux. intérieur brut (PIB). Il a été calculé pour les
début des années soixante se sont En France, les désavantages comparatifs produits agro alimentaires à un niveau dé
détériorés à partir de 1980. Dans se sont globalement réduits depuis trente taillé (4 ou 5 positions) de la nomenclature
l’Union européenne surtout, les éle ans. Le commerce des viandes va moins CTCI (Classification type pour le commerce
veurs et les producteurs d’aliments mal depuis 1980. Il est excédentaire de international, révision 2).
pour animaux ont délaissé quelque puis 1993 grâce à des exportations de Les réexportations de produits agro alimen
peu l’orge au profit du blé et du maïs.viandes de volailles très dynamiques. En taires acheminés par le territoire néerlandais
Au sein des produits « intermédiai outre, le recul des importations de viandesétaient susceptibles de biaiser le solde des
res », les bulbes et graines constituentbovines en 1996, consécutif à la crise de échanges par produits. En effet, dans certains
le grand point fort du commerce néer la vache folle, a contribué à la hausse decas, le prix du produit réexporté en l’état par
landais. La France présente, elle aus l’excédent des viandes. les Pays Bas est inférieur au prix d’exporta
si, des avantages comparatifs sur ces Pourtant, la France présente quelques tion. Il en va ainsi du sucre, dont le cours sur
produits, principalement le sucre et lespoints faibles. Les importations de cer le marché mondial (prix de réexportation) est
animaux vivants. Point faible au début tains produits « transformés » n’ont ces inférieur au prix pratiqué dans l’Union (prix
des années soixante, les animaux vi sé de croître : produits à base de tabac,d’exportation d’un pays membre vers les Pays
vants sont devenus un secteur favora poissons congelés et conserves de pois Bas). Pour éviter que les soldes de ce produit
ble aux exportations. Par exemple, la sons, conserves de fruits et jus. Quant soient surestimés, des corrections ont été faites
filière bovine a adapté son offre pour aux produits « bruts consommables », sur les exportations françaises de 1987 à 1991.
répondre à une nouvelle demande en les désavantages comparatifs concer- Dans le cas des échanges néerlandais d’alim ents
animaux vivants destinés à être en nent d’abord les fruits, puis les crustacéspour animaux et de lait, l’importance du phéno
graissés. Le sucre demeure un atout et mollusques et les légumes frais. mène de réexportation n’a pu être quantifiée.
important grâce à ses très bons résul Le redressement n’étant pas envisageable pour ces
tats à l’exportation depuis trente ans. produits, l’indicateur n’a pas été calculé sur 1991.Pour comprendre
ces résultats
Pour en savoir plus :Davantage de points faibles
aux Pays Bas qu’en France
Les données utilisées pour cette étude sont les « D’excellents résultats pour le com
merce extérieur des produits "bruts" etÀ côté de ses nombreux atouts, l’écono flux annuels d’importations CAF (coût, assu
"transformés" », in L’agriculture : ten
mie néerlandaise montre aussi des fai rance, fret) et d’exportation FAB (franco à bord) dances et disparités, Synthèses n° 10,
mai 1997, Statistique publique.blesses, plus marquées que celles de laen valeur et en volume, extraits des fichiers de
France (tableau 2). Elle doit importer l’Organisation de coopération et de développe « Trente ans d’échanges agro alimentaires
français », Insee première , n° 388, juin 1995.surtout des « produits bruts », utilisés ment économiques (OCDE). Le commerce de
comme consommations intermédiaires la France ne concerne que la métropole : les « La mesure des avantages comparatifs
révélés », Économie prospective inter pour sa production agro alimentaire. échanges avec les DOM sont donc considérés er
nationale, n° 41, 1 trim. 1990, Cepii.
C’est le cas des graines de soja, du maïs comme des importations ou des exportations.
« L’agriculture néerlandaise en 1986 »,et du blé : ils sont notamment destinés Le taux de couverture des échanges d’un
Les Cahiers du Bac, Bureau agricole
à l’industrie des aliments pour animaux, pays mesure le rapport de ses exportations commun pour l’étude de la conjoncture
économique, 86/4.secteur très dynamique aux Pays Bas (FAB) à ses importations (CAFLa production).
jusqu’à la fin des années quatre vingt. effective des secteurs agro alimentaires de « Un point fort des échanges agro ali
mentaires : les produits transformés »,C’est aussi le cas des tourteaux, qui ser la France et des Pays Bas est issue des
in Le commerce extérieur industriel fran
vent directement pour l’alimentation ani comptes nationaux, à prix courants et en monnaie çais, 1980 1996, Synthèses n° 12 13, à
paraître, Statistique publique.male : leurs importations sont très nationale. Elle recouvre les branches agriculture,
Direction Générale :
18, Bd Adolphe Pinard
A RETOURNER A : INSEE CNGP, B.P. 2718, 80027 AMIENS CEDEX 01
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