Intégration économique et spécialisation des espaces dans le Bassin parisien

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Le Bassin parisien est une région articulée autour d'un espace central dont l'aire d'influence est très large. Ce coeur, constitué de la région parisienne étendue aux zones sous l'influence des villes avant-postes telles que Beauvais, Compiègne, Evreux ou Chartres, est en relation directe avec les grandes villes régionales qui structurent fortement les espaces locaux. Le schéma général auquel répond cette organisation est de type centre-périphérie. Le coeur de la région parisienne est spécialisé dans les activités les plus concentrées et il est composé de nombreux établissements. Si elle se positionne sur les mêmes activités, la périphérie présente une structure d'activité plus fragile car construite autour de grands établissements. En dehors des agglomérations, cela se traduit d'ailleurs par des poches de spécialisation locale très fortes. Dans ce schéma général, les villes avant-postes sont dans une position ambiguë vis-à-vis du coeur de l'agglomération parisienne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N°113 - 2003
Intégration économique et spécialisation des espaces dans le Bassin parisien
Le Bassin parisien est une région articulée autour d'un espace central dont l'aire d'influence est très large Ce cur, constitué de la région parisienne étendue aux zones sous l'influence des villes avant-postes telles que Beauvais, Compiègne, Evreux ou Chartres, est en relation directe avec les grandes villes régionales qui structurent fortement les espaces locaux Le schéma général auquel répond cette organisation est de type centre-périphérie Le cur de la région parisienne est spécialisé dans les activités les plus concentrées et il est composé de nombreux établissements Si elle se positionne sur les même activités, la périphérie présente une structure d'activité plus fragile car construite autour de grands établissements En dehors des agglomérations, cela se traduit d'ailleurs par des poches de spécialisation locale très fortes Dans ce schéma général, les villes avant-postes sont dans une position ambiguë vis-à-vis du cur de l'agglomération parisienne
n théorie, une métropole est la combinaison d'une agglo-criEtique, de centres d'activité spé-mération humaine de taille cialisés reconnus et d'une organi-sation répondant à des logiques propres La présence d'une mé-tropole de taille mondiale dans un espace donné affecte nécessaire-ment l'organisation de cet espace Elle va en particulier conduire à une intégration forte des espaces au contact de la zone centrale au sens où deux espaces sont inté-grés si les entreprises ou les mé-nages se déplacent plus facilement au sein de ces espaces qu'ils ne le feraient ailleurs Par exemple, les migrations définitives ou les trans-ferts d'établissements sont très im-portants de l'Île-de-France vers les régions voisines La Picardie a ainsi accueilli 108 000 Franciliens
entre 1990 et 1999 (pour 66000 départs) et plus de 700 établisse-ments industriels, commerciaux et de services entre 1993 et 1996 (pour 420 transferts inverses) Sur la même période, l'Île-de-France a transféré 2 500 établissements vers le Bassin parisien (pour 1 500 reçus) soit 18% de plus qu'entre 1989 et 1992
L'intégration des espaces locaux : spécialisation et concentration
Mais il y a plusieurs types d'in-tégration économique Des travaux économiques ont cerné ceci ana-lytiquement, en distinguant les lo-giques de spécialisation et les lo-giques de concentration qui sont simultanément à l'uvre Toutes deux se basent sur des dynami-
ques cumulatives qui tendent à fa-voriser la concentration des fac-teurs Ce processus peut être lié à des effets de taille de marché : l'ac-cès à un plus grand nombre de fournisseurs ou de clients sur place (liens verticaux amont ou aval) Cela peut également être lié à des logiques de productivité : dans une économie caractérisée par des rendements croissants, tout écart de taille peut se traduire par des écarts de productivité favorables au plus gros producteur L'appari-tion d'une géographie centre-péri-phérie peut ainsi trouver une ex-plication sur la seule base des ac-tivités existantes et des dynami-ques économiques Si la concen-tration s'opère différemment sui-vant les types d'activités, alors il peut en résulter un espace très for-tement spécialisé
Les grandes politiques de dé-théorie le laisse supposer, une fa-caractériser des organisations spa-sez élevés et ne subissent que dede très fortes spécialisations loca-les indices de spécialisation devien-centralisation industrielle des an-çon d'entrer dans la question esttiales différentesfaibles corrections lorsque l'on tientles La Manche, la Marne, les Ar-nent localement très élevés L'acti-nées 1970 auraient par exempled'essayer de vérifier cette hypothèsecompte des structures industriellesdennes ou la Haute-Marne sont desvité dominante dans l'Oise, la fabri-permis de véritables transferts d'ac-en utilisant des informations sur laDe plus, les activités sont générale-départements qui, comme ceux ducation d'équipements automobiles, Une organisation départementale tivité entre l'Île-de-France et les ré-structure industrielle Il est possiblement fortement concentrées, ce quiBassin parisien, hébergent plutôt den'emploie que 3% des actifs locaux de type centre-périphérie gions voisines, mais auraient dé-de choisir soit une approche par ca-donne en théorie un avantage à l'es-grands établissements, mais quiElle pèse 11,2% de l'emploi de la bouché à la fois sur une doubletégories socioprofessionnellesLes indices de spécialisationpace central puisqu'il est présentsont beaucoup plus spécialisés quezone d'emploi de Beauvais De concentration et une double spé-(PCS), soit une approche par activi-calculés par départements montresur des niches d'activités variéesces derniers (ce qui fait que leurmême, l'activité dominante du Loi-cialisation : d'une part, concentra-tés Si, par exemple, la distinctionune structure centre-périphérie com-On trouve ensuite une vaste pé-spécialisation relative est proche deret, la fabrication de médicaments, tion des activités à forte valeur ajou-entre centre et périphérie se fait en-plète : le centre présente des indi-riphérie englobant la quasi-totalitécelle du centre moins spécialiséne dépasse pas 3%, tandis que les tée à Paris et spécialisation de latre « cols blancs » et « cols bleus »,ces élevés, la périphérie des indi-du Bassin parisien dans laquelle lesmais dont la spécialisation est moinsactivités d'imprimerie emploient capitale dans ces activités à domi-les PCS devraient suivre un gra-ces plus faibles et les marges desindices sont plus faibles Ceci tientdépendante de grands établisse-11,7% des actifs de Pithiviers On nante tertiaire, et d'autre part, con-dient depuis le centre vers la péri-indices à nouveau élevésau fait qu'en dépit d'une structurements) Que ce soit la constructionobserve ainsi dans ces zones d'em-centration des activités de produc-phérie Ceci présente un inconvé-Les départements centraux (Pa-d'emploi relativement peu éloignéenavale (Manche) ou la champagni-ploi des profils voisins de ceux des tion en périphérie dans des espa-nient, puisque l'on perd toute traceris, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne,de celle du centre (donc diversifiéesation (Marne), la double dynami-marges : des emplois spécialisés ces qui se spécialisent alors dansdes relations industrielles pouvantque de concentration etdans très peu d'activités regroupés      les activités industrielles aujourd'huiexister entre les espaces étudiésspécialisation est égale-dans de grands établissements Tou-)   en repliL'avantage d'une approche par ac-ment sensible dans ces es-tefois, que les départements ne re-Toutefois, ce double mouvementtivités est de pouvoir analyser lespaces : ces activités mar-traduisent pas cette spécialisation ( ne se traduit pas inéluctablement parrelations possibles entre les espa-quent très fortement les es-locale signifie que chaque zone un éclatement des espaces régio-ces Ceci permet en outre de con-paces locaux de leur em-d'emploi est spécialisée dans une ($ ) naux Au contraire, cela peut mêmeserver une trace de la fonction à)activité différente de sa voisinepreinte et les espaces lo-($ déboucher sur une plus grande in-l'intérieur de l'activité, puisque lescaux sont quasiment lesSous l'apparence d'une structure ($1 0 terdépendance, les structures d'ac-activités de fabrication sont distin-seuls à être présents sur  '.$/+$centre-périphérie relativement cohé- $( .$$ tivité de ces espaces s'harmonisantguées En revanche, à un établis-les activités considéréesrente d'un point de vue fonctionnel   - ($ On y trouve les mêmes groupes na-sement n'est allouée qu'une seule$se cachent donc de fortes hétéro- tionaux et internationaux Au regardactivité généitésd'activités Les périphéries De fortes ' )* de la structure institutionnelle de l'ap-Pour étudier la spatialisation, on'$$,sont donc elles aussi spécialisées à spécialisations +$ pareil productif, le Bassin parisien fi-mobilise ici des indices de réparti-un niveau local fin  des zones d'emploi ( nit alors par constituer une exceptiontion de l'activité en secteurs et zo-, - à l'échelle nationale puisqu'il est lenes géographiques Ces indices En zones d'emploi, le Les villes avant-postes :   ! " seul qui présente une économie for-permettent de caractériser la spé-,$$centre et les marges appa-## $ #des positions à conforter tement dominée par les grands grou-cialisation des espaces une fois éli-raissent toujours et pour les $$,  % $ ## pes En dépit et même du fait de leursminés les biais de structure, qu'ilsmêmes raisons Le contourA l'échelle interrégionale, les ag- $ % spécialisations, les régions industriel-soient liés par exemple à l'existenceglomérations apparaissent commedu centre est affiné Il com-       $  les du Bassin parisien feraient ainsid'une forte spécialisation à l'échelleprend Paris, Nanterre, Bou-les points d'ancrage de l'activité & $     toutes partie d'une grande régionde l'ensemble de l'espace considé-logne, Orly, Orsay, Ver-dans les régions périphériques : les économique très fortement intégréerée (ce qui affectera nécessaire-sailles et Roissy Les mar-zones d'emploi spécialisées ne cor-C'est sur cette base que le modèlement la spécialisation d'une partieEssonne, Yvelines et Val-d'Oise)et sur des activités relativement con-ges également, puisque le sud derespondent jamais à des zones in-centre-périphérie qui caractérise lede cet espace) ou à celle de ladoivent leurs indices à leur spéciali-centrées), les effectifs sont concen-la région Centre apparaît Mais lescluant des agglomérations impor-Bassin parisien dans les annéesstructure industrielle d'un lieu (si unesation dans quelques activités : lestrés dans de grands établissementsgrandes caractéristiques de ces es-tantes Le niveau communal apporte 1970-1980 s'est développé, c'est àzone d'emploi ne comprend quetrois départements dont l'activitéLes activités sont ainsi assez pro-paces varient peuune explication à cela : dans les partir de là qu'il évolue aujourd'huideux établissements importants, elleprincipale est la plus dominante sontches de celles du centre alors queLe profil de la périphérie changeagglomérations, les activités sont re-très rapidementsera mécaniquement plus spéciali-le Val-d'Oise avec 18% de ses em-les structures industrielles sont pro-lui, profondément Alors que les dé-lativement diversifiées et les struc-sée qu'une zone d'emploi qui com-plois dans le transport aérien, lesfondément différentes Ceci plaidepartements avaient tous des indi-tures industrielles équilibrées prendra de nombreux petits établis-Yvelines dont 14% de l'emploi esten faveur de l'existence d'une orga-ces de spécialisation relativementL'approche communale permet Une forte intégration sements) Si les chiffres obtenusdans la construction des véhiculesnisation centre-périphérie dans la-voisins, les zones d'emploi présen-en outre de vérifier que les centres économique aux différents niveaux géographi-automobiles et Paris dont 13% desquelle les activités seraient identi-tent elles une variance beaucoupurbains sont les lieux dans lesquels dans le Bassin parisien ques (départements, zones d'em-emplois sont dans la Banque Maisques dans toute la région, mais oùplus grande Cette grande disparitél'activité est la plus importante, la Si l'on considère qu'il y a uneploi, communes) ne sont pas com-cela ne suffit pas puisqu'en dehorsil y aurait une spécialisation du cen-était masquée au niveau départe-plus diversifiée et la moins liée à un intégration interrégionale, comme laparables, ils permettent toutefois dede ces trois cas, dans aucun dépar-tre dans des fonctions reposant surmental : plusieurs zones hyperspé-petit nombre d'établissements do-tement d'Île-de-France l'activité do-de plus petites structures et de lacialisées chacune dans une activitéminants En cela, ils se distinguent minante ne dépasse 6% de l'em-périphérie sur des fonctions de fa-différente produisent, lorsqu'ellesfortement de la banlieue, plus spé-Les indices de répartition de l'activité en secteurs et zones géographiques ploi Les départements franciliensbrication reposant sur des écono-sont agrégées, un département fai-cialisée et surtout des espaces Ces indices ont été élaborés par Ellison et Glaeser (1997) et appliqués pour la doivent leurs forts indices beaucoupmies d'échelle et donc des grandsblement spécialisé C'est ce qui sepériurbains ou ruraux dans lesquels première fois à la France par Maurel et Sédillot (1997) auquel le lecteur se reportera plus au fait que les effectifs sontétablissements passepour une grande partie desl'emploi est faible ou hyperspé-pour une description fine de l'indice de concentration Cet indice a ensuite été utilisé par Houdebine (1999) et Gilli (2002) pour comprendre non seulement comment l'acti-cialisé La seule exception, mais deEnfin, aux marges du Bassin pa-zones d'emploi entourant l'ouest derépartis de façon homogène entre vité est répartie dans l'espace mais aussipour approcher le niveau de spécialisation les différents établissements Lesrisien, on retrouve à nouveau desla région parisienne : de Beauvais àtaille, à cette structure spatiale con-d'un territoire donné indices sont ainsi naturellement as-indices élevés Ceux-ci sont liés àPithiviers en passant par le Perche,centrique se situe autour de la ré-
                   
             
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gion urbaine de Paris où une auréole d'agglomérations d'em-plois significatives au niveau com-munal apparaît La seule unité de cet ensemble vient de la distance à la capitale de ces communes Mais toutes se développent en bordure des aires d'influence des villes avant-postes dont le statut de pôle local pourrait alors être amené à changer à défaut de con-sidérer leur positionnement en re-lation directe avec l'espace franci-lien
Frédéric GILLI
 
  
Bibliographie : « LeBassin parisien, espace cohérent autour d'une vaste région urbaine», Gilli F,Insee Picardie Relaisn°112, janvier 2003 « Essai de caractérisation de l'espace industriel du Bassin parisien », Gilli F,Le Bassin parisien, La Documentation française, 2002 « Les dynamiques spatiales du Bassin parisien (1975-1990) Un système spatial entre mutations du système productif et impact des politiques publiques», Thiard P,Thèse de doctorat, Université Paris 1, 2001 « Structuresindustrielles locales et formes d'organisation économiques», Hecquet V et Lainé F,Economie et Statistiquen°326-327, 1999 « Concentration géographique des activités et spécialisation des départements français », Houdebine M,Economie et Statistiquesn°326-327, 1999 « Geographicalconcentration in US industries : A dartboard approach», Ellison G et Glaeser E,Journal of Political Economyn°105, 889-927, 1997 « Lesdélocalisations d'établissements franciliens profitent à la Picardie», Lainé F,Insee Picardie Relaisn°53, 1997 « Laconcentration géographique des industries françaises», Maurel F et Sedillot B,Economie et Prévisionn°131, 1997
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