Contrastes sociaux et systèmes métropolitains - Volet 1

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’Aire métro po li taine de Lille s’étend, d ans son ver sant fran çais, de la fron tièreLbelge à Arras en pas sant par le bas sin minier. Elle est devenue une réa lité éco no mique et sociale pour ses habi tants et ses entre pri ses avec une inté gra tion crois sante des mar chés de l’em ploi, de l’ha bi tat, de l’en sei gne ment, de la consomma tion ou des loi sirs. Au-delà des seuls enjeux éco no mi ques, d’a mé na ge ment et de trans port, il importe, sur ce ter ri toire orga nis é his to ri q ue m ent de maniè re mul ti po laire , de par ta ge r une vision com mune des enjeux humains et sociaux liés à la métro po li sa tion. Les Dépar te ments du Nord et du Pas-de-Calais, chefs de file en matière de politiques de solidarité, et l’Insee enten dent, par une série d’é tu des, qua li fier les impacts sociaux de la métro po li sa tion pour mettre en lumière le rôle de la cohé sion social e et de la soli da r ité ter ri to riale dans le dév e lop pe m ent mé tro po li tain . En pro po s ant une com p a rai son avec l’aire mé tro po li tain e pro ve n çale et la rég ion urbaine de Lyon, le pre mier volet de ces tra vaux met en évi dence des dif fi cul tés socia les plus mar quées dans l’aire métro po li taine lil loise. Si, autour de Lille et d’Arras, les couron nes périur bai nes res sor tent comme des espa ces de richesse, l’an cien bas sin minier, le ter ri toire rou bai sien de même que des quar tiers lil lois connaissent d es situa tions de pré ca rité impor tante.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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’Aire métro po li taine de Lille s’étend, d ans son ver sant fran çais, de la fron tièreLbelge à Arras en pas sant par le bas sin minier. Elle est devenue une réa lité
éco no mique et sociale pour ses habi tants et ses entre pri ses avec une inté gra tion
crois sante des mar chés de l’em ploi, de l’ha bi tat, de l’en sei gne ment, de la
consomma tion ou des loi sirs.
Au-delà des seuls enjeux éco no mi ques, d’a mé na ge ment et de trans port, il importe,
sur ce ter ri toire orga nis é his to ri q ue m ent de maniè re mul ti po laire , de par ta ge r une
vision com mune des enjeux humains et sociaux liés à la métro po li sa tion.
Les Dépar te ments du Nord et du Pas-de-Calais, chefs de file en matière de
politiques de solidarité, et l’Insee enten dent, par une série d’é tu des, qua li fier les
impacts sociaux de la métro po li sa tion pour mettre en lumière le rôle de la cohé sion
social e et de la soli da r ité ter ri to riale dans le dév e lop pe m ent mé tro po li tain .
En pro po s ant une com p a rai son avec l’aire mé tro po li tain e pro ve n çale et la rég ion
urbaine de Lyon, le pre mier volet de ces tra vaux met en évi dence des dif fi cul tés
socia les plus mar quées dans l’aire métro po li taine lil loise. Si, autour de Lille et
d’Arras, les couron nes périur bai nes res sor tent comme des espa ces de richesse,
l’an cien bas sin minier, le ter ri toire rou bai sien de même que des quar tiers lil lois
connaissent d es situa tions de pré ca rité impor tante. Dans le Cam bré sis et l’Aves nois, la
pré ca rité se retrouve tant dans les espaces ruraux que dans les pôles urbains.
Contrastes sociaux et systèmes
métropolitains
La pour sui te de la périur ba ni sa t ion, La métro po l i sa t ion (éty m o lo gi que ment dépar t e men ta les, afin d’a d ap t er conjoin te ment
l’é mer gence de nou veaux pôles d’em ploi meter-polis : ville-mère) est une dyna mique leurs poli ti ques et pro mou voir la prise
et l’ac c rois se m ent des mobi l i tés qui en spa t ial e con tri bu ant à orga ni ser le ter ri toi re en compte de la ques tion sociale dans
décou lent sont autant de signaux autour des vil les capi ta les. Elle voit s’é tendre l’é la bo ra t ion des pro jets struc t u rants à
confir mant la réalit é d’un système la forme clas sique du tissu périur bain en l’é chell e métro po l i ta ine.
métro po l i ta in mul t i po la ire dans la parti e relia nt les prin ci pa les agg lo mé ra tions et,
cen trale du Nord-Pas-de-Calais avec, sur tout, les modes de vie urbains. LES ENJEUX SOCIAUX DE LA
comme élé ment moteur, l’ag glo m é ra ti on « TRANSITION MÉTROPOLITAINE »
lil loise . La métro po l i sa tion se cara c té rise d’a bord
par la concen tra tion des acti vi tés dans les Le déve l op pe ment des mobi l i tés et la
L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE AU gran d es vil les. Les “métro p o les” regrou pent concur rence accrue pour l’es pace impli quent
CŒUR DE L’AMÉNAGEMENT DU l es fonc tions déci si on nel les (éco no mi que, des enjeux sociaux impor tants pour les
TERRITOIRE poli tique, cul tu relle...) tan dis qu’un agg lo mé ra tions impl i quées.
redé ploie ment des acti vi tés se met en
En réponse à ces évo lu tions, les coo pé ra tions œuvre : les fonc tions consom ma tri ces Ainsi , la loca li sa tion des acti vi tés pose
ins ti tu ti on nel les se déve l op pent entre d’es pa ce (loi sirs, com mer ces , indus tries) méca ni que ment des ques t ions
acteurs publics avec l’am bi tion se dépla cent vers les péri phé ries ou dans d’ac ces si bi l ité : la mobi l ité condi ti onne
de trai ter les ques tions rela ti ves aux des pôles secon daires, al ors que les l’ob ten t ion d’un empl oi, en par t i cu l ier
trans ports, aux res sour ces natu rel les , à cen tres- vil les concen trent les acti vi t és à pour les emplois les plus qua li fiés.
l’ur ba nisme durable, à la société de la forte valeur ajoutée. L’é vo lu tion des mar chés fon ciers,
connais sance et de façon géné rale à conco mi t ante de la dépré cia tion d’une
l’at trac t i vit é du ter ri toi re. Selon des La métro po l i sa tion fonc tionne ains i selon partie du parc, alimente d es migra tion s
moda li t és et des péri mè t res vari a bl es, une double dyna mique : concen tra tion rési den t iel l es qui font évo lu er la
ces coo pé ra tions créent des espa ces d’hom mes et de valeurs sur un pôle géo graphie sociale des vil les et des
de dialogu e et de pro jets entre les urbain et redis tri bu tion d’ac ti vi tés sur inter com mu na li t és.
agglo mé ra tions : celle de Lille, celles is sues un large ter ri toire d’in fluence. Cette
de l’aven ture minière de Valen cien nes à réor ga ni sa t ion de l’es pa ce invit e donc à Ce type de méca nisme a fait l’ob jet
Béthune mais éga le ment cel les d’Arras, repen ser les oppo si t ions tra d i tion nel les d’a na ly ses appro fon d ies à l’é chell e des
de Cam brai et du Val de Sambre du côté entre la ville-centre et sa péri phérie, ou agglo mé ra tions. Marc Wiel (1999) exa mine
fran ça is, les inter com mu na les IDETA encore entre l’ur bain et le rural. Elle ainsi les consé quen ces socia les de ce qu’il
(Tour na i, Ath) , IEG (Mouscron), LEIEDAL conduit à une inter dé pen dance accrue appelle la « tran si tion urbaine », c’est à
(Kor trijk), et une partie de WVI (Ieper, des dif fé rents espa ces sous influence dire le pas sage d’un sys tème éco no mique
Roe se lare et Tielt) du côté belge. métro po l i ta ine. et social de proxi mité, bâti à l’é chelle
d’une ville, à un sys tème élargi, bâti à
Éga le ment inves tis des enjeux por tés par PENSER DE NOUVELLES ACTIONS l’é chell e d’une agg lo mé ra tion. La pré sente
le déve l op pe ment métro po l i ta in, les PUBLIQUES POUR LE DÉVELOPPEMENT étude vise à ques tion ner les consé quen ces
Con seils géné raux du Nord et du MÉTROPOLITAIN socia les de la « tran s i tion métro po l i ta ine »,
Pas-de-Calais ainsi que le Con seil régio nal c’est-à-dire le pas sage d’un système
Nord - Pas-de-Calais sont par ties pre nan tes Les mar chés du tra vail et de l’ha bi tat de pensé à l’é chelle d’une agglo mé ra tion à
de ces dis po si tifs, avec l’am bi tion de his ser l’ai re métro po l i ta ine de Lill e s’ins cri v ent un sys tème pensé autour d’un réseau
l’en sem ble des ter ri toi res concer nés au dans cette inter dé pen dance dans un d’ag glo m é ra ti ons.
rang de grande métro pole euro péenne. contexte de déve lop pe ment des migra tions
rési den t iel l es et des mig ra ti ons alt er nan tes . Le ren for ce ment des ségré g a ti ons
LA MÉTROPOLISATION RENFORCE LES Les poli t i ques de trans port et d’a m é na ge m ent socio-spa tiales, m is en évidence à
LIENS ENTRE AGGLOMÉRATIONS ET du ter ri toire doivent d ès lors viser à l’é chelle des vil les et des aires urbai nes
REDISTRIBUE LES FONCTIONS coor don ner au mieux l’im p lan t a ti on (Bou zouina et Mignot, 2007), peut
ÉCONOMIQUES future et la des serte des grands équi pe ments éga le ment être exa miné à cette échelle
et des zones d’ac ti vité. plus vaste que repré sen tent les espaces
Issu du rap pro che m ent pro gres s if d’un métro po l i ta ins. La pola ri sa t ion de l’em pl oi
cha pe l et de vil les et d’ag glo m é ra ti ons reliées Au delà de l’in t é gra t ion éco no miqu e, la et le déve l op pe ment des mobi l i tés
par un étroit mai l la ge d’in fra s truc tu res métro po l i sa tion lil loise génère des condui sent-ils à des si ner des espa ces
rou tiè res et fer ro via i res, le sys tèm e muta tions socia les. Chefs de file en de plus en ségré gués et spé cia li sés ?
métro po l i ta in lil lois est une tra d uc tion matière de soli da rité et d’ac tion sociale Cons ti t uent-i ls une oppor tu ni té pour
ori gi na le d’un phé no mène éco no miqu e, sur les deux dépar te ments que traverse l a accompa gner voire accé lérer la muta tion
social et urbain plus géné ral, observé à dyna m ique métro po l i ta ine, les Con seil s éco no miqu e et socia le de ter ri toi res en
l’é chell e des métro po l es fran ça i ses et géné raux du Nord et du Pas-de-Calais dif fi cul té ?
euro péen nes. enten dent, au tra vers de cette étude,
qua li fier des enjeux dépas sant les limi tes













UN PÉRIMÈTRE D’ÉTUDE ÉLARGI ter ri to ri ale (Scot ), qui englo b ent les Béthune comp tent res pec ti ve ment
i nter com m u na l i tés par t e nai res de 13 400 et 12 100 emplois des fonc tions
L’é tude se limite au ver sant fran çais de l’as so cia tion Aire métro po li taine de Lille. métro po li tai nes, contre 6 300 et 4 700
l’aire métro po li taine de Lille, les sour ces emplois pour cel les de Maubeuge et de
sta tis t i ques ne per met t ent pas de réa li ser LES EMPLOIS DES FONCTIONS Cam b rai. Pri ses ensembl e, les prin ci pa les
un diagnos tic social com plet sur les MÉTROPOLITAINES SE CONCENTRENT aires urbai nes de l’AML comptent a insi
dimen s ions trans fron ta l iè res. DANS LES GRANDES AGGLOMÉRATIONS plus de 230 000 emplois des fonc tions
métro po l i ta i nes dont 73 000 cadres .
Cette restric tion ne doit pas faire La métro po l i sa tion se cara c té rise par la
oubli er que l’in té g ra ti on métro po l i ta ine concen tra tion des fonc tions ter tia i res
Carte 1 : LES EMPLOIS
s e déve l oppe pro gres s i ve ment sur supé rieu res dans le cœur métro po l i ta in
DES FONCTIONS MÉTROPOLITAINES
cet espace franco-belge. À titre – en l’oc cur rence, l’ag glo m é ra ti on AU SEIN DES GRANDES
d’exemple, près de 20 000 actifs du lil loise. Cons trui tes par regrou pe m ent AIRES URBAINES
Nord-Pas-de-Calais et 10 000 actifs de de pro fes si ons et caté g o ries socio-
Bel gique tra ver sent la fron tière pour se pro fes sion nel les, cinq fonc tions sont
rendre sur leur lieu de tra vail. En outre, usuel le ment qua l i fiées de « métro-
d’im por tants enjeux émer gent quant à la poli taines » : concep tion-recherche,
coor di na tion de poli t i ques socia les pres ta tions intel lec tu el les , com merce
mises en œuvre de part et d’au tres de la inter-ent re pri ses, ges t ion et cul t ure-loi sirs.
fron tière : la redis tri bu tion par l’im pôt, Avec 140 000 emplois des fonc tions
les aides et minima sociaux, la poli tique métro po l i ta i nes dont 50 000 cadres ,
du loge ment sont autant de spé ci fi ci tés l’ag glo mé ra tion de Lille fait partie des
nati o na les . 12 aires urbai nes fran çai ses accueil lant
plus de 60 000 emplois des fonc tions
Afin de mesu rer les enjeux sociaux de la métro po l i ta i nes . Les aires urbai nes
métro po l i sa tion au sein des ensem bl es de Douai-Lens et de Valen cien nes
urbains qui la com po sent mais éga le ment comp tent cha cune plus de 20 000
dans des espa ces ruraux qui en sont empl ois des fonc tions métro po l i ta i nes
étroi te m ent dépen da nts, le zonag e (29 000 emplois pour Douai-Lens, 22 000
d’é tude retenu a été cons truit sur emplois pour Valen cien nes). À une autre Source : recensement de la population 2006
la base des 10 sché mas de cohé rence échelle, les aires urbai nes d’Arras et de (Insee).
ENCA DRÉ 1 : LES DYNA MI QUES DE COO PÉ RA TION ET D’É CHAN GES SUR L’AIRE MÉTRO PO LI TAINE DE LILLE
L’as so cia tion Aire métro p o li taine de Lille ( AML) : Créée en 2007, l’as so cia tion Aire Métro po li taine de Lille•
réu nit 2 com mu nau t és urbai nes, 8 com mu nau t és d’ag glo m é ra ti on, 1 com mu naut é de com mu nes et le syn di ca t mixt e pour
l’é la bo ra tion du Scot de l’Artois, le Con seil régio nal Nord - Pas-de-Calais et les Con seils géné raux du Nord et du Pas-de-Calais.
Elle se veut un espace de concer ta tion sur les gran des orien ta tions de déve lop pe ment et d’a mé na ge ment du ter ri toire, de
lan ce ment de pro jets et de pro mo tion du ter ri toire.
L’ Euro mé tro p ole Lill e-Kor trijk-Tour nai : Créée en 2008, l’ Euro mé tro p ole Lille-Kor tr ijk-Tour nai est un Grou pe ment euro péen•
de coo pé ra t ion ter ri to ri ale (GECT ) qui réu nit Lill e métro pole com mu n auté urbai ne (LMCU) et 4 inter com mu na les
bel ges fron ta liè res. Son but est d’assu rer la concer ta tion, le dialogu e entre les par te nai res, de faci li ter et por ter des pro jets qui
tra d ui sent une stra tégi e de déve l op pe ment com mu ne.
Le Cadre de cohé rence de l’État : La démarche pré pa ra toire à un cadre de cohé rence de l’a mé na ge ment et des trans ports•
pour l’Aire métro po li taine de Lille initiée par la Pré fec ture de Région pro pose l’é la bo ra tion de scé na rios de déve lop pe ment à
échéance 2020 – 2030 sur l’aire géo gra phique de l’as so cia tion AML.
La révi sion du SRADT et les DRA : Le pro ces sus de révi sion du Schéma régio nal d’a mé na ge ment et de déve lop pe ment du ter ri toire•
(SRADT) et les Direc ti ves régio na les d’a mé na ge ment (DRA) « Maî trise de la périur ba ni sa tion » et « Trame verte et bleue »
inter ro gen t les pro blé m a ti ques de métro po l i sa tion et de coo pé ra t ion ter ri to ri ale.
Les pro jets de pôles métro po li tains : La Loi du 16 décembre 2010 por tant réforme des col lec ti vi tés ter ri to ria les rend•
pos sible la créa tion de « pôles métro po li tains », syn di cats mix tes qui fédè rent des Éta blis se ments Publics de Coo pé ra tion
Inter com mu nale (EPCI) en vue d’ac tions d’in té rêt métro po li tain. Des pro jets de pôle métro po li tain pour raient voir le jour
entre des EPCI de l’aire métro po li taine de Lille.
Eura l ens : Créée en 2009, l’as so cia tion Eura lens réu nit des acteurs publics, éco no mi ques et sociaux (Région, Dépar te ments, com mu nes,•
EPCI, CCI, uni ver si tés, SNCF…) autour de la future implan ta tion du Louvre à Lens. Elle a pour but d’é la bo rer le grand pro jet
éco no miqu e et urbai n per met t ant de val o ri ser l’ins t al l a ti on de cet équi pe m ent de dimen s ion métro po l i ta ine.







Se des sine ainsi un sys tème éco no mique ENCA DRÉ 2 : COM PO SI T ION DES AI RES MÉ TRO PO LI TA I NES DE COM PA RA I SON
mul ti po laire, arti culé autour du pôle cen tral
de Lille et relié à des zones urbai nes se
dis tin guant à une échelle tan tôt natio nale
( Doua i-Lens, Val en cien nes) , tan t ôt régio na le
(Arras, Béthune) par leur volume d’emplois
métro po l i ta ins. Les zones pré sen ta nt un
moindre volu me d’em pl ois métro po l i ta ins
se carac té ri sent par leurs liens étroits, en
ter mes de mar ché du travai l, avec les
pôles natio naux et régio naux : c’est
notamment l e cas pour Mau beuge et
Cam b rai, fonc tion na nt en sys tèm e avec
Val en cien nes.
LA PROGRESSION DU PÉRIURBAIN ET
L’ALLONGEMENT DES NAVETTES
DOMICILE-TRAVAIL RENFORCENT LE
RÉSEAU DES VILLES
La métro po l i sa t ion voit éga l e ment
s’é tendre la forme clas sique du tissu
périur bain, au point de relier les prin ci pa les
agglo mé ra tions entre elles. Depuis le
début des années 2000, le périur bain a
gagné plus de 0,5 % de popu la tion par an
en Nord-Pas-de-Calais – une crois sance
cinq fois plus rapide que la moyenne
régio na le. Con sé quence de son att rac ti vit é,
le périur ba in se den sifi e pro gres s i ve ment .
La métro po l i sa tion conduit à de nou vel les
mobi li tés entre lieu de rési dence et lieu
de travai l, sur des dis tan ces allon gées.
Au modèle clas sique selon lequel les
mig ra ti ons alt er nan tes s’ar t i cu lent aut our
d’une ville-centre, d’une banlieue et
d’une cou ronne périur baine, le modèle
métro po l i ta in subs t itue pro gres s i ve ment
des mobi li tés de grande dis tance, soit
direc te m ent d’une agg lo mé ra tion à une
aut re, soit indi rec t e ment en élar g is sa nt
les zones d’in fluence des pôles urbains.
En 2006, près d’un quart des actifs occu pés
de la région habite et tra vaille dans des
zones d’em pl oi dif fé ren tes . Le volu me
des navet tes domi ci le-t ra va il impl i qua nt
un chan ge ment de zones d’em ploi a augmenté
de près de 25 % depuis 1999 tan dis que la
popu l a ti on acti ve occupée aug men ta it
de seu le ment 10 %. Ainsi, parmi les actifs
occu pés rési da nt et tra v ail lant en
Nord-Pas-de-Calais, 47 % tra vail lent à une
dis tance com prise entre 5 et 30 km de leur
domi cile, et 8 % à plus de 30 km.

VERS UN MARCHÉ DU TRAVAIL Ces mobili tés sont sociale ment typées : mobi li tés sur l’axe Lille – Valen cien nes
D’ENVERGURE MÉTROPOLITAINE ? les cadres et les pro fes sions inter mé diai res contre 22 % pour les employés ; à l’in verse,
effec tuent les dépla ce ments les plus les cadres ne repré sen tent que 19 % des
Ces migra tions alter nan tes sont une longs et sont ceux qui con tri buent le plus mobi li tés sur l’axe Lille – Douai-Lens
tra duc tion des liens crois sants entre les aux échan ges entre aires urbai nes. Les contre 24 % pour les employés.
mar chés locaux du tra vail, qui s’o rien tent ouvriers habi tent le plus sou vent dans un
vers un mar ché métro po l i ta in inté g ré. rayon relati ve ment proche de leur L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE, UNE
Les dépla ce ments mail lent un réseau emploi, même si la concen tra tion des ORGANISATION SPATIALE UNIQUE EN
intense entre les zones urbai nes de l’aire emplois indus triels dans de grands SON GENRE
métro po li taine de Lille : chaque jour, éta blisse ments induit le plus sou vent des
37 200 navetteurs effec tuent la liai son navet tes de plus de 5 km. Enfin, les Afin d’exa mi ner les évo lu tions socia les
entre les aires urbai nes de Douai-Lens employés réa li sent en moyenne des inhé ren tes au phé no mène de métro po l i sa tion,
et de Lille, 18 600 entre les aires de déplace ments plus courts que ceux des l’aire métro po li taine de Lille est com parée
Valen cien nes et de Lille, 11 200 entre cel les ouvriers, en partie du fait d’une répar ti tion à d’au t res aires pré sen ta nt des simi li t u des
de Valen cien nes et de Douai-Lens uni forme des emplois qui leur sont dans leur orga ni sa tion spa tiale, c’est à
. Rap por tées au nombre total pro po sés sur le ter ri toire, mais aussi de la dire com por tant à la fois : (i) un cœur
d’em plois de ces aires, les migra tions sur re pré sen t a ti on dans cette caté g orie métro po l i ta in d’une impor t ance simi lai re
alt er nan tes pré sen tent une inten si té des fem mes qui sont moins mobi les que à celle de l’ag glo mé ra tion lil loise, (ii) de
excep t ion nell e, net te m ent supé rieu re à les hommes. gran d es aires urbai nes com por t ant des
cel les obser vées entre les autres gran des empl ois des fonc tions métro po l i ta i nes en
aires urbai nes fran ça i ses. La métro po li sa tion se vit ainsi avec des nombre suf fi sant, (iii) des rela tions inten ses
moda li tés pro pres à chaque caté gorie entre les dif fé ren tes aires et le cœur
Les flux entre les autres aires urbai nes de sociale. Elle touche en partie direc te ment métro po l i ta in. Le pre mier cri tère conduit
l’es pa ce métro po l i ta in sont den ses éga l e ment. les cadres et les pro fes sions inter mé diai res à rete nir quatre cœurs métro po li tains :
Par exemple, 12 500 navet teurs relient les pour des rai sons pro fes si on nel les , en rai son les aires urbai nes de Lyon (257 000
aires d’Arras et de Douai-Lens et 3 700 d’un élar gis se ment de leur zone de empl ois des fonc tions métro po l i ta i nes),
entre Arras et Béthune. En dépit d’une pros pec t ion. Ell e touche plus indi rec t e men t de Mar seille-Aix-en-Pro vence (170 000
dis tance plus grande, les liens avec le les employés et les ouvriers, à tra vers la emplois), de Tou louse (142 000 emplois) et
cœur métro po l i ta in res tent impor t ants , hausse du fon cier et la muta tion pro gres sive de Bor deaux (123 000 emplois). L’ab sence
avec plus de 3 500 navetteurs ent re les des mar chés rési den t iels. Ces pola ri tés de gran d es aires urbai nes envi ron na n tes
aires de Lille et d'Arras. socia les dif fè rent selon les ter ri toi res et invite à ne rete nir ni Tou louse ni Bor deaux
leur éloi g ne ment au cœur métro po l i ta in. au regard du second cri tère : l’es pace
Ainsi, les cadres repré sen tent 24 % des métro po l i ta in y est mono cen tri que.
À l’in verse, l’aire urbaine de Tou lon
Tableau 1 - ÉCHANGES LES PLUS INTENSES (41 000 emplois des fonc tions
ENTRE LES GRANDES AIRES URBAINES
métro po l i ta i nes) com pl ète celle deUni tés : nombre, %
Mar s eill e-Aix -en-Pro v ence, de même
Migra tion s que l’aire urbaine de Saint-ÉtienneInten sitéAires urbai nes A Aires urbai nes B alter nan tes entre (33 000 emplois) jouxte celle de Lyon.(en %)
A et B L’am pleur des liens entre ces zones
confirme l’é mer g ence de sys tè m esDouai-Lens Lille 37 236 6,2
métro po li tains et vérifie le troi sième
Valen cien nes Douai-L ens 11 175 4,2 cri tère : 18 500 navet teurs tran si tent
quo ti dien ne ment entre les aires pro ven ça les, Lille 18 629 3,2
de même que 7 500 navet teurs entre les
Tou lon Mar sei lle 18 459 2,3 aires lyon nai ses .
Nancy Metz 6 322 2,0 Les enjeux sociaux de l’aire métro po li taine
de Lille (AML) sont ainsi com pa rés à ceuxNîmes Mont pel lier 5 276 2,0
de la région urbaine de Lyon (RUL), définie
Rouen Le Havre 3 130 1,1 sur un péri mètre de 11 Scot com pre nant ou
joux tant les agglo mé ra tions de Lyon et
Saint-Étienne Lyon 7 383 0,9
de Saint-Étienne. Ils sont éga le ment
com pa rés à ceux de l’aire métro po li taineNîmes Avi gnon 1 360 0,7
pro ven çale (AMP), définie sur un
Dun ke rque Lille 3 514 0,6
péri mètre de 8 Scot com pre nant ou
Lec ture : les flux de migra tions alternan tes entre Douai et Lille repré sen tent 6,2 % des emplois totaux de ces
joux tan t les agg lo mé ra tions de Mar seille,
deux aires urbai nes.
Source : Recen se ment de la popu la tion 2006 (Insee). Aix-en-Pro vence et Tou lon .





Ainsi défi nies, l’AML compte 3,1 mil lions L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE l’é chelle des Scot met en avant la forte
d’ha bi tants, la RUL 2,9 mil lions d’ha bi tant s et DAVANTAGE INTÉGRÉE QUE LA RÉGION imbri ca tion des espa ces allant de
l’AMP 2,5 millions d ’ha bi tants. URBAINE DE LYON ET L’AIRE Béthune à Valen cien nes, en passant par
MÉTROPOLITAINE PROVENÇALE Lens et Douai . En com pa rai son,
D’au tres zones de compa rai son ont été l’es pace lyon nais s’or ga nise avec des flux
envi sa gées au regard de cri tè res com muns La com pa ra bi l ité de ces aires métro po l i ta i nes presque exclu si ve m ent pola ri sés aut our du
avec l’AML en matière de tissu pro duc tif à com port e tou te f ois quel q ues lim i tes. Scot de l’ag glo m é ra ti on lyon nai se. Sur
l’ins tar du sil lon lor rain, et de cri tè res de Rap por tés aux emplois pré sents sur les l’AM P, les migra tions sont par t i cu li è re ment
pré ca rit é à l’ins t ar de l’arc lan g ue do cien : aires de Lyon et de Saint-Étienne, le flux de inten ses entre les Scot de Mar seille et
ces ter ri toi res seront évo qués à des temps navet teurs pré sente une inten sité migra toire d’Aix – qui cons ti tuent d’ail leurs une seule
spé ci fi ques de l’a na lyse . de 0,9 % ; ce taux atteint 2,3 % pour les aire urbaine – mais les échan ges sont plus
échan ges entre Mar s eill e-Aix -en-Pro v ence limi tés entre les autres Scot du ter ri toire,
et Tou lon. Il est dans les deux cas infé rieurs en par t i cu li er sur le ver sa nt tou lon na is.
à l’in ten sité mesurée au sein de l’AML :
6,2 % entre les aires urbai nes de Dans cha cune des aires rete nues dans l’a na lyse,
Douai-Lens et Lille, 4,2 % entre le poids éco no mique et démo gra phique du
Doua Valen cien nes, 3,2 % entre cœur métro po li tain dif fère : le cœur lil lois
Val en cien nes et Lill e . repré sente 450 000 des 1 150 000 emplois
de l’aire, soit près de 40 % ; le cœur lyon nais
L’in té gra tion de l’AML se cons truit en regroupe 720 000 des 1 250 000 emplois
outre selon une double dyna mique : de la zone et l’axe Mar s eill e-Aix concentre
concen trique d’une part, autour de l’ag - 585 000 des 950 000 emplois de l’aire, soit dans
glo m é ra ti on lil loise, trans ver sa le d’aut re les deux cas près de 60 %.
part, le long de l’an cien bas sin minier. Une
ana lyse des mig ra ti ons alt er nan tes à
ENCA DRÉ 3 : DES ZONES DE COM PA RAI SON COM PLÉ MEN TAI RES
Le sil lon lor rain : cen tré sur le Luxembourg et des cen dant sur les ai res de Nan cy et Metz, le sil lon lor rain pré sente une his toire éco -
no mique qui fait écho à celle de l’AML et se ca rac té rise par une in té gra tion forte (6 000 na vet teurs entre Metz et Nan cy et en vi ron au -
tant entre les deux ai res ur bai nes fran çai ses et Luxem bourg). En dé pit de trans for ma tions sec to riel les d’une ampleur si mi laire à celle
de l’AM L, le sil l on lor rai n bé né ficie d’in di ca teu rs so cia ux glo b a le m ent plus fa vo ra bles, avec une moindre pro por tion de mé na -
ges à bas re ve nus et sur tout à très bas re ve nus : le ni veau moyen des re ve nus des mé na ges non im po sa bles du sil lon lor rain s’é ta blit à
près de 11 000 eu ros, contre 9 300 eu ros pour les mé na ges non impo sa bles de l’AML. Les es pa ces ur ba ni sés lon gea nt la fron tière
belge et luxem bour geoise, au tour de Long wy et de Thion ville, cons ti tuent néan moins un cor ri dor c on cen trant les dif fi c ul t és so cia les, de
fa çon si mi laire à celle de l’an cien bas sin mi nier du Nord-Pas-de-Ca lais. Les pô les ur bains des es pa c es ru raux , par t iel l e ment à l’é cart du pro -
ces sus de mé tro po l i sa tion, ont éga l e ment des in di ca teurs so cia ux dé gra dés, au t our de Dieuze et de Mor hange, de fa çon si mi laire au Ca -
teau -Cam bré sis ou à Aves nes-su r-Help e. En re vanche, d’au t res ca ra c té ris t i ques spa tia les s’é car tent du cas de l’AML : les deux
ag g lo mé ra tions cen tra l es de Nan cy et Metz ap pa rais sent glo b a le m ent peu tou chées par les dif fi cu l tés so cia les, con trai re ment à l’ag glo -
mé ra t ion lil loise. L’or ga ni sa t ion spa t ial e du sil l on lor rai n est d’ail leurs dis t incte de celle de l’AML, avec un cœur mé tro po li tain si tué de
l’autre côté de la fron tière, à Luxem bourg, of frant un mar ché du tra vail lar ge ment re cru teur, tan dis que les ai res ur bai nes de Nan cy
(43 000 em plois des fonc tions mé tro po li taines) et de Metz (39 000 em plois) ne fi gu rent pas au pre mier plan sur une échelle natio -
nale. En outre, Luxem bourg po la rise in ten sé ment les zo nes d’em ploi li mi tro phes, avec près de 50 000 na vet teurs en pro ve nance de
Long wy et Thion ville. Enfin, le sil lon lor rain s’ins crit dans un jeu d’in fluen ces trans fron ta liè res mul ti ples, en connexion avec la Rhé nanie et
plus pré ci sé m ent l’ai re de Sar re b ruck.
L’arc lan gue do cien : sys tèm e mul ti po l aire ar ti cu lé au t our de Mont pel lier, Nî mes et Avi g non, l’arc lan g ue do cien pré sente des dis -
pa ri tés de re ve nus pro ches de celles d e l’AML et des si tua tions de pré ca ri té de même ampleur. Le cœ ur mé tro po li tain, cons ti tué au -
tour de Mont pel lier, est d’im p or tance in ter mé d iaire (62 000 em pl ois des fonc tions mé tro po l i ta i nes) et se voit ren for cé par Nî mes
(21 000 em plois) et Avi gnon (30 000 em plois). La pau vre té se concentre prin ci pa le ment dans ces villes- cen tres, quand les cou -
ron nes et es pa ces pé riur bains ac cueil lent des po pu la tions plus ai sées. Cette géo graphie n’est pas sans lien avec les flux migra toi res
très pro non cés en pro ve nance d’au tres ré gions et d’au tres pays. Ces flux re pré sen tent une forme de « re nou vel le ment » so cial, avec
l’ar ri vée aus s i bien de po pu l a ti ons re la t i ve ment ai sées (ac tifs ou re trai t és à la re cherche du cadre de vie mé di ter ra néen) que de po pu -
la t ions pré cai res ou mo des t es (im mi g rés ré cents) . Cet ef fet, exo gène au fait mé tro po l i ta in, in dui t une dy na m ique propre au
ter ri toire, qui ne s’ob serve pas sur l’AML. Enfin, le tissu pro duc tif de l’arc lan gue do cien se dis tingue par une éco nomie tou -
ris ti que et une éco nomie pré sen ti elle très dé ve l op pées. Ces der niè res of frent des op por tu n i tés de re cru te ment pour des em -
plois saison niers ou des em plois de ser vi ces à la per sonne, le plus sou vent à faible qua li fi ca tion, ce qui per met de ré duire le
chô mage de longue durée : la pro por tion de de man deurs d’em ploi de puis plus d’1 an os cille au tour de 30 % dans l’arc lan gue do -
cien, quand elle s’ap proche des 40 % dans l’AML.





Enfin, l’or ga ni sa tion du cœur métro po l i -
Carte 2 : PRINCIPAUX FLUX DOMICILE-TRAVAIL ENTRE SCOT DES AIRES
tain est mono cen trique sur Lyon (290 000
MÉTROPOLITAINES
emplois), bipo laire sur Mar seille et Aix
(335 000 et 85 000 emplois), multi po laire
sur Lille, Vil le neuve d’Ascq, Rou baix et
Tour coing (Lille ne regrou pant “que”
150 000 emplois). L’AML pré sente donc
une orga ni sa tion spa tiale unique, du fait
de la mul ti pl i cité de ses pôles éco no mi qu es
et du réseau tissé par l’en semble des
agg lo mé ra tions qui cons ti tuent des pôles
d’em plois et des bas sins d’ha bi tat en tant
que tels.
UNE PRÉCARITÉ ACCENTUÉE AU SEIN
DE L’AML
C ompa rée à l’ai re métro po li t aine pro ven ça le
(AMP) mais sur tout à la région urbaine de
Lyon (RUL), l’aire métro po li taine lilloise
pré sente des niveaux de reve nus glo ba le ment
plus fai bles, témoins de dif fi cul tés socia les
plus mar quées. Le revenu fis cal médian
s’é ta blit en 2007 à 15 245 € par UC
, ce qui le situe 14 % en des sous
du revenu fis cal de l’AMP et 20 % en
des sous de celui de la RUL . À
cette fai blesse du revenu médian s’a joute
la fai blesse des reve nus les plus bas. En
par ti cu lier pour les reve nus des 10 % des
ména ges les plus pau vres (ou pre mier décile)
l a dif fé rence entre l’ai re métro po l i ta ine
lil loise et la RUL s’in ten sifie : le revenu
lyon nais étant près de 50 % plus élevé.
Au con traire la dif fé rence avec l’AMP
s’es tompe lar ge ment puisque le pre mier
décile des reve nus s’é ta blit au même
niveau que celui de l’AML.
Parmi les per son nes âgées de moins de 65
ans, près de 23% de la popula tion de
l'AML se situe sous le seuil de bas reve nus,
une pro por tion bien plus élevée que celle
ren contrée dans la RUL (13,7 %) et dans
une moins mesure, dans l'AMP (19,7 %).
Cause de ces reve nus fai bles, la sur-
repré sen ta tion des minim a socia ux
témoigne de la fré quence des situa tions
de pré ca rit é dans l’ai re métro po l i ta ine
lilloise. Cet impor tant recours aux minima
sociaux témoigne en par ti cu lier des
dif f i cul t és d’ac cès au mar c hé du tra vail
dans l’AML : avant même le début de la
crise en cours, 15 % de la popu la tion
active de l’aire était au chô mage, contre
14% dans l’AMP et 10 % dans la RUL
.
Source : Recensement de la population 2007 (Insee).
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La fai blesse des reve nus dans l’aire Tableau 3 - BAS REVENUS 2008 ET TAUX DE CHÔMAGE 2007
métro po li taine lil loise se conjugue à des
iné ga li tés plus for tes qu’à Lyon mais Part des ména ges à bas Taux de chô mage des
Ter ri toi resnéan moins infé rieu res à celle de Mar seille. reve nus en 2008 (%) 15-64 ans (%)
Le rap port inter dé c ile des reve nus
Aire métro po li taine de Lille 23,1 15,0
fis caux est de 6,5 (contre res pec ti ve ment
Nord-Pas-de-Calais 22,5 14,8
5,1 et 7,2). Le haut de l’é ven tail des reve nus
Aire métro po li taine(der nier décile ou les 10 % des ménages l es 19,7 14,0pro ven çale
plus riches) dans la métro pole nor diste est
Pro vence-Alpes-Côte d’Azur 18,0 13,0
infé rieur aux deux autres aires métro po li taines
Région urbaine de Lyon 13,7 10,0mais l’é cart avec celle de Lyon est net te ment
Rhône-Alpes 12,6 9,5moins mar qué que pour le pre mier décile.
Source : Don nées 2008 (Caf), Recen se ment de la popu la tion 2007 (Insee).La région urbaine de Lyon connaît une
situa tion moins iné ga li taire, du fait de
cas d’ex t rême pau v reté rela t i ve m ent rares. pau vreté de l’AML . En effet, dans Anzin-Saint-Aubin, Neu ville-Saint-Vaast…)
A con tra rio, l’AMP fait le grand écart entre de nom breu ses com mu n es, les reve nus et recou vrent une large partie de la
un pre mier décile des reve nus proche de fis caux médians sont infé rieurs à 13 000 € Pévèle et des Wep pes. La péri phérie de Lille
celui de l’AML et le der nier décile proche par UC. Outre le bas sin minier, les cri ses peut tou te fois se dis tin guer de celle d’Arras
de celui de la RUL. indus triel l es ont auss i mar q ué l’ag glo m é ra ti on par des haut s reve nus par t i cu li è re ment
lil loise et ont éta bli de forts con tras tes pré sents et éle vés. Le neu vième décile
DES CONTRASTES TERRITORIAUX en son sein. Avec un revenu fis cal médian des reve nus s’é ta blit en effet au-des sus de
INHÉRENTS À LA MÉTROPOLISATION ? infé rieur à 10 000 €, Roubaix est en effet la 50 000 € par UC à Bon dues, Mou vaux,
ville la plus en dif fi culté de l’ag glo mé ra tion. Les Marcq -en-Ba r œul ou Ver ling hem alors
Au sein des aires métro po l i ta i nes appa rais s ent vil les voi si nes de Tour coing et Wat tre los que dans la péri phérie d’Arras seu les deux
de for tes dis p a ri t és de riches ses entre ter ri toi res, connaissent a ussi des situations d e pré ca rité com mu nes dépas sent 40 000 € par UC,
par fois voi sins. Néan moins, les for mes impor tante mais tou te fois moins mar quées tout en ayant un poids démo gra phique
que pren nent ces con tras tes ter ri to ri aux que Rou baix. Enfin, la fai blesse des reve nus lar ge ment infé rieur à la banlieue lil loise
dif fè rent selon l’ai re. s’ob serve dans le sud de l’AML, dans le (Anzin-Saint-Aubin et Sainte-Cathe rine).
Cam bré sis et l’Aves nois, tant dans les espa ces
L’es pac e métro po l i ta in lil lois porte ruraux et que dans les pôles urbains L’es pa ce métro po l i ta in lil lois est un modèl e
encore la marque du passé indus triel et (Cam br ai, Maubeuge, A ves nes-sur-Helpe…). for te ment mar qué par son his toire
minier du Nord-Pas-de-Calais. Du fait des éco no miqu e qui le rend dif fi ci le ment
dif fi cu l tés de recon ver sion, il pré sente Com pa ra ti ve ment à la RUL et à l’AMP, les com pa rabl e aux aut res métro po l es. La
une per sis tance des situa tions de pau vreté, com mu nes aux reve nus médians les plus RUL pré sente un modèle beau coup
par t i cu l iè re ment dans le cor ri dor minier. éle vés sont deux fois moins pré sen tes plus clas sique de métro pole arti culée
Ce der nier pré sente de nombreu ses dans l’AML. Celle-ci compte en effet 6 % concen tri que ment autour de la ville de
facet tes : cer tains ter ri toi res ont vu leurs de com mu nes aux reve nus médians Lyon. En effet, les com mu nes aux reve nus
reve nus pro gres ser en lien avec une supé rieurs à 22 000 € par UC, contre 12 % fis caux médians les plus fai bles se situent
att rac ti vité rési den t iell e d’ac t ifs venant pour la RUL et 15 % pour l’AMP. Dans soit aux fran ges de la RUL, soit au centre de
de Lille ou d’Arras ; d’autres t er ri toi res l’AML, ces com mu nes aux reve nus la métro pole lyon naise où l’on observe un fort
ont en partie réussi leur recon ver sion média ns éle vés se situ ent majo ri t ai re m ent con traste entre commu nes riches et com mu nes
éco no mique. Reste que le bas sin minier en péri phérie de Lille (Bon dues, Mou vaux, pau vres (Vaulx-en-Velin, Vénissieux …).
concentre l’essen tiel des situa tions de Marcq-en-Bar œul…) ou d’Arras (Dui sans,
Tableau 2 - DISTRIBUTION DES REVENUS FISCAUX 2007 PAR UNITÉ DE CONSOMMATION (UC)
Rap porter er e e Ter ri toi res 1 Décile 1 Quar tile Médiane 3 Quar tile 9 déci le
Inter dé cile
Aire métro po li taine de Lille 4 773 € 9 420 € 15 245 € 22 094 € 30 882 € 6,5
Nord-Pas-de-Calais 4 955 € 9 490 € 15 189 € 21 907 € 30 507 € 6,2
Aire métro po li taine 4 935 € 10 583 € 17 324 € 25 299 € 35 488 € 7,2pro ven çale
Pro vence-Alpes-Cô te d’Azur 5 425 € 10 772 € 17 243 € 25 141 € 35 618 € 6,6
Région urbaine de Lyon 7 033 € 12 059 € 18 147 € 25 566 € 35 797 € 5,1
Rhône-Alpes 7 308 € 12 231 € 18 143 € 25 499 € 35 684 € 4,9
Source : Reve nus fis caux loca li sés des ména ges 2007 (Insee-DGFip).
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La com pa rai son de l’ai re métro po l i ta ine CARACTÉRISTIQUES DE LA PRÉCARITÉ Pour l’en semble de la partie est de la
lil loise avec l’AMP confirme la spé ci fi cité DANS LES TROIS AIRES métro pol e lil loise s’é ten da nt jus qu’à
du sys tèm e métro po l i ta in lil lois, notam ment MÉTROPOLITAINES Rou bai x-Tou r coing, le zonag e com mu n al
par la pré sence du bas sin minier. L’AMP tend à faire appa raître un conti nuum de
est un sys tème en effet beau coup plus Les analy ses ont jus qu’à pré sent mis en pré ca rité élevée sur toute cette zone
homo gène où la pré ca rité est for te ment ava nt la spé ci fi cité de l’ai re métro po l i ta ine avec en péri phérie des com mu nes plus aisées.
concentrée dans les vil les-cen tres (Mar seille de Lille en ter mes de niveau, de dis tri bu tion Ce conti nuum s’es tompe avec l’a na lyse
et cer tains de ses arron dis se ments et et de loca li sa tion des reve nus. Cepen dant, au niveau des quar tiers . Lille et
dans une moindre mesure Tou lon). Les l es dif fi cu l tés socia les d’un ter ri toi re ne Vil le neuv e d’Ascq pré sen tent en réa li té
com mu nes autour de l’é tang de Berre bien peu vent se résu mer aux reve nus de ses une jux ta po si t ion de quar t iers très
que se carac té ri sant, comme le bas sin habi t ants . Le chô mag e, l’i na c ti v ité, le hété ro gè nes . A con tra ri o, sur Rou ba ix et
minier nor dist e, par une spé cia li sa tion nivea u de qua l i fi ca tion, la caté g orie Tour coing, on constat e, à de rares excep tions,
his to ri que indus triell e aujourd ’hui sur le sociale ou l’âge des habi tants sont autant près une conti nuité de la pré ca rité d’une
déclin, ne pré sen tent pas une aussi forte d’é lé m ents pou va nt géné rer des pro blè m es com mune sur l’autre jus qu’à la fron tière
concen tra tion de situations d e pau vreté. spé ci fi ques de pré ca rit é et dif fé ren ci er des belge au Nord et déli mitée par des
ter ri toi res au niveau de revenu com pa rable. zones plus aisées autour des axes de
DES CONTRASTES MARQUÉS AU SEIN Ainsi en reliant tou tes ces infor ma tions, com mu ni ca t ion avec Lill e.
DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE LILLOISE les com mu nes des trois aires d’ob ser va tion
sont regrou pées au sein d’une typo logie LE CŒUR DU BASSIN MINIER : UN
Un écla i rag e sup pl é men ta ire peut être de la pré ca rité en 7 clas ses inté grant une CONTINUUM SPÉCIFIQUE DE
apporté en analy sant si les com mu nes approche plus large que la seule dimen sion PRÉCARITÉ
sont situées à proxi mité de com mu nes finan ci ère .
aux reve nus simi lai res ou dif fé rent s. Les La limite de com pa ra bi lité entre les
com mu nes aux reve nus fai bl es dont Pre mier cons tat, les cinq clas ses de 3 zones sur la répar ti tion de la pré ca rité
l’en vi ron ne ment connaît les mêmes pré ca ri té pro pres aux com mu nes sont tient par t i cu l iè re ment à la pré sence du bas sin
dif fi cu l tés se situ ent prin ci pa le ment aux pré sen tes sur les trois aires illus trant ainsi minier dans l’AML. Bien que pré sen ta nt
fran ges des trois aires . Ce type de une diver sité de situa tions de pré ca rité une diver sité à ses fran ges, son cœur
com mu nes est for te ment pré sent dans propre aux t erri toi res métro po l i ta ins cons titue le seul ter ri toire des trois aires
l’AML et recouvre une large bande du sud . Néan moins, comme pour les métro po l i ta i nes à pré sen ter une zone
du Cam bré sis au sud de l’Aves nois. On reve nus, l’im por tance de cha cune de ces continue de pré ca rité de cette ampleur, se
retrouve éga le ment ces situa tions à la frange cinq clas ses et leur répar ti tion sur le démar quant du modèle centre-péri phérie.
Nord-est de l’AMP et de manière plus ter ri toire dif fè rent : autour des gran des Cer tes, la RUL voit éga l e ment dans le
ponc tuelle dans la RUL. Tou te fois la partie villes d es trois zones les con tras tes bas sin sté pha nois une zone où les situations
cen trale du bas sin minier à proxi mi té entre centre et péri phérie sont très de pré ca rit é sont rela t i ve m ent fré quen tes ;
de Lens, elle aussi concernée, cons tit ue mar qués. À Lyon, Saint-Étienne, Mar seille, elles n’y attei gnent cepen dant pas le
une excep t ion impor t ante puis q u ’ell e se Aix-en-Pro vence, Lille ou Arras, une même degré de concen tra tion, sur une
situe au cœur de l’es pace métro po li tain. démar ca tion prend place entre les vil les popu la tion aussi nom breuse, que dans le
et arron di s se ment s cen tres très tou chés bas sin minier de l’AML.
De même, cer tai nes com mu nes aux reve nus par les dif fé ren t es for mes de pré ca rit é et
supé rieurs à la moyenne sont situées au leur péri phérie en situa tion net te ment Au niveau infra com mu nal, on cons tate
sein d’un envi ron ne m ent homo gène, plus favo rable. une forte sur re pré sen t a ti on des quar t iers
prin ci pa le ment dans la Pévèle et la pré sen ta nt des situ a ti ons de pré ca rit é
péri phérie d’Arras, au nord-est de La prise en compte de don nées plus lar ges assez fré quen tes mais moins inten ses qu’au
Mar se ille et de manière plus homo gène, que le seul revenu per met de nuan cer centre des com mu nes de Lille, Rou baix
concen tri que ment autour de Lyon. Au l'a p pa rent e homo gé néi té des ban l ieues ou Tour coing. Der rière cette rela tive
con traire cer tains espa ces de richesse sud, ouest et nord de Lille. On peut ainsi homo gé néi té appa rais sent des con tras tes
pré sen tent des écarts impor tants avec dis tin guer un pat chwork de situa tions impor tants entre quel ques quar tiers aisés
leur entou rag e. C’est par t i cu li è re ment le depuis les commu nes où sont en effet dans les gran des vil les comme Valen cien nes,
cas dans l’ag glo m é ra ti on lil loise où des sur re pré sen t és les reve nus les plus éle vés Douai, Lens et d’au tres aux dif fi cul tés
com mu nes riches, même parmi les plus et les rési dents les plus qua li fiés extrê m e ment accen t uées.
riches de l’aire, peuvent joux ter les (Ma rcq-en- Bar œul , Bon dues ou Pha lem pin
com mu nes les plus pau vres (par exemple au sud) jusqu’à cel les où l es reve nus sont LES INÉGALITÉS PROGRESSENT DANS
Bon dues et Tour coing). plus pro ches de la moyenne et les LES CENTRES-VILLES
rési dent s beau c oup moins qua l i fiés en
pas s ant par cer tai nes où les spé ci fi ci tés Entre 2002 et 2007, les iné ga li tés sont
tien nent à l’im por tance de la popu la tion glo ba le ment sta bles au sein de l’AML et
retraitée. de la RUL. Le rap port interquar tile
de l’AML s’é ta blit à 2,35 en







Carte 3 : REVENU FISCAL MÉDIAN 2007 DES COMMUNES DES AIRES MÉTROPOLITAINES
Source : DGFip - Reve nus fis caux loca lisés des ména ges 2007 (Insee).

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