Hiérarchie urbaine française : deux villes lorraines pour une métropole

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www.insee.fr/lorraine ° Metz et Nancy :145N En 1999, en France métropolitaine, environ 22,8 millions de personnes, dont 816 000 en Lorraine, exercent leurs professions dans divers domaines (fabrication, gestion, distribution, services de proximité, commerce inter-entreprises, etc.). Avec plus de 160 000 emplois chacune en 1999, les aires urbaines de Metz et de Nancy se situent ème ème respectivement aux 16 et 17 rangs des 354 aires urbaines françaises, en termes d’emploi. L’administration publique et la gestion sont des activités très présentes dans ces deux aires urbaines. Dans d’autres domaines, Metz et Nancy sont complémentaires. La fabrication est particulièrement importante à Metz. La santé et l’action sociale sont mieux représentées à Nancy. De par ces spécificités, l’aire urbaine de Metz est comparable en 1999 à celles de Caen, de Colmar ou d’Amiens, celle de Nancy se situe dans le même ensemble que quelques grandes aires urbaines françaises (Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Dijon). En 1999, environ 22,8 millions de per- compte deux villes à fort rayonnement. Avec sonnes occupent un emploi en France métro- plus de 160 000 emplois chacune en politaine, dont 816 000 en Lorraine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine
°
Metz et Nancy :145N
En 1999, en France métropolitaine, environ 22,8 millions de personnes,
dont 816 000 en Lorraine, exercent leurs professions dans divers
domaines (fabrication, gestion, distribution, services de proximité,
commerce inter-entreprises, etc.). Avec plus de 160 000 emplois
chacune en 1999, les aires urbaines de Metz et de Nancy se situent
ème ème
respectivement aux 16 et 17 rangs des 354 aires urbaines
françaises, en termes d’emploi. L’administration publique et la gestion
sont des activités très présentes dans ces deux aires urbaines. Dans
d’autres domaines, Metz et Nancy sont complémentaires. La fabrication
est particulièrement importante à Metz. La santé et l’action sociale
sont mieux représentées à Nancy. De par ces spécificités, l’aire urbaine
de Metz est comparable en 1999 à celles de Caen, de Colmar
ou d’Amiens, celle de Nancy se situe dans le même ensemble
que quelques grandes aires urbaines françaises (Marseille, Bordeaux,
Strasbourg, Dijon).
En 1999, environ 22,8 millions de per- compte deux villes à fort rayonnement. Avec
sonnes occupent un emploi en France métro- plus de 160 000 emplois chacune en
politaine, dont 816 000 en Lorraine. Elles 1999, les aires urbaines de Metz et de Nan-
èmeexercent leurs professions dans des domaines cy se situent respectivement aux 16 et
èmeaussi divers que la fabrication, la gestion, la 17 rangs des 354 aires urbaines françai-
ème èmedistribution, l’agriculture, les services de proxi- sesentermesd’emploietau 18 et 14
mité, le commerce inter-entreprises, etc. en termes d’emploi des cadres. Elles repré-
sentent à elles seules près de 41% de l’em-Deux domaines prédominent en termes
ploi lorrain.d’emploi. D’une part, les activités de gestion
dans les entreprises, les banques ou les as- Elles ont quelques points communs : une
surances, regroupent 12,6% des emplois part importante du nombre d’emplois dans
au niveau national, et 10,4% en Lorraine. l’administration publique (11,9% de l’emploi to-
D’autre part, le domaine de la fabrication tal pour Metz, 10,6% pour Nancy, contre 8,8%
concentre 11,2% des effectifs en France, et en moyenne nationale) et dans la gestion
15,1% en Lorraine. L’emploi des cadres re- (11,6% à Metz, 12,7% à Nancy, contre 12,6%
présente près d’un sur neuf en en France).
France métropolitaine, mais seulement un Dans d’autres domaines, elles sont complé-
sur onze en Lorraine. mentaires. À Metz, près de 11% des travail-
Dotée d’aires urbaines très hétérogènes en leurs ont un métier en lien avec la
termes de population et d’emploi, la Lorraine fabrication de biens matériels et d’énergie
V(7,8% à Nancy et 11,2% au niveau béry, Dijon, Marseille et Bor- Un autre ensemble d’aires urbai-
national). À Nancy, les professions deaux. Dans cet ensemble d’aires nes inclut Thionville et Longwy. De
de la santé et de l’action sociale urbaines, en moyenne, les per- taille moyenne, ces aires urbai-
représentent 10,5% des emplois sonnes exerçant un métier dans nes, situées pour la plupart dans
(7,2% à Metz et 7,5% en France). la conception-recherche, le com- le nord de la France, se distin-
merce inter-entreprises et la san- guent des autres aires urbaines
té-action sociale sont plus françaises par leurs spécificitésNancy avec les grandes
représentées que dans les autres dans les domaines de la fabrica-aires urbaines
aires urbaines françaises. tion,del’agriculture et defrançaises en 1999
l’entretien-réparation.
Selon leurs spécificités, les aires Metz, avec son aire urbaine, se
Également dans le nord de la
urbaines françaises peuvent être rapproche plutôt de Caen, Col-
France, un autre groupe, consti-
rassemblées en six groupes. En mar, Amiens, Limoges, Clermont-
tuédepetites airesurbaines, in-
1999, l’aire urbaine de Nancy se Ferrand et Tours. En moyenne,
tègre la moitié des aires urbaines
situedanslemêmeensemble ces aires urbaines, de taille plus
lorraines, dont Forbach, Sarre-
que les grandes agglomérations modeste que les précédentes,
guemines, Creutzwald et Pont-à-
françaises (Lyon, Marseille, Bor- sont mieux dotées en professions
Mousson. Les activités de fabri-
deaux, Rennes, Montpellier, etc.). dans les domaines de l’agricul-
cation caractérisent cet en-
Elle est particulièrement proche, ture, de la fabrication et de l’ad-
semble très spécifique.
au sein de ce groupe, de Cham- ministration publique.
Un cinquième ensemble d’aires
urbaines comprend Verdun,
Bar-le-Duc, Lunéville et Toul. Cet
Nancy bien positionnée sur la santé et l'action sociale ensemble est spécifique notam-
ment dans les services à la po-Spécificité de l'aire urbaine de Nancy par rapport aux autres aires urbaines françaises en 1999
pulation (santé-action sociale,
Spécificité1,4
services de proximité, administra-
Santé-Action sociale
tion publique) et dans les activités
Éducation-Formation
d’agriculture, de distribution et
1,2 Administration publique
Entretien-réparation de construction.
BTP
Commerce inter- Enfin, Paris se distingue naturelle-
Logistique entreprises Évolution de l'emploi
1,0 ment des autres aires urbainesDistribution Services de proximité 1982-1999
françaises. Les métiers de pres-
Gestion Culture-LoisirsConception-recherche tations intellectuelles, de cultureFabrication
Prestations
0,8 intellectuelles et de loisirs, de commerce in-
ter-entreprises, de gestion et de
Agriculture conception-recherche y sont net-
0,6
tement plus présents qu’ailleurs.
-60% -40% -20% 0% 20% 40% 60% 80% 100%
Depuis 1982, ces ensembles
d’aires urbaines sont restés ho-
mogènes. En 1982 déjà, NancyMetz : capitale administrative
avait une structure économique
Spécificité de l'aire urbaine de Metz par rapport aux autres aires urbaines françaises en 1999 proche de Bordeaux, Dijon et
Spécificité1,4 Chambéry, spécifiques dans les
Administration publique activités de santé et d’action so-
Entretien-réparation ciale, et de commerce inter-en-
BTP
1,2 treprises. Metz était comparable
Éducation-Formation
aux aires urbaines de Caen, Col-Distribution
Fabrication Services de proximité
Logistique mar et Amiens, caractérisées parÉvolution de l'emploi
1,0
1982-1999 des spécificités dans l’administra-
Santé-Action sociale
tion publique, l’entretien-répara-
tion et la fabrication.0,8
Prestations
Commerce inter-Gestion intellectuelles
entreprises
Agriculture Conception-recherche
Culture-Loisirs Le rôle moteur
0,6
du commerce
-60% -40% -20% 0% 20% 40% 60% 80% 100%
inter-entreprises
Note de lecture : la surface des cercles représentant les fonctions est proportionnelle aux effectifs dans chaque fonction Entre 1982 et 1999, certaines
en 1999 : 17 200 pour la santé-action sociale à Nancy, 20 000 pour l'administration publique à Metz, etc.
La spécificité est le rapport entre le poids de la fonction dans l'aire urbaine et le poids de la fonction dans l'ensemble airesurbainesont étéplusdyna-
des aires urbaines françaises (hors Corse). Une spécificité de 1 indique que la fonction est aussi représentée dans l'aire
miques que les autres en termes
urbaine que dans les autres aires urbaines françaises. Une spécificité supérieure à 1 indique qu'elle est plus présente
dans l'aire urbaine. d’évolution de l’emploi. À Montpel-Source : Insee, Recensements de la population de 1982 et de 1999
2Rangs en 1999 et 2006
lier, Toulouse et Rennes, l’emploi Dans uneaireurbaine,lacrois- l’enseignement, à la formation
a fortement augmenté. En Lor- sance de l'emploi entre 1982 et professionnelle et aux services de
raine, la hausse de l’emploi a été 1999 est liée en grande partie à proximité ont elles aussi un im-
particulièrement élevée à Metz la vigueur du commerce inter-en- pact sur l'emploi. À l’inverse,
(+8,6%), moins marquée à Nancy treprises. Dans une moindre me- dans la plupart des aires urbaines
(+2,2%). sure, les activités liées à où les activités de fabrication
étaient dominantes, l’emploi a
reculé entre 1982 et 1999.
Commerce inter-entreprises : Nancy et Metz en recul
Dans le domaine du commerce in-
Rangs de classement par année pour le volume d'emploi ter-entreprises, Metz a montré
dans la fonction commerce inter-entreprises
plus de dynamisme que Nancy
entre 1982 et 1999, avec la
création d’environ 1 750 emplois,
30 contre seulement 700 à Nancy.
Toutefois, les aires urbaines de
25
MetzetdeNancy,qui se si-
ème
20 tuaient en 1982 aux 16 et
ème
10 rangs des aires urbaines
15
françaises pour le nombre d’em-2006
10 plois dans le commerce inter-en-
1999 treprises, ne sont plus qu’aux
5
ème ème1982 23 et 17 rangs en 2006.Rangs en 1982
0
12 3456 789 10 1112 13 14 1516 17 18 19 20 En matièredeprestations intellec-
tuelles (architectes, notaires, ex-
Note de lecture : Nancy se situe au 10ème rang en 1982 et au 17ème rang en 2006 des aires urbaines françaises
perts comptables, etc.), Metz eten termes d'effectifs dans le commerce inter-entreprises
Nancy ont créé des emplois entreSources : Insee, Recensements de la population de 1982 et de 1999, Dads 2006
Nancy dans le même ensemble que les grandes aires urbaines françaises en 1999
Typologie des indices globaux de spécificités fonctionnelles bilatérales en 1999
Source : Insee, Recensement de la population de 1999
3
Paris
Lyon
Marseille-Aix-en-Provence
Lille
Bordeaux
Toulouse
Nantes
Nice
Strasbourg
Nancy
Rouen
Rennes
Grenoble
Tours
Dijon
Metz
Clermont-Ferrand
Toulon
Orléans
Caen1982 et 1999 (1 800 à Metz et ses. Ce positionnement a peuSavoir plus :
1 450 à Nancy). En 2006, les évolué entre 1982 et 2006.
deux aires urbaines se situent
- Mutations économiques des villes
ème ème Laurence LABOSSE
respectivement aux 16 et 17françaises depuis 1962 : retour sur
Christian CALZADAle sytème des villes lorraines, Qiang rangs des aires urbaines françai-
Fu, Christian Calzada, Insee Lor-
raine, juillet 2007.
- L’attractivité des métropoles Une nouvelle nomenclature
moyennes en France, Gérard-Fran-
Dans cette étude, une nouvelle nomenclature Insee est utilisée. Quinzeçois Dumont, DIACT, novembre
grandes fonctions ont été définies grâce à des regroupements pertinents2006.
de professions (à partir de la des professions et catégories
- Coévolution dans les systèmes de
socioprofessionnelles). Une codification des avait déjà été réa-
villes : croissance et spécialisation
lisée dans la première moitié des années 90 par Damette et Beckouche. Il a
des aires urbaines françaises de
paru nécessaire de la faire évoluer : dans son contenu, pour mieux décrire
1950 à 2000, Fabien Paulus, Uni-
les activités de services et leur spécificité, et pour pouvoir analyser tous les
versité de géographie de Paris 1
types de territoires ; mais aussi dans les dénominations des fonctions, pour
Panthéon-Sorbonne, 2004.
la rendre plus accessible et plus facilement utilisable dans les restitutions
- La Lorraine face à son avenir, Insee
d’étude.
Lorraine, juin 2003.
Site internet :
www.insee.fr
Méthodologie
Les six groupes d’aires urbaines décrits dans l’étude ont été déterminés
grâce à une classification ascendante hiérarchique (méthode de Ward),
menée sur le tableau des indices de spécificité bilatérale des aires urbai-
nes de France métropolitaine en 1999 (hors aires urbaines de Corse).
Pour tenir compte de l’hétérogénéité des tailles de chaque aire urbaine,
une pondération par le nombre d’emplois a complété l’analyse. L’indice de
spécificité bilatérale permet de comparer deux à deux toutes les aires ur-
baines du territoire. Plus il est proche de 0, plus les structures économi-
ques des deux aires urbaines concernées se ressemblent. S’il est proche
de 1, les deux zones sont très différentes.
La spécificité est le rapport entre le poids de la fonction dans l’aire urbaine
et le poids de la fonction dans l’ensemble des aires urbaines françaises
(hors Corse). Une spécificité de 1 indique que la fonction est aussi repré-
sentée dans l’aire urbaine que dans les autres aires urbaines françaises.
Une spécificité supérieure à 1 indique qu’elle est plus présente dans l’aire
urbaine.
Ministère de l’Économie, Modèle de spécialisation fonctionnelle
de l’Industrie et de l’Emploi
L’objectif est ici d’évaluer l’importance relative des caractéristiques initia-Insee
les de spécialisation des aires urbaines sur la croissance de l’emploi. LesInstitut National de la Statistique
résultats du modèle montrent qu’une spécificité initiale dans la fonctionet des Études Économiques
commerce inter-entreprises a favorisélacroissancedel’emploisurlapé-Direction Régionale de Lorraine
riode 1982-1999, a contrario d’une spécificité dans les fonctions de fabri-15, rue du Général Hulot
cation et de distribution. L’analyse par taille d’aire urbaine montre queCS 54229
cette relation se manifeste dès la tranche des 100 000 habitants.54042 NANCY CEDEX
Tél :03 83 91 85 85 Soitg , le taux de croissance annuel moyen de l’emploi fonctionnel, total oui
Fax :03 83 40 45 61 cadre, d’une aire urbaine i sur la période observée 1982-1999 :
www.insee.fr/lorraine
1
gy=−ln ln[]ii,,1999i 1982DIRECTEUR DE LA PUBLICATION 17
Jean-Paul FRANÇOIS
Le modèle s’écrit :
Directeur régional de l’Insee
2
gS=+αβy+γX+ε avec :εδ≈Nl0,()COORDINATION RÉDACTIONNELLE t 00 ε
Christian CALZADA
g : vecteur de dimension (N,1) des taux de croissance annuels moyensGérard MOREAU t
des logarithmes du total de l’emploi fonctionnel des aires urbaines entre la
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET
date 0 (1982) et la date T (1999).
RELATIONS MÉDIAS
S : vecteur somme de dimension (N,1).Brigitte VIENNEAUX
y : vecteur des niveaux des logarithmes du total de l’emploi fonctionnel
0
RÉDACTRICE EN CHEF
des aires urbaines à la date initiale 0 (1982).
Agnès VERDIN
X : vecteur des logarithmes des coefficients de spécificités par fonction et
0
SECRÉTARIAT DE FABRICATION aire urbaine à la date initiale 0 (1982).
MISE EN PAGE - COMPOSITION
On s’attend à ce que β soit négatif et significatif, ce qui traduit un proces-
Marie-Thérèse CAMPISTROUS
sus de convergence.
Marie-Odile LAFONTAINE
L’estimation est réalisée par la méthode des moindres carrés ordonnés
ISSN : 0293-9657
[LTS, ROUSSEEUW P.J., 1984].
© INSEE 2008
4

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