Industrie : une nouvelle année de ralentissement (Octant n° 93)

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En Bretagne comme France entière, l'année 2002 n'a pas concrétisé les espoirs de reprise après le fort ralentissement de 2001. La production industrielle a pâti d'un nouveau recul de l'investissement et d'un mouvement de déstockage de la part des industriels. En 2002, la production dans l'ensemble de l'industrie française a diminué en volume de 1,1 %, après avoir progressé de 1,3 % en 2001. En Bretagne comme France entière, l'emploi industriel a diminué d'environ 2 %.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Industrie
Une nouvelle année de ralentissement
près le redressement au l’opinion des chefs d’entrepriseAdébut de l’année 2002, sur leurs carnets de commandes
les industriels bretons ont esti- s’est améliorée, alors qu’elle
mé que leur activité s’était à était très dégradée depuis le
nouveau infléchie au troisième deuxième semestre 2001. Au
trimestre, puis améliorée en fin quatrième trimestre 2002, l’in-
d’année. Au total, l’opinion des dicateur synthétique qui té-
industriels de la région sur leur moigne de la perception des
activité s’est un peu restaurée chefs d’entreprise sur la
par rapport à 2001, mais est conjoncture industrielle dans
moins favorable que sur la pé- son ensemble, avait également
riode 1997-2000. Ce faible dy- cessé de se dégrader.
namisme de l’activité résulte
d’une demande étrangère très Avec la baisse de la demande,
dégradée tout au long de les tensions qui pesaient sur
En Bretagne comme l’année, mais aussi d’une cer- l’appareil de production ont
France entière, l’année taine atonie de la demande in- continué à s’atténuer en 2002,
térieure. Le retour du compor- plus modérément toutefois que2002 n’a pas concrétisé
tement restrictif des entrepre- l’année précédente. En moyen-
les espoirs de reprise neurs qui ont puisé dans leurs ne sur l’année, 80 % des indus-
après le fort stocks et continué de freiner triels interrogés déclaraient
leurs dépenses d’investisse- pouvoir produire davantageralentissement de 2001.
ment a pesé sur la production avec les moyens dont ils dispo-
La production dans l’industrie, notamment saient. Cette proportion était de
industrielle a pâti d’un manufacturière. France en- 76 % en 2001 et de 68 % en
tière, après avoir stagné en 2000. Le taux d’utilisation desnouveau recul de
2001, l’investissement des en- capacités de production n’était,
l’investissement et d’un treprises de l’industrie manu- lui, qu’en très légère baisse.
mouvement de facturière a reculé de7%en
2002. Les variations de stocks Dans ce contexte de ralentisse-déstockage de la part
ont contribué négativement à ment, les pertes d’emplois sala-
des industriels. En 2002, la croissance de l’activité à riés enregistrées dans l’industrie
la production dans hauteur de 0,6 point. à la fin 2001 ont continué en
2002. L’industrie régionale al’ensemble de l’industrie
Dans la région comme au ni- perdu près de 3 500 emplois sa-
française a diminué en veau national, les facteurs in- lariés (- 2 %). Pour le début de
volume de 1,1 %, après fluençant le comportement de l’année 2003, aucune amélio-
stockage sont mieux orientés en ration de l’emploi n’est at-avoir progressé de
fin d’année. Au dernier tri- tendue : les perspectives d’em-
1,3 % en 2001. mestre 2002, les industriels bauches des industriels restent
En Bretagne comme considèrent que leurs stocks ont mal orientées.
cessé de s’alourdir, en phaseFrance entière, l’emploi
avec leurs perspectives de pro- Au début 2003, la demande
industriel a diminué duction plus favorables. Au adressée aux industriels se
d’environ 2 %. cours de ce même trimestre, redresse et les carnets de com-
12 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002Industrie
mandes sont jugés moins dégar- confondues, les abattages de Ensemble de l’industrie
nis. Malgré cela, les industriels volailles ont reculé en 2002 de (moyennes mobiles sur trois trimestres)
s’attendent à une légère in- plus de 4 % par rapport à 2001,
Très bas niveau de la demande étrangère en 2002
flexion d’activité au premier le recul de la production étant solde d’opinions, en %
trimestre. particulièrement marqué pour 40
Opinion sur la demande totalela filière dindes (- 9 %). Toute-
30fois, dans les abattoirs de
Industries agroalimentaires : viande bovine, la production en
20
volume a progressé de plus deau total, légère baisse
6 % sur l’année et dans les in- 10de l’activité
dustries du porc la production
0est en hausse de plus de 4 % par
rapport à 2001.Les industries agroalimentaires,
-10
peu sensibles aux fluctuations
Dans les industries laitières, laconjoncturelles, ont été moins -20
Opinion sur la demande étrangèredemande a ralenti et les stockstouchées que les autres secteurs
-30sont extrêmement importants.industriels par le ralentissement 1996 1997 1999 2000 2001 20021998
Sur l’année, la production n’ad’ensemble. France entière, la
Carnet de commandes dégradésque très faiblement augmentéproduction industrielle en vo-
(+ 0,1 % par rapport à 2001). et stocks jugés un peu lourdslume dans la branche agroali- solde d’opinions, en %
30Dans les filières du lait liquidementaire a progressé de 1,3 %
Opinion sur les stockset des produits frais, la produc-après + 0,8 % en 2001. Cepen-
20
tion s’est accrue mais a reculédant, cet accroissement de la
dans les filières du fromage etproduction a généré en valeur 10
du beurre.une progression moindre que
0l’année précédente (+ 0,9 %
Au total, l’emploi dans les in-après + 1,4 %).
-10dustries agroalimentaires a
commencé à baisser en 2002,En Bretagne, les industriels de -20 Opinion sur les carnetsaprès avoir ralenti en 2001. Surl’agroalimentaire ont été plus
de commandes
l’année, l’emploi salarié – non -30nombreux que l’année précé-
compris les intérimaires em-dente à estimer que leur activité
-40ployés dans le secteur - a dimi-avait baissé en 2002. Selon eux, 20021996 1997 1998 1999 2000 2001
nué de 0,5 %. Cette baisse estcette diminution d’activité à
La confiance des industriels s’est peu amélioréeconsécutive à une progressionl’œuvre dès le début d’année
en 2002 solde d’opinions, en %de l’emploi de 1,5 % en 2001 ets’est poursuivie jusqu’à l’au-
50de 4,7 % en 2000. La baisse detomne. Au dernier trimestre,
l’emploi est toutefois plus faibletoutefois, les professionnels de 40
que celle de la plupart des au-ce secteur enregistrent une in- 30
tres secteurs industriels.version à la hausse de leur acti- 20
vité. Pour les industriels de
10
l’agroalimentaire bretons, l’an-
0Biens de consommation :née 2002 est perçue comme
-10étant la plus terne qu’ils aient le plus bas niveau
Climat général
connue depuis 1996. Cette opi- -20d’activité depuis 1996
nion défavorable résulte d’une -30
demande étrangère particuliè-
-40
rement dégradée, non com- Le secteur des biens de
-50
pensée par la demande inté- consommation a également été 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
rieure. Les exportations de affecté par le ralentissement in-
Taux d'utilisation des capacités de production :
produits issus des industries dustriel. Bien que soutenu par
tensions en légère baisse en 2002 % CVSagroalimentaires ont d’ailleurs le dynamisme de la consomma-
95reculé de 7,8 % en 2002. Au to- tion des ménages, il a pâti d’une
tal, le chiffre d’affaires des in- demande étrangère déprimée et
dustries agroalimentaires a di- d’un fort mouvement de déstoc- 93
minué en 2002 après deux an- kage. Sur l’ensemble de
nées de croissance. L’enquête l’année, la production de biens
91
réalisée par la Banque de de consommation en volume
France en début d’année 2003, s’est repliée de 2,6 % au niveau
89indique que le chiffre d’affaires national.
des entreprises de ce secteur est
inférieur de 3 % à celui de En Bretagne, les chefs d’entre- 87
l’année 2001. prise de ce secteur ont jugé leur
activité très dégradée au début
85L’industrie des viandes, en par- de l’année et par la suite, l’acti- 1996 1997 1999 2000 2001 20021998
ticulier, a pâti de la crise de la vité est restée inférieure à son Source : Insee, enquêtes de conjoncture
volaille. Toutes catégories niveau moyen. Au total, en
Bilan économique 2002 Octant n° 93 - Avril 2003 13Industrie
terme d’activité,l’année 2002 commerciales, ont baissé de renoué avec la croissance à par-
est perçue comme étant la plus 4,9 % au cours de l’année;la tir du printemps, grâce au
médiocre connue sur la période diminution du marché atou- soutien de la consommation
1996-2002. ché, en proportion, à peu près des ménages. Dans l’industrie
autant les marques françaises des équipements mécaniques,
Toutes les branches de ce sec- qu’étrangères. Les immatricula- l’activité a baissé pour s’ajuster
teur en ont subi les effets. Si la tions de véhicules utilitaires ont à une demande peu active.
baisse d’activité est plus vive également reculé.
dans le secteur de l’édition-im- Au premier trimestre 2003, l’ac-
primerie-reproduction, elle est Dans la région, l’industrie auto- tivité des biens d’équipement
également marquéedansla mobile a conservé le même ni- reculerait nettement. Cette nou-
branche des équipements du veau d’activité qu’en 2001. velle dégradation des anticipa-
foyer. Dans l’industrie de l’ha- Après un deuxième semestre tions intervient dans un
billement-cuir et la pharmacie- 2001 déprimé, les exportations contexte d’amélioration de la
parfumerie-entretien, l’activité ont retrouvé un certain dyna- demande intérieure et étran-
a continué de croître mais à un misme aux trois premiers tri- gère ; les carnets de comman-
rythme plus modéré que les mestres 2002, ce qui a contri- des sont cependant jugés
deux années passées. buéà soutenir la production et à en-dessous de leur niveau
pallier une demande intérieure moyen.
Aucune amélioration n’est at- moindre que l’annéeprécé-
tendue au début 2003, les pré- dente. Malgré le maintien du ni-
visions d’activité sont orientées veau d’activité,l’emploi hors Biens intermédiaires :
à la baisse et les carnets de intérim a diminué de 2 % sur activité globalement
commandes sont inférieurs à l’année. déprimée
leur niveau moyen malgré une
légère amélioration en janvier.
Biens d’équipement :Cependant, les professionnels Après le rebond du premier se-
de ce secteur pourraient adop- mestre, l’activité a ralenti pro-amélioration à partir
ter un comportement moins res- gressivement à partir de l’été.du printemps 2002
trictif en matière de stockage ; Au total, l’activité de ce secteur
en effet, depuis octobre, ils sont est jugée par les professionnels
moins nombreux à juger leurs Les professionnels de ce secteur aussi dépriméequ’en 2001. La
stocks lourds. font état d’une activité trèsdé- reprise n’étant pas au ren-
priméeaudébut de l’année dez-vous, les entreprises ont à
2002 ; à partir du printemps, nouveau puisé dans leurs
l’activité s’est améliorée conti- stocks, ce qui a pesé sur la pro-Automobile :
nûment. Sur l’ensemble de duction. De plus, ce secteur aactivité globalement étale
l’année, les industriels estiment souffert d’une baisse des expor-
que leur activité a progressé en tations proche de 14 % sur
France entière, la production 2002 par rapport à l’année l’année.
dans l’industrie automobile a passée sans atteindre cepen-
fléchi en 2002. Elle a subi l’af- dant le niveau des quatre an- Même si au début 2003, les car-
faiblissement de la consomma- nées antérieures. Le recul de nets de commandes des indus-
tion des ménages ainsi qu’un l’investissement et la contrac- triels du secteur se situent très
net recul de l’investissement tion des exportations n’ont pas en-deçà de leur niveau moyen,
des entreprises. Après avoir en- été compensés par le dyna- les anticipations des industriels
registré des progressions supé- misme de la consommation des sur leur activitéà court terme
rieures à 6 % en 2000 et 2001, ménages. Les exportations de sont plus favorables.
la production dans l’industrie biens d’équipement ont reculé
automobile s’est accrue en de 21 % sur l’ensemble de
moyenne de 0,8 % en 2002. l’année 2002 dans la région.
Les immatriculations de voitu- L’industrie des équipements
res neuves, particulières et électriques et électroniques a Marie-Paule LE BRIS
14 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002
n

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