Entres villes du Nord-Ouest et Bassin Parisien - Quelle place pour la Basse-Normandie ?

De
Publié par

Les migrations entre les aires urbaines du Nord-Ouest de la France font émerger un véritable réseau centré sur Rennes et Nantes, mais la Basse-Normandie ne parvient pas véritablement à s'y intégrer. Les migrations entre les aires urbaines de la région et celle de Paris sont également moins fortes que la proximité géographique pourrait le laisser penser. L'aire urbaine caennaise dégage un excédent migratoire de familles d'actifs et d'étudiants dans ses échanges avec les autres aires urbaines du Nord-Ouest. Alençon, Cherbourg, Saint-Lô et Lisieux affichent en revanche un solde négatif. Au sein de la région, les principales aires urbaines sont fortement liées par leurs migrations à celle de Caen.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 13
Tags :
Nombre de pages : 6
Voir plus Voir moins

n° 109 - septembre 2002
Entre villes du Nord-Ouest et Bassin Parisien
QUELLE PLACE
POUR LA BASSE-NORMANDIE ? % Les migrations entre les aires
urbaines du nord-ouest de la
France font émerger un véritable rées migrations de population études, fréquents sont également les -
seau centré sur Rennes et Nantes,entre aires urbaines ont permis mouvements en provenance ou à desti-
mais la Basse-Normandie ne par-Lde voir se dessiner au cours de la nation de la région parisienne. Par sa
vient pas véritablement à s’y inté-dernière décennie dans les régions du situation géographique, la Basse-Nor-
grer.
nord-ouest de la France un véritable ré mandie a vocation à s’intégrer à ces-
seau, dont l’axe Nantes-Rennes cons deux grands ensembles. Pourtant le-
titue la charnière. Motivées par des nombre de déménagements entre les % Les migrations entre les airesraisons professionnelles, des choix de aires urbaines bas-normandes et leurs
urbaines de la région et celle de Pa-vie, ou la volonté de poursuivre des homologues du Nord-Ouest est apparu
ris sont également moins fortes que
la proximité géographique pourrait
le laisser penser.
% L’aire urbaine caennaise dé-
gage un excédent migratoire de fa-
milles d’actifs et d’étudiants dans
ses échanges avec les autres aires
urbaines du Nord-Ouest. Alençon,
Cherbourg, Saint-Lô et Lisieux affi-
chent en revanche un solde négatif.
% Au sein de la région, les princi-
pales aires urbaines sont fortement
liées par leurs migrations à celle de
Caen.
Dans cette étude, le Nord-Ouest com-
prend la Basse-Normandie, la Bre-
tagne, le Centre, la Haute-Normandie,
les Pays de la Loire, la Picardie et Poi-
tou-Charentes.
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 109. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
relativement faible entre 1990 et 1999, Ainsi, au cours de la décennie, plus de dent à des logiques différentes, et ne
et ces mouvements se sont bien sou huit migrants sur dix entre les aires ur sont donc pas pris en compte.- -
vent soldés en défaveur de la région. baines bas-normandes et leurs homolo-
L’aire urbaine de Cherbourg a connu
Ainsi, à l’exception de Caen, toutes les gues du Nord-Ouest sont des actifs
une décennie quatre-vingt-dix délicate
principales aires urbaines bas-norman accompagnés de leurs conjoint et en- -
avec la fin des grands chantiers du nu-
des ont perdu des habitants par le biais fants. La conjoncture économique, la
cléaire et les difficultés de l’arsenal.
des migrations résidentielles avec les situation du marché du travail, la proxi-
Son marché du travail s’est tassé, ame-
villes du Nord-Ouest. Cherbourg, mité de deux économies et leurs rela-
nant notamment des ouvriers et profes-
Alençon, Saint-Lô et Lisieux ont ainsi tions comptent donc parmi les
sions intermédiaires de l’industrie à
perdu au cours de la dernière décennie déterminants majeurs pour com-
quitter le territoire. Le bilan des années
entre 2,5 % et 3,5 % de leur population. prendre les migrations d’un territoire.
quatre-vingt-dix s’est achevé pour
Afin de se centrer plus complètement Cherbourg par un déficit migratoire
Peu de mouvements
sur ces facteurs, la suite de cette étude avec les aires urbaines du Nord-Ouest
entre la Basse-Normandie
se focalise donc sur les déplacements de près de 2 100 actifs, conjoints et en-et les régions du Nord-Ouest
des actifs et de leurs familles. Les dé fants. Il s’agit de la plus forte perte des-
Les déménagements sont très souvent ménagements des retraités et étudiants aires urbaines du Nord-Ouest. Dans
liés à une mobilité professionnelle. - beaucoup moins nombreux - répon une moindre mesure, le déficit résul- -
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 109. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
tant des déménagements des familles SOLDE DES MIGRATIONS DES ACTIFS ET DE LEURS FAMILLES
d’actifs est également élevé dans les ai- ENTRE AIRES URBAINES ENTRE 1990 ET 1999
res urbaines d’Alençon, Saint-Lô et Li-
Aires urbaines Autres aires urbaines
Aire urbaine parisiennesieux. Contrairement au cas particulier bas-normandes du Nord-Ouest
de Cherbourg, il se rapporte principale- Caen 1 577 - 651 197
ment au départ d’actifs qui occupent en Cherbourg - 436 - 1 637 - 907
1999 un emploi dans le tertiaire. A Alençon - 185 - 837 267
Saint-Lô, et surtout à Lisieux, ce déficit Saint-Lô - 512 - 310 119
tient essentiellement aux échanges Lisieux - 444 - 131 97
avec les autres aires urbaines de la ré TOTAL 0 - 3 566 - 227-
gion. A Alençon en revanche, il résulte
Note de lecture : les migrations entre l’aire urbaine caennaise et ses homologues bas-normandes
largement des relations avec les aires se sont soldées entre 1990 et 1999 par un gain de 1 577 actifs et membres de leurs familles au pro-
fit de la capitale régionale.urbaines des autres régions du
Nord-Ouest, les migrations internes à Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999
la Basse-Normandie étant bien moins
nombreuses, et surtout faiblement dé-
ficitaires.
Le zonage en aires urbaines
Pour autant, les migrations de familles Pour étudier les villes et leur influence, l'Insee a élaboré le zonage
en aires urbaines. Ce périmètre d'étude identifie dans un premier temps les pôd’actifs entre les aires urbaines d’Alen --
les urbains, c'est-à-dire les villes offrant plus de 5 000 emplois sur leur territoire.çon, Cherbourg, Lisieux et Saint-Lô et
Ensuite, l'influence de ces pôles sur leur environnement est mesurée par leur attractivi-celles des autres régions du
té en terme d'emplois. Autour du pôle se dessine ainsi une couronne périurbaine, soit
Nord-Ouest sont relativement peu un ensemble de communes dont au moins 40 % de la population active occupée tra-
nombreuses : l’intensité de ces migra- vaille dans le pôle ou les communes attirées par celui-ci. Ce pôle urbain et sa couronne
tions est faible, globalement inférieure périurbaine forment alors une aire urbaine.
à la moyenne du réseau urbain du La Basse-Normandie compte quinze aires urbaines (et même seize en comptant celle
de Nogent-le-Rotrou, située dans la région Centre, qui englobe quelques communesNord-Ouest. Elles ne permettent donc
bas-normandes), dont cinq de plus de 45 000 habitants. L'aire urbaine de Caen ras-pas de mettre en évidence une forte in-
semble à elle seule près de 370 000 personnes. Plus réduite, celle de Cherbourg
tégration de la Basse-Normandie dans
compte 118 000 habitants, alors que celles d'Alençon, de Saint-Lô et de Lisieux regrou-
un grand réseau urbain. Seules deux ai- pent respectivement 65 000, 49 000 et 45 000 habitants.
res urbaines ont des liens assez intenses Par son ampleur, l'aire urbaine parisienne constitue une véritable exception : elle en-
avec une aire urbaine d’une autre ré- globe en effet la quasi totalité de l'Île-de-France, et même de nombreuses communes
des régions limitrophes, du Centre et de la Picardie en particulier.gion du Nord-Ouest : Alençon avec Le
Mans, et Cherbourg avec Brest.
De par sa situation géographique,
Alençon entretient avec l’aire urbaine
mancelle des liens aussi forts qu’avec
celle de Caen. Mais cette proximité ne
profite pas totalement à l’aire urbaine
alençonnaise, puisque entre 1990 et
1999 les déménagements aboutissent à
un déficit migratoire d’environ 400 ac-
tifs, conjoints et enfants. De même, les
échanges relativement soutenus entre
les aires urbaines de Cherbourg et de
Brest se sont soldés au cours des an-
nées quatre-vingt-dix par la perte nette
de près de 500 personnes. Ce déficit se
rapporte à des actifs qui occupent en
1999 surtout des emplois dans l’in-
dustrie. La présence d’une activité in-
dustrielle fortement marquée par la
construction navale dans ces deux vil-
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 109. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
les est à l’origine de l’essentiel de ces
déplacements. Caen, pôle universitaire à vocation régionale
Au cours de la dernière décennie, l’université a permis à l’aire ur-Même l’aire urbaine
baine de Caen d’enregistrer un excédent migratoire de quelque 2 300 étudiants
caennaise ne peut rivaliser avec les autres villes du Nord-Ouest. Cependant, son rayonnement ne dépasse guère
avec les grandes métropoles les frontières régionales : parmi les 3 400 étudiants ayant rejoint l’aire urbaine caen-
du Nord-Ouest naise entre 1990 et 1999, plus des deux tiers proviennent des autres aire urbaines
bas-normandes. Au-delà de la région, l’attrait des structures universitaires caennaises
L’aire urbaine caennaise dégage un ex- apparaît bien limité, ne s’exerçant que sur les jeunes Haut-Normands d’Evreux, voire
cédent des arrivées sur les départs de du Havre.
près de 900 personnes entre 1990 et Ce rayonnement essentiellement régional de l’université caennaise se trouve confirmé
1999 suite aux migrations de familles par les relations avec la capitale nationale : alors que la plupart des grandes villes uni-
versitaires du Nord-Ouest équilibrent leurs échanges avec la région parisienne, affid’actifs avec les principales aires ur --
chant même pour certaines un excédent migratoire, Caen enregistre pour sa part unbaines du nord-ouest de la France. Elle
déficit d’une centaine d’étudiants.
ne tire toutefois cet avantage que des
déménagements internes à la
SOLDE DES MIGRATIONS DES ÉTUDIANTS
Basse-Normandie. Les échanges avec ENTRE AIRES URBAINES ENTRE 1990 ET 1999
les aires urbaines situées hors de la ré-
Aires urbaines Autres aires urbainesgion se soldent en effet par un déficit de Aire urbaine parisienne
bas-normandes du Nord-Ouest
population, principalement dû aux dé- Caen 2 128 157 - 130
parts d’actifs travaillant dans le secteur Cherbourg - 776 - 268 - 209
tertiaire en 1999. L’aire urbaine caen- Alençon - 378 - 465 - 125
naise a notamment perdu 200 actifs, Saint-Lô - 520 - 177 - 132
conjoints et enfants au profit de celle de Lisieux - 454 - 110 - 64
Rennes entre 1990 et 1999 (1 000 dé- TOTAL 0 - 863 - 660
parts pour 800 arrivées). Les déména-
Note de lecture : les migrations entre l’aire urbaine caennaise et les aires urbaines du
gements de cadres sont relativement Nord-Ouest situées hors de Basse-Normandie se sont soldées entre 1990 et 1999 par un
fréquents et équilibrés, mais ceux des gain de 157 étudiants au profit de la capitale régionale.
employés et des professions intermé- Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999
diaires sont déficitaires. Les flux sont
légèrement moins importants avec
l’aire urbaine nantaise, et ils jouent
Rennes et Nantes, des aires urbaines el ties), mais peu développés. Compte-
plus encore à la défaveur de Caen : par-
les aussi de grande taille, et séparées tenu de la taille de ces aires urbaines
mi les familles d’actifs, 1 000 Caennais
par des distances comparables. Si les (300 000 habitants pour l’aire urbaine
se sont installés en terres nantaises
flux de familles d’actifs entre les deux havraise et 370 000 pour celle de Caen)
entre 1990 et 1999, alors qu’ils n’ont
aires urbaines sont plutôt équilibrés et de leur proximité (moins d’une cen-
été que 500 à accomplir le chemin in-
(1 450 arrivées et autant de départs), taine de kilomètres séparent leur
verse. Au final, comparés à la moyenne
Caen perd au change environ 200 actifs ville-centre), la relative faiblesse des
du Nord-Ouest, les déménagements
occupés (la grande majorité dans le flux peut surprendre. Elle peut trouver
entre l’aire urbaine caennaise et celles
secteur tertiaire en 1999). Ce sont sur en partie son origine dans les différen- -
de Rennes et Nantes restent cependant
tout les migrations de personnel quali ces de structures de l’emploi (l’in- -
assez limités, et pèsent peu sur leurs
fié qui sont défavorables à l’aire dustrie occupe notamment une place
populations respectives.
urbaine caennaise, suite à des départs plus importante dans l’économie ha-
La capitale bas-normande a en re- de personnes qui occupent en 1999 des vraise). Enfin, l’aire urbaine caennaise
vanche entretenu au cours de la der- emplois de cadres ou professions inter exerce un très léger attrait sur les actifs-
nière décennie des échanges de médiaires. et familles de l’aire urbaine d’Evreux,
population un peu plus intenses avec amplifié par des arrivées d’étudiants et
l’aire urbaine de Rouen, dans le sens Les échanges entre l’aire urbaine caen de retraités.-
des arrivées comme des départs. L’in- naise et la Haute-Normandie ne s’arrê-
Certaines aires urbainestensité des relations entre les deux ca- tent d’ailleurs pas là. Les migrations de
de la région attirentpitales normandes est cependant assez population avec l’aire urbaine du
les Parisiensfaible au regard de celles qui caracté- Havre sont légèrement favorables à
risent les migrations entre Tours et Caen (240 actifs, conjoints et enfants Les aires urbaines bas-normandes ne
Orléans, Brest et Rennes, ou encore gagnés avec 750 entrées pour 510 sor tirent donc pas avantage des migra- -
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 109. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
tions de familles d’actifs avec les prin-
cipales aires urbaines du Nord-Ouest,
mais la situation est tout autre avec la
région parisienne. A l’exception de
l’aire urbaine de Cherbourg, elles ont
en effet attiré plus d’actifs et de famil-
les provenant d’Île-de-France qu’elles
n’en ont vu partir. La situation varie ce-
pendant fortement selon l’âge des mi-
grants. Les cinq principales aires
urbaines de la région voient en effet des
jeunes actifs (de moins de 30 ans) re-
joindre en nombre la capitale pour y
entamer leur carrière professionnelle
(le déficit s’élève globalement à près
de 2 400 personnes entre 1990 et
1999). A partir de trente ans, c’est en
revanche le mouvement inverse qui
prévaut. Les aires urbaines de Caen,
Saint-Lô, Lisieux et Alençon enregis-
relevés en Basse-Normandie de les aires urbaines de Nantes et Rennes-trent globalement avec l’Île-de-France
meurent toutefois relativement mo avec l’Île-de-France sont très large- -un excédent de 1 100 actifs de plus de
destes. Seuls les flux avec l’aire ment excédentaires et bien plus fré-30 ans, auxquels il convient d’ajouter
urbaine caennaise ont une intensité su quents, dans les deux sens ; ils ont plus-les familles qui les suivent. Seule celle
périeure à la moyenne du réseau d’impact sur leur population. C’estde Cherbourg se démarque, puisque
Nord-Ouest-Bassin parisien. Ce n’est aussi le cas de Tours, métropole deprès de 200 actifs âgés de plus de trente
pas le cas des migrations entre l’aire ur taille équivalente à celle de Caen et-ans ont quitté cette aire urbaine sans
baine rouennaise et celle de Paris ; elles située approximativement à la mêmeêtre remplacés.
sont moins intenses et largement défi distance de Paris.-
Mais l’impact des apports
citaires (Rouen a perdu plus de 2 500
franciliens reste limité Le réseau bas-normandactifs et familles entre 1990 et 1999).
centré sur Caen
Comparé aux apports franciliens dans Pourtant, ce bon positionnement caen-
les principales aires urbaines des autres nais peut être nuancé. Les échanges Les échanges de population sont donc
régions du Nord-Ouest, les excédents d’actifs et de familles qu’entretiennent limités avec les principales aires urbai-
nes des autres régions du Nord-Ouest,
et même - dans une moindre mesure -
avec l’Île-de-France. En revanche, les
déménagements entre les principales
aires urbaines bas-normandes dessi-
nent clairement une armature urbaine
centrée sur Caen. Les liens de la capi-
tale régionale avec les autres aires ur-
baines bas-normandes sont forts, et
même très forts avec certaines d’entre
elles, tout particulièrement dans le sens
des arrivées à Caen. Entre 1990 et
1999, l’aire urbaine caennaise a du
reste enregistré un excédent migratoire
de 1 600 actifs, conjoints et enfants,
avec les principales villes bas-norman-
des. Elle constitue la destination privi-
légiée des migrants bas-normands
quittant l’aire urbaine de Lisieux et
Saint-Lô, et la deuxième destination
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 109. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSEANALYSE ANALYSE ANALYSE
après l’aire urbaine parisienne, pour les
habitants de Cherbourg et Alençon.
Une mesure plus complète des migrations
Du fait de la proximité géographique,
L’analyse des migrations résidentielles au travers du Recense-l’aire urbaine de Lisieux est la plus in-
ment de la population s’appuie d’ordinaire sur l’étude des flux de population et des sol-
tensément liée à la capitale bas-nor- des de ces mouvements. Pour mettre en évidence, par le biais de ces migrations,
mande. Ainsi, au cours des années l’existence de réseaux entre villes du Nord-Ouest et du Bassin parisien, il convient tou-
quatre-vingt-dix, 30 % des emménage- tefois de compléter cette approche. Pour ce faire, seuls sont considérés les déména-
gements entre aires urbaines de plus de 45 000 habitants. Les échanges avec l’espacements dans l’aire urbaine lexovienne
à dominante rurale, les aires urbaines, moins peuplées, ou celles des autres régionssont le fait de Caennais, et plus de 39 %
françaises ne sont donc pas pris en compte.
des déménagements se sont dirigés
Quatre mouvements sur dix au départ ou à destination des aires urbaines bas-norman-vers la capitale bas-normande. Un peu
des se font avec leurs homologues du Nord-Ouest. Ces migrations sont un indicateurmoins intenses apparaissent les rela-
des relations et échanges existant entre les villes, où se concentre une part importante
tions entre Saint-Lô et Caen (respecti- de l’activité économique. Plus que le nombre des migrants, l’objectif de cette étude est
vement 22 % et 28 %). L’aire urbaine de mettre en évidence l’intensité de la relation, en rapportant les flux bruts à la popula-
saint-loise présente il est vrai la carac- tion des aires urbaines de départ et d’arrivée des migrants.
téristique de s’intégrer dans un en- Dans un premier temps, on calcule donc l’intensité des flux de population au départ
semble triangulaire dont Cherbourg d’une aire urbaine à destination d’une seconde, c’est-à-dire l’impact de ces déménage-
constitue la troisième composante, ce ments sur leurs populations respectives. L’objectif étant toutefois de faire émerger des
relations fortes entre aires urbaines de plusieurs régions, il convient de déterminer siqui atténue de fait le rôle de la capitale
ces flux sortent de la moyenne. Il est donc procédé à la mesure d’uneintensité migra-régionale. Le lien entre Cherbourg et
toire moyenneintégrant l’ensemble des mouvements entre aires urbaines, et leur im-Caen est encore un peu moins fort :
pact sur leurs populations. En rapportant l’intensité migratoire liant deux aires urbaines
14 % des flux d’entrées dans l’aire à cette valeur moyenne du réseau, on obtient alors une intensité migratoire relative,
cherbourgeoise en provenance du représentative du lien entre ces deux aires urbaines. Si cette intensité est
Nord-Ouest urbain ont pour origine proche de 1, alors les relations entre ces deux villes sont proches de celles de la
moyenne du réseau. Si elle dépasse l’unité, ces relations sont plus fortes, et le lien estson homologue caennaise, et 15 % de
d’autant plus intense que la valeur de cet indicateur est élevée.ses flux de sorties s’y dirigent. Enfin,
de par sa position excentrée, Alençon
se situe plus à la marge de ce réseau.
Moins de 15 % des mouvements au dé tretiennent que peu d’échanges entre entre Rouen, Le Havre et Dieppe appa- -
part de l’aire urbaine alençonnaise se elles. Ce réseau, qui se caractérise raît en effet bien plus forte que celle qui
font en effet vers la capitale régionale, avant tout par sa simplicité, avec la pré se polarise sur l’aire urbaine caennaise.-
et 13 % des nouveaux arrivants sont sence d’un pôle d’attraction unique, est
originaires de l’aire urbaine caennaise. ainsi également marqué par une faible Jean-Benoît MASSIF
intégration. Si l’on compare avec la si-
Enfin, au-delà de cette focalisation sur tuation qui prévaut en Haute-Nor-
Caen, les villes bas-normandes n’en mandie, l’intensité des mouvements-
Les jeunes bas-normands
L’évolution des familles entre 1990 et 1999
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEE CENT POUR CENT Basse-Normandie
93, rue de Geôle Directeur de la publication : Jean-Louis BORKOWSKI
14052 CAEN CEDEX 4 Rédacteur en Chef : Yvon GOURLAOUEN
Tél. : 02.31.15.11.11 Fax : 02.31.15.11.01 Secrétaire de Rédaction : Nadine GAUTIER
Site Internet : www.insee.fr/basse-normandie Composition PAO : Françoise LEROND
Abonnements : Nadine SAUVAGE - Tél. : 02.31.15.11.02
Directeur : Jean-Louis BORKOWSKI
Administration des ressources : Marie-Hélène GAY Prix de vente : le numéro : 2,2€
Service statistique : Laurent BARBET Abonnement un an (15 numéros) :
Service études et diffusion : Laurent DI CARLO - France : 27 €
Attaché de presse : Yvon GOURLAOUEN - Tél. : 02.31.15.11.16 - Étranger : 33€
ISSN 1267-2769 Dépôt légal : septembre 2002 Code SAGE : Cent10970 © Insee 2002

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.