Industrie : la reprise s'essouffle (Octant n°105)

De
Publié par

Dans l'industrie, en Bretagne comme au niveau national, les espoirs de reprise fondés en 2004 ne se sont pas concrétisés en 2005. Les exportations n'ont pas suffisamment soutenu l'activité industrielle. Dans la région, par rapport à l'année précédente, la hausse des chiffres d'affaires du secteur est moindre, l'investissement enregistre un nouveau recul et l'emploi salarié se replie.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 9
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins

Industrie
La reprise s’essouffle
Dans l’industrie, en Bretagne comme au niveau tons évaluent l’augmentation
de leur chiffre d’affaires à 5 %national, les espoirs de reprise fondés en 2004
soit bien moins qu’en 2004
ne se sont pas concrétisés en 2005. (+ 11 %). Cette hausse concer-
Les exportations n’ont pas suffisamment soutenu ne : l’automobile, les industries
agroalimentaires, celles desl’activité industrielle. Dans la région, par rapport
biens d’équipement, et dans
à l’année précédente, la hausse des chiffres une moindre mesure celles des
d’affaires du secteur est moindre, l’investissement biens de consommation. En
2006, les chiffres d’affaires de-enregistre un nouveau recul et l’emploi salarié se
vraient augmenter mais plus
replie. modérément qu’en 2005. Cette
tendance serait ressentie dans
l’ensemble des secteurs, hormisur l’ensemble de l’année difficultés du commerce exté-
l’automobile.S2005, les industriels bretons rieur ont sensiblement affecté
ont jugé que leur activité était l’activité industrielle. La crois-
Le ralentissement de l’activité amoins dynamique qu’en 2004, sance des exportations françai-
entraîné une baisse des effectifs.mais plus favorable que sur la ses de produits manufacturés
En Bretagne, après une évolu-période 2001-2003. Raffermie est relativement décevante mal-
tion légèrement positive enà la fin 2004, elle s’est repliée gré un vif rebond au troisième
2004, l’emploi salarié industrielau début 2005 avant de se re- trimestre grâce à la légère dé-
(intérim compris) a diminué dedresser nettement au deuxième préciation de l’euro.
1 % en 2005 (contre - 2,1 %trimestre. Puis, elle a graduelle-
France entière), soit 1 600 pos-En Bretagne, la demande étran-ment décru pendant le second
tes de moins.gère a résisté. Elle s’est graduel-semestre. Pour le premier tri-
lement améliorée jusqu’au troi-mestre 2006, les chefs d’entre-
sième trimestre 2005, puis s’estprise tablent sur une poursuite
Nouveau reculun peu repliée.de la baisse de l’activité.
des investissements
Dans la région, comme au ni-
Médiocre croissance des veau national, les chefs d’entre-
En 2005, en Bretagne commeprises interrogés en janvierexportations de produits France entière, les investisse-
2006 tablent sur une améliora-manufacturés ments industriels ont reculé.tion de la demande étrangère à
Dans la région, la baisse est de
court terme.
Au niveau national, en 2005, la 6 % selon la Banque de France
(contre - 3% au niveau natio-conjoncture industrielle est en
retrait de celle du reste de l’éco- nal), comme en 2004. Tous lesMoindre croissance
secteurs sont touchés par cettenomie. Les différentes compo- des chiffres d’affaires
santes de la demande nationale baisse, excepté celui des biens
d’équipement (du fait de réali-- consommation des ménages et
investissement des entreprises - Selon la Banque de France, en sations dans les industries mé-
2005, les chefs d’entreprise bre-ont progressé. Cependant, les caniques et électriques).
Bilan économique 2005 Octant n° 105 - Avril 2006 11Industrie
Globalement la demande et lesCarnets de commandes :Ensemble de l’industrie
stocks se maintiennent au ni-(moyennes mobiles sur trois trimestres) du mieux par rapport
veau de 2004. La demande
à 2003 et 2004 étrangère résiste également : les
La demande étrangère résiste en 2005 (solde d'opinions, en %)
exportations de produits issus40
Dans la région, selon les indus- des industries agroalimentaires
Opinion sur la demande totale30 triels, les niveaux de la produc- progressent légèrement en
tion et de la demande ont dimi- 2005 (+ 1,2 %).
20 nué par rapport à 2004 mais
demeurent plus favorables L’emploi salarié dans les indus-
10
qu’entre 2001 et 2003. Durant tries agroalimentaires évolue
0 l’année, la perception des pro- peu en 2005 (- 0,5 % contre
fessionnels sur leurs carnets de - 0,8 % en 2004).
- 10 commandes s’est progressive-
ment améliorée. Comparé aux Après une année 2004 difficile
- 20
deux années précédentes, leur pour l’industrie des viandes,Opinion sur la demande étrangère
jugement est globalement un l’activité s’est un peu relevéeen- 30
2000 2001 2002 2003 2004 2005 peu plus favorable. Les stocks 2005 mais manque encore de
se sont allégés graduellement vigueur. D’après les industriels,Des stocks supérieurs à la moyenne et un léger mieux
tout au long de 2005 : ils restent la demande s’est nettement re-pour les carnets de commande en 2005 (solde d'opinions, en %)
toutefois supérieurs à leur dressée et les carnets de com-30
1moyenne de long terme . mandes sont un peu moins dé-
Opinion sur les stocks20 garnis. La demande étrangère
Les capacités de production s’est également raffermie, no-
10
(hommes et machines) ont été tamment dans le secteur de la
nettement moins sollicitées que viande de porc. Les difficultés0
les années précédentes. En récurrentes de la filière avicole
-10 moyenne sur l’année, 80 % des se sont accentuées en fin
industriels déclaraient pouvoir d’année. Pour le premier tri-
-20 produire davantage avec les mestre 2006, les chefs d’entre-
moyens dont ils disposaient si la prises tablent sur un fléchisse--30
Opinion sur les carnets de commande demande l’avait permis. Ils sont ment de l’activité.
-40 plus nombreux qu’en 2004 à
2000 2001 2002 2003 2004 2005 émettre cette opinion, mais Dans l’industrie du lait, les pro-
moins qu’en 2003. fessionnels estiment que la pro-La confiance des industriels
s’est sensiblement détériorée en 2005 (solde d'opinions, en %) duction a globalement progres-
50 Dans ce contexte relativement sé en 2005, malgré des
mitigé,l’indicateur de climat difficultés au deuxième se-40
général se révèle plus optimiste mestre où le niveau des stocks
30
pour le début 2006 après quatre est jugé trop lourd. Ils envisa-
20 Climat général
trimestres consécutifs de repli. gent une reprise de l’activité
10 pour le début de l’année 2006.
0
Dans les industries alimentairesLéger fléchissement dans-10
diverses en dépit d’un essouffle-l’agroalimentaire-20
ment progressif tout au long de
-30
l’année, l’activité demeure dy-
Après un repli en 2004, la pro--40 namique (industrie du poisson,
duction nationale de la branche-50 conserves de fruits et légumes,
2000 2001 2002 2003 2004 2005 agroalimentaire a augmenté de boulangeries, biscuiterie...). L’opi-
0,5 % en 2005. Le chiffre d’af- nion des industriels sur le ni-Des capacités de production faires du secteur s’est accru plus
nettement moins sollicitées qu’en 2004 (CVS, en %) veau de leurs carnets de com-
modérément que l’annéepré- mandes s’est nettement amé-95 cédente (1 % contre 1,7 % en liorée comparé aux trois derniè-
2004). Les industriels font état93 res années. Cependant les chefs
d’une contraction de 6 % de d’entreprise prévoient plutôt
91 leurs investissements. une baisse de l’activité pour les
trois premiers mois de 2006.89
En Bretagne, les chefs d’entre-
prises de l’agroalimentaire esti- Le secteur « travail du grain-fa-87
ment que leur activité alégère- brication d’aliments pour ani-Taux d'utilisation des capacités de production
85 ment fléchi en 2005 aprèsdeux maux » a souffert d’une activité
années de relative stabilité. déprimée en 2005. Dans ce
83
contexte, les industriels ont été
plus nombreux à puiser dans81
2000 2001 2002 2003 2004 2005 leurs stocks. Ils demeurent pes-
1- Cette moyenne est calculée à partir
simistes quant à l’évolution dedes valeurs, de 1996 à 2005, des sol-
Source : Insee - enquêtes de conjoncture
des d’opinions sur les stocks. leur activité à court terme.
12 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005Industrie
Al’horizon 2006, les profes- moins ils prévoient des Biens intermédiaires :
sionnels de l’ensemble des in- dépenses importantes en 2006. ralentissement
dustries agroalimentaires bre-
de l’activitétonnes anticipent un nouvel Nettement renforcée en 2004,
affaiblissement de l’activité en l’activité régionale du secteur
lien avec une baisse de la de- des biens d’équipement a conti- Au niveau national, la produc-
mande globale. nué de progresser en 2005 mais tion de biens intermédiaires en-
plus modérément. Les carnets registre une légère baisse après
de commandes sont un peu un accroissement de 1,7 % en
L’automobile mieux approvisionnés mais les 2004. Les ventes de biens inter-
n’échappe pas au repli stocks s’alourdissent pendant médiaires augmentent mais
l’année. Les industriels estiment plus modérément que l’année
En hausse de 4,1 % en 2004, la que la demande, notamment passée. Les investissements sont
étrangère, s’est affaiblie ; les ex-production automobile natio- jugés en baisse (- 4 %) mais de-
nale recule de 1,2 % en 2005. portations de biens d’équipe- vraient, selon les industriels, se
ment ont d’ailleurs décliné enLe chiffre d’affaires du secteur redresser en 2006.
diminue de 3,2 % après une 2005 (- 6,5 %), alors qu’elles
s’étaient accrues de 15 % enprogression de 0,9 % en 2004. Aprèsl’essor de 2004, l’activité
Pendant l’année 2005 la con- 2004. régionale de la branche des
traction des investissements du biens intermédiaires a ralenti en
secteur se confirme. Les indus- Après une progression de 1,2 % 2005. Dans le courant de
en 2004, l’emploi salarié danstriels envisagent une nouvelle l’année les carnets de comman-
diminution des dépenses les industries des biens d’équi- des se sont un peu regarnis et
pement a légèrement diminuéd’équipement en 2006. les stocks de produits finis sem-
en 2005 (- 0,2 %). blent moins lourds. Toutefois,
L’activité régionale dans ce sec- en moyenne par rapport à
teur est liée à celle du construc- Les perspectives d’activité,se- 2004, l’ensemble des indica-
teur français Peugeot-Citroën lon les chefs d’entreprise, sont teurs conjoncturels se sont dé-
implantéà Chartres-de-Bre- plutôt favorables. gradés. C’est notamment le cas
tagne (35), qui selon le Comité de la demande globale. Les sec-
des constructeurs français d’au- teurs les plus ouverts au marché
tomobiles n’échappe pas au flé- mondial sont touchéspar leBiens de consommation :
chissement de la production renchérissement du coûtdesconsolidation de l’activité
nationale. Cette tendance au re- matières premières, qui pèse sur
pli se fait sentir au niveau de les marges.
l’emploi salarié breton du sec- France entière, le volume de la
teur : - 3 % en 2005. production de biens de En 2005, la dégradation de
consommation ainsi que le l’emploi dans le secteur
Signe positif à souligner en re- chiffre d’affaires du secteur ont (-1,7%)s’avère plus forte qu’en
vanche pour ce moteur de l’in- moins progressé en 2005 que 2004.
dustrie rennaise, le constructeur l’annéeprécédente. Par ail-
a choisi d’affirmer le site breton leurs, les industriels du secteur Pour le début 2006, les chefs
comme le site spécialisé du font part d’une augmentation de d’entreprises prévoient une sen-
haut de gamme, en y lançant fin 2 % du montant de leurs inves- sible reprise de l’activité
2005 la production en série du tissements en 2005 et prévoient appuyée sur une demande
coupé 407 Peugeot et de la une hausse de 5 % pour 2006. étrangère plus vigoureuse.
nouvelle Citroën C6, aprèsun
investissement d’environ 150 Après le redressement de 2004,
Dominique BERTIERmillions d’euros. l’activité des industries des
Lucile CROSbiens de consommation régio-
nales s’est consolidée en 2005Progression plus modérée
grâce au maintien de la de-
dans les biens mande globale. Les biens de
d’équipement consommation se sont mieux
vendus à l’étranger (+ 5 %)
aprèsdeuxannées consécutivesAu niveau national, la produc-
tion de biens d’équipement de baisse. En 2005, le recul de
l’emploi salarié sectorielconforte sa progression en
2005 : elle s’accroîtde2,8 % (- 1,9 %) est moins marqué que
l’année précédente (- 3 %).après 1,9 % en 2004. Le chiffre
d’affaires de la branche s’ac-
croît de 2,5 % soit 0,4 point de Pour le premier trimestre 2006,
plus que l’annéeprécédente. les industriels prévoient une
Les industriels estiment que amélioration de leur activité,en
leurs investissements ont légè- lien avec une progression no-
rement décru en 2005. Néan- table de la demande étrangère.
Bilan économique 2005 Octant n° 105 - Avril 2006 13
n

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.